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	<title>îles Eparses &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<title>îles Eparses &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Les îles Éparses, des confettis au cœur du contentieux franco-malgache</title>
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				<pubDate>Sat, 08 Aug 2020 13:20:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/19419335-1024x384.jpg" alt="" class="wp-image-18768" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/19419335-1024x384.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/19419335-300x113.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/19419335-768x288.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/19419335.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Îles Éparses </figcaption></figure>



<p><strong>Madagascar revendique la souveraineté sur ces îles dispersées dans l’océan Indien et administrées par la France. Des discussions sont ouvertes depuis un an pour tenter de régler ce dossier sensible sur fond d’enjeux stratégiques.</strong></p>



<p>Pour les apercevoir, il faut zoomer encore et encore jusqu’à se perdre dans le bleu turquoise de l’océan Indien, quelque part entre Madagascar et les côtes de l’Afrique australe. Zoomer, et dézoomer, car plusieurs centaines de kilomètres séparent les – bien nommées –&nbsp;<a target="_blank" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20191212-madagascar-france-iles-eparses-retrocession-ocean-indien-andry-rajoelina" rel="noreferrer noopener"><strong>îles Éparses</strong></a>&nbsp;les unes des autres.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://s.rfi.fr/media/display/1266fcd0-d0ed-11ea-b3e6-005056bf87d6/w:1024/p:16x9/ileseparses_0.webp" alt=""/><figcaption>RFI</figcaption></figure>



<p>À l’entrée nord du canal du Mozambique, on trouve d’abord l’archipel des Glorieuses, à quelque 200 kilomètres de la Grande Île&nbsp;; puis en allant vers le sud, Juan de Nova, la plus près de la côte malgache&nbsp;; vient ensuite le cercle presque parfait que forme l’atoll Bassas da India, et la plus grande, Europa. La dernière,&nbsp;<a target="_blank" href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20190228-esclaves-oublies-tromelin-musee-homme-paris" rel="noreferrer noopener"><strong>Tromelin et «&nbsp;ses esclaves oubliées&nbsp;»</strong></a>, fait figure d’exception. Située à l’est de Madagascar, l’île fait aussi l’objet d’un contentieux territorial, mais cette fois entre la France et Maurice.</p>



<p><strong>Revendiquées depuis les années 1970</strong></p>



<p>Quasi inhabités, ces confettis de terre, autrefois appelés «&nbsp;Territoires résiduels de la République&nbsp;», sont en fait de petits bouts de France, et ce depuis leur rattachement à Madagascar quand l’île est devenue en 1896 une colonie française. Depuis 2005, elles font parties des Terres australes et antarctiques françaises (<a target="_blank" href="http://taaf.fr/collectivites/presentation-des-territoires/les-iles-eparses/" rel="noreferrer noopener"><strong>TAAF</strong></a>), comme les Kerguelen ou encore la Terre Adélie, et c’est le préfet des TAAF –&nbsp;actuellement la préfète Évelyne Decorps&nbsp;– qui en assure la gestion depuis La Réunion.</p>



<p>Mais depuis le milieu des années 1970, Antananarivo dispute la souveraineté de ces îles à Paris. Madagascar considère en effet qu&rsquo;elles ont été séparées de son territoire par le jeu d&rsquo;une décolonisation incomplète et demande ce qu&rsquo;elle considère comme «&nbsp;<em>leur restitution</em>&nbsp;».&nbsp;<strong><a target="_blank" href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200623-%C3%AEles-%C3%A9parses-labeviere-coop%C3%A9ration-partag%C3%A9e-france-madagascar" rel="noreferrer noopener">Une revendication «&nbsp;<em>p</em><em>arfaitement</em>&nbsp;<em>fondée&nbsp;</em>»</a>&nbsp;</strong>historiquement, estimait fin juin sur RFI le journaliste Richard Labévière<em>.&nbsp;</em>«&nbsp;<em>Il est clair que, devant une cour arbitrale, il y a fort à parier que la France perdrait cette confrontation&nbsp;</em>», soulignait l&rsquo;auteur de<em>&nbsp;Reconquérir par la mer.</em></p>



<p>Antananarivo a déjà porté ses revendications devant l’Organisation de l’unité africaine (OUA) [l’ancêtre de l’Union africaine, NDLR] et du mouvement des non-alignés. Jusqu’à réussir à faire adopter<a target="_blank" href="http://undocs.org/fr/A/RES/34/91" rel="noreferrer noopener"><strong>&nbsp;une résolution&nbsp;</strong></a>aux Nations unies en 1979 demandant au «<em>&nbsp;gouvernement français d’entamer sans plus tarder des négociations en vue de la réintégration des îles [&#8230;] séparées arbitrairement de Madagascar&nbsp;</em>». Dans son argumentaire, l’ONU soulignait «&nbsp;<em>la nécessité de respecter scrupuleusement l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’un territoire colonial au moment de son accession à l’indépendance&nbsp;</em>». Une victoire restée sans effet, la résolution onusienne étant non contraignante.</p>



<p>«<em>&nbsp;Le problème juridique des îles Éparses est clos</em>&nbsp;», estimait néanmoins Raymond Ranjeva dans un&nbsp;<a target="_blank" href="http://www.jeuneafrique.com/788823/politique/raymond-ranjeva-le-probleme-juridique-des-iles-eparses-est-clos/" rel="noreferrer noopener"><strong>entretien accordé à la revue<em>&nbsp;Jeune Afrique</em>&nbsp;</strong></a>en novembre dernier. Évoquant, lui, «<em>&nbsp;une décolonisation tronquée&nbsp;</em>», cet ancien président de la Cour internationale de justice expliquait comment le sort de cet ensemble d&rsquo;îles s&rsquo;était joué quelques semaines avant la déclaration officielle d’indépendance de Madagascar, lorsque le 1er avril 1960, le général de Gaulle avait signé&nbsp;<a target="_blank" href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000877911" rel="noreferrer noopener"><strong>un décret les rattachant au ministère des Outre-mer français</strong></a>. Résultat&nbsp;: le 26 juin 1960, lors de l&rsquo;accession à l&rsquo;indépendance de la Grande Île, les Éparses, elles, sont restées dans le giron français.</p>



<p><strong>« Une question d’identité nationale »</strong></p>



<p>Depuis plus de quatre décennies, ce dossier sensible est ravivé, avec plus ou moins d&rsquo;allant, au gré des promesses électorales. Le 29 mai 2019, c&rsquo;est le président Andry Rajoelina, en visite à Paris, qui remet le sujet sur la table en déclarant&nbsp;: «<em>&nbsp;Aujourd’hui</em>,&nbsp;<em>il y a encore une réalité qui nous fait mal. L’appartenance des îles Éparses est une question d’identité nationale. Je demande solennellement et officiellement à Monsieur le Président de trouver une solution pour la gestion ou la restitution des îles Éparses à Madagascar</em>&nbsp;». Emmanuel Macron, en réponse, se dit disposé à «<em>&nbsp;un dialogue pour aboutir à une solution commune</em>&nbsp;». Le processus est relancé, une commission mixte est créée.&nbsp;Et une échéance est&nbsp;même fixée pour aboutir à un accord, très symbolique&nbsp;: le 26 juin 2020,&nbsp;jour du soixantième anniversaire de l’indépendance de l’île.</p>



<p>Suffisant pour raviver l&rsquo;espoir&nbsp;à Antananarivo&nbsp;et provoquer l’ire de certains élus français qui craignent de voir la souveraineté de la France sur ce territoire «&nbsp;bradée&nbsp;».&nbsp;Mais depuis, la date fatidique est&nbsp;passée&nbsp;et&nbsp;le dossier n&rsquo;a guère avancé.</p>



<p>Il faut dire que&nbsp;le 23 octobre dernier,&nbsp;<a target="_blank" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20191024-iles-eparses-visite-president-francais-fait-reagir-madagascar" rel="noreferrer noopener"><strong>l’escale d’Emmanuel Macron à Grande Glorieuse</strong></a>&nbsp;est venue&nbsp;doucher les espoirs malgaches et refroidir quelque peu l&rsquo;ambiance des négociations. «&nbsp;<em>Ici, c’est la France, c’est notre fierté, notre richesse. Ce n’est pas une idée creuse. Les scientifiques et militaires qui sont là le rappellent. La France est un pays archipel, un pays monde</em>&nbsp;», avait lancé le président français sur la plage de sable blanc de l’îlot, avant d&rsquo;annoncer le classement d&rsquo;une partie de l&rsquo;archipel en réserve naturelle nationale.</p>



<p>«&nbsp;<em>Pourtant&nbsp;si,&nbsp;</em>avait réagi&nbsp;dans&nbsp;<strong><a target="_blank" href="http://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/15/iles-eparses-la-france-ne-respecte-ni-la-geographie-ni-l-histoire-ni-le-droit-international_6019283_3212.html" rel="noreferrer noopener">une tribune au journal&nbsp;<em>Le Monde</em>&nbsp;</a></strong>l’avocat Philippe Disaine Rakotondramboahova,&nbsp;<em>dire “ceci est à moi”, en dépit de la géographie, de l’histoire et du droit international est bel et bien une “idée creuse”, voire une provocation, comme cela est perçu par les Malgaches.</em>&nbsp;»</p>



<p><strong>640 000 km2 de zone économique exclusive</strong></p>



<p>Mais pourquoi tant de ferveur autour de ces quelque 43 km² de sable et de cailloux&nbsp;? Car ce ne sont pas que de «&nbsp;<em>la plage</em>&nbsp;», comme l’a rappelé le président français Emmanuel Macron lors de sa visite. Loin de là. Certes en termes de terres émergées, leur surface équivaut à peine à une petite ville française, mais elles ne représentent pas moins de 640&nbsp;000 km² de zone économique exclusive (ZEE), soit 6% du territoire maritime de la France. De quoi lui assurer son statut de deuxième domaine maritime du monde. Et ce, en vertu de la convention internationale de Montego Bay de 1982 sur le droit de la mer qui, pour rappel, permet à un pays d’exercer des droits souverains en matière d&rsquo;exploration et d&rsquo;usage des ressources sur une zone qui s’étend des côtes à 200 milles nautiques (un peu plus de 370 kilomètres).&nbsp;</p>



<p>Par ailleurs, quatre de ces îles sont situées sur une route maritime sensible&nbsp;: le canal du Mozambique. À la croisée des chemins entre l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique, c’est par là que transitent 30% du pétrole mondial. Ce qui en fait (avec Mayotte, également au centre d’un différend territorial) des points hautement stratégiques pour Paris.&nbsp;</p>



<p>Sans compter que les sous-sols océaniques qui tapissent ces immenses ZEE contiendraient d’importants stocks d’hydrocarbures, de gaz et autres minéraux très convoités. Il y a quelques années, un rapport de l’United States Geological Survey qualifiait la zone de «&nbsp;<em>prochaine mer du Nord en puissance</em>&nbsp;». Des ressources «&nbsp;potentielles&nbsp;», puisque jamais exploitées. Des études de prospection ont bien été entreprises, mais sans jamais de suite. En 2017, la France a adopté une loi interdisant la recherche et l’exploitation pétrolière sur son territoire. Les permis préexistants, comme celui de la société Marex Petroleum autour de Juan de Nova, pouvaient encore être poursuivis. Mais Emmanuel Macron a, depuis, annoncé son non-renouvellement.</p>



<p><strong>« Joyaux de biodiversité »</strong></p>



<p>Aujourd’hui, la priorité semble donc être la préservation de ces îles restées quasi à l’abri de l’influence humaine, et souvent qualifiées de «&nbsp;<em>joyaux de la biodiversité&nbsp;</em>». Seuls quatorze militaires et un gendarme s’y relaient par roulement tous les 45 jours pour assurer la souveraineté de la France, mais aussi leur protection, l’accès y étant strictement réglementé et soumis à autorisation préalable de la préfète.</p>



<p>Les seuls admis dans ce sanctuaire, ce sont les scientifiques qui y effectuent des missions régulières. Les Éparses abritent en effet la plus forte concentration de tortues marines, notamment la tortue verte qui vient pondre chaque année sur l’île Europa, dont la mangrove de 700 hectares est aussi classée. Elles servent de refuge pour les oiseaux marins. Et sous l’eau, les récifs coralliens sont dans un très bon état de conservation. De quoi faire également des Éparses un laboratoire d’observation du dérèglement&nbsp;climatique. Grâce à des stations scientifiques, des études sont menées pour mesurer les changements climatiques et leur impact sur la biodiversité. Classées depuis 1975, l’État français tente aujourd’hui de renforcer encore cette protection.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://s.rfi.fr/media/display/484ed184-5338-11ea-a8fa-005056bf87d6/w:1024/p:16x9/Bassas_da_india_0.webp" alt="L'atoll de Bassas da India, au sud-ouest de Madagascar dans les îles Eparses."/><figcaption>L&rsquo;atoll de Bassas da India, au sud-ouest de Madagascar dans les îles Eparses.&nbsp;Wikimedia Commons</figcaption></figure>



<p>Mais si riches soient-elles, ces îles n’en demeurent pas moins extrêmement fragiles, selon les scientifiques. Et elles résisteraient mal au développement de la pêche (aujourd’hui totalement interdite sur 12 milles nautiques). En revanche, ce tout petit réservoir à la biodiversité exceptionnelle a la capacité d’ensemencer les côtes de Madagascar et d’Afrique continentale, assurant ainsi le renouvellement des ressources halieutiques pour tous les pays alentours.</p>



<p>«&nbsp;<em>L&rsquo;enjeu environnemental est le plus important&nbsp;</em>», reconnaissait le 1er juin 2019, sur l’antenne de RFI, l&rsquo;ex-ministre des Affaires étrangères malgache Naina Andriantsitohaina. Mais, concédait-il lui-même&nbsp;: «<em>&nbsp;Puisqu’il faut être franc, Madagascar, aujourd’hui, n’a pas les moyens de sécuriser cette zone. On a beaucoup d’autres priorités comme l’éducation, la santé… et même si la sécurité maritime est un élément important du programme du président, elle concerne d’abord la sécurisation des 5</em>&nbsp;<em>000 kilomètres de côtes, parce qu’on veut d’abord empêcher que nos côtes et nos ressources naturelles soient pillées.</em>&nbsp;»</p>



<p>Qu’adviendrait-il alors si Madagascar obtenait la souveraineté&nbsp;sur&nbsp;ces îles&nbsp;? En coulisses, certains disent craindre un «&nbsp;<em>pillage</em>&nbsp;» des ressources, une «<em>&nbsp;catastrophe écologique&nbsp;</em>», Antananarivo n&rsquo;ayant pas les moyens d&rsquo;assurer la protection de cette zone hautement sensible.</p>



<p><strong>Coopération</strong></p>



<p>Le 18 novembre dernier, deux délégations – l’une française, l’autre malgache – se sont&nbsp;réunies comme prévu&nbsp;à Antananarivo. Mais, selon le communiqué publié à l’issue de la réunion, elles<a target="_blank" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20191118-madagascar-france-iles-eparses-reunion-delegations-commission-mixte" rel="noreferrer noopener"><strong>&nbsp;se sont contentées d’«&nbsp;</strong></a><em><a target="_blank" href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20191118-madagascar-france-iles-eparses-reunion-delegations-commission-mixte" rel="noreferrer noopener"><strong>acter l’existence, à ce stade, d’un différend</strong></a>&nbsp;sur la question de souveraineté.&nbsp;</em>» Chaque partie&nbsp;justifiant&nbsp;la légitimité de sa souveraineté en arguant du «&nbsp;<em>droit international</em>&nbsp;». «<em>&nbsp;La restitution de la souveraineté de Madagascar [&#8230;] constitue une question devant être abordée préalablement à l’examen et à l’adoption d’une solution commune de développement</em>&nbsp;», a expliqué l&rsquo;équipe malgache. Tandis que «&nbsp;<em>le chef de la délégation française a présenté les propositions de la France en faveur de perspectives communes de développement dans cette zone</em>&nbsp;». Chacun est donc resté campé sur ses positions.</p>



<p>Depuis, plus rien ou presque. La&nbsp;nomination d&rsquo;un nouveau ministre malgache des Affaires étrangères puis la&nbsp;pandémie de coronavirus&nbsp;ont&nbsp;empêché l&rsquo;organisation de toute nouvelle rencontre.&nbsp;Le 11 mai, Andry Rajoelina est venu remettre de l&rsquo;eau au moulin,&nbsp;plaidant&nbsp;sans ambiguïté&nbsp;pour une «&nbsp;<em>solution rapide qui satisfera la demande de restitution&nbsp;</em>». Mais le même jour, en France, le ministère de la Transition écologique lance&nbsp;une consultation publique pour concrétiser le projet de&nbsp;création d&rsquo;une&nbsp;«&nbsp;réserve naturelle nationale de l’archipel des Glorieuses&nbsp;». Conséquence : l&rsquo;ambassadeur de France a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères malgache.</p>



<p>Une soixantaine de députés ont demandé une médiation de la Communauté de développement de l&rsquo;Afrique australe (SADC), qui a apporté fin juin son soutien à la demande d&rsquo;Antananarivo. De son côté, Paris, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a exclu tout abandon de sa souveraineté, mais a ouvert la voie à une coopération dans le domaine de la pêche, de la sécurité maritime et de la préservation de l&rsquo;environnement.</p>



<p><strong>Source: Rfi Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée </strong></p>
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		<title>Madagascar: l&#8217;impatience monte sur la question de la restitution des Îles Eparses</title>
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				<pubDate>Sat, 20 Jun 2020 10:41:30 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/iles-chagos-1024x579.jpg" alt="" class="wp-image-12185" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/iles-chagos-1024x579.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/iles-chagos-300x170.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/iles-chagos-768x434.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/iles-chagos.jpg 1260w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>A six jours de la célébration du 60e anniversaire de l&rsquo;indépendance malgache, où sont les résultats promis par le chef de l&rsquo;Etat concernant la restitution des Îles Eparses ? C&rsquo;est la question que se posent les partis et associations mobilisés sur ce dossier. Hier vendredi, ils ont tenu un rassemblement devant l&rsquo;ambassade de France, à Antananarivo, pour demander la restitution de ces îles et interpeller les autorités des deux pays. Chapelet d&rsquo;îlots inhabités qui entoure Madagascar, les îles Éparses sont sous souveraineté française mais revendiquées par la Grande Île depuis le début des années 1970.</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>Iles malagasy&nbsp;:&nbsp;stop au colonialisme</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>Français, lors des prochaines élections, ne soyez plus complices d&rsquo;un président démagogue et néo-colonialiste</em>&nbsp;»&#8230; Devant ces banderoles suspendues en face de l&rsquo;ambassade de France, quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés.</p>



<p>Pour Toavina, l&rsquo;un des participants, la promesse du chef de l&rsquo;Etat, Andry Rajoelina, de trouver une solution pour la restitution de ces îles avant le 26 juin, n&rsquo;est plus qu&rsquo;un lointain espoir.&nbsp;«&nbsp;<em>Les îles malagasy sont à nous Malgaches. Il n&rsquo;y a pas de discussions sur ce point ! Cela fait plus de quarante ans que la résolution de l&rsquo;ONU demandant à la France la restitution des îles éparses à Madagascar est sortie et je suis tellement déçu qu&rsquo;on ne parvienne pas à concrétiser quelque chose</em>.&nbsp;»</p>



<p>Seule une session de négociations entre la France et Madagascar a eu lieu en novembre dernier. Elle avait acté en tout et pour tout «&nbsp;<em>d&rsquo;un différend sur la question de souveraineté</em>.&nbsp;»</p>



<p>Face à des discussions au point mort, les manifestants ont interpellé le président malgache, comme Elia Rabevahiny, secrétaire général du parti nationaliste «&nbsp;Otrikafo&nbsp;».&nbsp;«&nbsp;<em>Tu avais parlé de restitution et tu avais dit « rassemblons nos forces, aidez-moi&nbsp;! »&nbsp;Etait-ce seulement de belles paroles&nbsp;? Face aux&nbsp;<strong><a target="_blank" href="http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200519-iles-eparses-tensions-madagascar-france-projet-reserve-naturelle" rel="noreferrer noopener">actes de défiance de la France</a></strong>, on ne voit pas d&rsquo;action de la part des autorités. Qu’est-ce qui empêche l’Etat Malgache de sortir un décret qui spécifie que ces îles, qui sont dans le zone économique exclusive de Madagascar, nous appartiennent&nbsp;? Les autorités peuvent promulguer une loi qui dit que l&rsquo;on intègre ces cinq îlots dans les&nbsp;</em><em>régions les plus proches de notre pays</em>.&nbsp;»</p>



<p>Des propositions que ces organisations ont adressé à Andry Rajoelina dans une lettre ouverte.</p>



<p><strong>Source: Rfi Afrique/Mis en : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Madagascar : la France augmente son aide mais ne cède rien sur les îles Eparses</title>
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				<pubDate>Fri, 21 Feb 2020 20:20:00 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Lors de sa visite officielle, Jean-Yves Le Drian a annoncé une enveloppe de 240 millions d’euros sur quatre ans, sous forme de dons et de prêts. Après trois mois de silence, la visite de Jean-Yves Le&#160;Drian à&#160;Madagascar, jeudi 20&#160;février, avait laissé espérer une avancée ou, à défaut, des clarifications sur l’épineux dossier des îles Eparses, dont...]]></description>
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<p><strong>Lors de sa visite officielle, Jean-Yves Le Drian a annoncé une enveloppe de 240 millions d’euros sur quatre ans, sous forme de dons et de prêts</strong>.</p>



<p>Après trois mois de silence, la visite de Jean-Yves Le&nbsp;Drian à&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/madagascar/">Madagascar</a>, jeudi 20&nbsp;février, avait laissé espérer une avancée ou, à défaut, des clarifications sur l’épineux dossier des îles Eparses, dont le président Andry Rajoelina a officiellement demandé la restitution à la France. Il n’en a rien été.</p>



<p>Interpellé lors d’un bref échange avec la presse, le chef de la diplomatie française s’est contenté de répondre : <em>«</em> <em>C’est un sujet qui mérite une discussion approfondie</em>. <em>Comme vous le savez, les deux présidents se sont parlé au mois de mai, ils ont décidé de mettre en place une commission mixte pour à la fois échanger des arguments juridiques et des propositions de développement sur les zones concernées.</em> […] <em>Il va y avoir maintenant une deuxième réunion et le travail va se poursuivre en amitié et en confiance. »</em></p>



<p>Depuis la première réunion de cette commission mixte, le 18&nbsp;novembre à Antananarivo, la balle est dans le camp de Paris pour organiser le deuxième round des négociations. Le temps presse. Les deux chefs d’Etat se sont fixé comme échéance le 26&nbsp;juin&nbsp;2020, date du 60<sup>e</sup>&nbsp;anniversaire de l’indépendance de l’ancienne colonie française, pour parvenir à une&nbsp;<em>«&nbsp;solution commune&nbsp;».</em>&nbsp;Paris invoque le récent remaniement ministériel à Madagascar et le changement d’interlocuteur, avec la nomination d’un nouveau ministre des affaires étrangères, pour expliquer cette longue pause et promet que la date d’une prochaine rencontre sera rapidement connue.</p>



<h4>«&nbsp;Ici c’est la France&nbsp;»</h4>



<p>Face à ce discours rassurant, personne ne voit pourtant quelle pourrait être l’issue des discussions tant que les deux parties continuent de poser en préalable la reconnaissance de leur souveraineté sur les quatre îlots situés dans le canal du Mozambique (le cinquième, Tromelin, dans l’océan Indien, étant quant à lui revendiqué par l’île Maurice). Par une série de déclarations jugées brutales et provocatrices par les Malgaches, Emmanuel Macron a coupé court à tout compromis.&nbsp;<em>«&nbsp;Ici c’est la France&nbsp;»,&nbsp;</em>avait-il notamment proféré, le 23&nbsp;octobre, en foulant le sable des îles Glorieuses, promises à devenir une réserve naturelle nationale d’ici au mois de juin.</p>



<p>Même si le sujet des Eparses n’étaitpas inscrit à l’agenda officiel de la visite de M. Le Drian, c’est bien cette position que le ministre était chargé de rappeler au président malgache, avec lequel il s’est entretenu à huis clos : la France ne transigera pas sur sa souveraineté mais reste ouverte à une coopération dans les domaines de la pêche, de la protection de la biodiversité ou de la sécurité maritime.</p>



<p>A ceux qui suspectaient la France de vouloir conserver ces territoires inhabités pour les hydrocarbures présents dans le sous-sol océanique, le ministère de l’écologie a opportunément annoncé, jeudi, que le gouvernement mettait&nbsp;<em>«&nbsp;définitivement un terme aux forages en mer de France&nbsp;»</em>&nbsp;et avait&nbsp;<em>«&nbsp;refusé de prolonger le permis exclusif de recherches en mer de “Juan de Nova maritime profond”&nbsp;».</em>&nbsp;Ce que la société Marex, détentrice du permis, savait déjà depuis plusieurs semaines.</p>



<p>Côté malgache, Andry Rajoelina a également fait monter la pression en faisant de la restitution des Eparses un enjeu de justice et de fierté nationale, alors que la grande majorité de la population, jeune et rurale, n’a jamais entendu parler de ce différend territorial qui ne mobilise qu’une partie des élites de la capitale. Mi-décembre, en présence de représentants venus de toutes les régions, une concertation nationale a été organisée pendant trois jours à Antananarivo afin de sensibiliser l’opinion publique.&nbsp;<em>«&nbsp;Nous ne sommes pas de ceux qui reculent. Si nous n’obtenons pas la restitution de ces îles maintenant, nous les perdrons à jamais&nbsp;»,</em>&nbsp;avait alors déclaré le chef de l’Etat.</p>



<h4>Coopération renforcée</h4>



<p>Pour faire valoir ses droits, Madagascar s’appuie sur la résolution adoptée en 1979 par les Nations unies, reconnaissant sa souveraineté sur l’archipel. En confiant le ministère des affaires étrangères à Djacoba Tehindrazanarivelo, M. Rajoelina a choisi un fin connaisseur du droit international. Ce juriste a consacré sa thèse aux sanctions internationales prises sous l’égide des Nations unies, et son directeur de thèse n’était autre que le professeur Raymond Ranjeva, aujourd’hui membre de la commission mixte et, surtout, auteur de la résolution de 1979 favorable à Madagascar. L’application de la décision onusienne reste donc officiellement la revendication préalable. <em>« Nous devons travailler ensemble sur les modalités de restitution sur la base des décisions onusiennes »,</em> a répété Valéry Ramonjavelo, secrétaire général de la présidence.</p>



<p>Jeudi cependant, au palais présidentiel d’Iavoloha, où se tenaient la rencontre bilatérale et la conférence de presse, M.&nbsp;Rajoelina s’est montré étonnamment silencieux sur le sujet, préférant se féliciter de la qualité des relations et des&nbsp;<em>«&nbsp;nombreux champs de coopération&nbsp;»</em>&nbsp;entre les deux pays. Il est vrai que M.&nbsp;Le&nbsp;Drian n’était pas venu les mains vides&nbsp;: une enveloppe de 240&nbsp;millions d’euros sur quatre ans, moitié en dons, moitié en prêts, a été annoncée pour soutenir le Plan émergence Madagascar, feuille de route gouvernementale pour le développement de l’île.</p>



<p>Cette somme prend en compte l’aide bilatérale octroyée par la France, mais, assure-t-on dans l’entourage de M.&nbsp;Le&nbsp;Drian, elle permettra d’aller&nbsp;<em>«&nbsp;beaucoup plus loin&nbsp;».</em>&nbsp;Cette aide s’est élevée à 55&nbsp;millions d’euros en&nbsp;2018, faisant de la France le deuxième contributeur au budget de l’assistance internationale bilatérale, derrière les Etats-Unis. L’enveloppe des dons devrait doubler, passant de 17&nbsp;millions en&nbsp;2018 à 30&nbsp;millions en&nbsp;2020 et les années suivantes. Pour M.&nbsp;Rajoelina, le différend sur les Eparses n’est donc pas un obstacle au renforcement de la coopération avec la France. Il est même possible d’imaginer que l’augmentation de l’aide française sera une contrepartie à une fin de non-recevoir de Paris sur ce dossier.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Madagascar organise une concertation nationale sur les îles Eparses</title>
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				<pubDate>Mon, 09 Dec 2019 16:04:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<p><strong>Le gouvernement veut « favoriser l’appropriation nationale et mobiliser l’opinion publique » autour de cet archipel disputé à la France depuis plus de quarante ans.</strong></p>



<p>Une concertation nationale sur les îles Glorieuses, Bassas da India, Juan de Nova et Europa a commencé, lundi 9 décembre, pour trois jours au Centre de conférences internationales d’Ivato, à <a href="https://www.lemonde.fr/madagascar/">Madagascar</a>. Objectif, selon le gouvernement : <em>« favoriser l’appropriation nationale et mobiliser l’opinion publique autour de l’enjeu de souveraineté de ces îles » </em>disputées à la France depuis plus de quarante ans. Autrement dit : montrer que la population malgache est mobilisée sur ce sujet que le président Andry Rajoelina a mis en avant dès le début de son mandat, en janvier. Cette concertation servira aussi à collecter des données permettant de documenter les liens entre Madagascar et ces îles qui, avec celle de Tromelin (revendiquée par l’île Maurice), forment l’archipel des Eparses.</p>



<p>Ce projet était depuis longtemps&nbsp;<em>«&nbsp;dans les tuyaux&nbsp;»,</em>&nbsp;selon le gouvernement, mais ce n’est que le 3&nbsp;décembre que la primature a finalement acté sa tenue par un communiqué. Un rapport de synthèse sera remis à M.&nbsp;Rajoelina à l’issue de l’événement, dont l’organisation a été bouclée en quelques jours. La semaine dernière, le ministère de l’intérieur et de la décentralisation a en effet demandé à chaque région de désigner deux délégués parmi les élus ou les représentants de la société civile. Les régions les plus proches géographiquement des Eparses (Boeny, Diana, Menabe et Atsimo-Andrefana) ont pu en désigner trois.</p>



<h4>Une station de recherche française</h4>



<p>Comment est-il possible de mettre sur pied en si peu de temps une consultation aussi ambitieuse&nbsp;?&nbsp;<em>«&nbsp;On en parlait depuis longtemps,&nbsp;</em>précise Andriariliva Doris Rasamoelina, le préfet de Morondava (région du Menabe).<em>&nbsp;Avec le gouverneur de région, nous avons organisé cette concertation régionale au lendemain du communiqué, c’est-à-dire mercredi 4&nbsp;décembre. Nous avons recueilli les appréciations des instances régionales et passé beaucoup d’appels à la radio pour inviter les gens à participer. La consultation s’est tenue vendredi 6&nbsp;décembre. Autour de la table, il y avait les notables de la région, des religieux, mais aussi des représentants de la société civile. A l’issue de cette réunion ont été désignés trois représentants. Ça s’est bien passé parce que les gens se sentent impliqués. Nous sommes en mesure de présenter notre vision pour le Menabe.&nbsp;»</em>&nbsp;Une centaine de personnes ont participé à la réunion, selon le préfet.</p>



<p><em>« L’Etat malgache prend en charge les frais de déplacements et l’accueil des représentants à Antananarivo, </em>explique Tianarivelo Razafimahefa, le ministre de l’intérieur<em>. Ce n’est pas court comme délai, puisque tout le monde a déjà ses idées sur le sujet. Les préfets me disent tous que c’est du jamais-vu en termes de mobilisation. »</em> Au total, une centaine de personnes devraient siéger pendant trois jours à Ivato. Les discussions ont été structurées autour de <em>« quatre commissions dont les thèmes sont “économie bleue et moyens de subsistance”</em>, <em>“souveraineté”</em>, <em>“sécurité” et “générations futures” », </em>explique Eric Ratsimbazafy, coordinateur général au sein du ministère des affaires étrangères<em>.</em></p>



<p>Cette assemblée prend place alors que le 3&nbsp;décembre, le jour même du communiqué, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé qu’une station de recherche serait installée sur les îles Eparses, en&nbsp;2020, pour améliorer la protection de la biodiversité. Selon une source diplomatique française, la commission mixte franco-malgache convoquée pour la première fois à Antananarivo le 18&nbsp;novembre devrait de nouveau se réunir à Paris&nbsp;<em>«&nbsp;avant les fêtes&nbsp;»&nbsp;</em>de fin d’année.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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