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	<title>kodjo agbéyomé &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Togo : un mandat d’arrêt international émis contre l’opposant Agbéyomé Kodjo</title>
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				<pubDate>Thu, 16 Jul 2020 16:00:35 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[La justice togolaise a émis un mandat d’arrêt international contre Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle de février remportée par le chef de l’État sortant, Faure Essozimna Gnassingbé. L’opposant vit désormais dans la « clandestinité au Togo ». « Un mandat d’arrêt international a été délivré contre Agbéyomé Kodjo. Nous l’avions appris hier auprès du juge instructeur »,...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_0007-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-16444" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_0007-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_0007-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption>Agbéyomé Kodjo </figcaption></figure>



<p><strong>La justice togolaise a émis un mandat d’arrêt international contre Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle de février remportée par le chef de l’État sortant, Faure Essozimna Gnassingbé. L’opposant vit désormais dans la « clandestinité au Togo ».</strong></p>



<p>« Un mandat d’arrêt international a été délivré contre Agbéyomé Kodjo. Nous l’avions appris hier auprès du juge instructeur », a déclaré jeudi sur une radio privée Me Darius Kokou Atsoo, son principal avocat. « C’est un acte d’acharnement de plus contre Agbéyomé Kodjo, qui n’entame en rien notre détermination à faire éclater la vérité juridique dans cette affaire », a-t-il souligné.</p>



<p>L’opposant avait refusé de se présenter à une convocation de la justice le 10 juillet, assurant dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux qu’il «&nbsp;craignait pour sa vie&nbsp;».&nbsp; Le procureur de la République du Togo, Essolissam Poyodi, a confirmé qu’un «&nbsp;mandat d’arrêt international&nbsp;» avait été lancé à l’encontre de l’opposant depuis cette date.</p>



<h4>«&nbsp;Clandestinité&nbsp;»</h4>



<p>Il reste depuis introuvable, mais il assuré, dans un message envoyé à l’AFP, être resté au Togo «&nbsp;dans la clandestinité&nbsp;», car sa vie «&nbsp;est en danger&nbsp;». L’opposant&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/934801/politique/togo-lopposant-agbeyome-kodjo-libere-sous-controle-judiciaire/">est placé sous contrôle judiciaire depuis le 24 avril</a>, après avoir passé quatre jours à la gendarmerie nationale. Le doyen des juges d’instruction lui avait interdit de quitter le Togo sans autorisation.</p>



<p>Candidat du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD), Agbéyomé Kodjo a obtenu 19,46% des suffrages le 22 février, contre 70,78% pour Faure Essozimna Gnassingbé, selon les résultats officiels que l’opposant conteste fermement.</p>



<p>Son immunité parlementaire avait été levée en mars, à la demande du parquet de Lomé, <a href="https://www.jeuneafrique.com/908967/politique/togo-agbeyome-kodjo-accuse-d-atteinte-a-la-surete-de-letat/">pour s’être « autoproclamé » président de la République</a>. Il s’est également présenté comme « prétendu chef de l’État et chef suprême des Armées », appelant la Nation et les forces armées à se mobiliser contre le pouvoir, des propos et agissements relevant « des qualifications de troubles aggravés à l’ordre public (…) et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État », selon le procureur.Fin juin, le MPDD a également demandé la libération de 16 de ses militants incarcérés depuis le 21 avril. Ces derniers avaient été condamnés à quatre mois de prison ferme, pour « flagrant délit, rébellion et complicité de rébellion. »</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Agbéyomé Kodjo : «  L’opposition, Fabre, ma détention, la diaspora, DMK, la suite du combat et moi »</title>
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				<pubDate>Sun, 05 Jul 2020 17:14:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Togo]]></category>
		<category><![CDATA[jean pierre fabre]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/KODJO-450x300.jpg" alt="" class="wp-image-17890" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/KODJO-450x300.jpg 450w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/KODJO-450x300-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption>Kodjo Agbéyomé </figcaption></figure>



<p><strong>Le 22 février dernier, il a été élu président du Togo. Une victoire reconnue par une partie de l’opposition ainsi qu’ambassades et chancelleries qui le désignent de fait comme «&nbsp;un président en salle d’attente&nbsp;». Mais il peine à accéder au pouvoir. Faure Gnassingbé, président sortant s’est fait proclamer vainqueur. Avec 70% des voix. «&nbsp;Une inversion des résultats&nbsp;» dénonce Régis Marzin, l’un des meilleurs spécialistes des élections en Afrique. Un score pléthorique dans un pays miné par les scandales financiers et où, ayant hérité du pouvoir de son père, le président togolais jouit de peu d’estime au sein de la population. Dans la discrétion, Agbéyomé Kodjo continue lui de remuer ciel et terre. D’ailleurs, pour la première fois au Togo, un véritable bras de fer a lieu après une présidentielle plongeant le président sortant dans une insomnie. Si les Américains se sont fait discrets sur le sujet, dans les coulisses, ils maintiennent la pression. Faure Gnassingbé n’a pas été aperçu en public depuis plusieurs mois, alimentant ainsi les rumeurs les plus alarmants. Dans l’ombre, les pressions continuent. 4 mois après le scrutin, pour la première fois, Kodjo parle de tout. L’opposition, la présidentielle, sa détention, la Dynamique qui l’a porté à la victoire et surtout, la suite du combat promettant arriver, par tous les moyens légaux, à la jouissance du pouvoir. Interview fleuve où l’ancien Premier ministre togolais raconte tout. Entretien!</strong></p>



<p><strong>Vous êtes le président élu du Togo, 4 mois après, vous n’êtes pas au pouvoir. Vous lassez-vous finalement ?</strong></p>



<p>Monsieur, vous m’offrez l’opportunité de revenir sur une situation que je déplore à l’instar d’un nombre considérable de mes compatriotes. Les remontées documentées issues des bureaux de vote ainsi que les indicateurs chiffrés qui les sous-tendent attestent de ce que nous sommes sortis largement vainqueurs du scrutin présidentiel du 22 février 2020, et ce, dès le premier tour. De nombreuses embûches furent érigées sur le chemin conduisant d’une part, à la proclamation de la vérité des suffrages exprimés dans les urnes en notre faveur par la majorité des électrices et des électeurs&nbsp;; et d’autre part, à l’avènement d’une transition politique effective et pacifique au Togo.</p>



<p>Néanmoins, en dépit des entraves qui nous furent anormalement opposées nous restons debout, et réclamons vérité des urnes. Notre gain électoral fut et demeure tant et si bien éclatant et à tous égards. Aucun esprit sérieux au rang de la classe politique nationale ne fait grief à nos intérêts légitimes à revendiquer notre indéniable victoire électorale qui ne souffre de strictement nulle équivoque. La vérité des urnes dans sa simplicité toute nue mérite d’être dite, reconnaissent des membres de la formation politique à laquelle appartient Monsieur Faure Gnassingbé.</p>



<p>Pour autant, ils subissent des injonctions comminatoires qui les contraignent à ne pas être en capacité de s’exprimer librement et publiquement. Vous comprendrez qu’en l’état, il m’est difficile de me lasser de quoique ce soit car les attentes de la population en termes d’aboutissement à un processus électoral porté par le vif désir d’alternance de la gouvernance politique au plus Haut niveau de la Charge de la République, sont fortes. Aussi, nous restons convaincus de ce que nous triompherons de toutes les turpitudes qui visent à maintenir le statu quo.</p>



<p><strong>Malgré vos sollicitations, l’opposition n’a pas fait bloc derrière vous, comment expliquez-vous cette désolidarisation ?</strong></p>



<p>Le peuple reste soudé derrière la Dynamique et revendique sa victoire. Les populations issues de toutes les régions du Togo ainsi que de la diaspora n’ont de cesse de m’exhorter à œuvrer pour donner un visage à cette victoire le plus rapidement possible. Mes Collègues d’une frange de l’opposition sont les seuls à connaître les raisons qui motivent leur inertie. En tout état de cause, ils ne demeurent pas moins convaincus quant à la victoire de la Dynamique. C’est pourquoi, je suis enclin à penser que la classe politique togolaise issue de toute l’opposition, devra se soustraire à la ritualisation qu’elle pratique tous les cinq (5) ans, de la chronique de sa défaite annoncée.</p>



<p>Car, point n’est besoin d’être grand Clerc pour dresser le constat de la regrettable cristallisation négative et intrinsèquement inféconde des petites chapelles politiques relativement à un candidat unique de toute l’opposition pour le scrutin présidentiel.</p>



<p>J’en suis même venu à me poser la question de savoir si l’opposition togolaise est apte à sortir de la&nbsp;<em>trappe àinertie&nbsp;</em>dans laquelle elle s’est enfermée depuis 1991 !</p>



<p>Le socle commun d’objectifs à atteindre et qui devra lier l’ensemble des formations politiques issues de l’opposition togolaise n’est-il pas l’alternance politique, sans finasserie, ni jérémiades ni ego démesuré ?</p>



<p>Au-delà de la classe politique issue de l’opposition togolaise, c’est toute la classe politique nationale qui n’ignore pas que Faure Gnassingbé n’a pas gagné le scrutin présidentiel du 22 février 2020. D’aucuns affirment que personne n’a gagné cette compétition électorale majeure.</p>



<p>Factuellement un constat s’impose : UNIR reconnait mezza voce la victoire de la Dynamique tandis que d’autres formations politiques le confessent.</p>



<p><strong>Parlons de votre brève interpellation en avril. Que s’est-il passé à la gendarmerie ? En contrepartie de quoi avez-vous été libéré ?</strong></p>



<p>Pareille agitation tumultueuse procéda d’une rodomontade tendant à montrer les muscles. Il s’est agi en l’espèce, de méthodes peu valorisantes. Je pense que tout le vacarme orchestré ainsi que les brutalités commises, relèvent de la caporalisation de nos institutions. Il nous faut au Togo, des institutions indépendantes et crédibles pour la protection des droits humains. Il devient impérieux d’éviter que prospère la raison du plus fort au Togo. Que me reproche-t-on ? Pendant la campagne électorale, je suis allé à la rencontre des différentes catégories sociales du Togo. Ne pouvant pas me rendre physiquement dans les différentes garnisons de notre pays, je me suis adressé par médias aux forces de défense et de sécurité. C’est en la circonstance que j’ai décliné ce que je compte entreprendre pour la revalorisation de leur institution si je suis élu. Aussi, ai-je annoncé les mesures d’accompagnement que je mettrai en œuvre aux fins de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des hommes et des femmes en uniforme qui constituent de l’épine dorsale du pays ? Y a-t-il une loi au Togo qui interdit à un candidat à l’élection présidentielle de présenter le contenu de son programme à ceux qui forment l’épine dorsale du pays&nbsp;? Par ailleurs l’archevêque émérite de Lomé avant l’ouverture de la campagne électorale organisa une messe d’investiture en un lieu de culte (une Église) de la Capitale.Au cours de ce service religieux, il implora les bénédictions du Ciel sur ma candidature,me remit le drapeau togolais et implora la grâce du Seigneur pour qu’il nous ouvre la voie de la victoire à l’instar d’une pratique usuelle qui a cours s’agissant des sportifsqui prennent part à une compétition de haut niveau. En l’espèce, il s’est agi d’une pratique citoyenne qui n’est attentatoire à strictement rien,mais ce ne fut pas du goût d’un candidat en lice. Y a-t-il au Togo une loi qui interdit cette pratique&nbsp;? En outre, il m’est fait grief d’avoir repris une dénonciation calomnieuse du Prélat relativement aux incendies des marchés de Lomé et de Kara. Or, ce propos fut cité, sous toutes réserves de droit.</p>



<p>L’énumération succincte qui précède nous a valu dès l’ouverture de la campagne électorale la foudre du pouvoir allant jusqu’au blocage des fonds de campagne attribué par l’Etat à chaque candidat. S’agissant de la levée de mon immunité parlementaire à l’Assemblée nationale, le principe du contradictoire ne fut pas respecté par la commission ayant statué&nbsp;; entachant dès lors, la procédure de levée de l’immunité parlementaire de vice de forme et de vice de fond, en raison de ce qu’il fut anormalement fait communication par le Parquet, à Madame la Présidente de l’Assemblée Nationale, d’un élément dûment manœuvré, sans respect pour le principe du contradictoire qui exige que les parties échangent leurs pièces et échangent la preuve des faits imputés.</p>



<p>Sachant que le respect du contradictoire constitue un principe fondamental de la procédure civile, de la procédure pénale et de la procédure administrative en ce que le principe du contradictoire garantit à chaque partie le droit de prendre connaissance des arguments de fait, de droit et de preuve sur le fondement desquels elle sera jugée.</p>



<p>Le non-respect du principe du contradictoire est d’ailleurs sévèrement sanctionné. En effet, le juge écarte des débats judiciaires, les éléments non communiqués à la partie défenderesse, ou communiqués tardivement ou communiqués partiellement à la partie contre laquelle sont imputés des faits et/ou agissements répréhensibles.</p>



<p>C’est sur ces entrefaites que nous avons après notre interpellation bananière, été placés sous le régime de la garde à vue,dont la durée ne fut en conformité avec le délai légal de deux (2) jours,la matière dont s’agit.Il nous fut en violation des prescriptions prévues au code de procédure pénale, imposé une prolongation de 48h de la durée de la garde à vue, qui s’étala illégalement durant quatre (4) jours, délai rallongé.Nous avons par suite été déférés au Parquet où nous avons été inculpés et remis en liberté le 25 avril 2020, sous conditions de contrôle judiciaire. Notamment la condition de ne plus revendiquer notre victoire électorale, car il fallait à marche forcée, baliser la voieà Faure Gnassingbé qui s’apprêtait à prêter serment le 3 mai 2020.</p>



<p><strong>Vous avez promis ramener la victoire à midi, une manière de parler bien sûr. Vous savez bien que Faure Gnassingbé incarne la fraude, il a utilisé contre vous les mêmes méthodes qu’auparavant. Pourquoi vous n’avez pas pu ramener la victoire aux Togolais?</strong></p>



<p>Puisque vous me reconnaissez le statut et la qualité de président démocratiquement élu, eh bien, vous avez la réponse à votre question monsieur ! Le mot d’ordre lancé aux électrices et aux électeurs pendant la campagne électorale fut largement suivi d’effets : à midi la victoire est fut établie, l’après-midi les électrices et les électeurs ont renforcé les suffrages exprimés en notre faveur et pour reprendre le propos du responsable d’une formation politique de l’opposition, je le cite mot pour mot (sic) «&nbsp;<em>Gabriel n’a pas seulement gagné,il nous a tous écrasés et s’est couché sur nous.</em>&nbsp;»</p>



<p>Qu’ainsi, gagner à près de 3 électeurs sur 4, c’est un plébiscite qui a bousculé l’agenda officiel de la CENI qui avait prévu de publier les résultats le 24 février 2020 à 20 heures. Réalisant la déferlante d’une victoire réelle et sérieuse, la CENI s’est précipitée dans un hâtif exercice de tripatouillage confus et d’inversion des résultats en violant manifestement les termes de la loi électorale qui requiert la possession matérielle de tous les procès-verbaux issus de tous les bureaux de vote, et collectés sur toute l’étendue du territoire national avant toute proclamation de résultats provisoires par la CENI.</p>



<p>Personne n’avait envisagé que mon domicile ferait l’objet de siège permanent par les forces de l’ordre et de sécurité ainsi que de voies de fait exercées avec brutalité sur des personnes se trouvant au sein de mon domicile.</p>



<p><strong>Quoiqu’on dise, votre élection a fait bouger les lignes, rien n’a été comme en 2005, 2010 ou 2015. Que feriez-vous pour la suite ? Un gouvernement complet est-il envisageable&nbsp;</strong>?</p>



<p>Récupérer par tous moyens légaux la victoire de la Dynamique pour exercer la plus Haute Charge de la gouvernance politique de la République du Togo, au bénéfice de la population togolaise prise dans ses différentes composantes. La suite va de soi, une fois que nous serons rétablis dans nos droits.</p>



<p><strong>Il y a eu des pressions sur le Togo sans que cela ne change rien. Pensez-vous pouvoir encore jouir de votre victoire, un jour ?</strong></p>



<p>La communauté internationale fait son travail, le peuple est également engagé.Nous sommes confiants quant au dénouement heureux de cette pantalonnade électorale.</p>



<p><strong>Deux raisons ont justifié le vote massif des Togolais pour vous. Votre carnet d’adresse et des contacts dans l’armée. Alors qu’est-ce qui n’a pas marché ?</strong></p>



<p>Le peuple s’est mobilisé derrière ma candidature pour deux autres raisons majeures. D’une part, l’appel du Prélat ; et d’autre part, sa présence à mes côtés pendant toute la campagne électorale en dépit de son grand âge.</p>



<p>Aussi, je rappelle que le caractère structuré de notre projet de société porté par une offre politique solide, sérieuse, précise, exigeante, étayée, financée et guidée par le souci de la vérité, de l’efficacité, de la compétence, de l’intérêt général, de la volonté d’atteindre toutes les préconisations et tous les objectifs de notre programme.</p>



<p><strong>Quel lien faites-vous avec la mort du Colonel Madjoulba et votre élection ?</strong></p>



<p>Permettez-moi de m’abstenir de tout commentaire sur une affaire extrêmement sensible. Une enquête est en cours d’instruction. Je renouvelle mes condoléances à la famille et aux proches du défunt.</p>



<p><strong>Vous avez nommé un Premier ministre, un ministre des affaires étrangères. Le regrettez-vous ? Et A quoi servent-ils aujourd’hui ?</strong></p>



<p>Ils ont permis de nourrir la résistance aux cotés de la coordination internationale de la DMK et plaidé auprès des puissances étrangères et de l’opinion internationale la pertinence de nos revendications et de notre attachement à la démocratie et à la vérité des urnes.</p>



<p><strong>Vous avez gagné les élections contre Faure Gnassingbé sans accéder encore au pouvoir. En 1998, vous faites partir de ceux qui ont aidé son père à se maintenir au pouvoir alors que Gilchrist Olympio semblait avoir remporté la présidentielle. Certains disent que vos actes vous rattrapent…</strong></p>



<p>Le monde en toute matière n’est pas statique, le monde a beaucoup changé depuis plus de deux décennies. Ce qui hier était possible et/ou envisageable ne peut plus l’être, ni être toléré en 2020. En vérité, l’élection présidentielle du 22 février 2020 s’est transformée en un référendum contre un quatrième mandat de Faure Gnassingbé dont la famille confisque la plus Haute Charge de gouvernance politique de la République du Togo depuis plus demi-siècle et régente à marche forcée le destin de la Nation togolaise. À force de vouloir ruser, le peuple l’a sèchement rappelé à l’ordre, à ses dépens.C’est aussi cela le jeu de la démocratie et le droit des peuples à librement choisir des dirigeants dignes de conduire les destinées d’un État.</p>



<p><strong>A l’heure actuelle, qui sont encore derrière vous ? Quels pays ? Quels chefs d’Etat ? Qui exactement ?</strong></p>



<p>Ils sont nombreux. Souffrez d’apprendre que je ne puisse les exposer pour l’heure.</p>



<p>L<strong>a diaspora vous a soutenu de toute sa force. Comment pouvez-vous exploiter cette potentialité et cette force ?</strong></p>



<p>Je lui rends hommage pour le travail réalisé ainsi que pour sa mobilisation qu’elle poursuit d’ailleurs avec intelligence, créativité et détermination. Je réaffirme qu’elle a sa place pleine et entière dans le dispositif envisagé pour l’émergence d’un Togo nouveau où l’éthique et la compétence seront au cœur de la nouvelle République.</p>



<p><strong>Un présumé chargé de la compilation des résultats pour vous a multiplié des sorties fracassantes. De quoi s’agit-il exactement ?</strong></p>



<p>Lorsque des individus sans foi ni loi incendièrent les marchés de Lomé et de Kara, une descente musclée des forces de sécurité intervint à mon domicile. Je fus abusivement et illicitement enlevé. Sur les médias nationaux, des individus du même acabit que le personnage dont vous évoquez le nom, prirent d’assaut tous les plateaux de radios et de télévisions pour convaincre l’opinion nationale de ce que j’étais le cerveau de cette tragédie incendiaire. Il s’ensuivit quarante (40) jours de détention pour établir mon innocence. Mettre en scène un personnage sulfureux que mes collaborateurs n’ont pas eu la vigilance de détecter tôt, me paraît dépourvu de tout intérêt. Pour la Dynamique c’est un non-événement.</p>



<p><strong>Quelle relation entretenez-vous avec Jean Pierre Fabre aujourd’hui ?</strong></p>



<p>Je ne l’ai pas revu depuis le 08 Janvier 2020 date de notre dernière rencontre chez lui à son domicile. Je sais qu’il sait que j’ai remporté l’élection présidentielle. Je le salue pour le courage qu’il a eu en rendant public un communiqué de presse à 21 heures, le soir du scrutin présidentiel, aux termes duquel il indiqua en toute clarté que nous (la Dynamique) sommes en tête de peloton de tous les candidats en lice. Du reste, à ce jour, il ne s’est pas prononcé sur les résultats définitifs.</p>



<p><strong>Dans les prochaines semaines, prochains mois, à quoi les Togolais doivent-ils s’attendre&nbsp;?</strong></p>



<p>Je leur souhaite le bonheur de vivre l’alternance politique à la plus Haute Charge politique de la République du Togo, objectif pour lequel ils se sont sacrifiés. Je leur souhaite de vivre dans la nouvelle société togolaise de justice et partage qu’ils désirent ardemment.</p>



<p><strong>Propos recueillis par MAX-SAVI Carmel</strong></p>
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		<title>TOGO : Agbéyomé Kodjo, les dessous d’un martyre sans fin</title>
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				<pubDate>Sun, 12 Apr 2020 20:03:26 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/AGBE-MARTYRE-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-16187" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/AGBE-MARTYRE-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/AGBE-MARTYRE-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption> Impertubable, le président Kodjo résiste aux pressions </figcaption></figure>



<p><strong>Cible d’actions de forces de l’ordre chaque jour un peu plus musclées, l’ancien Premier ministre résiste dans son domicile du centre de Lomé, devenu son seul cocon de sécurité. Malgré les pressions et interventions de part et d’autres, Faure Gnassingbé veut prendre sa «&nbsp;revanche personnelle&nbsp;» sur un adversaire hostile à tout compromis. Soutenu par la diaspora et l’opinion nationale, l’économiste de 67 ans n’est pas à la fin de son calvaire. Au martyre, il semble psychologiquement plus que préparé.</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Sa victoire ne souffre d’aucun doute</em>&nbsp;» murmurent quelques barons du régime, au pouvoir depuis&nbsp; 53 ans. Dans le camp de l’ancien président de l’Assemblée nationale, le chant de la victoire résonne, encore plus fort, «&nbsp;nous avons gagné, nous prendrons le pouvoir&nbsp;» martèle Brigitte Adjamagbo. Cheffe de la principale Alliance de l’opposition, la C14 qui a soutenu le candidat officiellement arrivé 2<sup>e</sup>, la patronne de la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa) fait partie des derniers fidèles qui ne lâchent rien. Idem pour Mgr Kpodzro. A 90 ans, l’ancien archevêque de Lomé est le «&nbsp;pilier&nbsp;» de la dynamique éponyme au sein de laquelle il porte le titre de gratitude de «&nbsp;Patriarche&nbsp;» dont il s’accommode à merveille. Soutane en soie auréolée de la bordure vermeille réservée aux archevêques, son anneau épiscopal est privé, depuis quelques semaines, des baisers des ouailles qu’il ne déteste point, coronavirus oblige. C’est dans ce cercle devenu presque confrérique à la suite de soupçons de trahisons que se construit la résistance.&nbsp;»On ne lâchera rien&nbsp;» s’époumone Gabriel Dosseh-Anyron. Chef d’un mini parti politique, le Nid, il fait partie des soutiens de premières heures, parcourant les médias ruraux les plus reculés du sud du pays pour «&nbsp;vendre&nbsp;» son candidat. Une machine que les épreuves solidifient chaque jour qui passe. «&nbsp;On y arrivera&nbsp;!&nbsp;» clame Fulbert Attisso. Ecrivain et ancien journaliste, cet idéaliste taxé de radical a été le coordinateur général de la campagne, une tâche qu’il a brillamment réussi, «&nbsp;a<em>vec si peu de moyens</em>&nbsp;» comme insiste Agbéyomé Kodjo lui-même.</p>



<p><strong>Un déchaînement de guerre</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Je suis dans un régiment militaire ici</em>&nbsp;» rigole Agbéyomé Kodjo. Humour débonnaire et sérénité imperturbable, ce bon vivant déjeune sous la terrasse de son domicile avec quelques proches fin février. Deux jours plus tôt, sa maison a été encerclée pour la première fois. «&nbsp;Il cèdera, Faure ne tiendra pas&nbsp;» a-t-il juré la veille à un contingent de journalistes venu à sa conférence de presse. Mais ce stratège calculateur, craint par ses détracteurs, ne pouvait pas imaginer qu’en avril, il vivra une semaine pascale plus qu’infernale.&nbsp; «&nbsp;A l’exemple du Christ&nbsp;» s’amuse un jeune prêtre, qui, comme une partie du clergé catholique de la ville de Lomé, défile pour soutenir Mama. L’épouse du «&nbsp;président élu&nbsp;» qui a fêté ses 62 ans début avril est catholique pratiquante. Si elle remet «&nbsp;tout à Dieu&nbsp;», son mari préfère le combat. Alors qu’il n’a pas répondu à une seconde convocation de la gendarmerie, son quartier est bouclé. «&nbsp;<em>Entre 500 et 600 soldats, un centaine de chars, blindés et véhicules militaires</em>&nbsp;» panique un témoin alors que dans le ciel, un hélicoptère fait la ronde, avec quelques drones. Gaz lacrymogène, bastonnades de riverains, quelques sommaires arrestations, l’assaut final semble se préparer. A l’intérieur, Agbéyomé Kodjo n’a point peur. Prières, échanges avec ses plus fidèles, des appels de compassions qui pleuvent de partout, souvent de togolais anonymes qui soutiennent le combat. A quelques dizaines de mètres de la maison, l’armée installe un appareil pour brouiller la communication. Mais l’ancien Premier ministre se taille un plan de contournement et passe des heures au téléphone. Un appel au repli sera donné, en milieu d’après midi par le ministre de la sécurité. Un «&nbsp;appel de l’Elysée&nbsp;» aurait imposé le répit. Mais tout porte à croire qu’il ne sera que de courte durée. «&nbsp;<em>Faure Gnassingbé veut en finir avec lui</em>&nbsp;» chucotte un ministre du camp présidentiel selon qui, «&nbsp;<em>on ne se contentera pas seulement de lui voler sa victoire</em>«&nbsp;. Quelques semaines plus tôt, cette même source lui avait, sans succès, proposé des postes gouvernementaux et quelques milliards en échange de sa capitulation.</p>



<p><strong>L’Elysée et la justice dans le jeu</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Mes avocats travaillent à plusieurs pistes judiciai</em>res&nbsp;» annonce Kodjo après un pompeux salut de&nbsp;<em>foule depuis sa terrasse. Aux côtés de l’ancien archevêque de Lomé qui a aménagé au domicile du «&nbsp;président élu</em>«&nbsp;, les deux hommes savourent, après le départ de l’armée, les applaudissements d’une foulée déchaînée. Du jamais vu après une élection au Togo. Bien qu’absorbé par la gestion de la crise sanitaire en France, Emmanuel Macron suit la situation de près. Une situation qui préoccupe le pouvoir togolais d’autant qu’une cinquième demande d’audience introduite par Lomé II (présidence togolaise) est restée sans suite. Faure Gnassingbé est obsédée par une audience avec le président français et souhaite que cette réélection n’en favorise l’opportunité. Mais à l’Elysée, le Togo est suivi comme du lait sur le feu. «&nbsp;<em>Les résultats frisent le ridicule, 70%&nbsp;»</em>&nbsp;s’étonne un avocat proche de Macron qui constate «&nbsp;une impopularité grandissante depuis la crise de 2017&nbsp;». Les Américains ont, quant à eux, arrêter la mise en place du Millenium challenge account (Mca), un programme sociopolitique de plus de 400 milliards de Cfa (750 millions de dollars) sur lequel Washington travaillait avec Lomé. «&nbsp;<em>C’est le Togo qui a renoncé de lui-même</em>&nbsp;» s’écrie un membre du gouvernement sans convaincre. Dans le camp Kodjo, on dénonce «&nbsp;une tentative de corruption&nbsp;» depuis que le Agbéyomé lui-même a fait part d’une proposition alléchante pour entrer au gouvernement. Ce à quoi la dynamique a opposé une fin de non recevoir. En attendant, le gouvernement a bloqué le paiement de la caution, des subventions de campagne ainsi que du remboursement des frais de campagne au prorata des scores. Une manière d’asphyxier financièrement un mouvement et un leader déjà essoufflés par une campagne menée sur des dettes. En attendant, Agbéyomé Kodjo qui multiplie des pieds et des mains pour faire intervenir Macron a son avantage a attaqué pour «&nbsp;vice de procédure&nbsp;» la levée de son immunité obtenue en mars dernier par le procureur de la République de Lomé. Côté justice, un argumentaire qui dénonce l’absence «&nbsp;du principe du contradictoire&nbsp;» a été envoyé à Afrika Stratégies France. Le document fait cas «&nbsp;d’une demande en annulation&nbsp;» portée à la connaissance du parquet de Lomé.</p>



<p><strong>Une issue&nbsp;?</strong></p>



<p>Plusieurs leçons s’imposent, depuis cette élection. Pour la première fois, après l’annonce des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle dont la totalité des membres est nommée par la majorité présidentielle, le président prétendument élu gère un musclé «&nbsp;<em>service après vente</em>«&nbsp;. Si la pandémie de Covid-19 et des décisions du gouvernement ont empêché les Togolais de se mobiliser massivement, la tension n’aura jamais été aussi vive. Des lettres de félicitations de plusieurs capitales occidentales ne semblent pas calmer la situation. Le candidat de la Dymanique Kpodzro persiste, donnant l’insomnie à un pouvoir qui, après un demi-siècle, agonise mais tient le coup. Faure Gnassingbé a investi pas moins de «&nbsp;<em>trois milliards (5 millions de dollars, Ndlr)&nbsp;»</em>&nbsp;dans la communication et la corruption des réseaux. Il a fallu, selon plusieurs sources concordantes, «&nbsp;<em>mouiller (corrompre dans le jargon) des fonctionnaires</em>&nbsp;» de Paris à Bruxelles et de Berne à Berlin pour obtenir des lettres de félicitations, plutôt protocolaires après chaque élection mais ici brandies en trophées de guerre. Si Agbéyomé Kodjo est ouvert à des discussions, il les veut «&nbsp;inclusives, transparentes et ouvertes à toute l’opposition&nbsp;». Mais il n’entend pas lâcher sa victoire. Une exigence qui irrite le président sortant. Dans cette crise, Agbéyomé Kodjo, souvent accusé de duplicité a joué parfaitement sa partition.&nbsp;»Il<em>&nbsp;me séduit remarquablement</em>&nbsp;» confesse Brigitte Adjamagbo, admirative de sa détermination.</p>



<p>La résistance et cette crise auront été à l’avantage du candidat de la Dynamique. Si, ses pairs de l’opposition qu’il accuse de corruption semblent ne pas le soutenir, il est prêt à aller jusqu’au bout.&nbsp; Et malgré son âge, entend mener cet ultime combat. Un combat qui révèle aux Togolais son vrai visage, celui d’un homme de conviction et de détermination que certains de ses actes passé ont altéré.</p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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