Sassou Nguesso définitivement élu président pour un quatrième mandat

Denis Sassou Nguesso, président du Congo réélu. STRINGER / REUTERS

A 77 ans, Denis Sassou Nguesso a été définitivement élu président du Congo-Brazzaville pour un quatrième mandat. Un arrêt de la Cour constitutionnelle a jugé « irrecevables » les recours d’opposants appelant à l’annulation du scrutin.

Pendant la campagne électorale, M. Sassou Nguesso, qui a passé trente-six ans au pouvoir à la tête de régimes autoritaires, a placé en tête de ses priorités la paix, la jeunesse et le développement de l’agriculture pour sortir du tout pétrole et de la dépendance aux importations.

« Sur les résultats définitifs de l’élection (…) la Cour constitutionnelle a procédé aux rectifications et ajustements nécessaires. Est déclaré élu le candidat Denis Sassou Nguesso qui, à l’occasion du scrutin présidentiel, a recueilli 88,40 % », a déclaré Auguste Iloki, président de la plus haute instance judiciaire du pays.

« Les recours en annulation et de report de l’élection présidentielle » présentés par Mathias Dzon, Jean-Jacques Serge Yhombi Opango et Christian Mozoma sont jugés « irrecevables », a-t-il ajouté : « Les demandes d’annulation et de report de l’élection ne sont pas fondées ».

Mort du principal opposant

Fin mars, ces opposants avaient déposé des recours contre la réélection écrasante dès le premier tour de M. Sassou Nguesso qui était crédité de 88,57 % des suffrages, selon les résultats provisoires. « C’est quasiment la même chose. C’est limpide, c’est un plébiscite », s’est réjoui MEmmanuel Oko, avocat du président Sassou Nguesso.

Sa réélection a été marquée par la mort de son principal opposant, Guy-Brice Parfait Kolélas, victime d’une forme sévère du Covid-19. Proclamé deuxième avec un peu plus de 7 % des voix, Guy-Brice Parfait Kolélas est mort au lendemain du scrutin lors de son transfert médical en France.

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« Nous nous inclinons devant le résultat de la Cour constitutionnelle, mais nous pensons que le problème reste entier. Comment peut-on proclamer les résultats de Guy-Brice Parfait Kolélas qui, décédé, perd sa personnalité juridique », s’est étonné MJean Philippe Esseau, avocat de M. Yhombi Opango. La participation s’est établie à 67,55 %.

Le président Sassou Nguesso va pouvoir prêter serment dans les prochains jours pour un quatrième mandat de cinq ans. Il devra faire face à plusieurs défis, au nombre desquels la lutte contre le chômage qui touche la majorité de la population, notamment les jeunes. L’accès à l’eau potable et à l’électricité reste en tête des préoccupations de la population congolaise, avec un exode rural croissant.

Le pays doit diversifier son économie restée longtemps dépendante du pétrole. Il peine à débloquer une deuxième tranche de financement dans le cadre d’un accord conclu en 2019 avec le Fonds monétaire international (FMI), assorti de près d’une cinquantaine de mesures.

M. Sassou Nguesso est arrivé au pouvoir en 1979 sous le règne du parti unique, après avoir évincé Jacques Joachim Yhombi Opango, un militaire originaire de la Cuvette (Nord) comme lui. Il avait perdu la première élection pluraliste organisée en 1992 avant de reconquérir le pouvoir par les armes en 1997 grâce à l’appui des troupes angolaises. Sa dernière réélection, en 2016, avec 60 % des voix, avait été violemment contestée, à l’issue d’une campagne bien plus disputée que celle de 2021.

Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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