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	<title>société &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<title>société &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<item>
		<title>Au Maroc, la « tragédie » des mariages de mineures</title>
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				<pubDate>Mon, 07 Mar 2022 15:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Si le Code de la famille fixe la capacité matrimoniale à 18 ans, plus de 13 000 dérogations ont été délivrées en 2020. Sans compter les mariages scellés par la simple lecture d’une sourate du Coran, qui ne sont pas reconnus par la loi. « J’ai vécu un enfer. Mais le cauchemar est derrière moi », se souvient, la voix tremblante,...]]></description>
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<p><strong>Si le Code de la famille fixe la capacité matrimoniale à 18 ans, plus de 13 000 dérogations ont été délivrées en 2020. Sans compter les mariages scellés par la simple lecture d’une sourate du Coran, qui ne sont pas reconnus par la loi.</strong></p>



<p><em>« J’ai vécu un enfer. Mais le cauchemar est derrière moi »</em>, se souvient, la voix tremblante, Nadia*, une <a href="https://www.lemonde.fr/maroc/">Marocaine</a> mariée à 16 ans et qui se reconstruit dans un village reculé du royaume où subsiste le fléau du mariage des mineures.</p>



<p><em>«&nbsp;J’ai été mariée à un homme qui a l’âge de mon père&nbsp;»</em>, confie Nadia, aujourd’hui âgée de 20&nbsp;ans, rencontrée chez ses parents à Tamarwoute, un douar de la commune rurale de Tafraouten, sur les hauteurs de l’Anti-Atlas (sud). Un an après son union, l’adolescente a réussi à divorcer de son mari violent. Elle suit actuellement un programme contre l’analphabétisme.&nbsp;<em>«&nbsp;Mon rêve est d’être indépendante, j’encourage les filles du village à faire de même&nbsp;»</em>, sourit-elle timidement, visage poupin drapé dans un foulard.</p>



<h2>Brèche législative</h2>



<p>La beauté de ce village paisible, bordé d’amandiers et d’arganiers, contraste avec la réalité glaçante des mariages précoces, vivace en milieu rural, dans un pays où plus de 13&nbsp;000&nbsp;dérogations ont été délivrées pour marier des mineures en&nbsp;2020, sur près de 20&nbsp;000&nbsp;demandes. Ces chiffres n’incluent pas les mariages scellés par la simple lecture d’une sourate du Coran, qui ne sont pas reconnus par la loi.</p>



<p>Si le Code marocain de la famille, adopté en 2004, fixe la capacité matrimoniale à 18 ans, l’article 20 du recueil accorde le droit aux juges des affaires familiales d’autoriser les épousailles de mineures. Une brèche législative décriée par les ONG féministes et même des institutions comme le Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui appellent à son abrogation.</p>



<p><em>«&nbsp;Cette tragédie prend une grande ampleur dans les zones reculées, enclavées et marginalisées, comme celle de Tafraouten. Une raison qui nous a poussés à organiser notre caravane de sensibilisation annuelle dans la région&nbsp;»</em>, explique à l’AFP Najat Ikhich, présidente de la fondation Ytto, qui œuvre depuis plus de dix ans contre le mariage des adolescentes.</p>



<p>La militante de 63&nbsp;ans sillonne depuis mi-février la région berbérophone du Souss Massa à la rencontre des villageois et de la société civile locale. Elle prépare la prochaine&nbsp;<em>«&nbsp;caravane&nbsp;»,</em>&nbsp;prévue le 15&nbsp;juillet&nbsp;: un convoi de bénévoles qui sensibilisent la population aux problèmes (juridiques, médicaux, etc.) que posent les unions forcées, organisant des débats et distribuant des dons aux plus démunis.&nbsp;<em>«&nbsp;C’est un travail délicat, car le sujet est tabou et il est impératif de gagner la confiance de nos interlocuteurs et, surtout, de les écouter&nbsp;»</em>, explique M<sup>me</sup>&nbsp;Ikhich.</p>



<h2>«&nbsp;J’ai toujours eu envie d’étudier&nbsp;»</h2>



<p>Dans les ruelles du village voisin de Tamadghouste, il n’y a pas âme qui vive. Seules quelques jeunes femmes font cuire leur pain au four collectif. M<sup>me</sup>&nbsp;Ikhich entre discrètement et échange quelques mots en amazigh (langue berbère). Les regards intrigués ou méfiants des femmes laissent rapidement place à un dialogue enjoué, témoignant des conditions de vie dans ce village&nbsp;<em>«&nbsp;sans école ni dispensaire&nbsp;»</em>.</p>



<p>Amina*, 23 ans, prend la parole et professe vouloir <em>« prendre en main </em>[sa] <em>vie »</em> malgré une déscolarisation à 6 ans et un mariage à 17. <em>« J’ai toujours eu envie d’étudier, mais personne ne m’a aidée. Mes trois sœurs ont subi un pire sort. Elles ont été mariées très jeunes, vers 14 ans »</em>, raconte-t-elle, emmitouflée dans un peignoir bleu. Dans la région de Souss Massa, plus de 44 % des femmes sont analphabètes, selon les dernières statistiques officielles (2014).</p>



<p>Eduquer et développer l’autonomie des femmes sont deux piliers dans la lutte contre les mariages des mineures. Karima Errejraji, coordinatrice de la fondation Ytto dans le sud, acquiesce&nbsp;: n’ayant jamais mis les pieds à l’école, unie à 14&nbsp;ans à un homme de 56&nbsp;ans, elle a dû se battre pour s’extirper de&nbsp;<em>«&nbsp;l’obscurité&nbsp;»</em>.&nbsp;<em>«&nbsp;C’est en intégrant le milieu associatif que je m’en suis sortie. J’ai décidé de dédier ma vie à aider les filles de la région&nbsp;»</em>, souligne cette quadragénaire qui accompagne M<sup>me</sup>&nbsp;Ikhich dans ses missions.</p>



<p>Dans le four de Tamadghouste, les discussions sont passionnées : confectionner des tapis, vendre du pain traditionnel aux hôtels du coin… Chacune y va de sa proposition pour améliorer la situation des femmes du village. Une idée met tout le monde d’accord : toutes les filles auront droit à l’éducation, ce n’est pas à discuter. Izza*, les yeux clairs pétillants, jure qu’elle se battra pour l’instruction de sa petite, elle qui n’a pas eu cette chance. <em>« Elle doit se construire, devenir indépendante et ne pas me ressembler »</em>, espère cette femme de 23 ans, mariée depuis six ans.</p>



<p><strong>Source: Afrika Stratégies France avec Le Monde Afrique</strong></p>
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		<title>Afrique du Sud : vers la dépénalisation du travail du sexe ?</title>
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				<pubDate>Thu, 10 Feb 2022 20:31:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[L’Afrique du Sud a entamé une consultation sur l’un de ses sujets les plus controversés, dont l’objectif est de parvenir à un consensus sur la manière d’avancer dans la « décriminalisation du travail sexuel ». Le vice-ministre de la Justice et du développement constitutionnel, John Jeffery, a déclaré que si l’éventuelle dépénalisation du travail du...]]></description>
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<p><strong>L’Afrique du Sud a entamé une consultation sur l’un de ses sujets les plus controversés, dont l’objectif est de parvenir à un consensus sur la manière d’avancer dans la « décriminalisation du travail sexuel ».</strong></p>



<p>Le vice-ministre de la Justice et du développement constitutionnel, John Jeffery, a déclaré que si l’éventuelle dépénalisation du travail du sexe pouvait être contestée, le sujet devait faire l’objet d’un débat approfondi avant qu’une décision ne soit prise de le laisser comme une activité criminelle &#8211; comme c’est le cas actuellement &#8211; ou de dépénaliser la plus ancienne profession du monde.</p>



<p>&nbsp;M. Jeffrey a déclaré qu’il s’attendait à une série de consultations avec les parties intéressées et les acteurs concernés par la dépénalisation du travail sexuel. Il s’agit des chefs religieux et traditionnels du pays, a-t-il précisé.</p>



<p>&nbsp;«<em>&nbsp;La question de la dépénalisation est peut-être contestée, mais elle doit aussi être débattue et faire l’objet d’une décision &#8211; car cette question a été retardée pendant bien trop longtemps</em>&nbsp;», a déclaré le vice-ministre.</p>



<p>&nbsp;Avant de préciser:&nbsp;: «<em>&nbsp;Il est important que nous nous engagions pleinement avec les parties prenantes concernant les options politiques proposées, car il existe de nombreux points de vue divergents&nbsp;</em>».</p>



<p>&nbsp;Il a ajouté que son ministère devait «&nbsp;<em>s’engager plus avant avec les départements gouvernementaux concernés afin de déterminer les implications d’une modification du cadre législatif. Et nous devons également demander au public de nous faire part de son point de vue&nbsp;</em>».</p>



<p> La prostitution et les maisons closes sont illégales en Afrique du Sud, selon la loi sur les infractions sexuelles de 1957 et la loi d’amendement du droit pénal (infractions sexuelles et questions connexes) de 2007.</p>



<p><strong>Source: APA News/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Au Congo-Brazzaville, la sorcellerie et la justice aux «Ordalies, le tribunal de l’invisible»</title>
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				<pubDate>Thu, 27 Jan 2022 19:09:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Bienvenue au Congo-Brazzaville. « La sorcellerie est aussi une source de poésie, de mysticisme et d’identité », s’enthousiasme Corto Vaclav. Le jeune cinéaste français montre dans « Ordalies, le tribunal de l’invisible » une justice basée sur des pratiques très mystiques qui se retrouve au cœur d’un système de réconciliation aussi surréaliste qu’efficace. Une pépite cinématographique présentée au Festival...]]></description>
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<p><strong>Bienvenue au Congo-Brazzaville. « La sorcellerie est aussi une source de poésie, de mysticisme et d’identité », s’enthousiasme Corto Vaclav. Le jeune cinéaste français montre dans « Ordalies, le tribunal de l’invisible » une justice basée sur des pratiques très mystiques qui se retrouve au cœur d’un système de réconciliation aussi surréaliste qu’efficace. Une pépite cinématographique présentée au Festival international du documentaire (Fipadoc), à Biarritz.</strong></p>



<p><strong>RFI</strong>&nbsp;<strong>: On peut être subjugué ou terrifié par votre documentaire, en tout cas, les scènes sont tellement extraordinaires qu’on ne comprend pas grand-chose avec la tête. Vous et votre coréalisateur Hadrien La Vapeur, vous explorez depuis des années les univers de l’invisible et de la sorcellerie au Congo. Après&nbsp;<em>Kongo</em>, où vous avez suivi un guérisseur, vous nous plongez dans les&nbsp;<em>Ordalies, le tribunal de l’invisible</em>. Quel regard posez-vous dans votre nouveau film sur le Congo-Brazzaville</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p><strong>Corto Vaclav</strong>&nbsp;<strong>:&nbsp;</strong>Dans ce film, on a eu la possibilité d’être dans un tribunal qui gère des affaires de sorcellerie. C’était l’endroit idéal pour faire une photographie de la société, dont ses croyances qui s’inscrivent dans la société moderne, dans le monde d’aujourd’hui. C’était le moyen d’attaquer un problème assez complexe&nbsp;: la sorcellerie, la magie, qui sont omniprésentes au Congo. Nous montrons cette omniprésence. Nous n’avons pas voulu rester attachés à une version sombre de la sorcellerie, parce que c’est pour nous aussi une source de poésie, de mysticisme et d’identité. Et on a eu la chance d’avoir des histoires difficiles, mais aussi des histoires beaucoup plus lumineuses, par exemple liées aux «&nbsp;sirènes&nbsp;». Nous voulions montrer que la spiritualité aujourd’hui, dans le monde contemporain, peut être une source de créativité.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que c’est un tribunal de l’invisible et une juridiction coutumière dans ce quartier populaire de Makélékélé à Brazzaville</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>Une juridiction coutumière, c’est une juridiction qui est en complément des tribunaux d’instance. Il faut savoir, au Congo, tout est calé sur le code légal français et la Constitution de la Ve République. Mais cela crée un conflit avec les règles traditionnelles, si ce n’est que sur l’héritage. La tradition au Congo est matrilinéaire et la loi congolaise moderne est patrilinéaire. Donc, cela crée énormément de conflits. Et les juridictions traditionnelles sont là pour rendre la justice au regard de la tradition, lorsque les gens savent que la justice des «&nbsp;Blancs&nbsp;» &#8211;&nbsp;comme ils l’appellent&nbsp;– ne leur rendra pas justice.</p>



<p><strong>Quels conflits sont jugés devant ce tribunal de l’invisible</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>Il y a beaucoup d’affaires d’accusation de meurtres. Par exemple, quand il y a des successions de décès dans une famille, on va se demander&nbsp;qui est à l’origine de tous ces malheurs. Les gens dans une famille vont s’entre-accuser. La fonction du tribunal va être de démasquer le sorcier, mais, au fond, de réconcilier les familles. C’est le plus dur, de réparer les tissus déchirés par les accusations de sorcellerie. Une autre affaire montrée dans notre film est une sorte de détresse amoureuse d’un homme qui était marié avec un esprit, un esprit d’une sirène. Un jour il s’est fait voler, kidnapper, sa femme-sirène. Donc, il vient porter plainte au tribunal, pour qu’on puisse la lui rendre. Il y a tout ce large panel d’affaires.</p>



<p><strong>Que se passe-t-il quand quelqu’un refuse de se soumettre au tribunal et n’accepte pas le jugement</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>Les juges ont un seul outil légal réel, à part d’imposer des amendes. Ils ont le droit d’émettre un mandat d’amener auprès de la police. Si quelqu’un ne vient pas aux convocations ou si quelqu’un ne veut pas appliquer ce qui a été dans les réquisitions et les jugements, alors ils ont le droit d’envoyer la police. Et la police doit faire appliquer leur jugement. Ils ne peuvent pas emprisonner ou appliquer la peine de mort directement, etc.</p>



<p><strong>Avec quel genre de juges avons-nous affaire dans votre film&nbsp;: des magistrats, des sorciers, des médecins ésotériques</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>Pour moi, ce sont des sages, des personnes qui maitrisent la tradition. Ils sont un peu comme le roi Salomon. Ils savent rendre des jugements dans des situations impossibles. Ils savent couper la poire en deux. Ils ont cette sensibilité humaine et cette sagesse de pouvoir trouver vraiment l’épine qui crée tous ces problèmes autour, et de résoudre et de réconcilier les familles. Ils sont tout à la fois&nbsp;: des médecins ésotériques, des sages, des juges, des avocats… Et ils sont vraiment en mission pour aider le peuple à trouver des solutions aux problèmes.</p>



<p><strong>En revanche, les méthodes employées semblent également être très «&nbsp;sorcières&nbsp;». En même temps, ils réussissent d’avoir des résultats étonnants, voire troublants&nbsp;: des ennemis jurés qui se réconcilient, se donnent la main, s’embrassent, trinquent ensemble. Avez-vous eu le sentiment que cette jurisprudence coutumière fonctionne</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>Je crois que cela marche vraiment. Leur mission est essentielle. Ils permettent aux gens de ne pas se rendre justice eux-mêmes. Pour beaucoup d’affaires de familles, d’affaires traditionnelles ou mystiques, à l’époque, on brûlait arbitrairement les sorciers ou celui qu’on accusait d’être sorcier. Maintenant, ce n’est plus possible, grâce à ce tribunal. Ce sont eux qui prennent en charge la «&nbsp;mise à mort&nbsp;» symbolique du sorcier, grâce à un instrument magique. Le rituel du «&nbsp;mortier&nbsp;» est l’épreuve finale, l’ordalie finale, qui permet de réintégrer le sorcier, puisqu’il ne peut plus nuire. En fait, ils neutralisent les sorciers au lieu de les tuer. Ce qui permet aux gens de continuer à vivre ensemble.</p>



<p><strong>À la fin, les juges vont sacrifier devant vous un chèvre pour assurer la réussite de ce «</strong>&nbsp;<strong><em>film réalisé par les Blancs</em></strong>&nbsp;<strong>». Qu’est-ce que cela change pour votre film et votre regard sur cette pratique ancestrale</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>Quand on arrive au Congo et qu’on veut travailler sur une dimension de l’invisible, c’est-à-dire mystique, etc., on demande l’autorisation aux hommes. Mais il faut surtout demander l’autorisation aux esprits à travers les hommes. Ce rituel qu’on voit à la fin du film, ce sacrifice d’un cabri, ce n’est pas nous qui l’avons demandé, ce sont les juges qui l’ont imposé pour qu’on se présente aux esprits des anciens juges. C’est-à-dire les ancêtres qui étaient les juges dans ce tribunal. Maintenant ils sont désincarnés, mais ils continuent à gouverner depuis l’autre monde, car au Congo, les morts ne sont pas morts. Pour cela, il faut toujours demander l’autorisation aux morts pour n’importe quel projet.</p>



<p><strong>Au Congo-Brazzaville, les Congolais eux-mêmes ont-ils réalisé des films sur ces pratiques et leur juridiction coutumière&nbsp;? Ou est-ce votre regard extérieur qui les met face à leurs pratiques</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>Les Congolais font assez peu de films sur la sorcellerie, parce que, pour eux, ce n’est pas quelque chose où on va par curiosité. Ils vont consulter un magicien quand ils ont vraiment un problème. Ils n’y vont pas comme ça pour lui poser des questions. C’est la raison pour laquelle il y a assez peu de films. Il y en a un film, qui a été fait il y a très longtemps sur le tribunal. En revanche, il suivait seulement une affaire qui n’était pas vraiment liée à l’invisible, le sujet n’a pas été abordé. Même du côté Kinshasa, dans le documentaire, il y a assez peu de films sur la magie et la spiritualité, parce que c’est quelque chose qui fait peur, même aux Congolais. Nous aussi, cela nous fait peur, mais comme nous sommes un peu plus un pas de côté, nous sommes moins impliqués dans ces angoisses d’être attaqué nous-mêmes.</p>



<p><strong>Source: RFI Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>« Au lieu de s’améliorer, ça empire » : en Afrique du Sud, le fléau des violences contre les femmes</title>
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				<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 18:58:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[En dossard orange, des femmes se dispersent dans un township réputé pour sa criminalité. Elles frappent aux portes, arrêtent chaque passant, même les enfants rentrant de l’école. La tâche de ces « brigades contre les violences sexistes », en Afrique du Sud, est herculéenne. Ce fléau a été désigné prioritaire par le gouvernement, qui s’avoue désemparé. Les récits...]]></description>
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<p><strong>En dossard orange, des femmes se dispersent dans un township réputé pour sa criminalité. Elles frappent aux portes, arrêtent chaque passant, même les enfants rentrant de l’école. La tâche de ces « brigades contre les violences sexistes », en </strong><a href="https://www.lemonde.fr/afrique-du-sud/"><strong>Afrique du Sud</strong></a><strong>, est herculéenne. Ce fléau a été désigné prioritaire par le gouvernement, qui s’avoue désemparé.</strong></p>



<p>Les récits sont glaçants, le nombre de cas signalés vertigineux. Une étudiante découpée en morceaux tassés dans une valise. Une autre violée, matraquée à mort. Une femme enceinte de huit mois poignardée, retrouvée pendue à un arbre… La liste est longue et sans cesse renouvelée. <em>« On ne peut pas rester les bras croisés en attendant que la justice fasse son boulot »</em>, soupire la militante Juliet Ngonyama, 52 ans. D’autant que la violence s’est aggravée depuis la pandémie de <a href="https://www.lemonde.fr/l-afrique-face-au-covid-19/">Covid-19</a>.</p>



<p>Deux par deux, les militantes sermonnent tous ceux qu’elles croisent, hommes et femmes.&nbsp;<em>«&nbsp;La violence sexiste est une maltraitance aux formes diverses&nbsp;: émotionnelle, physique, financière, psychologique&nbsp;»</em>, récitent-elles.</p>



<h2>«&nbsp;Ces chiffres sont une honte&nbsp;»</h2>



<p>L’Afrique du Sud a la réputation peu enviable de compter l’un des plus hauts niveaux de violence contre les femmes au monde. Plus de 100&nbsp;viols sont recensés chaque jour et une femme est assassinée toutes les trois heures, selon les chiffres officiels. Entre juillet et septembre, les viols ont augmenté de 7,1&nbsp;%, avec 9&nbsp;556&nbsp;plaintes enregistrées. Sans parler des viols non déclarés.</p>



<p><em>« Ces chiffres sont une honte »</em>, a déclaré, exaspéré, le président Cyril Ramaphosa en novembre, qualifiant les violences sexistes de <em>« pandémie parallèle »</em> au Covid-19 : <em>« C’est une guerre implacable menée contre le corps des femmes et qui, malgré tous nos efforts, ne montre aucun signe d’apaisement</em>. <em>Si l’on peut juger du caractère d’une nation par la façon dont elle traite les femmes et les enfants, alors nous sommes désespérément loin du compte. »</em></p>



<p>Les brigades ont été lancées en août dans la région de Johannesburg&nbsp;<em>«&nbsp;pour que les victimes soient contactées chez elles via une campagne de porte-à-porte&nbsp;»</em>, explique le coordinateur, Senosha Malesela, affirmant qu’elles ont permis de susciter de nouvelles plaintes. Ce jour-là, dans le township de Rabie Ridge, des voisins signalent une femme de 22&nbsp;ans maltraitée par son frère. Trop terrifiée pour raconter les détails – il est dans les parages –, elle glisse son numéro de téléphone&nbsp;: les brigades pourront l’appeler plus tard.</p>



<p>Les femmes comme elles, piégées dans le même espace que leurs agresseurs, se retrouvent souvent dans des refuges. Mais le pays n’en compte qu’une centaine, qui reçoivent parfois peu d’argent public. Le centre Nisaa, dans le township de Lenasia, près de Johannesburg, a le même âge que la démocratie sud-africaine. Pas une seule journée il n’a été vide depuis avril&nbsp;1994, dit sa directrice de 57&nbsp;ans, Gladys Mmadintsi&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Au lieu de s’améliorer, cela empire.&nbsp;»</em></p>



<p>Au Cap, à la pointe sud du pays, le refuge Sainte-Anne constate aussi une hausse des violences depuis deux ans. Lors d’une visite récente de journalistes de l’AFP, une femme était arrivée pendant la nuit. Une autre, avec un bébé et un enfant, dans la matinée. Le confinement a forcé davantage de femmes à fuir leurs foyers, explique sa directrice, Joy Lange&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Avant, les victimes pouvaient souffler quand elles partaient travailler.&nbsp;»</em>&nbsp;Désormais, le niveau de violences et&nbsp;<em>«&nbsp;leur intensité&nbsp;»&nbsp;</em>ont augmenté.</p>



<h2>«&nbsp;L’ensemble des facteurs est explosif&nbsp;»</h2>



<p>En septembre, le Parlement a voté trois lois pour renforcer l’arsenal répressif. Mais pour les militants, cela ne s’attaquera pas aux racines du problème. Les hommes sud-africains grandissent souvent sans père et ont aussi subi des violences, explique Craig Wilkinson, fondateur de l’association Father a Nation. Avec des notions faussées sur la masculinité et un chômage endémique,&nbsp;<em>«&nbsp;l’ensemble des facteurs est explosif&nbsp;»</em>.</p>



<p><em>« Aucune loi ne pourra réparer des hommes abîmés, brisés »</em>, dit-il, faisant référence, entre autres, aux contrecoups de l’apartheid. La loi seule, c’est <em>« comme mettre un couvercle sur une cocotte-minute. Il faut gérer la pression, sinon ça pète. » </em>Et d’ajouter : <em>« Nous devons rappeler aux hommes leur valeur, les réparer, leur apprendre à utiliser leur force »</em> à bon escient.</p>



<p>La violence infligée aux femmes est si banalisée qu’il est&nbsp;<em>«&nbsp;beaucoup plus difficile pour les victimes d’appeler au secours et pour d’autres de leur venir en aide&nbsp;»</em>, note Sima Diai, du centre Nisaa. Il a fallu dix ans à Nathalie, 40&nbsp;ans, réfugiée au centre depuis deux mois, pour arriver à se soustraire à son bourreau, qui lui a cassé des côtes à coups de barre de fer.</p>



<p>Jacqueline, 29 ans, est à Sainte-Anne depuis neuf mois. Elle évoque <em>« un type qui </em>[l’a]<em> battue si fort </em>[qu’elle s’est] <em>haïe de l’avoir laissé faire »</em>. Elle n’a pas porté plainte mais est soulagée d’avoir survécu, <em>« parce qu’on a tous une histoire à construire »</em>.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/ Mis en ligne: Le Monde Afrique</strong></p>
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		<title>Sur les terres rebelles soudanaises, l’accès humanitaire reste partiel</title>
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				<pubDate>Mon, 11 Oct 2021 17:56:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Pendant trois heures, Muna et Nadia se sont faufilées sur les chemins boueux des monts Nouba. Une région du sud du Soudan caractérisée par ses montagnes culminant à 1 325 mètres, sa végétation dense et son absence de routes goudronnées. Les deux voisines voulaient atteindre le grand marché de Kauda qui se tient, chaque mercredi, à l’extérieur de...]]></description>
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<p><strong>Pendant trois heures, Muna et Nadia se sont faufilées sur les chemins boueux des monts Nouba. Une région du sud du </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/soudan"><strong>Soudan</strong></a><strong> caractérisée par ses montagnes culminant à 1 325 mètres, sa végétation dense et son absence de routes goudronnées. Les deux voisines voulaient atteindre le grand marché de Kauda qui se tient, chaque mercredi, à l’extérieur de la capitale des rebelles soudanais du SPLM-N (</strong><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/soudan-generaux-et-contestataires-au-chevet-des-zones-en-conflit-28-07-2019-2327189_3826.php"><strong>Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord</strong></a><strong>). Épuisées, elles se sont finalement arrêtées sur le petit souk du centre de Kauda pour vendre des cacahuètes, des tomates cerises et des feuilles séchées d’hibiscus – utilisées pour préparer des infusions ou du jus de carcadet. Cette fin septembre s’avère particulièrement difficile pour les deux mères de famille car les réserves de l’année précédente sont écoulées tandis que la récolte n’a pas encore commencé. Or, elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes puisque, comme la plupart des hommes noubas, leurs maris sont engagés bénévolement au sein de l’armée du SPLM-N.</strong></p>



<p>Ni Muna, ni Nadia, ni la majorité des commerçants rencontrés n’ont entendu parler de la réouverture partielle de l’accès humanitaire. Ceux qui peuvent se permettre d’envoyer certains de leurs enfants à l’école se réjouissent, toutefois, du fait que ces derniers bénéficient d’un repas gratuit. C’est le seul exemple cité illustrant le retour, depuis fin 2019, du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/pam">Programme alimentaire mondial</a>&nbsp;(PAM) sur les terres contrôlées par les rebelles – sept enclaves regroupées dans les états méridionaux du Kordofan du Sud et du Nil bleu.</p>



<p>D’autres agences onusiennes se sont rendues sur place, fin mai, pour envisager de reprendre, à leur tour, leurs activités après un départ précipité en 2011, lors de la résurgence des combats entre le SPLM-N et le régime d’<a href="https://www.lepoint.fr/tags/omar-el-bechir">Omar el-Béchir</a>. Entre avril et mai, le PAM a par ailleurs, pour la première fois, pu atteindre cinq enclaves isolées et y délivrer des biscuits énergétiques et autres compléments alimentaires directement depuis le Soudan.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/l-apres-el-bechir-au-soudan-la-presse-africaine-mefiante-13-04-2019-2307470_3826.php">Mise à part cette exception, deux ans et demi ont beau s’être écoulés depuis la chute du dictateur</a>, l’aide matérielle aux territoires rebelles doit toujours transiter par le&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/soudan-du-sud">Soudan du Sud</a>&nbsp;frontalier. Avant d’être acheminée en camion via des pistes difficilement praticables et entrecoupées de rivières durant la saison des pluies.</p>



<h4>Une paix toujours en suspens</h4>



<p>Une situation laborieuse liée à l’absence de paix officielle, malgré un cessez-le-feu reconduit depuis 2016. Suspendues le 15&nbsp;juin, les négociations entre les représentants du gouvernement de transition soudanais et le chef des rebelles,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/abdelaziz-al-hilu-l-homme-qui-veut-seculariser-le-soudan-06-07-2021-2434309_3826.php">Abdelaziz al-Hilu</a>, pourraient reprendre prochainement. En attendant, les quelque 800&nbsp;000 riverains ont «&nbsp;désespérément besoin de secours&nbsp;», alertait le communiqué de l’<a href="https://www.lepoint.fr/tags/onu">ONU</a>&nbsp;suivant la visite de mai.</p>



<p>Parmi ces civils en détresse, le petit Ibrahim,&nbsp;4&nbsp;mois. «&nbsp;Depuis mon accouchement, je ne produis pas de lait. Je lui ai donc donné du lait de chèvre. Mais cela lui a provoqué de la fièvre, de la toux et de la diarrhée&nbsp;», énumère sa mère, Iklas Sidig. Impossible, en effet, de trouver du lait infantile à l’épicerie ou dans le centre de soin le plus proche. Alors, la trentenaire a laissé ses six aînés chez elle, et a marché, pendant une journée, jusqu’à l’hôpital allemand de Lwere, à une trentaine de minutes en voiture de Kauda.</p>



<p>Il s’agit d’un des seuls établissements de santé des monts Nouba avec celui de Gidel, également situé à moins d’une heure de la capitale. «&nbsp;La réouverture de l’accès humanitaire n’a rien changé pour nous. En l’absence de médicaments et de matériel médical dans les unités de soin locales, les patients continuent à venir de partout&nbsp;», décrit Elena Proegler, une infirmière allemande qui travaille régulièrement à Lwere depuis 9&nbsp;ans. «&nbsp;Nous avons perdu beaucoup d’enfants, ajoute sa collègue, Anicka Wentz, elle aussi allemande.&nbsp;Il y a une combinaison de malnutrition et d’absence de traitements adaptés. Quand les mères se résignent à emmener leurs enfants à l’hôpital, ces derniers parcourent de longues distances sans rien à manger ni à boire. Ils arrivent déshydratés, presque inconscients.&nbsp;»</p>



<h4>Une couverture vaccinale insuffisante</h4>



<p>Dans les régions contrôlées par le SPLM-N, le taux de mortalité dépasse&nbsp;24&nbsp;pour&nbsp;1&nbsp;000 habitants en&nbsp;2020&nbsp;contre&nbsp;10&nbsp;pour&nbsp;1&nbsp;000 habitants dans le reste du Soudan. «&nbsp;Les principales causes sont le paludisme, la diarrhée, la pneumonie et les infections respiratoires&nbsp;», détaille Tutu Turkash, le secrétaire à la Santé – qui correspond à un ministère, les rebelles ayant formé leur propre gouvernement. Il précise que ce chiffre était encore plus élevé, durant les cinq années pendant lesquelles l’ex-régime a bombardé les citoyens des monts Nouba et du Nil Bleu.</p>



<p>La situation épidémique s’est en revanche dégradée. «&nbsp;Beaucoup d’organisations [indépendantes de l’ONU] ont cessé de nous soutenir depuis la fin des conflits armés. Les donneurs pensent que la paix est revenue ce qui n’est pas le cas&nbsp;», déplore Tutu Turkash. Conséquence&nbsp;: aucun vaccin n’a été livré depuis 2019. «&nbsp;Nous recommençons à avoir des cas de rougeole à cause du manque de couverture vaccinale des enfants&nbsp;», regrette le secrétaire. Il refuse, pour autant, de céder aux conditions de Khartoum qui voudrait acheminer l’aide depuis le nord du pays.</p>



<p>La confiance, explique-t-il, a été rompue en décembre 2011. «&nbsp;Une livraison de vaccins gérée par l’UNMIS (Mission des Nations unies au Soudan) a été interceptée à Kadugli [capitale du Kordofan du Sud] par l’armée soudanaise. Les militaires ont ouvert les doses, ce qui les a rendues inutilisables. Depuis, nous n’avons jamais réessayé de faire venir des vaccins depuis Khartoum&nbsp;», détaille Tutu Turkash.</p>



<h4>Rétablir la confiance</h4>



<p>De leur côté, les agences de l’ONU guettent le feu vert de Khartoum pour recommencer à opérer. La seule active sur place, le PAM, doit faire voyager ses ravitaillements du Soudan au Soudan du Sud, avant de pénétrer, par la route, sur les territoires du SPLM-N. Son personnel se retrouve, lui aussi, confronté à un manque de confiance. «&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/au-soudan-du-sud-une-independance-aussi-inevitable-que-chaotique-11-07-2021-2435045_3826.php">Depuis que la guerre a éclaté en&nbsp;2011&nbsp;et jusque très récemment</a>, l’ONU n’a pas eu accès à ces zones. Cela a incité la population locale à se demander si les Nations Unies étaient vraiment déterminées à les soutenir et a généré un sentiment de méfiance. L’accès humanitaire et la fourniture d’une assistance sont donc aujourd’hui plus importants que jamais pour regagner la confiance et aider ces communautés mal desservies&nbsp;», déclare Christopher Wulliman, chargé des programmes du PAM dans les deux régions contrôlées par les rebelles.</p>



<p>Cette branche onusienne finance notamment des repas dans les écoles pour inciter les parents à scolariser leurs enfants – moins de trois Noubas âgés de 6 à 10 ans sur dix vont pour l’heure à l’école. Environ 80 000 étudiants bénéficient d’ores et déjà de ce programme. La deuxième action majeure consiste à fournir des équipements et à former 6 000 agriculteurs d’ici à l’année prochaine afin de réduire les pertes dues entre autres à de mauvaises conditions de stockage. Une manière de faire reculer la malnutrition. Et une première étape face à l’ampleur des besoins sur ces territoires isolés, dépourvus même de couverture téléphonique et internet. Muna et Nadia, les deux vendeuses du marché de Kauda, n’ont, elles, pas les moyens de s’offrir « du savon et une bâche en plastique pour protéger notre maison de la pluie ».</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée<br></strong></p>
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		<title>L&#8217;Afrique du Sud malade de ses viols</title>
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				<pubDate>Sun, 15 Mar 2020 20:15:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/20155706lpw-20155860-article-jpg_6978381_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-15246" width="842" height="358" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/20155706lpw-20155860-article-jpg_6978381_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/20155706lpw-20155860-article-jpg_6978381_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /><figcaption> <em>Les violences sexuelles sont profondément ancrées dans la société sud-africaine depuis l&rsquo;époque coloniale. Malgré les nombreuses campagnes, les autorités ont du mal à trouver des solutions concrètes. </em> </figcaption></figure>



<h4>Pour gagner sa guerre contre les violences sexuelles faites aux femmes, le pays doit d&rsquo;abord plonger dans sa tragique histoire.</h4>



<p>Le fléau de la violence contre les femmes secoue l&rsquo;Afrique du Sud, où&nbsp;110&nbsp;viols sont recensés chaque jour et où&nbsp;30&nbsp;femmes ont été tuées par leur conjoint durant le seul mois d&rsquo;août&nbsp;2019. Pour certains experts, le taux de violence basée sur le genre peut être comparé avec celui de pays en guerre. C&rsquo;est simple, le nombre de viols a&nbsp;augmenté de 3,9&nbsp;% pour s&rsquo;établir à 41&nbsp;583 au cours de l&rsquo;année 2019, soit le nombre le plus élevé depuis quatre ans. Durant cette même année, 2&nbsp;771 femmes ont été assassinées. «&nbsp;L&rsquo;Afrique du Sud est l&rsquo;un des endroits les plus dangereux au monde pour une femme, avec un niveau de violence comparable à celui d&rsquo;un pays en guerre&nbsp;», a reconnu récemment le président sud-africain&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/afrique-du-sud-haro-sur-les-violences-faites-aux-femmes-28-11-2019-2350184_3826.php">Cyril Ramaphosa, qui a annoncé un plan d&rsquo;urgence pour lutter contre ce fléau.</a></p>



<h4>La partie immergée de l&rsquo;iceberg</h4>



<p>Face à de tels chiffres, difficile pour le pays de Nelson Mandela de mettre en exergue un quelconque progrès lors de la journée du 8&nbsp;mars. Contrairement aux précédentes journées de réflexion sur les droits des femmes, cette année, il n&rsquo;a pas été question de la violence basée sur le genre dans les débats publics. Au-delà de la forte actualité liée à la pandémie de&nbsp;coronavirus, le malaise est fort dans la société sud-africaine alors que le président Cyril Ramaphosa a lancé –ou plus tôt il s&rsquo;est engagé à s&rsquo;attaquer de front à – la problématique sans que les premiers résultats soient encore visibles. Quelles sont justement ces mesures et peuvent-elles&nbsp;réellement répondre à un fléau qui semble relever de la culture du viol dans l&rsquo;imaginaire populaire&nbsp;?&nbsp;Et si les violences sexuelles faites aux femmes avaient quelque chose à voir avec les fantômes du passé politique de l&rsquo;Afrique du Sud&nbsp;?</p>



<h4>Un passé qui a forgé la notion de la masculinité</h4>



<p>Il faut le dire d&#8217;emblée&nbsp;: les violences basées sur le genre sont les conséquences d&rsquo;une violence endémique qui caractérise l&rsquo;Afrique du Sud depuis la période coloniale.&nbsp;En effet, Pumta Gqola, l&rsquo;auteure de l&rsquo;ouvrage intitulé&nbsp;<em>Le Viol&nbsp;: le cauchemar sud-africain</em>&nbsp;(Rape&nbsp;: A South African Nightmare), explique la hausse des statistiques sur les viols après&nbsp;1994&nbsp;par le fait que les femmes noires ont pu, elles aussi, porter plainte. Avant, le viol était&nbsp;non seulement une caractéristique essentielle de la domination coloniale britannique, mais son acceptation dans les esprits s&rsquo;est faite par le biais d&rsquo;une infantilisation généralisée des populations noires. «&nbsp;Sous le colonialisme et l&rsquo;apartheid, les Africains adultes étaient désignés, garçons et filles, légalement et économiquement infantilisés&nbsp;», écrit Gqola. «&nbsp;Affirmer sa masculinité était&nbsp;alors un moyen de rejeter cette position&nbsp;», ce qui explique pourquoi les femmes se sont retrouvées piégées entre deux conceptions extrêmes de la masculinité. D&rsquo;autre part, «&nbsp;sous l&rsquo;apartheid, aucun homme blanc n&rsquo;a été pendu pour viol&nbsp;et les seuls hommes noirs qui ont été pendus pour viol ont été reconnus coupables de viols de femmes blanches&nbsp;», révèle Pumta Gqola. En conséquence, les violences et agressions envers les femmes noires ont été rarement condamnées. Et ces femmes n&rsquo;avaient pas non plus accès à la police, les commissariats étant jusqu&rsquo;à des années après des lieux hostiles. Les femmes ont joué un rôle important dans la lutte contre l&rsquo;apartheid, elles ont été systématiquement persécutées, agressées ou violées.&nbsp;Ainsi, de génération en génération, les femmes prennent de plein fouet l&rsquo;histoire brutale de l&rsquo;Afrique du Sud, où l&rsquo;«&nbsp;hyper-masculinité&nbsp;» – c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;affirmation du pouvoir masculin – nie l&rsquo;existence de la femme en tant qu&rsquo;être à part entière, voire la chosifie. Aujourd&rsquo;hui, les facteurs des violences sont complexes et couvrent toute la gamme psychosociale, de la pauvreté et du chômage à la violence intergénérationnelle et aux traumatismes infantiles.&nbsp;Deux rapports explosifs de Human Rights Watch parus en&nbsp;1995&nbsp;et un&nbsp;rapport d&rsquo;Interpol de&nbsp;1996&nbsp;ont fini par cimenter cette perception&nbsp;et donner à l&rsquo;Afrique du Sud, le&nbsp;statut de «&nbsp;capitale mondiale du viol&nbsp;».</p>



<h4>Et maintenant&nbsp;?</h4>



<p><a href="https://www.lepoint.fr/monde/les-violences-faites-aux-femmes-cause-nationale-en-afrique-du-sud-23-11-2019-2349149_24.php">Combattre ce fléau national, c&rsquo;est agir à deux niveaux</a>. Dans un premier temps, la lutte contre les violences faites aux femmes est avant tout une prise de conscience que l&rsquo;éducation et&nbsp;l&rsquo;enseignement sont des leviers qui aident, dans un tel contexte de violence, à la protection des populations vulnérables, telles que les femmes, mais également les filles et les enfants plus généralement. Alors que la violence, les comportements violents sont tolérés/appris dans les foyers, au sein des communautés, ainsi que dans les écoles, il est urgent de briser ce cercle de violence chez les plus&nbsp;jeunes eux-mêmes, trop souvent exposés à la négation de la femme. Ainsi, si rien n&rsquo;est fait en matière d&rsquo;éducation, la société sud-africaine continuera à engendrer des générations d&rsquo;individus violents, dont des violeurs-prédateurs sexuels. La violence est en fait le seul moyen d&rsquo;expression et d&rsquo;affirmation d&rsquo;une autorité à la fois dans la sphère publique et dans la sphère privée. De l&rsquo;autre côté, l&rsquo;État lui-même&nbsp;doit mettre en œuvre des politiques publiques en faveur de la lutte contre les violences envers les femmes. C&rsquo;est donc dans un tel contexte&nbsp;que le gouvernement sud-africain, et plus particulièrement le président Cyril Ramaphosa, a&nbsp;fait l&rsquo;annonce d&rsquo;une série de mesures concrètes afin de répondre à l&rsquo;appel de la société civile sud-africaine exigeant une meilleure protection des femmes dans le pays.</p>



<p>Conformément à ce qui avait été annoncé lors de la séance conjointe du Parlement, en octobre&nbsp;2019, un plan d&rsquo;action d&rsquo;urgence a été mis en œuvre, dès novembre. L&rsquo;augmentation à hauteur de 1,6&nbsp;milliard de rands supplémentaires des ressources financières, l&rsquo;accès à la justice pour les victimes ainsi que le renforcement de la justice pénale en matière d&rsquo;infractions sexuelles sont devenus le cœur de ce dispositif. L&rsquo;établissement de tribunaux dédiés exclusivement aux infractions sexuelles, de centres de soins et de centres d&rsquo;appels ouverts 24&nbsp;heures sur&nbsp;24&nbsp;est également le&nbsp;point&nbsp;d&rsquo;orgue pour la lutte contre les violences basées sur le genre.</p>



<h4>La justice sommée d&rsquo;agir plus vite</h4>



<p>Face à la lenteur de la justice, le gouvernement a déclaré urgence nationale le traitement des dossiers de crimes sexuels dans de meilleurs délais et/ou rouverts. La police sud-africaine est à la fois renforcée par de nouvelles recrues et formée&nbsp;à une meilleure prise en charge des victimes. Les fonctionnaires travaillant auprès des enfants, notamment, ainsi que des personnes en situation de handicap font désormais l&rsquo;objet d&rsquo;une vérification beaucoup plus renforcée en fonction du registre national des délinquants sexuels. Enfin, les campagnes d&rsquo;éducation, de sensibilisation et de prévention sur diverses plateformes médiatiques ont également été encouragées dans ce plan d&rsquo;action d&rsquo;urgence.</p>



<p>Si, sur le papier, cette succession de mesures semble aller dans le bon sens, les ressources financières mises à la disposition&nbsp;des victimes, et plus particulièrement des survivantes, engendrent déjà quelques polémiques, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;au plus haut sommet de l&rsquo;État aucune déclaration n&rsquo;a été faite sur la gestion et la nomination des administrateurs de ce fonds de lutte contre les violences basées sur le genre. Par conséquent, la plus grande crainte des observateurs est qu&rsquo;à nouveau&nbsp;l&rsquo;État fasse les mêmes erreurs que par le passé&nbsp;en échouant à mettre en place une meilleure coordination entre les parties prenantes agissant pour la lutte contre les violences faites aux femmes, en l&rsquo;occurrence l&rsquo;État et la société civile.&nbsp;Les décisions prises par le gouvernement dans un contexte d&rsquo;indignation à la fois locale&nbsp;mais également internationale pourraient à terme être contre-productives tant le défi est grand et demande une meilleure concertation pour une mise en œuvre d&rsquo;une politique publique en faveur des femmes, et plus particulièrement des victimes, beaucoup plus effective.</p>



<p>Bien que le président Cyril Ramaphosa ait exigé des rapports hebdomadaires sur la mise en œuvre du plan, pour l&rsquo;instant, il paraît encore très difficile de mesurer les progrès accomplis, d&rsquo;autant plus que sa mise en œuvre doit être accompagnée d&rsquo;un changement de mentalité de l&rsquo;ensemble de la société sud-africaine, ce qui est loin d&rsquo;être gagné tant l&rsquo;« hyper-masculinité » est profondément ancrée dans ce pays.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Le Congo crée un monopole d&#8217;État pour le cobalt artisanal</title>
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				<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 10:42:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/L’exploitation-du-cobalt-un-calvaire-pour-les-mineurs-et-l’environnement-.jpg" alt="" class="wp-image-13841" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/L’exploitation-du-cobalt-un-calvaire-pour-les-mineurs-et-l’environnement-.jpg 800w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/L’exploitation-du-cobalt-un-calvaire-pour-les-mineurs-et-l’environnement--300x188.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/L’exploitation-du-cobalt-un-calvaire-pour-les-mineurs-et-l’environnement--768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption>mineurs dans une mine de cobalt </figcaption></figure>



<p><strong>La République démocratique du Congo a accordé le monopole à une nouvelle société d&rsquo;État pour acheter et commercialiser tout le cobalt qui n&rsquo;est pas extrait industriellement dans le but d&rsquo;exercer une plus grande influence sur les prix, montre un décret gouvernemental</strong>.</p>



<p>Le décret de novembre, vu par Reuters vendredi, crée une nouvelle filiale de la société minière d&rsquo;État Gecamines avec des droits exclusifs pour vendre des «minéraux stratégiques» extraits artisanalement, tels que le cobalt, un composant clé des batteries de voitures électriques.</p>



<p>Le décret dit qu&rsquo;il était motivé par «la nécessité de contrôler l&rsquo;ensemble de la chaîne d&rsquo;approvisionnement artisanal et d&rsquo;augmenter les recettes publiques par le contrôle des prix».</p>



<p>Il vise également à exercer une plus grande surveillance de l&rsquo;État sur les conditions de travail dans le secteur artisanal, qui a été en proie à des cas de travail des enfants et d&rsquo;autres abus.</p>



<p>Cette décision a été confirmée vendredi par Albert Yuma, président de Gecamines, principal producteur public de cuivre et de cobalt.</p>



<p>« Nous avons estimé qu&rsquo;il était temps d&rsquo;arrêter la perte de vies humaines de nos concitoyens dans des conditions de travail misérables et une rémunération indigne », a déclaré Yuma à Reuters par téléphone.</p>



<p>L&rsquo;entité s&rsquo;appelle Enterprise Generale du Cobalt, selon une source au sein de la Gécamines.</p>



<p>Cependant, il n&rsquo;était pas clair quand la nouvelle entreprise commencerait ses opérations.&nbsp;Le commerce du cobalt artisanal, qui est extrait avec des outils rudimentaires dans des conditions souvent dangereuses, est dominé par les intermédiaires chinois.</p>



<p>Le Congo produit environ 60% du cobalt mondial.&nbsp;Il a été touché par la chute des prix du métal, qui représentent désormais moins d&rsquo;un tiers de leur sommet de 2018 autour de 95000 $, en raison de l&rsquo;offre excessive et de l&rsquo;impact de la guerre commerciale américano-chinoise.</p>



<p>Alors que la majeure partie du cobalt du Congo est extraite par des opérateurs industriels comme Glencore et China Molybdenum, les mineurs artisanaux représentent environ un quart de la production.</p>



<p>Le décret, publié dans le journal officiel du gouvernement le 1er décembre, a déclaré que la nouvelle société aurait également un monopole sur d&rsquo;autres minéraux désignés comme «stratégiques» par le gouvernement, y compris le coltan, un minerai riche en tantale, bien que la Gécamines ne soit pas présente dans le partie du pays où le coltan est extrait.</p>



<p>Le ministre des Mines n&rsquo;a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.</p>



<p>La Gécamines est lourdement endettée et a eu du mal à plusieurs reprises à mettre en œuvre des projets visant à augmenter la production.</p>



<p>Le président Félix Tshisekedi a annoncé la création de la nouvelle filiale en décembre, mais n&rsquo;a pas dit qu&rsquo;elle aurait un monopole.</p>



<p>L&rsquo;exploitation minière artisanale au Congo était la deuxième source d&rsquo;approvisionnement mondial après le secteur officiel du pays en 2017, selon les estimations du bureau d&rsquo;études CRU.</p>



<p><strong>Source: Reuters Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>CÔTE D’IVOIRE : Les enjeux de demain</title>
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				<pubDate>Thu, 21 Nov 2019 06:31:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Côte d’Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Alassane Ouattara]]></category>
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				<description><![CDATA[Depuis 2010, la Côte d’ivoire a évolué politiquement, économiquement, elle s’est reconstruite, modernisée, stabilisée et sa croissance accélérée est l’une des plus fortes de la région. La classe moyenne s’est renforcée, les bailleurs de fond et les investisseurs ont confiance.  Le Président Alassane Ouattara a voulu une Côte d’Ivoire nouvelle. Il lui a donné une...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/image1-768x361.jpg" alt="" class="wp-image-11479" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/image1-768x361.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/image1-768x361-300x141.jpg 300w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p><strong>Depuis 2010, la Côte d’ivoire a évolué politiquement, économiquement, elle s’est reconstruite, modernisée, stabilisée et sa croissance accélérée est l’une des plus fortes de la région. La classe moyenne s’est renforcée, les bailleurs de fond et les investisseurs ont confiance.</strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://facebook.com/sharer/sharer.php?u=https%3A%2F%2Fwww.jeuneafrique.com%2Flanding%2Fcote-divoire-les-enjeux-de-demain%2F" target="_blank"><strong> </strong></a></p>



<p>Le Président Alassane Ouattara a voulu une Côte d’Ivoire nouvelle.</p>



<p>Il lui a donné une autre constitution (2016) pour assurer un équilibre durable, lancé un nouveau parti le R.H.D.P. (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix). Il a insisté sur la nécessité de passage de témoin aux nouvelles générations, signe de maturité politique et les quinquas qui l’entourent depuis des années sont prêts à assurer la relève.</p>



<p>Les nouvelles générations, qui n’ont pas connu Houphouët et n’étaient que des enfants durant la crise électorale de 2010, veulent la paix et vivre ensemble avec des exigences fortes crées par les changements, plus d’éducation, plus de santé, du travail pour tous … et des modes d’expression qui n’existaient pas auparavant « les réseaux sociaux ».</p>



<p>Ce sont les enjeux de 2020.</p>



<p>C’est un véritable bond en avant qu’a réalisé la Côte d’Ivoire depuis le début de la dernière décennie. Le pays a retrouvé une santé économique qui lui permet de jouer à nouveau son rôle de poumon économique dans la sous-région. Aujourd’hui les grands équilibres nationaux de l’économie ont été rétablis. L’inflation est maîtrisée, la balance commerciale excédentaire, le déficit budgétaire en forte baisse et l’endettement est contenu à moins de 60&nbsp;% du PIB, dans le respect des normes UEMOA en la matière.</p>



<p>L’émergence économique promise par le président Alassane Ouattara pour 2020 semble donc être en bonne voie. Les Plans nationaux de développement (PND), 2012 – 2015 et 2016 – 2020 ont permis au pays d’enregistrer des progrès significatifs dans de nombreux dossiers, qu’il s’agisse de la décentralisation, destinée à apporter le développement sur l’ensemble du territoire, du renforcement de la paix, sans laquelle aucun essor économique n’est envisageable, de l’industrialisation seule à même de valoriser localement les productions ivoiriennes ou encore de la protection de l’environnement, pour être en mesure d’assurer dès aujourd’hui l’avenir du pays.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>L’ÉMERGENCE EST UN PARI SUR L’AVENIR, L’AVENIR SE PLANIFIE ET L’ÉMERGENCE SE CONSTRUIT DANS LA PAIX, LA SÉCURITÉ, LE DIALOGUE ET LA COHÉSION SOCIALE.</p></blockquote>



<h5>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<strong>Président Alassane Dramane Ouattara, 16 décembre 2014</strong></h5>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.jeuneafrique.com/medias/2019/11/14/image2.jpg" alt="L’éducation est un des secteurs prioritaires du Programme social du Gouvernement (PS Gouv) portant sur la période 2019-2020." class="wp-image-856631"/></figure>



<p><strong>Social au programme&nbsp;</strong></p>



<p>Beaucoup reste encore à faire sur le plan social, comme le chef de l’État lui-même est le premier à en convenir. Lui et son gouvernement n’ont pourtant pas mesuré leurs efforts pour assurer une hausse des revenus des paysans, fonctionnaires et salariés du secteur privé, pour apporter un meilleur accès des populations aux services sociaux de base que sont l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation, pour promouvoir la place de la femme dans la société et améliorer l’emploi des jeunes. Autant de priorités regroupées au sein du Programme social du Gouvernement (PS Gouv), portant sur la période 2019 – 2020, et destiné à accélérer le rythme des réformes à caractère social dans le pays.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img src="https://www.jeuneafrique.com/medias/2019/11/14/imagestats_944.jpg" alt="imageStats_944" class="wp-image-856791"/></figure></div>



<p><strong>Cinq axes d’amélioration</strong></p>



<p>Cinq axes prioritaires ont été définis, pour garantir à l’ensemble de la population des améliorations concrètes et durables de leur condition de vie. Le PS Gouv entend fournir des services de santé de proximité à tous les Ivoiriens ; renforcer le maintien à l’école des enfants âgés de 6 à 16 ans, tout en améliorant les conditions d’étude ; de favoriser l’accès aux logements, à l’eau potable, à l’énergie, au transport et aux biens de grande consommation ; d’accroître l’accès des jeunes et des femmes à un emploi décent et stable ; créer le bien-être des populations en milieu rurale et assurer la sécurité alimentaire.</p>



<p><strong>Priorité à la santé et à l’éducation</strong></p>



<p>La situation ivoirienne s’est déjà considérablement améliorée dans les secteurs primordiaux de la santé et de l’éducation. L’ensemble du système scolaire a fait l’objet d’investissements importants pour que l’école obligatoire devienne une réalité dans le pays. D’ici à 2020, plus de 3 400 nouvelles classes sont attendues dans le primaire, ainsi que 40 collèges de proximité et 7 lycées. Le secteur de la santé a également réceptionné d’importants équipements en 2017, alors que la couverture sanitaire est prévue pour s’étendre jusqu’en 2020. À cette date, le PS Gouv devra avoir atteint ses objectifs pour que l’ensemble des Ivoiriens puisse alors, à leur tour, recueillir les fruits de la croissance économique de leur pays.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.jeuneafrique.com/medias/2019/11/14/image3.jpg" alt="Thierry Gouegnon / Reuters" class="wp-image-856634"/></figure>



<p><strong>Le social au cœur de l’action</strong></p>



<p>« Le PS Gouv couvre la période 2019 – 2020. Il traduit notre engagement à travailler sans relâche pour le bien-être de nos populations. Je voudrais réaffirmer ma détermination à suivre personnellement la mise en œuvre complète et satisfaisante de ce programme avec toute la rigueur et la célérité requise »                                                                                        <strong>Président Alassane Dramane Ouattara, 7 janvier 2019</strong></p>



<p>C’est au Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly qu’il revient de mener à bien ce programme.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Le climat politique se crispe en Côte d’Ivoire, à un an de la présidentielle</title>
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				<pubDate>Mon, 07 Oct 2019 14:20:30 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Un jeune homme a été tué par balle et trois autres blessés lors d’une manifestation dans la région de Bouaké après l’arrestation de l’opposant Jacques Mangoua. Dans la tradition ivoirienne, lorsque le chef du village reçoit ses invités sous l’arbre à palabres, on commence par se demander les nouvelles. Vendredi 4 octobre, à Djébonoua (centre), les...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/5f44964_quORv2AFplkUprIB5rahAJPr.jpg" alt="" class="wp-image-10122" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/5f44964_quORv2AFplkUprIB5rahAJPr.jpg 688w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/5f44964_quORv2AFplkUprIB5rahAJPr-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 688px) 100vw, 688px" /></figure>



<p><strong>Un jeune homme a été tué par balle et trois autres blessés lors d’une manifestation dans la région de Bouaké après l’arrestation de l’opposant Jacques Mangoua.</strong></p>



<p>Dans la tradition ivoirienne, lorsque le chef du village reçoit ses invités sous l’arbre à palabres, on commence par se demander les nouvelles. Vendredi 4 octobre, à Djébonoua (centre), les nouvelles sont mauvaises. <em>« Yako », « Yako »,</em> (« désolé » en langue baoulé), répètent les membres de l’assemblée, trois députés du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), le principal parti d’opposition d’un côté, la chefferie du village de l’autre. <em>« Nous sommes venus apporter notre compassion, notre soutien, appeler au calme et à la paix avec les forces de l’ordre »</em>, annonce Marius Konan Koffi, député PDCI d’Attiégouakro, l’un des émissaires de l’ancien président Henri Konan Bédié.</p>



<p>La veille, à l’entrée de ce village situé au sud de Bouaké, des tirs des forces de l’ordre ont fait un mort et au moins trois blessés. Dès six heures du matin, la jeunesse militante des environs avait érigé un barrage, bloquant l’axe entre Bouaké et Yamoussoukro, pour demander la libération du président du conseil régional et vice-président du PDCI, Jacques Mangoua. Placé le 30&nbsp;septembre sous mandat de dépôt, celui-ci était jugé pour<em>&nbsp;«&nbsp;détention illégale d’armes à son domicile&nbsp;»</em>.</p>



<p>La victime, Romaric Kouakou, un maraîcher de 32&nbsp;ans, n’était même pas manifestant, encore moins militant.&nbsp;<em>«&nbsp;Il était en train de creuser une fosse septique juste à côté des barrages. Il a voulu s’enfuir avant de recevoir une balle dans l’abdomen</em>, détaille son oncle.&nbsp;<em>Il n’avait même pas sa carte au parti, il n’était pas politisé.&nbsp;»</em>&nbsp;Norbert Konan non plus. Pourtant, le villageois est l’une des autres victimes collatérales de cette charge policière&nbsp;: il s’est pris une balle dans le tibia.<em>&nbsp;«&nbsp;Je revenais du champ et suis allé voir les manifestants. Ils n’ont même pas lancé de pierres, ils barraient juste la route avec des bouts de bois. Mais la police s’est mise à lancer des grenades et à tirer&nbsp;»</em>, relate-t-il. Malgré l’impressionnant bandage couvrant sa jambe droite, il devrait vite remarcher, mais se dit&nbsp;<em>«&nbsp;en colère&nbsp;»</em>&nbsp;contre l’Etat.&nbsp;<em>«&nbsp;Ils nous ont tiré dessus comme des fugitifs, comme du gibier&nbsp;!&nbsp;»</em>, poursuit Xavier Kouadio, l’un des militants.</p>



<h4><strong>«&nbsp;Coup monté&nbsp;»</strong></h4>



<p>Les manifestations, en périphérie de Bouaké ainsi que devant le tribunal correctionnel de la ville, n’ont pas suffi. Jacques Mangoua a été condamné jeudi en fin de journée à cinq ans de prison ferme, assortis d’une privation de ses droits civiques au terme d’un procès de quelques heures. Trois semaines plus tôt, alerté par l’un de ses employés de maison de la présence d’armes et de munitions dans sa propriété, le président du conseil régional se serait pourtant décidé à prévenir lui-même la gendarmerie locale et le préfet.</p>



<p>Le déroulement des faits et la célérité de la procédure judiciaire font bondir l’opposition qui parle d’un <em>« coup monté aboutissant à un procès politique »</em> et d’une <em>« traque contre les opposants »</em>. Dans un communiqué publié après le jugement, le PDCI rappelle que, lors des dernières élections locales, en octobre 2018, Jacques Mangoua avait battu un ministre, toujours membre du gouvernement, et affirme qu’il s’agit désormais pour le parti au pouvoir de prendre de <em>« façon anti-démocratique »</em> le contrôle de cette région. <em>« Le pouvoir cherche à affaiblir les responsables qui sont encore au PDCI, de sorte à isoler Henri Konan Bédié et à envoyer un message à ceux qui n’ont pas encore rejoint le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) », </em>la plateforme de partis de la majorité au pouvoir, estime le politologue Sylvain N’Guessan.</p>



<p>A un an de la présidentielle, cette condamnation d’un opposant n’est pas de nature à apaiser un climat politique déjà très tendu. Ces derniers mois, plusieurs opposants et membres de la société civile ont déjà été arrêtés. Et, depuis le mois de juin, un autre enjeu complique les relations entre l’opposition et le pouvoir&nbsp;: le fonctionnement et la composition de la Commission électorale indépendante (CEI). Encouragé par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, en&nbsp;2016, à réformer en profondeur cet organe clé dans l’organisation des élections, le gouvernement n’a opéré qu’une simple recomposition. L’instance est aujourd’hui boycottée par le PDCI, le plus gros parti de l’opposition parlementaire – qui a refusé de rejoindre la plateforme du RHDP en juin&nbsp;2018 –, et par le Front populaire ivoirien (FPI) de l’ex-président Laurent Gbagbo.<em>&nbsp;«&nbsp;Cette commission, nous ne la reconnaissons pas, c’est une commission pour aller à la bagarre et ils le savent très bien&nbsp;»</em>, déclare César Etou, secrétaire général adjoint du FPI chargé de la communication. Même son de cloche du côté du PDCI, qui a récemment appelé&nbsp;<em>«&nbsp;tous ses militants à se tenir prêts (…) pour faire barrage&nbsp;»&nbsp;</em>à cette CEI&nbsp;<em>«&nbsp;illégale et illégitime&nbsp;»</em>.</p>



<p><em>«&nbsp;L’opposition est bel et bien représentée dans cette CEI avec trois membres, au même titre que le parti au pouvoir&nbsp;»</em>, assure le gouvernement, par l’entremise de son porte-parole et ministre de la communication et des médias, Sidi Touré.&nbsp;<em>«&nbsp;Les gens dits&nbsp;</em>“<em>de l’opposition</em>”<em>&nbsp;dans la CEI, sont une opposition choisie. Ils émargent au RHDP</em>&nbsp;<em>et se font appeler opposition après&nbsp;»</em>, répond César Etou du FPI.</p>



<h4><strong>«&nbsp;Jeu dangereux&nbsp;»</strong></h4>



<p>Entre le boycottage de la CEI par l’opposition, les récentes arrestations et condamnations d’opposants ainsi que l’usage de la force pour réprimer des manifestations, le contexte pré-électoral se crispe.</p>



<p><em>« La peur change de camp. Vu l’usage qu’il fait de la force, le pouvoir n’est pas si certain de lui que ça,</em> assène Laurent Akoun, vice-président du FPI et proche de Laurent Gbagbo. <em>Ils sont dans un jeu de quilles : je ne t’aime pas, je te tire dessus et je te renverse. C’est un jeu dangereux. »</em> Interrogé sur le climat délétère qui s’installe, le porte-parole du gouvernement affirme que <em>« la présidentielle de 2020 sera apaisée et sécurisée ».</em> Et ajouter : <em>« Nous assistons à une politisation et à une instrumentalisation systématique des moindres faits par une partie de l’opposition qui tente de se conférer un rôle de victime. »</em></p>



<p>Pour le politologue Sylvain N’Guessan, le procès expéditif de l’opposant et président du conseil régional est aussi un test pour jauger le camp d’en face&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Le pouvoir est entré dans une logique d’intimidation. Il veut voir ce que l’opposition a dans le ventre avant 2020&nbsp;»</em>, estime-t-il. Pour l’instant, celle-ci se contente essentiellement de communiqués, mais certains de ses responsables envisagent d’appeler à des marches pour occuper la rue. De la stratégie à mettre en œuvre en vue de gagner la présidentielle, il sera certainement question lors du&nbsp;<em>«&nbsp;giga meeting&nbsp;»</em>du PDCI prévu mi-octobre à Yamoussoukro, où seront présents, pour la deuxième fois, des militants et responsables du FPI.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne:  Lhi-Tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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