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	<title>fermeture de la frontière &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>« En fermant la frontière, le Nigeria a renforcé la contrebande »</title>
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				<pubDate>Sat, 07 Dec 2019 06:29:38 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/nigeria-benin-1024x578.jpg" alt="" class="wp-image-12085" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/nigeria-benin.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/nigeria-benin-300x169.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/nigeria-benin-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>L’économiste John Igué estime que le Bénin et le Nigeria, compte tenu de leur interdépendance, « n’ont pas d’autre choix que de s’entendre ».</strong></p>



<p>Le 20&nbsp;août, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a annoncé la fermeture progressive des frontières de son pays avec ses voisins. Principal visé&nbsp;: le&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/benin/">Bénin</a>, dont les marchands frontaliers sont accusés d’acheminer au&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/nigeria/">Nigeria</a>&nbsp;des milliers de tonnes de riz par an et de s’y approvisionner illégalement en carburant. Pour mettre fin à la contrebande, les autorités nigérianes ont interdit les importations de denrées alimentaires et renforcé le contrôle des frontières.</p>



<p>Selon l’économiste béninois John Igué, qui dirige le Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale à Cotonou, la situation doit aboutir à une remise à plat des relations commerciales entre les deux pays. Cet ancien ministre de l’industrie et des PME, auteur de l’ouvrage&nbsp;<em>Les Activités du secteur informel au Bénin. Des rentes d’opportunité à la compétitivité nationale&nbsp;</em>(éd. Karthala, 2019),revient sur les dynamiques économiques entre le géant africain et son voisin béninois.</p>



<h4>Déjà en&nbsp;2015, le président Buhari avait interdit les importations de riz au Nigeria, avant de les rétablir quelques mois plus tard. Pourquoi reconduit-il cette mesure&nbsp;?</h4>



<p>Il y a deux raisons majeures. La première est que M. Buhari subit la pression des hommes d’affaires nigérians. Il y a quelques années, le Nigeria a mis en place un vaste programme de développement de sa production de riz, géré notamment par Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique. Or le riz importé du Bénin, qui l’importe lui-même d’Asie, est moins cher et fait baisser le prix à la consommation. Cela ne permet donc pas aux producteurs locaux de rentabiliser leurs coûts de production, ni au Nigeria d’atteindre son objectif d’autosuffisance alimentaire. La deuxième raison est que le riz qui vient du Bénin est souvent de mauvaise qualité sur le plan nutritionnel, ce que les Nigérians ont de plus en plus de mal à tolérer.</p>



<h4>La politique de M.&nbsp;Buhari a-t-elle les effets escomptés&nbsp;?</h4>



<p>Le Nigeria a toujours eu une politique économique plus ou moins protectionniste pour atteindre ses objectifs de développement. Mais cela ne peut fonctionner que si l’on dispose de suffisamment de moyens financiers pour soutenir l’économie intérieure. Or malgré ces mesures, la production locale ne suffit toujours pas à nourrir les 200&nbsp;millions de Nigérians. Le pays reste le deuxième importateur de riz dans le monde, après la Chine.En fermant la frontière, M.&nbsp;Buhari a renforcé le phénomène de contrebande. Aujourd’hui, de plus en plus de commerçants béninois font passer leurs marchandises par la mer. Du côté de la frontière, longue de 800&nbsp;km, seule la dizaine de points de passage officiels sont fermés. Elle est poreuse car très difficile à surveiller. Il y a encore beaucoup de possibilités de contourner cette fermeture.</p>



<h4>En&nbsp;1990, vous avez publié l’une des premières études sur l’ampleur du secteur informel au Bénin. Trente ans plus tard, qu’en est-il&nbsp;?</h4>



<p>A l’époque, il y avait ce système que j’ai qualifié « d’Etat-entrepôt », pas forcément informel, et dont beaucoup estimaient qu’il allait finir par disparaître, pensant qu’il n’était pas viable. Les commerçants importaient de plus en plus de marchandises étrangères pour ensuite les réexporter au Nigeria, ce qui faisait que l’économie béninoise dépendait beaucoup trop de la consommation nigériane. Progressivement, elle a basculé vers le secteur informel, car l’Etat nigérian a adopté des politiques d’importation de plus en plus restrictives. Aujourd’hui, 80 % des emplois au Bénin relèvent du secteur informel. Et il représente environ 65 % du PIB. Une grande partie des échanges avec le Nigeria échappe toujours au contrôle de l’Etat, qui ne perçoit pas les impôts qu’il devrait recevoir. Malgré cela, l’entrepôt béninois n’a jamais arrêté ses activités.</p>



<h4>Pourquoi ce modèle perdure-t-il&nbsp;?</h4>



<p>Le business de la réexportation garantit des sources de revenus au Bénin. C’est un système rentable, dont les bénéfices alimentent directement les caisses du Trésor béninois, payent les fonctionnaires, etc. Le Bénin est un petit pays dont les activités économiques formelles se résument à la production agricole, surtout de coton. Il ne dispose pas de ressources naturelles, contrairement au Nigeria avec ses réserves pétrolières. Donc il continue de s’adapter aux demandes du marché nigérian. Pour donner un exemple, au Bénin il y a 11&nbsp;millions d’habitants, alors que la seule ville de Lagos en compte plus de 15&nbsp;millions et est six fois plus riche. Dans ce contexte, la dépendance économique du Bénin envers le Nigeria est inévitable.</p>



<h4>Comment le phénomène de contrebande est-il perçu des deux côtés de la frontière&nbsp;?</h4>



<p>Le secteur informel n’est pas perçu comme quelque chose de négatif par les Béninois. Tous ses acteurs sont impliqués dans des activités extrêmement organisées, souvent mieux que celles du secteur formel. Dans cette histoire, M. Buhari oublie un élément très important : les relations commerciales entre le Bénin et le Nigeria sont séculaires. Il y a les mêmes ethnies des deux côtés de la frontière, qui travaillent en réseau. Cette survivance des activités traditionnelles ne devrait pas être associée à de la contrebande. Il faut surtout s’interroger aujourd’hui sur les conditions qui les font perdurer. Nos études nous montrent que ce qu’on appelle « contrebande » n’est que le résultat de stratégies individuelles pour pallier des systèmes économiques défaillants. Ces échanges dits « informels » entre les deux pays sont indispensables pour satisfaire les besoins des populations en denrées de première nécessité comme le carburant ou le riz. Sur ce point, le Bénin et le Nigeria n’ont pas d’autre choix que de s’entendre.</p>



<h4>En juillet, le Nigeria a adhéré à la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), dont le principe est d’abaisser à terme les barrières commerciales entre les Etats africains. Sa position est-elle tenable&nbsp;?</h4>



<p>La fermeture des frontières contredit évidemment le principe de libre-circulation des personnes et des biens, que le Nigeria a d’abord signé avec la Cédéao&nbsp;<em>[Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest],</em>&nbsp;puis avec la ZLEC. Mais dans ce cas, comme avec le Bénin, l’enjeu principal est la coordination des systèmes monétaires. Les différences structurelles entre le franc CFA et le naira ne sont pas favorables à une bonne coopération économique. Surtout depuis la récession de 2016, liée à la baisse des prix du pétrole, lors de laquelle les réserves de change du Nigeria ont beaucoup baissé. Cette baisse a provoqué une décote du naira qui s’échange sur les marchés parallèles, alors que le franc CFA profite toujours de sa convertibilité avec l’euro. D’où les profondes contradictions entre les volontés politiques et les réalités économiques. Tout l’enjeu est là&nbsp;: il faudrait arriver à créer un système qui favorise l’harmonie monétaire entre les pays voisins du Nigeria, plutôt que la situation actuelle qui prolonge un système hérité de la colonisation.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>NIGERIA/FERMETURE FRONTIERES : Plus 110 milliards au moins perdus pour le Bénin</title>
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				<pubDate>Mon, 18 Nov 2019 04:16:36 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/NIGERIA-750x430-1.jpg" alt="" class="wp-image-11335" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/NIGERIA-750x430-1.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/NIGERIA-750x430-1-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>



<p><strong>80% des trafics commerciaux informels, 20% de contribution directe au PIB, 55% des échanges commerciaux, c’est l’impact du Nigeria sur le Bénin par les 773 km de frontière en commun. Si grâce à la filière cotonnière et aux grands travaux d’infrastructures, Cotonou tient relativement le coup, les fiscs ont perdu pas moins de 110 milliards déjà&nbsp; et au moins 600 milliards de chiffres d’affaires ont déjà échappé aux opérateurs économiques et commerçants béninois. Si vous n’êtes pas habitué aux longs chiffres, vous aurez des vertiges. Prenez vos calculettes, &nbsp;explications&nbsp;!</strong></p>



<p>Godomey. Banlieue proche de Cotonou. C’est le fief de Adandédjan Ludovic. La soixantaine bouclée (62 ans exactement) ce gendarme à la retraite est le seigneur du carburant frelaté. Il est pour la contrebande au Bénin ce qu’est Escobar pour la drogue. De la douane, de la gendarmerie ou encore de la police, il est connu partout. Généreux, ce natif du centre du pays (Abomey) ne lésine pas sur les moyens. Quelques millions là, quelques dizaines de millions un peu plus loin, un soutien à une œuvre liée au chef de l’Etat ici et là, «&nbsp;<em>il donne comme il gagne</em>&nbsp;» ricane Polycarpe. Cet étudiant en histoire a géré les archives du gentille ex gendarme pendant deux années. A lui seul, il détient 25 à 30 immenses camions rassemblés en deux décennies de carrière. Et verse, chaque mois, environs 900 millions au fisc. Et emploie en mécaniciens, chauffeurs et coursiers, plus de 300 personnes. S’il est le principal importateur de l’essence de contrebande, il n’est pas le seul. Il est d’ailleurs à la tête d’une mystérieuse association, mi-syndicale, mi-amicale, qui regroupe les barons du secteur. Une fois par mois, autour de quelques bouteilles de champagnes, ils discutent de leurs divers problèmes dans l’une de ses résidences de Zogbo (ouest de Cotonou). Il a le bras long jusqu’au sommet de l’Etat. Car à chaque élection, «&nbsp;<em>lui et les co-groupusculaires mettent des centaines de millions pour soutenir le pouvoir en place</em>&nbsp;» car, selon Polycarpe, &nbsp;»&nbsp;<em>Adandédjan est l’ami du pouvoir en place, il ne soutient jamais un opposant</em>«&nbsp;. Mais au-delà &nbsp;des 7 millions de litres de carburant qui passent du Nigeria vers le Bénin chaque jour, il y a plusieurs milliers de petits commerçants qui longent la frontière, du nord au sud, et ce sont eux qui s’écroulent, même si autant que l’Etat, le président Talon, lui aussi très actif dans les affaires perd quelques milliards, chaque mois. «&nbsp;<em>Une dizaine</em>&nbsp;» en chiffre d’affaires selon une source fiable proche de la comptabilité de ses entreprises.</p>



<p><strong>Frontières dormantes malgré les voies de contournement</strong></p>



<p>La frontière, encore toute neuve est bien calme. Il y a à peine une année que les deux présidents, Buhari et Talon l’ont inaugurée. Un joyau moderne, construit sur 17 hectares pour un coup global de près de 13 milliards F CFA. Essentiellement financé par l’Union européenne qui en mis en tout 64 millions d’euros pour 7 sites similaires dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Ce matin de début octobre, quelques personnes traversent la frontière. Subitement, armes au point, la police nigériane prend d’assaut une vieille 404 bâchée&nbsp; immobilisée dans la brousse, du côté du Nigeria. Un transporteur béninois a réussi à traverser avec une quarantaine de sacs de riz avant d’être intercepté. Le riz est la principale pomme de discorde d’autant qu’au-delà des 450.000 tonnes de riz qu’importe le Bénin et dont il ne consomme que 65%, Cotonou voit transiter sur son sol pas moins de 280.000 tonnes de riz étuvé destinées exclusivement au Nigeria, les Béninois ne consommant que le riz blanchi.&nbsp; Alors que Talon négociait par tous les moyens pour obtenir l’ouverture des frontières, Abuja envisage une prolongation jusqu’à fin janvier 2020. Ce qui ferait près de six mois de fermeture. Une échéance qui pourrait être écourtée par une intervention de la Cedeao au sein de laquelle, la fragilité de la diplomatie béninoise n’a pas permis de bouger les lignes. En attendant, chaque jour, le Bénin perd très gros en chiffres d’affaires, mais aussi en fisc d’autant que Cotonou a taxé le commerce de carburant de contrebande. Si Patrice Talon insiste pour que ses proches clament que le Bénin n’en sent pas le coup, il perd, à lui seul, par ses sociétés, une dizaine de milliards mensuels. Mais les plus grands perdants, ce sont les riverains. Entre 6 et 9 mille modestes commerçants qui longent la frontière du sud au nord mais aussi les opérateurs économiques. La frontière d’Igolo est aussi calme qu’un sanctuaire en adoration et à Kétou (….) quelques centaines de jeunes impliqués dans le commerce frontalier ont replié. Au chômage depuis la fermeture, Pierre Dotchamou est presqu’en pleure. Ce transporteur de 41 ans gagnait pas moins 15.000 FCFA (22€) par jour en déchargeant des sacs de riz. «&nbsp;J’ai épuisé mes économies et je ne peux plus nourrir ma famille&nbsp;» confie-t-il, pessimiste.</p>



<p>8.000.000.000&nbsp;! CFA. Que les zéros ne vous donnent pas le vertige. C’est l’équivalent de ce que verse, annuellement, au minimum Kéta Paul et quelques uns de ses co-équipiers, chaque année aux douanes béninoises. Elu local de So-Ava (commune lacustre près de Cotonou), c’est le «&nbsp;Ludovic Adandédjan&nbsp;» de&nbsp; la lagune de Porto-Novo.&nbsp; A lui seul, il a 3 barques&nbsp; dont chacune peut prendre entre 10.000 et 12.000 bidons de 25 litres. Soit 4 à 5 fois plus qu’un camion. En payant environ 5 millions par barque, le calcul est simple.&nbsp; Il ramène cette immense cargaison à Yénawa (nord-est de Cotonou), Ganvié et Ménontin qui constituent ses trois bases. Les détaillants se bousculent pour recueillir, tôt le matin en tricycles et se répartissent en quelques heures la denrée à l’aube. Une scène qui se répète chaque matin. Par camion de contrebande pour l’essence, le Bénin perçoit entre 1 et 1,5 millions Cfa et cela, pour chaque voyage. En prenant en considération uniquement les 25 à 30&nbsp; camions de Adandédjan Ludovic, on est à un peu moins d’un milliard par mois, soit près de 12 sur toute l’année. Ce qui veut dire qu’en matière d’impôts, le carburant, avec ses deux principaux&nbsp; du frelaté, rapporte plus que le coton qui a contribué à hauteur de 13 milliards l’année dernière aux fiscs. Si ces deux barons tiennent à eux seuls environ 45% du trafic selon un document de la douane dont nous avons copie, ils ne sont pas les seuls. Reprenez vos calculatrices&nbsp;! Aligo Dangoté. Nigérian issu d’une famille modeste, il est l’homme le plus riche de l’Afrique, pesant autour de 10 milliards de dollars. Il dispose pour sa cimenterie, de 2000 camions qui passent par le Bénin vers le Togo et le Ghana font en tout 10.000 navettes par mois selon un autre document des douanes béninoises en notre possession. Si la navette est à 50.000 F CFA (75€), cela fait 500.000.000 F CFA par mois qu’encaisse Bénin Control, une société dont Patrice Talon est actionnaire à 100%. Pour l’année, 6 milliards. Et c’est sans compter avec le fait que l’économie béninoise, très fiscalisée, en est une de trop spéciale. C’est 70% de ce qui est importé au Bénin (riz paraboilded, riz blanchi, mil, maïs importé, sucre, engrais, farine de blé, tissus imprimé) qui part au Nigéria. En fiscalité, trois sources concordantes du ministère des finances évoquent en tout plus de 22 milliards directs mensuels. Et dire, comme le font croire certains membres de l’entourage présidentiel que la fermeture de la frontière ne fait aucun mal au Bénin, c’est nier une réalité trop évidente qui risque, d’ici quelques mois, d’etrangler l’économie nationale. D’ailleurs, le Niger voisin qui exporte&nbsp; trois fois moins vers le Nigeria malgré 1500 km de frontière a évoqué officiellement 40 milliards F CFA de perte. «&nbsp;<em>Le Bénin en a déjà perdu 110</em>&nbsp;» confirme sous l’anonymat un haut gradé de la douane.</p>



<p><strong>Les impacts à long terme</strong></p>



<p>Le premier effet, c’est le chômage. Pour le court terme, la politique du gouvernement peut tenir mais au-delà de six mois, plusieurs milliers de béninois seront directement frappés par l’absence de toute activité. Pire, l’explosion cotonnière ne suffira pas à juguler le manque créé par la fermeture de la frontière et si, parce qu’une grande partie de ces activités frontalières échappe au secteur formel, l’impact sur la croissance est minime pour l’instant, les riverains en souffrent. Dans un pays déjà éprouvé par un taux de sous-emploi de plus de 25%, cet état de choses aggravera la situation. Et devrait, dès le premier trimestre 2020, impacter sérieusement sur la croissance ainsi que sur l’inflation d’autant que ces derniers jours, le prix du carburant a été multiplié par trois, atteignant même 900f CFA (1,3€) le litre à Porto-Novo où le prix, à cause de la proximité du Nigeria, a toujours été le plus bas. Mais nul n’a intérêt à ce que la situation dure, ni même le Nigeria. Dans la ville de Badagry (250.000 habitants) de l’autre côté de la frontière, d’où partent une grande partie des frontaliers, l’effet de la fermeture des frontières se ressent. «&nbsp;<em>Nous avons au moins 8.000 jeunes qui sont revenus</em>&nbsp;» a confié un des chefs traditionnels locaux à Afrika Stratégies France.</p>



<p>Sauf que cette situation repose la question des dédouanements de marchandises d’autant que normalement, une marchandise qui transite au Bénin ne doit pas payer de taxes autres que les frais de transit. Puis qu’elle a une destination finale autre que le Bénin, le Nigeria. Mais profitant du flou, Cotonou prélève indument des taxes de douanes. La question même de la libre circulation des biens se posent plus que jamais. La Cedeao doit, à partir de ce cas, prévoir la suite de sa politique d’intégration.</p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, à Paris (de retour de Cotonou), Afrika Stratégies France</strong></p>
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