<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>révolution &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
	<atom:link href="http://www.tribunedafrique.com/tag/revolution/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.tribunedafrique.com</link>
	<description>Tout un continent en un seul clic</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 16:46:02 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=5.2.11</generator>

<image>
	<url>http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/05/cropped-favicone-32x32.jpg</url>
	<title>révolution &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
	<link>http://www.tribunedafrique.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Tunisie : dix ans après, Sidi Bouzid ou l&#8217;étincelle de la révolution</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-dix-ans-apres-sidi-bouzid-ou-letincelle-de-la-revolution/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-dix-ans-apres-sidi-bouzid-ou-letincelle-de-la-revolution/#respond</comments>
				<pubDate>Fri, 12 Feb 2021 16:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi bouzid]]></category>
		<category><![CDATA[Zine el Abidine Ben Ali]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=21250</guid>
				<description><![CDATA[En Tunisie, dix ans après la révolution, l’apprentissage de la démocratie n’est pas toujours aisé et beaucoup de Tunisiens s’interrogent sur ce qu’ils ont gagné ou perdu avec cette révolution. Dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, là où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’est immolé le 17 décembre 2010, les blessés de la révolution déplorent l&#8217;absence...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg" alt="" class="wp-image-21066" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg 1000w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-300x225.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>La police tunisienne a fait usage de canons à eau, mardi, pour disperser plusieurs centaines de manifestants qui s&rsquo;étaient rassemblés près du siège du parlement à Tunis pour dénoncer la répression du mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le pays à la mi-janvier. /Photo prise le 26 janvier 2021/REUTERS/Zoubeir Souissi

ZOUBEIR SOUISSI</figcaption></figure>



<p>En Tunisie, dix ans après la révolution, l’apprentissage de la démocratie n’est pas toujours aisé et beaucoup de Tunisiens s’interrogent sur ce qu’ils ont gagné ou perdu avec cette révolution. Dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, là où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’est immolé le 17 décembre 2010, les blessés de la révolution déplorent l&rsquo;absence de justice et de reconnaissance de la part de l’État.</p>



<p>Le 17 décembre 2010,&nbsp;Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant excédé par le harcèlement policier, s&rsquo;immolait&nbsp;par le feu sur la rue principale de Sidi Bouzid. Sa mort déclenche un&nbsp;soulèvement qui fit au moins 300 morts et des milliers de blessés dans le pays.</p>



<p>Le 14 janvier 2011, <a href="https://www.france24.com/fr/tag/zine-el-abidine-ben-ali/">Zine el-Abidine Ben Ali </a>était chassé de <a href="https://www.france24.com/fr/tag/tunisie/">Tunisie</a> après 23 ans de règne sans partage. Ses partisans vivent toujours dans dans la nostalgie et soutiennent les acteurs de la scène politique actuelle qui nient le processus révolutionnaire.</p>



<p><strong>10 ans de vie démocratique chaotique</strong></p>



<p>Depuis 10 ans, la Tunisie vit au rythme des crises économiques et politiques.Face aux tenants d&rsquo;un retour à l’ordre ancien, le Président de la République&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/ka%C3%AFs-sa%C3%AFed/">Kaïs Saïed</a>,&nbsp;plaide pour mettre en application les demandes exprimées lors du soulèvement de 2011.</p>



<p>Face à cette bipolarisation de la vie politique, nombreux sont les Tunisiens qui réclament des réformes afin d’éviter tout retour en arrière et préserver l’acquis majeurs de la révolution: la liberté d’expression. </p>



<p><strong>Source: France 24/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-dix-ans-apres-sidi-bouzid-ou-letincelle-de-la-revolution/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Tunisie : « La révolution a changé le rapport de la jeunesse à l’Etat et à la politique »</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-la-revolution-a-change-le-rapport-de-la-jeunesse-a-letat-et-a-la-politique/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-la-revolution-a-change-le-rapport-de-la-jeunesse-a-letat-et-a-la-politique/#respond</comments>
				<pubDate>Tue, 02 Feb 2021 17:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[etat]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=21115</guid>
				<description><![CDATA[Olfa Lamloum, politologue, dirige le bureau tunisien d’International Alert, une ONG très présente dans les régions de Tataouine (sud, frontière libyenne), de Kasserine (centre ouest, frontière algérienne) et dans les quartiers périphériques de Tunis, Douar Hicher et Cité Ettadhamen. Elle a mené plusieurs études sur le thème de la marginalité dans les quartiers populaires des...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg" alt="" class="wp-image-21066" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg 1000w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-300x225.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>La police tunisienne a fait usage de canons à eau, mardi, pour disperser plusieurs centaines de manifestants qui s&rsquo;étaient rassemblés près du siège du parlement à Tunis pour dénoncer la répression du mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le pays à la mi-janvier. /Photo prise le 26 janvier 2021/REUTERS/Zoubeir Souissi

ZOUBEIR SOUISSI</figcaption></figure>



<p>Olfa Lamloum, politologue, dirige le bureau tunisien d’International Alert, une ONG très présente dans les régions de Tataouine (sud, frontière libyenne), de Kasserine (centre ouest, frontière algérienne) et dans les quartiers périphériques de Tunis, Douar Hicher et Cité Ettadhamen. Elle a mené plusieurs études sur le thème de la marginalité dans les quartiers populaires des villes et les régions de l’intérieur de la Tunisie.</p>



<h4><strong>Depuis le 14 janvier, date anniversaire de la chute de Zine El-Abidine Ben Ali, des mobilisations sociales ont lieu dans de nombreuses villes de Tunisie. Qui sont ces manifestants ?</strong></h4>



<p><strong>Olfa Lamloum</strong>&nbsp;Les émeutes de la jeunesse s’inscrivent dans un nouveau cycle protestataire. Déjà, en novembre&nbsp;2020, les habitants d’El-Kamour, près de Tataouine (sud), ont, via un sit-in, bloqué les activités pétrolières et forcé le gouvernement à prendre des mesures pour les chômeurs, les précaires et obtenir une meilleure redistribution des richesses. Dans leur sillage, plusieurs gouvernorats, durement frappés par la crise économique, ont laissé éclater leur colère. Puis la contestation s’est un peu tassée avant d’être ravivée le 14&nbsp;janvier. Ce jour-là, qui marquait le dixième anniversaire de la révolution, un berger a été agressé par un policier, à Siliana (centre), l’une des villes les plus marginalisées du pays, parce qu’il avait laissé brouter son troupeau devant le gouvernorat (préfecture). La scène de l’agression a été filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux. Le soir même, des manifestations ont éclaté dans la ville. Cela rappelle évidemment ce qui s’est passé à Sidi Bouzid en décembre&nbsp;2010 lorsque Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant, s’était immolé par le feu après avoir été humilié par un agent municipal. C’est ce geste qui déclencha la révolution.</p>



<p>La semaine précédant l’incident de Siliana, le 9&nbsp;janvier, environ 300 supporters du Club africain avaient été arrêtés alors qu’ils manifestaient pour dénoncer la corruption au sein de la direction du club de football. Celui-ci est une association sportive de Tunis, mais il a une assise nationale. Donc, quand il y a eu les manifestations à Siliana, les ultras du club, habitués à affronter la police, ont décidé de se joindre à la contestation.Notre série pour les 10 ans de la révolution&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/14/la-democratie-tunisienne-entre-fatigue-et-resilience_6063359_3212.html">La démocratie tunisienne entre fatigue et résilience</a></p>



<p>Ensuite, les protestations ont dépassé la ville de Siliana pour atteindre les quartiers populaires des villes et les régions de l’intérieur. La répression a été très importante&nbsp;: 1&nbsp;600 personnes ont été arrêtées parmi lesquelles un tiers de mineurs. Les 19, 23 et 30&nbsp;janvier, des collectifs de jeunes et des activistes de la société civile ont à leur tour organisé des manifestations pour dénoncer cette répression.</p>



<p>Cette vague de mobilisations est donc marquée tout à la fois par une plus grande participation de la tranche d’âge des 15-25&nbsp;ans et une convergence entre les jeunes des quartiers et ceux plus organisés de la capitale.</p>



<h4><strong>Pourquoi se mobilisent-ils ?</strong></h4>



<p>Dix ans après la révolution, les acquis démocratiques ne se sont pas traduits par davantage de droits économiques et sociaux. Cette nouvelle vague protestataire les remet à l’ordre du jour. Elle dénonce aussi la remise en cause du droit de manifester avec le blocage des avenues et places pour empêcher les rassemblements, mais aussi la militarisation de la police par son matériel et ses méthodes de maintien de l’ordre, ainsi que les provocations de certains syndicats de police.</p>



<h4><strong>Les manifestants viennent donc de milieux sociaux et d’horizons politiques divers</strong>…</h4>



<p>En effet, on observe pour la première fois un début de convergence entre les collectifs de militants expérimentés, des jeunes des quartiers populaires et des groupes d’ultras. En témoigne la manifestation du 23&nbsp;janvier dans le quartier populaire de Tunis, Cité Ettadhamen, mais aussi la présence, certes faible mais nouvelle, de jeunes des quartiers populaires aux manifestations organisées dans le centre de la capitale, notamment devant le Parlement. C’est un point important, car cela participe au désenclavement politique des quartiers populaires.</p>



<h4><strong>Face à cette vague de contestation, comment ont réagi les autorités ?</strong></h4>



<p>Elles ont répondu par la répression&nbsp;<em>[un jeune manifestant, Haykel Rachdi, est mort à Sbeïtla, dans le centre ouest]</em>. Du côté des élites et du pouvoir, on a aussi tenté de dépolitiser, de décrédibiliser et même de criminaliser le mouvement en utilisant le terme de vandalisme. Mais les manifestations qui ont eu lieu à Tunis et se sont terminées sans heurts ont permis de discréditer ce discours.</p>



<h4><strong>Ces élites sont-elles dans le déni, l’incompréhension ou l’ignorance&nbsp;?</strong></h4>



<p>Les élites au pouvoir savent que la crise économique et sociale est grave et qu’elle s’est encore aggravée avec la pandémie. Les chiffres de l’Institut national des statistiques montrent bien que dix ans après la révolution, la carte de la pauvreté reste la même : ce sont les trois gouvernorats de l’intérieur – Kasserine, Kairouan et Sidi Bouzid – qui sont les plus touchés. Notre organisation travaille sur le terrain à Tataouine (dans le sud, à la frontière libyenne), Kasserine (dans le centre ouest, à la frontière algérienne) et dans les quartiers périphériques de Tunis, Douar Hicher et Cité Ettadhamen. On estime que, dans ces endroits, plus des deux tiers des 18-34 ans n’ont pas de couverture sociale. A Douar Hicher et Cité Ettadhamen, souvent présentés comme de grands pourvoyeurs de <em>« combattants étrangers »</em> partis en Syrie et en Libye, les budgets alloués aux services sociaux sont dérisoires. A Douar Hicher par exemple, qui comptait 82 000 habitants en 2014, la maison des jeunes ne dispose, une fois ses charges payées, que de 470 euros par anpour couvrir les activités de ses animateurs.</p>



<p>Les élites dirigeantes connaissent ces chiffres, mais elles n’ont pas rompu avec les choix stratégiques, économiques, politiques et sociaux du temps de Ben Ali. La gouvernance sécuritaire est le principal mode de régulation et d’encadrement des jeunes des «&nbsp;marges&nbsp;», perçus comme une menace à l’ordre public. Pour s’assurer la paix sociale, on réutilise les vieilles recettes&nbsp;: création d’emplois fictifs dans des sociétés semi-publiques, distribution de quelques aides sociales aux plus démunis, mais aussi tolérance vis-à-vis de l’économie informelle et des activités vivrières.</p>



<h4><strong>En tout cas, la contestation semble retomber dans les régions</strong>…</h4>



<p>La répression a un effet dissuasif très important. Mais les raisons profondes de la mobilisation demeurent. Ce sont les mêmes qui avaient conduit à la vague de contestation contre Ben Ali. Le chômage, la pauvreté, l’abandon scolaire, l’absence de Sécurité sociale… Cette réalité ne change pas. Les mêmes causes entraînent les mêmes effets.</p>



<h4><strong>Sur le terrain, que vous disent ces jeunes ?</strong></h4>



<p>Dans le cadre de notre dernière étude, « Des jeunes dans les marges »<em>, </em>publiée en novembre 2020, nous avons posé cette question : <em>« Comment faire pour améliorer la situation de la jeunesse ? »</em>. A Kasserine par exemple, plus d’un tiers des interrogés a répondu <em>« une nouvelle révolution »</em> et plus de la moitié a déclaré avoir déjà participé à une manifestation. Nous sommes face à une génération qui a connu la révolution et s’est sociabilisée dans cet événement inédit qui a changé son rapport à l’Etat et à la politique.</p>



<p>Dans ces quartiers, les acquis démocratiques sont loin d’être une évidence. Ces jeunes ne votent pas, même s’ils ont été plus nombreux à le faire lors de la présidentielle de 2019. La forme centrale de leur participation politique est la protestation, et la réponse apportée par les autorités est souvent sécuritaire.</p>



<h4><strong>Pour ces jeunes, les formes organisées de l’action politique ne sont pas une option&nbsp;?</strong></h4>



<p>Il existe un décrochage générationnel important. Les plus jeunes ne croient plus aux partis politiques comme pouvant être des relais pour changer leur vie. Même chose vis-à-vis de la puissante centrale syndicale, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT)&nbsp;: c’est la conséquence de l’effritement du salariat parmi les nouvelles générations confrontées aux politiques d’austérité.</p>



<h4><strong>Quel rôle jouent les institutions sécuritaire et judiciaire vis-à-vis de cette jeunesse ?</strong></h4>



<p>Notredernier film, <em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=PtEvpkRfs5I&amp;feature=youtu.be" target="_blank">Sentir ce qui se passe</a> </em>sorti en janvier 2021, commence par le récit d’Akrout, un jeune de 28 ans de Douar Hicher, qui dit : <em>« Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été arrêté par la police. »</em> Incarcéré quinze jours en 2008 lors d’une manifestation contre les attaques israéliennes à Gaza, il a ensuite été arrêté plusieurs fois au stade ou dans la rue. Une condamnation à dix mois de prison pour consommation de cannabis l’a fait quitter définitivement l’université. Akrout est l’exemple type d’un jeune issu d’un quartier populaire fracassé par la violence institutionnelle.</p>



<p>Le problème avec la police ne se résume pas à des bavures individuelles. C’est celui d’un appareil sécuritaire longtemps au service d’un régime autoritaire adossé à une justice aux ordres. Il n’y a pas eu de réformes de ces institutions, si ce n’est un toilettage superficiel. Aujourd’hui encore, au lieu d’investir dans le social, on renforce la gouvernance sécuritaire.</p>



<p>La réforme des institutions, leur redevabilité, leur contrôle par le bas est une question fondamentale. Or elle est tributaire de la mise en place d’une véritable démocratie participative impliquant les citoyens, en particulier ceux des territoires relégués, et non seulement de <em>« consultations »</em> menées sur injonction des bailleurs de fonds.</p>



<p><strong>Source : Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-la-revolution-a-change-le-rapport-de-la-jeunesse-a-letat-et-a-la-politique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Les Tunisiens fiers de leur démocratie mais inquiets pour leur avenir</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/les-tunisiens-fiers-de-leur-democratie-mais-inquiets-pour-leur-avenir/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/les-tunisiens-fiers-de-leur-democratie-mais-inquiets-pour-leur-avenir/#respond</comments>
				<pubDate>Wed, 15 Jan 2020 17:26:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[democratie]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=13274</guid>
				<description><![CDATA[La nouvelle Tunisie a réussi dans l’exercice démocratique, en neuf ans. Elle a dépassé, sans problème, le cap de six scrutins, trois parlementaires, deux présidentiels et un municipal. Mais, le socioéconomique ne suit pas. Le défaut de bien-être pèse lourdement sur la majorité de la population, qui s’appauvrit dangereusement. Neuf ans après la chute de...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/tunisie.gif" alt="" class="wp-image-13276"/></figure>



<p><strong>La nouvelle Tunisie a réussi dans l’exercice démocratique, en neuf ans. Elle a dépassé, sans problème, le cap de six scrutins, trois parlementaires, deux présidentiels et un municipal. Mais, le socioéconomique ne suit pas. Le défaut de bien-être pèse lourdement sur la majorité de la population, qui s’appauvrit dangereusement.</strong></p>



<p>Neuf ans après la chute de Ben Ali, les Tunisiens fêtent encore le 14 Janvier sur le boulevard-symbole Habib Bourguiba, à Tunis, où siège le ministère de l’Intérieur. C’est cette bâtisse qui symbolise la chute de la dictature. La déception, en matière de bien-être, n’empêche pas de fêter. Il va sans dire que les 9 gouvernements, qui se sont succédé depuis 2011, ne sont pas parvenus à édifier un nouveau modèle de développement, en mesure de réaliser l’un des principaux objectifs de la révolution, à savoir la dignité.</p>



<p>Des festivités ont été organisées hier à travers la République, pour fêter le 9<sup>e</sup>&nbsp;anniversaire du départ de Ben Ali, malgré un bilan loin d’être reluisant de cette révolution. La transition s’est arrêtée à la liberté de parole, et une pratique démocratique, qui n’a encore atteint ni clarté ni stabilité. Les droits socioéconomiques, principale revendication de la révolte populaire, sont encore absents. Les pauvres sont restés pauvres, et les moins pauvres se sont appauvris.</p>



<p>Les disparités régionales et sociales se sont approfondies, entraînant une énorme déception parmi les populations ayant vraiment cru, il y a neuf ans, que la chute du despotisme allait les acheminer vers des lendemains meilleurs. Lesquelles espérances se sont heurtées à différentes insuffisances, notamment l’incapacité de la classe politique à édifier un nouveau modèle efficace de développement, en plus d’une propagation ravageuse de l’opportunisme et de l’égoïsme, traduisant un déficit patriotique à tous les niveaux.</p>



<p>Ces facteurs réunis et bien d’autres ont agi négativement sur les fondements de l’Etat de l’indépendance, à cause d’une anarchie ravageuse. Néanmoins, plus le temps passe, plus on a tendance à relativiser les acquis de la révolution, d’autant que leur pérennité reste en danger tant que les Tunisiens vivent mal, privés qu’ils sont des moyens de bien-être.&nbsp;<em>«Il faut un minimum de bien-être pour pratiquer la vertu»</em>, avait dit le défunt président, Béji Caïd Essebsi, sur&nbsp;<em>El&nbsp;Watan</em>, relayant Saint Thomas d’Aquin.</p>



<p>C’est dire que tant que la transition socioéconomique ne réussit pas, la démocratie tunisienne reste sujette à toutes les tribulations. Heureusement que, jusque-là, les revendications citoyennes, quoiqu’anarchistes, sont restées pacifiques. Mieux encore, les Tunisiens, toutes catégories sociales confondues, sont opposés au terrorisme. Les groupes terroristes sont isolés sur les montagnes de Kasserine et du Kef, grâce aux efforts de l’armée et des forces de l’ordre.</p>



<p><strong>Transitions pacifiques</strong></p>



<p>La démocratie tunisienne réussit de belle manière, installant une tradition de transition pacifique du pouvoir, rare dans les pays du Sud. Les Tunisiens ont essayé les islamistes au pouvoir en 2012/2013, avant de vivre sous un gouvernement de technocrates en 2014, qui a chapeauté les élections générales. Le quinquennat suivant a été marqué par un gouvernement d’union nationale entre Nidaa Tounes du défunt Béji Caïd Essebsi, vainqueur des élections de 2014, et les islamistes d’Ennahdha. Laquelle gouvernance n’ayant pas réussi sur le plan socioéconomique.</p>



<p>C’étaient plutôt des agissements pointés de sapeurs-pompiers réagissant aux contestations sociales qui ont pris le pas sur de véritables programmes de développement économique. Et c’est ainsi que la masse salariale des employés du secteur public a atteint près de 14,1% du PIB et 40% du Budget, ce qui constitue un handicap au budget de développement.</p>



<p>La Tunisie démocratique a appris à réagir aux échecs de sa classe politique. Ainsi, les électeurs ont sanctionné aussi bien Nidaa Tounes qu’Ennahdha lors des dernières élections. L’électorat les considère coresponsables des déboires du pays. Mais, l’ARP, issue de ces élections, est une mosaïque difficile à fédérer, avec Ennahdha, 1<sup>er</sup>&nbsp;parti, avec moins du quart des députés.</p>



<p>Résultats des courses, une Assemblée émiettée, avec des partis politiques pas habitués aux compromis difficiles. La classe politique n’est pas encore parvenue à former le nouveau gouvernement. Et il y a même une possibilité de dissolution du Parlement, si la personnalité, qui va être désignée par le président Saïed, ne parvient pas à réunir une majorité derrière son équipe. La nouvelle Tunisie, difficile à gérer, ne parvient pas à réaliser les objectifs de la révolution.<br></p>



<p><strong>Source: El Watan/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/les-tunisiens-fiers-de-leur-democratie-mais-inquiets-pour-leur-avenir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Un travail inachevé dans le berceau de la révolution soudanaise</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/un-travail-inacheve-dans-le-berceau-de-la-revolution-soudanaise/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/un-travail-inacheve-dans-le-berceau-de-la-revolution-soudanaise/#respond</comments>
				<pubDate>Thu, 21 Nov 2019 04:56:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Corne de l'Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[soudan]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=11489</guid>
				<description><![CDATA[En avril, Abdelaziz Abdallah a annoncé que la révolution menée par sa ville allait faire pression sur l&#8217;armée soudanaise pour qu&#8217;elle partage le pouvoir avec des civils. Ancien dirigeant syndical devenu chemin de fer, Abdallah a été parmi les premiers à descendre dans les rues de ce bastion du travail en décembre, déclenchant un soulèvement...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/femmes-soudan-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-11494" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/femmes-soudan-1024x684.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/femmes-soudan-300x200.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/femmes-soudan-768x513.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/femmes-soudan.jpg 1048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Sudanese women wave national flags as they rally to celebrate after an announcement made by Sudan&rsquo;s new military ruler on April 13, 2019. &#8211; General Abdel Fattah al-Burhan vowed today to &lsquo;uproot&rsquo; deposed president Omar al-Bashir&rsquo;s regime and release protesters, in a bid to placate demonstrators demanding civilian rule.
He also ordered the release of all prisoners jailed by recently established special emergency courts and the immediate lifting of a night-time curfew that had only come into effect two days ago. (Photo by Ebrahim Hamid / AFP)</figcaption></figure>



<p><strong>En avril, Abdelaziz Abdallah a annoncé que la révolution menée par sa ville allait faire pression sur l&rsquo;armée soudanaise pour qu&rsquo;elle partage le pouvoir avec des civils</strong>.</p>



<p>Ancien dirigeant syndical devenu chemin de fer, Abdallah a été parmi les premiers à descendre dans les rues de ce bastion du travail en décembre, déclenchant un soulèvement national qui a renversé le dirigeant de longue date, Omar al-Bashir, près de quatre mois plus tard.</p>



<p>Il a fallu quatre mois supplémentaires à l&rsquo;armée, qui avait évincé Bashir, pour officiellement signer un accord de partage du pouvoir de trois ans avec un gouvernement de transition dirigé par des civils.</p>



<p>Les habitants d’Atbara, plaque tournante des chemins de fer de l’époque coloniale, soutiennent le gouvernement national dans la capitale à quelque 350 km au sud, mais disent que certains des principaux griefs ayant motivé leur soulèvement &#8211; salaires médiocres et chômage &#8211; demeurent.</p>



<p>« Les cheminots ont des salaires parmi les plus bas de l&rsquo;État », gagnant 1 200 livres soudanaises (26,67 dollars) par mois, tout en ayant besoin d&rsquo;au moins 10 000 livres, a déclaré Abdallah, qui a repris le syndicat après l&rsquo;éviction de Bashir.</p>



<p>Ils veulent aussi des fonds pour faire revivre le chemin de fer &#8211; le réseau le plus long d’Afrique, mais à présent en grande partie abandonné.</p>



<p>Le Premier ministre Abdalla Hamdok, qui tente d&#8217;empêcher l&rsquo;effondrement d&rsquo;une économie dévastée par trois décennies de mauvaise gestion et de sanctions américaines, répond à des exigences sévères.</p>



<p>La possibilité de répondre aux attentes de milliers de travailleurs des chemins de fer constituera un test pour tout le pays, car Atbara est un foyer d&rsquo;agitation depuis l&rsquo;indépendance de la Grande-Bretagne en 1956.</p>



<h4>COMITÉS DE RÉSISTANCE</h4>



<p>Les manifestants ont formé des comités de résistance, qui ont contribué à maintenir le soulèvement et veulent maintenant avoir voix au chapitre dans leur ville.</p>



<p>Pouvant se rencontrer librement depuis que les interdictions de rassemblement ont été levées avec la chute de Bashir, ils discutent de questions telles que la création d&#8217;emplois pour les jeunes en essayant de trouver des terres agricoles pour la culture.</p>



<p>Mais ils prétendent aussi que la ville est toujours dirigée par un gouverneur militaire.&nbsp;Le réseau de sécurité de Bashir a perdu un peu de pouvoir, mais ses officiers restent à Atbara comme ailleurs et les soldats, qui ne patrouillent plus dans les rues, sont postés dans des casernes voisines.</p>



<p>«Rien n&rsquo;a changé pour les citoyens et les jeunes.&nbsp;La fonction publique est toujours composée de l&rsquo;ancien régime », a déclaré Adel Sheikh, haut responsable de la coalition Forces pour la liberté et le changement d&rsquo;Atbara, principal groupe de coordination qui a négocié l&rsquo;accord de partage du pouvoir national avec les généraux.</p>



<p>Trouver du travail est dans l&rsquo;esprit de beaucoup de gens.</p>



<p>« J&rsquo;espère obtenir un poste d&rsquo;ingénieur », a déclaré Mohamed Abdelathim, sans emploi depuis 2007. « Les emplois de l&rsquo;Etat sous l&rsquo;ancien régime étaient réservés aux personnes du régime », a-t-il déclaré.</p>



<h4>COUPES</h4>



<p>Atbara, à la jonction des fleuves Nil et Atbara, est un baromètre pour le Soudan depuis que les colonialistes britanniques y ont établi une plaque tournante ferroviaire, construisant des dizaines de villas pour loger des gestionnaires de chemins de fer qui sont maintenant vides.</p>



<p>Les cartes intitulées «Chemins de fer soudanais» sont toujours accrochées aux murs des bâtiments administratifs où les reçus imprimés en anglais et en soudanais sont déposés sur des bureaux abandonnés.</p>



<p>Les travailleurs ici ont poussé pour l&rsquo;indépendance, ont formé l&rsquo;épine dorsale d&rsquo;un puissant parti communiste post-indépendant et se sont soulevés depuis lors contre divers dirigeants militaires, payant le prix de leur activisme par des licenciements massifs.</p>



<p>Le Soudan n&rsquo;a eu que trois brefs gouvernements civils, renversés par des généraux qui ont pris la relève après avoir déclaré que les civils n&rsquo;avaient pas réussi à réparer une économie en crise.</p>



<p>Hamdok est dans une situation similaire, dirigeant un gouvernement partagé avec les militaires.&nbsp;Il veut augmenter les salaires du public et indemniser quelque 4 000 travailleurs licenciés par Bashir, mais il a besoin d&rsquo;une aide pouvant atteindre 5 milliards de dollars des donateurs, rien que pour l&rsquo;année prochaine.</p>



<p>Ce dilemme laisse les militants d&rsquo;Atbara faire une pause.</p>



<p>« Honnêtement, nous avons des craintes (d&rsquo;un nouveau coup d&rsquo;État) si les problèmes principaux ne sont pas résolus », a déclaré Ali Abdallah, 70 ans, ancien dirigeant national du syndicat des chemins de fer emprisonné sous Bashir et désormais une personnalité respectée parmi les citadins.</p>



<p>Les États-Unis espèrent pouvoir lever les sanctions imposées en 1993 en raison d&rsquo;allégations selon lesquelles le gouvernement islamiste de Bashir aurait soutenu le terrorisme, afin que l&rsquo;argent des donateurs puisse couler. </p>



<p>Les pays occidentaux sont méfiants, mais craignent aussi que l&rsquo;instabilité au Soudan augmente la migration vers l&rsquo;Europe et encourage les militants islamistes.</p>



<p>Il faudra du temps pour guérir les blessures locales.</p>



<p>Lorsque les manifestations ont commencé en décembre, les forces de sécurité ont ouvert le feu, tuant, entre autres, Tareq Ahmed, étudiant en ingénierie âgé de 23 ans.</p>



<p>« Il n&rsquo;était pas un homme politique mais en avait assez du régime et de l&rsquo;inflation », a déclaré son père conduisant sur des routes sinueuses autour d&rsquo;Atbara pour montrer sa négligence.</p>



<p>Il ne pouvait pas se résoudre à se rendre à l&rsquo;endroit où son fils avait été tué, mais il s&rsquo;est arrêté à l&rsquo;université où des étudiants ont peint son visage sur un mur pour garder des souvenirs frais.&nbsp;Là, il lutta pour retenir ses larmes.</p>



<p>« Il s&rsquo;est sacrifié pour un changement au Soudan », a-t-il déclaré.&nbsp;« Nous n&rsquo;oublierons jamais. »</p>



<p><strong>Source: Reuters Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/un-travail-inacheve-dans-le-berceau-de-la-revolution-soudanaise/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Algérie : « L’Europe et la France seront solidaires ou complice</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/algerie-leurope-et-la-france-seront-solidaires-ou-complice/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/algerie-leurope-et-la-france-seront-solidaires-ou-complice/#respond</comments>
				<pubDate>Mon, 30 Sep 2019 16:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=9900</guid>
				<description><![CDATA[Pour le chercheur Thomas Serres, les Européens gagneraient à soutenir la révolution algérienne, surtout s’ils tiennent à limiter les migrations.  Dans un discours d’une honnêteté rare, l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, avait admis le 14 juillet avoir sous-estimé le peuple algérien. Il avait soutenu la révolution en cours, tout en louant la souveraineté pleine...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/alger.jpg" alt="" class="wp-image-9901" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/alger.jpg 900w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/alger-300x200.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/alger-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<p><strong>Pour le chercheur Thomas Serres, les Européens gagneraient à soutenir la révolution algérienne, surtout s’ils tiennent à limiter les migrations.</strong></p>



<p> Dans un discours d’une honnêteté rare, l’ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, avait admis le 14 juillet avoir sous-estimé le peuple algérien. Il avait soutenu la révolution en cours, tout en louant la souveraineté pleine et entière du pays. Depuis, rien. Tétanisé après avoir soutenu Abdelaziz Bouteflika, l’Elysée regarde le nouvel homme fort du pays, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, se démener pour maintenir les privilèges de l’armée, assurer l’impunité de ses fidèles – dont la corruption n’a rien à envier aux affairistes déjà emprisonnés – et limiter l’ampleur du changement politique. La France et l’Europe laissent la contre-révolution se dérouler, en espérant que ne rien faire soit le meilleur moyen de ne pas insulter le futur. C’est là qu’elles se trompent</p>



<p>Le&nbsp;<em>hirak</em>&nbsp;(«&nbsp;mouvement&nbsp;») n’est pas limité à la marche du vendredi. Depuis plus de six mois, les étudiants se réunissent également tous les mardis pour demander le départ de la clique politico-militaro-économique qui a détourné les richesses du pays depuis vingt ans. Si le mouvement se limite dans l’espace public à ces deux journées de mobilisation, ce n’est pas par choix. Les tentatives d’organiser d’autres rassemblements se sont heurtées à un dispositif sécuritaire massif et des arrestations en série des militants pacifistes.</p>



<h4>Un appareil répressif conçu avec la France</h4>



<p>Depuis la mi-juin, le&nbsp;<em>hirak</em>&nbsp;a pris la forme d’une confrontation entre les partisans d’une présidentielle dans les plus brefs délais, rassemblés derrière Ahmed Gaïd Salah et la machine bureaucratico-militaire qui tient l’Etat, et les opposants qui demandent une Constituante et le départ de tous les anciens membres du régime. En réponse à ces demandes, Ahmed Gaïd Salah a tenté de décrédibiliser ses adversaires en les assimilant à des&nbsp;<em>«&nbsp;Berbéristes&nbsp;»</em>&nbsp;et des&nbsp;<em>«&nbsp;manipulés&nbsp;»</em>&nbsp;menaçant l’intégrité de la nation.</p>



<p>Jusqu’à récemment, les partis et associations des <em>« Forces de l’alternative démocratique »</em> se sont heurtés aux entraves administratives et au harcèlement de militants isolés. Ces dernières semaines, plusieurs arrestations d’opposants, dont Karim Tabbou, le leader de l’Union démocratique et sociale – libéré le 25 septembre puis de nouveau arrêté le 26 septembre – et Samir Belarbi, une figure du mouvement Barakat, ont marqué une surenchère dans cette logique répressive.</p>



<p>Or, l’appareil répressif qui sert à imposer l’élection a été conçu avec le soutien actif de la France. La formation des forces de police algériennes à la&nbsp;<em>«&nbsp;gestion démocratique des foules&nbsp;»&nbsp;</em>est le produit d’une coopération sécuritaire de longue durée, que l’Union européenne a d’ailleurs encouragée. Dès lors, la responsabilité européenne et française est engagée.</p>



<p>Pourquoi rejeter une élection présidentielle alors qu’un gouvernement non élu gère le pays depuis six mois&nbsp;? Ceux qui réclament un gouvernement d’union nationale et une Constituante le font pour trois bonnes raisons. Tout d’abord, l’élection d’une Constituante permettrait de refonder le système politique et de recréer de la confiance. Elle permettrait aussi de réorganiser un champ politique extrêmement fragmenté, afin que chaque camp compte ses forces et puisse préparer une stratégie et des alliances. Enfin, compte tenu de l’emprise de la machine bureaucratico-militaire sur les institutions, il ne fait guère de doute qu’elle sera en mesure d’imposer son favori.</p>



<h4>«&nbsp;Vous avez mangé le pays&nbsp;»</h4>



<p>Or, les deux «&nbsp;favoris&nbsp;» de la présidentielle prévue en décembre ne sont autres qu’Ali Benflis, ancien secrétaire général du FLN et premier ministre devenu opposant de service du régime, et Abdelmadjid Tebboune, ancien wali (gouverneur), cinq fois ministre depuis 1992, et également premier ministre de Bouteflika entre mai et août&nbsp;2017. Le changement de système attendra.</p>



<p>Ali Benflis plaît aux Occidentaux, et pour cause : en 2014, il annonçait aux <em>Echos</em> que la solution à la crise algérienne était de complètement libéraliser l’économie nationale. Face à la crise budgétaire qui résulte de plus de deux décennies de corruption et de privatisations frauduleuses, le moment semble venu de porter le coup fatal aux résidus de l’économie socialiste. C’est dans ce contexte que le gouvernement Bedoui a annoncé la fin de la règle du 51/49 encadrant les investissements étrangers et un retour à l’endettement extérieur. Quoi que l’on pense de ces mesures, le fait est qu’un gouvernement sans représentativité démantèle la souveraineté économique du pays pour envoyer des gages de bonne conduite à ses partenaires étrangers</p>



<p>Le&nbsp;<em>hirak</em>&nbsp;est pourtant largement une conséquence du sentiment partagé d’un vol des richesses nationales.&nbsp;<em>«&nbsp;Vous avez mangé le pays&nbsp;»</em>, chantaient les manifestants. Mais le régime n’a pas&nbsp;<em>«&nbsp;mangé&nbsp;»</em>&nbsp;l’Algérie tout seul. Il a bénéficié de la complicité active de compagnies étrangères, et notamment européennes (la compagnie pétrolière italienne ENI par exemple), de banques peu regardantes (principalement en Suisse), et bien sûr de la bienveillance des pouvoirs publics. La France, entre autres, a été particulièrement accueillante pour les capitaux mal acquis des dignitaires algériens, notamment à travers l’achat de propriétés immobilières.</p>



<h4>Le droit de vivre dans la dignité</h4>



<p>Rien ne sert de parler de ce qui serait juste. L’absence de boussole morale des autorités françaises et européennes dès lors qu’il s’agit du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord est acquise. Il faut donc parler le langage de l’intérêt.</p>



<p>Puisque l’intérêt proclamé du gouvernement français et de la nouvelle Commission européenne est de limiter les migrations, disons-le franchement, les Algériens ne demandent que ça : le droit de rester chez eux et de vivre dans la dignité. Pour cela, ils luttent pour instaurer un système fondé sur la souveraineté populaire et la justice sociale. Les étudiants défilent ainsi chaque semaine dans le calme pour ne pas avoir à émigrer pour fuir un état de non-vie.</p>



<p>Dans ce contexte, qu’est-ce que la France et l’Europe peuvent offrir&nbsp;? Pas besoin de grands discours, qui seraient de toute façon perçus comme une ingérence. Non, des actes. Mettre fin à la coopération sécuritaire avec la police et l’armée algériennes tant que celles-ci réprimeront des manifestants pacifiques. Poursuivre les entreprises corruptrices, lancer des enquêtes sur les biens mal acquis, publier les documents en possession du fisc et rapatrier les capitaux volés au peuple algérien. Enfin, préparer une aide économique d’urgence pour que le peuple puisse poursuivre sa révolution sans que l’épée de Damoclès des marchés ne plane au-dessus de sa tête. Des actes, rien que des actes, pour garantir l’avenir.</p>



<p>Si les Européens et la France tiennent vraiment à limiter les migrations, cela ne tient qu’à eux. Les Algériens ont fait leur part. Mais ils ne triompheront pas sans un minimum de solidarité.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne:  Lhi-Tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/algerie-leurope-et-la-france-seront-solidaires-ou-complice/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
	</channel>
</rss>
