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	<title>Kouadio konan bertin &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<title>Kouadio konan bertin &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>COTE D’IVOIRE : Kkb, le dernier rempart constitutionnel pour un scrutin sous hautes tensions</title>
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				<pubDate>Tue, 22 Sep 2020 19:18:12 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/KKB-KKB.jpg" alt="" class="wp-image-19311" width="744" height="372" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/KKB-KKB.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/KKB-KKB-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 744px) 100vw, 744px" /><figcaption> Modeste et humble, ce germanophile de 52 ans se retrouve au centre de l&rsquo;histoire électorale ivoirienne&#8230; </figcaption></figure>



<p><strong>Depuis l’appel parisien de Guillaume Soro, les choses vont très vite à Abidjan. Aucun scrutin n’aura mobilisé autant de craintes ces dernières années en Afrique de l’ouest et pour cause, la 3<sup>e</sup>&nbsp;candidature du président sortant fait objet de contestations. Après le choix du désistement par Henri Konan Bédié, Pascal Affi Nguessan vient de prendre ses distances avec le processus électoral, faisant de Kouadio Konan Bertin (Kkb) le dernier rempart constitutionnel. Ouattara risque-t-il de se retrouver seul ?</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>La candidature de Ouattara n’est pas négociable</em>&nbsp;» a lancé, dans la foulée des déclarations de l’opposition, Kouassi Kobénan Adjoumani. L’intrépide et fougueux ministre de l’agriculture, que passionnent les gaffes, répond à Pascal Affi Nguessan qui, quelques heures plus tôt, a mis en garde le Conseil constitutionnel, contre un «&nbsp;<em>scrutin inapproprié</em>«&nbsp;, jurant ne pas être «&nbsp;<em>un factice de candidat&nbsp;»</em>. Il rejoint ainsi un courant «&nbsp;<em>boycottiste</em>&nbsp;» qu’attise depuis la capitale française Guillaume Soro. L’ex rebelle qui n’a pu être candidat, à cause d’une condamnation à vingt ans de prison prend ainsi sa revanche sur un président dont il s’est éloigné avant de se résigner à l’exil depuis que les autorités ivoiriennes ont empêché son avion d’atterrir à Abidjan. Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Pascal Affi Nguessan se sont ralliés à l’appel de Soro, accentuant ainsi les incertitudes sur un scrutin qui, selon l’entourage du président ivoirien «&nbsp;<em>ne sera reporté contre rien et en aucun cas</em>&nbsp;» comme l’a martelé Mamadou Touré. Le porte-parole adjoint du gouvernement, très actif sur le web et omniprésent sur les médias, lors de son bref séjour en France ces derniers jours évoquait une «&nbsp;<em>obligation constitutionnelle&nbsp;»</em>. Mais à l’allure où vont les choses, Kouadio Konan Bertin pourrait devenir l’unique candidat face à Ouattara et surtout, l’ultime rempart pour éviter un vide constitutionnel.</p>



<p><strong>Une opposition éclectique et soudée<br></strong></p>



<p>Tout est parti d’un appel de Guillaume Soro qui depuis son exil parisien &nbsp;essaie de mobiliser l’opposition contre une candidature de Alassane Ouattara. Il a juré, devant la presse internationale que la présidentielle n’aura pas lieu, sans lui. Un radicalisme diversement apprécié dans l’opinion ivoirienne. S’il y a une obsession de soi chez cet égotique ex-chef rebelle à vouloir tourner tout autour de lui, Soro peut compter sur Laurent Gbagbo. L’ancien président avec qui il&nbsp; &nbsp;a des échanges de plus en plus réguliers&nbsp; a été aussi écarté pour une condamnation alors qu’il est en attente, à Bruxelles, de son procès en appel à la Cour pénale internationale. Pendant longtemps, l’ancien chef d’Etat qui en voulait à son ex Premier ministre a évité tout contact avec celui qu’il traite, auprès de ses visiteurs de soir, de «&nbsp;<em>traitre opportuniste</em>«&nbsp;. Sauf que, si pour une fois, une partie de l’opposition semble soudée autour d’une cause, elle est restée longtemps éparpillée et surtout, éclectique sur l’essentiel. A raison, Henri Konan Bédié crie à «&nbsp;<em>une première victoire</em>«&nbsp;. Des appels incessants se multiplient à l’égard de Kkb pour le rallier au boycott avec des «&nbsp;<em>propositions les plus alléchantes</em>&nbsp;» en provenance de Paris et d’ailleurs&nbsp; selon plusieurs sources concordantes, mais aussi des menaces qui fusent sur les réseaux sociaux sans grands effets apparemment sur l’intéressé. La décision, plutôt délicate, aura un impact important sur sa truculente &nbsp;carrière politique mais aussi l’avenir de son pays qu’il jure «&nbsp;<em>aimer plus que tout</em>«&nbsp;.</p>



<p><strong>Kkb se prépare à toutes les perspectives</strong></p>



<p>L’astucieux ex-député et candidat pour la seconde fois après 2015 entrevoit toutes les perspectives.&nbsp; Plateaux-Les Perles, où se trouvent ses bureaux, celui qui sera investi le 4 octobre &nbsp;enchaîne des réunions. Il a mis sur pieds un comité d’organisation de ce rendez-vous qu’il veut «&nbsp;<em>à l’américaine</em>&nbsp;» et &nbsp;nommé une porte-parole. Arrivé en quatrième position lors de la dernière présidentielle, cette situation pourrait être pour lui à la fois une opportunité de rentrer dans l’histoire mais aussi une fatale issue où, accusé par l’opinion, il signerait son arrêt de mort politique. Mais l’intéressé semble en mesurer les enjeux. Il ne se ralliera probablement pas à l’appel de Soro avec qui il entretenait certes, comme il l’a confié à Afrika Stratégies France à Abidjan, «&nbsp;<em>des relations cordiales&nbsp;»</em>. Et pour cause, cet ancien patron de la jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) qui «&nbsp;<em>a une forte culture de l’Etat</em>&nbsp;» ne voudrait pas laisser son pays prendre le risque d’une guerre civile. Même s’il tient aussi à un scrutin équitable et crédible. Alors que personne ne l’a vu venir, celui qui fait une campagne de porte à porte efficace et appréciée dans le centre et l’ouest du pays et dont le parcours le prédestinait à être une bonne relève, même au sein du Pdci, fait face à un véritable dilemme.</p>



<p><strong>Issues</strong></p>



<p>Si Kkb se rallie à l’appel de Soro, le pays se retrouvera dans une situation inédite. Il sera impossible pour le président sortant d’aller seul à une élection, ouvrant ainsi la voie à une relance du processus électoral. Ce qui aura l’effet de doper l’opposition mais surtout de contraindre, éventuellement, à des réformes internes aux institutions impliquées dans le scrutin. Le report s’imposera de fait, un périlleux pari pour ce pays qui sort d’une longue crise politique. Si le candidat indépendant se maintient dans la danse, il devrait faire face à une hostilité ardente au sein de l’opinion mais pourra espérer un score honorable qui le projettera politiquement. Car la majorité des ivoiriens veut passer rapidement ce scrutin et se remettre au travail et surtout, éviter, quoi qu’il arrive, une autre guerre civile. Au cours de la dernière décennie, ce poumon de l’économie sous régionale devenue, devant le Ghana et le Sénégal, la principale puissance économique derrière le Nigeria a une colossale avance économique avec des signaux au vert. Une croissance qui approche les deux chiffres, une inflation maitrisée, un endettement qui, à 44% du Pib est le plus contrôlé de tout le continent, un Plan social du gouvernement (Psgouv) de 734 milliards Cfa, un enviable Plan national de développement (Pnd) de 30.000 milliards Cfa et surtout un pays en chantier qu’il faille préserver contre ses vieux démons. Et Dieu sait qu’il en a suffisamment.</p>



<p>Alors qu’il s’y attend le moins, Koudio Konan Bédié est au plus grand tournant de sa vie. Ce brillant germanophile de 52 ans qui ne fera rien contre le paix saura sans doute faire le bon choix. Les regards sont braqués sur celui qui se définit comme «&nbsp;<em>planteur, fils de paysan</em>«&nbsp;.</p>



<p><strong>Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>CÔTE D’IVOIRE : Anti-tribaliste, KKB maille le pays et ratisse large</title>
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				<pubDate>Sun, 23 Aug 2020 15:30:05 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/IMG_0603-450x296.jpg" alt="" class="wp-image-19084" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/IMG_0603-450x296.jpg 450w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/IMG_0603-450x296-300x197.jpg 300w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /></figure>



<p><strong>Ces derniers jours et après des manifestations qui ont fait plusieurs morts au centre du pays, les relents xénophobes entretenues par Henri Konan Bédié et sa caste refont surface. Face au tribalisme, Kouadio Konan Bertin (Kkb) et candidat à la présidentielle contre l’ancien chef d’Etat joue le rassemblement et ratisse large. Il multiplie des déplacements dans plusieurs localités du pays.</strong></p>



<p>C’est le candidat qu’on voit le moins à la télévision en ce moment, car le fils de planteur est dans des régions reculées du pays où il enchaîne ses meetings de proximité. Partout, son message est le même, «&nbsp;donner une chance à la jeunesse&nbsp;» qui constitue, quoiqu’on dise, 70% de la population ivoirienne et qui a souvent été victime des errances des aînés. Pour le moment concentré sur le sud et le centre du pays, il prévoit aussi une grande tournée vers le septentrion, plutôt bastion du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) au pouvoir. Tout en tirant profit du nauséeux débat tribaliste, visant de près la jeunesse et proposant un cohérent projet de société, Kkb pourrait être la surprise de cette présidentielle de toutes les incertitudes.</p>



<p><strong>Tirer profit du débat tribaliste</strong></p>



<p>Il fait partie des rares cadres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) à combattre tout relent xénophobes dès le départ. Ouvert et sympathique, il a de bonnes relations avec des ivoiriens de toutes les régions et a toujours évité de s’en prendre au président Alassane Ouattara, principale pomme de discorde dans le débat tribaliste. Le plus ancien parti de la Côte d’Ivoire dont l’actuel chef de l’Etat est membre (a été membre&nbsp;?) et pour le compte duquel il fut Premier ministre a, poussé par Bédié alors que ce dernier était à la tête du pays, entretenu une haine généralisée contre les ressortissants de la partie septentrionale du pays. Ces derniers jours, ces ressentiments sont réapparus dans les débats. Après le scandale des orpailleurs étrangers qui «&nbsp;pilleraient le pays&nbsp;», Henri Konan Bédié a lancé ses chiens de garde dans l’arène pour s’en prendre aux «&nbsp;étrangers venus de partout&nbsp;» stigmatisant les populations nordistes dans un pays cosmogonique où les peuples sont venus de partout, notamment de pays voisins. Pour Kkb «&nbsp;<em>il faut éviter les discours qui divisent</em>«&nbsp;. Lors d’un entretien avec Afrika Stratégies France en décembre 2020, il promettait se battre contre «&nbsp;<em>les vieux démons qui menacent la paix</em>&nbsp;» et ses propos insistants convient à éviter de répéter les erreurs de 2010. Il pourra ainsi compter sur les aigris et déçus de la majorité présidentielle ainsi que l’électorat plausible de Guillaume Soro dans le nord, l’ancien président du parlement ivoirien étant écarté du fait de son exil en France.</p>



<p><strong>Campagne de proximité</strong></p>



<p>Accueil pompeux, celui d’une reine mère qui salue «&nbsp;<em>les efforts inoubliables de Kkb dans l’ombre de Bédié</em>&nbsp;» et l’exhorte à «&nbsp;<em>tout confier à Dieu</em>&nbsp;» comme si la mère baoulé compatissait à ses déboires de ces derniers jours au sein du Pdci. «&nbsp;<em>Tu as beaucoup fait pour ce parti</em>&nbsp;» a insisté la souveraine sous les applaudissements de la cour. Il l’a débuté depuis début juillet. Des sorties dans plusieurs localités du pays. Si cette semaine, il s’est donné une pause et un repli sur Abidjan pour des contacts politiques, Kouadio Konan Bertin reprendra son bâton de pèlerin. Coins et recoins, il n’entend rien lâcher car l’électorat de ce planteur, ce sont aussi de petits paysans et les ruraux, grands oubliés d’un pays qui a connu de géants exploits économiques tout de même. Ce mois d’août, la région de Bouaké (350 km d’Abidjan) était à l’honneur. Après Bamoro et Koumounoukro, Kkb a fait un détour à Sakassou, chez le reine mère, chef suprême des baoulé, son ethnie. Devant Nanan Akoua Boni II et ses interlocuteurs, le message du député est le même, «&nbsp;<em>la paix doit être notre leitmotiv</em>&nbsp;» insiste le trublion. Pour Kkb, «&nbsp;<em>aucun ivoirien ne doit prendre une arme contre un autre, quoiqu’il arrive</em>«&nbsp;, un message apprécié par la reine mère mais surtout applaudi par les populations aussi bien à Djebonoua qu’à Sabassou, localités proches de Bouaké. Très attaché à l’éducation à laquelle il donnera ainsi qu’à la santé une place de choix une fois élu, Kkb a échangé longuement avec des étudiants de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké avant de rallier Abidjan, la capitale économique. Une tournée dont l’effervescence pourrait bien cacher une grande surprise lors de la présidentielle de fin octobre.</p>



<p><strong>Une surprise en vue&nbsp;?</strong></p>



<p>Les circonstances s’y prêtent, à son avantage. Déjà, auprès des sympathisants de son propre parti, il fait face à un vieillard de 86 ans qui va du coq à l’âne, fait des promesses qu’il dédit au gré de ses humeurs. Avec un âge trop avancé, le Sphinx de Daoukro (centre) aura tout le mal à tenir physiquement face à une machine d’Etat qui se mobilise derrière le président sortant. Le Front populaire ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo est divisé entre les très radicaux restés loyaux à son épouse qui, compte tenu de la condamnation dont elle fut objet ne sera candidate à rien et Pascal Afi Nguessan, qui s’est habillement rapproché du parti au pouvoir à plusieurs reprises. Dans une telle situation et compte tenu de ce que la plupart des candidats sont des vieux de la vieille épopée électoraliste, Kkb peut bien provoquer la surprise. Pour cela, il lui faut à la fois un butin, nerf de la guerre, conséquent et surtout, un message qui rassemble la jeunesse, lassée par un espace politique qui peine à se débarrasser de ses vieux loups.</p>



<p>Et le pays a tout intérêt à voir émerger Kouadio Konan Bertin d’autant que modéré et non tribaliste, ce pragmatiste ne laissera aucune chance à la violence. Pourtant, avec le drame que constitue la présidentielle de 2010, la peur des vieux démons hante tous les esprits. Chancelleries et communautés internationales en craignent le retour plus que jamais.</p>



<p><strong>Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>COTE D’IVOIRE : KKB, le trublion qui secoue les cocotiers au Pdci-Rda</title>
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				<pubDate>Sat, 01 Aug 2020 21:16:28 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/KKB-FOTO-450x296.jpg" alt="" class="wp-image-18594" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/KKB-FOTO-450x296.jpg 450w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/KKB-FOTO-450x296-300x197.jpg 300w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption>Kouadio konon bertin</figcaption></figure>



<p><strong>Intrépide et insaisissable combattant, l’annonce de sa candidature a été mal perçue par le cercle restreint sur lequel règne Henri Konan Bédié mais Kouadio Konan Bertin (KKB) n‘en démord pas. A 52 ans, ce planteur de café cacao n’a pas supporté l’imposition, à 86 ans, de la candidature de l’ancien président qui a juré plusieurs fois ne «&nbsp;<em>pas vouloir être candidat au-delà de 80 ans</em>«&nbsp;. Il prend la revanche d’une jeunesse qui a subi pendant un demi-siècle le diktat des «&nbsp;aînés&nbsp;» et sachant que le combat sera rude, il s’est mis, tôt à la tâche. Rencontres de proximité, lobbying, recherche de financements et mise en place de stratégie, celui qui est arrivé 3<sup>e</sup>&nbsp;en 2015 jure que cette fois-ci «&nbsp;<em>est la bonne</em>«&nbsp;.</strong></p>



<p>Il est discret mais fait le tour du pays. Bongouanou, Lakota, Bouaflé, il a entamé une grande tournée nationale qui sera interrompue par la disparition brutale de Amadou Gon Coulibaly. KKB a toujours eu beaucoup d’admiration et de proximité avec l’ex Premier ministre ivoirien. Par décence, il a arrêté ses visites de terrain pour faire un deuil dont il peine d’ailleurs à se remettre. Mais après l’annonce de sa candidature à la suite d’une procédure irrégulière qui l’a empêché de candidater pour la candidature face à Henri Konan Bédié au sein du Parti démocratique de Côte d‘Ivoire (Pdci), la porte du non-retour est franchie. Celui qui était arrivé en troisième position en 2015 ne peut plus qu’aller jusqu’au bout d’autant que malgré la culture de vote tribaliste,&nbsp; il a toutes les chances d’un bon score. Compte tenu des divisions persistantes au sein du Front populaire ivoirien (Fpi), KKB pourrait, au pire, se maintenir à la même place avec un taux plus confortable, au mieux, créer une surprise en devançant Pascal Affi N’guessan, candidat annoncé de la branche légale du parti, qui ne devrait pas compter sur la popularité et le soutien de Laurent Gbagbo. L’ancien président, toujours maintenu dans les liens de la justice internationale à Bruxelles se rapproche de Bédié. La mobilisation de la jeunesse peut être le coup de chance pour KKB qui, sans parti politique proprement dit, vise à «&nbsp;<em>ratisser le plus large possible</em>«&nbsp;.</p>



<p><strong>Incompris</strong></p>



<p>Pendant longtemps, KKB fut un très proche collaborateur de Henri Konan Bédié. Aujourd’hui encore, il regrette, la voix prise d’émotion, «&nbsp;<em>les désaccords</em>«&nbsp;. Lors d’une interview à Abidjan avec Afrika Stratégies France, il avait regretté «&nbsp;<em>n’avoir pas été suffisamment compris</em>&nbsp;» par celui qu’il appelait encore «&nbsp;<em>papa</em>&nbsp;» et qui fut d’ailleurs son témoin de mariage. A cette occasion, il avait juré vouloir soutenir son mentor, si ce dernier était candidat et «&nbsp;<em>ne pas se présenter contre lui</em>«&nbsp;. Mais le recours systématique à la manipulation des cadres du parti par Bédié, qui voyait KKB , malgré la posture de loyauté, en potentiel rival au sein du parti a fini par le pousser à bout. Car leur premier désaccord venait de ce que KKB était contre l’alliance entre son parti et le Rassemblement des républicains (Rdr) d’Alassane Ouattara. La suite lui donnera raison, la rupture, prononcée en fracas (entre Ouattara et Bédié)&nbsp; en 2018 aura été brutale et surtout, fatale pour l’historique formation politique de Houphouêt-Boigny. Depuis, l’essentiel des cadres du parti sont restés avec le président ivoirien, faisant de Bédié «&nbsp;<em>un chef qui n’a plus pour trône qu’un rocher</em>&nbsp;» et pour royaume, «&nbsp;<em>quelques notables</em>&nbsp;» dans l’ombre hégémonique de l’écrasant monarque qui était allergique à toute élection interne.</p>



<p><strong>Force</strong></p>



<p>KKB a un côté naturel, une saine sympathie qu’il explique par son éducation «&nbsp;<em>baoulée, de fils de planteur</em>&nbsp;» mais aussi un pragmatisme très cartésien tiré de ses années d’études en Allemagne. Futé, prévoyant et surtout extrêmement malicieux, il aurait pu être le dauphin naturel du Sphinx de Daoukro dont il a été l’élève assidu, tirant même du long apprentissage cette capacité à voir loin qui les caractérise tous deux. Kouadio Konan Bertin est aussi un homme de liens et de réseaux, généreux et accessible, fidèle et sensible qui a su tisser une forte corde au sein de la diaspora ivoirienne. Il a aussi de l’influence au sein de la jeunesse de son pays notamment du sud et du centre du pays, région où la grande ethnie Akan (la sienne) est répartie. KKB peut surtout compter à la fois sur les frustrés du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) qui se sont mis à l’écart sans regimber, les déçus de l’intérieur qui n’ont pas osé franchir le pas d’un départ et surtout l’immense majorité des militants qui, hostile au camp Ouattara, préfère à Bédié une candidature plus jeune. Le trublion de Bocanda (Centre, région de N’zi) peut donc incarner d’une certaine manière le sang frais. Car Ouattara avait promis passer la main à une génération plus jeune mais devrait se maintenir en lice et Bédié ne voit pas plus jeune que lui-même, à 86 ans. Une situation qui peut pousser les jeunes ivoiriens (75% de la population), à prendre leur revanche à travers une nette percée de ce germaniste qui saura compter sur la région de Lôh-Djiboua d’où est originaire sa mère.</p>



<p><strong>Monarque</strong></p>



<p>Aujourd’hui, à 86 ans, l’ancien président ivoirien est un monarque seul. Il peut, aussi longtemps qu’il les tiendra par des susceptibilités culturo-machiavéliques et l’opposition à toute critique, compter sur le soutien des derniers courtisans. Mais aussi bien pour la grande partie des militants que pour l’image du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, chef d’œuvre de Félix Houphouêt Boigny depuis 1946, Bédié est l’homme du passé qui s’ignore et qui s’obstine, aveuglé par la sénilité et la seule envie de revanche contre Bédié,&nbsp; il persiste à aller jusqu’au bout. Au risque d’éclater son parti. Mais pour la majorité des ivoiriens, l’heure d’une nouvelle génération a sonné.</p>



<p>Discret pour l’instant, multipliant des actions et rencontres de proximité, KKB a toutes les chances d’être une surprise de la prochaine présidentielle. Même si, face à la probable candidature du président sortant et celle de Bédié, il a peu de chance d’être au second tour. Mais la loi imposant à tout membre du conseil constitutionnel voulant être candidat de démissionner six mois avant la présidentielle, Bédié risque une mise à l’écart selon plusieurs sources dudit conseil.&nbsp;<em>«&nbsp;L’espoir est permis, je gagnerai</em>&nbsp;» répète-t-il, en cercle restreint. La campagne promet d’être truculente.</p>



<p><strong>Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>CÔTE D’IVOIRE : Bédié, le dernier ring d’un éléphant qui hennit</title>
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				<pubDate>Thu, 25 Jun 2020 16:55:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/CI-BEDIE-FOTO.jpg" alt="" class="wp-image-17661" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/CI-BEDIE-FOTO.jpg 720w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/CI-BEDIE-FOTO-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption>« A 86 ans, et alors qu&rsquo;il tient à peine debout, cet ancien président ( 1993 &#8211; 1999) à la raison émoussée par ses égos entend se maintenir coûte que coûte dans une course qui promet d&rsquo;être sans répit</figcaption></figure>



<p><strong>A 86 ans, alors qu’il a juré par le passé de ne plus briguer la magistrature suprême, Henri Konan Bédié est candidat à la candidature de son parti. Et pour cause, Thierry Tanoh et Jean-Louis Billon ont reçu de fermes consignes de se ranger au risque d’affronter le courroux d’un gourou qui règne depuis trois décennies sur le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). Epuisé par un diabète chronique et un cancer de la prostate à surveiller de près et alors qu’il oscille entre verres de whisky et cigares, ce notable baoulé, ethnie du centre, résume son projet de société à «&nbsp;<em>prendre sa revanche sur Ouattara</em>&nbsp;» tout en surfant, avec l’impudeur qui le caractérise, sur les extrêmes. Sauf qu’il n’a pas tenu comme de l’irruption d’un autre impromptu, Kouadio Konan Bertin dont la candidature à la dernière heure change tout. Chronique d’un patriarche que les années n’ont pas réussi à assagir.</strong></p>



<p>L’image vaut mille mots. Assoupi sur un fauteuil ajusté à l’occasion sur ses 1,60m et les pieds touchant à peine le sol ce 20 juin, l’ancien président ivoirien est soutenu par un coussin pour alléger son mal de dos déclenché dans la foulée de son exil fin 1999 et que de longs traitements en France et en Suisse n’ont pas réussi à guérir. C’est à son domicile à Abidjan qu’il reçoit une courte délégation de cadres de son parti, sélectionnés pour «&nbsp;<em>leur bédié-compatibilité</em>&nbsp;» et à qui il confie être prêt «&nbsp;<em>à faire don de sa personne</em>«&nbsp;. Subtile et éhontée métaphore pour ce pouvoiriste qui, poussé à bout par l’obsession, ne se voit dans aucun autre rôle que celui de chef d’Etat. Une mise en scène qui ne fait pas figure d’exception d’autant que ce parti qui cultive le culte de la personne dans ses extrémités et démesures en a une sacrée habitude. La veille, une réunion dirigée par Jean-Louis Billon avait annoncé les couleurs. «&nbsp;<em>On ne tient pas la tête au chef chez le baoulé</em>&nbsp;» a insisté l’ancien ministre du commerce, dont la plausible candidature avait animé les bruits de couloirs au Pdci. A cette réunion, une absence emblématique, celle de KKB. Kouadio Konan Bertin paie les frais d’une «&nbsp;<em>insubordination</em>&nbsp;» que le Sphinx qualifie, en privé, d’affront. Contre l’avis de Bédié, ce germanophile structuré et ancien chef de la jeunesse du parti a chauffé les bottes lors de la présidentielle de 2015. Si Henri Konan Bédié ne le lui a jamais pardonné, il fait semblant de l’oublier pour éviter un mouvement schismatique qui aurait secoué les mythes du chef incontestable qu’il est à la tête de l’ancien parti unique depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny à qui il a succédé à la tête de la Côte d’Ivoire. Car ce trublion quinquagénaire est encore l’un des derniers éléphanteaux qui barrit au royaume du Pdci où même le leader historique hennit comme un âne égaré. Un autre «&nbsp;enfant têtu&nbsp;» de l’arène Bédié, Kouassi Kouamé Patrice, n’a été informé de la réunion qu’à 10 mn de la fin. Manigance de l’éternel Sphinx, surnom que porte sur mesure Henri Konan Bédié. Annoncée précédemment pour mi-juin, l’investiture du candidat désigné par le parti doit attendre quelques semaines et n’aura lieu que fin juillet. D’ici là, deux consignes, «&nbsp;<em>pas de contestation</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>Ouattara comme principale cible</em>«&nbsp;. Mais c’est sans compté avec l’incontrôlable KKB.</p>



<p><strong>Le fameux deal avec Ouattara</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>C’est un éléphant qui hennit</em>&nbsp;» blague en privé un membre du gouvernement et ancien cadre du Pdci. Kobénan Kouassi Adjoumani préfère quant à lui dénoncer «&nbsp;<em>le monstre de l’ivoirité</em>«&nbsp;. Si ce téméraire buffle du Pdci était resté dans son ancienne famille politique, il porterait sans doute fièrement un «&nbsp;KKA&nbsp;», la pratique des acronymes persistant dans l’ex parti unique. Mais il n’a pas voulu quitter la majorité présidentielle. D’ailleurs, comment oserait-il lâcher le stratégique portefeuille de l’agriculture qu’il tient depuis 8 mois après avoir occupé le ministère des ressources animales et halieutique de 2011 à 2019. Pendant de nombreuses années, au sein du Parti démocratique de la Côte d‘Ivoire (Pdci) qui n’est démocratique qu’en énoncé de son sigle, Bédié faisait mystères et courtes fuites autour d’un supposé deal avec Alassane Ouattara. Selon des indiscrétions que lui et des cadres de son parti enchainent, l’actuel président ivoirien lui aurait promis la présentation, en 2020, d’un candidat issu de son parti pour l’alliance des houphouêtistes lancée par ces deux personnalités pour ratisser large pour la majorité. «&nbsp;<em>Une illusion du vieux</em>&nbsp;» blâme un autre Pdci. En réalité, si Alassane Ouattara n’a jamais fait une telle promesse, il n’est pas non plus contre l’idée. D’ailleurs, au moins une fois selon des témoignages concordant, le président ivoirien a tâté les pools auprès de son aîné. Mais à chaque potentiel candidat issu du Pdci, Bédié trouvait un défaut. «&nbsp;<em>Kablan Duncan n’a pas la poigne, Patrick Achi n’est que l’ombre de lui-même politiquement…</em>«&nbsp;, en résumé, il n’y a pour Henri Konan Bédié qu’Henri Konan Bédié pour lui succéder. L’objectif du président ivoirien étant de laisser la place à une génération plus jeune, l’idée d’une candidature issue du Pdci ne remplirait pas cette condition, Bédié tenant à rempiler. Depuis, Ouattara se faisait déjà une idée d’une succession à l’interne du courant Rdr, son ancien parti. Aucun deal n’a donc jamais existé dans le sens qu’avancent les cadres du Pdci qui perdait de plus en plus son électorat. Lors des dernières élections régionales, le parti n’est pas allé au-delà des 20% contre 60% pour la majorité.</p>



<p><strong>«&nbsp;Moi ou le naufrage collectif&nbsp;»</strong></p>



<p>Si Billon n’a rêvé de la présidentielle que chaque fois que Bédié lui donne l’impression de ne plus être intéressé, Thierry Tanoh lui, y pense chaque matin en se rasant. Idem pour Kouadio Konan Bertin qui, avant même de devoir se raser, y pensait déjà. Candidat malheureux lors de la précédente présidentielle, il n’a jamais pu revenir vraiment dans le cercle fermé. «&nbsp;<em>Le vieux a du mal à lui faire confiance</em>&nbsp;» tacle un député du parti qui ne nie pas que «&nbsp;<em>KKB ait une force de mobilisation sans pareil</em>«&nbsp;. Mais comme un seul «&nbsp;KK&nbsp;» ne fait pas la révolution, Kouassi Kouamé Patrice (KKP) maugrée depuis peu. Député, il reproche à Bédié de «&nbsp;<em>manipuler contre lui</em>&nbsp;»&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/581882/politique/cote-divoire-maurice-kakou-guikahue-la-valeur-sure-dhenri-konan-bedie/">Maurice Kakou Guikahué</a>&nbsp;(MKG), le numéro deux du Pdci. Ce conflit à priori entre deux personnes est vite ramené au niveau du parti d’autant qu’il permet au Sphinx qui trouve le député de Yamoussoukro «&nbsp;<em>ambitieux et réfractaire</em>&nbsp;» de le tenir à l’œil. «&nbsp;<em>Patrice est pressé de m’enterrer</em>&nbsp;» dit-il, de sa voie efféminée, de celui qui, jusqu’à récemment, était présumé de lui. Un embrouillamini général qu’entretient, en éternel acteur et metteur en scène, Bédié. Il a d’ailleurs craint entre temps que ses principaux lieutenants ne se mobilisent autour d’un autre potentiel ou supposé candidat, Tidjane Thiam. Avant de chuter chez Kering, le numéro 3 du luxe, l’ancien patron de Crédit Suisse avait caressé le rêve d’être candidat. Un puissant réseau de financiers s’organisait pour mobiliser des fonds autour de la candidature du franco-ivoirien plutôt proche du Pdci et pour qui battait le cœur des élites du parti. Mais Bédié est arrivé à ses fins, taillant sur mesure les critères de candidature au sein du parti, exigeant que «&nbsp;tout candidat verse 200 millions au Pdci&nbsp;», montant dont il peut seul disposer aisément avant de descendre à 25 millions. Aussi, a-t-il enchaîné de subtiles interprétations pour finalement se retrouver être l’unique candidat. «&nbsp;<em>Celui que je crains le plus, c’est KKB</em>&nbsp;» murmurait-il, souvent, à Billon et Tanoh, ses hommes de confiance. Et jusqu’à ce mercredi soir, il n’avait jamais pensé devoir affronter celui dont il fut le témoin de mariage.</p>



<p><strong>Le souffre de la ruse…</strong></p>



<p>Il n’y a pas de doute, un malaise s’empare d’une part du parti. Alors qu’il a promis, à plusieurs reprises, ne plus postuler à la magistrature suprême, Bédié est revenu sur ses propos, distillant l’idée selon laquelle il est le seul à pouvoir battre le candidat de la majorité présidentielle. Il faut rappeler que depuis le début de l’année 2018, le torchon brulait entre le président ivoirien et son prédécesseur. Si aucun accord entre le Pdci et le Rhdp ne prévoit, comme le reconnaissent plusieurs proches des deux hommes que «&nbsp;<em>le candidat de la majorité en 2020 ne soit issu de l’ancien parti unique</em>«&nbsp;, le vieux Sphinx s’accroche à l’idée. Et insiste pour que Alassane Ouattara ne tranche avant juin 2018. Il a, pour cela, sollicité l’intervention discrète de Buhari (Nigeria) et de Akufo-Addo (Ghana). Il a aussi mobilisé ses vieux contacts de droite française pour que Macron s’intéresse au sujet, vainement. Obstiné par ses rancœurs, il multiplie des attaques à l’endroit de son ex partenaire et poussant le Front patriotique ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo à signer un accord avec lui. Un accord totalement flou d’autant que, non seulement l’ancien parti socialiste est divisé en trois branches, mais aussi bien Laurent Gbagbo que Henri Konan Bédié, interprète chacun, de son côté, diversement un accord qui n’a jusque-là pas été écrit. Le dernier cercle de l’ancien pensionnaire de la Cour pénale internationale insiste pour que l’exilé de Bruxelles ne soutienne, contre rien, «&nbsp;<em>celui qui l’a trahi en 2010</em>«&nbsp;. Entre temps, Bédié a échoué à se rapprocher de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ancien président, sortie de prison grâce à une amnistie prononcée par Ouattara mi-2018. Quant à Charles Blé Goudé qui le voit en «&nbsp;<em>éhonté, sans scrupule et prêt à tous les accords contre nature</em>«&nbsp;, il se méfie de celui que médias locaux et chancelleries associent à la ruse. S’il sait qu’il ne peut plus compter sur les 25,24% qu’il a réussi à rassembler lors de la présidentielle de 2010, arrivant en troisième position, Bédié sait surfer sur l’ivoirité et a repris la rengaine d’étrangers qui profitent du pays «&nbsp;au détriment des ivoiriens&nbsp;». Un vieux démon dont les relents politico-xénophobes fort nauséeux ont plongé son pays dans le gouffre d’une interminable crise.</p>



<p>Abandonné par l’essentiel des cadres de son parti qui sont restés loyaux à la majorité et occupent d’importants postes, le digne fils de cultivateurs et ancien étudiant de l’Université de Poitiers en France aura du mal à mobiliser du financement. Et surtout à emballer les ivoiriens qui sont lassés de ses vieux démons et le voient enfin à la retraite. Mais l’irruption inattendue de Kouadio Konan Bertin peut tout changer et peut être susciter de nouveaux dynamismes au sein d’un parti qui créé en avril 1946, a cessé de faire rêver les ivoiriens.</p>



<p><strong>Afrika Stratégies France</strong></p>
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