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		<title>Gaz du Mozambique : entre potentiel et menaces</title>
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				<pubDate>Wed, 26 Feb 2020 21:31:39 +0000</pubDate>
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<h4> Promis à un avenir de « Qatar africain », le Mozambique devra juguler la corruption et contenir le risque islamiste de sa région gazière du Cabo Delgado.</h4>



<p>L&rsquo;exploitation du gaz va se transformer en véritable jackpot pour le gouvernement mozambicain. À moyen terme, 3&nbsp;milliards de dollars par an de recettes fiscales sont escomptés<em>.&nbsp;</em>Ce qui revient tout simplement à doubler le budget du pays. Les opérations de construction, sur au moins dix ans, vont participer à la dynamique économique du pays. Plus de 700&nbsp;000 emplois, dont 15&nbsp;000 directs, sont anticipés. «&nbsp;Le pays accédera alors rapidement au rang de pays à revenu intermédiaire alors qu&rsquo;il compte aujourd&rsquo;hui parmi les plus pauvres au monde&nbsp;», note le Trésor français et le FMI estime qu&rsquo;à partir de 2023-2024 la croissance pourrait s&rsquo;envoler de plus de 20&nbsp;% par an.</p>



<p>Pour tenter de répondre aux attentes grandissantes des Mozambicains, le président Filipe Nyusi,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/elections-au-mozambique-vigilance-accrue-en-ce-jour-de-vote-15-10-2019-2341355_3826.php">réélu le 15&nbsp;octobre</a>, a profité de la cérémonie d&rsquo;investiture, le 15&nbsp;janvier, pour annoncer que son gouvernement souhaitait créer un fonds souverain destiné à investir dans l&rsquo;économie&nbsp;du pays les revenus à venir de l&rsquo;exploitation de ses immenses réserves gazières. «&nbsp;Nous voulons prouver que les ressources énergétiques peuvent être une bénédiction, pas une malédiction&nbsp;», a-t-il ajouté selon l&rsquo;AFP.</p>



<h4>Corruption et dettes cachées</h4>



<p>Des doutes planent toujours. Alors que les découvertes de gaz ont été réalisées entre&nbsp;2010 et&nbsp;2013, le passage de l&rsquo;exploration à l&rsquo;exploitation s&rsquo;est enlisé. «&nbsp;Côté État mozambicain, le processus menant aux décisions d&rsquo;investissement a été extrêmement lent et parfois chaotique. Les raisons sont multiples. Premièrement, le pays n&rsquo;était pas préparé à de telles découvertes. Trois fois plus pauvre que la moyenne africaine, le Mozambique a dû faire face à un manque criant de cadres pétroliers dans la fonction publique&nbsp;», souligne Benjamin Augé, chercheur à l&rsquo;Ifridans une note sur le développement des hydrocarbures en Afrique de l&rsquo;Est.</p>



<p>À cela s&rsquo;ajoutent&nbsp;les problèmes de corruption et d&rsquo;opacité. Classé parmi les&nbsp;25&nbsp;pays où la corruption est la plus élevée, selon le classement de Transparency International, l&rsquo;image du pays est pour le moins écornée. En avril&nbsp;2016 a éclaté le scandale «&nbsp;des dettes cachées&nbsp;». Contractés, en toute opacité sous la précédente présidence d&rsquo;Armando Guebuza, en&nbsp;2013 et&nbsp;2014, deux milliards de dollars d&#8217;emprunts –&nbsp;non déclarés au Fonds monétaire international (FMI) – ont servi à financer du matériel de surveillance maritime, mais aussi des commissions versées à des officiels mozambicains. Des bailleurs se sont détournés et le FMI a demandé des comptes. Certains opérateurs, pourtant sélectionnés dès&nbsp;2015&nbsp;sur appel d&rsquo;offres pour l&rsquo;exploration de blocs en offshore, n&rsquo;ayant pu signer&nbsp;leurs contrats avant 2018, ont préféré se retirer.</p>



<p>«&nbsp;L&rsquo;épisode des « dettes cachées »&nbsp;n&rsquo;est pas de nature à l&rsquo;optimisme dans un pays où le parti au pouvoir, le Frelimo, domine totalement l&rsquo;administration et l&rsquo;économie depuis l&rsquo;indépendance du pays en 1975&nbsp;», commente Benjamin Augé. «&nbsp;Les caciques du régime ont ainsi tendance à gérer les affaires au sein des instances du parti et les contre-pouvoirs sont plutôt à chercher du côté de la société civile plutôt que de l&rsquo;opposition – Renamo et MDM – souvent incapable de rivaliser avec le Frelimo&nbsp;», poursuit-il.</p>



<h4>Insécurité liée à des terroristes islamistes…</h4>



<p>Une autre menace pèse sur l&rsquo;exploitation gazière. Le terrorisme islamique s&rsquo;est invité dans la province gazière de Cabo Delgado. Le groupe Ansar Al-Suna, fondé en 2015, a basculé dans la violence en octobre&nbsp;2017, attaquant plusieurs postes de police et tuant&nbsp;17&nbsp;personnes. Depuis, d&rsquo;autres groupes islamistes sont apparus. Les attaques se sont multipliées, passant de une ou deux par mois, à une douzaine en 2019, et sont rapprochées des usines en construction. Elles ont causé la mort d&rsquo;au moins&nbsp;500&nbsp;personnes et le déplacement de dizaines de milliers de Mozambicains, selon un bilan établi en octobre&nbsp;2019. La mort d&rsquo;un sous-traitant d&rsquo;Anadarko, en février&nbsp;2019, dans une embuscade sur la route, a changé la donne. Les sites sont protégés par l&rsquo;armée, en contrepartie d&rsquo;une prise en charge financière par les sociétés, et les déplacements se font sous escorte en voiture blindée.</p>



<h4>… sur le terreau de la pauvreté</h4>



<p>Cependant, il est peu probable&nbsp;que des projets, d&rsquo;une telle ampleur, soient arrêtés. Les compagnies pétrolières ont l&rsquo;habitude de travailler dans des zones particulièrement dangereuses. En revanche, l&rsquo;insécurité pourrait bien alourdir les coûts de construction et d&rsquo;exploitation.&nbsp;La province de Cabo Delgado, délaissée par l&rsquo;État central, est aussi l&rsquo;une des plus pauvres du pays. Une pauvreté qui fait le lit des tensions sociales et ethniques et qui nourrit la menace islamiste. L&rsquo;enjeu majeur pour le Mozambique sera alors de se servir des revenus du gaz pour accompagner le développement de la région et du pays.</p>



<p><strong>Source : Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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