La reconstruction libyenne au cœur de la visite du président Kaïs Saïed

Le président tunisien Kais Saied (g) est accueilli par le président du Conseil présidentiel Mohamed al-Manfi (d) à son arrivée à l’aéroport de Tripoli, le 17 mars 2021 en Libye afp.com – STRINGER


Le président tunisien Kaïs Saïed a entamé, ce mercredi 17 mars, une visite d’État dans la 
Libye voisine, soit deux jours seulement après la prestation de serment du nouvel exécutif libyen. Cette visite express, d’une seule journée est hautement symbolique et politique, car, comme l’indique un communiqué de la présidence, elle s’inscrit dans « le soutien de la Tunisie au processus démocratique en Libye ».

Une visite politique

Le président tunisien, qui n’a effectué qu’une poignée de déplacements officiels depuis son élection en octobre 2019, a annoncé sa visite dès le lendemain de l’investiture du nouveau gouvernement, signe de l’importance accordée à ce voisin et partenaire majeur. La dernière visite d’un chef d’État tunisien en Libye – en l’occurrence le président d’alors Moncef Marzouki – remontait à 2012, un an après la révolte qui a provoqué la chute du régime de Mouammar Kadhafi, suivie d’une longue période d’instabilité et de divisions.

Pendant cette période, le président tunisien Béji Caïd Essebsi (2014-2019) avait ainsi rencontré à Tunis plusieurs dirigeants libyens de haut rang, dont le Premier ministre d’alors, Fayez el-Sarraj, et son rival de l’Est, le maréchal Khalifa Haftar. Tunis a toujours professé une prudente neutralité face aux protagonistes du conflit libyen. Mais le regain de violences a exacerbé l’an passé les tensions entre les dirigeants tunisiens, qui ont présenté un front désuni sur le sujet.

Aujourd’hui, la mise en place du gouvernement libyen représente un nouvel espoir et surtout un gage de stabilité pour la Tunisie qui partage près de 500 kilomètres de frontières avec ce voisin turbulent.

Une reprise vitale des échanges entre les deux pays

Le président Saied a été accueilli à l’aéroport de la capitale Tripoli (Ouest) par le président du Conseil présidentiel Mohamed al-Menfi. Le programme officiel prévoit des entretiens avec Al-Menfi ainsi qu’avec le Premier ministre intérimaire Abdelhamid Dbeibah, qui ont officiellement pris leurs fonctions lundi après avoir prêté serment. Le nouveau gouvernement s’est installé mardi à Tripoli. Il est chargé d’unifier les institutions en vue d’élections prévues en décembre. Cet exécutif est né d’un processus onusien lancé en novembre à Tunis et mis sur orbite en février à Genève, avant d’obtenir le 10 mars un vote de confiance « historique » du Parlement.

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Kaïs Saïed est accompagné du ministre des Affaires étrangères Othman Jarandi, de sa principale conseillère Nadia Akacha et de quelques autres conseillers de la présidence. La visite est « purement politique », selon la présidence tunisienne, alors que les milieux économiques tunisiens réclament de longue date une relance des échanges commerciaux.

La Tunisie, pour laquelle la Libye était un débouché majeur et en pleine croissance en 2011, a vu les échanges commerciaux s’effondrer, notamment depuis 2014. Les fermetures répétées des frontières, en raison du conflit, et plus récemment de la pandémie de Covid-19, ont mis à mal les circuits de l’économie informelle qui irriguent le tissu économique tunisien. Selon la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale, organisme de l’ONU, la crise libyenne a coûté à la Tunisie 24 % de sa croissance économique entre 2011 et 2015.

Outre les conséquences économiques, la situation libyenne a eu un impact sécuritaire majeur, d’où l’attention particulière portée par Tunis à la transition libyenne. La plupart des principales attaques terroristes ayant frappé la Tunisie ces dernières années ont été préparées depuis des bases arrière en Libye.

Source : Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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