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	<title>manisfestations &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Au Soudan, deux manifestants tués dans des défilés contre le pouvoir militaire</title>
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				<pubDate>Tue, 15 Feb 2022 18:45:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Deux manifestants ont été tués lundi 14 février à Khartoum, capitale du Soudan, lors de nouveaux défilés pour réclamer la chute du nouveau pouvoir militaire et la fin des rafles, qui continuent de décimer les rangs des opposants au putsch. Depuis le coup d’Etat du 25 octobre 2021 du chef de l’armée, le général Abdel Fattah Al-Burhane, les manifestants...]]></description>
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<p><strong>Deux manifestants ont été tués lundi 14 février à Khartoum, capitale du </strong><a href="https://www.lemonde.fr/soudan/"><strong>Soudan</strong></a><strong>, lors de nouveaux défilés pour réclamer la chute du nouveau pouvoir militaire et la fin des rafles, qui continuent de décimer les rangs des opposants au putsch. Depuis le coup d’Etat du 25 octobre 2021 du chef de l’armée, le général Abdel Fattah Al-Burhane, les manifestants demandent justice pour les dizaines de personnes tuées par la répression du nouveau régime.</strong></p>



<p>La 81<sup>e </sup>et dernière victime a été tuée lundi d’une <em>« balle réelle dans la poitrine »</em> tirée par <em>« les forces de sécurité soudanaises »</em>, quelques heures après l’annonce du décès d’un autre manifestant, touché <em>« au cou et à la poitrine »</em>, selon un syndicat de médecins prodémocratie. La police soudanaise a indiqué dans la soirée dans un communiqué qu’au moins 102 agents avaient été <em>« sérieusement blessés »</em>, dont l’un <em>« blessé au pied par balle »</em>.</p>



<p>Cette semaine, les manifestations – qui ont également eu lieu au Darfour (ouest) ou dans l’est côtier – ont aussi eu pour mot d’ordre la libération des détenus d’opinion, alors que les autorités viennent de renvoyer derrière les barreaux deux anciens hauts dirigeants civils du pays. Ces derniers partageaient le pouvoir avec le général Burhane jusqu’au putsch.</p>



<p><em>«&nbsp;Nous exigeons la libération des membres des comités de résistance et des politiciens injustement arrêtés sur la base de fausses accusations&nbsp;»</em>, a déclaré à l’AFP Khaled Mohamed, défilant à Omdurman, ville jumelle de la capitale. La veille, Mohammed Al-Fekki, ancien membre du Conseil souverain, plus haute autorité de la transition au Soudan, a été renvoyé en prison. Avant lui, la semaine dernière, l’ancien ministre Khalid Omer Yousif avait également été arrêté.</p>



<h2>Les rafles n’en finissent plus</h2>



<p>Les comités de résistance – groupements de militants par quartiers qui appellent aux manifestations et organisent la lutte contre le pouvoir militaire – sont désormais la colonne vertébrale de l’opposition au Soudan, où les partis politiques peinent à défendre leur partenariat avec l’armée avant le putsch.</p>



<p>Très actifs, ils sont dans le viseur des autorités et près de quatre mois après le coup d’Etat, <em>« le nombre de personnes détenues arbitrairement et sans inculpation a dépassé la centaine »</em>, selon l’Association des professionnels soudanais (APS), fer de lance du soulèvement populaire qui renversa en 2019 le dictateur Omar Al-Bachir. L’APS dit s’inquiéter du sort de ces militants, politiciens, universitaires ou simples manifestants âgés <em>« de 16 à 60 ans »</em> et dont certains souffrent de <em>« problèmes de santé »</em>.</p>



<p>Pour protester contre leurs conditions de détention, plusieurs d’entre eux, des&nbsp;<em>«&nbsp;révolutionnaires, politiciens et membres des comités de résistance</em>&nbsp;(…)&nbsp;<em>détenus sans mandat d’arrêt&nbsp;»,</em>&nbsp;selon un syndicat de médecins prodémocratie, ont entamé une grève de la faim à la prison de Soba en périphérie de la capitale.</p>



<p>Les rafles qui n’en finissent plus ne cessent de susciter l’indignation de la communauté internationale, qui accuse les généraux de jouer double jeu&nbsp;: d’un côté, ils acceptent l’idée de dialogue national proposée par l’ONU&nbsp;; de l’autre, ils font arrêter les opposants, parfois en pleine réunion politique.</p>



<h2>«&nbsp;Les menaces n’ont aucun intérêt&nbsp;»</h2>



<p>Washington a déjà prévenu que la poursuite de la répression&nbsp;<em>«&nbsp;aura des conséquences&nbsp;»</em>, laissant planer la menace de sanctions contre les forces soudanaises ou certains de leurs commandants.</p>



<p>Jusqu’ici, aucune mesure de rétorsion n’a visé des personnes ou des institutions, mais les Etats-Unis ont suspendu 700&nbsp;millions de dollars d’aide, tandis que la Banque mondiale a cessé tous ses paiements au pays, l’un des plus pauvres au monde.</p>



<p><em>« Pour moi, les sanctions, les menaces, les mises en garde n’ont aucun intérêt ni aucune base »</em>, avait rétorqué samedi le général Al-Burhane à la télévision d’Etat, soulignant que le budget décrété dans la foulée du putsch était autosuffisant alors que les deux années précédentes, l’aide internationale représentait 40 % des recettes de l’Etat.</p>



<p>Si les autorités ont reconnu avoir&nbsp;<em>«&nbsp;confisqué des fusils kalachnikov&nbsp;»</em>&nbsp;à des policiers en ayant fait mauvais usage, elles assurent qu’il s’agit d’initiatives personnelles.&nbsp;<em>«&nbsp;Je suis prêt à me présenter personnellement à la justice s’il est établi qu’un quelconque ordre a été donné d’user d’armes ou d’agresser des manifestants ou n’importe quel Soudanais&nbsp;»</em>, avait lancé samedi le général Al-Burhane.</p>



<p>L’homme fort du Soudan s’est entretenu lundi avec l’ambassadeur émirati dans le pays, qui lui a transmis une invitation du président des Emirats, cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane. La semaine dernière, le général Mohammed Hamdan Daglo, numéro 2 du pouvoir militaire, s’était rendu dans ce pays du Golfe qui appelle au rétablissement du processus de transition vers un pouvoir civil.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique//Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Algérie : une campagne électorale sous haute tension</title>
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				<pubDate>Thu, 21 Nov 2019 12:26:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/alger2.jpg" alt="" class="wp-image-11486" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/alger2.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/alger2-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<h4>Arrestations et manifestations se suivent dans un pays qui va à des élections dont une grande partie de la population ne veut pas.</h4>



<p>À presque&nbsp;20&nbsp;jours seulement de la date de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/algerie-election-presidentielle-5-candidats-retenus-02-11-2019-2344876_3826.php">l&rsquo;élection présidentielle en Algérie</a>, la tension ne cesse de monter. Mercredi&nbsp;20&nbsp;novembre, les services de sécurité ont arrêté deux personnes pour avoir proféré des menaces contre les opposants au scrutin présidentiel. Une vidéo virale a profondément choqué les Algériens, quelques heures plus tôt, où on voit un agent de sécurité d&rsquo;une compagnie pétrolière dans le Sud algérien, armé d&rsquo;une kalachnikov, en train de menacer en brandissant son arme (qui appartient finalement à la seconde personne interpellée) vers les «&nbsp;enfants de la France&nbsp;» qui voudraient «&nbsp;comploter avec la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/france">France</a>&nbsp;en s&rsquo;infiltrant au Sahara depuis le Mali pour venir piller le pétrole et le gaz algérien&nbsp;». «&nbsp;Nous sommes bien préparés et celui qui ne comprend pas ce message, voici la&nbsp;<em>mariée</em>&nbsp;(en brandissant l&rsquo;arme automatique). Le vote aura lieu, malgré vous et dans les délais décidés.&nbsp;» Avocats, militants et simples citoyens ont crié au scandale pour dénoncer ces propos et les menaces avec une arme de guerre.</p>



<p>Le soir même, la police s&rsquo;est massivement déployée à Alger centre et sur les axes vers le quartier de Bab El Oued, où s&rsquo;était déclenchée une manifestation nocturne contre la tenue des élections du&nbsp;12&nbsp;décembre. Spray de gaz lacrymogènes, matraques, arrestations (150, selon des sources sur place)&nbsp;: la tension était à son comble mercredi soir. «&nbsp;Makach intikhibat maa el issabat&nbsp;», «&nbsp;pas d&rsquo;élections avec les gangs&nbsp;», ont scandé les manifestants place Maurice-Audin, dans le centre-ville de la capitale. Par deux fois, les troupes de la police ont tenté de disperser les marcheurs, reculant souvent pour éviter l&rsquo;affrontement direct.</p>



<h4>«&nbsp;Le pacifisme est notre arme absolue&nbsp;»</h4>



<p>L&rsquo;affrontement direct&nbsp;: c&rsquo;est exactement ce qui hante les Algériens face à cette situation. Si des actions pacifistes (et c&rsquo;est en cela l&rsquo;essence même de la «&nbsp;silmiya&nbsp;» du mouvement du&nbsp;22&nbsp;février) sont menées dans plusieurs villes du pays, par exemple murer les entrées des locaux de l&rsquo;Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), la crainte est persistante quant à des dérapages. «&nbsp;J&rsquo;ai demandé à mes deux fils de faire attention quand ils manifestent les mardi et vendredi, je ne veux pas de la violence. Même si la police nous entraîne dans ça, il ne faut pas les suivre&nbsp;», témoigne Ali, fonctionnaire à la retraite et taxi de nuit pour boucler ses fins de mois difficiles. Âgés de&nbsp;35&nbsp;ans et de&nbsp;21&nbsp;ans, chômeurs, ses enfants, qui vivent à Belcourt, quartier populaire à Alger, «&nbsp;sont des fidèles du hirak&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Ils commencent à s&rsquo;énerver en voyant que le pouvoir veut quand même organiser cette élection. Je leur dis que ce n&rsquo;est pas important, que les élections ne veulent plus dire grand-chose dans notre pays, mais ils ne m&rsquo;entendent plus&nbsp;», relance Ali, las. Pour Assia, dentiste à Alger centre, la crainte est la même&nbsp;: «&nbsp;Manifester la nuit n&rsquo;est pas une bonne idée, on en avait parlé au début du hirak et l&rsquo;idée a été abandonnée, car, d&rsquo;un côté, les familles, les femmes, les gens de l&rsquo;extérieur du centre-ville ne peuvent pas participer facilement et, de l&rsquo;autre côté, cela facilite le noyautage par des voyous ou des provocateurs. Le pacifisme est notre arme absolue, nous ne voulons pas devenir comme&nbsp;<em>eux</em>&nbsp;». «&nbsp;Ce qui m&rsquo;inquiète le plus, explique cet avocat de la cour d&rsquo;Alger, c&rsquo;est la multiplication des soi-disant marches de soutien aux élections&nbsp;: ils ramènent des fonctionnaires, des militants des partis pro-système comme le FLN ou le RND, des associatifs, des syndicalistes de l&rsquo;UGTA (pro-pouvoir), des ouvriers du secteur public pour manifester pour l&rsquo;armée et la présidentielle. Cela provoque les gens.&nbsp;»</p>



<h4>Entre pro et anti-élections</h4>



<p>Mercredi&nbsp;20&nbsp;novembre, une quinzaine de personnes ont été interpellées par la police à Annaba, à l&rsquo;est du pays, pour avoir «&nbsp;perturbé&nbsp;» une «&nbsp;marche de soutien&nbsp;» aux autorités. Les mêmes incidents se sont répétés dans plusieurs villes cette semaine, faisant craindre à l&rsquo;avocat «&nbsp;les risques d&rsquo;une confrontation directe entre pro et anti-élections. C&rsquo;est complètement irresponsable&nbsp;». En ce même vendredi, le chef d&rsquo;état-major de l&rsquo;armée, Ahmed Gaïd Salah a salué ce qu&rsquo;il qualifie d&rsquo;«&nbsp;élan populaire exprimant la volonté d&rsquo;aller vers les élections du&nbsp;12&nbsp;décembre prochain&nbsp;», évoquant «&nbsp;une des plus belles images de la cohésion, la solidarité et l&rsquo;adhésion du peuple autour de son armée, scandant, d&rsquo;une seule et même voix, des slogans patriotiques exprimant dans leur ensemble la volonté de se diriger massivement aux urnes le&nbsp;12&nbsp;décembre prochain&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;L&rsquo;inquiétant est dans la perspective d&rsquo;une suite de campagne où s&rsquo;affronteront deux problématiques incompatibles&nbsp;», analyse l&rsquo;éditorialiste&nbsp;<a href="https://www.liberte-algerie.com/contrechamp/escalade-5123" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mustapha Hammouche&nbsp;</a>: «&nbsp;Une problématique systémique qui engage une partie, pour le moins majoritaire, du peuple réclamant une adéquation institutionnelle avec le projet démocratique qu&rsquo;elle revendique, et une autre, électorale, centrée sur la mise en œuvre d&rsquo;un scrutin censé mettre fin à la problématique première, de fond.&nbsp;» Entre-temps, la campagne électorale se poursuit et les cinq candidats tentent de donner un aspect normatif à leurs déplacements et meetings. Mais cela devient de plus en plus laborieux alors que des arrestations&nbsp;– et même des condamnations à de la prison ferme, comme à Tlemcen ou à El Oued&nbsp;– touchent les citoyens venus perturber les meetings des candidats, notamment ceux animés par Ali Benflis. D&rsquo;autre part, les actes de détournement des affiches électorales se poursuivent&nbsp;: ici on accroche carrément des poubelles aux panneaux électoraux, là les portraits de ceux que l&rsquo;on qualifie de «&nbsp;détenus politiques&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Les citoyens, dans la loi algérienne, ont le droit de ne pas aller voter, mais ils n&rsquo;ont pas le droit d&#8217;empêcher d&rsquo;autres citoyens d&rsquo;aller voter&nbsp;», rappelle l&rsquo;avocat algérois, citant des articles de la loi électorale et le Code pénal. Mais, malgré ces tensions, l&rsquo;Autorité nationale indépendante des élections se contente de parler de «&nbsp;petits grabuges&nbsp;», préférant minimiser les incidents, comme le font d&rsquo;ailleurs majoritairement des chaînes de télévision privées (ne parlons même pas du secteur public soumis à de fortes tensions), qui assument un black-out total autour des contestations, arborant sur leurs écrans le même hashtag «&nbsp;#l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/algerie">Algérie</a>&nbsp;vote&nbsp;». La même Autorité nationale indépendante des élections a annoncé, ce mercredi, que le corps électoral était de 24&nbsp;474&nbsp;161&nbsp;électeurs, dont 914&nbsp;308 inscrits à l&rsquo;étranger et 289&nbsp;643 nouveaux inscrits.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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