Cameroun : les civils pris entre deux feux, selon HRW

Human Rights Watch appelle à sanctionner les personnes responsables de violations de droits humains dans un rapport publié lundi.   

Selon son rapport, il y a deux mois, les forces camerounaises se seraient rendues coupables de la mort de deux civils dans le Nord-Ouest, une des deux régions anglophones du pays. Une femme de 53 ans aurait été violée.

Celle-ci a raconté à Human Rights Watch qu’elle n’a pas signalé le viol par peur de représailles. D’après l’organisation, au moins 33 bâtiments ont été détruits et pillés, toujours dans le Nord-Ouest, en juin dernier par les forces armées camerounaises.

« Les forces de sécurité camerounaises ont certes l’obligation de riposter de manière légale aux attaques des groupes séparatistes armés et de protéger les droits des personnes pendant les périodes de violence », indique Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur l’Afrique centrale à Human Rights Watch. Elle ajoute toutefois que Yaoundé a répondu à la menace posée par les groupes séparatistes en foulant au pied les droits de l’Homme.

Un séparatiste à un checkpoint au sud-ouest du Cameroun
Un séparatiste à un checkpoint au sud-ouest du Cameroun

Les séparatistes ont aussi commis des exactions dans la même période du mois de juin. Ils auraient tué un garçon de 12 ans puis un enseignant de 51 ans en juillet dans le Sud-Ouest anglophone. Quelques jours plus tôt, ils avaient enlevé et détenu durant une nuit quatre travailleurs humanitaires.

Les ONG internationales et l’Onu accusent les deux parties d’exactions et de crimes contre les civils, dans un conflit qui a fait plus de 3.500 morts et forcé plus de 700.000 personnes à fuir leur domicile.

L’ONG Médecins sans frontières (MSF) regrettait jeudi dernier (29.07) l’accès aux soins médicaux essentiels « particulièrement difficile » pour les populations des régions anglophones.

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Les forces armées camerounaises
Les forces armées camerounaises

MSF a décrit des « conditions indicibles » pour les populations locales. « Les communautés qui ont fui les violences se réfugient souvent en brousse, loin de toute structure de santé et sont vulnérables au paludisme, aux infections ou aux morsures de serpent, dans des lieux souvent inaccessibles aux véhicules d’urgence comme les ambulances, voire même aux motos », a poursuivi MSF.

Amnesty International a dénoncé de son côté, mercredi dernier (28.07), « l’ampleur dévastatrice des destructions causées par le conflit en cours dans les régions anglophones du Cameroun ». L’ONG a ajouté que les civils sont les plus touchés « par les homicides illégaux, les enlèvements et la destruction généralisée de maisons et de villages ».

Source : Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée

Tribune d'Afrique

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