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	<title>présidentielle 2020 &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>CÔTE D&#8217;IVOIRE : présidentielle 2020, Gon Coulibaly, le choix de raison de Ouattara</title>
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				<pubDate>Mon, 16 Mar 2020 20:22:19 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a354e77e-18ad-4dfd-b448-617dd6143cb5-964x1024.jpg" alt="" class="wp-image-15262" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a354e77e-18ad-4dfd-b448-617dd6143cb5-964x1024.jpg 964w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a354e77e-18ad-4dfd-b448-617dd6143cb5-282x300.jpg 282w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a354e77e-18ad-4dfd-b448-617dd6143cb5-768x816.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a354e77e-18ad-4dfd-b448-617dd6143cb5.jpg 1122w" sizes="(max-width: 964px) 100vw, 964px" /><figcaption>Alassane Ouattara et Amadou Gon Coulibaly</figcaption></figure>



<p><strong><em>Après sa décision la semaine écoulée de renoncer à un troisième mandat et de passer la main à une nouvelle génération, Alassane Ouattara joint l’acte à  la parole. Jeudi 12 mars 2020, à l’issue d’un conseil politique élargi à toutes les instances du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), le premier ministre ivoirien est désigné candidat du parti, pour l’élection présidentielle d’octobre 2020. Une prime à la compétence du premier ministre, mise au service d’Alassane Ouattara pendant une trentaine d’années. La nouvelle fut accueillie avec fierté et beaucoup d’engagement par le premier ministre et toute son équipe. </em></strong></p>



<p> C’est désormais connu de tous. Amadou Gon Coulibaly est le choix du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Un choix unanime opéré lors du Conseil politique du parti unifié, présidé par Alassane Ouattara. En phase avec le candidat désigné, les personnalités et cadres du parti ont reconnu les qualités d’un homme dynamique et pragmatique qui a fait ses preuves aux côtés d’Alassane Ouattara depuis une trentaine d’années. La rencontre entre Amadou Gon Coulibaly et Alassane Ouattara remonte à 1990 où le premier était à la Direction des grands travaux (Dcgtx). Depuis lors, les deux hommes ont noué des relations privilégiées. L’efficacité du premier ministre et son brillant parcours, lui ont valu d’être sollicité par les différents chefs d’États qui se sont succédés à la tête du pays. Du père de la nation Félix Houphouët-Boigny, à Alassane Ouattara, en passant par Laurent Gbagbo, la compétence du premier ministre est constamment sollicitée au service de l’État. Cependant, Amadou Gon Coulibaly sera le plus attaché possible à la personne d’Alassane Ouattara. L’ancien maire de Korhogo (quatrième ville du pays) de 2001 à 2018 est membre du tout premier cercle d’Alassane Dramane Ouattara (ADO). Et depuis, leurs destins sont liés. Amadou Gon Coulibaly sera de tous les combats aux côtés d’ADO, de la naissance du Rassemblement des républicains (Rdr), dont il rédigera certains textes fondateurs, jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Ouattara, en 2011. Issu d’une grande famille de Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, il est à ce titre très influent chez les chefs traditionnels. Un atout de grande popularité qu’il a mis au service du   chef de l’État et qui du reste sera déterminant dans la bataille pour la présidentielle.  </p>



<p><strong>Engagement</strong></p>



<p>En acceptant de porter
la candidature du Rhdp pour la victoire à l’élection présidentielle d’octobre
2020, le premier ministre ivoirien mesure l’immensité de la responsabilité à lui confiée à l’unanimité par les
membres de son parti. La&nbsp; trentaine
d’années d’apprentissage aux côtés d’Alassane Ouattara en qualité de Ministre
d’État, de Secrétaire général de la Présidence et de premier ministre l’y
prédisposent. A ces postes, le premier ministre a fait preuve de sa maitrise
des dossiers et de sa capacité à affronter les épreuves. Nommé premier ministre
le<strong> </strong>10 janvier 2017<strong>,</strong> il a su relever les défis du moment, dans un contexte marqué par la mutinerie de
soldats exigeant le paiement de primes et la contestation des fonctionnaires
qui réclament des arriérés de salaires. Les Ivoiriens ont&nbsp; depuis lors reconnu en lui, un homme de
dialogue et des missions difficiles. Le Programme social du gouvernement
(PsGouv 2019-2020), placé sous son autorité par le chef de l’État et mené avec
dextérité, a permis d’impacter l’ensemble du territoire avec des œuvres
sociales de salut public et des infrastructures modernes au service de la
population. Toutes choses lui ayant valu la grande confiance placée en lui pour
porter haut le flambeau du Rhdp à la victoire. Et en homme averti, Gon
Coulibaly a pris la mesure de la tâche et annoncé les couleurs. Son objectif
premier en arborant les couleurs du parti pour la présidentielle&nbsp; de 2020 est de gagner la partie dès le
premier tour. Une conviction partagée par les cadres et personnalités du parti.
Des personnalités qui fières de leur choix, ont affirmé leur engagement et leur
investissement pour la victoire finale. </p>



<p><strong>Une équipe dynamique</strong></p>



<p> Pour mener à bien le combat pour la victoire au soir du 31 octobre, Amadou Gon Coulibaly dispose, outre les militants déterminés et prêts pour la bataille, d’une équipe dynamique et soudée. En témoigne l’accueil chaleureux qui lui est réservé à la primature au lendemain  du choix porté sur lui pour porter la candidature du Rhdp. Par la voix de leur porte-parole, ils ont salué la décision du chef de l’État de passer la main à la jeune génération. Ce fut l’occasion pour le personnel de la Primature, de réaffirmer leur engagement à œuvrer aux côtés du premier ministre pour l’atteinte des objectifs. Galvanisé par ce soutien indéfectible de son équipe, le premier ministre a réitéré sa promesse de remporter la victoire dès le premier tour de l’élection. Gon  Coulibaly entend pour ce faire mettre en place une équipe avec des compétences et des qualités diverses. Il est également rassuré par la proximité du chef de l’État qui a promis son investissement personnel pour mener à bien le combat. Si le premier  </p>



<p>ministre a promis une
campagne électorale à la hauteur des ambitions du Rhdp, il n’admet cependant
pas de la rupture dans l’action gouvernementale. Il a exhorté l’équipe à
maintenir le cap et à faire en sorte que pendant la période d’élection,
l’action gouvernementale ne s’arrête point. </p>



<p>A signaler que le
premier ministre a reçu lundi 9 mars, Pascal Irénée Koupaki, collaborateur au
Cabinet du Premier Ministre de la Côte d&rsquo;Ivoire d’alors, Alassane Ouattara dans
les années 1990 à 1993. Alors que Pascal Irénée Koupaki était à l’époque&nbsp; Directeur de Cabinet Adjoint de Ouattara, Gon
Coulibaly en était Conseiller. Le premier ministre a par ailleurs pris part,
samedi 14 mars à Bouaflé, à la cérémonie d&rsquo;hommage à feu Charles Diby Koffi, ex-Président
du Conseil économique, social, environnemental et culturel de Côte d&rsquo;Ivoire. </p>



<p>La
confiance absolue placée en la personne du premier ministre pour conduire la
candidature du Rhdp est le couronnement de plusieurs années de sacrifices au
profit de la nation ivoirienne. Une célébration de la compétence d’un homme de
contact qui se distingue par&nbsp; sa
proximité avec les populations à la base et les couches les plus défavorisées.
Il n’est point&nbsp; de doute qu&rsquo;Amadou Gon
Coulibaly sera à la hauteur de la tâche. Il en a fait les preuves dans les
divers postes occupés depuis la mairie de Korhogo jusqu’à la primature. Des
compétences qui associées à l’engagement du candidat, méritent l’accompagnement
de tous pour la victoire.</p>



<p><strong>Thomas Azanmasso, Tribune d &lsquo;Afrique</strong></p>
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		<title>Côte d&#8217;Ivoire : Amadou Gon Coulibaly candidat à la présidentielle</title>
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				<pubDate>Fri, 13 Mar 2020 10:10:11 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/Amadou_Gon_Coulibaly-450x300.jpg" alt="" class="wp-image-13156" width="629" height="419" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/Amadou_Gon_Coulibaly-450x300.jpg 450w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/Amadou_Gon_Coulibaly-450x300-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 629px) 100vw, 629px" /><figcaption>Amadou Gon Coulibaly</figcaption></figure>



<p> <strong>Le Premier ministre ivoirien a été désigné dans la nuit du jeudi candidat du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix, le parti du président Alassane Ouattara.</strong></p>



<p>Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly, en charge du Budget et du portefeuille de l&rsquo;Etat, a été désigné dans la nuit du jeudi 12 mars candidat du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP, au pouvoir) à la suite d&rsquo;un plébiscite, à l&rsquo;issue d&rsquo;un Conseil politique élargi. Le chef de l&rsquo;Etat Alassane Ouattara, qui présidait la réunion du Conseil politique élargi du RHDP, a fait observer que Gon Coulibaly était le seul candidat évoqué par les intervenants qui l&rsquo;ont ouvertement désigné comme le candidat du RHDP pour l&rsquo;élection présidentielle du 31 octobre 2020, rapporte l&rsquo;<em>AFP</em>.</p>



<p>Il a dit relever «&nbsp;<em>une écrasante majorité de proposer Amadou Gon Coulibaly comme candidat du RHDP et l&rsquo;unanimité</em>&nbsp;» autour de sa candidature pour ces joutes électorales, avouant : «&nbsp;<em>Si j&rsquo;avais à choisir, c&rsquo;était Amadou Gon Coulibaly que j&rsquo;aurais choisi</em>&nbsp;».</p>



<p>L&rsquo;on pouvait observer un certain scepticisme chez quelques cadres, notamment Toikeusse Mabri, ministre de l&rsquo;Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qui ne s&rsquo;est pas ouvertement prononcé sur son choix pour cette présidentielle.</p>



<p>«&nbsp;<em>Je veux prendre ici l&rsquo;engagement d&rsquo;avoir une équipe qui soit soudée et unie</em>&nbsp;», a dit Gon Coulibaly, qui a déclaré&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous devons gagner ces élections [&#8230;] et je donnerai, tout, tout, tout, pour qu&rsquo;il en soit ainsi</em>&nbsp;», selon l&rsquo;<em>AFP</em>.</p>



<p>Pour atteindre cet objectif, Amadou Gon Coulibaly, a invité les membres du parti à s&rsquo;« <em>engager politiquement </em>» sur le terrain. Il a déclaré qu&rsquo;il n&rsquo;avait « <em>pas de doute</em> » que le RHDP gagnera cette élection « <em>au premier tour</em> ».</p>



<p><strong>Source: Afrique La Tribune/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<item>
		<title>TOGO : Après la victoire de Kodjo, le jeu des égos de l’opposition qui menace l’alternance</title>
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				<pubDate>Thu, 12 Mar 2020 13:02:25 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-12-at-13.36.46.jpeg" alt="" class="wp-image-15182" width="842" height="946" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-12-at-13.36.46.jpeg 355w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-12-at-13.36.46-267x300.jpeg 267w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /><figcaption> <strong>Agbéyomé Kodjo</strong> </figcaption></figure>



<p><strong>Elu avec 61% des voix selon les premières constatations américaines, Agbéyomé Kodjo sera donné perdant avec 19%. A sa place, Faure Gnassingbé qui brigue un 4<sup>e</sup>&nbsp;mandat tant décrié a été déclaré vainqueur avec plus de 70%. Depuis, les forces de l’ordre ont encerclé le domicile de l’ancien Premier ministre dont la levée d’immunité parlementaire a été lancée. Alors que Kodjo risque une arrestation, l’opposition a du mal à le soutenir. Fabre demande une reprise du scrutin. A l’exception de Gogué, la plupart des autres candidats rasent les murs. Si Gerry Taama a subtilement reconnu la victoire de Gnassingbé, Dodji Apévon se terre dans le silence. Seul Mgr Kpodzro mène l’ultime combat. Décryptage&nbsp;!</strong></p>



<p>Cela fait plus de deux semaines que les premiers résultats de la présidentielle du 22 février ont été publiés. Faure Gnassingbé a été frauduleusement, en dépit des nombreuses irrégularités, déclaré vainqueur. Le vrai gagnant n’a été crédité que de 19% des suffrages selon les résultats de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) dont le président sortant contrôle 15 des 17 membres ainsi que de la Cour constitutionnelle dont il a nommé, avec son parti,&nbsp; l’ensemble des 7 membres. Depuis, Agbéyomé Kodjo qui a promis aux Togolais de leur ramener leur victoire, traine à jouir du pouvoir, même s’il a nommé un Premier ministre. Même s’il n’a pas pour autant baissé les bras d’autant qu’il active plusieurs couloirs diplomatiques, la subtile reconnaissance de son élection par les Américains ne lui épargne pas la levée en cours de son immunité et surtout, l’acharnement du régime à l’arrêter. Malheureusement, au lieu de s’associer à sa victoire pour favoriser l’alternance, l’ex principale formation de l’opposition, l’Alliance nationale pour le changement (Anc) multiplie des rasages de murs, de malicieuses déclarations et autres subterfuges alors qu’elle a reconnu dès le soir du scrutin, la «&nbsp;percée&nbsp;» de Kodjo. Quant au reste de l’opposition, elle se borne au grand silence si ce n’est Aimé Gogué, arrivé 4<sup>e</sup>&nbsp;qui multiplie des sorties au secours de son ex étudiant, Kodjo.</p>



<p><strong>Les clairs obscurs de Jean Pierre Fabre et consorts</strong></p>



<p>Depuis les résultats provisoires puis ceux définitifs, Fabre reste celui qui sème le plus de flou, dans ses positions strictement égoïstes, ne pensant qu’à lui-même. L’ancien chef de file de l’opposition n’a pas supporté les 4,6% qui lui sont attribués alors que les services de compilation du président sortant sont arrivés à un chiffre nettement supérieur pour le président de l’Alliance nationale du changement (Anc). Si dans la foulée du scrutin, le maire de Golfe 4 a reconnu la percée du candidat du Mouvement patriotique pour le développement et la démocratie (Mpdd) suivi de celui de l’Union pour la République (Unir), il n’a rien fait pour aider le peuple togolais à défendre sa victoire. Il n’a d’ailleurs pas été capable, contrairement à Aimé Guogué, arrivé en 4<sup>e</sup>&nbsp;position, de reconnaître la victoire de Agbéyomé Kodjo. Il n’a pas voulu non plus s’associer aux manifestations qui ont suivi le scrutin notamment le 28 février. Pire, son adjoint à la tête du parti doute de la victoire d’Agbéyomé Kodjo allant jusqu’à lui demander d’apporter des preuves. Aux dernières nouvelles, Fabre demande la reprise d’un scrutin dont pourtant le vainqueur réel ne fait aucun doute. Comme si, tant que ce n’est pas lui, il ne portera son soutien à aucun autre, au risque de ne pas contribuer à l’avènement de l’alternance. Une situation d’autant plus curieuse qu’il saisit la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), sachant mieux que quiconque que cette institution est acquise au président sortant d’autant que ses observateurs en ont reconnu la victoire, pourtant factice de Faure Gnassingbé. Un autre silence qui dérange, celui de Dodji Apévon. Faisant jusqu’à un passé récent office d’opposant sérieux, le président des Forces démocratiques pour la République (Fdr) qui a portant reçu Agbéyomé Kodjo à ses bureaux à Lomé, en marge de sa désignation comme candidat unique s’obstine au silence. Après avoir appelé ses militants à ne voter pour aucun candidat puis dénoncé les irrégularités du scrutin, l’avocat a disparu des radars de la contestation. Idem pour les autres candidats se réclamant de l’opposition. En laissant Agbéyomé Kodjo seul affronter la dynastie au pouvoir, l’opposition éloigne le rêve de l’alternance qui a justifié une mobilisation historique des Togolais avec plus de 68% de participation à la dernière présidentielle.</p>



<p><strong>La diplomatie de résistance et les menaces sur Kodjo</strong></p>



<p>S’il n’a pas encore appelé à des marches à l’exception d’une première manifestation fin février, réprimée dans le sang, Agbéyomé Kodjo ne croise pas les bras. Il peut, pour cela, compter sur les Américains. Ils n’ont pas qu’habilement reconnu sa victoire et demander un recompte «&nbsp;bureau de vote par bureau de vote&nbsp;», mais ils ont surtout multiplié des moyens de pression sur le gouvernement. Une mission de trois membres du gouvernement qui se rendaient à Washington a été repoussée et les délivrances de visas pour ceux qui en avaient besoin traînaient encore le weekend dernier à Lomé, alors que ladite mission devrait partir ce lundi 10 mars. De la pression américaine, Agbéyomé Kodjo attend beaucoup pendant que ses réseaux de droites françaises s’activent comme elles peuvent. Le président élu, qui a nommé un Premier ministre dans la foulée, peut aussi compter sur le soutien du Canda, pays où vit Antoine Koffi Nadjombé, le chef de son gouvernement. Ainsi que sur le Saint-Siège qui, ne pouvant pas faire des pressions directes, peut amener d’autres puissances à accompagner le combat de l’élu. Plusieurs missions étaient aussi en attente, auprès d’autres pays notamment l’Allemagne où réside le ministre nommé des affaires étrangères, un proche du Parti national panafricain, Pnp, de Tikpi Atchadam. Sauf que désormais, agacé par ses actions discrètes, le pouvoir décide d’interpeller l’ancien président de l’Assemblée nationale. A la demande du procureur de la République, une procédure de levée d’immunité est lancée par le parlement alors que la branche radicale du pouvoir, incarnée par Gilbert Bawara veut «&nbsp;en découdre&nbsp;» avec Kodjo. Actuellement, le domicile d’Agbéyomé Kodjo est encerclé par les forces de l’ordre et de sécurité et malgré les appels venant de diverses chancelleries, Faure Gnassingbé entend aller jusqu’au bout, arrêter le président élu. Malgré la présence de Mgr Kpodzro, archevêque émérite de Lomé et principal soutien de Kodjo ainsi que la mobilisation sommaire des militants dans le quartier de Tokoin Forever où réside celui qui est encore député, l’étau semble se resserrer autour de lui. Elu lors de la présidentielle de février dernier puis recalé en 2<sup>e</sup>&nbsp;position, Agbéyomé Kodjo tient le coup. En l’arrêtant, Faure Gnassingbé prend définitivement le risque d’un pourrissement de son mandat.</p>



<p><strong>Raisons d’espérer</strong></p>



<p>Faure Gnassingbé devait prêter serment le 11 mars. Mais il a hésité pour calmer les pressions avant de reporter à la saint glinglin. L’élection du Togo au Millenium challenge account (Mca), programme sociopolitique américain aurait été temporairement suspendu alors qu’il doit rapporter quelques centaines de milliards à l’Etat. Cette situation vient aggraver celle d’un pays où le déficit budgétaire s’accroit et surtout, où le taux d’endettement (plus de 80%), s’envole. Le Plan national de développement (Pnd) pompeusement lancé en mars 2019 ne tient aucune de ses promesses et n’est, alors que son échéance de 2023 s’approche, financé qu’à hauteur d’à peine 10%. Ces pressions suffiront-elles à faire changer d’avis au président sortant&nbsp;? Pas évident. La plupart des partenaires et soutiens de Agbéyomé Kodjo l’appellent à relancer des manifestations dans les rues de Lomé. Ce qui est peu probable avec sa situation actuelle de confinement. Mais une chose est certaine,&nbsp; il faut accentuer la pression et surtout, rallier les indécis à la cause d’autant que Emmanuel Macron qui ne cache pas sa méfiance vis-à-vis de Faure Gnassingbé a évité de le féliciter, ni même de prendre acte, se contentant d’un rapide «&nbsp;prend note&nbsp;» de la France.</p>



<p>L’unique issue serait le ralliement sans ambigüités des autres candidats de l’opposition, la forte mobilisation de toute l’opposition et surtout, la reprise des manifestations avec le soutien du Parti national panafricain (Pnp) de Tikpi Atchadam. Sans quoi, l’alternance s’éloigne et Faure Gnassingbé qui s’est arrogé le droit de rester au pouvoir jusqu’en 2030 aura un boulevard devant lui. L’histoire retiendra la responsabilité de ceux qui se sont abonnés au silence car ne rien dire, c’est consentir.</p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>TOGO : Après les 70% de Gnassingbé, pourquoi les « félicitations » ne crépitent point ?</title>
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				<pubDate>Fri, 06 Mar 2020 18:25:57 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-06-at-18.51.55.jpeg" alt="" class="wp-image-15014" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-06-at-18.51.55.jpeg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-06-at-18.51.55-300x168.jpeg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<p><strong>Elu à plus de 70% sur fond de massives irrégularités et d’abondantes fraudes, Faure Gnassingbé rechigne face à la lenteur avec laquelle pleuvent les félicitations traditionnelles. Les dénonciations américaines,&nbsp; la méfiance française, la réserve allemande, la pudique prudence de ses pairs de la sous-région et les remontrances de l’Eglise catholique agacent le président sortant.&nbsp; A 53 ans, celui qui brigue un 4<sup>e</sup>&nbsp;mandant a été lui-même surpris par son score soviétique qui vient émousser les bulles d’une victoire qui peine à passer. Faits et décryptage&nbsp;!</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Enfin&nbsp;!</em>&nbsp;» aurait clamé Faure Gnassingbé dans la matinée du 5 mars. Alassane Dramane Ouattara, considéré comme son principal parrain a envoyé son télégramme de félicitations.&nbsp; Un bref message dont le contenu a été vite amplifié par les médias d’Etat. Cela fait dix jours que le président togolais attend des réactions de ses pairs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) qui ont toujours su le bombarder de félicitations dans la foulée des premiers résultats de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Cette fois, il leur a fallu digérer un score que toute décence gardée, aucun d’entre eux ne voudrait avoir. «&nbsp;Ça a fait sourire, on a cru à une blague&nbsp;» rigole un diplomate ouest africain en poste à Lomé. Mais un glaçant désaveu, quelques heures après le message du président ivoirien, Ouattara annonce qu’il ne sera pas candidat pour un troisième mandat, alors qu’entamant, éhonté et fourbu, son 4<sup>e</sup>&nbsp;mandat, Faure Gnassingbé entend aller jusqu’en 2030. Mais an attendant et malgré les confirmations de la cour constitutionnelle dont il a nommé avec Union pour la République (Unir), son parti, les sept membres, le président togolais devrait patienter pour lire, dans le silence d’un palais où le téléphone ne crépite pas, les rares messages qui lui viennent… de Rabat, Caire, Johannesburg, Yaoundé car dans les capitales occidentales, on oscille bien volontiers entre silence, désintérêt, ou encore, on «&nbsp;prend note&nbsp;» comme Paris.</p>



<p><strong>Récriminations américaine, remontrances «&nbsp;vaticanes&nbsp;» et prudence sous-régionale</strong></p>



<p>Les Américains ont été les premiers à mettre les pieds dans la fourmilière. Dans un communiqué, l’ambassadeur des Etats-Unis est allé sans gang. Il met en doute «la sincérité du scrutin, demande un décompte «&nbsp;<em>bureau de vote par bureau de vote</em>&nbsp;» et dénonce une volonté de limiter l’observation électorale par une mise à l’écart de la société civile. Aucun diplomate occidental n’est jamais allé aussi loin dans des exigences post électorales dans l’histoire du Togo. Les incessants appels téléphoniques et maladroites pressions de membres du gouvernement ne feront pas changer d’avis à Eric Stromayer. Il est resté cramper sur sa position. Cet ancien haut fonctionnaire du service Afrique du Secrétariat d’Etat a une expérience des dictatures et des situations de crise grâce à son poste au Burkina Faso mais aussi à son expérience au Madagascar. Dans le même sens, le Pape François qui a pris l’habitude de féliciter Faure Gnassingbé à chacune de ses élections&nbsp; tout comme son prédécesseur, n’a rien dit. Silence jusqu’à ce que la conférence épiscopale n’exprime dans une série de récrimination la position claire du Saint Siège. Ce souverain pontife de gauche avait, lors d’une visite de Faure Gnassingbé à la Cité sainte en avril 2019, confié Mgr Kpodzro «&nbsp;<em>aux soins du président</em>«&nbsp;. Dans le message des évêques, ils apportent un soutien sans faille à l’insaisissable prélat. Dans la sous-région, silence là encore. Au sein de la Cedeao, à l’exception du laconique message de Alassane Ouattara, aucun autre chef d’Etat n’a daigné féliciter le très victorieux de la présidentielle togolaise. Ni de Berlin, ni du secrétaire général des Nations Unies, ni même de l’Union européenne, aucune félicitations. Mais le président togolais peut se consoler avec un message venant de… Johannesburg. Même si à Lomé, tous les regards sont tournés vers Paris. Malgré les nombreuses missions de conseillers et ministres plus arnaqueurs que lobbyistes, Faure Gnassingbé comptera ses messages post électoraux au bout des doigts.</p>



<p><strong>La courtoisie gauloise fait service minimum</strong></p>



<p>A Paris, Emmanuel Macron qui a déjà crié haut et fort « Est-ce que vous m’avez vu le recevoir ? », parlant de Faure Gnassingbé a fait du scrutin un non-événement. Pas de lettre de félicitations, pas d’appel comme il a l’habitude de faire, pas même un message quelconque. A peine que lors d’une rencontre de routine d’un fonctionnaire du Quai d’Orsay ce jeudi, ce dernier évoque le Togo et la France qui « prend note ». Une formule moins que le service minimum protocolaire qui se réduirait à « prendre acte ». Prendre acte,<strong> </strong>c’est constater de facto, « prendre note » c’est avoir évasivement entendu parler… Pourtant, l’été dernier, lors d’un show diplomatique, Robert Dussey faisait état de « très bonnes relations entre Paris à Lomé ». Profitant de ce séjour parisien, le ministre togolais des affaires étrangères avait même annoncé la candidature de Faure Gnassingbé. La réaction de Paris ne dénote pas seulement d’un agacement face à « un score qui n’existe plus » pour citer un diplomate occidental à Lomé mais aussi, pour ce scrutin, la fraude a été sans limite et en plein air. Il était devenu impossible pour le jeune président français qui prônait une rupture de s’accommoder de pareilles élections. Si prétextant de la « non ingérence », il est peu probable que la France ne mette une quelconque pression sur le pouvoir de Lomé, il est certain que ce scrutin éloigne de Faure Gnassingbé un rêve d’enfant qu’il rumine pendant ses rares moments de lucidité, « être reçu à l’Elysée ».</p>



<p><strong>A Lomé II, les remords du diablotin</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Faure ne voulait pas de ce score</em>&nbsp;» insiste l’un des visiteurs du soir. Pour cet homme d’affaires qui a financé une partie de la campagne du président togolais, «&nbsp;il a été pris de court&nbsp;» par ces chiffres avancés dans la précipitation. «&nbsp;<em>Il était devenu impossible pour la Ceni de revenir en arrière</em>&nbsp;» regrette-t-il. Résultats, les 72% que la cour constitutionnelle a vainement tenté de ramener sous la barre de 70% n’ont pas plu à Gnassingbé, mais c’était tard. Les premières tendances des résultats arrivées à la Ceni ont donné une nette avance pour Agbéyomé Kodjo, arrivé en deuxième position avec un peu plus de 19% selon les résultats officiels qu’il rejette à raison. Alors, pour éviter un second tour ou une victoire de l’opposant dès le premier tour, l’industrie de la fraude a été déclenchée dans le nord du pays, visant prioritairement les préfectures dirigées par des militaires. Sur une quarantaine de départements au Togo, une dizaine est aux mains de préfets militaires. «&nbsp;<em>Ce sont ces préfectures qui ont été les plus mises à contribution pour la fraude</em>&nbsp;» confie un cadre du parti au pouvoir. Espérant, à bout de ces nombreuses irrégularités, tourner autour des 60% habituel, la Ceni se retrouve à 72%. C’est ce qui justifie ce score pléthorique qui a dérangé dans un premier temps le président sortant qui n’avait plus le choix. Depuis, sur les réseaux sociaux, dans les médias traditionnels et les rues de Lomé, les populations tournent en dérision un score qui est devenu vite amusant pour l’humour. Un buzz qui fait moins sourire Faure Gnassingbé qui a toujours savouré avec la délectation du diablotin les nombreux messages de félicitations qui lui parviennent habituellement. A défaut de ces télégrammes diplomatiques, le très catholique président devrait se contenter de quelques pages du psalmiste. Peut-être un début de conversion pour cet obsédé qui se voit volontiers président du Togo jusqu’en 2030.</p>



<p><strong>Issues et perspectives</strong></p>



<p>Agbéyomé Kodjo a nommé, dans la foulée, un Premier ministre. Un acte plus symbolique que pratique d’autant que Antoine Nadjombé vit au Canada et ne pourra probablement jamais prendre service à Lomé. D’autres nominations devront suivre, pour un chef de la diplomatie ou encore, un ministre de la défense. Mais il s’agit plus d’un gouvernement de com que d’une vraie équipe de travail d’autant que, même si sa victoire en fait l’ombre d’aucun doute, l’ancien Premier ministre a très peu de chance d’accéder au Palais de Lomé II. Il peut, non seulement, à l’exemple de Jean Ping au Gabon et de Maurice Kamto au Cameroun, pourrir le 4<sup>e</sup>&nbsp;mandat tant décrié de Faure Gnassingbé mais aussi exposer aux yeux du monde les ratés d’un scrutin qui fera date en matière de fraudes. Si pour une fois, la victoire de l’opposition ne fait aucun doute à une présidentielle, cela changera peu dans l’obsession de Faure Gnassingbé à se maintenir, contre tous, au pouvoir. Ses principaux lieutenants évoquent déjà la présidentielle de 2025. Mais dans l’ombre de sa conscience ou ce qui en reste, le président togolais digère, très lentement ses remords avec un goût de pilule amère d’autant que pour une fois, sa victoire souvent frauduleuse, manque d’éclat et de classe.</p>



<p>Dans une telle situation, la voie reste grandement ouverte à toutes issues. Même si la semaine prochaine, le président réélu prêtera serment, il sera, pendant les cinq prochaines années, moins président que d’habitude.</p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>TOGO : Comprendre le tripatouillage électoral en cinq questions réponses</title>
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				<pubDate>Sun, 01 Mar 2020 15:32:11 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a3fd4b960517f028786c4350263650f272b729da-750x430-1.jpg" alt="" class="wp-image-14839" width="839" height="481" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a3fd4b960517f028786c4350263650f272b729da-750x430-1.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/a3fd4b960517f028786c4350263650f272b729da-750x430-1-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 839px) 100vw, 839px" /><figcaption> Faure Gnassingbé </figcaption></figure>



<p>Alors<strong>&nbsp;que Faure Gnassingbé n’a toléré que des observateurs qui lui sont favorables, excluant américains, européens et la très respectée Eglise catholique, l’excès de fraudes et d’irrégularité lui a assuré, à sa propre surprise, 72,36%. Soviétique et scandaleux score que dans la précipitation, sa machine n’a pu corriger. L’élection probante d’Agbéyomé Kodjo ayant amplifié les paniques. A travers cinq questions que vous vous posez, Afrika Stratégies France vous explique tout. Autopsie d’un scrutin tripatouillé aux vues et aux sues de tous. Décryptage et subtiles précisions.</strong></p>



<p>Un taux de participation historiquement élevé avait fait penser à une victoire écrasante de l’opposition. Comment peut-il en être autrement d’autant que l’intérêt des Togolais pour les scrutins sous Faure Gnassingbé n’a cessé de dégringoler, tournant autour de 10% lors des législatives de décembre 2018. Le gouvernement avancera le chiffre surprenant de près de 40% alors que les bureaux étaient restés vides. Une participation élevée a toujours été, dans tous les rendez-vous électoraux, signe d’une volonté de changement. Le Togo fera l’exception et les chiffres provisoirement attribués par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) donnent le président sortant victorieux avec 72,36% et 27% pour les six autres candidats se réclamant de l’opposition dont le mieux parti, Agbéyomé Kodjo tourne autour de 18%. Il est apparu très vite évident que les bourrages d’urnes, l’inversion de résultats, le trafic de procès verbaux, le recours à de vieilles listes électorales par endroits et diverses pressions en sont pour beaucoup dans l’écrasante victoire du chef de l’Etat d’autant que deux jours avant le scrutin, le dernier rempart contre la fraude, le système SINCERE qui permettait l’acheminement électronique des résultats a été unilatéralement suspendu par la Ceni. Sous l’instigation du très controversé ministre de l’administration territorial, Poyadowa Boukpessi. Quelles formes ont pris les irrégularités&nbsp;? Pourquoi Faure Gnassingbé ne peut pas remporter ce scrutin&nbsp;? Qu’en pensent les chancelleries accréditées à Lomé&nbsp;? Quelles issues pour la contestation&nbsp;? Afrika Stratégies France essaie de tout vous expliquer à travers cinq questions et réponses.</p>



<p><strong>Que disent les autres candidats&nbsp;?</strong></p>



<p>Le premier à réagir fut Jean Pierre Fabre. Opposant historique, le gestionnaire de 67 ans n’a pas attendu les premiers résultats avant de jeter l’éponge et de constater que «&nbsp;les candidats de Mpdd et de Unir sont en tête&nbsp;» des votes. Dans la foulée, Agbéyomé Kodjo arrivé officiellement en 2e position et Jean Pierre Fabre se sont parlé. Deux jours plus tard, l’Alliance nationale pour le changement publiera un second communiqué pour contester les résultats. Et pour cause, si Fabre reconnaît ne pas faire partie du duel de tête, il s’insurge contre des «&nbsp;résultats fabriqués&nbsp;», Faure Gnassingbé qui avait déjà tenté de l’empêcher d’être élu maire de Golfe 4, commune du centre ville de Lomé, a insisté, selon plusieurs témoignages pour qu’il n’obtienne pas les 5% nécessaire «&nbsp;pour être remboursé de la moitié de sa caution de 20 millions (30.000 euros, Ndrl)&nbsp;». Conséquence, il se retrouvera avec 4,6% contre près de 35% lors de la dernière présidentielle, celle de 2015. Une dégringolade qu’aucun analyste politique ne peut expliquer. Arrivé en 4e position, Aimé Gogué a d’abord reconnu la «&nbsp;percée&nbsp;» de Agbéyomé Kodjo avant de contester la victoire de Faure Gnassingbé, reconnaissant de facto celle de son ancien étudiant. L’émérite professeur d’université notera la &nbsp;» généralisation des bourrages d’urnes dans la très grande majorité des bureaux de vote sur toute l’étendue du territoire&nbsp;» indexant particulièrement les régions Centrale et de la Kara (où Faure Gnassingbé oscillait entre 70 et 95% par endroit) et celle des Savanes, fief historique du président de l’Alliance démocratique pour le développement intégral. Le professeur Wolou, arrivé en 5e position, le rejoindra avec les mêmes constats. Seuls les deux derniers candidats de la liste, Tchassona et Kouessan ont voulu, comme en doutaient les observateurs, faire le jeu du pouvoir soit en «&nbsp;prenant acte&nbsp;» soit en appelant les populations à ne pas manifester contre les résultats. Il se dessine donc globalement, dans les réactions des principaux candidats que Agbéyomé Kodjo est largement en tête du scrutin.</p>



<p><strong>Quelles sont les différentes irrégularités&nbsp;?</strong></p>



<p>Au-delà des irrégularités classiques en amont, notamment la corruption du ficher électoral par un gonflement du nombre d’électeurs, il y a de la fraude classique. Dans plusieurs localités du pays notamment dans l’extrême nord, des représentants du candidat Agbéyomé Kodjo ont été chassés des bureaux de vote et remplacés, le plus souvent par des militants locaux de la majorité présidentielle. Il y a naturellement les bourrages d’urnes auxquels Faure Gnassingbé habitue, sur les traces de son feu père, les Togolais avec des vidéos de bureaux de vote où les bourrages se font en plein air. C’est le cas de plusieurs bureaux de vote, dans le nord ouest du pays où un individu a passé une demie heure à voter, à lui seul, plusieurs dizaines de bulletins en faveur du président sortant avant d’aller les poser dans l’urne sous le regard à peine agacé des membres du bureau. Tournée en bourrique sur les réseaux sociaux, la vidéo d’un jeune électeur qui a glissé allègrement ses deux bulletins a fait du buzz. Sur plus de 3000 bureaux de vote sur les 9375 que compte le pays, les résultats sortis des urnes et affichés sur les tableaux des dépouillements ont été remplacés par d’autres ou simplement inversés. Dans un bureau de Assoli, préfecture hostile à Faure Gnassingbé, les 135 votants de Agbéyomé Kodjo ont été attribués au chef de l’Etat dont les 39 votants ont remplacé, par un coup de magique, le score attribué à Agbéyomé Kodjo. A cela, faudrait-il ajouter les 450 bureaux fictifs dénombrés par la coalition Dynamique Mgr Kpodzro ainsi que le nombre de votants dépassant largement celui des inscrits dans au moins «&nbsp;5% des bureaux de vote&nbsp;» selon des procès verbaux du staff de Agbéyomé Kodjo en notre possession. Il ne faut pas négliger non plus l’achat de conscience qui a prévalu le jour du vote contraignant des votants, notamment dans la Kozah, le Kpenjal et l’Oti, à apporter une photo de leur vote prise avec leur smartphone contre 1000 à 2000 f Cfa (1,5 à 3 euros), ce qui représente 2 à 4 jours de revenus dans ses milieux ruraux.</p>



<p><strong>Pourquoi le score du président sortant scandalise les chancelleries ?</strong></p>



<p>Pour plusieurs raisons. D’abord, la candidature de Faure Gnassingbé à un 4e mandat a suscité trop de frustrations et de contestations dans l’opinion nationale. Un sondage très sérieux de Afrobaromètre dit que seulement un togolais sur quatre souhaite que le président au pouvoir depuis 2005 ne soit candidat en 2020. Pis encore, 64% des militants de son parti, Union pour la République (Unir) lui préfèrent une retraite politique. Malgré cela, mieux qu’en 2015 où, alors que le contexte lui était plus favorable, Faure Gnassingbé a réalisé 58%, il finira, cette fois-ci, à 72,36% soit 7,5 togolais sur 10. Ce qui devrait, si l’intelligence n’avait pas déserté le forum, faire sourire même le principal intéressé. Les français n’y comprennent rien, les Américains expriment leur agacement à travers un communiqué et l’Union européenne qui a été empêchée de déployer des observateurs ne s’en revient pas. lors de la dernière présidentielle, le président sortant avait fait autour de 58%. Depuis, les deux scrutins intermédiaires (législatives et municipales) n’ont pas fait vague et l’abstention pour chacune est restée très élevée (officiellement autour de 60%, en réalité plus de 80% pour les législatives). Depuis la dernière présidentielle, le Togo a connu, durant deux années, une crise politique avec des soulèvements qui ont embrasé tout le pays et des manifestations monstres au cours desquelles au moins 40 personnes ont été tuées, le plus souvent par les forces de l’ordre. L’inflation est galopante, la pauvreté presque endémique avec la précarisation des systèmes éducatif et sanitaire. Comment expliquer autrement que comme une volonté de changement l’immense mobilisation des Togolais lors de cette dernière présidentielle&nbsp;? Il est ahurissant que le pouvoir ait pu penser que ces foules sous tensions dans les bureaux de vote y étaient pour plébisciter un chef qui, après trois mandats, chantait encore des promesses, incapable du moindre bilan.</p>



<p><strong>Les Américains seuls peuvent-il faire quelque chose&nbsp;?</strong></p>



<p>L’ambassadeur des Etats-Unis à Lomé a publié rapidement un communiqué, se désolidarisant des autres représentations occidentales (France, Allemagne, Programme des nations unies pour le développement, Union européenne) avec lesquelles il constituait le légendaire G5. Mais dans la réalité, à part la mise sous éteignoir de certains stratégiques programmes militaires, Washington ne pourra pas faire grande pression sur le régime sans des actions concertées des autres puissances. Si le président français s’est refusé de recevoir Faure Gnassingbé depuis qu’il est au pouvoir, faisant de lui l’unique chef d’Etat de la sous-région à ne franchir le perron de l’Elysée en visite officielle depuis 2017, il n’a pas voulu afficher non plus un soutien clair à Agbéyomé Kodjo. Mais en cas de conflit, la France pourrait prendre la voie de la démocratie d’autant que par son expérience et sa posture, Agbéyomé Kodjo devrait pouvoir maintenir une armée efficace contre le terrorisme qui hante la diplomatie française ces dernières années. Les Allemands font la sourde oreille face à la crise que connait le Togo depuis des décennies et alors que le système des Nations Unies est totalement impuissante, le Vatican aurait pu jouer un rôle important d’autant qu’un prélat est impliqué dans le processus, soutenant un candidat et que Faure Gnassingbé entretient avec l’Etat pontifical de bonnes relations. Mais obstiné, accroché au pouvoir dont il tient aux crocs les parties jouissives, entouré d’une baronnie qui a fait du mépris et de l’arrogance leurs marques de fabrique, le président togolais ne peut fléchir que face à une forte mobilisation. Ou à une détermination organisée de la diaspora qui est majoritairement acquise au candidat Agbéyomé Kodjo. Mais en attendant, encore faudrait-il que les autres candidats malheureux de l’opposition fassent bloc autour de celui de la Dynamique Kpodzro… Et de cela, nous sommes encore bien loin.</p>



<p><strong>Quelles issues pour les recours de l’opposition&nbsp;?</strong></p>



<p>Ils n’ont que très peu de chance d’aboutir à quelque chose d’autre que la confirmation des résultats provisoires. Et pour cause, sur les 17 membres de la Ceni, 15 sont nommés par le chef de l’Etat, l’administration dont il a le contrôle ou des partis qui le soutiennent notamment l’Union des forces de changement (Ufc) de l’historique opposant devenu triste épouvantail du régime, Gilchrist Olympio et le Nouvel engagement togolais (Net) du jamais trop net transfuge Gerry Taama. A la cour constitutionnelle, les sept membres ont été tous nommés par le président sortant et son parti, à quelques jours du scrutin contre neuf prévus par la constitution. Ainsi, Faure Gnassingbé tient fermement les deux principaux leviers du processus électoral. Dans ces conditions, l’opposition n’a aucune chance de s’en sortir par la voie légale. C’est d’ailleurs pour cette raison que Gilbert Bawara, ministre proche de chef de l’Etat recommande à Agbéyomé Kodjo de saisir une cour constitutionnelle érigée en épicerie du régime. La seule vraie issue reste une mobilisation populaire qui, comme celle de 2017, secoue le pouvoir, ce qui est improbable du simple fait que pris de court il y a deux ans, Faure Gnassingbé a militarisé son système et mis aux aguets ses forces de l’ordre avec un seul mot d’ordre, «&nbsp;la répression&nbsp;!&nbsp;» sans scrupule, ni bornes.</p>



<p>Une chose est certaine, connaissant le candidat Kodjo et sa fougueuse détermination, ce n’est que le début d’une crise, aux rebondissements incertains.</p>



<p><strong>Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>Dr Aubin Thon : « Faure Gnassingbé n’a pas été à la hauteur, il faut le remplacer »</title>
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				<pubDate>Wed, 08 Jan 2020 18:06:23 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/images.jpg" alt="" class="wp-image-12981" width="522" height="522" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/images.jpg 225w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/images-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 522px) 100vw, 522px" /></figure>



<p><strong>Il est l’un des plus jeunes candidats pour la prochaine présidentielle. Cela aurait pu justifier, en partie, ce côté naïf, plutôt innocent qu’il dégage, croyant certaine, sa victoire en février prochain. Alors qu’il ne dispose ni de colossaux moyens financiers, ni même d’une expérience de gouvernement ou encore d’une popularité conséquente, Dr Thon y croit dur comme fer. Pour ce pragmatique qui a fait une grande partie de son parcours aux Etats-Unis, «&nbsp;y croire, c’est y arriver&nbsp;» et sa stratégie est celle de proximité. Jeunes, femmes, défavorisés, il cible les plus vulnérables et apporte des solutions pratiques à leurs problèmes du quotidien à travers diverses initiatives. Alors que la clôture des candidatures devrait intervenir dans quelques jours, il se fait discret à Lomé pour mieux peaufiner sa stratégie. Dans le cadre de son Special Togo, Afrika Stratégies France l’a rencontré à Lomé où en banlieue côtière, il vit depuis son retour au pays. Interview&nbsp;!</strong></p>



<p><strong>Vous semblez, à la limite même d’une certaine naïveté, si sûr de votre victoire en février prochain. Qu’est ce qui justifie cet excès d’optimisme quand on sait que le président sortant rempile&nbsp;?</strong></p>



<p>Je pense que quand on va à une élection, on n’y va pas en tant que perdant. Au delà de cela, lorsque vous avez un programme qui prend en considération l’intérêt de tous les acteurs impliqués dans la crise que nous traversons aujourd’hui, lorsque vous avez un programme dans lequel toute la jeunesse togolaise s’identifie, lorsque vous avez un programme qui restaure l’espoir de tout un peuple&nbsp;, vous ne pourrez qu’avoir cent pour cent de chance de réussir.</p>



<p><strong>Quelle sont les grandes lignes de votre projet de société et qu’est ce qui change fondamentalement par rapport à ce qui se fait&nbsp;?</strong></p>



<p>Il faut juste faire une rétrospection des résultats des politiques mises en place depuis plusieurs années pour voir ce qui n’a pas marché. Nous avons aujourd’hui un taux de chômage très élevé&nbsp;; nous avons devant le service des passeports de longues lignes d’attente des citoyens qui veulent quitter la misère du pays&nbsp;; nos mamans reviennent chaque soir de leurs activités très dépitées. Ces quelques exemples montrent l’échec cuisant des politiques en place. C’est pour cela que notre programme est plus axé sur la création des emplois, sur la justice sociale. Nous voulons faire du Togo un pays qui permet à ses citoyens de rêver et d’avoir espoir que leur rêve peut se réaliser. Notre programme est un programme de développement contrairement au développement de la politique que nous avons connu depuis plusieurs années. La Nouvelle Vision se démarque aujourd’hui des autres par cette démarche objective de voir tous les acteurs ensemble avec cette finalité de cerner cette nation. Cerner la nation pour nous n’est pas obligatoirement de voir en une alternance la finalité. La finalité pour nous est de pouvoir résoudre tous les problèmes socio-économiques de cette nation. Voila ce qui nous démarque de ces politiques passées.</p>



<p><strong>De la Togolese fundation à NOVI, qu’est ce qui a changé dans le fond et la forme&nbsp;?</strong></p>



<p>Rien n’a changé. Mais nous pouvons nous demander ce qui a évolué. Nouvelle Vision est une continuité de ce désir de voir cette nation s’épanouir. Le fondement de l’idée que nous avons en créant la Togolese fundation, c’est de permettre à la jeunesse togolaise de servir d’éléments incitateurs du développement de notre communauté. Mais arrivé à une étape nous avons constaté que ce développement tant souhaité et pour lequel nous avons consenti tant d’efforts n’a pas pris l’élan escompté a cause de la situation socio-politique qui bloque toute idée de développement au Togo. C’est ce qui explique d’ailleurs la mutation de la Togolese fundation en mouvement Nouvelle Vision qui n’est qu’une continuité de ce désir et de cette passion de voir le Togo évoluer mais qui a désormais besoin de cet outil qu’est la magistrature suprême afin de mettre sur pied un véritable programme national qui posera désormais les véritables bases du développement de notre pays. Voilà ce qui justifie l’évolution de la Togolese fundation vers la Nouvelle Vision&nbsp;; un mouvement qui rassemble les jeunes autour d’une idéologie de construire une nation soudée, une nation émergée.</p>



<p><strong>Vous considérez-vous comme un homme politique ou un homme d’affaires qui veut utiliser la politique pour changer les choses&nbsp;?</strong></p>



<p>Je ne suis pas un homme d’affaires. Je suis simplement un citoyen qui est à la quête de l’outil qui lui permettra de développer son pays. Je ne manque jamais d’occasion de rappeler aux gens que je ne suis pas politicien. Les politiciens ont pour objectif de le demeurer. Le souci de voir la jeunesse évoluer qui est en nous depuis la création de la Togolese fundation me pousse et m’oriente vers la recherche de cet instrument de développement qui en soit n’est pas ma finalité. La magistrature suprême que je brigue n’est qu’un instrument pour atteindre ma finalité.</p>



<p><strong>Certains togolais pensent que vous faites le jeu du pouvoir. Quel bilan faites-vous des quinze années de Faure Gnassingbé ?</strong></p>



<p>Le bilan est clair. Premier mandat, le Président Faure Gnassingbé nous a promis un mandat de réconciliation. Aujourd’hui les togolais sont plus divisés qu’avant. Deuxième mandat, on nous a parlé de la politique des grands travaux. Certes nous avons aujourd’hui certaines routes et certaines réalisations. Mais c’est à quel prix&nbsp;? Le Togo a aujourd’hui dépassé tous les seuils de dette. Troisième mandat on nous annoncé un mandat social. Et c’est dans ce mandat social que le prix de l’essence et l’impôt augmentent tous les jours&nbsp;; c’est dans ce mandat social que les difficultés des togolais se sont accrues. Aujourd’hui on nous annonce un quatrième avec des promesses qui seront encore faites. Nous pensons qu’il faut se rendre à l’évidence. Les trois mandats passés n’ont pas donné satisfaction à la jeunesse et à la population. La Nouvelle Vision vient apporter des résultats en faisant de tous les togolais les acteurs du développement.</p>



<p><strong>L’idée d’une candidature unique existe au sein de l’opposition. Qu’en pensez-vous&nbsp;?</strong></p>



<p>Depuis que j’ai commencé par collaborer avec mes ainés de l’opposition notamment la C14 il n’a jamais été question d’une candidature unique comme cela s’est diffusé au sein de la population. Il a été plutôt été question d’une candidature concertée qui n’est pas forcement une candidature unique. Nous savons que ce que veut, aujourd’hui, la population c’est de voir les partis de l’opposition s’entendre pour aller aux élections. Mais il faut qu’on comprenne que cela ne voudra pas obligatoirement dire que ça débouche sur une candidature unique. Nous avons déjà expliqué lors des rencontres avec Monseigneur Kpodzro que ce n’est pas la candidature unique qui garantit une alternance. Il faut ajouter à cette candidature une stratégie appropriée. Il est possible de gagner avec une candidature unique mais sans une bonne stratégie ceci n’est pas possible. Alors a défaut d’une candidature unique il faut penser à une candidature concertée c’est-à-dire donner la possibilité aux candidats qui ont plus de chance de se présenter et au deuxième tour penser aux alliances pour optimiser les chances pou battre Faure Gnassingbé. Mais s’il doit avoir une candidature unique, nous serons partant tant qu’elle se loge dans cette nouvelle dynamique de porter des résultats satisfaisants à notre génération.</p>



<p><strong>Vous êtes associés à l’initiative de Mgr Kpodzro pour booter Faure Gnassingbé dehors. Le prélat est sous le coup de certaines menaces. Que pensez-vous de cette situation&nbsp;?</strong></p>



<p>Nous pensons qu’il faut clarifier les choses. Nous ne sommes pas dans une initiative de Monseigneur Kpodzro qui veut, comme vous le dites, booter Faure Gnassingbé dehors. La Nouvelle Vision n’est pas dans cette dynamique car ce qui justifie même la naissance de la Nouvelle Vision de se départir de cette lutte de nos ainés qui n’a rien apporté jusqu’alors aux togolais. Ce que nous avons compris de l’initiative de Monseigneur Kpodzro c’est qu’il est important pour les forces vives de la nation et tous ceux qui rêvent d’alternance de se concerter et de s’accorder pour optimiser les chances pour une alternance. Aujourd’hui pour le régime, il y a deux préoccupations. Il y a la peur du lendemain et la peur de perdre des privilèges. En face il y a l’opposition qui a la soif de l’alternance. Mais tant que l’opposition se positionne comme un danger pour le pouvoir, &nbsp;il ne faut pas rêver d’une élection transparente. Aujourd’hui la jeunesse est en train de comprendre qu’on n’a pas besoin de chasser l’autre pour dire qu’on fait de la politique. Mais il faut un véritable plan de développement dans lequel chacun apportera sa compétence.</p>



<p><strong>Est-ce à dire que les menaces qui planent sur Monseigneur Kpodzro ne vous émeuvent guère&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p>Monseigneur Kpodzro, au-delà de son titre de prélat est un citoyen qui veut voir ce pays se développer. Son cri de cœur qu’il passe par les médias se justifie par le fait qu’il est témoin de la souffrance de ses compatriotes. Pour lui il faut que ceux qui se sont accaparés des richesses du pays puissent les partager avec les autres. La question est de savoir s’il est la personne indiquée pour donner un plan à suivre dans l’atteinte de cet objectif&nbsp;? C’est la question à laquelle il faut répondre. Mais il faut savoir qu’en tant que religieux et citoyen il ne fait que sa partition. Et quand il le fait, la tâche nous revient d’apporter nos expertises pour atteindre les objectifs fixés. Rappelons-nous que ceux qui doivent descendre de ce pouvoir sont, au même titre que nous des togolais. Il faut penser aussi à leurs enfants qui ne doivent pas se voir chasser de ce pays après les efforts de leurs parents.</p>



<p><strong>Si vous êtes élus en Février 2020, quelles seront vos premières actions&nbsp;?</strong></p>



<p>Toutes décisions que nous prendrons seront dynamiques par rapport à la réalité qui sévira au moment de notre prise de pouvoir. Prioritairement il s’agira pour nous de trouver des solutions aux besoins fondamentaux de la jeunesse. Il s’agit pour nous des questions d’emploi, de bien être de cette jeunesse. Au moment venu, nous pouvons aussi opter pour des décisions intermédiaires allant dans ce sens. Mais il faut reconnaitre qu’il est un peu précoce pour nous de parler des premières décisions. Mais toute décision en 2020 mettra plus l’accent sur le mieux être des populations togolaises.</p>



<p><strong>Propos recueillis par Emmanuel Amegee, Correspondant Lomé, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>Zéphirin Diabré : « Kaboré, Compaoré, le terrorisme, la présidentielle de 2020, l’opposition, le Burkina Faso et moi »</title>
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				<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 06:41:37 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/OUAGA-BRICE-ZEP-MAX-450x300.jpg" alt="" class="wp-image-10778" width="618" height="412" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/OUAGA-BRICE-ZEP-MAX-450x300.jpg 450w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/OUAGA-BRICE-ZEP-MAX-450x300-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



<p><strong>Au siège du Chef de file de l’opposition (Cfop) où il enchaine réunions et rendez-vous, Zéphirin Diabré est égal à lui-même. Bosseur, précis, rigoureux, déterminé et confiant, il paraît parfois un peu trop optimiste mais jamais naïf. Les réflexes de réalisme acquis dans le monde des affaires où il a fait longue carrière le rattrapent très vite. Dans son modeste bureau de chef de file de l’opposition, le prince de Foungou, né à Ouagadougou nous y reçoit sans protocole. Diabré a, à première vue,&nbsp; un avantage sur ses rivaux, sa forte conviction mais aussi son obsession quasi intime à être utile pour l’ex Haute Volta. Après l’Ecole supérieure de commerce de Bordeaux et la faculté d’économie de la même ville, ce docteur en sciences de gestion a été un truculent combattant de la lutte contre l’apartheid avant une sommaire carrière de professeur à l’université de Ouagadougou. Vite, le monde des affaires le rattrape avec un poste d’adjoint au directeur des Brasseries de son pays. Mais la politique n’aura jamais été loin. Député dès 1992, il aura été ministre du commerce, de l’industrie, des mines et même de l’économie et des finances avant de présider le Conseil économique et social entre 1996 et 1997. Intellectuellement boulimique, il abandonne la politique, un court instant, transite&nbsp; par la prestigieuse université Havard avant de rejoindre l’équipe de&nbsp; Koffi Anan comme Directeur général adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Mais c’est à Areva qu’il atteindra le paroxysme de sa carrière dans les affaires avant de créer en 2010 l’Union pour le progrès et le changement (Upc) qui lui vaudra le poste de chef de file de l’opposition en 2013 avec une vingtaine de députés. En obtenant&nbsp; lors de la présidentielle de 2015 le tiers de l’électorat, celui qui reconnaît n’être pas prêt en ce temps est plus que galvanisé pour la prochaine présidentielle. Eloquent, cohérent, méthodique et prudent, il sera, à 61 ans en 2020, le principal challenger du président sortant. Conscient de ses faiblesses passées, il prépare minutieusement, dans l’ombre d’un cabinet très restreint, une victoire qu’il semble savourer avant l’heure. Mais rien n’est gagné d’autant que Rock Marc Kaboré ne doute pas non plus de sa prochaine victoire mais surtout, le parti de l’ex président Blaise Compaoré se remet, plus vite que prévisible, des divisions qui l’ont miné depuis la chute de l’ex dictateur. Une belle interview, lisez-là.</strong></p>



<p><strong><em>Pour mieux comprendre l’entretien, le Chef de file de l’opposition (cfop) désigne à la fois l’institution et son président.</em></strong></p>



<p><strong>Vous êtes le chef&nbsp; de file de l’opposition du Burkina Faso, une respectable institution dans ce pays et vous l’êtes depuis 2013. Quel bilan faites-vous de votre gestion à ce poste&nbsp;?</strong></p>



<p>D’abord il faut expliquer ce que c’est. Je ne suis pas le patron de l’opposition. Je suis le chef de file, en ce sens que mon parti est celui qui au sein de l’opposition, a le plus grand nombre de députés. Donc ce n’est pas une fonction où on commande aux autres. C’est une fonction où on est parmi d’autres pairs, avec lesquels on essaie de travailler. Si je dois tirer un bilan de ce qui me concerne, je le ferai en deux étapes et ce n’est pas la&nbsp; même chose. En fait, j’ai été chef de file de l’opposition depuis 6 ans, mais c’est en deux étapes. Il y a une première étape qui était de 2013 à 2014, puis une seconde au retour de la démocratie, à partir de la transition en 2015. La première est sans doute celle qui est la plus mouvementée historiquement, puisque c’est en ce moment que l’opposition regroupée a su trouver le langage et le comportement qu’il faut, pour obtenir le mouvement populaire&nbsp; qui a aboutit au départ de Blaise Compaoré.</p>



<p><strong>Il y a eu un travail en amont sans doute&nbsp;?</strong></p>



<p>Ce sont les partis&nbsp; de l’opposition regroupés au sein du Cfop, qui ont lancé le mot d’ordre, et toutes les grandes manifestations qui se sont passées jusqu’à la chute du régime, étaient convoquées par le chef de l’opposition au nom&nbsp; de l’opposition auxquels se sont greffées toutes les organisations, y compris les Organisations de la société civile (Osc). Mais, dès que l’événement est arrivé, certains qui se croient beaucoup plus malins, ont vendu l’idée comme quoi c’est la société civile ou les Osc qui ont été les maîtres d’œuvre. Globalement, je dois dire que le bilan pour moi est en tout cas très satisfaisant. Je fais de mon mieux avec mon parti, pour assumer un peu notre fonction. J’en ai tiré beaucoup se de leçons que je vais partager en son temps. Comme le combat n’est pas encore terminé,&nbsp; ce n’est pas encore l’heure du bilan définitif.</p>



<p><strong>Le principal sujet au Burkina Faso, c’est la sécurité. Avec de nombreux attentats. Quel message vous portez dans&nbsp; ce contexte au peuple du Burkina ?</strong></p>



<p>D’abord il y a deux constats qu’il faut faire et qui ne sont pas des constats joyeux. Le constat, c’est qu’on assiste depuis 2015 à une dégradation constante de la situation sécuritaire. Le Burkina d’aujourd’hui n’a absolument rien à voir avec ce qu’il était il y a 4 ans. Malheureusement les forces du mal ont réussi à faire en sorte que leur action prenne de l’ampleur, beaucoup plus de morts, une psychose dans la société, des conflits communautaires qui viennent se greffer donc quelque part, ils semblent avoir réussi un peu d’une certaine manière. Et il faut avoir le courage de le dire, c’est que le gouvernement a failli, le rôle du chef de l’État et du gouvernement, c’est d’assurer la sécurité du pays et c’est le serment qu’ils font en prenant le pouvoir. De toute façon, c’est à eux qu’on a confié le pays, on leur a confié fin 2015, un pays qui n’est pas celui que l’on a aujourd’hui.</p>



<p><strong>Qui était stable quand-même</strong></p>



<p>Oui était stable, donc ils ne peuvent pas se défausser sur qui que ce soit. Il faut le dire parce qu’on sent bien qu’il y a une volonté&nbsp; de faire croire qu’en réalité ils n’y sont pour rien, ils sont aidés dans cette tâche parfois par des leaders d’opinion, dont certains ont une crédibilité morale. Ça c’est le jeu auquel nous on ne peut pas adhérer. Il faut tout de même que l’ensemble de la population, les citoyens, l’opposition y compris, apportent leur soutien aux forces&nbsp; de défense et de sécurité, qui se battent nuit et jour au péril de leurs vies, pour faire en sorte que notre bien commun qui est notre patrie, ne s’écroule pas aux mains des terroristes. Donc c’est un appel au rassemblement autour des forces de défense et de sécurité, mais ce rassemblement ne gomme pas les différences d’appréciation qu’on a avec le gouvernement et qui sont donc des divergences parce que nous, nous estimons que beaucoup de décisions qu’il prend, ne sont pas bien inspirées, à commencer par le choix des hommes. La guerre se gagne d’abord par le choix des hommes et par le choix des mots, comme ont dit et sur ce plan là, nous sommes complètement déçus.</p>



<p><strong>Les ministres concernés par la sécurité ont quand-même été remplacés à plusieurs reprises sans que cela ne change grand-chose.&nbsp; Est-ce que vous n’avez pas l’impression que le&nbsp; fait que le Rsp (Régiment de la sécurité présidentielle) soit resté très longtemps, le chapeau ouvrier de l’armée a réduit le reste des forces de sécurité au second rôle, et que cela justifie l’incapacité de l’armée à faire face au terrorisme ?</strong></p>



<p>Non, moi je ne crois pas à cette théorie qui consiste à faire croire que l’armée n’a pas été préparée. C’est une guerre à laquelle aucune armée au monde n’est préparée. A mon avis on ne peut pas le mettre à la décharge du Rsp, le fait qu’on ne soit pas prêt. Je pense qu’il y a des&nbsp; questions beaucoup plus fondamentales aujourd’hui par exemple, quand on écoute, et quand on voit qu’il y a des problèmes d’équipement, ce qu’on ne comprend pas. Est-ce qu’on n’a&nbsp; pas des problèmes d’organisation ? Est-ce qu’on n’a pas des problèmes de motivation ? C’est tout cela ! Quand je vois qu’il y a eu un meeting hier, où on offre encore des pickups, là je tombe des nues, parce que, si on offre des pickups et des motos, ça veut dire qu’il n’y a pas assez de pickups et de motos ! Ça pose des problèmes.</p>



<p><strong>Puisque plusieurs attaques ont ciblé l’armée notamment des régiments et l’Etat major, on se demande si finalement, les forces de défense ne sont pas fragilisées&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est ce que je suis en train de vous dire, donc on ne peut pas ramener cela uniquement à la question du Rsp. C’est vrai que le Rsp était là, mais le Rsp n’est pas une force antiterroriste. Le Rsp est une force de sécurité du président et donc du régime. Donc on ne peut pas dire que son absence explique ce pourquoi nous ne sommes pas efficace dans ce domaine là, dans la lutte contre le terrorisme, ce n’est pas possible.</p>



<p><strong>Le porte-parole du gouvernement dit qu’il a des raisons&nbsp; de penser que l’ancien régime que vous avez contribué d’ailleurs en tant que chef de file de l’opposition à faire tomber manipule ou pourrait manipuler les terroristes qu’il utiliserait pour déstabiliser le pays et donc la légitimité de Rock Marc Kaboré…</strong></p>



<p>Moi je n’ai pas d’éléments de preuve, donc je fais beaucoup attention et je crois que c’est un alibi trop facile. Tous les régimes qui arrivent en place, que ce soit ici ou en Occident commencent par évoquer l’état de la situation dont ils ont héritée.&nbsp; Cela permet&nbsp; de divertir. Donc c’est un jeu politicien de dire «&nbsp; ce n’est pas nous, c’est ceux qui sont partis ».</p>



<p><strong>Vous, vous avez plutôt un parcours d’homme d’affaires, beaucoup plus aussi d’intellectuel et de technocrate, les élections, c’est dans un an, presque jour pour jour. Est-ce que vous vous dites que vous avez la solution, face à la récurrence du terrorisme ?&nbsp;</strong></p>



<p>D’abord, ne voyez pas ma personne, moi je suis à la tête d’une organisation politique et un parti, c’est une somme de richesses qui se mettent ensemble et si un parti se créé, c’est pour conquérir et exercer le pouvoir d’État. Si on l’a fait, c’est que nous pensons qu’on a une réponse à apporter, sinon pourquoi on le ferait ? Donc nous sommes aussi dans des dispositions mentales d’esprit que si demain on arrive au pouvoir, il faut qu’on puisse gérer cette situation là. Je peux vous dire simplement qu’elle ne nous fait pas peur. Et nous pensons qu’on a des idées sur ce qu’il faut faire, pour que les choses aillent différemment.</p>



<p><strong>Au sein de votre parti, il y a eu une scission, on sent aussi au niveau du Cdp (parti de Blaise Compaoré, Ndlr), une sorte de scission ou de plusieurs courants qui traversent le parti. Est-ce que finalement, l’opposition n’est pas suffisamment fragilisée pour donner presque facilement un mandat à Kaboré&nbsp;?</strong></p>



<p>Non ce n’est pas l’effet que produit ces divisons. Et puis ce n’est pas la même chose. Pour ce qui nous concerne, il y a tout une poignée de députés élus sous notre bannière, qui, arrivés à l’Assemblée, ont joué un peu sur le règlement intérieur, qui autorise un député à aller dans le groupe qu’il veut. Et jouant sur cela, ils sont allés s’offrir en offrande au parti au pouvoir, en espérant avoir de l’argent et des postes. C’est basique. C’est valable ici comme dans beaucoup de pays, même dans la sous-région.&nbsp; Ils ont cru qu’en allant là, ils allaient avoir des promotions. Mais il y a eu une sorte de désenchantement de leur part parce que ce à quoi ils s’attendaient, ils ne l’ont pas obtenu.</p>



<p><strong>Revenons à l’opposition en général, quelle est la stratégie de l’opposition l’année prochaine ? Est-ce que vous aurez un candidat unique ?</strong></p>



<p>Non ça ce n’est&nbsp; pas la bonne stratégie. Dans le contexte actuel, ce n’est pas la bonne stratégie. C’est en multipliant les candidatures qu’on peut arriver avec trois ou quatre pôles puisqu’on connaît bien notre géographique politique. Il faut dire que contrairement à ce qu’on avait vu ici sous l’ancien règne, l’opposition cette fois-ci est forte.</p>



<p><strong>Vous avez pendant très longtemps combattu le parti de Blaise Compaoré, Cdp, aujourd’hui vous vous retrouvez dans l’opposition, vous êtes contraints de travailler ensemble finalement…</strong></p>



<p>Non, on s’est combattu pour un problème donné, c’était la question de l’article 37 ( pour sauter le verrou de la limitation des mandats, Ndlr) mais cette question est tranchée. Cette question n’est plus aujourd’hui au cœur du débat politique.</p>



<p><strong>Donc aujourd’hui, vous êtes dans la même opposition ?</strong></p>



<p>Eux-mêmes n’osent même pas venir dire aujourd’hui qu’ils voudraient être du pouvoir ad vitam etaernam, qui&nbsp; ne&nbsp; se limite pas. Donc pour nous la question n’est plus là. Dès lors qu’on n’a plus ça, est-ce qu’il y a quelque chose qui empêche de travailler ensemble ?</p>



<p><strong>Cela fait 4 ans que Marc Kaboré est au pouvoir, quel regard vous portez sur son bilan ?</strong></p>



<p>Il est négatif, ça ce n’est pas moi qui le dit, c’est tout le monde qui le dit. La seule chose qui est amusante, pas intéressante, puisque ce n’est pas un succès, c’est qu’ils passent leur temps maintenant, à finir les chantiers de route que Blaise a commencés.</p>



<p><strong>A part la question des ressources, la question économique…</strong></p>



<p>Mais l’économie est à terre. C’est vrai, le climat actuel n’est pas un climat propice à avoir des investisseurs, l’économie est à terre. Ils sont arrivés avec un Programme national de développement économique (Ppnds), mais il n’en parle plus.</p>



<p><strong>Quelles relations vous entretenez aujourd’hui avec l’ancien président Blaise Compaoré. Il est à Abidjan à côté…</strong></p>



<p>On n’a pas des relations particulières, puisque je ne suis pas de son parti et c’est essentiellement les femmes et les hommes de son parti qui le rencontrent. Moi j’ai des relations plutôt avec le président du parti, monsieur Eddie Komboigo qui est au Cfop ici avec qui on travaille.</p>



<p><strong>Au début c’étaient les églises qui étaient attaquées, maintenant c’est les mosquées, ou tout au moins une mosquée a été attaquée, est-ce que vous craignez que cela ne remette en cause la cohésion des religions dans un pays où les religions ont toujours cohabité ?</strong></p>



<p>Oui, en fait ils ont réussi à faire en sorte qu’il y ait une indexation d’une partie de la population. Il faut éviter des conflits religieux et les conflits communautaires qui risquent de casser le tissu social.</p>



<p><strong>Est-ce que vous pensez qu’il y a un rôle important&nbsp; que les grandes religions doivent jouer, notamment les catholiques, les musulmans, les protestants et même les animistes ?</strong></p>



<p>Tout à fait, je crois qu’ils font le maximum. On a quand-même un pays où les grandes religions cohabitent sans aucun problème. Mais il faut éviter que le&nbsp; diable nous déchire.&nbsp; Ils doivent continuer a parler de la tolérance, de la discrimination et à promouvoir le vivre ensemble.</p>



<p><strong>Source: Afrika Strategies France/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>BURKINA FASO 2020 : Jeux, enjeux, dessous des cartes</title>
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				<pubDate>Thu, 31 Oct 2019 07:50:14 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[A douze mois de la prochaine élection présidentielle, des non-dits atténuent la visibilité dans le paysage politique burkinabè. Les partis politiques de l’opposition sont en quête de sérénité face aux dissidences et courants antagonistes qui les traversent alors que le parti au pouvoir est fragilisé par la multiplication des attentats terroristes.&#160; Analyse des forces et...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/BURKINA-f.jpg" alt="" class="wp-image-10757" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/BURKINA-f.jpg 688w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/BURKINA-f-300x185.jpg 300w" sizes="(max-width: 688px) 100vw, 688px" /><figcaption>Scrutineers are at work during the counting of Burkina Faso&rsquo;s presidential election votes at a polling station in Ouagadougou on November 29, 2015. After Voters in Burkina Faso cast ballots on November 29 for a new president and parliament, hoping to turn the page on a year of turmoil during which the west African nation&rsquo;s people ousted a veteran ruler and repelled a military coup. AFP / ISSOUF SANOGO</figcaption></figure>



<p><strong>A douze mois de la prochaine élection présidentielle, des non-dits atténuent la visibilité dans le paysage politique burkinabè. Les partis politiques de l’opposition sont en quête de sérénité face aux dissidences et courants antagonistes qui les traversent alors que le parti au pouvoir est fragilisé par la multiplication des attentats terroristes.&nbsp; Analyse des forces et faiblesses dans les différents partis.</strong></p>



<p>Bien loin des pluies diluviennes, les derniers jours de chaleurs annoncent l’harmattan. Une saison des pluies difficile à cerner&nbsp; comme pressentant les nuages indécis qui planent dans le ciel du pays des hommes intègres, à une année d’un crucial scrutin. Comme si plus rien ne sera comme avant mais surtout, parce que des incertitudes planent sur la prochaine présidentielle, qui sera en 2020 comme en 2015, cumulée avec des législatives. Bref, des élections générales. Dans la foulée de notre Spécial au Burkina Faso, nous vous offrons une grille du terrain, avec les forces en jeux. D’un côté une opposition qui n’aura jamais été autant divisée, de l’autre, une majorité pour qui rien n’est joué d’avance, d’autant qu’elle peine à convaincre les burkinabè sur le crucial terrain de la sécurité. Les attentats étant récurrents et le dernier qui a fait 16 morts ne datant que de lundi dernier.</p>



<p><strong>Le Mpp dans le «&nbsp;billard&nbsp;»</strong></p>



<p>Dans une année, les Burkinabè seront appelés aux urnes pour élire leur président. Une présidentielle sur laquelle va planer l’ombre d’un fantôme ou plutôt un personnage décédé. Salifou Diallo. L’ancien président du Mouvement du peuple pour le progrès (Mpp) parti au pouvoir fut longtemps, dans l’ombre l’un des plus acrobatiques faiseurs de roi que le pays a connu. Homme fort sous le régime Compaoré son départ de l’ancien parti au pouvoir avec Roch Marc Christian Kaboré, actuel président du Faso et Simon Compaoré avait été déterminant pour la chute du régime Compaoré. Salifou Diallo était par ailleurs le directeur de campagne de l’actuel président en 2015. Il ne sera pas là dans un an et c’est le premier handicap de la majorité. Marc Kaboré devrait ensuite affronter une impopularité aggravée par la psychose terroriste mais aussi les guerres internes à son parti qui font que jusque-là, il est impossible de lui trouver un président. En attendant, le très chiche Simon Compaoré en assume la présidence intérimaire alors que l’actuel président de l’assemblée nationale est déjà pressenti pour le remplacer avant la présidentielle. Une succession qui ne sera pas sans secouer le parti présidentiel.</p>



<p><strong>Le CDP recherche cohésion</strong></p>



<p>Le Congrès pour la démocratie et le progrès (Cdp) est avant tout victime du bilan des 27 années chaotiques de Compaoré. Le parti est en ébullition à un an de la présidentielle, non seulement à cause de l’ancien président qui s’invite dans la danse mais surtout, à cause des nombreuses divisions. Depuis l’élection de Eddie Komboigo, le parti de l’épi et de la Daba (symbole du parti) n’a jamais connu de sérénité. Des leaders du parti et figures de proue comme Boureima Badini (ancien ministre de la justice), Léonce Koné,SaliaSanou( ancien maire de Bodo Dioulasso, 2<sup>e</sup>&nbsp;ville du pays) ou encore Alpha Yagode la jeune garde pour ne citer que ceux-là, ne filent pas le même coton avec Eddie. Et lui préfèrent clairement Kadré Désiré Ouédraogo. Ancien premier ministre sous Blaise Compaoré et ancien président de la commission de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao),Kadrésemble le mieux parti. Mais rien n’est évident quand la direction du parti est aux mains d’un potentiel candidat, notamment Komboigo. Une guerre sans pitié est donc prévisible d’autant que le chef du parti peut compter, lui aussi sur quelques soutiens de taille. Que ce soit&nbsp; Mélégué Maurice Traoré, ancien président de l’Assemblée nationale ou Luc Adolphe Tiao, le tout dernier Premier ministre de Blaise Compaoré. A cette allure, il n’est pas non&nbsp; plus exclu que le conflit interne ne fragilise davantage le parti, ce qui est d’ailleurs le vœux de l’Union pour le Progrès et la Changement qui peut en profiter pour imposer pour de bon Zéphirin Diabré comme le candidat idéal de l’opposition même si ce dernier s’est déjà prononcé contre une candidature unique contre le président sortant au premier tour.</p>



<p><strong>Mahamadi Kouanda, le troisième larron</strong></p>



<p>Une troisième personne de calibre existe au sein du parti, même si pour l’instant, il ne lève pas le doigt. Sans doute l’un des plus virulents antagonistes. Mahamadi Lamine Kouanda. Combattant de la première heure, il ne supporte pas la probable candidature de Eddie Komboigo et n’hésite pas à le faire savoir. Pour Kouanda, l’actuel président du Cdp n’incarne pas la dynamique nouvelle de la formation politique. Il a d’ailleurs réussi dans un premier temps, en saisissant la justice, à faire annuler la première convocation du congrès du parti. La deuxième tentative du camp Eddie a été la bonne. Le congrès du 22 septembre dernier a permis au camp du président très contesté du parti de prendre la main et ainsi de baliser la voie pour sa candidature. Une issue qui devrait empirer les divisions d’autant qu’une trentaine de membres ont été exclus  pour leur attitude  pas suffisamment dociles pour la direction actuelle du parti</p>



<p><strong>Compaoré tente de s’imposer en patriarche</strong></p>



<p>En pleine zone de turbulence, Blaise Compaoré, en exil à Abidjan,&nbsp; veut sonner la fin de la récréation. Trois courriers du fondateur du Cdp, débarqués de la capitale ivoirienne forcent un rabattage des cartes. L’ancien chef de l’Etat a dans un premier temps, demandé l’annulation pure et simple des sanctions prononcées contre les membres du parti. En fustigeant la gestion actuelle du parti, il en désavoue sans doute par la même occasion les premiers responsables. Une situation qui pourrait profiter à Kadré Desiré Ouedraogo qui continue son offensive de charme. Mais c’est sans compter avec l’autre amazone, Juliette Bonkoungou&nbsp; pour qui le soutien de Mahamadi Kouanda, un baron du parti, est un atout. S’il a longtemps, pendant trois décennies, été un leader charismatique et incontestable, les intrusions, parfois maladroites de Compaoré peuvent aussi être nuisible pour son parti. D’autant qu’ayant poussé dehors l’ancien régime qui menait le pays d’une main de fer, au risque de vies perdues, les burkinabés ne sont pas prêts, d’oublier de si tôt l’histoire. Dans une opinion nationale à dominance très sankariste, le retour au pouvoir de l’ex pouvoir-fort sera perçu comme un échec de la révolution qui a précipité, en 2014, le départ de Blaise Compaoré. Mais profitant d’une situation sécuritaire précaire, l’ancien militaire tenterait de travailler à un retour de son parti aux affaires s’imposant comme il peut, comme l’homme&nbsp; qui pourrait aider à un retour a la sérénité. Ce, d’autant que dans l’opinion, des voix s’élèvent pour réclamer son retour comme un rempart contre le terrorisme.</p>



<p><strong>Zéphirin Diabré, le challenger d’occasion&nbsp;?</strong></p>



<p>A l’Union pour le progrès et le changement (Upc), 2015 est déjà bien loin. Les regards sont tournés vers 2020. Première force politique de l’opposition à l’issue des dernières législatives, le parti du lion a connu sa période de zizanie. Résultat, la sérénité a foutu le camp. Une saignée au sein de l’hémicycle a bousculé les fondamentaux du parti. Des députés ont contesté la gestion de Diabré et sont allés jusqu’à créer une branche dissidente, l’Upc-Rd. Mais le chef de file de l’opposition se veut serein, «&nbsp;<em>certains d’entre eux cherchent déjà à venir, ils ont été achetés et le regrettent déjà</em>&nbsp;» confie-t-il à Afrika Stratégies France, insistant sur le fait que «&nbsp;<em>la majorité qui les a manipulés n’a pas honoré toutes ses promesses</em>«&nbsp;. Daouda Simboro, Lona Charles Ouattara et plusieurs autres compagnons ne parlent plus le même langage. La fissure est là, béate et béante et devrait fragiliser les chances de Zéphirin Diabré qui n’a tout de même pas encore dit son dernier mot.</p>



<p><strong>Les couteaux de secondes mains</strong></p>



<p>Ils sont de plus en plus nombreux à rêver du palais de Kossyam. Ce qui rend la prochaine présidentielle particulièrement excitante. Parmi eux, Yacouba Isaac Zida, ancien premier ministre sous la transition et aujourd’hui en exile au Canada. Isaac Zidaest soutenu par le nouveau parti créé par le professeur de droit et ancien ministre de la fonction publique, Augustin Loada. Le Mps (Mouvement patriotique pour le salut) a fait de l’ancien Premier ministre son joker pour la conquête du fauteuil. Sauf que considéré comme déserteur par l’armée et en délicatesse avec le pouvoir central, son retour n’est pas garanti. «&nbsp;<em>Il pourrait être inquiété par la justice</em>&nbsp;» distillent ses détracteurs dans l’opinion. Tahirou Barry, candidat du PAREN de Laurent Bado à la dernière élection, qui fut ministre de la culture avant de quitter le gouvernement veut repartir à la conquête du palais présidentiel sous les couleurs du MCR (Mouvement pour le changement et la renaissance), peu connu. Ablassé Ouedraogo, président de Le Faso Autrement ne s’est pas encore prononcé mais tout porte à croire que l’ancien patron de la diplomatie burkinabè sous Blaise Compaoré et candidat malheureux en 2015 repartira à l’abordage dans douze mois.</p>



<p>Comme on le voit, à douze mois de l’élection présidentielle, les jeux sont loin d’être faits. Et quand on évoque la dispersion de l’opposition, son chef de file rétorque, «&nbsp;<em>l’opposition est en bien meilleure forme aujourd’hui qu’en 2014</em>«&nbsp;.&nbsp;Zéphirin Diabré jure d’ailleurs qu’il est, aujourd’hui plus que jamais, prêt à diriger le pays. Sauf que, malgré les critiques qui l’accablent quant à sa gestion de la lutte contre le terrorisme, Marc Kaboré, le sortant veut brandir un «&nbsp;excellent bilan dans le domaine des infrastructures&nbsp;». Cela suffira-t-il pour un second quinquennat&nbsp;? Rien n’est moins sûr dans un pays où la société civile est très active.</p>



<p><strong>Source: Afrika Stratégies France /Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>COTE D’IVOIRE/PRESIDENTIELLE 2020 : La nuit des longs couteaux se prépare</title>
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				<pubDate>Tue, 15 Oct 2019 09:49:31 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/CI-2020-F-750x430.png" alt="" class="wp-image-10329" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/CI-2020-F-750x430.png 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/CI-2020-F-750x430-300x172.png 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption> En une décennie, la capitale économique de la Côte d&rsquo;Ivoire a été entièrement métamorphosée, devenant la ville francophone la plus moderne de la sous région </figcaption></figure>



<p><strong><a href="https://www.afriksoir.net/oui-je-serai-candidat-soro-candidat-met-fin-au-debat/">Guillaume Soro est le seul candidat déclaré,</a>&nbsp;mais des noms sont dans toutes les têtes à Abidjan. Le ticket Bédié-Gbagbo, Mamadou Coulibaly, Pascal Affi Nguessan ou encore dans le camp présidentiel, au cas où le président sortant ne se présenterait pas, un dauphin dans la majorité. Si une partie de l’opinion craint le retour des vieux démons, les ivoiriens veulent, dans leur majorité, tourner la sombre page des violences électorales. Reportage&nbsp;!</strong></p>



<p>Le mois d’octobre est le plus arrosé de cette année à Abidjan. Des journées entières s’enchaînent sous le poids de l’eau qui éprouve chaque jour, un peu plus, la résistance des vertigineuses canalisations qui longent&nbsp; les multiples nouvelles voies de la capitale économique. La Côte d‘Ivoire semble définitivement en paix et malgré la pluie, les maquis d’Adjamé et les restaurants huppés de la Zone 4 ne désemplissent pas. Dans les magasins de Macory, la société de consommation ne se serait jamais autant illustrée. Tout semble normal dans un pays où Gbaka (vieux bus collectifs de transports entre quartier populaires, véritable débrouille à l’ivoirienne), Wororo (taxis collectifs) et Télé-taxi (supposés à compteur) se croisent et se dépassent. Autour d’une&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/838863/politique/cote-divoire-les-grands-travaux-de-pierre-fakhoury/">nouvelle présidence en construction, chef d’œuvre de l’architecte français Pierre Fakhoury</a>, des buildings&nbsp; surgissent de terre au Plateau. Un peu plus loin, la Baie de Cocody présage d’un féérique espace de plaisance à la Saint-tropez, projet conjoint du Roi Mohamed VI et du président Alassane Ouattara. Comme si, dix ans après la guerre civile de la dernière alternance, le pays est engagé sur la voie de l’avenir et de l’émergence. Une émergence que symbolisera la&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/670610/economie/infrastructures-le-nouveau-visage-de-livoirien-pfo/">Tour F, la plus culminante d’Afrique avec plus de 280 mètres de hauteur, elle-même en construction au cœur d’Abidjan et devant coûter pas moins de 264 milliards CFA</a>. Mais cet ensemble de grands travaux dépend aussi de l’issue de la prochaine présidentielle qui occupe tous les esprits. En Belgique, Pascal Affi Nguessan, en Espagne, Guillaume Soro en Crush party et sur le terrain, le Rassemblement des houphouëtistes pour le développement et la paix (Rhpd) qui a donné le coup d’envoi d’une géante machine à gagner à Yamoussokro ce samedi pendant qu’à Daoukro, Bédié multiplie des rencontres et appels téléphoniques, priant pour que Gbagbo, en liberté conditionnée à Bruxelles, ne rentre pas de sitôt. Car entre les deux hommes, un accord tactique et non écrit prévoit que le Sphinx soit soutenu par le Fpi-Gbagbo au cas où ce dernier ne rentrera pas au pays à temps. Mais à une année du scrutin, rien n’est joué d’autant que malgré les supputations, le président sortant n’a pas encore dit son dernier mot.</p>



<p><strong>Soro déjà en orbite</strong></p>



<p>Troubadour. «&nbsp;<em>Retenez bien ce mot</em>&nbsp;» insiste, ironique, l’ex rebelle à l’hôtel Ciscar de Valencia, provoquant des éclats de rire dans la salle. Il faisait une allusion moqueuse aux flatteurs du Rhdp. Soro a été le premier candidat annoncé, dans la foulée, en mars, de sa rupture avec la majorité. Depuis son départ du camp présidentiel, Guillaume Soro aligne meetings nationaux et tournées internationales et ne manque aucune occasion de s’attaquer à sa famille politique d’hier. Samedi,&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=B8yzpoXYsRo">il était en Crush party à Valencia</a>. Depuis la ville espagnole, il harangue une salle moins pleine que celle où eut lieu la Crush party de la capitale française en août dernier. La stratégie Soro&nbsp;? Prendre de l’avance et s’imposer comme, il aime le dire en cercle restreint, en «&nbsp;<em>candidat naturel</em>&nbsp;» d’une Alliance d’opposition qui peine à se concrétiser. Car au fond, chaque leader, quelque soit son rang, «&nbsp;<em>tient à être candidat</em>&nbsp;» selon une députée proche de l’ancien président du parlement ivoirien. Mais à Abidjan, son passé le suit, «&nbsp;<em>il pense qu’on a oublié la rébellion&nbsp;?</em>&nbsp;» se demande, embarrassée, Angela. Cette vendeuse de nourriture à Yopougon a perdu, en 2002, son père au début de la guerre, ce qui a contraint sa famille à quitter Dimbokro pour Abidjan. Mais Issa Sangaré indexe «&nbsp;<em>son impatience</em>«&nbsp;, le trouvant «&nbsp;<em>trop pressé</em>«&nbsp;. L’intéressé lui-même résume tout, «&nbsp;Alassane&nbsp;<em>m’a pris le tabouret, je prendrai le fauteuil</em>&nbsp;» rigole-t-il lors de meetings dans le nord du pays.&nbsp; En attendant, agacé par la méfiance de la communauté internationale,&nbsp;<a href="http://apanews.net/news/arrestation-manquee-de-guillaume-soro-en-espagne-par-interpol-proche">celui qui dit avoir été inquiété par la police espagnole à la demande d’Interpol</a>&nbsp;a encore du chemin. Il se pose en résistant qui a tenu tête à une police européenne alors qu’il sait bien qu’aucun policier ne serait reparti sans lui si l’objectif était de l’appréhender. Car la victimisation semble bien lui marcher, il en mord à grandes dents. A Abidjan, plus de doute dans les esprits, «&nbsp;<em>il est définitivement candidat</em>«&nbsp;. Et plusieurs discrets sondages réalisés par son propre camp lui assurent «&nbsp;entre 7 et 11%&nbsp;» de l’électorat au premier tour, ce qui est loin de le décourager.</p>



<p><strong>Le Rhpd concocte sa machine</strong></p>



<p>Samedi à Yamoussoukro. Un important séminaire de préparation a rassemblé les coordinateurs régionaux du Rhdp autour de Adama Bictogo. Objectif&nbsp;? Mettre la troupe en ordre de bataille. En comptant, comme sait le faire la majorité présidentielle qui a remporté les dernières élections régionales, sur les comités et leaders de base. La création en vue de 16.000 comités de base et la récente création de la cellule locale électorale pour chaque localité confortent la stratégie de base du parti. Le mot d’ordre, «&nbsp;<em>amplifier la présidence du parti dans chaque petit coins et recoins du pays</em>&nbsp;» claironne Adama Bictogo. Pour l’occasion, le directeur exécutif du Rhdp s’est fait entouré d’autres piliers du système notamment les ministres Adjoumani (Agriculture), Mamadou Touré (Jeunesse et emploi des jeunes) ou encore Danho Paulin (sports). En tout une vingtaine de ministre dont &nbsp;Anne Ouloto (Environnements et développement durable)&nbsp; plus de 150 députés et 79 sénateurs. Sans compter de multiples maires et conseillers régionaux. Une véritable messe pré-électorale. Ce séminaire a d’ailleurs pris fin, sur une décision symbolique comme la construction prochaine du siège du parti dans la capitale administrative du pays, berceau de Houphouët Boigny dont le parti est l’héritier. Décision très applaudie par l’assemblée. La plus grande innovation de cette rencontre est le statut de E-militant avec l’obtention, en ligne, d’une carte de membre et surtout, des réunions et meetings qui devraient se faire, sur le net. Une manière aussi d’attirer les plus jeunes. Mais le parti d’Alassane Ouattara doit encore attendre début mai et l’investiture de son candidat, le président sortant pouvant encore briguer la magistrature suprême. Sauf que plusieurs signes font penser qu’il se choisira un dauphin. Avec le récent remaniement ministériel qui maintient en bonne position les proches de l’actuel premier ministre et la désignation des membres du bureau central qui confie l’appareil à ses proches, Gon Coulibaly est perçu comme l’élu. Discret et batailleur, il est perçu comme «&nbsp;une force tranquille que camouffle l’humilité&nbsp;». Actuellement, &nbsp;loin de Yamoussoukro, Gon Coulibaly qui a déjà prévu une immense tournée à Man (Ouest) enchaîne missions et audiences entre Lyon, Marrakech et Washington comme s’il attend, secrètement, la bonne heure. Mais il sera sans doute dans la capitale administrative de la Côte d’Ivoire dans quelques semaines. Rendez-vous est pris pour le 06 décembre afin de rendre un géant hommage au père de la Côte d’Ivoire décédé le 7 décembre 1993 dans cette même ville. Une manière de ratisser large, notamment auprès des Ivoiriens, très nombreux, qui restent attachés à Félix Houphouët-Boigny, premier président du pays, dès l’indépendance en 1960.</p>



<p><strong>Bédié et consorts mijotent</strong></p>



<p>A 85 ans (86 en 2020), Henri Konan Bédié n’a qu’une seule obsession, revenir au pouvoir. Mais compte tenu d’un récent accord non écrit avec Laurent Gbagbo, «&nbsp;<em>le mieux placé</em>&nbsp;» d’entre eux sera le candidat commun de leurs deux organisations qui ont déjà organisé, ensemble, un grand meeting à Abidjan. Sauf qu’à La Haye, Blé Goudé qui se dit «&nbsp;<em>héritier de Laurent Gbagbo</em>&nbsp;» avec qui il a été détenu à la Cour pénale internationale (Cpi) espère la candidature de son mentor. L’ex ministre de la jeunesse qui vient de lancer un parti politique est très hostile à Bédié et ne s’en cache pas. Et au cas où Laurent Gbagbo sera relaxé par la justice internationale, tout risque d’être bouleversé par sa candidature, très souhaitée par ses proches à laquelle s’oppose sa seconde épouse. Nady Bamba préfère le voir dans la posture de patriarche qui «&nbsp;<em>donne des conseils à la jeune génération</em>«&nbsp;. L’ancienne journaliste pense peut-être à Blé Goudé pour qui elle ne cache pas son admiration. Une autre surprise qui peut surgir dans l’opposition, c’est Mamadou Coulibaly. Ancien cadre du Fpi, l’ancien président du parlement ivoirien est très présent sur les réseaux sociaux où son discours anti-Ouattara séduit une partie de la jeunesse. Son opposition au franc Cfa, monnaie régionale, en fait une star de l’anticolonialisme. Il pourrait ne pas rater la course présidentielle d’autant que des militants de Liberté et démocratie pour la république (Lider) l’y excitent. Mais l’imprévisible Affi Nguessan qui aurait voulu «&nbsp;<em>rencontrer Gbagbo sans conditions</em>&nbsp;» n’écarte pas d’être de la course. Ce qui aura pour effet de fragiliser, ne serait-ce que de quelques points, l’opposition radicale qui, entre Soro et Bédié, se cherche un leader. Mais comme dans la plupart des pays africain, les égos reviennent au galop.</p>



<p>Les ivoiriens veulent éviter à tout prix la guerre. Une inquiétude qui replace la jeunesse au cœur du processus d’autant que les jeunes semblent de plus en plus préoccupés par la présidentielle. Surtout, l’immense classe moyenne née de la politique en cours qui, comme Emma, &nbsp;» veut pouvoir continuer ses affaires dans un contexte politique rassurant&nbsp;». Une chose est certaine, la communauté internationale qui a accompagné la reconstruction du pays ne lâchera rien. Le Pape François qui vient d’envoyer un nouvel ambassadeur dans le pays a déjà, en marge de la messe d’ordination épiscopale de Mgr Paolo Borgia le 5 octobre, demandé au nouveau nonce apostolique de «&nbsp;<em>faire de la paix et du rapprochement des peuples une priorité sans prendre position dans le débat public</em>«&nbsp;. Une mise en garde qui ne rappelle pas seulement que le Souverain pontife suit la Côte d‘Ivoire de près mais aussi les divisions des évêques lors de la crise de 2011 sur la position de la conférence épiscopale.</p>



<p><strong>Source:Afrika Stratégies France/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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