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	<title>revolution industrielle &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Ethiopie: les ouvriers en colère menacent la révolution industrielle</title>
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				<pubDate>Tue, 04 Feb 2020 12:56:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Corne de l'Afrique]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/9ccbf4885247e42483e563d3596f6f59839592e8.jpg" alt="" class="wp-image-13968" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/9ccbf4885247e42483e563d3596f6f59839592e8.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/9ccbf4885247e42483e563d3596f6f59839592e8-300x200.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/9ccbf4885247e42483e563d3596f6f59839592e8-600x398.jpg 600w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption> AFP / Eyerusalem JIREGNA<em><strong>Une usine de confection dans le parc industriel de Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie, le 1er octobre 2019</strong><br></em> </figcaption></figure>



<p><strong>Zemen Zerihun pensait avoir gagné un ticket pour une vie meilleure quand, arrivant de sa ferme natale, il a décroché un emploi d&rsquo;ouvrier du textile dans le parc industriel de Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie.</strong></p>



<p>Mais au bout de quelques mois, le jeune homme de 22 ans a claqué la porte, las de travailler dans des conditions stressantes pour assurer la productivité, huit heures par jour, six jours par semaine, sans pouvoir vivre décemment avec un salaire de 31 euros par mois.</p>



<p>Là-bas, « les superviseurs vous traitent comme des animaux », explique-t-il. « Trop lent », « Paresseux », lui hurlaient-ils si la cadence de la chaine de production ralentissait. Ils étaient si stricts qu&rsquo;ils suivaient les ouvriers aux toilettes pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;ils ne perdent pas plus de temps que nécessaire. « J&rsquo;ai souffert », dit-il à l&rsquo;AFP.</p>



<p>Cet exemple illustre un des principaux défis auxquels doivent faire face les autorités éthiopiennes qui veulent industrialiser le pays pour le rendre moins dépendant de l&rsquo;agriculture.</p>



<p>L&rsquo;idée est de suivre le modèle de la Chine et d&rsquo;autres nations asiatiques en attirant des investissements étrangers grâce à une main d&rsquo;oeuvre bon marché, en bâtissant un robuste secteur manufacturier à même de fournir des emplois aux jeunes.</p>



<p>De fait, l&rsquo;activité industrielle dans les douze parcs existants a créé des dizaines de milliers d&#8217;emplois.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/0c382cb27ddf548b4f145df624d9bf259b624040.jpg" alt=""/></figure>



<p>AFP / Eyerusalem JIREGNA<em><strong>Zemen Zerihun lors d&rsquo;une interview avec l&rsquo;AFP, le 2 octobre 2019 à Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie</strong></em></p>



<p>Mais en dépit d&rsquo;un taux de chômage élevé, les jeunes refusent de travailler pour un salaire de misère dans des conditions déplorables: des milliers d&rsquo;entre eux ont préféré démissionner.</p>



<p>A Hawassa, le taux de renouvellement du personnel avoisinait les 100% en 2017-2018, selon un rapport du Stern Center for Business and Human Rights de l&rsquo;université de New York, publié en mai 2019.</p>



<p>&#8211; Industrialisation à tout prix &#8211;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/9ccbf4885247e42483e563d3596f6f59839592e8.jpg" alt=""/></figure>



<p>AFP / Eyerusalem JIREGNA<em><strong>Une usine de confection dans le parc industriel de Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie, le 1er octobre 2019</strong><br></em></p>



<p>Les coûts additionnels liés au recrutement et à la formation des nouveaux employés se sont « révélés considérablement plus élevés que ce que le gouvernement avait initialement évoqué », poursuit le rapport.</p>



<p>Le Premier ministre Abiy Ahmed considère ces parcs industriels comme un moteur de croissance qui pourrait permettre d&rsquo;éviter les troubles avant les élections prévues en août 2020.</p>



<p>Dès 2014 &#8211; quatre ans avant son arrivée au pouvoir &#8211; le gouvernement a réalisé que le secteur agricole, principal pourvoyeur d&#8217;emplois du pays, ne pourrait pas produire assez de postes pour une population en augmentation constante, analyse Arkebe Oqubay, un des architectes de la stratégie.</p>



<p>Selon la Banque mondiale, deux millions de nouvelles personnes entrent chaque année sur le marché du travail en Ethiopie, qui connaît une des croissances économiques les plus rapides du continent.</p>



<p>Mais malgré les efforts, la manufacture ne représente toujours que 10% environ des activités économiques du pays.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/f1b3b8d721c8e6094aaf1faeed6b1687ea7d6622.jpg" alt=""/></figure>



<p>AFP / Eyerusalem JIREGNA<em><strong>Une usine de confection dans le parc industriel de Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie, le 1er octobre 2019</strong></em></p>



<p>Le projet phare du parc Hawassa, un site rassemblant 52 usines textiles américaines, européennes et asiatiques, a ouvert en 2017. Environ 30.000 travailleurs y cousent nuit et jour des t-shirts, des vêtements de sport.</p>



<p>Vingt-neuf autres parcs industriels doivent voir le jour à travers le pays d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;année, dans des secteurs comme la production de machines ou les technologies de l&rsquo;information et de la communication, note M. Arkebe.</p>



<p>Cette politique a déjà porté ses fruits: les investissements étrangers directs ont atteint 4,3 milliards de dollars (3,9 milliards d&rsquo;euros) en 2017, quatre fois plus que cinq ans auparavant.</p>



<p>&#8211; Les plus mal payés au monde &#8211;</p>



<p>Mais les bas salaires restent sous le feu des projecteurs.</p>



<p>Les travailleurs d&rsquo;Hawassa sont les ouvriers du textile les plus mal payés au monde, avec un salaire de base de 23,4 euros, selon le Stern Center.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/5fb4ef6b16812689ace09f1c9d793ce5fec8ee07.jpg" alt=""/></figure>



<p>AFP / Eyerusalem JIREGNA<em><strong>Une employée d&rsquo;une usine de confection dans le parc industriel de Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie, montre la chambre qu&rsquo;elle partage avec quatre collègues, le 2 octobre 2019</strong><br></em></p>



<p>Gagner si peu n&rsquo;est pas rare dans un pays qui n&rsquo;a pas instauré de salaire minimum. Mais les ouvriers expliquent qu&rsquo;ils peuvent à peine se payer de quoi acheter à manger, prendre les transports et régler leur loyer. Même en partageant de minuscules appartements où ils dorment à tour de rôle en fonction de leurs horaires.</p>



<p>Huit mois après avoir démissionné, Zemen Zerihun n&rsquo;a toujours pas d&#8217;emploi mais il n&rsquo;a aucun regret. Il préfère retourner cultiver la terre sur la ferme familiale plutôt que peiner à l&rsquo;usine qui au départ représentait pour lui l&rsquo;espoir d&rsquo;une ascension sociale.</p>



<p>Même chose pour Medihant Fehene, qui a elle aussi quitté son travail à Hawassa.</p>



<p>« Je devais me lever pour prendre le bus à 05H30 du matin pour commencer le travail à 06H00, ou alors si j&rsquo;avais un horaire d&rsquo;après-midi, je ne rentrais pas avant 23H30, lorsqu&rsquo;il fait nuit et que ce n&rsquo;est plus sûr pour une femme d&rsquo;être à l&rsquo;extérieur », raconte-t-elle.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/a99b8a677f61aa9c49496d37488e94c5276507c3.jpg" alt=""/></figure>



<p>AFP / Eyerusalem JIREGNA<em><strong>Un employé d&rsquo;une usine de confection dans le parc industriel de Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie, le 1er octobre 2019</strong></em></p>



<p>Passer de l&rsquo;agriculture à la manufacture est compliqué pour ces travailleurs, relève Tony Kao, un responsable de JP Textile.</p>



<p>« Cela a pris du temps simplement pour qu&rsquo;ils apprennent le travail industriel », dit-il. « Maintenant, ils doivent arriver à l&rsquo;heure, apprendre de nouvelles compétences, comment manier des machines. C&rsquo;est un nouveau chapitre de leur vie ».</p>



<p>Le gouvernement a tenté de répondre aux frustrations des employés, en donnant par exemple des terres aux entreprises pour construire des dortoirs à loyers subventionnés, souligne M. Arkebe.</p>



<p>Mais ce fonctionnaire, maintenant conseiller spécial du Premier ministre, défend les bas salaires, qui encouragent selon lui les investissements en Ethiopie plutôt que dans des pays où le secteur manufacturier est plus établi.</p>



<p>&#8211; Organiser les ouvriers &#8211;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/67bab1953b43550cf75441545cb39fc5fe34db8f.jpg" alt=""/></figure>



<p>AFP / Eyerusalem JIREGNA<em><strong>Une jeune femme s&rsquo;entraîne à enfiler des aiguilles avant un test pour un emploi dans une usine de confection dans le parc industriel de Hawassa, dans le sud de l&rsquo;Ethiopie, le 1er octobre 2019</strong><br></em></p>



<p>« Si les salaires sont élevés et que les investissements n&rsquo;arrivent pas, il n&rsquo;y aura pas de créations d&#8217;emplois », argue-t-il. « Les moyens de subsistance des travailleurs peuvent s&rsquo;améliorer avec leur productivité », affirme M. Arkebe, en évoquant le processus d&rsquo;industrialisation en Angleterre et aux États-Unis.</p>



<p>Les patrons du secteur textile y trouvent leur compte. « L&rsquo;Ethiopie est l&rsquo;avenir du vêtement. Tout le monde regarde par ici maintenant », s&rsquo;enthousiasme ainsi Raghavendra Pattar, directeur de la Nasa Garment Plc à Hawassa.</p>



<p>A Hawassa, personne ne représente vraiment les ouvriers &#8211; à part des conseils de travailleurs considérés comme un outil de contrôle des patrons sur les employés.</p>



<p>Mais la Confédération des syndicats éthiopiens prévoit de commencer à les organiser au début de cette année, selon son vice-président Ayalew Ahmed. « Si les employeurs acceptent des syndicats dans l&rsquo;entreprise, ce sera bien. Sinon, on les établira en dehors ».</p>



<p>Le gouvernement soutient le droit des travailleurs à s&rsquo;organiser tant que ce processus ne cause pas trop de perturbations, prévient le ministre des Finances Eyob Tekalign Tolina.</p>



<p>En attendant, à Hawassa, le turn-over se poursuit.</p>



<p>Un récent matin, l&rsquo;AFP a vu des dizaines de candidats faire la queue pour passer des tests d&rsquo;enfilage d&rsquo;aiguilles ou de pose de clous.</p>



<p>Dans le parc industriel, Tekle Baraso Bonsa, 22 ans, interrompt un instant son travail consistant à teinter des fils de laine pour expliquer qu&rsquo;il économise afin d&rsquo;étudier à l&rsquo;université et que les quelque 30 euros qu&rsquo;il gagne à l&rsquo;usine sont sa meilleure option.</p>



<p>« Si je ne faisais pas ça, je serais en train de cirer des chaussures ».</p>



<p><strong>Source: AFP/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Fiscalité : à Kampala, l’ATAF arme l’Afrique pour la 4e révolution industrielle</title>
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				<pubDate>Thu, 21 Nov 2019 15:07:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[ATAF]]></category>
		<category><![CDATA[revolution industrielle]]></category>

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				<description><![CDATA[Réunis à Kampala du 19 au 22 novembre pour la quatrième conférence internationale sur la fiscalité en Afrique sous l’égide du Forum sur l’administration fiscale africaine (ATAF), les responsables du Continent se mobilisent pour ne pas être en reste dans le flot mondial de la numérisation. Décryptage. «&#160;La quatrième révolution industrielle est le dernier cadeau...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/ataf.jpg" alt="" class="wp-image-11491" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/ataf.jpg 612w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/ataf-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 612px) 100vw, 612px" /></figure>



<p> <strong>Réunis à Kampala du 19 au 22 novembre pour la quatrième conférence internationale sur la fiscalité en Afrique sous l’égide du Forum sur l’administration fiscale africaine (ATAF), les responsables du Continent se mobilisent pour ne pas être en reste dans le flot mondial de la numérisation. Décryptage.</strong></p>



<p><em>«&nbsp;La quatrième révolution industrielle est le dernier cadeau à l&rsquo;Afrique pour qu&rsquo;elle puisse se transformer. Nous devons renforcer nos capacités en profitant de l&rsquo;espace numérique&nbsp;»</em>. Cette déclaration du professeur Bitange Ndemo, intellectuel kényan enseignant à la Business School de l&rsquo;Université de Nairobi, résume le message porté par la conférence internationale sur la fiscalité en Afrique organisée à Kampala du 19 au 22 novembre par le Forum sur l&rsquo;administration fiscale africaine (ATAF) en partenariat avec l&rsquo;Autorité fiscale de l&rsquo;Ouganda et avec la participation de l&rsquo;Union africaine, des Nations Unies, de la Banque africaine de développement (BAD), l&rsquo;OCDE, le FMI, la Banque mondiale et le Commonwealth.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://static.latribune.fr/article_body/1309907/illustration.jpg" alt="Illustration"/></figure>



<p>Placée sous le thème&nbsp;<em>«&nbsp;Innovation, numérisation et exploitation de la technologie pour améliorer les systèmes fiscaux »</em>, la rencontre -inaugurée par le président ougandais&nbsp;<strong>Yoweri Museveni</strong>, se veut être un plaidoyer pour éveiller les esprits des fiscalistes africains sur la nécessité du numérique pour développer une fiscalité en phase avec les enjeux du futur.</p>



<p>Fondée en 2009 à Kampala avec 24 pays africains, l&rsquo;ATAF, basée à Pretoria (Afrique du Sud), compte aujourd&rsquo;hui 38 pays membres, dont 14 d&rsquo;Afrique francophone&nbsp;: le Cameroun, le Sénégal, le Maroc, le Bénin, le Togo, le Burkina Faso, le Gabon, le Burundi, Madagascar, le Mali, le Tchad, la Côte d&rsquo;Ivoire, la Mauritanie et le Niger. Dès le départ, l&rsquo;objectif est clair&nbsp;: accroître la mobilisation efficace des recettes fiscales pour les programmes de développement nationaux, pour qu&rsquo;in fine, les pays réduisent leur dépendance à l&rsquo;aide au développement, une question devenue centrale alors que l&rsquo;Afrique est à dix ans l&rsquo;échéance de l&rsquo;agenda 2030 et court vers l&rsquo;agenda 2063. Sous l&rsquo;impulsion de son président le Nigerian Tunde Fowler et son secrétaire général le Sud-africain Logan Wort, l&rsquo;ATAF a porté la voix de l&rsquo;Afrique au niveau mondial.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://static.latribune.fr/article_body/1309943/ataf.jpg" alt="ATAF"/></figure>



<p><em>«&nbsp;Il faut reconnaître&nbsp;que l&rsquo;Afrique a pris conscience de son de besoin de transformation. L&rsquo;Agenda 2063 de l&rsquo;Union africaine en est la preuve. Mais il faut qu&rsquo;on arrive au constat que cet agenda ne sera pas réalisé sans une augmentation des recettes fiscales&nbsp;»</em>, insiste Duminsani Masilela, Commissaire général de l&rsquo;Autorité fiscale de l&rsquo;Eswatini.</p>



<p>De nombreux efforts ont été consentis ces dernières années tant dans la formation des agents fiscaux à travers le Continent, que dans le suivi de la TVA, de l&rsquo;IR ou l&rsquo;IS, mais les défis restent majeurs. Traditionnellement, ces derniers concernent l&rsquo;étroitesse de l&rsquo;assiette fiscale au sein des économies africaines qui limitent les possibilités de recouvrements supplémentaires, sachant que l&rsquo;imposition des matières premières reste la première source de recettes pour beaucoup de pays. L&rsquo;ampleur de l&rsquo;économie informelle aussi est un frein, tout autant que l&rsquo;évasion fiscale, souvent le fait des multinationales.</p>



<h4><strong>L&rsquo;économie numérique, défi de taille</strong></h4>



<p>Mais à l&rsquo;ère du digital et alors qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas encore fini de répondre à ces défis majeurs,&nbsp;les administrations fiscales doivent composer avec un autre challenge de taille&nbsp;: l&rsquo;économie numérique, dynamisée par la dématérialisation des transactions commerciales (e-commerce, e-paiement,&#8230;). Tous ont voulu se rappeler les déclarations du président rwandais Paul Kagamé à l&rsquo;ouverture du Forum économique mondial sur l&rsquo;Afrique en 2016 à Kigali&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;L&rsquo;Afrique ne doit pas continuer à faire du rattrapage quand la 5e révolution arrive&nbsp;»</em>.</p>



<p>De manière pratique, les pays du Continent tentent de jouer la carte numérique. L&rsquo;Afrique du Sud le Maroc et les pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est restent avancés en la matière. Mais d&rsquo;autres prennent également le taureau par les cornes. C&rsquo;est le cas de Madagascar dont le système fiscal est entièrement numérisé avec à la clé un portail dédié aux petits contribuables. Ici, on pense déjà à taxer les opérations digitales.&nbsp;<em>«&nbsp;Nous n&rsquo;avons pas d&rsquo;autre choix que de numériser la fiscalité. C&rsquo;est l&rsquo;actualité du Continent »</em>, nous confie Romaric Ramakararo de la Direction générale des impôts de Madagascar.</p>



<p>L&rsquo;Ouganda a poussé le bouchon en taxant les réseaux sociaux. Avec le Kenya et le Rwanda, ils constituent les trois pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est ayant lancé un Système électronique de suivi du fret qui vise à lutter contre l&rsquo;évasion fiscale.</p>



<p>En outre, plusieurs pays du Continent travaillent désormais en tenant compte du Global Tax Agenda des Nations Unies et ont rejoint des programmes tels le Base Erosion and Profit Shifting (BEPS) et le Tax Inspectors without Borders (TIWB) lancés par l&rsquo;OCDE respectivement en partenariat avec le G20 et le PNUD.</p>



<p>Par ailleurs, les technologies de Blockchain sont de plus en plus regardées. Le professeur Bitange Ndemo pense même que «<em>&nbsp;une cryptomonnaie adossée au diamant&nbsp;»,&nbsp;</em>à titre d&rsquo;exemple,&nbsp;peut favoriser la disciple fiscale en Afrique, laquelle permettrait une augmentation des recettes et pourquoi pas influencer positivement la fréquence des emprunts des Etats.</p>



<h4><strong>La recherche, l&rsquo;urgence</strong></h4>



<p>Alors qu&rsquo;outre l&rsquo;évasion fiscale, l&rsquo;Afrique est également confrontée à «&nbsp;l&rsquo;optimisation&nbsp;» fiscale à outrance des entreprises -souvent des multinationales, dans un contexte d&rsquo;étroitesse de l&rsquo;assiette fiscale et de faiblesse des législations, l&rsquo;ATAF milite pour un renforcement d&rsquo;urgence de la recherche par les Africains. D&rsquo;après l&rsquo;organisation, c&rsquo;est la seule manière pour le Continent de tirer avantage du numérique et de positionner véritablement sur la fiscalité internationale et jouer sa partition dans la quatrième révolution industrielle.</p>



<p>A court terme, les administrations fiscales, les universités et le secteur privé sont encouragés à rejoindre le Réseau africain des chercheurs en fiscalité (ATRN) qui tiendra son prochain congrès à Dakar dans une semaine.&nbsp;<em>«&nbsp;C&rsquo;est la quatrième année consécutive que nous tenons ces rencontres dans un pays d&rsquo;Afrique francophone et aller au Sénégal est pour nous un moyen de mobiliser les chercheurs dans cette partie de Continent&nbsp;»</em>, nous explique Désire Ottner, en charge de l&rsquo;ATRN.</p>



<p><em>«&nbsp;Nous avons remarqué qu&rsquo;on a tendance à s&rsquo;appesantir un peu trop sur les recherches produites à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;Afrique&nbsp;»</em>, affirme Dr Nara Monkam, directrice de la recherche chez l&rsquo;ATAF.&nbsp;<em>«&nbsp;Cela nous expose par conséquent, poursuit-il, au danger d&rsquo;importer à nouveau des théories qui ne s&rsquo;appliquent pas à nos réalités africaines. C&rsquo;est pour cela que nous voulons encourager les chercheurs africains y compris les administrations fiscales de faire plus attention aux données et à l&rsquo;analyse des données, et ainsi réaliser des recherches approfondies qui allient théorie et pratique, afin d&rsquo;apporter des réponses aux challenges de la numérisation, de la digitalisation, de la fiscalisation et de la technologie&nbsp;»</em>.</p>



<p><strong>Source: La Tribune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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