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	<title>Sahel &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<description>Tout un continent en un seul clic</description>
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	<title>Sahel &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>L&#8217;armée malienne annonce la mort de cadres jihadistes, dont un franco-tunisien</title>
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				<pubDate>Sun, 17 Apr 2022 19:06:23 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Samir Al-Bourhan, un cadre jihadiste franco-tunisien, fait partie de la « douzaine de terroristes » éliminés lors de deux frappes aériennes menées jeudi, dans le centre du pays, ont annoncé les Forces armées maliennes samedi. Dans un communiqué, l&#8217;état-major général du&#160;Mali&#160;indique que les Forces armées maliennes (Fama)&#160;ont, grâce à deux frappes aériennes exécutées le 14 avril, réussi à...]]></description>
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<p><strong>Samir Al-Bourhan, un cadre jihadiste franco-tunisien, fait partie de la « douzaine de terroristes » éliminés lors de deux frappes aériennes menées jeudi, dans le centre du pays, ont annoncé les Forces armées maliennes samedi.</strong></p>



<p>Dans un communiqué, l&rsquo;état-major général du&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/mali/">Mali</a>&nbsp;indique que les Forces armées maliennes (Fama)&nbsp;ont, grâce à deux frappes aériennes exécutées le 14 avril, réussi à « neutraliser une douzaine de terroristes dans la forêt de Ganguel » qui se trouve « à environ 10 kilomètres » de la localité de Moura.</p>



<p>« Ces frappes ont permis de neutraliser quelques cadres du GSIM » (<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20211019-le-mali-entame-des-n%C3%A9gociations-avec-certains-groupes-jihadistes">Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans)</a>, principale alliance jihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda et dirigée par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, « dont Samir Al-Bourhan, un cadre terroriste franco-tunisien, parlant français et arabe », précise l&rsquo;état-major.</p>



<p>L&rsquo;armée malienne dit avoir agi « sur la base de renseignements techniques bien précis faisant état d&rsquo;un regroupement de terroristes », venus selon elle « pour remonter le moral des combattants » du GSIM et leur « apporter les soutiens financiers et logistiques tant attendus » après leur « cuisant revers de Moura ».</p>



<p>L&rsquo;armée dit avoir « neutralisé » fin mars 203 jihadistes à&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20220407-au-mali-la-justice-militaire-ouvre-une-enqu%C3%AAte-sur-les-%C3%A9v%C3%A9nements-de-moura">Moura</a>, où l&rsquo;ONG de défense des droits de l&rsquo;Homme américaine&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20220405-mali-paris-s-inqui%C3%A8te-de-possibles-exactions-de-militaires-maliens-et-de-mercenaires-russes">Human Rights Watch (HRW) l&rsquo;accuse</a>&nbsp;au contraire d&rsquo;avoir exécuté sommairement 300 civils avec l&rsquo;aide de combattants étrangers. Aucune photo ou vidéo permettant d&rsquo;accréditer la version des autorités maliennes ou celle de HRW n&rsquo;a émergé de Moura depuis lors. La mission des Nations unies au Mali (Minusma) demande en vain, depuis plusieurs jours, à Bamako de lui permettre d&rsquo;envoyer sur place une équipe d&rsquo;enquêteurs.</p>



<p>Gouverné depuis 2020 par des&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20220317-la-junte-malienne-suspend-la-diffusion-de-france-24-et-rfi">militaires arrivés au pouvoir par la force</a>, le Mali est plongé, depuis 2012, dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n&rsquo;a pas permis de régler. Parties du nord du pays, les violences jihadistes se sont étendues vers le centre et le sud, avant que le conflit ne se complique avec l&rsquo;apparition de milices communautaires et de bandes criminelles.</p>



<p>Le conflit a fait des milliers de morts civils et combattants. Le centre du Mali est actuellement un des principaux foyers de la crise sahélienne.</p>



<p><strong>Source: France 24/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>La Russie veut « attiser la misère » selon Annalena Baerbock</title>
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				<pubDate>Thu, 14 Apr 2022 18:36:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Après Bamako au Mali, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, est depuis ce mercredi après-midi (13.04) à Niamey au Niger. Aussitôt arrivée à Niamey, la cheffe de la diplomatie allemande s’est rendue à l’Université de Niamey où elle a animé une conférence débat avec les étudiants et les enseignants chercheurs.&#160; « La guerre de la Russie...]]></description>
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<p>Après Bamako au Mali, la <a href="https://www.dw.com/fr/annalena-baerbock-au-mali-pour-jauger-la-situation/a-61459037">ministre allemande des Affaires étrangères</a>, Annalena Baerbock, est depuis ce mercredi après-midi (13.04) à Niamey au Niger.</p>



<p>Aussitôt arrivée à Niamey, la cheffe de la diplomatie allemande s’est rendue à l’Université de Niamey où elle a animé une conférence débat avec les étudiants et les enseignants chercheurs.&nbsp;</p>



<p><em>« La guerre de la Russie apporte l’horreur dans les rues, les villes et les villages d’Ukraine. Mais les traces de la souffrance de cette guerre se retrouvent jusqu’au fin fond des pays du Sud »</em>, a déclaré Annalena Baerbock lors de son discours sur la sécurité est le changement climatique.</p>



<p>La cheffe de la diplomatie allemande a dénoncé une stratégie russe qui consisterait selon elle à&nbsp;<em>« attiser la misère dans les pays les plus pauvres du monde en réduisant ou en interrompant les livraisons de denrées alimentaires ».</em></p>



<h2>Développer le potentiel agricole</h2>



<p>Par ailleurs, face au changement climatique, la ministre allemande des Affaires étrangères a notamment décliné les projets sur lesquels son pays&nbsp;entend&nbsp;appuyer le Niger.&nbsp;</p>



<p>André Kassé Jean, étudiant ivoirien à l’université de Niamey, pense que l’Allemagne devrait accompagner les pays du Sahel dans le domaine des technologies pour développer le potentiel agricole.</p>



<p><em>« Nous avons un problème de technologies, nous avons le potentiel en termes de terre. Je pense que l’Allemagne doit nous aider plus en technologie pour avancer »</em><strong>,&nbsp;</strong>plaide&nbsp;André Kassé Jean.</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><a href="https://www.dw.com/fr/la-russie-veut-attiser-la-mis%C3%A8re-selon-annalena-baerbock/a-61471823#"><img src="https://static.dw.com/image/58972362_404.jpg" alt="L'agriculture nigérienne devrait bénéficier de l'appui de l'Allemagne" width="617" height="347"/></a><figcaption> L&rsquo;agriculture nigérienne devrait bénéficier de l&rsquo;appui de l&rsquo;Allemagne </figcaption></figure>



<h2>L&rsquo;énergie solaire</h2>



<p>Autre problème évoqué et&nbsp;auquel le Sahel est confronté, la crise énergétique alors qu&rsquo;il y a du soleil à revendre dans cette vaste région.</p>



<p>Bintou Issa Dembélé demande un appui de l’Allemagne dans ce secteur.</p>



<p><strong>« </strong><em>Nous sommes dans un pays sahélien, là où on souffre de beaucoup de manque d’aliments. Et puis, il y a la chaleur aussi qui est là. Nous avons beaucoup d’avantages par rapport aux énergies renouvelables. La coopération entre l’Allemagne et&nbsp; les Etats du Sahel, nous pouvons vraiment combattre l’insécurité et le problème alimentaire</em><strong><em>« ,&nbsp;</em></strong>estime&nbsp;Bintou Issa Dembélé.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><a href="https://www.dw.com/fr/la-russie-veut-attiser-la-mis%C3%A8re-selon-annalena-baerbock/a-61471823#"><img src="https://static.dw.com/image/61451098_404.jpg" alt="Annalena Baerbock à Gao au Mali le 12 avril 2022" width="516" height="290"/></a><figcaption> Annalena Baerbock à Gao au Mali le 12 avril 2022 </figcaption></figure></div>



<h2>Développer l&rsquo;agriculture</h2>



<p>Plus que dans le domaine militaire,&nbsp;la communauté universitaire attend de l’Allemagne une coopération dans le secteur des technologies afin de maitriser les ressources en eau pour le développement de l’agriculture.</p>



<p>« <em>J’ai entendu la ministre va essayer d’appuyer le Niger avec donc les technologies de changements climatiques, les tops intelligents pour la mobilisation de l’eau des pluies, l’eau de ruissellement et puis l’eau souterraine pour accélérer l’irrigation en toute saison&nbsp;</em>« , se réjouitLarwana Mahamane, enseignant chercheur à l’Université de Niamey.</p>



<p>Ce jeudi, Annalena Baerbock est attendue à Ouallam, à une centaine de km à l’Ouest de Niamey. Elle va notamment visiter un lieu d’érosion et de dégradation de terre causée par le déboisement et le changement climatique.</p>



<p><strong>Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Togo et Ghana, les nouveaux refuges des djihadistes au Sahel</title>
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				<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 18:59:47 +0000</pubDate>
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<p><strong>C&rsquo;est ce qui ressort d’une étude intitulée « La menace djihadiste dans le nord du Ghana et du Togo » conduite par la fondation allemande Konrad Adenauer et publiée ce mercredi (06.04).</strong></p>



<p>Le document insiste sur le fait qu’au-delà du Sahel, ce sont aussi les pays côtiers qui sont touchés par l’insécurité.&nbsp;</p>



<p>Voisins du Burkina Faso, où&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/colloque-international-populations-souffrent-du-terrorisme-robert-dussey/a-61045973">les attaques djihadistes</a>&nbsp;se multiplient depuis plusieurs années, le Togo et le Ghana étaient jusque-là épargnés. Mais ce n’est plus le cas.</p>



<p>Le nord de ces deux pays est devenu un refuge facile pour les groupes armés. Mal contrôlé par l’Etat, il a longtemps servi de transit pour les trafiquants de drogue. C’est aussi une zone de conflits communautaires.&nbsp;</p>



<h2>Recrutements&nbsp;</h2>



<p>Ces derniers temps, selon Florent Geel de Promediation, une ONG française qui a participé à cette étude, les activités des groupes djihadistes touchent désormais le nord du Ghana.</p>



<p><em>« Il y a probablement des implantations de groupes armés djihadistes dans le nord du Ghana. On sait également qu&rsquo;un nombre non négligeable de Ghanéens sont partis faire le djihad. Ils sont formés et sont aujourd&rsquo;hui au sein de différents mouvements et groupes qui composent les mouvements des djihadistes présents au Sahel. C&rsquo;est une évaluation que nous avons réalisée sur la base notamment de témoignages du porte-parole de l&rsquo;Etat Islamique.</em></p>



<p>Selon cette étude, plus de 200 jeunes Ghanéens se répartissent dans des groupes comme Ansar al-Islam présent au Burkina Faso et au Mali, ou encore le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).</p>



<p>Mais le Togo est aussi l&rsquo;un des pays où les djihadistes recrutent et en réponse, l’Etat a renforcé sa présence militaire sur la frontière nord du pays.</p>



<h2>Déni des autorités</h2>



<p>Ce pays a aussi mis en place des projets de développement comportant des services de base dont manquait la population, afin de dissuader les jeunes de rejoindre les groupes terroristes.</p>



<p>Mais la tendance à nier ou à sous-estimer le danger djihadiste dans ces pays a nui à la réponse des pouvoirs publics, selon Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu Institute, un think tank qui travaille sur le radicalisme religieux en Afrique :</p>



<p><em>« Il y avait une tendance dans la région ces derniers temps, au sein des institutions de recherche, à nier complètement l&rsquo;aspect djihadiste de cette violence et de vouloir expliquer tout ce qui se passe dans le Sahel avec une forme d&rsquo;analyse criminologique en parlant de groupes criminels, de trafiquants, en disant qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de djihadisme, ni d&rsquo;idéologie. »</em></p>



<p>Les groupes djihadistes opérant dans le nord du Ghana et du Togo se financent en grande partie grâce à l’exploitation des mines d’or de la région, mal contrôlées par l’armée ou la police, révèle enfin l&rsquo;étude de la Fondation Konrad Adenauer.</p>



<p><strong>Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Le Sahel en 2022 : de lourdes incertitudes</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/le-sahel-en-2022%e2%80%af-de-lourdes-incertitudes/</link>
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				<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 18:23:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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				<description><![CDATA[L’année écoulée confirme les mauvaises tendances de ces cinq dernières années en matière d’insécurité. S’il est difficile d’imaginer de réels changements à court terme, le respect de quelques règles essentielles à l’action collective sahélienne et ouest-africaine pourrait permettre de sortir de l’ornière. L’année 2021 s’est terminée comme elle avait commencé au cœur des pays du...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>L’année écoulée confirme les mauvaises tendances de ces cinq dernières années en matière d’insécurité. S’il est difficile d’imaginer de réels changements à court terme, le respect de quelques règles essentielles à l’action collective sahélienne et ouest-africaine pourrait permettre de sortir de l’ornière</strong>.</p>



<p>L’année 2021 s’est terminée comme elle avait commencé au cœur des pays du Sahel, dans une atmosphère qui mêle inquiétude, impuissance, désarroi, incertitude et colère. Cette dernière, intimement liée à l’incapacité d’agir face à la permanence de l’insécurité, s’exprime de plus en plus à l’égard des forces françaises. Un tête-à-tête étonnant de plusieurs jours entre des centaines de jeunes Burkinabè et un convoi de l’armée française bloqué dans sa progression a ainsi marqué les esprits en novembre dernier. <a href="https://www.jeuneafrique.com/1296173/politique/maliaf-a-bamako-la-demonstration-de-force-du-pouvoir/">Manifestations de colère de plus en plus organisées</a> dans le contexte d’une zone prise dans les batailles d’influence entre l’ancienne puissance colonisatrice et ses rivaux, au premier rang desquels la Russie, qui fait un retour dans la coopération militaire dans la région.</p>



<h4>Pratiques douteuses</h4>



<p>La fin de l’année 2021 fut aussi celle de la montée en notoriété de l’entreprise russe de mercenaires Wagner, que l’Union européenne, sous impulsion française, a&nbsp; frappé de sanctions parce qu’elle est entrée en négociation avec le gouvernement de transition malien. La France, l’Union européenne et les puissances occidentales auraient découvert soudainement les pratiques douteuses des entreprises privées de sécurité qui les ont pourtant accompagnées dans plusieurs théâtres d’opérations à travers le monde. Ainsi, France, Union européenne, États-Unis d’un côté et, de l’autre, la Russie, ses annexes «&nbsp;privées&nbsp;» comme Wagner, la Turquie… et, plus près du terrain, l’Algérie, dont le sud jouxte le nord du Mali et ses groupes armés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>DES MALHEUREUX, QUI ONT PERDU DES PROCHES, QUI ONT FUI LEURS VILLAGES, QUI LUTTENT POUR SURVIVRE, LE SAHEL N’EST PAS PRÈS D’EN MANQUER</p></blockquote>



<p>En 2021, on se sera beaucoup passionnés pour la géopolitique du Sahel, les grandes rivalités et les multiples petites batailles d’acteurs africains et non africains, celles qui s’expliquent par de vrais enjeux de moyen et long terme et celles qui ne sont motivées que par la course aux profits de court terme, les rentes de l’insécurité, de l’instabilité, de la fragilité et de la dépendance. On le sait, l’insécurité, la violence et le chaos ne font que des malheureux. Et des malheureux, qui ont perdu des proches, civils ou militaires, qui ont fui leurs bourgades et leurs villages menacés par des groupes armés pour trouver refuge dans des villes secondaires ou jusque dans les capitales, ou qui luttent au quotidien pour survivre, le Sahel n’est pas près d’en manquer. Pour ceux-là, qui n’ont pas de Smartphones connectés à internet et qui ne s’expriment pas sur les réseaux sociaux, les complexités géopolitiques ont peu d’intérêt.</p>



<p>Ces populations du nord et du centre du Mali, du nord, de l’est et du centre du Burkina Faso, de l’ouest du Niger désespèrent de la récurrence des violences, d’où qu’elles viennent. D’autres, qui habitent dans des zones à la lisière des régions où prospèrent les groupes armés terroristes, ont peur. Cela ne concerne pas seulement les pays du cœur du Sahel.&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1221582/politique/g5-sahel-le-tchad-retire-600-soldats-de-la-zone-dite-des-trois-frontieres/">Au nord de la Côte d’Ivoire, au nord du Bénin, du Togo et du Ghana, ou au Sénégal</a>&nbsp;dans la partie frontalière avec le Mali, les États, conscients de la menace qui se rapproche, renforcent leur présence sécuritaire aux frontières.</p>



<p>2021 aura confirmé les mauvaises tendances de ces cinq dernières années : hausse exponentielle des victimes civiles de la violence armée, extension géographique continue des zones de danger, concentration de la violence dans les régions frontalières, complexification de la carte des acteurs de l’insécurité, et jonction entre insécurité et instabilité politique des États.</p>



<p>Coup d’État au Mali en août 2020 puis « rectification » du coup d’État en mai 2021 ont permis au colonel Assimi Goïta et ses hommes de prendre clairement le contrôle de la transition. <a href="https://www.jeuneafrique.com/1291622/politique/mamadou-ismaila-konate-le-mali-risque-lexcommunication-de-la-scene-diplomatique/">Personne ne sait à quoi ressemblera le pays en 2022.</a> S’il est certain que les élections législatives et présidentielle ne seront pas organisées en février et mars, nul ne sait si elles auront lieu au second trimestre, au dernier trimestre ou pas du tout.</p>



<p>Au Burkina Faso – en très grande difficulté avec de larges pans de son territoire occupés par les groupes armés terroristes –, le pouvoir est critiqué de toutes parts et devra très rapidement afficher des signes de reprise en main au risque d’être menacé par une insurrection civile ou civilo-militaire. Le Niger apparaît comme moins vulnérable que le Mali et le Burkina Faso, mais il n’a point échappé à des attaques meurtrières contre ses soldats, ni à des massacres de populations civiles. Il n’a pas non plus fini de gérer l’insécurité dans les anciennes zones d’opérations de Boko Haram à la frontière du Nigeria.</p>



<p>La Mauritanie continue de se faire oublier, en se mouvant dans l’environnement régional avec une approche militaro-politico-religieuse pragmatique et jusque-là efficace. Il faut cependant se méfier de toute conclusion définitive sur le «&nbsp;modèle mauritanien&nbsp;». Au Tchad, membre du G5 Sahel, l’incertitude politique est aussi forte qu’au Mali… Quand et comment se terminera la transition conduite par le général Mahamat Idriss Déby ? Ce dernier a déjà commencé à évoquer la volonté souveraine de Dieu lorsqu’on l’interroge sur son destin politique… Ce n’est pas bon signe. En 2022 se jouera l’avenir politique du Tchad pour une ou plusieurs décennies.</p>



<h4>Gouvernance hasardeuse</h4>



<p>Face à l’équation à multiples inconnues que représente l’évolution du Sahel au cours des douze prochains mois, trois impératifs me semblent fondamentaux, qui sont autant de repères souhaitables pour l’action publique et pour l’action collective citoyenne sahélienne et ouest-africaine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>IL EST URGENT DE RÉÉQUIPER MORALEMENT, HUMAINEMENT ET MATÉRIELLEMENT LES APPAREILS DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ DES PAYS DU SAHEL</p></blockquote>



<p>Le premier est celui de repenser la réponse sécuritaire des pays de la région d’abord pour stopper l’extension des espaces investis par les groupes armés irréguliers. Il faut revenir à l’essentiel plutôt que de gaspiller davantage de ressources dans l’élaboration de documents stratégiques dont aucun n’est mis en œuvre correctement. La réponse sécuritaire ne suffit pas. Et une mauvaise réponse sécuritaire aggrave la situation. Cela est certain. Mais une réponse sécuritaire réfléchie et vigoureusement mise en œuvre reste primordiale.</p>



<p>Il est urgent de rééquiper moralement, humainement et matériellement les appareils de défense et de sécurité des pays du Sahel, et ceux des pays ouest-africains. Il faut commencer par s’assurer que les soldats ont des rations alimentaires décentes, des tenues adaptées, des armes et des munitions, un encadrement crédible et la considération qui permet à tout être humain de donner du sens à ce qu’il fait, surtout lorsqu’il doit être prêt à mourir en combattant des ennemis aguerris, motivés et entraînés.</p>



<p>Le deuxième impératif est de donner des signes forts et immédiats de changement dans la gouvernance politique et économique des pays de la région. Il faut être réaliste : il n’y aura pas de renouvellement des élites politiques, militaires et administratives à court terme. Mais il faut que ça change un peu, et qu’on en finisse au moins avec la gouvernance hasardeuse du secteur de la défense et de la sécurité. En clair, arrêter de détourner et de gaspiller des ressources rares.</p>



<p>Le troisième impératif, qui est transversal, est de travailler stratégiquement et avec cohérence au niveau des États, des sociétés civiles et des organisations régionales africaines. Il faut décloisonner la réflexion sur les enjeux vitaux de la région, partager les savoirs et se concentrer sur le « comment on fait » et « qui fait quoi ».  Les conditions nécessaires de l’efficacité des réponses dans tous les domaines, ce sont les ressources humaines, ce sont les femmes et les hommes des pays du Sahel et du voisinage immédiat, leur intégrité, leur sens de l’intérêt général et leurs aptitudes individuelles et collectives.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Les solutions du PNUD pour le développement du Sahel</title>
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				<pubDate>Fri, 10 Dec 2021 18:40:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Les différents potentiels dont dispose cette région qui englobe une dizaine de pays ont été soulignés tout au long d&#8217;une conférence virtuelle à laquelle a notamment assisté le président nigérien, Mohamed Bazoum.  Toutefois, c’est sans surprise la question de l’insécurité et des&#160;attaques des groupes djihadistes&#160;qui s’est imposée très vite dans les débats.&#160; Ahunna Eziakonwa, directrice générale pour...]]></description>
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<p><strong>Les différents potentiels dont dispose cette région qui englobe une dizaine de pays ont été soulignés tout au long d&rsquo;une conférence virtuelle à laquelle a notamment assisté le président nigérien, Mohamed Bazoum. </strong></p>



<p>Toutefois, c’est sans surprise la question de l’insécurité et des&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/niger-attaques-djihadistes-terroristes-hrw-human-rights-watch-corinne-dufka/a-58836706">attaques des groupes djihadistes</a>&nbsp;qui s’est imposée très vite dans les débats.&nbsp;</p>



<p>Ahunna Eziakonwa, directrice générale pour l&rsquo;Afrique du PNUD, revient sur l&rsquo;accroissement de l&rsquo;extrémisme dans la région du bassin du Tchad.</p>



<p>« <em>Tous les jours, on entend parler de choses horribles sur ce qui se passe dans cette région. Des appels urgents pour l&rsquo;aide humanitaire sont devenus la norme. Tout cela traduit le nombre de gens qui meurent de faim, qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;eau potable, de nourriture, et qui manquent de tous les besoins de base</em>« , estime la directrice générale pour l&rsquo;Afrique du PNUD.</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><a href="https://www.dw.com/fr/les-solutions-du-pnud-pour-le-d%C3%A9veloppement-du-sahel/a-60077159#"><img src="https://static.dw.com/image/56117519_404.jpg" alt="Les attaques terroristes ont beaucoup fragilisé le Sahel" width="613" height="344"/></a><figcaption> Les attaques terroristes ont beaucoup fragilisé le Sahel </figcaption></figure>



<h2>Investir dans la région</h2>



<p>Mais, si l&rsquo;extrémisme fait souffrir la population de la région, la responsabilité en incomberait aussi à ceux qui sont censés trouver les réponses mais qui ne s’attaquent pas à la partie importante du problème.&nbsp;</p>



<p>Pour Achim Steiner, secrétaire général adjoint de l&rsquo;ONU et administrateur du PNUD, « <em>la solution à ces problèmes a toujours été de chercher une réponse à la crise en passant par la livraison d&rsquo;une aide humanitaire de courte durée. Les vraies raisons des conflits et de l&rsquo;insécurité n&rsquo;ont jamais été passées en revue. Nous nous concentrons plus sur les symptômes que sur les causes</em>. »</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><a href="https://www.dw.com/fr/les-solutions-du-pnud-pour-le-d%C3%A9veloppement-du-sahel/a-60077159#"><img src="https://static.dw.com/image/59533976_404.jpg" alt="Les présidents Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Mohamed Bazoum du Niger" width="612" height="344"/></a><figcaption> Les présidents Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso et Mohamed Bazoum du Niger </figcaption></figure>



<p>Entretemps, malgré la complexité de la situation, certains pays, notamment le Niger, ont déjà mis en place un plan pour l&rsquo;amélioration de la gouvernance.</p>



<p>« <em>Conscients de la nécessité de promouvoir l&rsquo;Etat de droit et de la démocratie, nous avons fait l&rsquo;option pour les cinq années de notre mandat de mettre en place des institutions fortes. Nous avons à cet effet , décidé de consacrer près de 2,5 milliards de dollars, soit 10% de notre budget total</em>« , dit Mohamed Bazoum, président du Niger.&nbsp;</p>



<p>Le programme « Régénération » s’étalera sur 20 ans pour un budget estimé à 4,5 milliards de dollars. Pour l&rsquo;instant, les pays du Sahel ont contribué à hauteur de 500 millions de dollars.</p>



<p><strong>Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Terrorisme au Sahel : le président Bazoum pointe les erreurs de stratégies</title>
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				<pubDate>Tue, 07 Dec 2021 19:35:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Près d’un an après son accession au pouvoir, le nouveau président du Niger ne connaît pas d’état de grâce. Le pays doit faire face aux attaques régulières et meurtrières de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et l’État islamique au Sahel dans l’Ouest, et à celles de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) dans le Sud-Est. Et...]]></description>
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<p><strong>Près d’un an après son accession au pouvoir, le nouveau président du </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/niger"><strong>Niger</strong></a><strong> ne connaît pas d’état de grâce. Le pays doit faire face aux attaques régulières et meurtrières de groupes djihadistes liés à </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/al-qaida"><strong>Al-Qaïda</strong></a><strong> et l’État islamique au Sahel dans l’Ouest, et à celles de Boko Haram et de l’État islamique en </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique"><strong>Afrique</strong></a><strong> de l’Ouest (Iswap) dans le Sud-Est. Et depuis le début de l’année, </strong><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/le-sahel-apres-barkhane-l-idee-que-s-en-font-des-nigeriens-25-06-2021-2432806_3826.php"><strong>ces djihadistes multiplient les assauts sanglants, contre des civils notamment dans la zone de Banibangou et dans la région voisine de Tillabéri</strong></a><strong>, près du </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/burkina-faso"><strong>Burkina Faso</strong></a><strong> et du Mali.</strong></p>



<h4>Un trop-plein d’armes</h4>



<p>Pour le président Mohamed Bazoum, cette situation est le résultat d’erreurs de stratégie, il pointe en particulier&nbsp;la faiblesse des moyens engagés pour lutter contre le trafic d’armes en provenance de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/libye">Libye</a>, principale source d’approvisionnement des groupes djihadistes qui sévissent au Sahel. Face à l’insécurité généralisée dans la région confrontée à la violence djihadiste, il a estimé que les pays du Sahel ont «&nbsp;besoin d’un soutien plus adapté de leurs partenaires axé sur le renseignement, l’appui aérien et le renforcement des capacités de leurs armées&nbsp;». «&nbsp;À propos du renseignement, la grande erreur des partenaires est leur faible implication&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/l-onu-s-ensable-en-libye-05-12-2021-2455350_3826.php">dans le combat contre le trafic des armes en provenance de Libye</a>, qui est pourtant le paramètre le plus important dans la prévalence de ce terrorisme&nbsp;», a-t-il affirmé. Son prédécesseur, l’ex-président Mohammadou Issoufou, dont il a été l’un des ministres et bras droit, avait déjà alerté sur cette prolifération des armes au déclenchement de l’opération internationale visant à chasser le colonel Kadhafi du pouvoir.</p>



<p>Depuis&nbsp;2011&nbsp;et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi, la Libye a plongé dans le chaos et les guerres tribales, parfois alimentées par des pays extérieurs pour soutenir telle ou telle faction. «&nbsp;Ce trop-plein d’armes a été canalisé vers le Sahel et sert depuis lors à alimenter les différents foyers terroristes ainsi que les nombreux groupes de bandits criminels opérant dans la zone, surtout au Nigeria&nbsp;», a affirmé M. Bazoum.</p>



<h4>Une guerre asymétrique</h4>



<p>Les armées des pays du Sahel et plusieurs pays européens impliqués dans la lutte antidjihadiste dans la région, dont la France, sont confrontés aux attaques récurrentes de multiples groupes armés. «&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/sahel-l-urgence-c-est-de-revoir-l-ordre-des-priorites-04-05-2021-2425055_3826.php">Les groupes terroristes opérant actuellement au Sahel se distinguent par le caractère sophistiqué et la quantité remarquable de leurs armes</a>&nbsp;ainsi que de leurs munitions, acquises à des coûts très faibles à travers les réseaux de contrebande libyens&nbsp;», a-t-il dit dans son disours lors de l’ouverture du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.</p>



<p>« J’ai même la faiblesse de penser que pour certaines armes, la proportion chez les terroristes est supérieure à celles détenues par les forces régulières. C’est le cas notamment des lance-roquettes RPG et des fusils mitrailleurs M80, qui sont les armes vedettes de ces guerres », a-t-il affirmé, ajoutant que « nulle part au monde des groupes rebelles n’ont pu avoir accès aux mêmes armes que les forces légales qu’elles combattent, comme c’est le cas aujourd’hui au Sahel ».</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Après Kidal, la force française Barkhane transfère la base de Tessalit aux Maliens</title>
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				<pubDate>Tue, 16 Nov 2021 16:35:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Dans le cadre de la restructuration des opérations de la force Barkhane au Sahel, une deuxième base militaire a été rétrocédée et transférée samedi à l&#8217;armée malienne. Il s&#8217;agit de la base de Tessalit, située dans le nord du Mali, a annoncé mardi l&#8217;armée française. La force antijihadiste&#160;Barkhane&#160;a transféré à l&#8217;armée malienne la base de Tessalit, dans le nord...]]></description>
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<p><strong>Dans le cadre de la restructuration des opérations de la force Barkhane au Sahel, une deuxième base militaire a été rétrocédée et transférée samedi à l&rsquo;armée malienne. Il s&rsquo;agit de la base de Tessalit, située dans le nord du Mali, a annoncé mardi l&rsquo;armée française.</strong></p>



<p>La force antijihadiste&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/op%C3%A9ration-barkhane/">Barkhane</a>&nbsp;a transféré à l&rsquo;armée malienne la base de Tessalit, dans le nord du&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/mali/">Mali</a>, dans le cadre de la restructuration de ses opérations au&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/sahel/">Sahel</a>, a annoncé mardi 16 novembre l&rsquo;état-major français.</p>



<p>« Après celle de Kidal, l&#8217;emprise occupée par la force Barkhane à Tessalit a été transférée le 13 novembre aux Forces armées maliennes (FAMa). Les derniers soldats français ont quitté le site le 15 novembre », indique un communiqué de l&rsquo;état-major.</p>



<p>« Ce transfert a été progressif, maîtrisé et étroitement coordonné avec les FAMa et avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), dont un contingent de plusieurs centaines de militaires est déployé en permanence à Tessalit », selon le document.</p>



<p>Situé à une dizaine de kilomètres seulement de la frontière avec l&rsquo;Algérie, « Tessalit était le poste le plus avancé&nbsp;de l&rsquo;opération Barkhane » explique Cyriel Payen, envoyé spécial de France 24 à Gao, où il a pu rencontrer les derniers soldats français après leur retrait de&nbsp;la base de Tessalit.&nbsp;</p>



<p>Interrogé par France 24, le capitaine Florent au commandement de la base depuis plusieurs mois dit sa fierté d&rsquo;avoir pu relever le « défi de transfert à l’unité malienne » et d&rsquo;être parvenu à ramener ses hommes à Gao. Un véritable défi sécuritaire sachant que la base de Tessalit a fait l&rsquo;objet de plusieurs attaques, dont une récemment le&nbsp;15 juillet.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/11/image.gif" alt="" class="wp-image-25335"/></figure>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Après Kidal, la force française Barkhane transfère la base de Tessalit aux Maliens • FRANCE 24" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/vkGqd7Rj5pM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2>Un&nbsp;redimensionnement vers la zone des trois frontières entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso</h2>



<p>Paris a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire de lutte contre les jihadistes au Sahel, en quittant notamment les bases les plus au nord du Mali (Kidal, Tombouctou et Tessalit) et en prévoyant de réduire ses effectifs dans la région d&rsquo;ici à 2023 à 2 500-3 000 hommes, contre plus de 5 000 aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>La&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20211013-au-mali-la-phase-finale-du-transfert-de-la-base-fran%C3%A7aise-de-kidal-a-d%C3%A9but%C3%A9">base de Kidal avait été rétrocédée</a>&nbsp;aux Maliens mi-octobre. Reste désormais celle de Tombouctou.&nbsp;</p>



<p>« Ce que l&rsquo;on vit aujourd&rsquo;hui est le redimensionnement de&nbsp;Barkhane avec le maintien de la grande base de Gao et un recentrage des opérations contre les jihadistes d&rsquo;Al-Qaïda et du groupe État islamique dans la zone dite des trois frontières entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso, où&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20211114-burkina-faso-attaque-mortelle-d-insurg%C3%A9s-dans-la-r%C3%A9gion-des-trois-fronti%C3%A8res">les attaques qui se multiplient font énormément de mal à la population civile</a>« , détaille Cyril Payen.&nbsp;</p>



<h2>Bonnes relations avec l&rsquo;armée malienne</h2>



<p>Les relations entre Paris et Bamako se sont envenimées le 25 septembre, lorsque le Premier ministre de transition malien, Choguel Kokalla Maïga, a accusé la France, engagée militairement au Mali depuis 2013, d' »abandon en plein vol ». Des critiques censées justifier le possible recours au groupe de sécurité privée russe Wagner, décrit comme proche du président russe Vladimir Poutine, pour compenser la réduction de la voilure de Barkhane.</p>



<p>L&rsquo;UE a trouvé « un consensus » parmi ses 27 États membres pour sanctionner la société de mercenaires, a annoncé à cet égard lundi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.</p>



<p>Mais l&rsquo;armée française insiste de son côté sur les bonnes relations avec les forces de Bamako. « Les unités maliennes et françaises se sont entraînées ensemble pendant plusieurs semaines pour partager leurs savoir-faire et préparer la pleine prise en compte de l&#8217;emprise par une compagnie renforcée des FAMa », a-t-elle assuré.&nbsp;</p>



<p>« Différentes procédures de réassurance ont notamment pu être mises en œuvre », a-t-elle ajouté, saluant les « très bonnes conditions de dialogue avec les forces partenaires ». </p>



<p><strong>Source: France 24/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Le drame des écoles attaquées en Afrique</title>
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				<pubDate>Sat, 16 Oct 2021 18:15:06 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[L&#8217;enlèvement par le groupe islamiste Boko Haram, en avril 2014, de 276 lycéennes dans la ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, avait choqué le monde. Depuis, les rapts se poursuivent mais on en parle moins : un millier d&#8217;élèves, essentiellement des filles, auraient été enlevées depuis fin 2020 au Nigeria.  Une recrudescence qui s&#8217;explique par...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>L&rsquo;enlèvement par le groupe islamiste Boko Haram, en avril 2014, de 276 lycéennes dans la ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, avait choqué le monde. Depuis, les rapts se poursuivent mais on en parle moins : un millier d&rsquo;élèves, essentiellement des filles, auraient été enlevées </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.dw.com/fr/au-nigeria-des-centaines-d%C3%A9l%C3%A8ves-enlev%C3%A9s-dans-le-nord/a-55940277" target="_blank"><strong>depuis fin 2020 au Nigeria</strong></a><strong>. </strong></p>



<p>Une recrudescence qui s&rsquo;explique par l&rsquo;attrait économique des rançons qui financent des bandes criminelles dont les activités n&rsquo;ont parfois rien à voir avec le djihad.</p>



<p>Les jeunes filles sont souvent la cible de ces attaques par des groupes extrémistes qui leur refusent le droit à l&rsquo;éducation.</p>



<p>Parfois, les attaques ont lieu sur le chemin de l&rsquo;école, les filles sont violées ou enlevées. Les garçons, enrôlés de force, n&rsquo;ont pas beaucoup plus de chances.</p>



<p>Le 16 février 2019, l&rsquo;attaque du collège Saint-Augustin de Kumbo, non loin de la ville de Bamenda, dans la région anglophone du Cameroun, n&rsquo;a pas fait cette fois de différence entre filles et garçons : 200 élèves ont été enlevés.&nbsp;</p>



<p>Trois mois plus tôt, 79 enfants avaient été kidnappés dans une école protestante de Bamenda, dans une région déchirée par une guerre entre l&rsquo;armée et les séparatistes qui réclament l&rsquo;indépendance.</p>



<p>A chaque fois, l&rsquo;éducation était ciblée car elle est un symbole de l&rsquo;Etat central camerounais.</p>



<h4>Spirale du malheur</h4>



<p>Cette violence qui ferme les écoles intervient sur un continent où la part des garçons et filles qui ne sont pas scolarisés est déjà importante.&nbsp;</p>



<p>Avec près d&rsquo;un quart des enfants déscolarisés au niveau de l&rsquo;enseignement primaire et plus d&rsquo;un tiers dans le secondaire, l&rsquo;Afrique subsaharienne arrive loin devant les autres régions du monde.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://static.dw.com/image/59506175_7.png" alt="L'Afrique subsaharienne bien plus touchée par la déscolarisation précoce."/><figcaption> L&rsquo;Afrique subsaharienne bien plus touchée par la déscolarisation précoce. </figcaption></figure>



<p>La pandémie de Covid-19 a encore aggravé la situation avec la fermeture systématique d&rsquo;écoles, cette fois pas à cause de la violence mais en raison de la crise sanitaire.&nbsp;</p>



<p>Or, les fermetures d&rsquo;établissements scolaires, comme le rappelle&nbsp;<a href="https://www.unicef.org/press-releases/schools-still-closed-nearly-77-million-students-18-months-pandemic-unicef" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Unicef</a>, conduisent à précariser plus encore les enfants issus de milieux défavorisés, les conduisant vers « <em>l&rsquo;isolement social »</em>&nbsp;et les exposant à « <em>la violence, aux abus sexuels, aux mariages forcés ou au travail des enfants »</em>.</p>



<p>Si on élargit la focale sur la « pauvreté éducative », soit les élèves pour qui la scolarité s&rsquo;est limitée à quatre ans d&rsquo;école, alors, il est triste de constater que les jeunes filles sont, encore une fois, les plus touchées, dans une espèce de spirale du malheur.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://static.dw.com/image/59506197_7.png" alt="Les femmes largement moins éduquées que les hommes en Afrique subsaharienne francophone."/><figcaption> Les femmes largement moins éduquées que les hommes en Afrique subsaharienne francophone. </figcaption></figure>



<p>D&rsquo;ailleurs, les résultats sont tout aussi mauvais en analysant l&rsquo;éducation des populations rurales : plus de 80% de celles-ci ne sont allées que quatre ans à l&rsquo;école au Niger et au Burkina Faso.</p>



<h4>Plus de 6.000 attaques en Afrique</h4>



<p>Mais revenons aux attaques, celles de groupes armés, djihadistes ou simples criminels. Le&nbsp;<a href="https://www.nrc.no/news/2020/october/12-million-children-forced-from-school-in-sahel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Norwegian Refugee Council</a>&nbsp;(NRC) rappelle que 776.000 élèves ont manqué l&rsquo;entièreté de l&rsquo;année scolaire 2019-2020 à cause de la violence et la fermeture des écoles au Burkina Faso, au Mali et au Niger.</p>



<p>Le NRC parvient ainsi aux mêmes conclusions que l&rsquo;Unicef : en raison de la suspension des cours,&nbsp;<em>« les cas de mariage d&rsquo;enfants ont explosé au cours des dernières années »</em>.</p>



<p>Les Nations unies rapportent ainsi 387 mariages de ce genre au Mali en 2020 contre 178 deux ans plus tôt.</p>



<p>Quant aux garçons, poursuit le NRC,&nbsp;<em>« plus de 190 cas d&rsquo;enrôlements par des groupes armés ont été enregistrés au Mali au premier semestre 2020 »</em>.</p>



<p>Le rapport&nbsp;<a href="https://protectingeducation.org/wp-content/uploads/eua_2020_full.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Education under attack 2020</a>&nbsp;recense ainsi, entre 2015 et 2019, plus de 11.000 attaques dans le monde dirigées contre des établissements scolaires, contre des élèves sur le chemin de l&rsquo;école, des enseignants, ou encore l&rsquo;utilisation d&rsquo;écoles à des fins militaires.</p>



<p>L&rsquo;Afrique représente plus de la moitié de ces attaques et un pays à lui seul réunit plus de 10% d&rsquo;entre elles : la République démocratique du Congo, avec plus de 1.500 actes violents visant l&rsquo;éducation durant les cinq années scrutées par ce rapport.</p>



<p>Fait nouveau : le Niger et le Burkina Faso, qui étaient encore récemment épargnés par ce phénomène, ont connu une hausse importante de ce type de violences.</p>



<p>Mais ces deux pays sont victimes de la détérioration de la situation dans le Sahel durant cette période avec 3.300 écoles fermées et 650.000 élèves touchés entre 2017 et 2019, selon les chiffres des Nations unies.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://static.dw.com/image/59506183_7.png" alt="L'Afrique représente plus de la moitié des attaques contre l'éducation dans le monde."/><figcaption> L&rsquo;Afrique représente plus de la moitié des attaques contre l&rsquo;éducation dans le monde. </figcaption></figure>



<h4>80% des écoles fermées</h4>



<p>Le Cameroun a lui aussi été gravement touché par ce phénomène. La&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/cameroun-crise-anglophone/a-59486140" target="_blank" rel="noreferrer noopener">crise anglophone</a>, qui a débuté il y a cinq&nbsp;ans par une grève des avocats dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, s&rsquo;est transformée en une guerre qui a causé la mort de plus de 3.500 personnes et radicalisé les deux camps avec l&rsquo;indépendance autoproclamée de l&rsquo;Ambazonie, le 1er octobre 2017.</p>



<p>Les écoles qui enseignent les programmes de l&rsquo;Etat central, considéré comme l&rsquo;ennemi par les Ambazoniens, ont été la cible d&rsquo;attaques sanglantes : plus d&rsquo;un millier au cours des dernières années, toujours selon le rapport Education under attack.</p>



<p>En 2018, alors que les offensives de Boko Haram faiblissaient dans l&rsquo;Extrême-Nord, les Nations unies ont reporté que 4.437 écoles avaient été fermées, cette fois dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.</p>



<p>Amnesty International rapportait en 2018 que depuis le début de l&rsquo;insurrection, les séparatistes armés avaient brûlé 42 écoles et s&rsquo;en étaient pris violemment aux enseignant qui refusaient de suivre le boycott scolaire imposé dans l&rsquo;ouest du pays.</p>



<p>Au sommet de la crise, en juin 2019,&nbsp;<a href="https://news.un.org/en/story/2019/06/1041071" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Unicef</a>&nbsp;estimait ainsi que 80% des écoles étaient fermées dans les deux régions anglophones du Cameroun.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://static.dw.com/image/59506167_7.png" alt="Des centaines de milliers d'enfants victimes des fermetures d'écoles."/><figcaption> Des centaines de milliers d&rsquo;enfants victimes des fermetures d&rsquo;écoles. </figcaption></figure>



<h4>Qu&rsquo;en est-il aujourd&rsquo;hui ?&nbsp;</h4>



<p>La situation s&rsquo;est améliorée. Alors que près de 10.000 écoles étaient fermés en 2019 dans les pays les plus touchés d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et d&rsquo;Afrique centrale, avec près de deux millions d&rsquo;élèves impactés, ce chiffre s&rsquo;est réduit aujourd&rsquo;hui de 40%.</p>



<p>Mais il faut, à ce stade, s&rsquo;interroger sur ces données.</p>



<p>Les sources onusiennes sont fiables mais la chute spectaculaire des fermetures d&rsquo;écoles (98%) enregistrée au Cameroun, si elle est correcte, n&rsquo;illustre pas la tension qui persiste dans les zones anglophones.</p>



<p>Il semble que pour l&rsquo;instant &#8211; et les informations sur le terrain le confirment &#8211; que&nbsp;les deux camps qui s&rsquo;affrontent aient renoncé à s&rsquo;en prendre aux écoles. Ce qui est tout de même une bonne nouvelle.</p>



<p>Enfin, la dégradation se poursuit dans le Sahel : au Mali, Niger et Burkina Faso, ce dernier pays apparaissant désormais comme étant celui qui enregistre le plus grand nombre d&rsquo;école fermées, plus de 2.000, avec 305.000 écoliers affectés.&nbsp;</p>



<p>Un record que le pays des hommes intègres n&rsquo;a pas mérité mais il paye ainsi le prix de la migration, vers le Sud, des groupes djihadistes.</p>



<p><strong>Source: Deutsche Welle Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Sahel : et si la solution passait aussi par les systèmes alimentaires ?</title>
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				<pubDate>Mon, 27 Sep 2021 17:52:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Système alimentaire]]></category>

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				<description><![CDATA[Au&#160;Niger, Sahel Délices&#160;fabrique des jus, tisanes, confitures et farines infantiles. C’est un exemple de réussite d’une PME dans la transformation agroalimentaire. À l’image de sa fondatrice, Ma Rouckya Bachir, beaucoup d’entrepreneurs ont compris l’énorme potentiel des filières agroalimentaires au Sahel. La communauté internationale en prend également conscience&#160;; comme la Banque africaine de développement (BAD) qui...]]></description>
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<p><strong>Au&nbsp;</strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/niger"><strong>Niger</strong></a><strong>, Sahel Délices&nbsp;fabrique des jus, tisanes, confitures et farines infantiles. C’est un exemple de réussite d’une PME dans la transformation agroalimentaire. À l’image de sa fondatrice, Ma Rouckya Bachir, beaucoup d’entrepreneurs ont compris l’énorme potentiel des filières agroalimentaires au Sahel. La communauté internationale en prend également conscience&nbsp;; comme la Banque africaine de développement (BAD) qui va appuyer au Mali la création d’agropoles pour créer plus de valeur ajoutée, mais aussi des emplois décents et durables en faveur des femmes et des jeunes.</strong></p>



<p>Pourtant, vu de loin, le Sahel ne ressemble pas à une zone dynamique et propice à l’investissement, car sujet à une instabilité sécuritaire récurrente depuis une décennie. Cette instabilité est, entre autres, le fruit d’appareils étatiques défaillants, d’une mauvaise gouvernance et d’un faible développement économique. D’où la nécessité de mettre, parallèlement aux processus politiques et sécuritaires, le développement économique en haut de l’agenda au Sahel.</p>



<h3><strong>Penser le retour de l’économie dans les agendas</strong></h3>



<p>Un des piliers de la réponse économique repose sur la transformation des systèmes alimentaires autour d’une approche conjuguant dans une même démarche la protection de l’environnement, la sécurité alimentaire et nutritionnelle et les moyens de subsistance. De fait, cette approche systémique peut contribuer à prévenir les conflits, car, faut-il le rappeler, en plus des attaques djihadistes, les violences au Sahel sont aussi intercommunautaires du fait de litiges autour du partage des terres ainsi que des ressources pastorales.</p>



<p>Le premier sommet mondial sur les systèmes alimentaires organisé par les Nations unies en&nbsp;2021&nbsp;a confirmé leur importance et la nécessité de les transformer pour répondre plus efficacement aux enjeux de développement économique et à l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD).</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2021/09/27/22248703lpw-22249451-embed-libre-jpg_8258479.jpg" alt=""/><figcaption>Parmi les démarches qui peuvent aider à créer le plus de valeurs sur place, dans le Sahel, il y a celle de connecter au maximum les producteurs et les consommateurs dans une logique inclusive créatrice d&#8217;emplois agricoles et industriels.&nbsp;© SEYLLOU / AFP</figcaption></figure>



<p>Au Sahel, l’économie alimentaire représente 27&nbsp;% du PIB et 80&nbsp;% de l’emploi total. L’agriculture y demeure le principal segment. Cependant, les activités en aval connectant les producteurs agricoles aux consommateurs de plus en plus urbains, telles que la transformation, la commercialisation, le transport et la logistique, sont en pleine croissance. Toutefois, beaucoup d’efforts restent à faire pour que les systèmes alimentaires soient résilients et durables, et permettent de relever les défis économiques. Plusieurs axes de réflexion et d’actions méritent d’être examinés.</p>



<h3><strong>Faire des petites exploitations agricoles le noyau des systèmes</strong></h3>



<p>Au Sahel, plus de 70&nbsp;% de la production alimentaire provient de ces unités principalement familiales. Celles-ci sont confrontées à divers obstacles, tels que l’accès au crédit ou les chocs climatiques qui limitent leurs performances et exposent les agriculteurs à la précarité. Investir dans l’agriculture familiale pour la rendre plus productive, économiquement viable et écologiquement durable&nbsp;doit être au cœur de la transformation des systèmes alimentaires. Cela permettra de garantir des revenus plus stables aux agriculteurs, de diversifier les activités et les sources de revenus des membres de chaque ménage.</p>



<h3><strong>Soutenir l’émergence des PME en milieu de chaîne</strong></h3>



<p>Les PME en milieu de chaîne&nbsp;– la transformation, la commercialisation, le transport, la logistique,&nbsp;etc. – constituent le pont entre les agriculteurs et les consommateurs urbains en quête de produits frais et transformés. Aujourd’hui, cette connexion est faible du fait de la difficulté pour les agriculteurs d’accéder au marché et de la mauvaise connexion entre les milieux ruraux producteurs et urbains consommateurs.</p>



<p>Soutenir l’émergence des PME en milieu de chaîne&nbsp;nécessite de renforcer les liens urbains-ruraux grâce à une meilleure offre d’infrastructures de transport, à un meilleur accès à l’information et&nbsp;aux services spécialisés, et ce, d’autant que ces activités attirent fortement les jeunes et les femmes. Une amélioration de l’environnement des affaires ainsi que des dispositifs d’accompagnement pour la création et la structuration des PME s’avère nécessaire pour soutenir les jeunes et femmes entrepreneurs.</p>



<h3><strong>Investir dans la durabilité environnementale et l’adaptation au changement climatique</strong></h3>



<p>Au Sahel, une grande partie des dommages environnementaux, comme la perte de biodiversité ou la déforestation, se produit au stade de la production agricole. Dans le même temps, les chocs climatiques constituent une menace pour la performance des systèmes alimentaires et des facteurs aggravant&nbsp;l’insécurité alimentaire.</p>



<p>L’utilisation des technologies et l’amélioration de la disponibilité ainsi que&nbsp;l’accès aux services et outils climatologiques, tels que les systèmes d’alerte précoce et les assurances contre les risques, constituent des investissements importants qui aideront les producteurs et l’ensemble du système alimentaire à devenir plus durables et résilients.</p>



<h3><strong>Promouvoir des régimes alimentaires sains et équilibrés</strong></h3>



<p>Dans la période actuelle,<strong>&nbsp;l</strong>e Sahel est dans une situation de transition nutritionnelle où il doit faire face à un «&nbsp;double fardeau&nbsp;», celui de la sous-alimentation, d’une part, et d’une surnutrition, d’autre part.</p>



<p>En plus d’améliorer l’accès à l’alimentation, il est nécessaire d’intensifier la surveillance des tendances nutritionnelles à long terme, notamment&nbsp;dans les agglomérations urbaines où les changements dans les habitudes alimentaires impactent fortement les populations. De fait, des&nbsp;programmes de sensibilisation doivent être déployés dans toute la région pour une meilleure éducation nutritionnelle.</p>



<p>Tous ces constats étant faits, il convient de bien réaliser que la transformation des systèmes alimentaires à elle seule ne suffira pas à ramener de façon pérenne la stabilité au Sahel. Elle doit se faire parallèlement à une démarche réfléchie de construction des États, d’amélioration de la gouvernance, avec des processus politiques inclusifs dans la région.</p>



<p><strong>Source : Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>La stratégie algérienne dans le conflit au Sahel</title>
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				<pubDate>Tue, 14 Sep 2021 21:33:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
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				<description><![CDATA[À l’heure où l’Algérie affirme son retour sur la scène régionale, comment s’implique-t-elle dans le conflit sahélien ? L’Algérie qui est la plus grande puissance de la région, notamment sur le plan militaire, envisage-t-elle une autre forme d’engagement face au terrorisme islamique qui embrase le Sahara et le Sahel au sud de son territoire ? Entretien avec le chercheur...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>À l’heure où l’Algérie affirme son retour sur la scène régionale, comment s’implique-t-elle dans le conflit sahélien ? L’Algérie qui est la plus grande puissance de la région, notamment sur le plan militaire, envisage-t-elle une autre forme d’engagement face au terrorisme islamique qui embrase le Sahara et le Sahel au sud de son territoire ? Entretien avec le chercheur Djallil Lounnas.</strong></p>



<p>Djallil Lounnas&nbsp;est un chercheur algérien spécialiste de la mouvance jihadiste, professeur associé de relations internationales à l&rsquo;université al-Akhawayn, au Maroc. Il est l&rsquo;auteur de l&rsquo;ouvrage&nbsp;<em>Le jihad en Afrique du Nord et au Sahel</em>&nbsp;<em>: d’Aqmi&nbsp;à Daech</em>, aux éditions Les Presses de la Fondation pour la recherche stratégique/Harmattan.</p>



<p><strong>RFI&nbsp;: L’Algérie, qui s’est battue contre le terrorisme islamique sur son territoire, ne s’est pas engagée hors de ses frontières lorsque le terrorisme a migré dans le Sahara et le Sahel, dans les pays qui bordent sa frontière sud (Mauritanie, Mali, Niger).&nbsp;Djalill Lounas, comment analysez-vous ce qui a été, depuis le début de la guerre au Sahel, la position de l’Algérie face à ce conflit</strong>&nbsp;<strong>?</strong>&nbsp;</p>



<p><strong>Djalill Lounas&nbsp;:&nbsp;</strong>Dans les années 1990, le chef de l’état-major de l’armée algérienne,&nbsp;le général Mohamed Lamari et plus tard son successeur&nbsp;le général Ahmed Gaid Salah, estimaient que l’armée n’avait pas vocation à être déployée à l’étranger. Pour eux, l’armée algérienne devait défendre les frontières et lutter contre le terrorisme à l’intérieur de l’Algérie. C’est ce qui explique pourquoi, jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas eu de déploiement à l’étranger et pourquoi toutes les opérations menées par l’armée pour éliminer des groupes terroristes se sont toujours déroulées sur le sol algérien.&nbsp;</p>



<p>Les frontières entre le sud algérien et le Mali sont poreuses et sont habitées de part et d’autre par des populations touarègues&nbsp;qui circulent beaucoup dans la région et de fait, tout ce qui touche au Sahel affecte directement la sécurité nationale et la stabilité de l’Algérie.&nbsp;Dans les années 1990, l’Algérie a joué un rôle de médiation dans les crises qui opposaient les rébellions touarègues&nbsp;et les gouvernements du Mali et du Niger. Dans ce contexte, l’actuel chef du&nbsp;Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (GSIM), affilié à al-Qaïda, Iyad Ag Ghali, qui n’était à l’époque qu’un des principaux chefs des rebelles touaregs, a participé avec d’autres à ces médiations avec les autorités de l’époque. Des liens se sont créés, d’autant que les positions d&rsquo;Iyad Ag Ghali rejoignaient souvent celles de l’Algérie, quitte à être parfois en porte-à-faux avec ses compagnons de rébellion. Il signe les premiers&nbsp;accords d’Alger censés mettre fin à la crise, intervient dans des affaires d’otages et plus récemment, en 2020, il montre qu’il est prêt à ouvrir un dialogue avec Bamako. C’est pourquoi les autorités algériennes ont longtemps pensé, et pensent encore, qu’il est possible d’ouvrir un dialogue avec lui.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L’Algérie a toujours été un acteur majeur de la région et elle a toujours œuvré pour préserver l’intégrité du Mali, tout en comprenant qu’il y avait des revendications légitimes des populations touarègues, notamment du fait de la pauvreté, de l’exclusion sociale et économique. La position de l’Algérie a toujours été d’intégrer les Touaregs dans le tissu politique malien, tout en reconnaissant certaines de&nbsp;leurs demandes et en investissant dans des projets économiques et sociaux de développement dans le nord du Mali. Une approche qui a toujours visé à amener les Touaregs à renoncer à leurs revendications autonomistes ou indépendantiste&nbsp;pour maintenir l’unité nationale du Mali. C’est un point très important pour l’Algérie, car elle a toujours craint que ce type de revendication autonomiste ne se développe aussi sur son territoire, notamment parmi ses populations du sud. L’Algérie a cherché à intégrer ses populations touarègues et l’a a fait avec succès, et c’est cette stratégie qu’elle a proposé au Mali.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://s.rfi.fr/media/display/9ff9febc-0f8c-11ea-9f0f-005056a99247/000_Par7625691_0.webp" alt="Dans la région de Kidal, des Touaregs brandissant le drapeau de l'Azawad, le 28 juillet 2013."/><figcaption>Dans la région de Kidal, des Touaregs brandissant le drapeau de l&rsquo;Azawad, le 28 juillet 2013.&nbsp;AFP PHOTO/KENZO TRIBOUILLARD</figcaption></figure>



<p><strong>Mais depuis la dernière rébellion touarègue&nbsp;qui revendiquait l’autonomie de l’Azawad, la situation a totalement changé sur le terrain, avec le développement des organisations jihadistes et de la guerre qui a aujourd’hui embrasé l’ensemble du Sahel.</strong></p>



<p>Effectivement. Vous avez d’abord les problèmes structurels qui ont amené les crises touarègues&nbsp;qui ont perduré. Les accords de 1991, de 2006 et de 2009, qui ont été passés avec les Touaregs, n’ont jamais été réellement appliqués. Et dans les années 2000,&nbsp;le problème terroriste est venu se superposer. Zone de passage pour les groupes terroristes dans les années 1990, le Sahel s’est transformé à partir de 2003&nbsp;en zone de déploiement permanent pour le GSPC (le Groupe salafiste pour la prédication et le combat). La faiblesse des États sahéliens, l’existence de trafics en tous&nbsp;genres et le fait que l’armée algérienne empêche tout retour des combattant du GSPC en Algérie, en fermant les frontières, va amener le GSPC à rester au Sahel et à s’insérer.&nbsp;Cela attire al-Qaïda et Ben Laden, qui sont alors à la recherche de nouveaux fronts et de nouveaux partenaires, et cela facilitera l’adhésion du GSPC à al-Qaïda sous le nom d’Aqmi&nbsp;(al-Qaïda au Maghreb islamique).&nbsp;</p>



<p>Iyad Ag Ghali, qui était un interlocuteur crédible pour Alger, qui avait joué un rôle de médiateur dans les années 2000 pour obtenir la libération d’otages, qui avait même été nommé à l’issue d’une nouvelle rébellion en 2006 conseiller du président puis consul à l’ambassade du Mali en Arabie saoudite avec le soutien d’Alger, va alors se radicaliser, et&nbsp;cela, Alger ne l’avait pas prévu. À&nbsp;l’occasion de son séjour en 2006 et 2007 en Arabie saoudite, il se convertit au wahhabisme.&nbsp;De retour au Mali, Iyad Ag Ghali, qui bénéficie d’un grand prestige parmi les Touaregs, s’affirme comme un islamiste radical. Il se détache des rébellions et s’engage dans un autre combat pour l&rsquo;islam. Il crée&nbsp;Ansar Dine au début 2012, monte en puissance et devient un élément très important dans la stratégie d’Aqmi, avec qui il s’allie. D’autant qu’il entretient depuis les années 2000 de très bonnes relations avec les chefs d’Aqmi, Belmokhtar et Abou Zeid, qui cherchent à cultiver des relations avec les populations touarègues, pour pouvoir se maintenir sur place. Iyad va y contribuer et en remerciement un membre de sa famille, Abdelkrim al-Targui&nbsp;est nommé chef d’une katiba (une unité combattante) d’Aqmi, un fait unique à l’époque pour un chef touareg.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://s.rfi.fr/media/display/e2d88d80-1184-11ea-bdfe-005056bf7c53/w:1024/p:16x9/MALI-Par7261976_0.webp" alt="Iyad ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM)"/><figcaption>Iyad ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (GSIM)&nbsp;AFP PHOTO / ROMARIC OLLO HIEN</figcaption></figure>



<p><strong>Face à cette évolution, quelle est la stratégie algérienne</strong>&nbsp;<strong>?</strong></p>



<p>L’Algérie va alors essayer d’appliquer à la question malienne la stratégie de réconciliation qu’elle a déjà utilisée sur le plan national, quand elle a combattu le terrorisme sur son sol, ce qu’elle appelle «&nbsp;la solution politique&nbsp;».</p>



<p>Pour les autorités algériennes, le terrorisme se nourrit d’abord du soutien des populations et ensuite des finances. Donc pour elles, la priorité est de séparer la population du groupe terroriste. De plus, l’Algérie pense qu’il est possible de dialoguer avec des brigades et même avec des individus, pour les convaincre de se rendre et de renoncer à la violence, en échange d’une amnistie et de mesures favorisant leur réinsertion sociale.&nbsp;C’est ce qu’elle a fait et l’Algérie estime&nbsp;que c’est comme ça qu’elle a réussi. Entre 1999 et 2015, environ 15&nbsp;000 terroristes ont bénéficié de ces mesures, le recrutement s’est tari et la violence terroriste a quasiment cessé. Cette stratégie a débouché sur un cessez-le-feu avec l’Armée islamique du salut (AIS) en 1997, sur la destruction du GIA en 2004 et la quasi-disparition d’Aqmi&nbsp;en Algérie.</p>



<p>Donc pour Alger,&nbsp;au Sahel, il faut distinguer les groupes jihadistes des groupes touaregs. Les groupes comme Aqmi, al-Mourabitoune, Mujao, JNIM sont des groupes terroristes à vocation transnationale, qu’il faut séparer des groupes touaregs à visée locale. Pour cela, Alger préconise d’abord de séparer les groupes jihadistes des populations locales.&nbsp;Et ensuite d’engager une lutte anti-terroriste avec le soutien des populations locales contre les jihadistes. Tout en laissant&nbsp;la porte ouverte pour ceux qui veulent se rendre.&nbsp;Les autres restant totalement isolés sont alors éliminés ou contraints de se rendre.&nbsp;</p>



<p>Alger pense que l’échec des rébellions et la non mise en place des accords dans les années 1990-2000 ont été des catalyseurs de radicalisation. Aussi pour Alger, un dialogue avec le Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (JNIM) est possible et souhaitable, ce qui n’est pas le cas pour l&rsquo;État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Cette «&nbsp;solution politique&nbsp;» est un dialogue inclusif avec tous les acteurs pour un accord politique. Au niveau des demandes territoriales, cette approche propose plutôt&nbsp;une régionalisation, un système fédéral,&nbsp;avec une véritable politique d’intégration sociale des Touaregs, mais pas&nbsp;une indépendance.</p>



<p>Cependant, le processus de réconciliation nationale engagé à la fin des années 1990 en Algérie, et dont est dérivée cette approche, s’est fait dans un contexte de victoire militaire sur les groupes armés et de rejet large et massif des Algériens pour les groupes terroristes. C’est cela qui a permis l’application de cette stratégie. Au Sahel, les conditions sont différentes, les groupes jihadistes sont en position de force et l’État est en situation de déliquescence, de plus les zones rurales qui constituent l’essentiel du Sahel sont totalement hors du contrôle de l’État.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>L’Algérie est-elle parvenue à appliquer cette approche&nbsp;au Sahel&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p>L’Algérie a été confrontée à plusieurs problèmes dans la mise en place de sa méthode au Sahel. Il y a eu d’abord les accords d’Alger de 2012, qui n’ont pas fonctionné. Iyad Ag ghali qui avait signé un accord en décembre, le rejette deux semaines plus tard, en janvier 2013, pour des raisons qui ne sont pas très claires, et a attaqué avec le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) les troupes maliennes. Alger est pris&nbsp;de court et considère que Iyad les a doublés.</p>



<p>En avril 2013, le président Bouteflika est victime d’un AVC. Or, en Algérie&nbsp;à cette époque, la diplomatie est l’affaire du président. Cependant, après une période de flottement, les autorités algériennes décident de réagir et rappellent un grand connaisseur du Sahel,&nbsp;Ramtane Lamamra, qui est à l’époque le&nbsp;commissaire pour la paix et la sécurité de l&rsquo;Union africaine, et le nomment ministre des Affaires étrangères avec pour mission de regagner le terrain perdu par l’Algérie dans les négociations au Sahel, ce qu’il fait.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://s.rfi.fr/media/display/192d88ac-0500-11ec-b83a-005056bfb2b6/000_9LL4AA.webp" alt="Le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra lors de sa conférence de presse à Alger le 24 août 2021."/><figcaption>Le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra lors de sa conférence de presse à Alger le 24 août 2021.&nbsp;AFP &#8211; &#8211;</figcaption></figure>



<p>Pendant les deux ans qui vont suivre, alors que le président est malade et que le pays est affaibli, l’Algérie va reprendre ses médiations au Sahel et en parallèle, elle va renforcer de manière considérable la fermeture de ses frontières en déployant 80&nbsp;000 hommes aux frontières libyenne et sahélienne. Le but étant d’interdire tout retour de jihadistes en Algérie, d’autant qu’il y a eu la&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20140115-algerie-in-amenas-mokhtar-belmokhtar-otages-al-qaida-terrorisme-aqmi-mali"><strong>prise d’otages d’In Amenas en 2013</strong></a>.&nbsp;Ce renouveau d’activité débouche sur les accords d’Alger de 2015, qui sont, bien qu’imparfaits,&nbsp;les accords les plus aboutis à ce jour, où toutes les parties renoncent à accéder à l’indépendance, prévoyant l’intégration des rebelles touaregs dans l’armée et des enquêtes sur tous les massacres et les crimes commis de part et d’autre. Les accords sont signés par toutes les parties, même si certaines ont signé sous pression. Mais en 2015,&nbsp;le Mali est extrêmement affaibli. Les jihadistes de retour sont très offensifs. Les accords ne sont pas mis en place et l’Algérie plonge dans une très grave crise économique et politique interne, qui se traduit par un retrait de l’Algérie de la scène régionale et internationale pendant plusieurs années.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Avec le président Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie est-elle de retour au Sahel</strong>&nbsp;<strong>?&nbsp;</strong>&nbsp;&nbsp;</p>



<p>À partir de janvier 2020, le président Abdelmadjid Tebboune, qui veut surtout s’inscrire en porte-à-faux par rapport à son prédécesseur, s’active pour faire revenir l’Algérie sur la scène internationale, à commencer par son environnement immédiat au Sahel et en Libye. Sur le Sahel,&nbsp;l’Algérie redevient très active pour obtenir la mise en application des accords d’Alger. Il y a des réunions de travail avec différents acteurs comme à Kidal pour mettre en place des institutions transitoires, ou plus récemment avec la visite du ministre des Affaires étrangères, Ramtame Lamamra, au Mali. On observe aussi un fort rapprochement de l’Algérie avec le Niger, qui va abriter à Niamey le siège de Takouba (le nouveau dispositif militaire qui prend la relève de Barkhane).</p>



<p>En décembre 2020, le président Tebboune modifie la Constitution. Alors que l’Algérie s’interdisait toute intervention militaire extérieure, le président intègre deux nouveaux articles dans la Constitution&nbsp;: l’article 91 et l’article 31. L’article 91 dit en substance&nbsp;: «&nbsp;<em>Le président de la République après accord des deux chambres&nbsp;peut déployer l’armée à l’étranger</em>&nbsp;», et l’article 31 dit que l’armée peut participer dans le cadre de mission de la paix, à des opérations de l’ONU, de la Ligue arabe et de l’Union africaine. Un changement qui va susciter beaucoup d’interrogations à l’extérieur et beaucoup de spéculations sur une possible intervention de l’armée algérienne.&nbsp;</p>



<p>Cependant, en mars 2021, le président affirme que l’armée ne va pas intervenir. Il dit alors dans une communication&nbsp;: «&nbsp;<em>Je n’ai pas envie d’envoyer les enfants du peuple se faire tuer pour les autres</em>&nbsp;», et dans une référence à l’Occident, il laisse entendre&nbsp;: «<em>&nbsp;Nous n’irons pas remplacer les Français au Sahel.</em>&nbsp;»</p>



<p>En juin, le ton change. Le président Tebboune fait une nouvelle communication à l’occasion d’une interview du journal&nbsp;<em>Le&nbsp;Point</em>&nbsp;dans laquelle il déclare que «&nbsp;<em>l’Algérie ne laissera pas le Mali devenir un sanctuaire pour les jihadistes</em>&nbsp;», et précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous pensons que la résolution du conflit ne peut se faire que dans le cadre des accords d’Alger</em>&nbsp;», confirmant l’option de la solution politique. Toutefois, à la question&nbsp;: «&nbsp;<em>L’Algérie va-t-elle intervenir militairement</em>&nbsp;<em>?</em>&nbsp;», le président répond&nbsp;: «&nbsp;<em>On n’en est pas encore là pour l’instant.</em>&nbsp;»&nbsp;Donc l’Algérie ne compte pas intervenir militairement mais ne l’exclut pas si la situation l’exigeait.</p>



<p>Alger reste extrêmement prudent sur l’option militaire. L’Algérie a toute la puissance et les moyens de projection mais sa principale crainte, c’est un enlisement. Elle se contente pour l’instant de renforcer sa présence aux frontières. Alger a réactivé récemment son initiative de 2009 pour la création d’un comité d’état-major opérationnel conjoint avec le Niger, la Mauritanie et le Mali, basé à Tamanrasset. Elle développe sa coopération militaire en formation et en armement avec le Niger, tout en multipliant les initiatives au Mali pour mettre en place un accord de paix. L’Algérie est donc bien de retour et elle entend prendre toute sa part dans la résolution du conflit au Sahel.</p>



<p><strong>Source: RFI Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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