Crise sécuritaire au Mozambique: réunie en sommet à Maputo, la SADC annonce une mission technique

Dans le sud du continent africain, l’organisation régionale de la SADC a présenté ce jeudi après-midi 8 avril les conclusions de son sommet extraordinaire organisé en urgence sur la crise sécuritaire et humanitaire au Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique. Deux semaines après l’attaque spectaculaire et meurtrière de Palma par un groupe se revendiquant du jihad international, cinq dirigeants de la région étaient à Maputo aux côtés du président mozambicain Filipe Nyusi. Pas d’avancée majeure, mais l’annonce d’une mission technique et deux nouvelles dates fixées pour des rencontres.

« C’est un peu décevant », voilà le commentaire d’une analyste régionale des politiques de sécurité. « Un peu frustrant, mais pas surprenant », commente un autre. 

Le Mozambique, qui préside en ce moment la SADC, allait de toute façon s’opposer à une intervention quelle qu’en  soit la nature. 

Le président Filipe Nyusi avait fermé la porte dès mercredi en déclarant dans un discours à la nation que toute aide extérieure est là pour nous soutenir, pas pour nous remplacer.

Le communiqué de la SADC emploie le langage diplomatique d’usage. Les dirigeants présents à Maputo condamnent fermement le terrorisme, expriment leur solidarité et leur compassion aux victimes et appellent à une réponse régionale « proportionnée ». 

Seule annonce concrète, le déploiement immédiat, dit le communiqué, d’une mission technique au Mozambique. Civils ou militaires, quelle nationalité ? Aucune précision sur sa composition. 

Deux nouvelles réunions annoncées: conseil ministériel le 28 avril, sommet des chefs d’État le 29 avril. 

D’après l’analyste d’International Crisis Group, Piers Pigou, c’est une réunion qui se conclut par l’annonce d’une nouvelle réunion, mais cette fois le calendrier est fixé, et il est serré. 

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Et si le Mozambique freine tant que possible toute décision régionale perçue comme intrusive, le pays s’est maintenant engagé dans un processus de suivi avec la SADC, ce qu’il a toujours cherché à éviter. 

Source: Rfi Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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