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	<title>Hajar Raissouni &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Maroc : condamnée pour « avortement illégal », la journaliste Hajar Raissouni graciée par Mohammed VI</title>
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				<pubDate>Wed, 16 Oct 2019 16:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Le roi du Maroc a gracié Hajar Raissouni, qui avait été condamnée à un an de prison ferme pour « avortement illégal » et « relations sexuelles hors mariage ». Les poursuites engagées contre la jeune femme, et sa condamnation, ont provoqué un vif débat au sein de la société marocaine. Le ministère marocain de...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/journaliste.jpg" alt="" class="wp-image-10362" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/journaliste.jpg 688w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/journaliste-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 688px) 100vw, 688px" /><figcaption>People stage a demonstration outside a court in solidarity with detained journalist Hajar Raissouni, in Rabat, Morocco, Monday, Sept. 9, 2019. Banner in Arabic reads « My body, my choice ». (AP Photo/Mosa&rsquo;ab Elshamy)</figcaption></figure>



<p><strong>Le roi du Maroc a gracié Hajar Raissouni, qui avait été condamnée à un an de prison ferme pour « avortement illégal » et « relations sexuelles hors mariage ». Les poursuites engagées contre la jeune femme, et sa condamnation, ont provoqué un vif débat au sein de la société marocaine.</strong></p>



<p>Le ministère marocain de la Justice a annoncé ce mercredi qu’une grâce royale a été accordée à&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/836784/societe/avortement-illegal-au-maroc-hajar-raissouni-condamnee-a-un-an-de-prison-ferme/">Hajar Raissouni</a>, selon un communiqué diffusé par la MAP, l’agence de presse officielle. Son fiancé a également été gracié, ainsi que tous les membres de l’équipe médicale qui étaient poursuivis dans ce dossier.</p>



<p>Cette grâce a pour but de «&nbsp;préserver l’avenir des deux fiancés qui comptaient fonder une famille conformément aux préceptes religieux et à la loi, malgré l’erreur qu’ils auraient commise et qui a conduit à cette poursuite judiciaire&nbsp;», précise le communiqué du ministère marocain de la Justice.</p>



<h4>Un procès qui a ouvert le débat</h4>



<p>La jeune femme, journaliste au quotidien arabophone&nbsp;<em>Akhbar Al-Yaoum</em>, avait été condamnée par le tribunal de première instance de Rabat à un an de prison ferme, le 30 septembre dernier, pour&nbsp;«&nbsp;avortement illégal&nbsp;» et «&nbsp;relations sexuelles hors mariage&nbsp;».</p>



<p>Arrêtés et jugés en même temps qu’elle, son gynécologue avait écopé de deux ans de prison ferme, son fiancé d’un an, un anesthésiste d’un an avec sursis, et une secrétaire de huit mois avec sursis.</p>



<p>Elle avait été arrêtée le 31 août par six policiers à la sortie d’un cabinet médical de Rabat. L’arrestation de cette journaliste, travaillant pour l’un des principaux quotidiens nationaux, a immédiatement <a href="https://www.jeuneafrique.com/836784/societe/avortement-illegal-au-maroc-hajar-raissouni-condamnee-a-un-an-de-prison-ferme/">créé une polémique au Maroc, et au-delà</a>. Plusieurs observateurs estimant notamment que Hajar Raïssouni, sympathisante du mouvement islamiste et démocrate, supportrice du <a href="https://www.jeuneafrique.com/765896/politique/maroc-des-centaines-de-manifestants-reclament-la-liberation-des-detenus-du-hirak/">Hirak, mouvement social dans le Rif</a>, payait par cette procédure ses engagements – Hajar est aussi la nièce d’<a href="https://www.jeuneafrique.com/661212/politique/qui-est-ahmed-raissouni-le-marocain-elu-a-la-tete-de-lunion-mondiale-des-oulemas/">Ahmed Raïssouni, l’un des oulémas les plus influents du monde arabe</a>, voix conservatrice mais aussi critique des institutions politiques marocaines.</p>



<p>Son arrestation et le procès qui a suivi a également relancé le débat sur le droit à l’avortement au Maroc.&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/813450/societe/maroc-624-victimes-indemnisees-pour-des-violations-des-droits-de-lhomme-sous-hassan-ii-et-mohammed-v/">Le Conseil national des droits humains (CNDH), une institution chargée de promouvoir la protection des droits de l’homme</a>, a ainsi annoncé&nbsp;qu’il présenterait rapidement des recommandations pour amender le Code pénal en faveur d’une dépénalisation de l’avortement.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Au Maroc, la journaliste Hajar Raissouni condamnée à un an de prison ferme pour « avortement illégal »</title>
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				<pubDate>Mon, 30 Sep 2019 17:44:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/64421a4_oszW7gNLCcGPJKhPPJxwq6jh.jpg" alt="" class="wp-image-9910" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/64421a4_oszW7gNLCcGPJKhPPJxwq6jh.jpg 688w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/64421a4_oszW7gNLCcGPJKhPPJxwq6jh-300x199.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/64421a4_oszW7gNLCcGPJKhPPJxwq6jh-600x398.jpg 600w" sizes="(max-width: 688px) 100vw, 688px" /><figcaption>Demonstrators hold up a sign showing the portrait of Hajar Raissouni, a Morrocan journalist of the daily newspaper Akhbar El-Youm, as they gather outside a courthouse holding her trial on charges of abortion in Marrakesh on September 9, 2019.  / AFP / FADEL SENNA</figcaption></figure>



<p><strong>Jugés en même temps qu’elle, son gynécologue a écopé de deux ans de prison ferme, son fiancé d’un an ferme, un anesthésiste d’un an de prison avec sursis et une secrétaire de huit mois avec sursis.</strong></p>



<p>Jugée pour&nbsp;<em>«&nbsp;avortement illégal&nbsp;»</em>&nbsp;et&nbsp;<em>«&nbsp;relations sexuelles hors mariage&nbsp;»</em>, la journaliste marocaine Hajar Raissouni, 28&nbsp;ans, a été condamnée lundi 30&nbsp;septembre à un an de prison ferme par le tribunal de Rabat. Arrêtés et jugés en même temps qu’elle, son gynécologue a écopé de deux ans de prison ferme, son fiancé d’un an ferme, un anesthésiste d’un an de prison avec sursis et une secrétaire de huit mois avec sursis.</p>



<p>Les proches de la journaliste ont confié qu’elle allait faire appel, tout comme M<sup>e</sup>&nbsp;Meriem Moulay Rachid, l’avocate du gynécologue.&nbsp;<em>«&nbsp;Ce procès n’avait pas lieu d’être, les accusations étaient infondées&nbsp;: il n’y a ni débauche [relations sexuelles hors mariage]</em>&nbsp;<em>ni avortement&nbsp;»</em>, a regretté l’avocat de la journaliste, M<sup>e</sup>&nbsp;Abdelmoula El Marouri, à l’issue du verdict. Interpellée fin août à l’entrée d’un cabinet médical de Rabat, la reporter avait été soumise à&nbsp;<em>«&nbsp;un examen médical sans son accord&nbsp;»</em>, selon elle. Ses avocats avaient assimilé cet examen à de&nbsp;<em>«&nbsp;la torture&nbsp;»</em>, pointant des&nbsp;<em>«&nbsp;manquements de la police judiciaire&nbsp;»</em>et des&nbsp;<em>«&nbsp;preuves fabriquées&nbsp;»</em>, et plaidé pour sa libération.</p>



<p>Si le parquet de Rabat assure que l’arrestation de la journaliste n’avait&nbsp;<em>«&nbsp;rien à voir&nbsp;»</em>&nbsp;avec sa profession, il ne fait pas de doute, ni pour ses avocats ni pour son entourage, qu’elle était bien ciblée. Dans une lettre publiée par son journal,&nbsp;<em>Akhbar AlYaoum,</em>&nbsp;la journaliste raconte avoir été longuement interrogée en garde à vue sur ses oncles. Le premier, Ahmed Raissouni, est un intellectuel et idéologue islamiste réputé dans le monde arabe et dont les prises de positions sont très hostiles au pouvoir royal. Le second, Souleymane, rédacteur en chef d’<em>Akhbar Al Yaoum</em>&nbsp;et issu de la gauche libérale, est connu pour ses prises de positions virulentes contre les autorités. Enfin, son cousin Youssef est secrétaire général de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).</p>



<p>Lundi, M<sup>me</sup>&nbsp;Raissouni est arrivée à la salle d’audience l’air serein, vêtue d’une djellaba noire, un voile à motifs couvrant sa tête. Elle a fait un signe de la main à ses proches avant de prendre place sur le banc des accusés. L’annonce du jugement a été accueillie par des cris de colère et de déception par les familles des accusés, et certains ont scandé en chœur le prénom de la reporter, visiblement effondrée. Elle risquait jusqu’à deux ans de prison en vertu du code pénal marocain, qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage et l’avortement quand la vie de la mère n’est pas en danger. Lors d’une précédente audience, M<sup>me</sup>&nbsp;Raissouni avait nié tout avortement, assurant avoir été traitée pour une hémorragie interne, ce que son gynécologue a confirmé au tribunal.</p>



<p>C’est&nbsp;<em>«&nbsp;une criante injustice, une flagrante violation des droits humains et une atteinte frontale aux libertés individuelles. Un jour noir pour les libertés au Maroc&nbsp;»</em>,&nbsp;<a href="https://twitter.com/AhmedBenchemsi/status/1178728519624527877">a commenté sur Twitter Ahmed Benchemsi</a>, un responsable de Human Rights Watch (HRW). Amnesty International a dénoncé, dans un communiqué,&nbsp;<em>«&nbsp;un coup dévastateur pour les droits des femmes au Maroc. (</em>…<em>) Les autorités devraient annuler sa condamnation et ordonner sa libération immédiate et sans conditions&nbsp;»</em>.</p>



<p>En&nbsp;2018, la justice marocaine a poursuivi 14&nbsp;503 personnes pour débauche, 3&nbsp;048 pour adultère, 170 pour homosexualité et 73 pour avortement, selon les chiffres officiels. Entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon des estimations.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne:  Lhi-Tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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