Maroc/Israël: signature d’un accord dans le domaine militaire (médias israéliens)

Le chef de la diplomatie américaine sera en déplacement au Proche-Orient et au Maghreb à partir de ce samedi. Sauf changement de dernière minute, il ne devrait pas passer par la Tunisie.

Du 26 au 30 mars, le secrétaire d’État américain Antony Blinken se rendra en Israël, en Cisjordanie, au Maroc et en Algérie. Au menu des discussions, la guerre en Ukraine, la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv, ou encore la question de la « solution à deux États » pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Escale à Tel-Aviv et à Ramallah

La première étape de cette tournée sera l’État hébreu, où M. Blinken devrait rencontrer le président Isaac Herzog, le Premier ministre Naftali Bennett, ainsi que les ministres des Affaires étrangères, Yair Lapid, et de la Défense, Benny Gantz. Il fera ensuite un détour par Ramallah pour s’entretenir avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Des sources officielles israéliennes affirment que le secrétaire d’État américain devrait exiger d’Israël qu’il assouplisse sa position concernant la réouverture à Jérusalem d’un consulat destiné aux Palestiniens, fermé sous l’administration Trump.

VISITE ANNULÉE AUX ÉMIRATS ET EN ARABIE SAOUDITE ?

Divers médias israéliens assurent, par ailleurs, qu’Antony Blinken devait initialement se rendre également aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. Deux visites qui auraient été annulées en raison des tensions entre les deux États du Golfe et Washington après les attaques de drones à Riyad revendiquées par les rebelles Houthis. Des rumeurs démenties par le ministère saoudien des Affaires étrangères, qui a fait savoir qu’une visite du secrétaire d’État américain à Riyad se tiendrait prochainement.

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Clarification

Le chef de la diplomatie américaine se rendra ensuite au Maroc, où il rencontrera son homologue, Nasser Bourita, afin d’évoquer plusieurs thèmes régionaux et bilatéraux, ainsi que les questions des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Il rencontrera ensuite plusieurs élèves marocains ayant bénéficié de programmes d’échanges parrainés par les États-Unis.

Il profitera également de son passage à Rabat pour s’entretenir avec le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed Al Nahyane.

La visite du diplomate américain au Maroc permettra sans doute de clarifier un certain nombre de positions, car elle intervient peu de temps après l’abstention du royaume lors du vote de l’ONU condamnant l’invasion russe en Ukraine. Cette décision avait été interprétée par certains observateurs comme un message de Rabat à destination de l’administration Biden. Une façon de laisser entendre que les autorités marocaines ne toléreraient aucune inflexion des États-Unis sur la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

ANTONY BLINKEN POURRAIT DEMANDER À ALGER LA RÉOUVERTURE DU GAZODUC MAGHREB-EUROPE

Pour rappel, la secrétaire d’État adjointe des États-Unis, Wendy Sherman, avait plaidé, le 10 mars, auprès de Pedro Sanchez pour que cesse la crise entre le Maroc et l’Espagne, en demandant à Madrid de reconsidérer sa position sur le Sahara. Une dizaine de jours plus tard, le gouvernement espagnol annonçait tenir désormais le plan d’autonomie marocain comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend ».

Antony Blinken terminera sa tournée par l’Algérie, où il s’entretiendra avec le président Abdelmadjid Tebboune et le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra. Au menu des discussions : la sécurité et la coopération commerciale. Cette visite intervient dans un contexte de crise énergétique majeure consécutive à la guerre en Ukraine.

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Tout comme la sous-secrétaire d’État américaine, au cours de sa visite début mars, Antony Blinken pourrait demander la réouverture du gazoduc Maghreb-Europe, qu’Alger a fermé au mois d’octobre 2021 pour couper l’approvisionnement de Rabat. Une réouverture pourrait jouer un rôle non négligeable dans la recherche par les pays européens d’alternatives aux importations de gaz russe.

La Tunisie volontairement écartée ?

Enfin, et à moins d’un revirement de dernière minute, Antony Blinken ne devrait pas faire escale en Tunisie, où il a été précédé le 23 mars par la sous-secrétaire d’État américaine à la sécurité civile et aux droits de l’Homme, Uzra Zeya. Cette dernière s’est entretenue avec plusieurs hauts responsables tunisiens, faisant part des inquiétudes de Washington après la suspension du Parlement et la mise à l’écart de plusieurs corps intermédiaires par le président de la République Kaïs Saïed. Depuis quelque temps déjà, les États-Unis mettent la pression sur le gouvernement tunisien, exigeant un retour à la transition démocratique.

Source: Jeune Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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