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	<title>programme de reconciliation &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Maroc: un programme pour « réconcilier » les détenus radicalisés avec la société</title>
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				<pubDate>Sun, 17 Oct 2021 19:48:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Condamné pour « terrorisme », Saleh doit encore passer dix ans en prison. Mais ce Marocain espère recouvrer la liberté plus tôt grâce à un programme de déradicalisation qui l&#8217;a aidé à se « réconcilier » avec le reste de la société. « J&#8217;ai cru en des idées que je considérais justes, y compris la violence&#8230; Dieu merci, je n&#8217;ai...]]></description>
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<p><strong>Condamné pour « terrorisme », Saleh doit encore passer dix ans en prison. Mais ce Marocain espère recouvrer la liberté plus tôt grâce à un programme de déradicalisation qui l&rsquo;a aidé à se « réconcilier » avec le reste de la société.</strong></p>



<p>« J&rsquo;ai cru en des idées que je considérais justes, y compris la violence&#8230; Dieu merci, je n&rsquo;ai pas de sang sur les mains », raconte à l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afp">AFP</a>&nbsp;Saleh, dans la bibliothèque de la prison de Kenitra, près de Rabat.</p>



<p>Arrêté en 2002, il a été condamné à mort pour « appartenance à une cellule terroriste et financement d&rsquo;un projet terroriste » avant de voir sa peine commuée en&nbsp;30&nbsp;ans de prison à la faveur du programme « Moussalaha » (Réconciliation) en 2019. Il pourrait désormais obtenir une nouvelle mesure de clémence.</p>



<p>Lancé en&nbsp;2017&nbsp;par l&rsquo;administration pénitentiaire (DGAPR) et diverses institutions, ce programme vise à assister les détenus condamnés pour « terrorisme » qui souhaitent se repentir.</p>



<p>Depuis 2002, le&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/maroc">Maroc</a>&nbsp;a démantelé plus de 2.000 cellules jihadistes et arrêté plus de 3.500 personnes accusées de lien avec des groupes islamistes radicaux.</p>



<p>Selon une source sécuritaire à Rabat, 1.662 combattants marocains ont été recensés dans la zone syro-irakienne depuis 2011.</p>



<p>&#8211; <strong>« Tendre la main » ?</strong></p>



<p>Saleh, la cinquantaine, a basculé dans le radicalisme « dans les années&nbsp;1990&nbsp;par le biais d&rsquo;un imam de la Jamaa Islamiya », une organisation salafiste égyptienne, lorsqu&rsquo;il fréquentait une mosquée à Turin, dans le nord-ouest de l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/italie">Italie</a>&nbsp;où il avait émigré.</p>



<p>En 2001, il décide de « quitter ce pays d&rsquo;infidèles » pour s&rsquo;installer avec sa famille dans l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afghanistan">Afghanistan</a>&nbsp;des talibans.</p>



<p>Mais les attentats du 11-Septembre bousculent ses projets. Il se voit contraint de retourner au Maroc, où il est arrêté, accusé d&rsquo;appartenance à une cellule terroriste.</p>



<p>« Je croyais au devoir de combattre les tyrans qui n&rsquo;appliquent pas la charia (loi islamique) et les Etats qui agressent les musulmans », confesse Saleh.</p>



<p>Sa foi s&rsquo;appuyait sur une lecture littérale des textes religieux, rejetant toute autre interprétation.</p>



<p>Mais beaucoup de radicalisés « ressentent le besoin de se débarrasser de leurs idées extrémistes une fois seuls avec eux-mêmes », explique à l&rsquo;AFP Mohamed Damir, condamné à mort en&nbsp;2003&nbsp;pour « terrorisme ».</p>



<p>Ce Marocain de&nbsp;47&nbsp;ans dit n&rsquo;avoir éprouvé cette envie qu&rsquo;après des années d&#8217;emprisonnement, mais « avec la même sincérité que quand je me suis radicalisé ».</p>



<p>Il a entamé depuis un long processus pour convaincre les autorités de « tendre la main » aux détenus comme lui.</p>



<p>En 2011, sa peine a été transformée en&nbsp;30&nbsp;ans de prison, puis il a retrouvé la liberté en&nbsp;2017&nbsp;après avoir pris part à la première édition du programme « Moussalaha ».</p>



<p>« L&rsquo;idée est le fruit d&rsquo;une nouvelle approche, adoptée en 2015, qui consiste entre autres à surveiller l&rsquo;évolution de ces condamnés et à aider ceux qui souhaitent se remettre en question », précise un responsable de la DGAPR, Moulay Idriss Agoulmam.</p>



<p>&#8211;<strong> « Sincérité » ?</strong></p>



<p>Pour Mohamed Damir, sa réinsertion est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un processus qui a commencé avec des études de droit français.</p>



<p>« J&rsquo;ai découvert le concept du contrat social qui permet à tous de vivre en paix puisque nous sommes forcément différents les uns des autres », raconte-t-il: « Ce fut décisif dans mon évolution ».</p>



<p>L&rsquo;ex-prisonnier a lu les philosophes&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/jean-jacques-rousseau">Jean-Jacques Rousseau</a>&nbsp;et Voltaire qui, selon lui, « ne sont pas si éloignés de l&rsquo;esprit de l&rsquo;islam, de justice, d&rsquo;égalité et de tolérance ».</p>



<p>Saleh, lui aussi, a « découvert les droits humains, pas si étrangers à l&rsquo;islam, malgré quelques réserves ».</p>



<p>Outre les questions religieuses, le programme « Moussalaha » comprend des conférences sur le droit et l&rsquo;économie, et un accompagnement psychologique pendant trois mois.</p>



<p>Au total,&nbsp;207&nbsp;détenus incluant huit femmes y ont participé. Parmi eux,&nbsp;116&nbsp;ont bénéficié d&rsquo;une grâce royale et ont été libérés. Quinze autres ont vu leurs peines réduites.</p>



<p>A sa sortie de prison, Mohamed Damir a intégré la Rabita Mohammadia des Oulémas, l&rsquo;association officielle qui supervise le volet religieux du programme. Il accompagne désormais ceux qui veulent se déradicaliser, « ce qui n&rsquo;est pas toujours simple », avoue-t-il.</p>



<p>« Je questionne leur sincérité: si vous avez pris sincèrement ce chemin (du jihad) pour vous attirer la grâce de Dieu, sachez que vous vous êtes trompés », résume M. Damir.</p>



<p>Ce programme de déradicalisation est-il exportable alors que se déroule à Paris le procès des auteurs des attentats du 13-Novembre&nbsp;?</p>



<p>« Cette expérience peut inspirer nos partenaires pour développer des programmes qui soient adaptés à leurs particularités », répond le responsable de la DGAPR.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée<br></strong></p>
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