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	<title>jeunesse &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Tunisie : « La révolution a changé le rapport de la jeunesse à l’Etat et à la politique »</title>
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				<pubDate>Tue, 02 Feb 2021 17:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg" alt="" class="wp-image-21066" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg 1000w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-300x225.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>La police tunisienne a fait usage de canons à eau, mardi, pour disperser plusieurs centaines de manifestants qui s&rsquo;étaient rassemblés près du siège du parlement à Tunis pour dénoncer la répression du mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le pays à la mi-janvier. /Photo prise le 26 janvier 2021/REUTERS/Zoubeir Souissi

ZOUBEIR SOUISSI</figcaption></figure>



<p>Olfa Lamloum, politologue, dirige le bureau tunisien d’International Alert, une ONG très présente dans les régions de Tataouine (sud, frontière libyenne), de Kasserine (centre ouest, frontière algérienne) et dans les quartiers périphériques de Tunis, Douar Hicher et Cité Ettadhamen. Elle a mené plusieurs études sur le thème de la marginalité dans les quartiers populaires des villes et les régions de l’intérieur de la Tunisie.</p>



<h4><strong>Depuis le 14 janvier, date anniversaire de la chute de Zine El-Abidine Ben Ali, des mobilisations sociales ont lieu dans de nombreuses villes de Tunisie. Qui sont ces manifestants ?</strong></h4>



<p><strong>Olfa Lamloum</strong>&nbsp;Les émeutes de la jeunesse s’inscrivent dans un nouveau cycle protestataire. Déjà, en novembre&nbsp;2020, les habitants d’El-Kamour, près de Tataouine (sud), ont, via un sit-in, bloqué les activités pétrolières et forcé le gouvernement à prendre des mesures pour les chômeurs, les précaires et obtenir une meilleure redistribution des richesses. Dans leur sillage, plusieurs gouvernorats, durement frappés par la crise économique, ont laissé éclater leur colère. Puis la contestation s’est un peu tassée avant d’être ravivée le 14&nbsp;janvier. Ce jour-là, qui marquait le dixième anniversaire de la révolution, un berger a été agressé par un policier, à Siliana (centre), l’une des villes les plus marginalisées du pays, parce qu’il avait laissé brouter son troupeau devant le gouvernorat (préfecture). La scène de l’agression a été filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux. Le soir même, des manifestations ont éclaté dans la ville. Cela rappelle évidemment ce qui s’est passé à Sidi Bouzid en décembre&nbsp;2010 lorsque Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant, s’était immolé par le feu après avoir été humilié par un agent municipal. C’est ce geste qui déclencha la révolution.</p>



<p>La semaine précédant l’incident de Siliana, le 9&nbsp;janvier, environ 300 supporters du Club africain avaient été arrêtés alors qu’ils manifestaient pour dénoncer la corruption au sein de la direction du club de football. Celui-ci est une association sportive de Tunis, mais il a une assise nationale. Donc, quand il y a eu les manifestations à Siliana, les ultras du club, habitués à affronter la police, ont décidé de se joindre à la contestation.Notre série pour les 10 ans de la révolution&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/14/la-democratie-tunisienne-entre-fatigue-et-resilience_6063359_3212.html">La démocratie tunisienne entre fatigue et résilience</a></p>



<p>Ensuite, les protestations ont dépassé la ville de Siliana pour atteindre les quartiers populaires des villes et les régions de l’intérieur. La répression a été très importante&nbsp;: 1&nbsp;600 personnes ont été arrêtées parmi lesquelles un tiers de mineurs. Les 19, 23 et 30&nbsp;janvier, des collectifs de jeunes et des activistes de la société civile ont à leur tour organisé des manifestations pour dénoncer cette répression.</p>



<p>Cette vague de mobilisations est donc marquée tout à la fois par une plus grande participation de la tranche d’âge des 15-25&nbsp;ans et une convergence entre les jeunes des quartiers et ceux plus organisés de la capitale.</p>



<h4><strong>Pourquoi se mobilisent-ils ?</strong></h4>



<p>Dix ans après la révolution, les acquis démocratiques ne se sont pas traduits par davantage de droits économiques et sociaux. Cette nouvelle vague protestataire les remet à l’ordre du jour. Elle dénonce aussi la remise en cause du droit de manifester avec le blocage des avenues et places pour empêcher les rassemblements, mais aussi la militarisation de la police par son matériel et ses méthodes de maintien de l’ordre, ainsi que les provocations de certains syndicats de police.</p>



<h4><strong>Les manifestants viennent donc de milieux sociaux et d’horizons politiques divers</strong>…</h4>



<p>En effet, on observe pour la première fois un début de convergence entre les collectifs de militants expérimentés, des jeunes des quartiers populaires et des groupes d’ultras. En témoigne la manifestation du 23&nbsp;janvier dans le quartier populaire de Tunis, Cité Ettadhamen, mais aussi la présence, certes faible mais nouvelle, de jeunes des quartiers populaires aux manifestations organisées dans le centre de la capitale, notamment devant le Parlement. C’est un point important, car cela participe au désenclavement politique des quartiers populaires.</p>



<h4><strong>Face à cette vague de contestation, comment ont réagi les autorités ?</strong></h4>



<p>Elles ont répondu par la répression&nbsp;<em>[un jeune manifestant, Haykel Rachdi, est mort à Sbeïtla, dans le centre ouest]</em>. Du côté des élites et du pouvoir, on a aussi tenté de dépolitiser, de décrédibiliser et même de criminaliser le mouvement en utilisant le terme de vandalisme. Mais les manifestations qui ont eu lieu à Tunis et se sont terminées sans heurts ont permis de discréditer ce discours.</p>



<h4><strong>Ces élites sont-elles dans le déni, l’incompréhension ou l’ignorance&nbsp;?</strong></h4>



<p>Les élites au pouvoir savent que la crise économique et sociale est grave et qu’elle s’est encore aggravée avec la pandémie. Les chiffres de l’Institut national des statistiques montrent bien que dix ans après la révolution, la carte de la pauvreté reste la même : ce sont les trois gouvernorats de l’intérieur – Kasserine, Kairouan et Sidi Bouzid – qui sont les plus touchés. Notre organisation travaille sur le terrain à Tataouine (dans le sud, à la frontière libyenne), Kasserine (dans le centre ouest, à la frontière algérienne) et dans les quartiers périphériques de Tunis, Douar Hicher et Cité Ettadhamen. On estime que, dans ces endroits, plus des deux tiers des 18-34 ans n’ont pas de couverture sociale. A Douar Hicher et Cité Ettadhamen, souvent présentés comme de grands pourvoyeurs de <em>« combattants étrangers »</em> partis en Syrie et en Libye, les budgets alloués aux services sociaux sont dérisoires. A Douar Hicher par exemple, qui comptait 82 000 habitants en 2014, la maison des jeunes ne dispose, une fois ses charges payées, que de 470 euros par anpour couvrir les activités de ses animateurs.</p>



<p>Les élites dirigeantes connaissent ces chiffres, mais elles n’ont pas rompu avec les choix stratégiques, économiques, politiques et sociaux du temps de Ben Ali. La gouvernance sécuritaire est le principal mode de régulation et d’encadrement des jeunes des «&nbsp;marges&nbsp;», perçus comme une menace à l’ordre public. Pour s’assurer la paix sociale, on réutilise les vieilles recettes&nbsp;: création d’emplois fictifs dans des sociétés semi-publiques, distribution de quelques aides sociales aux plus démunis, mais aussi tolérance vis-à-vis de l’économie informelle et des activités vivrières.</p>



<h4><strong>En tout cas, la contestation semble retomber dans les régions</strong>…</h4>



<p>La répression a un effet dissuasif très important. Mais les raisons profondes de la mobilisation demeurent. Ce sont les mêmes qui avaient conduit à la vague de contestation contre Ben Ali. Le chômage, la pauvreté, l’abandon scolaire, l’absence de Sécurité sociale… Cette réalité ne change pas. Les mêmes causes entraînent les mêmes effets.</p>



<h4><strong>Sur le terrain, que vous disent ces jeunes ?</strong></h4>



<p>Dans le cadre de notre dernière étude, « Des jeunes dans les marges »<em>, </em>publiée en novembre 2020, nous avons posé cette question : <em>« Comment faire pour améliorer la situation de la jeunesse ? »</em>. A Kasserine par exemple, plus d’un tiers des interrogés a répondu <em>« une nouvelle révolution »</em> et plus de la moitié a déclaré avoir déjà participé à une manifestation. Nous sommes face à une génération qui a connu la révolution et s’est sociabilisée dans cet événement inédit qui a changé son rapport à l’Etat et à la politique.</p>



<p>Dans ces quartiers, les acquis démocratiques sont loin d’être une évidence. Ces jeunes ne votent pas, même s’ils ont été plus nombreux à le faire lors de la présidentielle de 2019. La forme centrale de leur participation politique est la protestation, et la réponse apportée par les autorités est souvent sécuritaire.</p>



<h4><strong>Pour ces jeunes, les formes organisées de l’action politique ne sont pas une option&nbsp;?</strong></h4>



<p>Il existe un décrochage générationnel important. Les plus jeunes ne croient plus aux partis politiques comme pouvant être des relais pour changer leur vie. Même chose vis-à-vis de la puissante centrale syndicale, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT)&nbsp;: c’est la conséquence de l’effritement du salariat parmi les nouvelles générations confrontées aux politiques d’austérité.</p>



<h4><strong>Quel rôle jouent les institutions sécuritaire et judiciaire vis-à-vis de cette jeunesse ?</strong></h4>



<p>Notredernier film, <em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=PtEvpkRfs5I&amp;feature=youtu.be" target="_blank">Sentir ce qui se passe</a> </em>sorti en janvier 2021, commence par le récit d’Akrout, un jeune de 28 ans de Douar Hicher, qui dit : <em>« Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été arrêté par la police. »</em> Incarcéré quinze jours en 2008 lors d’une manifestation contre les attaques israéliennes à Gaza, il a ensuite été arrêté plusieurs fois au stade ou dans la rue. Une condamnation à dix mois de prison pour consommation de cannabis l’a fait quitter définitivement l’université. Akrout est l’exemple type d’un jeune issu d’un quartier populaire fracassé par la violence institutionnelle.</p>



<p>Le problème avec la police ne se résume pas à des bavures individuelles. C’est celui d’un appareil sécuritaire longtemps au service d’un régime autoritaire adossé à une justice aux ordres. Il n’y a pas eu de réformes de ces institutions, si ce n’est un toilettage superficiel. Aujourd’hui encore, au lieu d’investir dans le social, on renforce la gouvernance sécuritaire.</p>



<p>La réforme des institutions, leur redevabilité, leur contrôle par le bas est une question fondamentale. Or elle est tributaire de la mise en place d’une véritable démocratie participative impliquant les citoyens, en particulier ceux des territoires relégués, et non seulement de <em>« consultations »</em> menées sur injonction des bailleurs de fonds.</p>



<p><strong>Source : Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Covid-19 : la jeunesse, un atout pour l&#8217;Afrique</title>
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				<pubDate>Sat, 06 Jun 2020 09:31:28 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/20419103lpw-20419125-article-jpg_7154451_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-16963" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/20419103lpw-20419125-article-jpg_7154451_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/20419103lpw-20419125-article-jpg_7154451_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /><figcaption>Des lycéens portent des masques faciaux devant leur école le 25 mai 2020, à Abidjan.  © ISSOUF SANOGO / AFP</figcaption></figure>



<h4>Des chercheurs ont regardé de plus près ce que disent les&nbsp;statistiques pour comprendre ce facteur déterminant sur le nombre de décès dus au Covid-19.</h4>



<p>Le 19&nbsp;mars 2020, 20&nbsp;jours exactement après la confirmation du premier cas du Covid-19 en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;subsaharienne, le directeur de l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/oms">OMS</a>déclarait que l&rsquo;Afrique devait&nbsp;<a href="https://information.tv5monde.com/video/coronavirus-l-afrique-doit-se-preparer-au-pire-estime-l-oms" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;s&rsquo;attendre au pire&nbsp;»</a>. Cette assertion se basait sur le constat que l&rsquo;état des systèmes de santé des pays africains ne permettrait pas de répondre efficacement à la pandémie. À ce jour, cependant, le continent africain compte&nbsp;<a href="https://www.financialafrik.com/2020/05/18/covid-19-lafrique-represente-2-des-cas-signales-dans-le-monde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pour à peine 2&nbsp;%</a>&nbsp;des cas confirmés dans le monde, et moins de 1&nbsp;% des décès. Même si la limitation du nombre de tests ne permet pas d&rsquo;estimer la prévalence de la maladie en Afrique, ces statistiques remettent en cause les prévisions alarmistes et apocalyptiques d&rsquo;un effet ravageur de la pandémie dans le continent, notamment dans sa partie subsaharienne.</p>



<h4>Le Covid-19&nbsp;: une pandémie liée à la structure par âge des populations</h4>



<p>Les données des premiers pays affectés montrant une létalité de la maladie concentrée chez les personnes âgées d&rsquo;au moins 60&nbsp;ans et une&nbsp;<a href="https://www.ispionline.it/en/pubblicazione/how-africas-age-structure-will-affect-impact-covid-19-25703" target="_blank" rel="noreferrer noopener">quasi-absence de mortalité chez les moins de 20&nbsp;ans</a>, les démographes ont posé l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une évolution différentielle de la pandémie selon la&nbsp;<a href="https://www.prb.org/oldest-areas-may-be-hardest-hit-the-importance-of-age-structure-in-understanding-mortality-during-the-Covid-19-pandemic/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">structure par âge des populations</a>. Celle-ci suggérait qu&rsquo;avec une&nbsp;<a href="https://www.cgdev.org/blog/what-populations-age-structure-means-covid-19s-impact-low-income-countries" target="_blank" rel="noreferrer noopener">population d&rsquo;un âge médian de 18,7&nbsp;ans</a>, une espérance de vie à la naissance de 60,5&nbsp;ans et une proportion de personnes âgées de plus de 60&nbsp;ans de seulement 4,8&nbsp;%, la pandémie aurait une faible incidence en Afrique.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/06/20419103lpw-20419127-embed-libre-jpg_7154454.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/06/20419103lpw-20419127-embed-libre-jpg_7154454.jpg" alt=""/></a></figure>



<p>Pourtant, ce potentiel atout de sa jeunesse a été systématiquement battu en brèche avec le postulat que les endémies affectant le continent comme la malnutrition, le paludisme, le VIH et la tuberculose, de par la baisse de l&rsquo;immunité qu&rsquo;elles induisent, augmentent nécessairement la&nbsp;<a href="https://www.ispionline.it/en/pubblicazione/how-africas-age-structure-will-affect-impact-Covid-19-25703" target="_blank" rel="noreferrer noopener">vulnérabilité de la jeunesse africaine au Covid-19</a></p>



<p>Alors que les prédictions d&rsquo;une flambée tardive de la maladie sur le continent persistent, les données empiriques collectées sur le Covid-19 au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/burkina-faso">Burkina Faso</a>&nbsp;aident à faire évoluer le débat sur la progression particulière de la maladie que l&rsquo;on y observe.</p>



<h4>Quelle relation entre l&rsquo;âge et la propagation du Covid-19 au Burkina Faso&nbsp;?</h4>



<p>Notre étude en cours de rédaction («&nbsp;L&rsquo;effet de l&rsquo;âge sur le taux de létalité du Covid-19 au Burkina Faso&nbsp;» par Madeleine Wayack Pambè, Bruno Lankoande et Seni Kouanda) met en évidence l&rsquo;effet de l&rsquo;âge sur le taux de létalité du Covid-19 au Burkina Faso. Le pays a enregistré son premier cas de Covid-19 le 9&nbsp;mars 2020. À la date du 17&nbsp;mai, il cumulait 806&nbsp;cas positifs (dont 508&nbsp;hommes et 298&nbsp;femmes) et 52&nbsp;décès. À l&rsquo;instar du reste du sous-continent subsaharien, la population du pays est jeune, avec un âge médian estimé&nbsp;<a href="https://population.un.org/wpp/Download/Standard/Population/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à 17,6&nbsp;ans et une espérance de vie à la naissance de 60,9&nbsp;ans</a>.</p>



<p>Conformément à ce qui est observé dans les pays occidentaux, les risques d&rsquo;hospitalisation et la létalité dus au Covid-19 sont étroitement liés à l&rsquo;âge au Burkina Faso. Sur 604&nbsp;cas positifs (dont 50&nbsp;décès) analysés, 1,8&nbsp;% avaient moins de 20&nbsp;ans, et aucun décès n&rsquo;avait été enregistré au sein de cette population.</p>



<p>L&rsquo;essentiel des décès (66&nbsp;%) a eu lieu chez les personnes âgées de 60&nbsp;ans et plus. La moyenne d&rsquo;âge augmente avec la gravité de la maladie. Elle est de 40&nbsp;ans chez les non-hospitalisés, de 50&nbsp;ans chez les hospitalisés, et de 64&nbsp;ans chez les personnes décédées. On note que la moyenne d&rsquo;âge des personnes décédées est beaucoup plus basse que celle observée ailleurs –&nbsp;<a href="https://tinyurl.com/ycxatl3l" target="_blank" rel="noreferrer noopener">81&nbsp;ans en Italie</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://hal-pasteur.archives-ouvertes.fr/pasteur-02548181/document" target="_blank" rel="noreferrer noopener">79&nbsp;ans en France</a>&nbsp;par exemple. Elle reflète ainsi la structure de la mortalité du pays, qui compte peu de personnes vivant au-delà de 64&nbsp;ans. Les analyses statistiques préliminaires montrent que l&rsquo;effet de l&rsquo;âge sur la létalité du Covid-19 demeure déterminant, après le contrôle par les facteurs de risque connus de la maladie dont le sexe et les maladies cardio-vasculaires y compris l&rsquo;hypertension, le diabète et les maladies rénales.</p>



<p>En limitant l&rsquo;analyse aux personnes hospitalisées, pour lesquelles les facteurs de risque sont disponibles, on observe une létalité cinq fois plus élevée chez les personnes âgées de plus de 60&nbsp;ans, comparativement aux moins de 40&nbsp;ans. La différence de létalité entre les moins de 40&nbsp;ans et le groupe d&rsquo;âge 40-59&nbsp;ans est modeste. Le diabète et les maladies cardio-vasculaires sont également des facteurs de risque, mais une analyse par groupe d&rsquo;âge indique que leurs effets sont plus visibles dans le groupe d&rsquo;âge 40-59&nbsp;ans. Globalement, donc, l&rsquo;âge est le facteur le plus déterminant de la létalité du Covid-19 au Burkina Faso.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/06/20419103lpw-20419128-embed-libre-jpg_7154455.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/06/20419103lpw-20419128-embed-libre-jpg_7154455.jpg" alt=""/></a><figcaption>Après plusieurs semaines de fermeture, les élèves ont repris le chemin de l’école le 11&nbsp;mai dernier au Bénin.&nbsp; © Yanick Folly/AFP</figcaption></figure>



<h4>La jeunesse de sa population&nbsp;: un solide rempart contre le Covid-19 en Afrique</h4>



<p>Les premières données analysées du Covid-19 au Burkina Faso confirment ainsi que les schémas par âge de la létalité de cette maladie ne diffèrent pas de ceux des pays occidentaux. Malgré l&rsquo;absence de données sérologiques permettant de connaître la prévalence de la maladie dans la population générale, on peut avancer qu&rsquo;à contagiosité égale à celle de l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/europe">Europe</a>, les populations africaines, qui comptent peu de personnes âgées, développent moins de cas symptomatiques et sévères et, conséquemment, connaissent moins de décès.</p>



<p>Les facteurs de comorbidité – présence d&rsquo;autres maladies ou pathologies s&rsquo;ajoutant à la maladie initiale – particuliers envisagés pour le continent ne contribuent pas non plus à la propagation de la maladie. Le paludisme et la malnutrition (sous-nutrition) touchent essentiellement les enfants de moins de 5&nbsp;ans qui ne sont que très peu susceptibles d&rsquo;être contaminés par le Covid-19. Par ailleurs, l&rsquo;évolution de la pandémie dans certains pays africains très affectés par le VIH et la tuberculose tels que l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique-du-sud">Afrique du Sud</a>&nbsp;semble indiquer que les progrès dans le traitement des patients font que ces pays ne sont pas particulièrement plus «&nbsp;à risque&nbsp;».</p>



<p>Si l&rsquo;Afrique doit payer un lourd tribut sanitaire à la pandémie, ce sera certainement dû à d&rsquo;autres effets indirects, tels que la baisse du recours aux soins et le relâchement de certaines politiques en faveur de la santé de la mère et de l&rsquo;enfant. Pour le moment, elle résiste mieux, grâce en grande partie à la structure par âge de sa population composée majoritairement de jeunes.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>L’édition jeunesse africaine, plus dynamique que jamais mais encore trop peu visible</title>
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				<pubDate>Fri, 29 Nov 2019 19:09:47 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/b4585ff_FU5sgvKZNzQ_Nv9RU4D6bkQc.jpg" alt="" class="wp-image-11810" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/b4585ff_FU5sgvKZNzQ_Nv9RU4D6bkQc.jpg 688w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/b4585ff_FU5sgvKZNzQ_Nv9RU4D6bkQc-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 688px) 100vw, 688px" /><figcaption>People attend the 11th Abidjan Book Fair on May 19, 2019 at the Palais de la Culture in Abidjan. (Photo by ISSOUF SANOGO / AFP)</figcaption></figure>



<p><strong>En vingt ans, le secteur s’est structuré économiquement et a développé une offre éditoriale riche, créative et locale.</strong></p>



<p>A Montreuil, ces jours-ci, l’Afrique est partout et nulle part en même temps. Ses animaux, ses paysages, son histoire, ses personnages hauts en couleur, ses musiques et ses contes s’exposent sur tous les étals du Salon du livre et de la presse jeunesse. Mais les éditeurs africains, eux, sont quasiment absents.</p>



<p>A l’exception de deux petites maisons, la tunisienne Editions du Jasmin et la marocaine Marsam Editions, qui publient de jolis albums souvent bilingues français-arabe, les professionnels du continent n’ont pas pu prendre stand lors de cet important rendez-vous annuel qui se tient cette année du 29 novembre au 2 décembre dans la ville de Seine-Saint-Denis. <em>« Sans subvention, cela reste encore trop cher pour nous »</em>, explique tout de go Robert Nkouamou, qui dirige les éditions <a href="http://editionsakomamba.com/">Akoma Mba</a> au Cameroun. Il a quand même fait le déplacement à Montreuil, <em>« en visiteur »</em>.</p>



<p>L’éditeur, ancien professionnel de l’imprimerie, a repris il y a sept ans la maison créée en&nbsp;1996 par des auteurs.&nbsp;<em>«&nbsp;A l’époque, ces passionnés se sont rendu compte que pour faire aboutir leurs projets, ils devaient se faire éditeurs. Ils se sont lancés, sans formation de gestionnaire.&nbsp;»</em>&nbsp;Quand Robert Nkouamou rachète Akoma Mba, en&nbsp;2012, il décide de retravailler le catalogue, un fonds riche mais qui pêche par son côté artisanal. Il s’agissait de&nbsp;<em>«&nbsp;corriger les albums, retravailler la colorimétrie, peaufiner les maquettes, la gravure, en reprenant une fabrication soignée qui nous hisse au niveau des standards internationaux&nbsp;»</em>, détaille-t-il.</p>



<p>Pour atteindre ce but, la maison a monté son propre studio, avec directeur artistique, scénaristes, coloristes, illustrateurs, relecteurs… L’éditeur travaille désormais à étoffer son catalogue, spécialisé dans le livre loisir et la bande dessinée, en créant la collection «&nbsp;Source de savoirs&nbsp;», qui ambitionne de collecter les contes et légendes des peuples béti, peul, bamoun&nbsp;<em>«&nbsp;et bien d’autres encore&nbsp;»</em>&nbsp;en 52&nbsp;albums.&nbsp;<em>«&nbsp;Désormais, nous aspirons à être critiqués sur autre chose que la forme, même si notre catalogue reste modeste avec seulement 32&nbsp;références&nbsp;»,</em>&nbsp;conclut M.&nbsp;Nkouamou. Et en&nbsp;2020, promis, Akoma Mba aura son stand à Montreuil.</p>



<h4>Education «&nbsp;enrichie&nbsp;»</h4>



<p>L’aventure de cette maison d’édition camerounaise illustre bien les évolutions du secteur ces vingt dernières années. Celui-ci s’est professionnalisé, structuré économiquement, offrant une riche variété de créations dont la qualité ne cesse de monter en gamme. De Dakar à Antananarivo en passant par Abidjan, Cotonou ou Yaoundé, les parents ont désormais accès à une littérature jeunesse foisonnante, parfois en langues locales, grâce aux sites Internet des maisons d’édition elles-mêmes mais aussi à des portails d’achat tels qu’Africavivre, Afrilivres ou même Amazon.</p>



<p>La multiplication des événements autour du livre et de la bande dessinée à destination du jeune public est aussi gage du dynamisme du secteur&nbsp;: Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar, Salon international du livre de Yaoundé ou d’Abidjan, Salon du livre jeunesse de Cotonou, Salon africain de la bande dessinée et de la lecture pour la jeunesse de Kinshasa, Foire panafricaine du livre pour enfants au Kenya… Derniers-nés, Conakry et Casablanca tiennent désormais salon, depuis 2017 et 2019, pour fêter l’édition jeunesse. En France, des associations comme D’un livre à l’autre se démènent aussi pour faire connaître la richesse de la production afro-caribéenne avec son salon de Clichy (Hauts-de-Seine), qui s’est tenu les 23 et 24&nbsp;novembre pour la septième année consécutive.Lire aussi&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/11/28/ganndal-fer-de-lance-de-l-edition-jeunesse-en-guinee_5389914_3212.html">Ganndal, fer de lance de l’édition jeunesse en Guinée</a></p>



<p>Pour être plus solide et plus visible, plusieurs éditeurs jeunesse ont investi le domaine du livre scolaire et parascolaire. La filière s’est aussi organisée en différents collectifs d’associations. Elle communique désormais grâce au travail de passionnés qui proposent des articles sur le secteur, des sélections et des critiques des nouveautés, témoignant de la créativité des auteurs et des illustrateurs. Ces revues professionnelles ou amateurs, telles qu’<em><a href="http://www.editafrica.com/fr/">EditAfrica</a>,&nbsp;<a href="https://www.munakalati.org/">Muna Kalati</a></em>&nbsp;ou&nbsp;<em><a href="http://takamtikou.bnf.fr/">Takam Tikou</a>,</em>&nbsp;n’hésitent pas non plus à interpeller les institutions du continent sur leur faible empressement à investir dans une éducation «&nbsp;enrichie&nbsp;».</p>



<h4>Bibliothèques et «&nbsp;vente au poteau&nbsp;»</h4>



<p>Car tous ces beaux livres ont encore du mal à parvenir aux enfants eux-mêmes. Si des efforts conséquents ont été consentis par les Etats africains ces vingt dernières années pour assurer une éducation de base à leur jeunesse – le Sénégal et le Cameroun ont atteint un taux d’alphabétisation pour les 15-24&nbsp;ans de 70&nbsp;% et 85&nbsp;%, selon l’Unesco –, ils n’ont pas encore mis les moyens pour faire du livre loisir un vecteur d’éducation.&nbsp;<em>«&nbsp;Les Etats doivent revoir leurs politiques publiques du livre, créer des bibliothèques, des centres de documentation et aider au développement des filières&nbsp;»,</em>&nbsp;analyse le chercheur camerounais Christian Ngnaoussi Elongué, créateur de la web-revue&nbsp;<em>Muna Kalati&nbsp;</em>:<em>&nbsp;«&nbsp;Car même quand les enseignants sont bien formés pour valoriser la culture du livre, ils se retrouvent devant des classes de 80&nbsp;élèves et la difficulté de s’assurer qu’ils apprennent correctement les bases.&nbsp;»</em></p>



<p>L’état déplorable des bibliothèques en Afrique en témoigne. Malgré des initiatives privées comme au Sénégal, où un réseau de 85 lieux a émergé en vingt-cinq ans grâce au projet associatif Lire en Afrique, tout reste à faire pour que les enfants africains aient accès au livre. Loin d’être isolée, la situation de la Guinée parle d’elle-même : <em>« Sur 35 bibliothèques, seulement 15 sont actives dans tout le pays »,</em> se désole Marie-Paule Huet, directrice des collections jeunesse aux éditions guinéennes Ganndal et ancienne bibliothécaire : <em>«</em> <em>Aucun budget n’est accordé à l’acquisition de nouveaux livres et les étagères sont occupées par des ouvrages issus de dons qui n’ont pas grand-chose à voir avec le quotidien des petits Guinéens. »</em></p>



<p><em>«&nbsp;La créativité des éditeurs permet de contourner cette difficulté&nbsp;»,</em>explique Véronique Tadjo, écrivaine ivoirienne à succès qui s’est lancée dans l’édition et l’illustration jeunesse il y a une dizaine d’années&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Mais sans bibliothèques dignes de ce nom, le livre africain ne pourra pas se développer davantage. Il faut amener les livres là où sont les enfants&nbsp;: à l’école.&nbsp;»</em></p>



<p>Face à cette quasi-absence de soutien institutionnel et de support scolaire, les stratégies commerciales à l’ancienne continuent de faire leurs preuves sur tout le continent&nbsp;: au-delà de la valorisation des catalogues sur Internet, on place ses créations chez les coiffeurs, les petits commerçants et dans les supermarchés des grandes villes, on quadrille les quartiers en faisant du mailing&nbsp;<em>«&nbsp;sous la porte&nbsp;»</em>, on continue de&nbsp;<em>«&nbsp;vendre au poteau&nbsp;»</em>&nbsp;sur les marchés.&nbsp;<em>«&nbsp;Notre meilleur vecteur pour atteindre les enfants reste donc les parents&nbsp;»,</em>&nbsp;ajoute Robert Nkouamou, d’Akoma Mba. D’autant plus que la diffusion et la distribution de toute cette production restent un problème économique majeur pour le secteur.</p>



<h4>«&nbsp;Eblouir les enfants avec leur propre histoire&nbsp;»</h4>



<p>En attendant, les éditeurs et auteurs africains ou de la diaspora se démènent pour développer une offre à hauteur d’enfant et qui valorise les innombrables cultures du continent. Un moyen de décentrer le regard qui reste encore trop fixé sur l’Occident.&nbsp;<em>«&nbsp;Quand on était enfant, même dans les années 1990,</em>&nbsp;témoigne Christian Ngnaoussi Elongué,&nbsp;<em>on se nourrissait de&nbsp;</em>Picsou Magazine<em>, de Blanche-Neige et des aventures du superhéros Zembla, inventé par des Français.</em>&nbsp;<em>Cela a nourri un rêve d’Europe, la construction d’un imaginaire étranger désirable et même une envie d’exil. Aujourd’hui, l’édition jeunesse africaine donne à aimer ce qui est produit localement, le patrimoine dont les enfants sont les héritiers.&nbsp;»</em></p>



<p>Une ambition incarnée, exemple parmi tant d’autres, par la maison d’édition malienne Cauris Livres, créée par Kadiatou Konaré, avec la&nbsp;<a href="http://www.caurislivres.com/index.php/catalogue/en-francais/jeunesse.html">collection «&nbsp;Lucy&nbsp;»</a>, lancée en&nbsp;2013 à destination des enfants à partir du CP. Chaque album est consacré à une grande figure politique, médiatique, historique ou sportive du continent&nbsp;: de la Sud-Africaine Miriam Makeba au marathonien éthiopien Abebe Bikila, en passant par le Ghanéen Kwame Nkrumah ou le Nigérian Fela Kuti.&nbsp;<em>«&nbsp;L’idée est d’éblouir les enfants avec leur propre histoire,</em>explique la Franco-Camerounaise Kidi Bebey, qui dirige la collection.&nbsp;<em>Faire comprendre aux enfants que le centre du monde est désormais partout.&nbsp;C’est une nécessité pour les enfants issus d’Afrique mais aussi pour les autres, qui ont besoin d’apprendre une histoire élargie du monde.&nbsp;»</em></p>



<p><strong>Source:Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Le Premier ministre tunisien désigné promet de redonner espoir aux jeunes frustrés et aux entreprises réformées</title>
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				<pubDate>Sun, 17 Nov 2019 13:55:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/jemli-592x296-1573830736-1.jpg" alt="" class="wp-image-11360" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/jemli-592x296-1573830736-1.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/jemli-592x296-1573830736-1-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 592px) 100vw, 592px" /></figure>



<p><strong>Le prochain gouvernement tunisien devrait s&#8217;employer à réformer l&rsquo;économie en difficulté et à redonner espoir aux jeunes frustrés, a déclaré dimanche le Premier ministre désigné.</strong></p>



<p>Habib Jemli est confronté au défi de créer une coalition au pouvoir dans la Tunisie économiquement troublée après que le parti islamiste modéré Ennahda, qui a remporté la plupart des sièges à l&rsquo;élection du mois dernier, l&rsquo;ait nommé Premier ministre.</p>



<p>Berceau du Printemps arabe, la Tunisie est le seul pays à réaliser une transition pacifique vers la démocratie après les révoltes de 2011 qui ont balayé les autocrates du pouvoir en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.</p>



<p>Mais depuis lors, de nombreux gouvernements n&rsquo;ont pas réussi à résoudre les problèmes économiques, notamment l&rsquo;inflation élevée et le chômage, source de mécontentement, en particulier chez les jeunes.</p>



<p>« Ce sera la dernière chance pour le processus révolutionnaire », a déclaré Jemli.&nbsp;«Les Tunisiens ont été assez patients et les jeunes sont frustrés.&nbsp;Il est temps qu&rsquo;ils voient l&rsquo;espoir et la lumière au bout du tunnel. « </p>



<p>Les priorités seront de lutter contre l&rsquo;inflation des prix et d&rsquo;améliorer les conditions de vie et les services publics des Tunisiens.</p>



<p>Le chômage s&rsquo;élève à environ 15% en raison de la faible croissance, du faible investissement et d&rsquo;une inflation élevée de près de 7%.&nbsp;L&rsquo;impatience grandit parmi les institutions prêteuses telles que le Fonds monétaire international qui ont contribué à maintenir la Tunisie à flot et militent pour des réformes économiques.</p>



<p>Ces problèmes, conjugués à la détérioration des services publics et à la perception de la corruption par le gouvernement, ont poussé les électeurs à rejeter l’établissement politique aux élections.</p>



<p>Jemli, proche du parti Ennahda, entamera lundi des consultations avec les partis politiques pour discuter du programme gouvernemental et choisir les ministres.&nbsp;Il s&rsquo;attend à ce que cela prenne des semaines.</p>



<p>Jemli a servi comme ministre adjoint dans le premier gouvernement formé fin 2011 après la chute de l&rsquo;autocrate Zine El-Abidine Ben Ali à la suite d&rsquo;un soulèvement pro-démocratique.&nbsp;Ennahda a également dirigé ce gouvernement.</p>



<p>Tout nouveau gouvernement aura besoin de l&rsquo;appui d&rsquo;au moins deux autres partis pour obtenir même la majorité parlementaire minimale de 109 sièges nécessaire pour adopter une loi.</p>



<p>&nbsp; Si Jemli ne peut pas former un gouvernement dans les deux mois, le président peut demander à un autre d&rsquo;essayer.&nbsp;Si cela échoue et que l&rsquo;impasse persiste, il y aura une autre élection.</p>



<p>« Au lieu de différends politiques sur les postes et les sièges, il convient de mettre l&rsquo;accent sur les réformes économiques, y compris celles des entreprises d&rsquo;État confrontées à des difficultés majeures », a déclaré Jemli.</p>



<p><strong>Source: Reuters Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>COTE D’IVOIRE : entre incivisme et drogues, une jeunesse en dérive</title>
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				<pubDate>Mon, 21 Oct 2019 06:34:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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		<category><![CDATA[Côte d’Ivoire]]></category>
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				<description><![CDATA[Malgré une croissance économique enviable et sa position de privilégiée par rapport aux pays voisins, la jeunesse de la Côte d’Ivoire en tire peu profit. La culture de la facilité, le phénomène du cybercriminalité, le culte de la paresse et la multiplication, dans les grandes villes, de fumoirs, ont réduit les jeunes en spectateurs impuissant...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/CI-JEUNESSE-F-720x430.jpg" alt="" class="wp-image-10488" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/CI-JEUNESSE-F-720x430.jpg 720w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/CI-JEUNESSE-F-720x430-300x179.jpg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p><strong>Malgré une croissance économique enviable et sa position de privilégiée par rapport aux pays voisins, la jeunesse de la Côte d’Ivoire en tire peu profit. La culture de la facilité, le phénomène du cybercriminalité, le culte de la paresse et la multiplication, dans les grandes villes, de fumoirs, ont réduit les jeunes en spectateurs impuissant de leur propre destin. Alors que l’incivisme et la perte de repères éthiques n’auront jamais atteint un tel niveau, Afrika Stratégies France clore son Spécial Côte d’Ivoire par une alerte à l’endroit d’une jeunesse qui a du mal à profiter des signaux verts de l’économie.</strong></p>



<p>Samedi 31 août&nbsp;! Abidjan est encore sous le choc de la disparition brutale et inattendue de DJ Arafat. Le roi du coupe-décalé, mort le 12 août des suites d’un accident de moto à Abidjan, venait d’être conduit à sa dernière demeure au cimetière de Williamsville. Des obsèques grandioses et gigantesques pour l’un des artistes qui aurait marqué son temps. De par son talent ou de par ses frasques ? Toujours est-il que Yôrôbô ou encore Daishikan, autres surnoms de l’artiste, a bâti son empire avec des millions de jeunes qui partagent sa vision. “<em>La Chine</em>” comme il a surnommé ses fans en référence à l’abondante population du géant d’Asie. Avec une violence inouïe, défiant tout obstacle et tout sens de l’éthique, des centaines de jeunes s’en sont pris à la sépulture de l’artiste qu’ils n’ont pas hésité à profaner. Brandissant entre rage et liesse, un cadavre décravaté. Une scène si ignoble, si cruelle. Ce jour-là, la jeunesse ivoirienne déjà tourmentée, en quête d’orientation et de repères, a touché, à nouveau le fond. Une spirale négative dans laquelle cette frange de la population, la plus importante, s’est empiffrée depuis quelques années. Une jeunesse sans repères, abonnée à la drogue et aux stupéfiants de tous genres, délaissée et révoltée, presqu’opposée à toute norme. Entre incivisme et «&nbsp;foutaise&nbsp;»…</p>



<p><strong>Le civisme a déserté le forum</strong></p>



<p>L’ECM ou encore l’Education civique et morale. Jusqu’au début des années 2000, ce programme avait une place de choix dans l’enseignement en Côte d’Ivoire. Dans tous les établissements secondaires, éducatifs et autres structures d’animation, on inculquait, à travers cette matière, les valeurs de civisme et de morale aux élèves ivoiriens, citoyens de demain. Sa disparition brusque depuis quelques année a de quoi inquiéter, d’autant que depuis lors, des actes d’incivisme se multiplient et à défaut de modèles, la jeunesse se laisse aller aux simplismes et aux raccourcis sans efforts. La facilité, la corruption, la violence, la tricherie, l’irresponsabilité, l’indiscipline,… que subit la société ivoirienne aujourd’hui est le reflet du peu d’intérêt accordé à l’enseignement de l’ECM. L’Education civique et morale, dès lors, s’affirme comme l’élément catalyseur, l’épine dorsale de toute formation. Le changement de mentalités appelé de toutes nos forces passe également par l’enseignement des valeurs fondamentales qui fondent la société humaine. On enseignait à un enfant qu’il ne peut occuper un siège dans un autobus alors qu’il y a plus âgé qui se cherche un siège. Aujourd’hui, le réflexe de céder sa place à l’aîné n’existe plus. Le respect de la chose publique, la préservation du bien privé, l’entretien du cadre de vie, le respect de l’autorité laisse la place à une désinvolture culturelle entretenue par des styles de vie et parfois des musiques rimant avec la vulgarité. Et il n’est pas rare de voir un individu jeter sur la chaussée un mouchoir usé, un objet dont on ne se sert plus. Les déchets domestiques sont entreposés dans les rues, les carrefours sans que cela n’émeuve personne. Comme si la norme portait en elle quelque chose de dérangeant.</p>



<p><strong>La démission parentale</strong></p>



<p>La situation actuelle des enfants ivoiriens est la conséquence directe de la démission des parents. Trop occupés à assurer la pitance quotidienne de la famille, le père de famille s’informe à peine sur le quotidien de son enfant. La situation est même plus alarmante quand l’homme et la femme sont régulièrement absent du carcan familial pour les besoins professionnels. Dès lors, l’éducation des enfants est laissée, dans un premier temps aux nounous, et dans un second temps aux médias. Et aujourd’hui, le constat est clair et net. Les enfants ivoiriens nés pendant la crise sont les premières victimes de cette musique aux sonorités peu recommandables. Contraints de s’abreuver à ce qui leur est servi par les différents médias contrôlés par les filles de maison qui sont en réalité les vrais décideurs, les enfants ont vite fait d’adopter ce qu’ils voient au quotidien, à longueur de journée. Alors qu’il est difficile à un enfant de cours élémentaire de réciter correctement un poème, il n’est pas exclu pour autant de voir le même élève reprendre les paroles des chansons des artistes sans même la moindre hésitation. Esclaves de cette musique populaire et vulgaire, et face au manque de responsabilité parentale, les jeunes ne peuvent que se donner des prototypes, des exemples. Et l’influence grandissante du coupé-décalé sur la jeunesse ivoirienne tire ainsi sa source de la dislocation de la cellule familiale avec la prise en main de l’éducation. Sur les programmes télévisés, un contrôle parental s’impose pour éviter que les enfants s’avilissent davantage. Et à ce niveau, l’éducation religieuse devrait avoir une importance majeure dans cette mission si délicate de donner de nouvelles orientations aux jeunes qui trouvent leur salut dans la drogue et l’alcool.</p>



<p><strong>Le refuge de la drogue et de l’alcool</strong></p>



<p>L’incursion du coupé-décalé en 2002 accompagnée par les médias a permis à la jeunesse ivoirienne de se trouver un moyen de détendre l’âme. Plus touchés par la crise, les jeunes, pour donner un sens à leur existence face au sombre tableau dressé devant eux, se sont tournés vers la consommation de la drogue et de l’alcool. Dans les espaces où fusent les sonorités coupé-décalé, ces produits sont très prisés. Face à ces fléaux destructeurs, la Côte d’Ivoire a mis en place un plan national de lutte contre l’abus et le trafic de drogues. Car au moins 12% de la population âgée de 15 à 64 ans consomme des drogues. Alors ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, l’actuel ministre de l’Administration territoriale, Sidiki Diakité, a appelé à l’ouverture de la 31e édition de la Journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite de drogues, en 2018, la société ivoirienne à aider le gouvernement dans la lutte contre la consommation de drogues. La Côte d’Ivoire, a également confié le secrétaire général du Comité interministériel de lutte anti-drogue (Cilad), Mamadou Kourouma, en plus d’être «un pays de transit et de trafic», est devenue «un pays de consommation de drogues». En 2013, environ 50 tonnes de drogue d’une valeur de deux milliards de francs CFA (environ 3,5 millions de dollars) en partance pour l’Europe avaient été saisies à l’aéroport d’Abidjan. La douane ivoirienne a saisi plus de 30 kilogrammes de drogue en provenance du Brésil et en partance pour le Burkina-Faso, et huit tonnes de cocaïne en direction de la Côte d’Ivoire ont été saisies en Bolivie. La consommation de la drogue a même quitté les fumoirs également appelés “Wanch” pour élire domicile dans les établissements scolaires. En 2017, selon les révélations du secrétaire général du CILAD, seize établissements ont été épinglés pour cause de drogue cette même année. En plus des drogues habituelles, l’alcool est devenu un passe temps favori des jeunes. Que ce soit en milieu urbain, rural, scolaire, dans les espaces de consommation habituelle, la consommation de l’alcool est un fléau qui impacte négativement le futur des jeunes. Abandonné par la cellule familiale, adopté par la rue et ce qu’il lui est donné de voir dans les médias, le jeune tente d’imiter à tout égard son idole. Et quand il n’est pas exclu de voir des artistes sur podium avec une bouteille d’alcool ou encore une cigarette, le fléau a pris dans l’ampleur dans le milieu.</p>



<p><strong>La prise de conscience</strong></p>



<p>Un secrétariat d’Etat chargé du Service civique. C’est l’entité créée par le président de la République de Côte d’Ivoire pour mieux éduquer sa population. Alassane Ouattara qui met, au centre de son action, ne cesse d’appeler à l’avènement d’un Ivoirien nouveau. Un citoyen très engagé dans sa communauté, respectueux de ses aînés, des us et coutumes et particulièrement des institutions de la République et des personnalités qui les incarnent. La Côte d’Ivoire en pleine expansion, lancée vers l’émergence, a besoin du civisme et de la citoyenneté pour accompagner son développement. Conscient que la culture civique constitue le socle d’une société stable et démocratique, le secrétaire d’Etat Siaka Ouattara ne manque aucune de valoriser le civisme comme cela l’a été lors du lancement de la journée du civisme et de la citoyenneté. L’usage de la force et de la violence comme moyens d’expression et de revendication, la baisse de l’élan de solidarité, la perte de l’éthique, du sens de la responsabilité et des valeurs sociales, la destruction des symboles d’Etat, de biens privés et publics,…sont les conséquences directes de l’incivisme. Alors pour remettre la Côte d’Ivoire au travail et de responsabiliser a sa jeunesse, les leaders de demain, la Côte d’Ivoire sous la gouvernance de Ouattara accorde une place de choix à la culture du civisme et à la citoyenneté. Ce qui aura le mérite de préparer une élite responsable, soucieuse du bien-être de sa population. Surtout que le pouvoir d’Abidjan ne ménage aucun moyen pour rendre sa jeunesse autonome travers plusieurs actions en sa faveur dont la dernière en date est bien sûr “Agir pour les jeunes”, une initiative du gouvernement qui vise à promouvoir l’entreprenariat des jeunes à travers le financement rapide de projets à potentiel immédiat et pourvoyeurs d’emplois.</p>



<p>La jeunesse ivoirienne a perdu dans l’ensemble des valeurs sociales. Mieux lotie que d’autres, elle aurait pu profiter de la situation économique bien enviable du pays et en saisir les opportunités. Ce qui n’est, jusque-là, pas le cas. Mais elle peut toujours rattraper le temps perdu d’autant qu’elle est devenue une priorité, face au défi de l’emploi, de la politique sociale du gouvernement. Mieux vaut tard que jamais, dirait l’autre.</p>



<p><strong>Source: Afrika Strategies France/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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