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	<title>jack ma &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>CHINE/COVID-19 : La diplomatie du masque</title>
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				<pubDate>Wed, 15 Apr 2020 05:40:56 +0000</pubDate>
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<p><strong>Pékin reçoit des chaînes de demande du monde entier, notamment de la France, de toute l’Europe mais aussi des Etats-Unis. En Afrique, c’est Jack Ma qui est le bras humanitaire de l’Empire du Milieu. Désormais, face aux besoins cruciaux de masques qui se multiplient dans le monde, la Chine déroule, subtilement, sa diplomatie de masques et face à une pandémie qui menace l’humanité, le pays de Mao Tsetung n’aura jamais été, avec sublime courtoisie diplomatique, autant sollicité. Retour en scène d’une puissance qui tient en l’Occident.</strong></p>



<p>5 avril. De l’aéroport de Carthage, décolle un avion Tunisair en direction de la Chine. Mais le Boeing ne fera pas plus d’une heure de vol en tout. Après trente minutes, l’appareil entame un retour, vers son aéroport de départ. Raison&nbsp;? La compagnie nationale vient d’être informée de ce que la cargaison qu’elle allait chercher avait disparu du tarmac de l’aéroport de Shanghai. En effet, 37 tonnes de produits para médicaux devraient être ramenés en Tunisie, par cet avion, parti vide. Quelques heures plus tard, des rumeurs dans la presse locale font état de ce que la cargaison aurait été rachetée, à prix d’or, par les Etats-Unis. Une anecdote qui vient corroborer une autre, quelques jours plus tôt, d’une livraison initialement destinée à une région française avant d’être rachetée, au pieds de l’avion et au quadruple de son prix de base, par Washington. Trump démentira cette information confirmée pourtant par les autorités françaises. Comme si, gants, masques et autres produits de protection contre le Covid-19 font objet de tristes concurrence entre les puissances du monde et Pékin, remettant la Chine au cœur de la diplomatie du monde, derrière des maques dont certains ne répondraient même pas aux normes conventionnelles. Mais une chose est certaine, la diplomatie des masques donne un nouveau souffle à la diplomatie Chinoise et à l’image de Xi Jinping, qui en tire le maximum de profit.</p>



<p><strong>Ali Baba au secours de l’Afrique</strong></p>



<p>L’Afrique, pour une fois, est mise à l’écart de cette concurrence entre grandes nations. Et pour cause, il s’agit aussi d’un jeu de grosses sommes que le continent n’est pas prêt à débourser, pour protéger une population dont, parfois, les dictateurs au pouvoir ne se préoccupent guère. Mais heureusement, depuis le début de l’épidémie en Afrique, un mystérieux philanthrope, aux sulfureuses ramifications tropicales vole au secours de l’Afrique. L’opération part de Addis-Abéba, capitale politique de tout un continent et siège de son organisation d’intégration. L’aéroport principal de l’Ethiopie voit arriver, en cargo d’Ethiopian airlines un peu plus d’un million de tests de dépistage du Covid-19 ainsi que 5,4 millions de masques. Une livraison qui sera répartie sur tout le continent. Le milliardaire chinois a promis&nbsp;<em>“100 000</em>&nbsp;<em>masques, 20 000</em>&nbsp;<em>kits de dépistage et 1 000</em>&nbsp;<em>combinaisons de protection”</em>&nbsp;à chacune des 54&nbsp;nations africaines. Abiy Ahmed remerciera d’ailleurs, sur son compte twitter le patron de Ali Baba. Le Premier ministre éthiopien entretient avec l’homme d’affaire, des relations plutôt très amicales, à l’instar de plusieurs dirigeants du continent dont les présidents du Togo, du Ghana, de la Guinée Conakry ou encore du Sénégal et du Bénin. Bref, en Afrique, Jack Ma est en terrain conquis. Un geste humanitaire dont le milliardaire de 55 ans qui scrute des pistes d’investissement sur le continent saura en tirer profit au moment venu. En attendant, il aurait donné un coup de main à l’une des régions les plus vulnérables face à la pandémie. Sans hôpitaux, dépourvue de respirateurs et ne disposant que d’un seul lit de réanimation (au Mali), à quelques dizaines, l’Afrique peut souffler, derrière les maques de Ma en attendant, alors que le précieux couvre-nez est au cœur de voraces coups de ruse entre les puissances.</p>



<p><strong>Pékin reprend la main par le Covid</strong></p>



<p>Samedi 28 mars. Le ton grave, le Premier ministre français tient, avec des experts et le ministre de la santé, une conférence de presse. Dans la salle, exceptionnellement, un seul journaliste. L’agencier de l’Agence France presse représente toute la presse de l’hexagone pour éviter une contamination entre professionnels des médias. Plusieurs fois, la Chine revient dans la bouche de Philippe. Masques, appareils d’assistance respiratoire, tests, sérologie, tout vient de la Chine. Le gouvernement français a annoncé d’ailleurs un pont humanitaire entre les deux pays. Une commande de 600.000 respirateurs a été faite par la France qui n’est pas certaine de l’avoir. Car, avoir des masques relève désormais d’un parcours de combattant, avec la Chine en star. Tous les pays ont intérêt à avoir désormais de bonnes relations avec Xi Jinping. Aux Etats-unis, malgré la tension entre les deux pays, plusieurs livraisons de tests du Covid-19 sont attendues par la ville de New-York, la plus touchée du pays. Trump qui a su baisser le ton et s’entretient régulièrement au téléphone avec le dirigeant chinois a déjà obtenu plusieurs millions de livraisons. L’Italie, et l’Espagne ont aussi reçu masques, tests et même médecins chinois alors qu’à Roissy, en banlieue parisienne, deux avions humanitaires sont déjà arrivés de Pékin fin mars. La Chine, souvent indexée pour la qualité aléatoire de ses produits est devenue le centre de toutes les attentions. Et tirant tout son avantage de la situation, Pékin enchaine de la com sur les médias d’Etat et ne manque aucune occasion de faire du show diplomatique sur ses exploits dans le monde. En attendant, ses conflits commerciaux avec Washington sont délicatement mis à l’écart. Car, plus ou moins sortie de l’épidémie, la Chine est le seul pays qui peut fournir aujourd’hui, en quantité conséquente, les produits de protections. Et cela, la Maison blanche le sait mieux que quiconque d’autant que les Etats-Unis compte plus de la moitié des malades et s’attend déjà, selon les prévisions de Trump, à perdre jusqu’à «&nbsp;240.000 citoyens&nbsp;» essentiellement des noirs selon plusieurs constats concordants.</p>



<p><strong>La Chine tient le monde à l’œil, derrière ses masques</strong></p>



<p>La Chine est devenue le centre du monde. Sans son aide, l’Italie aurait plus de mal à s’en sortir. Avec les 400.000 personnes diagnostiquées en Europe, près de la moitié se trouve en Italie et tout comme la Chine, le Cuba y a dépêché&nbsp;<em>plusieurs dizaines de médecins et de soignants. Entretenant de bonnes relations avec Xi, Macron espère «&nbsp;disposer rapidement des commandes en Chine</em>&nbsp;» d’autant que sa gestion de la pandémie est très critiquée par les français. L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne ou encore la Grande Bretagne, aucun pays développé ne peut se passer des masques chinois. Bien que Madrid ait reçu une livraison dont la moitié est avariée, Pedro Sanchez a préféré faire profil bas, attendant une seconde livraison en compensation. La popularité du Premier ministre socialiste de l’Espagne fait déjà les frais de sa gestion catastrophique du Covid-19. Huawei, le géant chinois de la téléphonie a, comme un ironique pic à Trump, fait don d’une importante cargaison de masques au voisin Canadien et Pékin multiplie des dons dans le monde, pour le confort de sa diplomatie.</p>



<p>Une certitude, à la sortie de cette crise sanitaire mondiale, la Chine sera mieux vue. Elle a annoncé la fin du confinement sur son territoire et promis «&nbsp;aider le monde à s’en sortir&nbsp;». Dans quelques mois, alors que la pandémie serait déjà maitrisée, la dictature communiste sera désormais regardée, de l’Occident, avec égards.</p>



<p><strong>Afrika Stratégies France</strong><br></p>
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		<title>Afrique : quand Jack Ma trace sa route</title>
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				<pubDate>Tue, 14 Apr 2020 21:24:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/20245748lpw-20245813-article-jpg_7046316_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-16271" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/20245748lpw-20245813-article-jpg_7046316_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/20245748lpw-20245813-article-jpg_7046316_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<h4>Depuis l&rsquo;épidémie du Covid-19, le philanthrope chinois renforce sa présence sur le continent, au point d&rsquo;être parfois assimilé à un ambassadeur.</h4>



<p>«&nbsp;L&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;peut avoir une longueur d&rsquo;avance sur le coronavirus. À chacun des&nbsp;54&nbsp;pays africains, nous allons donner 20&nbsp;000 kits de test, 100&nbsp;000 masques et 1&nbsp;000 combinaisons de protection et visières au personnel soignant.&nbsp;»&nbsp;Ce tweet de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/jack-ma">Jack Ma</a>&nbsp;date du 16&nbsp;mars. Alors que l&rsquo;on dénombre à cette période moins de&nbsp;500&nbsp;cas de coronavirus en Afrique, le créateur de la plateforme d&rsquo;e-commerce Alibaba, désormais à la tête de la Fondation Jack Ma, est déjà sur le pont. Le 22&nbsp;mars, le matériel promis est débarqué d&rsquo;un avion-cargo d&rsquo;Ethiopian Airlines à l&rsquo;aéroport Addis-Abeba, avant d&rsquo;être acheminé à travers le continent par la compagnie aérienne éthiopienne. «&nbsp;Jack Ma est, avec la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/chine">Chine</a>, le donateur le plus visible au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/kenya">Kenya</a>&nbsp;jusque-là&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/nanjala-nyabola-la-population-est-prete-aux-ajustements-necessaires-07-04-2020-2370342_3826.php">observait dans un entretien au&nbsp;<em>Point Afrique</em>&nbsp;la politiste Nanjala Nyabola le 7&nbsp;avril</a>. Et ce n&rsquo;est qu&rsquo;un début. Ce même jour,&nbsp;<a href="http://french.xinhuanet.com/afrique/2020-04/08/c_138955719.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les fondations Jack Ma et Alibaba annoncent une nouvelle livraison de matériel médical en Afrique</a>, contenant en sus des respirateurs artificiels.</p>



<p>Les deux fondations ont aussi créé, avec l&rsquo;appui d&rsquo;Alibaba Cloud Intelligence et Alibaba Health (branches data intelligence et santé du groupe Alibaba), un centre de consultation médicale en ligne sur le Covid-19 ouvert au&nbsp;personnel&nbsp;de santé du monde entier. On y trouve notamment un outil de séquençage du génome qui permet de dépister le virus en 14&nbsp;heures – contre deux jours en général. À destination des soignants, enfin, gratuit et téléchargeable, un manuel de prévention et de traitement du Covid-19 a été élaboré dans une vingtaine de langues, dont le haoussa et le kiswahili.</p>



<h4><strong>Au nom de la coopération Sud-Sud</strong></h4>



<p>La rapidité avec laquelle le philanthrope Jack Ma a mis en route un plan d&rsquo;aide internationale – dont l&rsquo;Afrique n&rsquo;est certes pas l&rsquo;unique récipiendaire mais fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention particulière –&nbsp;contraste avec l&rsquo;inertie des pays occidentaux, aux prises avec une catastrophe sanitaire. Ce n&rsquo;est que récemment, le 8&nbsp;avril, que la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/france">France</a>&nbsp;a annoncé une aide de «&nbsp;près de 1,2&nbsp;milliard d&rsquo;euros&nbsp;» pour lutter contre la propagation du Covid-19 sur le continent. La veille, l&rsquo;Union européenne s&rsquo;engageait à garantir 15&nbsp;milliards d&rsquo;euros aux pays les plus vulnérables du continent. L&rsquo;ONU, de son côté, réclamait le 30&nbsp;mars&nbsp;2&nbsp;500 milliards de dollars pour affronter la pandémie dans les pays en développement, incluant un gel du remboursement des dettes.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245851-embed-libre-jpg_7046319.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245851-embed-libre-jpg_7046319.jpg" alt=""/></a><figcaption>Débarquement de masques envoyés par Jack Ma à Khartoum (Soudan) en raison du Covid-19.&nbsp; © Mahmoud Hjaj / Anadolu Agency via AFP</figcaption></figure>



<p>Une solidarité internationale que les actions des fondations Jack Ma et Alibaba font donc, pour l&rsquo;heure, passer en arrière-plan. Mais l&rsquo;action du milliardaire, «&nbsp;combinée à l&rsquo;aide de la République populaire de Chine, souligne aussi de manière écrasante la rhétorique selon laquelle&nbsp;<em>la Chine aide l&rsquo;Afrique en cas de besoin</em>, ce qui est une démonstration claire de la solidarité Sud-Sud constamment prêchée par la Chine&nbsp;à ses homologues africains depuis les années 50&nbsp;», analyse Richard Aidoo, maître de conférences à la Coastal Caroline University, en Caroline du Sud. Au Ghana, pays d&rsquo;origine de ce politologue résidant aux États-Unis, les liens avec Pékin remontent au traité d&rsquo;amitié sino-ghanéen signé en 1961, six ans après la conférence de Bandung dont émergeait le Mouvement des non-alignés.</p>



<h4><strong>Jack Ma, «&nbsp;électron libre&nbsp;»</strong></h4>



<p>Pour qui roule donc Jack Ma, généreux bienfaiteur de 56&nbsp;ans, dont les plans d&rsquo;aide liés au coronavirus s&rsquo;enchevêtrent à ceux de la Chine&nbsp;? Membre du Parti communiste chinois, reçu en grande pompe dans les capitales africaines lors de ses déplacements, le fondateur du géant du commerce en ligne Alibaba est-il inféodé à Pékin&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245826-embed-libre-jpg_7046320.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245826-embed-libre-jpg_7046320.jpg" alt=""/></a><figcaption>Jack Ma à la conférence internationale d&rsquo;investissement à Johannesbourg en Octobre 2018.&nbsp; © STRINGER / AFP</figcaption></figure>



<p>Pour Thierry Pairault, sinologue et spécialiste de la Chine moderne et contemporaine, il faut surtout le voir comme «&nbsp;un électron libre&nbsp;». «&nbsp;Il jouit d&rsquo;une grande liberté d&rsquo;action et de mouvement, puisqu&rsquo;il a de l&rsquo;argent [Jack Ma est la deuxième fortune chinoise, NDLR], et lorsqu&rsquo;il agit à l&rsquo;extérieur, en particulier en Afrique, il n&rsquo;est pas mandaté par Pékin&nbsp;», insiste le directeur de recherche émérite (CNRS-École des hautes études en sciences sociales). Et d&rsquo;établir un parallèle avec l&rsquo;ancien économiste en chef de la Banque mondiale Justin Yifu Lin, fort lui aussi d&rsquo;une notoriété internationale&nbsp;: «&nbsp;Ces personnages jouent un évident rôle de VRP pour les entreprises chinoises lors de leurs&nbsp;déplacements&nbsp;à l&rsquo;étranger, mais il serait faux de les assimiler pour autant à des ambassadeurs de Pékin. Ce sont eux qui décident des actions qu&rsquo;ils mettent en œuvre.&nbsp;»&nbsp;S&rsquo;il n&rsquo;entreprend rien qui s&rsquo;opposerait aux intérêts chinois, Jack Ma suivrait donc au premier chef un agenda personnel.</p>



<p>Et en Afrique, il «&nbsp;capitalise sur son expérience et sa vision dans le secteur numérique. À cet égard, le continent lui offre la possibilité de recréer un empire&nbsp;», complète Thierry Pairault, en allusion à son départ de la présidence du groupe Alibaba en septembre&nbsp;2019, dans des circonstances encore floues.</p>



<h4><strong>Pari sur les entrepreneurs de la tech</strong></h4>



<p>Le 16 novembre 2019, Jack Ma est à Accra, capitale du Ghana. « C&rsquo;est ma quatrième visite en Afrique, mais c&rsquo;est la plus importante », commence-t-il lors d&rsquo;un show retransmis à la télévision. Deux ans après son premier séjour sur le continent, il s&rsquo;apprête à attribuer un prix d&rsquo;un million de dollar à des « héros des affaires africains ». L&rsquo;épilogue d&rsquo;un programme de soutien aux entrepreneurs du secteur de l&rsquo;innovation (Africa Netpreneur Prize Initiative, ANPI) initié par sa fondation. Dix mille compétiteurs africains sont en lice en 2019. Seuls dix d&rsquo;entre eux se partageront la récompense. Pour cette première édition du concours, il est venu accompagné d&rsquo;éminentes personnalités, parmi lesquelles l&rsquo;acteur chinois Jet Li ou le Sud-Coréen Ban Ki-moon, ex-secrétaire général de l&rsquo;ONU.</p>



<p>Symbolique, l&rsquo;événement fixe les orientations choisies par Jack Ma en Afrique. «&nbsp;Les participants à l&rsquo;Anpi doivent proposer des projets qui aident à résoudre les problèmes économiques et sociaux des populations, et s&rsquo;inscrivent dans une perspective de développement durable. Au terme d&rsquo;une période de 10&nbsp;ans, l&rsquo;Anpi s&rsquo;est engagé à investir 100&nbsp;millions de dollars pour soutenir les projets de&nbsp;100&nbsp;entrepreneurs africains&nbsp;», résume Catherine Benaïnous, chercheuse et membre du&nbsp;<a href="http://ace-consulting.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">think tank Afrique-Chine-Europe (ACE)</a>.</p>



<p>Autre champ d&rsquo;action&nbsp;: l&rsquo;environnement, cœur de cible de la fondation Paradise que co-dirige Jack Ma. «&nbsp;En 2017, il a annoncé le financement d&rsquo;un programme de 10&nbsp;ans auquel participe également la Fondation Jack Ma, à hauteur de 1,5&nbsp;million d&rsquo;euros, pour la protection des animaux sauvages, et a récompensé une cinquantaine de gardes forestiers&nbsp;», ajoute-t-elle.</p>



<h4><strong>Dans le sillage de la stratégie d&rsquo;Alibaba</strong></h4>



<p>Mais c&rsquo;est bien dans le secteur numérique que Jack Ma concentre ses actions, comme pour prolonger, ou accompagner la stratégie mise en œuvre par Alibaba. «&nbsp;La Fondation Jack Ma et le Groupe Alibaba parient sur l&rsquo;économie numérique pour que l&rsquo;Afrique accélère son développement&nbsp;», note Catherine Benaïnous. Il y a donc, d&rsquo;un côté, les affaires. L&#8217;empire Alibaba, né avec Alibaba.com en 1999, a essaimé en Afrique à partir du milieu des années 2010. «&nbsp;Plusieurs filiales d&rsquo;Alibaba sont aujourd&rsquo;hui présentes, dont Alibaba Cloud [offre de clouds pour les entreprises], Alibaba.com [échanges entre grossistes], AliExpress [du fabricant au consommateur], Tmall Global [de l&rsquo;entreprise au consommateur] ou encore Alipay [paiement par Internet]&nbsp;», détaille la chercheuse.</p>



<p>Et parallèlement au commerce, «&nbsp;Alibaba participe aussi aux grandes réunions des Nations unies sur le développement. […]&nbsp;En 2018, le groupe a par exemple initié un programme de formation avec le Rwanda en partenariat avec le ministère rwandais de l&rsquo;Éducation et le Haut-Conseil universitaire. Des cours d&rsquo;e-commerce ont été fournis par Alibaba Business school à des professeurs rwandais et une vingtaine d&rsquo;élèves ont ensuite été sélectionnés pour aller suivre des formations d&rsquo;économie numérique dans cette école de commerce à Hangzhou, en Chine. Le programme&nbsp;s&rsquo;inscrit dans un projet plus large baptisé African Growth Platform(Plateforme de croissance africaine<em>).&nbsp;</em>L&rsquo;objectif est d&rsquo;aider 100&nbsp;millions de start-up, petites et moyennes entreprises à démarrer leur business d&rsquo;ici à&nbsp;2025&nbsp;– et de créer de l&#8217;emploi pour les jeunes en Afrique&nbsp;», explique Catherine Benaïnous.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245867-embed-libre-jpg_7046321.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245867-embed-libre-jpg_7046321.jpg" alt=""/></a><figcaption>Jack Ma à l&rsquo;African Ranger Awards Ceremony au Ghana en novembre 2019. © He Guang / Imaginechina via AFP</figcaption></figure>



<p>Pour se démarquer de la myriade d&rsquo;acteurs qui misent également sur le numérique en Afrique, la fondation Jack Ma a une rhétorique bien rodée. «&nbsp;La plupart des entrepreneurs en Afrique ressemblent à ceux que l&rsquo;on voyait en Chine il y a 15-20&nbsp;ans. Pas d&rsquo;expérience, pas d&rsquo;argent, pas de technologie. Les obstacles auxquels ils font face sont énormes. Mais ils n&rsquo;attendent pas, ils créent les conditions&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=cGEWHVY60u8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lance Jack Ma&nbsp;à Accra en novembre&nbsp;2019</a>&nbsp;lors de la remise du prix au «&nbsp;héros des affaires africain&nbsp;».</p>



<p>Une analogie récurrente dans ses discours qui «&nbsp;séduit particulièrement la jeunesse africaine&nbsp;», selon le politologue Richard Aidoo. «&nbsp;Jack Ma pointe les similarités des défis auxquels ils sont ou ont été confrontés pour accélérer le développement économique, et il encourage la jeunesse africaine à être adaptable et persistante, indépendamment de la politique et des pouvoirs en place. C&rsquo;est le récit d&rsquo;un succès, non occidental, qui offre de l&rsquo;espoir à tout un pan de la population&nbsp;», résume-t-il.</p>



<h4><strong>Élément du soft power de la Chine&nbsp;?</strong></h4>



<p>Dans cette narration, le philanthrope incarne à lui seul «&nbsp;diverses représentations que la Chine souhaite véhiculer dans le monde, en particulier dans le monde en développement. L&rsquo;ingéniosité, l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise, le capitalisme prospère, la fiabilité, et c&rsquo;est aussi une personne à laquelle on peut se sentir facilement connecté&nbsp;», note Richard Aidoo. Est-il à ce titre un instrument du Soft Power chinois&nbsp;? «&nbsp;Dans la mesure de l&rsquo;admiration suscitée par ses actions de philanthrope, et de ses tentatives de pousser les jeunes générations africaines à aspirer à la prospérité et à la liberté économique, il est voué à contribuer positivement à l&rsquo;image de la Chine (…) dans un registre, en apparence, non menaçant&nbsp;», répond-il.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245854-embed-libre-jpg_7046322.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245854-embed-libre-jpg_7046322.jpg" alt=""/></a><figcaption>Jack Ma avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa au siège d&rsquo;Alibaba. © Stringer / Imaginechina</figcaption></figure>



<p>«&nbsp;La politique d&rsquo;influence de la Chine bénéficie de Jack Ma sans pour&nbsp;autant l&rsquo;inclure officiellement&nbsp;», analyse de son côté le directeur de recherche émérite Thierry Pairault. À l&rsquo;inverse, Jack Ma peut aussi tirer profit de la «&nbsp;chinafrique&nbsp;» quand il avance ses pions dans des pays où les relations politiques, économiques ou diplomatiques avec la République populaire de Chine sont fortes (Ghana, Éthiopie, Nigeria, Afrique du Sud, Rwanda,&nbsp;etc.).</p>



<p>Sur le continent, la Chine écoule ses produits, propose des services, extrait des matières premières minérales, ou capte des soutiens, au nom de la coopération sud-sud ou de la plus récente stratégie « gagnant-gagnant », pour accroître son influence dans la communauté internationale. Et Jack Ma, le philanthrope, que gagne-t-il à renforcer sa présence en Afrique ? « Il ne recherche pas forcément des gains en termes financiers, avance Thierry Pairault. En revanche, il y gagne assurément une stature internationale, qui le protégerait d&rsquo;un éventuel revirement de Pékin à son égard. »</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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