L’ONU va-t-elle lever l’embargo sur les armes en RCA?

L’ONU va-t-elle lever l’embargo sur les armes en RCA?

Le comité de sanction de l’ONU va décider à la fin du mois de juillet si l’embargo contre les armes, qui pèse depuis 2013 sur la RCA, sera levé ou non.

L’embargo imposé par l’ONU en 2013 a connu des exemptions, à la demande de Centrafrique. Mais sa levée totale n’est pas encore acquise. 

Les autorités de Bangui multiplient des contacts au niveau régional et continental pour obtenir une levée totale. Cependant, cette décision ne dépend pas que de la RCA. Elle doit être votée aussi par les pays ayant un droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU.

La Centrafrique retient son souffle en attendant la conclusion du comité de sanction des Nations unies. 

Le président angolais, João Lourenço (à gauche) et son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadéra (à droite)
Le président angolais, João Lourenço (à gauche) et son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadéra (à droite)

Le président Faustin-Archange Touadéra multiplie les contacts à cet effet. Il s’est encore récemment rendu à Luanda, en Angola, pour mener son lobbying diplomatique et est soutenu par Joël Nkurabagaya, le chef de la représentation de l’Union Africaine à Bangui. 

« On entend tout le temps, tous les jours que des groupes armés viennent pour assassiner la population. Comment on veut donc encourager la défense de la population et en même temps maintenir l’embargo ? Je pense que nous allons continuer à travailler avec nos partenaires, l’Union Africaine est là et fera en sorte que les positions en rapport avec l’embargo puissent changer », indique le diplomate.

Levée  de l’embargo sans conditions

Conscient que la Centrafrique ne peut remplir les conditions fixées à 100%, des conditions qui  s’appliquent aux armements, munitions, véhicules et matériels militaires, aux équipements paramilitaires et aux pièces détachées correspondantes, Jean Sostène Dengbe, président de la Commission défense au Parlement estime que l’heure est venue pour la levée sans condition de l’embargo. 

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« Nous, on a fait le maximum et le gouvernement a assez fait. On ne peut pas tout faire et je ne peux pas dire le contraire. Parce qu’il y a des choses qui sur le plan pratique sont inacceptables et je pense que l’essentiel est de donner des moyens logistiques, des moyens létaux pour faire ce travail. » 

Un véritable consensus se dégage autour de cette problématique, compris au sein de la société civile. Joseph Bindoumi, président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme et ancien ministre de la Défense:

Des blindés des casques bleus de l'ONU à Bangui en octobre 2014
Des blindés des casques bleus de l’ONU à Bangui en octobre 2014

Selon lui, « les Nations unies ne sont pas une juridiction pour punir les Etats. Voilà notre position c’est celle-là. Parce que nous pensons que nous ne sommes pas étrangers aux Nations Unies. Nous sommes membres des Nations unies et lorsqu’un membre est en difficulté parce qu’il est conflit, on ne peut pas l’interdire d’avoir les moyens de se défendre sans donner l’impression de punir cet Etat « . 

L’un des arguments des autorités est que les rebelles, continuent de se ravitailler en armes et surtout que Bangui coopère aussi bilatéralement avec certains Etats qui fournissent des armes à l’armée centrafricaine, malgré l’existence de l’embargo. C’est le cas de la Russie et de la Chine.  

Source : Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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