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	<title>interview &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Interview de Rawdha Séibi: </title>
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				<pubDate>Fri, 23 Apr 2021 18:31:43 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0016-479x1024.jpg" alt="" class="wp-image-21970" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0016-479x1024.jpg 479w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0016-140x300.jpg 140w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0016.jpg 599w" sizes="(max-width: 479px) 100vw, 479px" /><figcaption>légende « La secrétaire générale de l&rsquo;Association tunisienne de soutien aix minorités, Atsm, est très engagée aux côtés des migrants subsahariens. Crédits photo: Gnahore Dassé Junior, Tunis, mars 2021 »</figcaption></figure>



<p><strong>Sexagénaire, cette femme généreuse et pleine d&rsquo;humour se définit comme « </strong><strong><em>une musulmane non pratiquante</em></strong><strong>« , ce qui n&rsquo;en fait pas moins une amoureuse de l&rsquo;islam. « </strong><strong><em>Plutôt quelqu&rsquo;un qui a du respect pour toutes les religions</em></strong><strong> » tient-elle à rectifier. La Cathédrale Saint Vincent de Paul et Sainte Olive, avenue Bourguiba, la synagogue du centre ville ou encore celle de La Goulette, l&rsquo;Eglise orthodoxe de Tunis, elle est partout accueillie chez elle. Quand, lors de déjeuners au cours desquels Rawdha Séibi reçoit des dignitaires catholiques en son domicile, Mgr Illario Antoniazza, unique évêque de la Tunisie s&rsquo;amuse à la voir « </strong><strong><em>en bonne chrétienne</em></strong><strong>« , elle lui oppose, entre éclats de rires, que Daniel Cohen la verrait bien « </strong><strong><em>juive</em></strong><strong>« . Le rabbin de la synagogue de La Goulette (10 km de Tunis) et qui a vu, ces dernières années, sa communauté réduire progressivement a toujours su compter sur l&rsquo;Association tunisienne de soutien des minorités (Atsm). Créée en 2011, cette organisation est une résultante du printemps arabe et a été l&rsquo;initiative de quatre personnes dont trois femmes. Très vite, dans un espace qui était presque vide, l&rsquo;Atsm s&rsquo;est imposée et est devenue la principale défenseure des droits des minorités, quelle qu&rsquo;elles soient. Pour Rawdha Séibi qui en est aussi la secrétaire générale, « </strong><strong><em>il s&rsquo;agit avant tout d&rsquo;une minorité numérique</em></strong><strong>« , définie par rapport à la majorité. Pendant cette dernière semaine de mars, alors que catholiques et juifs préparent Pâques, l&rsquo;enseignante de sciences physiques et sportives nous reçoit en périphérie de Tunis pour une interview. Cette femme, plutôt politiquement à gauche, &nbsp;aborde sans ambages toutes les questions et n&rsquo;hésite pas, quand elle le croit utile, à critiquer la posture des hommes politiques par rapport à de nombreuses discriminations. Elle milite d&rsquo;ailleurs pour le « </strong><strong><em>retrait pur et simple</em></strong><strong> » des articles 74 et 39 de la constitution tunisienne. Le premier exige que pour être candidat à l&rsquo;élection présidentielle, il faut être de confession musulmane. « </strong><strong><em>Une absurdité</em></strong><strong>&nbsp;! » éclate Rawdha. Idem pour l&rsquo;article 39 qui définit le pays comme un pays « </strong><strong><em>de culture arabo-musulmane</em></strong><strong>« , un aspect que la loi fondamentale appelle à promouvoir. Pourtant, la Tunisie fut un bastion chrétien du Ve siècle et a donné, non seulement trois papes à l&rsquo;Eglise catholique mais de nombreux saints, martyrs et docteurs de l&rsquo;Eglise comme Augustin d&rsquo;Hippone. Les violences verbales et actes discriminatoires à l&rsquo;égard des juifs, elle s&rsquo;en agace et exige, pour le compte de son association, que le calendrier des fêtes religieuses intègres les fêtes judaïques et chrétiennes. « </strong><strong><em>Je veux pouvoir, à partir de ce calendrier, me souvenir des fêtes de mes amis non musulmans</em></strong><strong> » explique celle qui croit en l&rsquo;avenir de la cohabitation entre minorités et majorités. Elle regrette d&rsquo;ailleurs que Monsieur Trabelsi, le seul ministre juif du gouvernement soit parti depuis et surtout « </strong><strong><em>aucune autre minorité religieuse n&rsquo;est représentée au sein de l&rsquo;exécutif</em></strong><strong> » dénonce celle qui, au fil des années, minimise les risques malgré les menaces qu&rsquo;elle reçoit, du fait de son engagement associatif. Entretien.</strong></p>



<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0014-1024x479.jpg" alt="" class="wp-image-21971" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0014-1024x479.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0014-300x140.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0014-768x359.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG-20210423-WA0014.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Legende « Rawdha Seibi avec notre collaborateur MAX-SAVI Carmel, à Tunis, lors de l&rsquo;entretien. Crédits photo: Gnahore Dassé Junior, Mars 2021 »</figcaption></figure>



<p><strong>Les minorités religieuses sont-elles aujourd&rsquo;hui en danger en Tunisie&nbsp;?</strong></p>



<p>Il n&rsquo;y a aucun doute qu&rsquo;il y a une menace à la fois psychologique et réelle, donc physique qui pèse sur certaines minorités religieuses dans notre pays. Mais il s&rsquo;agit de formes de discriminations intégrées dans la culture, les traditions et les pratiques en Tunisie. C&rsquo;est notamment le cas de plusieurs articles discriminatoires de la constitution. Ces discriminations ne visent pas que les minorités religieuses mais toutes sortes de minorités car toute minorité se définit par un nombre extrêmement faible par rapport à une majorité. </p>



<p><strong>Quelles sont les autres types de minorité qui existent en Tunisie&nbsp;?</strong></p>



<p>Il n&rsquo;y a pas que la minorité religieuse d&rsquo;autant plus que la minorité se définit en nombre. Il y a les handicapés par exemple qui constituent une forme de minorités et qu&rsquo;il faille prendre en compte. Il en est de même pour les minorités sexuelles mais aussi les populations ou ethnies minoritaires comme il en a au sud de notre pays.</p>



<p><strong>L&rsquo;Association tunisienne de soutien des minorités (Atsm) existe depuis 2011. Est-ce qu&rsquo;une décennie après, vous pouvez dire aujourd&rsquo;hui que les choses ont changé ?</strong></p>



<p>Oui, les changements sont largement insuffisants mais il en a eu beaucoup. Déjà, les tunisiens ont pris connaissance de fléaux que beaucoup ignoraient notamment le drame des discriminations. Ensuite, il y a eu un certain nombre de lois qui protègent aujourd&rsquo;hui les minorités. Le racisme, par exemple, auquel des gens étaient indifférents est combattu par une loi aujourd&rsquo;hui. La loi ne suffit pas, si elle n&rsquo;est pas mise en pratique mais elle est un bon départ. Elles ne sont pas toutes mises en pratique mais la prise partielle de conscience par les parlementaires éveille la conscience des populations. Les gens font donc attention à des choses auxquelles ils étaient insensibles et cela n&rsquo;est déjà pas mal. D&rsquo;ailleurs, nous entretenons, avec le ministre des cultes par exemple, des relations de bonnes qualité, ce qui n&rsquo;était pas le cas avant. Cela permet de remonter nos inquiétudes, les violations que nous documentons mais aussi de pouvoir compter sur des facilités administratives dans nos divers projets.</p>



<p><strong>Vous dénoncez aussi la discrimination institutionnelle…</strong></p>



<p>Oui, je vous donne un exemple assez simple. Il n&rsquo;est pas possible pour un chrétien ou un juif de devenir président. La constitution ne lui en donne même pas la moindre chance, puisqu&rsquo;elle stipule qu&rsquo;il faille être de confession musulmane pour candidater à la magistrature suprême. Pourtant, on a connu de grands hommes, de grands travailleurs qui n&rsquo;étaient pas musulmans et qui auraient pu avoir la chance d&rsquo;être utile à leur pays. Il est incompréhensible que la loi fondamentale de notre pays soit issue de luttes acharnées et d&rsquo;une révolution ( Le printemps arabe, Ndlr) pour les libertés et qu&rsquo;on en soit encore là. Il faut absolument donner les mêmes chances à chacun, constitutionnellement, quitte à être écarté par les choix populaires après. </p>



<p><strong>Quels sont ces projets&nbsp;?</strong></p>



<p>Il en a de toutes sortes. Nous avons lancé début mars le projet sur l&rsquo;histoire des religions. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de donner la parole aux responsables des religions, même minoritaires mais surtout d&rsquo;associer des jeunes, dans les lycées, à travers des cafés-débats, à la délicate question des religions pour qu&rsquo;il l&rsquo;intègre dès leur bas-âge. Nous allons en même temps continuer nos projets qui sont déjà en place. Pour changer les mentalités, il faut commencer le travail d&rsquo;éducation et de sensibilisation à temps. Je crois personnellement que la méconnaissance des religions autres que l&rsquo;islam favorise la méfiance. Il faut donc que les générations futures découvrent et comprennent les religions minoritaires. Pour finir par être tolérantes car actuellement, compte tenu de notre constitution, il est impossible pour un juif ou un chrétien de devenir chef de l&rsquo;Etat en Tunisie, cela est totalement inadmissible. Même si, à cause de la majorité écrasante que constituent les musulmans, il y a peu de chance que notre prochain président soit juif ou chrétiens, la société doit donner, sans distinctions, les mêmes chances à tout le monde. </p>



<p><strong>D&rsquo;où viennent vos financements&nbsp;?</strong></p>



<p>Nous postulons à divers appels d&rsquo;offre dans les domaines où nous avons compétence et au fil des années, nous sommes de plus en plus connus. Plusieurs organisations dont l&rsquo;Institut français, l&rsquo;Euro-Med, ou encore, la fondation Konrad Adenauer. Nous restons aussi ouverts aux financements publics s&rsquo;ils arrivent un jour.</p>



<p><strong>Propos recueillis à Tunis, par MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>Père Silvio Moreno : « La multi-culturalité des paroisses tunisiennes est à l&#8217;image de l&#8217;universalité de l&#8217;Eglise »</title>
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				<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 08:43:16 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-MORENO-1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-21909" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-MORENO-1-1024x768.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-MORENO-1-300x225.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-MORENO-1-768x576.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-MORENO-1.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>légende photo « Père Moreno dans son bureau à la Cathédrale de Tunis, avenue Bourguiba. Crédits photo: MAX-SAVI Carmel, Asf »</figcaption></figure>



<p><strong>Il a bientôt 40 ans. Il vient de « </strong><strong><em>si loin</em></strong><strong> » pour paraphraser le pape François lors de sa première sortie, au soir de son élection le 13 mars 2013. D&rsquo;ailleurs, avec le Souverain pontife, Silvio Moreno partage des origines argentine et italienne et un attachement à la prière et à l&rsquo;Evangile. Sauf que le responsable de la Cathédrale Saint Vincent de Paul et Sainte Olive de Tunis est à la tête d&rsquo;une communauté minoritaire, en terre d&rsquo;islam. Quelque chose d&rsquo;à la fois passionnant et délicat d&rsquo;autant que l&rsquo;église locale est essentiellement constituée d&rsquo;étrangers qui sont souvent de passage. Une communauté qui se renouvelle tous les quatre ans ou presque, une exception pour l&rsquo;Eglise qui fait dire à l&rsquo;archevêque du diocèse qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une « </strong><strong><em>communauté de visitation</em></strong><strong>« . A quelques jours de Pâques, occasion d&rsquo;autant plus exceptionnelle que les célébrations ont été retransmises virtuellement l&rsquo;année dernière depuis une chapelle vide, à cause de la pandémie de Covid-19, l&rsquo;Abbé Moreno reçoit Afrika Stratégies France chez lui. C&rsquo;est donc avec impatience que ce membre de la Congrégation religieuse du Verbe Incarné, fondée en Argentine en 1984 et présente en Tunisie depuis 2003 attend « </strong><strong><em>les grâces de la résurrection par la rencontre avec les fidèles</em></strong><strong>« . C&rsquo;est à la Cathédrale où, après avoir été vicaire pendant 7 ans, ce prêtre et archéologue est aujourd&rsquo;hui administrateur qu&rsquo;il nous reçoit. Un entretien pour évoquer la particularité de l&rsquo;église locale, son expérience d&rsquo;homme et de pasteur et surtout, la joie qui anime tout catholique à quelques jours de la résurrection du Christ. Magnifique échange, mêlé souvent de simplicité, parfois d&rsquo;humour, et toujours d&rsquo;humilité pour cet ancien étudiant de l&rsquo;Angelicum de Rome.</strong></p>



<p><strong>Afrika Stratégies France (Asf)&nbsp;: Vous êtes prêtre d&rsquo;origine argentine et italienne et vous êtes responsable de la cathédrale Saint Vincent de Paul et Sainte Olive à plusieurs milliers de kilomètres de votre pays depuis une décennie. Que vaut la présence d&rsquo;un prêtre dans un pays à une écrasante majorité musulmane&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Père Silvio Moreno&nbsp;:</strong>&nbsp;Oui, je crois que la présence d&rsquo;un prêtre n&rsquo;est pas une présence comme toutes les autres. C&rsquo;est un témoignage de vie tout court mais surtout de vie consacrée. Une situation qui n&rsquo;est pas du tout évidente parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un pays musulman alors que le prêtre est un homme religieux qui ne se marie pas. Ce qui est très parlant dans un pays musulman et suscite, par sa particularité, une certaine curiosité. Parce que derrière un tel choix, on voit tout de suite une motivation particulière à cause du l&rsquo;option radicale du célibat. Le choix du célibat est un témoignage qui parle par lui-même et c&rsquo;est à la fois sanctifiant pour la minorité chrétienne qui existe en Tunisie d&rsquo;autant que le prêtre est aussi l&rsquo;administrateur des sacrements, de l&rsquo;eucharistie à la pénitence en passant par le baptême. Cette présence sacrée est une présence d&rsquo;exception pour la terre tunisienne. Célébrer l&rsquo;eucharistie dans un pays à majorité musulmane sanctifie aussi ce pays qui nous fait l&rsquo;honneur et la générosité de nous accueillir. </p>



<p><strong>Vous vous sentez assez proche, dans votre quotidien des musulmans à travers un permanent dialogue&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui et non. Il est vrai qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas tellement une communication directe avec nos frères musulmans si ce n&rsquo;est nos employés, les gens que nous côtoyons jour après jour. Ces travailleurs de la cathédrale et de l&rsquo;évêché, souvent musulmans, partagent avec nous ce chaleureux échange d&rsquo;actes et de paroles. Sinon, en gros, il n&rsquo;y a pas un contact direct constant.</p>



<p><strong>Quel est le quotidien d&rsquo;un prêtre, à la fois celui de pasteur mais aussi d&rsquo;homme tout court&nbsp;?</strong></p>



<p>Je vis d&rsquo;abord pour et par ma pastorale. Je consacre une grande partie de mon temps à l&rsquo;étude et aux recherches sur les racines chrétiennes de la Tunisie, en tant que prêtre mais aussi en tant qu&rsquo;archéologue. Il faut ajouter à cela l&rsquo;accompagnement quotidien de fidèles, l&rsquo;assistance aux malades, l&rsquo;assistance aux plus pauvres, la préparation des célébrations et tout ce qui va avec l&rsquo;ordinaire d&rsquo;un prêtre. Il ne faut pas oublier que je suis membre d&rsquo;un Institut religieux qui est présente ici depuis 2003. </p>



<p><strong>Le fait d&rsquo;être à la tête d&rsquo;une communauté plutôt petite par le nombre et constituée en grande partie, sinon presque en totalité d&rsquo;étrangers affecte-t-il l&rsquo;enthousiasme apostolique et le zèle au service du Christ&nbsp;?</strong></p>



<p>Non, pas du tout, au contraire. &nbsp;C&rsquo;est plutôt enrichissant parce que nous sommes à la rencontre d&rsquo;autres cultures, ce qui favorise une ouverture d&rsquo;esprit sur le monde, sur les autres, sur l&rsquo;inconnu. Nous faisons aussi du bien en tant qu&rsquo;instrument de Dieu parce que nous touchons une proportion de personnes plus importante que si l&rsquo;on était dans une communauté homogène. Le fait que nos paroisses soient internationales avec des gens venus de plusieurs dizaines de pays et cultures est une force et une richesse que nous offre la Providence divine. C&rsquo;est donc une mission exceptionnelle et enrichissante mais une mission tout de même pour l&rsquo;Eglise. </p>



<p><strong>Nous sommes en temps pascal. L&rsquo;année dernière, l&rsquo;Eglise n&rsquo;a pas pu fêter normalement la résurrection du Christ. Qu&rsquo;attendez-vous d&rsquo;exceptionnel de la célébration pascale cette année&nbsp;?</strong></p>



<p>D&rsquo;abord, la grâce de nous retrouver en tant que communauté chrétienne pour célébrer le mystère de la semaine sainte, une grâce dont nous avons été privés l&rsquo;an dernier. Tout était compliqué pour nous et les célébrations étaient privées du contact humain avec l&rsquo;autre car nous avons été obligés de les transmettre virtuellement. Et nous attendons que ce soit un renouvellement des grâces pour redémarrer une nouvelle étape dans notre vie d&rsquo;hommes, de femmes, de chrétiens après cette épreuve de Covid-19 qui continue d&rsquo;ailleurs encore. Nous devons saisir l&rsquo;occasion de repartir à nouveau avec le Christ.</p>



<p><strong>Vous êtes, je le disais au début, d&rsquo;origine argentine et italienne, exactement comme le pape François. Est-ce que le Souverain pontife est pour vous une source d&rsquo;inspiration et un modèle de motivation&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, forcément, d&rsquo;abord en tant chef de l&rsquo;Eglise dont je suis serviteur. Il est le successeur de Pierre et donc le chef de l&rsquo;Eglise universelle. On le connaissait déjà quand il était archevêque en Argentine. Sa méthode un peu nouvelle est une démarche pour l&rsquo;époque d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. On est très sensible à son enseignement, l&rsquo;enseignement de toute l&rsquo;Eglise. </p>



<p><strong>Propos recueillis à Tunis par MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>Horst Köhler : « Le prix Mo Ibrahim n&#8217;est pas infaillible »</title>
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				<pubDate>Fri, 12 Mar 2021 18:21:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/56853111_303.jpg" alt="" class="wp-image-21612" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/56853111_303.jpg 700w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/56853111_303-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p><strong>L&rsquo;ancien président allemand, membre du jury du prix Mo Ibrahim pour la bonne gouvernance, explique le choix de distinguer Mahamadou Issoufou cette année.</strong></p>



<p><em>« Je respecte la Constitution et je respecte la promesse faite au peuple nigérien »</em>, avait déclaré <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.dw.com/fr/mahamadou-issoufou-le-pionnier-de-lalternance-au-niger/a-56632249" target="_blank">Mahamadou Issoufou</a> avant la dernière élection présidentielle au Niger. Cette décision lui a valu cette semaine le prix Mo Ibrahim de la bonne gouvernance.</p>



<p><em>« Je pense que c&rsquo;est un message important »,&nbsp;</em>estime Horst Köhler, l&rsquo;ancien président allemand et membre du jury du prix Mo Ibrahim.</p>



<p>Mahamadou Issoufou, par le fait de ne pas briguer de 3e mandat,&nbsp;<em>« a ouvert la voie au premier changement de pouvoir démocratique dans l&rsquo;histoire du pays. Et je pense que cela mérite vraiment un prix. »</em></p>



<p>Horst Köhler se souvient d&rsquo;une conversation avec Nelson Mandela, rencontré en 2006. Il lui demande alors ce qui était à ses yeux le plus important pour le développement de l&rsquo;Afrique.<em>&nbsp;« Sa réponse était claire : le respect de la loi et le respect de la Constitution,&nbsp;</em>explique l&rsquo;ex-président allemand.<em>&nbsp;Et cela m&rsquo;a aussi marqué lors des discussions autour de cette remise de prix. »</em></p>



<h4>Dernier au classement de l&rsquo;INDH</h4>



<p>Le prix distingue également la croissance économique du Niger sous la présidence Issoufou. Les retombées de cette croissance se font pourtant toujours attendre par la majorité des Nigériens, alors que le pays pointe toujours à la dernière place de l&rsquo;indice pour le développement humain des Nations unies (INDH).</p>



<p><em>« L&rsquo;extrême pauvreté au Niger est un défi politique énorme,</em>&nbsp;justifie Horst Köhler.&nbsp;<em>Mais il faut aussi dire que faire baisser cette extrême pauvreté est incroyablement difficile, à cause de facteurs qui dépassent les capacités d&rsquo;action des politiques au Niger. »</em></p>



<p>Parmi ces facteurs, l&rsquo;ex-président cite le terrorisme dans la zone sahélienne, les déplacements des populations et l&rsquo;accueil de réfugiés, les effets du changement climatique sur l&rsquo;agriculture, ou encore le trafic de drogues et d&rsquo;armes dont la responsabilité est selon lui mondiale.</p>



<p>Pour Horst Köhler, dans ce contexte, Mahamadou Issoufou a au moins réussi&nbsp;<em>« à poser les bases pour une démocratie renforcée, une stabilité et le développement du Niger ».</em></p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://www.dw.com/fr/horst-k%C3%B6hler-le-prix-mo-ibrahim-nest-pas-infaillible/a-56858276#"><img src="https://static.dw.com/image/56707352_404.jpg" alt="La remise du prix à Mahamadou Issoufou ne manque pas de susciter des critiques"/></a><figcaption>La remise du prix à Mahamadou Issoufou ne manque pas de susciter des critiques</figcaption></figure>



<h4>Donner du courage aux populations</h4>



<p>Quant au niveau de corruption, aux activistes emprisonnées et à la liberté d&rsquo;expression sous le règne de Mahamadou Issoufou, il répond que&nbsp;<em>« le prix Mo Ibrahim n&rsquo;est pas infaillible. Il veut justement promouvoir les discussions autour de la bonne gouvernance et de la démocratie, plutôt que de les écarter. »</em></p>



<p>Alors si ce prix se veut comme un message aux autres chefs d&rsquo;Etats africains de ne pas s&rsquo;accrocher au pouvoir, c&rsquo;est aussi pour Horst Köhler un message pour les populations qui se voient incitées <em>« à attendre davantage de leurs dirigeants et à formuler ces attentes publiquement. »</em></p>



<p><strong>Source : Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Cellou Dalein Diallo : « Le 3e mandat, l’opposition, les manifestations, les législatives, Condé, la Guinée et moi »</title>
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				<pubDate>Tue, 17 Dec 2019 02:44:15 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/IMG-20191215-WA0005-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-12402" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/IMG-20191215-WA0005-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/IMG-20191215-WA0005-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption> Cellou Dalein Diallo, chef de file de l&rsquo;opposition guinéenne, à son domicile de Conakry, lors de l&rsquo;entretien avec Afrika Strategies France. Crédits photo : Fabbi Kwassi </figcaption></figure>



<p><strong><em>Au premier tour de la présidentielle de 2010, les premières élections libres du pays depuis l’indépendance, il avait obtenu 39,72% des voix, contre à peine la moitié pour son rival, Alpha Condé (20,67%). La victoire, à 52,52% de l’actuel président au second tour a jeté du discrédit sur un scrutin décisif. Mais l’économiste de 67 ans a accepté sa défaite, pour «&nbsp;garantir la paix à la Guinée&nbsp;». Depuis, il a perdu dans des conditions troubles, la présidentielle de 2015 et voit en 2020 sa dernière chance. Ce dernier vendredi de novembre, il a déjà enchaîné des manifestations contre le putatif 3<sup>e</sup>&nbsp;mandat de Condé qui, à 81ans, ne veut, contre rien, «&nbsp;entendre raison&nbsp;» selon ses détracteurs. Poussé à bout par ses principaux lieutenants, son fils, Mohamed, désigné par la presse locale comme «&nbsp;le prince de la corruption&nbsp;»,&nbsp; au train de vie vertigineux et son épouse qui a sur lui, une certaine influence. Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg) ne veut pas céder et entend, avec le soutien de son influent réseau occidental et africain, bloquer «&nbsp;un passage en force du président sortant&nbsp;». Et pour ce, il peut compter sur une opinion nationale hostile à un troisième mandat mais aussi sur de riches commerçants qui soutiennent les marches dans le pays. Après la prière du vendredi, alors que sa résidence de Dixinn (commune hébergeant de nombreuses ambassades ainsi que l’université de Conakry) est bombée (bondée) de monde, mangeant ici et là, l’inépuisable ancien Premier ministre de Lassana Conté a accepté de se livrer à Afrika Stratégies France. Un riche entretien avec précision et lucidité, malgré la fatigue. Preuve que les enjeux sont colossaux pour la démocratie. Alpha Condé, les législatives, la communauté internationale, la présidentielle, le 3<sup>e</sup>&nbsp;mandat, la révision des listes électorales… l’ancien Premier ministre n’évite aucune question et sans langue de bois, se passe parfois des gangs. Interview&nbsp;!</em></strong></p>



<p><strong>S’il maintient le mystère sur ses réelles intentions, il n’a encore jamais dit qu’il serait candidat à un 3<sup>e</sup>mandat. Est-ce que dans ces conditions, vos manifestations ne sont-elles pas un procès d’intention&nbsp;?</strong></p>



<p>Non. Nullement, vous savez que le législateur guinéen tenant compte de l’histoire récente de notre pays, a pris soin de verrouiller la limitation du mandat présidentiel, parce que nous avons eu dans ce pays droit à deux présidences à vie. Celle du Président Sékou Touré et celle du Président Lansana Conté. Le législateur lors de l’élaboration de cette constitution a cru devoir favoriser l’alternance démocratique en verrouillant la limitation du mandat, c’est ainsi qu’il est stipulé dans la constitution en vigueur que la forme républicaine de l’Etat, la pluralité politique et syndicale, la laïcité, le nombre et la durée du mandat du Président de la République, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision.</p>



<p><strong>Vous faites allusion à l’article 154 de la constitution de la Guinée…</strong></p>



<p>Absolument. Monsieur Alpha Condé n’a jamais critiqué cette constitution, il a prêté serment sur elle, il a juré de la respecter, la faire respecter par deux fois, maintenant vers la fin de son second mandat, il a trouvé le besoin de se maintenir au pouvoir. Il n’y a aucun moyen de réviser cette constitution.&nbsp; Notre constitution n’est pas différente de celle du Mali, du Sénégal, du Bénin, du Ghana. Mais le seul objectif visé par cette campagne de changement de constitution, c’est pour permettre à Alpha Condé de rester, de se maintenir au pouvoir au-delà des deux mandats. Il n’y a donc pas de procès d’intention.</p>



<p><strong>Aujourd’hui vous êtes dans une coalition, le Fndc (Front national de la défense de la constitution, Ndlr) qui réussit les manifestations, chaque semaine. Ne craignez-vous pas, au fil du temps, un essoufflement alors même que nous sommes à un an de la présidentielle&nbsp;?</strong></p>



<p>Ecoutez, vous savez, c’est un acquis important pour nous la limitation de mandat et le fait que cette limitation soit verrouillée. Les guinéens tiennent à cette constitution. La Guinée dans toute sa diversité politique, sociale, culturelle se retrouve au sein du Fndc pour défendre la constitution. Il n’y a pas de raison que les manifestations s’essoufflent.</p>



<p><strong>Le Togo a une certaine similarité avec le cas guinéen où quand l’opposition (se&nbsp;?) mobilisait vraiment,&nbsp; il y a eu l’idée d’un dialogue, le président Condé faisait partie d’ailleurs des facilitateurs avec le soutien de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). En termes de stratégies quelle approche vous avez aujourd’hui vis-à-vis même de la Cedeao et de la communauté internationale&nbsp;?</strong></p>



<p>Nous avons déploré la timidité de la réaction de la Cedeao et de l’Union Africaine et même de l’Union Européenne. Seuls les américains ont fait une prise de position claire, forte pour s’opposer au Président et ça à l’occasion de la visite de monsieur Alpha Condé aux Etats-Unis. Le département d’Etat a diffusé un communiqué dans lequel ils l’ont plutôt encouragé à lutter contre la corruption et appelé à respecter la constitution.</p>



<p><strong>Et les Nations Unies dont le représentant, Monsieur Chambas est passé dernièrement&nbsp;en Guinée.</strong></p>



<p>Ecoutez, Monsieur&nbsp; Chambas était là,&nbsp; la dernière fois, il nous a rencontré, il nous a dit qu’il était porteur d’une lettre du Secrétaire Général&nbsp; des Nations Unies, adressée à monsieur Alpha Condé. On n’a pas manqué de lui expliquer les points de vue des Guinéens.</p>



<p><strong>Vous restez éventuellement ouvert au dialogue?</strong></p>



<p>Sur la constitution non. Cette constitution n’a pas prévu de dispositions permettant de l’abroger dans un contexte de continuité, elle peut être amendée dans les dispositions qui peuvent faire l’objet de révision mais il n’est pas prévu qu’on puisse l’abroger. Donc la simple idée de changer de constitution n’est pas légale.</p>



<p><strong>Le phénomène de présidence à vie fait résurgence sur le continent. Que pensez-vous  d’une synergie d’actions entre différences forces sous-régionales qui vivent plus ou moins les mêmes situations pour un combat multinational ? En Côte d’Ivoire et au Sénégal, il y a la crainte d’un 3<sup>e</sup> mandat, au Togo, Faure Gnassingbé en brigue un 4<sup>e</sup>…</strong></p>



<p>On devrait au niveau de la Cédeao, l’interdire formellement et pour de bon. Je pense même qu’une idée avait germé avec le président Apha Omar Konaré au niveau de l’Union Africaine pour&nbsp; décourager les modifications des constitutions avec pour effet de ne pas permettre aux chefs d’Etats de se maintenir au pouvoir. Mais ça n’avait pas prospéré. Au sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu à Banjul, cette résolution avait été présentée par le Président&nbsp; Konaré mais il y avait plusieurs Chefs d’Etats qui s’étaient opposés. Mais au niveau de la Cédeao&nbsp; actuellement&nbsp; je pense que tous les Etats ont cette limitation de mandats sauf si on considère&nbsp; qu’on peut sauter ce verrou en changeant cette constitution parce que si vous parlez du Sénégal, si vous parlez de la Côte d’ivoire, c’est toujours profiter d’un changement de constitution, ce qui permet de ne plus être lié par l’ancienne constitution donc on peut continuer. C’est une parade qu’ils sont en train d’exploiter, mais nous dans notre constitution on a dit que nul ne peut exercer plus deux mandats consécutifs. Est-ce qu’au niveau de la Cedeao on peut adopter une résolution comme celle-là dans le cadre de renforcement&nbsp; de la démocratie dans notre sous-région parce qu’après tout, nous sommes en avance sur les autres régions&nbsp;? Bien sûr.</p>



<p><strong>Longtemps opposant historique, respecté et soutenu par toute l’Afrique, Condé arrive au pouvoir et tente de s’accrocher. Finalement, il y a de quoi craindre que ce virus ne contamine tous nos opposants, une fois au pouvoir, vous compris…</strong></p>



<p>Je sais que monsieur Alpha Condé a perdu beaucoup d’amis qui ont essayé d’influencer sa position au nom de la lutte qu’il a menée, au nom de ce qu’il a incarné, ils ne voulaient pas qu’il s’aventure dans une modification de la constitution mais il n’a pas voulu. Et certains l’ont, pour cela, abandonné. Je puis vous assurer que moi je suis un homme de conviction, je suis venu à la politique par conviction pour contribuer à instaurer la démocratie et l’Etat de droit dans mon pays&nbsp;; bon je reste un politicien mais croyez moi que je reste très attaché à la parole donnée, les engagements que je prends dans ma vie publique, dans ma vie privée, je les respecte et les Guinéens me font confiance pour ça.</p>



<p><strong>Vous êtes en période préélectorale avec le recensement en vue des prochaines élections législatives. D’abord quel regard vous portez sur ce processus de recensement et quelle serait votre posture&nbsp;? Vous allez y participer si oui dans quelles conditions</strong>&nbsp;?</p>



<p>La décision de ne pas participer n’est pas prise pour le moment, nous sommes dans le processus même si nous déplorons beaucoup d’anomalies.</p>



<p><strong>Lesquelles&nbsp;?</strong></p>



<p>D’abord le chronogramme, la période prévue pour la révision était très courte. Je tiens à vous rappeler que c’est une révision exceptionnelle, extraordinaire. Pourquoi extraordinaire, par le nombre d’opérations à mener. Ensuite, il y a cinq générations de jeunes qui n’ont pas été enrôlées, ceux qui ont atteint 18 ans en 2015, en 2016, en 2017, en 2018 et en 2019. Donc il y aura beaucoup de mondes à enrôler pour la première fois parce qu’ils ont atteint l’âge légal de vote. Il y a naturellement l’opération qui consiste à radier tous ceux qui sont décédés, tous ceux qui ont perdu le droit d’être électeurs, mais il y a une opération importante qui demande du temps c’est l’assainissement du fichier parce qu’il y a eu un audit du fichier qui a mis en évidence beaucoup de faiblesses et cet audit a recommandé que tous les électeurs soient enrôlés de nouveau.&nbsp;Donc vous avez plus de six millions de Guinéens qui sont dans la base de données qui doivent venir se ré-enrôler comme si ils n’avaient jamais été enrôlés et tout ça demandera du temps alors que pour faire une révision classique, la loi a prévue jusqu’au 31 Décembre mais pour cette révision exceptionnelle par son ampleur, par le nombre d’opérations qui doivent être réalisées, la Commission électorale n’a prévu que 25 jours. C’est impossible de faire cette révision en 25 jours.&nbsp;</p>



<p><strong>Le processus semble vicié mais vous y allez tout de même&nbsp;?</strong></p>



<p>Nous sommes en train de réunir les éléments et au niveau de l’opposition politique on a fait une première réunion, on souhaite quand même prendre une décision pour toute l’opposition politique.</p>



<p><strong>Propos recueillis à Conakry pour Afrika Stratégies France</strong></p>



<p><strong>Par Fabbi Kouassi</strong></p>
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		<title>Zéphirin Diabré : « Kaboré, Compaoré, le terrorisme, la présidentielle de 2020, l’opposition, le Burkina Faso et moi »</title>
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				<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 06:41:37 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/OUAGA-BRICE-ZEP-MAX-450x300.jpg" alt="" class="wp-image-10778" width="618" height="412" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/OUAGA-BRICE-ZEP-MAX-450x300.jpg 450w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/OUAGA-BRICE-ZEP-MAX-450x300-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 618px) 100vw, 618px" /></figure>



<p><strong>Au siège du Chef de file de l’opposition (Cfop) où il enchaine réunions et rendez-vous, Zéphirin Diabré est égal à lui-même. Bosseur, précis, rigoureux, déterminé et confiant, il paraît parfois un peu trop optimiste mais jamais naïf. Les réflexes de réalisme acquis dans le monde des affaires où il a fait longue carrière le rattrapent très vite. Dans son modeste bureau de chef de file de l’opposition, le prince de Foungou, né à Ouagadougou nous y reçoit sans protocole. Diabré a, à première vue,&nbsp; un avantage sur ses rivaux, sa forte conviction mais aussi son obsession quasi intime à être utile pour l’ex Haute Volta. Après l’Ecole supérieure de commerce de Bordeaux et la faculté d’économie de la même ville, ce docteur en sciences de gestion a été un truculent combattant de la lutte contre l’apartheid avant une sommaire carrière de professeur à l’université de Ouagadougou. Vite, le monde des affaires le rattrape avec un poste d’adjoint au directeur des Brasseries de son pays. Mais la politique n’aura jamais été loin. Député dès 1992, il aura été ministre du commerce, de l’industrie, des mines et même de l’économie et des finances avant de présider le Conseil économique et social entre 1996 et 1997. Intellectuellement boulimique, il abandonne la politique, un court instant, transite&nbsp; par la prestigieuse université Havard avant de rejoindre l’équipe de&nbsp; Koffi Anan comme Directeur général adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Mais c’est à Areva qu’il atteindra le paroxysme de sa carrière dans les affaires avant de créer en 2010 l’Union pour le progrès et le changement (Upc) qui lui vaudra le poste de chef de file de l’opposition en 2013 avec une vingtaine de députés. En obtenant&nbsp; lors de la présidentielle de 2015 le tiers de l’électorat, celui qui reconnaît n’être pas prêt en ce temps est plus que galvanisé pour la prochaine présidentielle. Eloquent, cohérent, méthodique et prudent, il sera, à 61 ans en 2020, le principal challenger du président sortant. Conscient de ses faiblesses passées, il prépare minutieusement, dans l’ombre d’un cabinet très restreint, une victoire qu’il semble savourer avant l’heure. Mais rien n’est gagné d’autant que Rock Marc Kaboré ne doute pas non plus de sa prochaine victoire mais surtout, le parti de l’ex président Blaise Compaoré se remet, plus vite que prévisible, des divisions qui l’ont miné depuis la chute de l’ex dictateur. Une belle interview, lisez-là.</strong></p>



<p><strong><em>Pour mieux comprendre l’entretien, le Chef de file de l’opposition (cfop) désigne à la fois l’institution et son président.</em></strong></p>



<p><strong>Vous êtes le chef&nbsp; de file de l’opposition du Burkina Faso, une respectable institution dans ce pays et vous l’êtes depuis 2013. Quel bilan faites-vous de votre gestion à ce poste&nbsp;?</strong></p>



<p>D’abord il faut expliquer ce que c’est. Je ne suis pas le patron de l’opposition. Je suis le chef de file, en ce sens que mon parti est celui qui au sein de l’opposition, a le plus grand nombre de députés. Donc ce n’est pas une fonction où on commande aux autres. C’est une fonction où on est parmi d’autres pairs, avec lesquels on essaie de travailler. Si je dois tirer un bilan de ce qui me concerne, je le ferai en deux étapes et ce n’est pas la&nbsp; même chose. En fait, j’ai été chef de file de l’opposition depuis 6 ans, mais c’est en deux étapes. Il y a une première étape qui était de 2013 à 2014, puis une seconde au retour de la démocratie, à partir de la transition en 2015. La première est sans doute celle qui est la plus mouvementée historiquement, puisque c’est en ce moment que l’opposition regroupée a su trouver le langage et le comportement qu’il faut, pour obtenir le mouvement populaire&nbsp; qui a aboutit au départ de Blaise Compaoré.</p>



<p><strong>Il y a eu un travail en amont sans doute&nbsp;?</strong></p>



<p>Ce sont les partis&nbsp; de l’opposition regroupés au sein du Cfop, qui ont lancé le mot d’ordre, et toutes les grandes manifestations qui se sont passées jusqu’à la chute du régime, étaient convoquées par le chef de l’opposition au nom&nbsp; de l’opposition auxquels se sont greffées toutes les organisations, y compris les Organisations de la société civile (Osc). Mais, dès que l’événement est arrivé, certains qui se croient beaucoup plus malins, ont vendu l’idée comme quoi c’est la société civile ou les Osc qui ont été les maîtres d’œuvre. Globalement, je dois dire que le bilan pour moi est en tout cas très satisfaisant. Je fais de mon mieux avec mon parti, pour assumer un peu notre fonction. J’en ai tiré beaucoup se de leçons que je vais partager en son temps. Comme le combat n’est pas encore terminé,&nbsp; ce n’est pas encore l’heure du bilan définitif.</p>



<p><strong>Le principal sujet au Burkina Faso, c’est la sécurité. Avec de nombreux attentats. Quel message vous portez dans&nbsp; ce contexte au peuple du Burkina ?</strong></p>



<p>D’abord il y a deux constats qu’il faut faire et qui ne sont pas des constats joyeux. Le constat, c’est qu’on assiste depuis 2015 à une dégradation constante de la situation sécuritaire. Le Burkina d’aujourd’hui n’a absolument rien à voir avec ce qu’il était il y a 4 ans. Malheureusement les forces du mal ont réussi à faire en sorte que leur action prenne de l’ampleur, beaucoup plus de morts, une psychose dans la société, des conflits communautaires qui viennent se greffer donc quelque part, ils semblent avoir réussi un peu d’une certaine manière. Et il faut avoir le courage de le dire, c’est que le gouvernement a failli, le rôle du chef de l’État et du gouvernement, c’est d’assurer la sécurité du pays et c’est le serment qu’ils font en prenant le pouvoir. De toute façon, c’est à eux qu’on a confié le pays, on leur a confié fin 2015, un pays qui n’est pas celui que l’on a aujourd’hui.</p>



<p><strong>Qui était stable quand-même</strong></p>



<p>Oui était stable, donc ils ne peuvent pas se défausser sur qui que ce soit. Il faut le dire parce qu’on sent bien qu’il y a une volonté&nbsp; de faire croire qu’en réalité ils n’y sont pour rien, ils sont aidés dans cette tâche parfois par des leaders d’opinion, dont certains ont une crédibilité morale. Ça c’est le jeu auquel nous on ne peut pas adhérer. Il faut tout de même que l’ensemble de la population, les citoyens, l’opposition y compris, apportent leur soutien aux forces&nbsp; de défense et de sécurité, qui se battent nuit et jour au péril de leurs vies, pour faire en sorte que notre bien commun qui est notre patrie, ne s’écroule pas aux mains des terroristes. Donc c’est un appel au rassemblement autour des forces de défense et de sécurité, mais ce rassemblement ne gomme pas les différences d’appréciation qu’on a avec le gouvernement et qui sont donc des divergences parce que nous, nous estimons que beaucoup de décisions qu’il prend, ne sont pas bien inspirées, à commencer par le choix des hommes. La guerre se gagne d’abord par le choix des hommes et par le choix des mots, comme ont dit et sur ce plan là, nous sommes complètement déçus.</p>



<p><strong>Les ministres concernés par la sécurité ont quand-même été remplacés à plusieurs reprises sans que cela ne change grand-chose.&nbsp; Est-ce que vous n’avez pas l’impression que le&nbsp; fait que le Rsp (Régiment de la sécurité présidentielle) soit resté très longtemps, le chapeau ouvrier de l’armée a réduit le reste des forces de sécurité au second rôle, et que cela justifie l’incapacité de l’armée à faire face au terrorisme ?</strong></p>



<p>Non, moi je ne crois pas à cette théorie qui consiste à faire croire que l’armée n’a pas été préparée. C’est une guerre à laquelle aucune armée au monde n’est préparée. A mon avis on ne peut pas le mettre à la décharge du Rsp, le fait qu’on ne soit pas prêt. Je pense qu’il y a des&nbsp; questions beaucoup plus fondamentales aujourd’hui par exemple, quand on écoute, et quand on voit qu’il y a des problèmes d’équipement, ce qu’on ne comprend pas. Est-ce qu’on n’a&nbsp; pas des problèmes d’organisation ? Est-ce qu’on n’a pas des problèmes de motivation ? C’est tout cela ! Quand je vois qu’il y a eu un meeting hier, où on offre encore des pickups, là je tombe des nues, parce que, si on offre des pickups et des motos, ça veut dire qu’il n’y a pas assez de pickups et de motos ! Ça pose des problèmes.</p>



<p><strong>Puisque plusieurs attaques ont ciblé l’armée notamment des régiments et l’Etat major, on se demande si finalement, les forces de défense ne sont pas fragilisées&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est ce que je suis en train de vous dire, donc on ne peut pas ramener cela uniquement à la question du Rsp. C’est vrai que le Rsp était là, mais le Rsp n’est pas une force antiterroriste. Le Rsp est une force de sécurité du président et donc du régime. Donc on ne peut pas dire que son absence explique ce pourquoi nous ne sommes pas efficace dans ce domaine là, dans la lutte contre le terrorisme, ce n’est pas possible.</p>



<p><strong>Le porte-parole du gouvernement dit qu’il a des raisons&nbsp; de penser que l’ancien régime que vous avez contribué d’ailleurs en tant que chef de file de l’opposition à faire tomber manipule ou pourrait manipuler les terroristes qu’il utiliserait pour déstabiliser le pays et donc la légitimité de Rock Marc Kaboré…</strong></p>



<p>Moi je n’ai pas d’éléments de preuve, donc je fais beaucoup attention et je crois que c’est un alibi trop facile. Tous les régimes qui arrivent en place, que ce soit ici ou en Occident commencent par évoquer l’état de la situation dont ils ont héritée.&nbsp; Cela permet&nbsp; de divertir. Donc c’est un jeu politicien de dire «&nbsp; ce n’est pas nous, c’est ceux qui sont partis ».</p>



<p><strong>Vous, vous avez plutôt un parcours d’homme d’affaires, beaucoup plus aussi d’intellectuel et de technocrate, les élections, c’est dans un an, presque jour pour jour. Est-ce que vous vous dites que vous avez la solution, face à la récurrence du terrorisme ?&nbsp;</strong></p>



<p>D’abord, ne voyez pas ma personne, moi je suis à la tête d’une organisation politique et un parti, c’est une somme de richesses qui se mettent ensemble et si un parti se créé, c’est pour conquérir et exercer le pouvoir d’État. Si on l’a fait, c’est que nous pensons qu’on a une réponse à apporter, sinon pourquoi on le ferait ? Donc nous sommes aussi dans des dispositions mentales d’esprit que si demain on arrive au pouvoir, il faut qu’on puisse gérer cette situation là. Je peux vous dire simplement qu’elle ne nous fait pas peur. Et nous pensons qu’on a des idées sur ce qu’il faut faire, pour que les choses aillent différemment.</p>



<p><strong>Au sein de votre parti, il y a eu une scission, on sent aussi au niveau du Cdp (parti de Blaise Compaoré, Ndlr), une sorte de scission ou de plusieurs courants qui traversent le parti. Est-ce que finalement, l’opposition n’est pas suffisamment fragilisée pour donner presque facilement un mandat à Kaboré&nbsp;?</strong></p>



<p>Non ce n’est pas l’effet que produit ces divisons. Et puis ce n’est pas la même chose. Pour ce qui nous concerne, il y a tout une poignée de députés élus sous notre bannière, qui, arrivés à l’Assemblée, ont joué un peu sur le règlement intérieur, qui autorise un député à aller dans le groupe qu’il veut. Et jouant sur cela, ils sont allés s’offrir en offrande au parti au pouvoir, en espérant avoir de l’argent et des postes. C’est basique. C’est valable ici comme dans beaucoup de pays, même dans la sous-région.&nbsp; Ils ont cru qu’en allant là, ils allaient avoir des promotions. Mais il y a eu une sorte de désenchantement de leur part parce que ce à quoi ils s’attendaient, ils ne l’ont pas obtenu.</p>



<p><strong>Revenons à l’opposition en général, quelle est la stratégie de l’opposition l’année prochaine ? Est-ce que vous aurez un candidat unique ?</strong></p>



<p>Non ça ce n’est&nbsp; pas la bonne stratégie. Dans le contexte actuel, ce n’est pas la bonne stratégie. C’est en multipliant les candidatures qu’on peut arriver avec trois ou quatre pôles puisqu’on connaît bien notre géographique politique. Il faut dire que contrairement à ce qu’on avait vu ici sous l’ancien règne, l’opposition cette fois-ci est forte.</p>



<p><strong>Vous avez pendant très longtemps combattu le parti de Blaise Compaoré, Cdp, aujourd’hui vous vous retrouvez dans l’opposition, vous êtes contraints de travailler ensemble finalement…</strong></p>



<p>Non, on s’est combattu pour un problème donné, c’était la question de l’article 37 ( pour sauter le verrou de la limitation des mandats, Ndlr) mais cette question est tranchée. Cette question n’est plus aujourd’hui au cœur du débat politique.</p>



<p><strong>Donc aujourd’hui, vous êtes dans la même opposition ?</strong></p>



<p>Eux-mêmes n’osent même pas venir dire aujourd’hui qu’ils voudraient être du pouvoir ad vitam etaernam, qui&nbsp; ne&nbsp; se limite pas. Donc pour nous la question n’est plus là. Dès lors qu’on n’a plus ça, est-ce qu’il y a quelque chose qui empêche de travailler ensemble ?</p>



<p><strong>Cela fait 4 ans que Marc Kaboré est au pouvoir, quel regard vous portez sur son bilan ?</strong></p>



<p>Il est négatif, ça ce n’est pas moi qui le dit, c’est tout le monde qui le dit. La seule chose qui est amusante, pas intéressante, puisque ce n’est pas un succès, c’est qu’ils passent leur temps maintenant, à finir les chantiers de route que Blaise a commencés.</p>



<p><strong>A part la question des ressources, la question économique…</strong></p>



<p>Mais l’économie est à terre. C’est vrai, le climat actuel n’est pas un climat propice à avoir des investisseurs, l’économie est à terre. Ils sont arrivés avec un Programme national de développement économique (Ppnds), mais il n’en parle plus.</p>



<p><strong>Quelles relations vous entretenez aujourd’hui avec l’ancien président Blaise Compaoré. Il est à Abidjan à côté…</strong></p>



<p>On n’a pas des relations particulières, puisque je ne suis pas de son parti et c’est essentiellement les femmes et les hommes de son parti qui le rencontrent. Moi j’ai des relations plutôt avec le président du parti, monsieur Eddie Komboigo qui est au Cfop ici avec qui on travaille.</p>



<p><strong>Au début c’étaient les églises qui étaient attaquées, maintenant c’est les mosquées, ou tout au moins une mosquée a été attaquée, est-ce que vous craignez que cela ne remette en cause la cohésion des religions dans un pays où les religions ont toujours cohabité ?</strong></p>



<p>Oui, en fait ils ont réussi à faire en sorte qu’il y ait une indexation d’une partie de la population. Il faut éviter des conflits religieux et les conflits communautaires qui risquent de casser le tissu social.</p>



<p><strong>Est-ce que vous pensez qu’il y a un rôle important&nbsp; que les grandes religions doivent jouer, notamment les catholiques, les musulmans, les protestants et même les animistes ?</strong></p>



<p>Tout à fait, je crois qu’ils font le maximum. On a quand-même un pays où les grandes religions cohabitent sans aucun problème. Mais il faut éviter que le&nbsp; diable nous déchire.&nbsp; Ils doivent continuer a parler de la tolérance, de la discrimination et à promouvoir le vivre ensemble.</p>



<p><strong>Source: Afrika Strategies France/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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