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	<title>Faim &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Mourir de faim dans le sud de Madagascar</title>
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				<pubDate>Mon, 23 Nov 2020 18:45:59 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, 1,5 million de personnes ont besoin d’assistance. Les restrictions liées au Covid-19 ont aggravé les conséquences de la sécheresse. Les populations du sud de Madagascar sont-elles condamnées à avoir faim ? Le général Elak Olivier Andriakaja, directeur du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC),...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/11/madagascar_faim_malnutrition_unicef-1024x341.jpg" alt="" class="wp-image-20212" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/11/madagascar_faim_malnutrition_unicef-1024x341.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/11/madagascar_faim_malnutrition_unicef-300x100.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/11/madagascar_faim_malnutrition_unicef-768x256.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/11/madagascar_faim_malnutrition_unicef.jpg 1500w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les personnes âgées et les enfants sont parmi les premières victimes de la crise alimentaire, dans le sud de Madagascar, en novembre 2020.</figcaption></figure>



<p><strong>Dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, 1,5 million de personnes ont besoin d’assistance. Les restrictions liées au Covid-19 ont aggravé les conséquences de la sécheresse.</strong></p>



<p>Les populations du sud de Madagascar sont-elles condamnées à avoir faim ? Le général Elak Olivier Andriakaja, directeur du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), est arrivé à Ampanihy, jeudi 19 novembre, à la tête d’un convoi de quatre camions remplis de vivres pour procéder à de nouvelles distributions d’urgence. Il y a un mois, la mort de six enfants dans un village situé non loin de ce chef-lieu de district de la région d’Atsimo-Andrefana avait choqué le pays, faisant brutalement remonter à la surface le spectre familier de la famine qu’ici on appelle <em>« kéré »</em>. <em>« On fait le maximum mais la crise est généralisée</em>, constate le militaire chargé de coordonner les opérations d’urgence. <em>Des centres de réhabilitation nutritionnelle sont installés et la population est recensée pour évaluer précisément les besoins. »</em></p>



<p>Les agences humanitaires décrivent aussi une situation d’une gravité inédite depuis longtemps.&nbsp;<em>«&nbsp;C’est l’Ethiopie des années 1980, il y a des gens qui n’ont vraiment plus rien&nbsp;»</em>, énonce Moumini Ouedraogo, le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM), conscient du poids de cette référence. De la ville de Tuléar à l’ouest à celle de Fort-Dauphin au sud-est, la pluie n’est par endroits pas tombée depuis le mois de janvier. Les maigres réserves ont été mangées, les derniers poulets ou ustensiles de cuisine ont été vendus au marché et la période de soudure, qui durera jusqu’en avril, ne fait que commencer. Pour se nourrir, les familles doivent se contenter de mangues encore vertes, de morceaux de cactus, de tamarins ou de racines sauvages qu’il faut faire cuire longtemps pour en ôter le goût amer. Trouver de l’eau impose de marcher des kilomètres. Aujourd’hui, 1,5&nbsp;million de personnes ont besoin d’assistance, soit trois plus que ne l’anticipait encore le PAM en juillet.</p>



<h4>Sécheresse et coronavirus</h4>



<p>Que s’est-il passé&nbsp;? Outre la sévérité de la sécheresse, plusieurs explications sont avancées&nbsp;: des villages très reculés sont passés à travers la surveillance d’un réseau d’alerte précoce décrit de manière presque unanime comme défaillant. L’épidémie de coronavirus a entraîné la fermeture des écoles, privant les enfants de leur repas quotidien le plus complet. Elle a aussi ralenti le fonctionnement des centres de santé dont dépendent des populations déjà plus durement frappées que dans d’autres régions par le paludisme, la diarrhée ou les infections respiratoires.</p>



<p>Cette dégradation de la situation était annoncée dès le mois de mai : <em>« Les mesures restrictives et de distanciation sociale appliquée à la fin du mois de mars n’ont fait qu’empirer la situation sanitaire en général et celle de la malnutrition aiguë en particulier dans les zones analysées. Avec des conséquences néfastes sur le système alimentaire »</em>, concluait<a href="http://www.ipcinfo.org/fileadmin/user_upload/ipcinfo/docs/IPC_Madagascar_AcuteMalnutrition_2020FebDec_French.pdf"> l’analyse de la sécurité alimentaire publiée par le BNGRC.</a> Le nombre d’enfants risquant de se trouver en état de malnutrition aiguë d’ici à la fin de l’année y était estimé à près de 120 000. Il est à craindre que les nouvelles évaluations attendues dans les prochains jours fassent s’envoler ce chiffre. Le document pointait aussi la situation hautement critique du district d’Ambovombe, dans la région d’Androy, la plus touchée par la sécheresse.</p>



<p>Sur la Grande Ile de l’océan Indien, les appels au don se sont multipliés. A l’étranger, la diaspora s’est mobilisée. Mais le PAM qui assure d’ordinaire 65&nbsp;% des distributions alimentaires sait déjà que ses stocks lui permettront seulement de couvrir les deux mois à venir.&nbsp;<em>«&nbsp;Nous avons 12&nbsp;500 tonnes pour près de 900&nbsp;000 bénéficiaires</em>, calcule M. Ouedraogo en redoutant le moment où il faudra solliciter la générosité des habituels donateurs.&nbsp;<em>La faim dans le sud de Madagascar est une vieille chanson usée.&nbsp;»</em>&nbsp;L’agence de coopération américaine USAID supporte l’essentiel des opérations d’assistance alimentaire à travers le PAM et deux organisations non gouvernementales, Catholic Relief Services et Adventist Development and Relief Agency (ADRA). Jusqu’à présent, le gouvernement a préféré ne pas faire appel à une assistance internationale.</p>



<p>Il y a longtemps que, dans cette région semi-aride, la faim n’est plus une urgence mais un mal chronique qui revient chaque année. Ou presque. Arrivé avec le grand&nbsp;<em>kéré</em>&nbsp;de 1993, ce médecin de santé communautaire, qui préfère taire son nom, a son explication&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Il y a d’abord et avant tout le climat. Mais il y a aussi l’abandon de l’Etat, des infrastructures de santé sans moyens et des promesses de développement qui n’ont jamais été tenues.&nbsp;»</em>&nbsp;Madagascar figure parmi les pays les plus vulnérables au dérèglement climatique. Les scénarios du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) laissent entrevoir une hausse des températures moyennes de 6,5&nbsp;°C dans le sud du pays d’ici à la fin du siècle, si la courbe mondiale des émissions de gaz à effet de serre n’est pas infléchie.</p>



<h4>Arracher le Sud à son funeste sort</h4>



<p>Des centaines de millions de dollars ont été dépensées pour financer des programmes de développement qui ont laissé peu de traces durables sur le terrain. D’autres sont restés dans les tiroirs en attendant que le pays sorte d’une de ces multiples crises politiques qui ont jalonné les dernières décennies. En 2011, une agence des Nations unies avait osé comparer le Sud à un <em>« cimetière de projets »</em>. En 2013, le retour à un ordre constitutionnel avec l’élection de Hery Rajaonarimampianina s’est traduit par le réengagement des bailleurs étrangers dont le pays dépend pour financer ses investissements. Une liste de 21 priorités a été arrêtée, composée de programmes de soutien à l’agriculture et de grands projets d’infrastructures destinés à désenclaver la région et à améliorer son approvisionnement en eau potable. La plupart sont restées sur le papier. Mais la réhabilitation d’un pipeline de quelque 200 km et d’une station d’épuration dans le district d’Ampotaka a pu être réalisée grâce à l’argent de l’agence de coopération japonaise. Celle-ci avait déjà financé le projet initial vingt ans plus tôt.</p>



<p>Le successeur du président Rajaonarimampianina, Andry Rajoelina, a promis de gagner <em>« la guerre contre la malnutrition »</em>. Signe de son engagement, les visites d’un président sur le terrain n’ont jamais été aussi fréquentes. D’autres projets ont été annoncés : parmi eux, une usine de fabrication de compléments alimentaires, née d’un partenariat entre la Fondation Mérieux et la société Nutriset, devrait bientôt s’implanter près de Fort-Dauphin. Le lancement de grands travaux d’adduction d’eau est à nouveau d’actualité. Jeudi, le chef de l’Etat a rencontré les représentants des agences des Nations unies et des donateurs bilatéraux pour discuter des moyens d’urgence nécessaires pour faire face au <em>kéré</em>. Il a aussi été question de remettre sur les rails un grand plan d’action qui, pour de bon, arracherait le Sud à son funeste sort.</p>



<p><strong>Source : Le Monde Afrique/Mis ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Mo Ibrahim : « Les populations risquent de mourir de faim avant même d&#8217;être touchées par le coronavirus »</title>
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				<pubDate>Wed, 05 Aug 2020 14:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/mo-ibrahim.jpg" alt="" class="wp-image-18660" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/mo-ibrahim.jpg 612w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/mo-ibrahim-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 612px) 100vw, 612px" /><figcaption>Mo Ibrahim </figcaption></figure>



<p>L&rsquo;infatigable Mo Ibrahim, entrepreneur et philanthrope anglo-soudanais à la tête d&rsquo;une Fondation éponyme, ne ménage pas ses efforts depuis l&rsquo;arrivée du SARS-CoV-2 et appréhende les risques socio-économiques de la pandémie sur le continent. Entre crise sanitaire et risques alimentaires, migrations et dette africaine, Mo Ibrahim a choisi La Tribune Afrique pour revenir sur les grands défis du continent.</p>



<p><strong>Le rendez-vous annuel de votre Fondation a été annulé pour raison sanitaire. Quels ont été les impacts de la pandémie de coronavirus sur vos activités&nbsp;?</strong></p>



<p>Dès le 24&nbsp;février, nous avons pris la décision de reporter l&rsquo;<em>Ibrahim Governance Week-end</em>, qui devait se tenir du 3 au 5&nbsp;avril à Addis&nbsp;Abeba, en Éthiopie (ndr&nbsp;: reporté du 16 au 18&nbsp;avril&nbsp;2021). Ensuite, la Fondation a réaffecté l&rsquo;intégralité de ses moyens en direction d&rsquo;actions de sensibilisation concernant les impacts du SARS-CoV-2 en Afrique, en fournissant les meilleures données et analyses possibles, et en renforçant son plaidoyer afin de prendre les mesures nécessaires pour relever ce défi sans précédent.</p>



<p>Nous avons publié un document intitulé&nbsp;<em>Le Covid-19 en Afrique</em>, qui évalue la capacité du continent à faire face à la pandémie, et qui en appelle à une gouvernance coordonnée, à un renforcement des structures sanitaires, mais également à une meilleure collection des datas. Nous produisons des dossiers et des analyses hebdomadaires présentant les derniers faits et chiffres tirés des recherches de la Fondation. Par ailleurs, nous entretenons d&rsquo;étroites relations avec les partenaires du continent (institutions multilatérales, gouvernements, secteur privé, experts, société civile) et enfin, nous avons renforcé nos échanges avec les jeunes, en les invitant à partager leur propre appréciation de la situation et les perspectives qu&rsquo;ils entrevoient pour l&rsquo;avenir.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;est-ce que la pandémie a révélé en matière d&rsquo;insécurité alimentaire sur le continent&nbsp;?</strong></p>



<p>L&rsquo;Afrique subsaharienne était la région la plus durement touchée au monde par l&rsquo;insécurité alimentaire avant la pandémie et la situation se dégradait déjà depuis plus d&rsquo;un an&#8230; Les experts estimaient que 2020 serait l&rsquo;année la plus marquée par les crises alimentaires depuis 2017. L&rsquo;invasion des criquets pèlerins qui fait rage depuis 2019 en Afrique de l&rsquo;Est est la pire de ces 25 dernières années. Les populations risquent de mourir de faim avant même d&rsquo;être touchées par le Coronavirus.</p>



<p>En Afrique de l&rsquo;Ouest, selon le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 21 millions de personnes vont avoir du mal à se nourrir pendant la période de soudure (de juin à août, entre les récoltes). En raison des répercussions socio-économiques de la Covid-19, auxquelles s&rsquo;ajoutent les effets cumulés des confinements et de la crise économique, 20&nbsp;millions de personnes supplémentaires pourraient bien rencontrer des difficultés pour se nourrir dans les 6&nbsp;prochains mois&#8230;</p>



<p><strong>Le coronavirus représente-t-il un risque en termes de gouvernance, en particulier en matière de prolongation de mandat dans plusieurs pays africains ?</strong></p>



<p>En collaboration avec Alan&nbsp;Doss, le président sortant de la Fondation Kofi&nbsp;Annan, nous avons souligné le fait que cette pandémie pourrait provoquer une crise politique, menaçant les progrès démocratiques accomplis par de nombreux pays au cours des dernières années. Dans l&rsquo;analyse que nous avons publiée au sujet de la Covid-19, de la démocratie et des élections en Afrique, nous signalions qu&rsquo;un grand nombre d&rsquo;élections initialement prévues en&nbsp;2020 sur le continent avaient été reportées, dont certaines, comme en Éthiopie, pour une durée indéterminée. La frontière entre les opérations de maintien de l&rsquo;ordre public destinées à prévenir la propagation de la pandémie et celles portant atteinte aux libertés individuelles est incontestablement très ténue et délicate à déterminer, et il faut la surveiller attentivement. Cette frontière a déjà été franchie en de nombreux endroits, et pas uniquement en Afrique.</p>



<p><strong>Les migrants semblent avoir été les «&nbsp;grands oubliés&nbsp;» de la pandémie. La question migratoire a été mise en suspens depuis le début l&rsquo;arrivée du SARS-CoV-2. Qu&rsquo;est-ce que le Coronavirus a révélé sur cette question&nbsp;?</strong></p>



<p>Ils comptent en effet, parmi les «&nbsp;grands oubliés&nbsp;» de la crise sanitaire qui n&rsquo;est qu&rsquo;à ses débuts&#8230; Pour autant, les migrants ne sont pas les seuls touchés. Toutes celles et tous ceux qui travaillent dans le secteur informel, mais aussi les femmes confinées chez elles, les populations rurales ou les nomades, souffrent terriblement. Récemment interrogée par la Fondation Mo Ibrahim, la jeunesse a fait état d&rsquo;une augmentation des violences sexistes ainsi que d&rsquo;un risque d&rsquo;augmentation des grossesses précoces.</p>



<p><strong>Plus globalement, que pensez-vous de la politique migratoire de l&rsquo;Union européenne (UE), en Libye en particulier ?</strong></p>



<p>Le débat sur les migrations doit partir des réalités (&#8230;) Près des trois quarts des migrants africains se déplacent au sein du continent et environ 80&nbsp;% des migrations africaines sont exclusivement mues par l&rsquo;espoir de perspectives économiques meilleures. Dans les faits, les migrants africains ne représentent pas un «&nbsp;fardeau&nbsp;» pour le monde ou pour l&rsquo;Europe, pas plus qu&rsquo;il ne les «&nbsp;envahissent&nbsp;». En&nbsp;2017, on comptait au total 36,3&nbsp;millions de migrants africains. Ce chiffre ne représente qu&rsquo;environ 14&nbsp;% des migrations mondiales, bien loin derrière le pourcentage de migrants en provenance d&rsquo;Asie et d&rsquo;Europe (41&nbsp;% et 24&nbsp;% respectivement).</p>



<p>Le conflit libyen ne devrait pas avoir d&rsquo;incidence sur la politique migratoire européenne, mais il reflète bien l&rsquo;arrivée sur le continent de nouveaux «&nbsp;partenaires&nbsp;», pas toujours soucieux de l&rsquo;intérêt de l&rsquo;Afrique, mais bien conscients en revanche de l&rsquo;impact politique de l&rsquo;«&nbsp;arme&nbsp;» migratoire&#8230;</p>



<p><strong>Quelles seront les conséquences de cette pandémie sur la dette africaine&nbsp;?</strong></p>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une préoccupation majeure. Si l&rsquo;Afrique a globalement connu une croissance économique impressionnante au cours des deux dernières décennies, la dette africaine, aussi bien publique que privée, a elle aussi explosé. Cette dette atteint 365&nbsp;milliards de dollars, dont plus de 44&nbsp;milliards doivent être remboursés avant la fin de l&rsquo;année&nbsp;2020. Parallèlement, les effets importés de la crise du Coronavirus frappent massivement le continent, bien plus tôt et bien plus fort que les répercussions sanitaires directes. De fait, les conséquences socio-économiques de cette pandémie sur notre continent m&rsquo;inquiètent beaucoup plus que son incidence sanitaire.</p>



<p>Il faut gérer des effets cumulatifs massifs&nbsp;: l&rsquo;effondrement complet du marché pétrolier et de la demande extérieure, l&rsquo;arrêt quasi total du tourisme, la diminution considérable des transferts de fonds, ainsi que la forte volatilité des devises (en particulier en Afrique du Sud, au Ghana et au Kenya). D&rsquo;après la Banque&nbsp;mondiale, l&rsquo;Afrique pourrait entrer en récession pour la première fois depuis 25&nbsp;ans. Les pays occidentaux développés ont débloqué d&rsquo;énormes enveloppes budgétaires pour atténuer les répercussions économiques et sociales de l&rsquo;arrêt presque total de l&rsquo;économie pendant plusieurs mois. Du fait de leur espace budgétaire très restreint, les pays africains ne peuvent pas se permettre de telles mesures. Ils n&rsquo;ont tout simplement pas les moyens de renforcer leurs systèmes de santé pour affronter la pandémie, tout en atténuant les effets de la crise économique et en remboursant leur dette. La situation n&rsquo;est pas tenable. Quelque chose va exploser, et je crains qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse du tissu social et politique, déjà fortement fragilisé en de nombreux endroits. Nous sommes face à une menace imminente qui risque d&rsquo;anéantir la plupart des progrès accomplis ces dernières années en matière de lutte contre la pauvreté, d&rsquo;éducation, de santé ou encore de démocratie. Les inégalités pourraient s&rsquo;accentuer et les perspectives qui s&rsquo;offrent à nos jeunes se réduire. Tout ceci constitue un terreau propice à une recrudescence des troubles sociaux et des conflits.</p>



<p><strong>Quel regard portez-vous sur la crise de gouvernance que traverse actuellement la Banque africaine de développement&nbsp;(BAD)?</strong></p>



<p>Nous avons besoin d&rsquo;un processus fonctionnel et efficace, car la gouvernance est un enjeu essentiel. Je n&rsquo;ai pas connaissance des détails des allégations en question. J&rsquo;ignore si elles sont avérées ou non, car je n&rsquo;ai rien vu et je n&rsquo;ai échangé avec aucune des personnes concernées. Si des allégations ont été faites, elles doivent faire l&rsquo;objet d&rsquo;une enquête en bonne et due forme. Je comprends qu&rsquo;une enquête indépendante ait été lancée, et que Mary&nbsp;Robinson, qui est membre de notre conseil d&rsquo;administration, y participe. Laissons les enquêteurs travailler de manière indépendante et crédible, pour pouvoir ensuite agir vite. En ces temps extrêmement difficiles pour notre continent, nous ne pouvons pas nous permettre qu&rsquo;une institution aussi essentielle se trouve paralysée.</p>



<p><strong>Qu&rsquo;attendez-vous de la zone de libre-échange économique africaine (Zleca)?</strong></p>



<p>Le commerce est essentiel pour le continent. Ici comme ailleurs, la pandémie a mis en exergue les liens de dépendance qui pèsent sur les chaînes de production et d&rsquo;approvisionnement, et la fragilité qui en découle. L&rsquo;Afrique doit devenir plus autosuffisante et faciliter la production, l&rsquo;échange et la circulation intra-continentale des biens. Cette zone de libre-échange panafricaine est absolument essentielle pour optimiser le potentiel du continent et assurer son autonomie économique et sa souveraineté. Nous devons accélérer la mise en place pleine et entière de la Zleca, et la rendre totalement opérationnelle, au-delà des engagements politiques.</p>



<p><strong>La démographie africaine&nbsp;est-elle une opportunité à saisir ou un défi à surmonter ?</strong></p>



<p>La croissance démographique africaine est à double tranchant. C&rsquo;est avant tout une immense opportunité. Face à la pandémie actuelle, nous voyons par exemple émerger d&rsquo;incroyables solutions et des innovations locales imaginées par de jeunes entrepreneurs africains. Avec un âge médian de 19,7&nbsp;ans en&nbsp;2020, la population africaine est la plus jeune au monde. En&nbsp;2020, on compte déjà 1 milliard de jeunes Africains de moins de 35&nbsp;ans, soit près d&rsquo;un quart de la jeunesse mondiale. D&rsquo;ici à 2100, cette proportion s&rsquo;élèvera à près de 50&nbsp;%, dépassant celle de l&rsquo;Asie. Dès lors, la seule jeunesse africaine sera 2 fois plus importante que la totalité de la population européenne.</p>



<p>Cependant, un trop grand nombre de ces jeunes sont privés de perspectives d&rsquo;avenir, et c&rsquo;est là que se situe la menace. En&nbsp;2019, près de 16&nbsp;millions de jeunes âgés de 15 à 24&nbsp;ans en Afrique étaient sans emploi, avec un taux de chômage près de 2&nbsp;fois supérieur à celui de leurs aînés âgés de 25&nbsp;ans et plus. En Afrique du Sud &#8211; 2e PIB le plus élevé du continent-, 54,5&nbsp;% des jeunes sont sans emploi. On court à la catastrophe. Dans le meilleur des cas, ces jeunes viendront grossir les flux migratoires&nbsp;et dans le pire, ils se laisseront recruter par les réseaux extrémistes, terroristes ou criminels.</p>



<p><strong>La Covid-19 a fait relativement peu de victimes en Afrique à ce jour, pourtant la pandémie a fait les titres des journaux du monde entier. N&rsquo;y a-t-il pas eu une hystérisation des débats dans les médias, alors que la malaria ou la faim tuent beaucoup plus chaque année sur le continent&nbsp;?</strong></p>



<p>En effet, s&rsquo;il est important de ne pas minimiser la létalité de ce virus invisible, il convient de conserver une vision globale de la situation. Pour 47&nbsp;% des membres récemment interrogés du «&nbsp;Now Generation Network&nbsp;» de la Fondation, le Coronavirus n&rsquo;est pas le principal enjeu sanitaire auquel est confronté leur pays. Le paludisme, la malnutrition et les problèmes de santé mentale sont considérés comme des enjeux inquiétants, voire plus inquiétants. Cependant, il nous faut garder à l&rsquo;esprit que la progression du Coronavirus est en pleine escalade. L&rsquo;OMS prévoit même un véritable tsunami à l&rsquo;automne. Nous devons rester prudents, car nous manquons de données fiables, en raison de la faiblesse des services d&rsquo;enregistrement des décès dans de nombreux pays, mais aussi du fait d&rsquo;approches différentes. Du reste, en Afrique, tous ceux qui toussent ne vont pas chez le médecin, et tous ceux qui suffoquent ne rentrent pas à l&rsquo;hôpital&#8230;</p>



<p><strong>Comment concilier intérêts économiques et enjeux sanitaires quand on sait que certains laboratoires stoppent des productions jugées économiquement peu rentables&nbsp;?</strong></p>



<p>Il serait impardonnable de sacrifier des vies sur l&rsquo;autel du profit. Accorder aux profits davantage d&rsquo;importance qu&rsquo;aux personnes n&rsquo;est pas envisageable. Nous devons être mus par des valeurs partagées, et non pas seulement par le cours de l&rsquo;action. Voilà pourquoi je suis membre de «&nbsp;The B Team&nbsp;», une organisation mondiale à but non lucratif qui réunit des chefs de grandes entreprises, pour mettre au premier plan le bien-être des populations et de la planète. Voilà également pourquoi je suis signataire de l&rsquo;&nbsp;«&nbsp;<em>Appel pour que le vaccin contre le COVID soit déclaré bien commun mondial&nbsp;»</em>, lancé par Muhammad&nbsp;Yunus [économiste du Bangladesh et fondateur de «&nbsp;Grameen Bank&nbsp;», la première institution de micro-crédit, Prix Nobel de la Paix en 2006, ndlr].</p>



<p><strong>Quelles ont été les leçons tirées de l&rsquo;épidémie d&rsquo;Ebola permettant de faciliter la gestion de la crise de la Covid-19 sur le continent ?</strong></p>



<p>L&rsquo;épidémie d&rsquo;Ebola a conduit à la création d&rsquo;Africa CDC (Centres de prévention et de contrôle des maladies) et à la mise en place d&rsquo;Instituts nationaux de Santé publique dans de nombreux pays, ce qui a renforcé leurs capacités à rationaliser et à coordonner leurs interventions de lutte contre les épidémies. Les pays touchés par Ebola disposent toujours d&rsquo;infrastructures d&rsquo;isolement. Ils ont aussi renforcé leurs capacités de communication en matière de risques.</p>



<p>L&rsquo;Afrique dispose de l&rsquo;expertise scientifique nécessaire pour combattre le virus, au même titre que le monde occidental. Au Sénégal, un laboratoire a ainsi capitalisé sur son expérience dans la lutte contre le VIH-Sida et contre Ebola pour développer un kit de dépistage du Coronavirus à 1 dollar. Au Maroc, l&rsquo;association MadNess, dirigée par des jeunes, a produit et distribué, dans le cadre d&rsquo;une initiative baptisée « Frigal », plus de 25 000 visières de protection pour les personnels de santé et les policiers.</p>



<p><strong>Source: La Tribune Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée </strong></p>
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		<title>Lutte contre la faim au Sahel: pour l&#8217;engagement des bailleurs de fonds</title>
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				<pubDate>Fri, 19 Jun 2020 18:27:30 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Des organisations humanitaires dont Save the Children et Action contre la Faim invitent, dans un communiqué reçu à APA, les bailleurs de fonds à s’engager dans la lutte contre la faim au Sahel. « Alors que les violences et massacres se poursuivent et contraignent toujours plus de personnes à fuir leurs foyers, les besoins humanitaires...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/image1024x768-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-17476" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/image1024x768.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/image1024x768-300x200.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/image1024x768-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Des organisations humanitaires dont Save the Children et Action contre la Faim invitent, dans un communiqué reçu à APA, les bailleurs de fonds à s’engager dans la lutte contre la faim au Sahel.</strong></p>



<p>« Alors que les violences et massacres se poursuivent et contraignent toujours plus de personnes à fuir leurs foyers, les besoins humanitaires explosent et les financements eux tardent à arriver. A la moitié de l’année 2020, les plans de réponse humanitaire du Sahel restent financés seulement à hauteur de 26% ou moins », notent ces ONG.</p>



<p>Selon elles, déjà en 2019, seule la moitié des financements nécessaires avaient pu être mobilisés. « Face à l’urgence de la situation au Sahel et alors que la soudure de juillet à août va aggraver encore la situation pour des millions de personnes, le report de la conférence des bailleurs (initialement prévue le 18 juin) est un coup de plus qui risque d’être fatal pour des millions de Sahéliens. La faim elle, n’attend pas. La communauté internationale ne peut pas abandonner le Sahel au moment où les populations ont le plus besoin d’aide, nous sommes à un point de rupture », interpellent les organisations.</p>



<p>Elles soulignent que l’arrivée de la Covid-19 n’a fait qu’aggraver la crise humanitaire et alimentaire. Au Sahel central, 5,5 millions devraient souffrir d&rsquo;insécurité alimentaire pendant la période de soudure, soit 2,5 fois plus que la moyenne des cinq dernières années. Les mesures prises par les pays pour ralentir la pandémie ont permis d’éviter, pour l’heure, les scénarios catastrophes annoncés au début de la pandémie de Covid-19. Cependant, elles ont aussi fragilisé les ménages, et en premier lieu, les plus précaires.</p>



<p>« La pandémie de Covid-19 a ajouté une pression supplémentaire sur une situation déjà intenable. La période de soudure a toujours été une période difficile pour les populations sahéliennes mais dans ce contexte explosif, c’est la saison de tous les dangers et l’arrivée des pluies va augmenter les cas de paludisme et de choléra. L’accès aux services essentiels à la santé, à l’eau, sont d’autant plus indispensables en contexte de maladie et de pandémie et aujourd’hui largement insuffisants », s’inquiètent ces ONG humanitaires.</p>



<p><strong>Source: Apa News/Mis en : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Famine en Afrique australe: une crise discrète au sommet de l’UA</title>
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				<pubDate>Sat, 08 Feb 2020 17:30:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Le constat du Programme alimentaire mondiale (PAM) est sans appel : en 2020, près de 45 millions de personnes sont menacées par la famine en Afrique australe. Au moment où les chefs d’État du continent sont réunis au sommet de l’Union africaine, en Éthiopie, c’est une urgence qui devrait interpeller. «&#160;La situation est extrêmement grave.&#160;» La...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/union-afr.jpg" alt="" class="wp-image-14019" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/union-afr.jpg 700w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/union-afr-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p><strong>Le constat du Programme alimentaire mondiale (PAM) est sans appel : en 2020, près de 45 millions de personnes sont menacées par la famine en Afrique australe. Au moment où les chefs d’État du continent sont réunis au sommet de l’Union africaine, en Éthiopie, c’est une urgence qui devrait interpeller.</strong></p>



<p>«&nbsp;<em>La situation est extrêmement grave.</em>&nbsp;» La chercheuse à l’Institute for Security Studies (ISS), Liesl Louw-Vandran, ne mâche pas ses mots pour décrire la situation qui prévaut actuellement en Afrique australe. Quasiment tous les pays de la région sont touchés, même si pour certains la situation est encore plus urgente. Selon les chiffres dévoilés par le PAM, le 16 janvier dernier,<strong><a target="_blank" href="http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200119-afrique-australe-45-millions-personnes-menace-famine-pam-lola-castro" rel="noreferrer noopener">&nbsp;45 millions de personnes sont menacées par la famine.&nbsp;</a></strong>Une «&nbsp;<em>crise de la faim</em>&nbsp;» qui atteint des proportions encore jamais vues. Au Zimbabwe, c’est une personne sur deux qui est considérée comme en situation de grave insécurité alimentaire.</p>



<p>Les signaux d’alarme sont tirés, les constats sont posés, pourtant la crise humanitaire en Afrique australe est loin d’occuper le haut de l’affiche du 33e sommet de l’Union africaine. Ce week-end, le continent réunit ses chefs d’État et de gouvernement pour sa traditionnelle assemblée annuelle. Et sur les 46 rendez-vous officiels annoncés à l’agenda, aucun ne concerne la crise humanitaire en Afrique australe. Avec&nbsp;<strong><a target="_blank" href="http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200206-faire-taire-armes-2020-lambitieux-pari-lunion-africaine" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;Faire taire les armes&nbsp;»</a></strong>, la thématique mise en avant pour ce rendez-vous, les conflits auront donc le devant de la scène, notamment la crise en Libye.</p>



<p><strong>«&nbsp;<em>Racine des conflits sur le continent</em>&nbsp;»</strong></p>



<p>Pourtant, pour Lesl Louw-Vaudran, ces crimes humanitaires ont forcément un impact direct sur les conflits&nbsp;: «&nbsp;<em>Tous les chefs d’État sont conscients que ces situations humanitaires sont l’une des racines des conflits sur le continent et une des causes profondes de la pauvreté. Cela mène les gens à rejoindre les groupes armés.</em>&nbsp;»</p>



<p>Pointé du doigt comme raison principale de cette crise&nbsp;: le changement climatique. Celui-ci est particulièrement notable en Afrique australe. Selon le PAM, les températures augmentent dans la région à un rythme deux fois plus élevé que celui observé sur le reste de la planète. «&nbsp;<em>La saison de cyclones a débuté, on ne peut pas se permettre la répétition des dégâts de l’an dernier</em>&nbsp;», alerte Lola Castro, la responsable du PAM, faisant référence notamment<a target="_blank" href="http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190505-mozambique-malawi-zimbabwe-detresse-humanitaire-afrique-australe-banque-mondiale-ai" rel="noreferrer noopener"><strong>au cyclone Idai qui, en mars 2019</strong></a>, a fait de nombreuses victimes au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi.</p>



<p>«&nbsp;<em>On ne peut pas parler de sécurité alimentaire en Afrique sans parler du changement climatique</em>, estime en effet Palamagamba John Kabudi, le chef de la diplomatie tanzanienne, pays membre de la SADC, l’organisation régionale d’Afrique australe.&nbsp;<em>C’est le moment crucial de réaliser que le changement climatique est un énorme problème. Ce n’est plus possible de le nier. Cela affecte l’Afrique. Pendant que nous parlons là, il y a des inondations, des cyclones, la sécheresse. Nous devons adopter des mesures pour limiter ce changement climatique pour pouvoir assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique. Parce qu’il n’y aura pas assez de nourriture pour nourrir toutes nos populations.</em>&nbsp;»</p>



<p><strong>L’immense impact économique</strong></p>



<p>Mais il reconnaît à demi-mot que tous les pays de l’organisation ne partagent pas cette urgence&nbsp;: «&nbsp;<em>La plupart des pays africains réalisent l’urgence de la situation. [Mais] il y en a qui ne se rendent pas compte. Ceux-là, c’est à nous de les convaincre. Ça devrait être une des priorités de notre agenda pendant nos délibérations.</em>&nbsp;» Et si la question du changement climatique doit donner lieu à une réunion de haut niveau en marge du sommet, l’UA n’a pas modifié son agenda et les discours en amont de la réunion n’ont pas évoqué cette crise de la faim.</p>



<p>Pourtant, Lesl Louw-Vaudran le répète, l’impact économique est énorme&nbsp;: «&nbsp;<em>Le Zimbabwe a produit la moitié des volumes de maïs en 2019 par rapport à 2018. Ça donne une idée du problème. Pour un pays comme la Namibie, l’impact de la sécheresse se retrouve même lors des élections du mois de novembre. Par exemple, la Swapo&nbsp;</em>[l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain, parti au pouvoir dans le pays, ndlr]&nbsp;<em>a vu sa popularité chuter. Ça impacte l’économie et la politique.</em>&nbsp;»</p>



<p>Et pour le ministre tanzanien, la demande est claire&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous avons besoin du soutien financier des autres organisations. Nous avons besoin de partenaires et d’expertise en matière d’agriculture et en matière de changement climatique.</em>&nbsp;» L’argent, le nerf de la guerre qu’il est difficile de mobiliser malgré cette crise humanitaire. En janvier dernier, le PAM déclarait n’avoir reçu que 205 millions de dollars sur les 489 millions nécessaires pour venir en aide à la région.</p>



<p><strong>Source :RFI Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Des essaims de criquets d&#8217;une ampleur historique ravagent de larges zones d&#8217;Afrique de l&#8217;Est</title>
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				<pubDate>Sun, 26 Jan 2020 09:06:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/essaims-criquets.jpeg" alt="" class="wp-image-13656" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/essaims-criquets.jpeg 980w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/essaims-criquets-300x169.jpeg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/essaims-criquets-768x432.jpeg 768w" sizes="(max-width: 980px) 100vw, 980px" /><figcaption> Un homme de la tribu des Samburu traverse un essaim de criquets survolant un pâturage dans le village de Lemasulani, dans le comté de Samburu, Kenya, le 17 janvier 2020. © Njeri Mwangi, Reuters </figcaption></figure>



<p><strong>L&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est est confrontée, depuis plusieurs semaines, à une invasion de criquets pèlerins, d&rsquo;une ampleur et d&rsquo;une capacité destructrice jamais vues selon la FAO, qui s&rsquo;est répandue depuis l&rsquo;Éthiopie et la Somalie jusqu&rsquo;au Kenya. Des essaims qui dévastent les récoltes et mettent en péril la sécurité alimentaire des populations concernées.</strong></p>



<p>Des essaims de criquets&nbsp;pèlerins d&rsquo;une ampleur historique, totalisant plusieurs milliards d&rsquo;insectes, dévastent depuis plusieurs semaines de larges zones d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est.</p>



<p>D&rsquo;épais nuages de ces insectes se sont répandus depuis l&rsquo;Éthiopie et la Somalie&nbsp;<a target="_blank" href="http://observers.france24.com/fr/20200120-kenya-invasion-criquets-temoignages-agriculteurs-eleveurs" rel="noreferrer noopener">jusqu&rsquo;au Kenya</a>, où l&rsquo;Agence des Nations Unies pour l&rsquo;agriculture et l&rsquo;alimentation (FAO) a estimé qu&rsquo;un seul de ces essaims couvrait une surface de 2&nbsp;400 km<sup>2&nbsp;</sup>&nbsp;(soit la taille du Luxembourg).</p>



<p>Un tel essaim contiendrait quelque 200&nbsp;milliards de criquets – et chacun dévore chaque jour l&rsquo;équivalent de son propre poids (deux grammes), soit un total de 400&nbsp;000 tonnes de nourriture. Il est capable de parcourir 150 kilomètres par jour et de ravager les moyens d&rsquo;existence des populations rurales dans leur course effrénée pour se nourrir et se reproduire.</p>



<p>L&rsquo;Éthiopie et la Somalie n&rsquo;avaient pas vu d&rsquo;essaims de criquets pèlerins d&rsquo;une telle ampleur depuis vingt-cinq ans, et le Kenya n&rsquo;avait pas eu à affronter de menace acridienne d&rsquo;une telle force depuis soixante-dix ans,&nbsp;<a target="_blank" href="http://www.fao.org/emergencies/ressources/cartes/detail/fr/c/1257519/" rel="noreferrer noopener">selon la FAO</a>.</p>



<p>Si rien n&rsquo;est fait, le nombre d&rsquo;insectes ravageurs « pourrait être multiplié par 500 d&rsquo;ici au mois de juin », envahissant le Soudan du Sud et l&rsquo;Ouganda, dévastant les cultures sur son passage, dans des zones déjà très vulnérables, a mis en garde l&rsquo;agence de l&rsquo;ONU.</p>



<p>Cela pourrait provoquer « un problème de sécurité alimentaire de premier plan », a déclaré vendredi Guleid Artan, du Centre de prévision et d&rsquo;applications climatologiques (ICPAC), relevant de l&rsquo;organisation régionale Igad, lors d&rsquo;une conférence de presse à Nairobi.</p>



<p>Pour lui, l&rsquo;invasion actuelle est le dernier symptôme d&rsquo;une série de variations climatiques extrêmes en Afrique de l&rsquo;Est en 2019, qui a commencé avec une forte sécheresse et s&rsquo;est achevée avec des pluies et inondations dévastatrices, qui ont fait des centaines de morts.</p>



<p><strong>« Une des zones les plus vulnérables au changement climatique »</strong></p>



<p>Ces conditions extrêmes sont mises sur le compte du « dipôle océan Indien », un phénomène climatique créé par la différence de température à la surface de la mer entre les zones est et ouest de l&rsquo;océan Indien. Les scientifiques disent n&rsquo;avoir pas observé un dipôle d&rsquo;une telle intensité depuis des années, voire des décennies.</p>



<p>« Nous savons que l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est est une des zones les plus vulnérables au changement climatique. Cette région va connaître de nouvelles variations extrêmes », a souligné Guleid Artan.</p>



<p>L&rsquo;un des experts participant à la conférence de presse à Nairobi a dû rassurer l&rsquo;assistance et a expliqué que l&rsquo;invasion de criquets survenant après la sécheresse et les inondations n&rsquo;étaient pas les signes avant-coureurs de l&rsquo;Apocalypse annoncée par la Bible.</p>



<p>Les essaims géants sont entrés au Kenya en décembre, ravageant sur leur passage la prairie du nord et du centre du pays. Si les agriculteurs ont été relativement épargnés, leurs champs ayant déjà été moissonnés, les éleveurs sont frappés de plein fouet par une invasion qui détruit les moyens de subsistance de leurs animaux.</p>



<p>Son impact est d&rsquo;autant plus élevé que les éleveurs venaient de subir trois années de sécheresse et qu&rsquo;il faut habituellement jusqu&rsquo;à cinq ans pour se remettre d&rsquo;une telle épreuve.</p>



<p><strong>Pesticides</strong></p>



<p>Si la menace des criquets n&rsquo;a pas été jugulée d&rsquo;ici au début de la prochaine saison de semis, aux alentours de mars, les agriculteurs pourraient voir leurs champs anéantis.</p>



<p>Face à la menace des essaims géants qui assombrissent le ciel et dévastent la végétation, des Kenyans ont eu recours à tous les moyens artisanaux possibles pour les chasser, agitant des bâtons, frappant sur des boîtes de conserves ou même ouvrant le feu à coups de fusil. En vain.</p>



<p>Le Kenya dispose de cinq avions, qui dispersent des pesticides sur les essaims, a précisé Stephen Njoka, directeur de l&rsquo;organisme sous-régional qui surveille les criquets pèlerins en Afrique de l&rsquo;Est (la Desert Locust Control Organisation for Eastern Africa), basé à Nairobi.</p>



<p>Il assure que les produits chimiques utilisés ne sont pas dangereux pour la santé des humains et que les autorités font de leur mieux pour limiter les dommages aux autres insectes, notamment pollinisateurs.</p>



<p>Des opérations similaires ont lieu en Éthiopie et en Somalie, mais dans ce dernier pays, elles sont parfois entravées par l&rsquo;insécurité qui règne dans certaines régions, selon la FAO.</p>



<p>« Ce nouveau désastre présage mal de l&rsquo;année 2020. Le climat imprévisible en 2019 et dans la décennie précédente a déjà gravement érodé la capacité des familles à récupérer de la crise », s&rsquo;inquiète Ian Vale, directeur régional pour l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est et du Sud de l&rsquo;organisation Save the Children.</p>



<p><strong>Source: France 24/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Malbouffe et famine, les deux faces de l’Afrique</title>
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				<pubDate>Tue, 11 Jun 2019 21:45:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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				<description><![CDATA[Le Symposium international sur l&#8217;avenir de l&#8217;alimentation souligne que les Africains sont confrontés à plusieurs déséquilibres alimentaires. Sur le continent, des obèses cohabitent avec des sous-alimentés… Si l’on a vendu à l’Afrique le miracle d’un saut technologique permettant aux citoyens&#160;d’accéder au&#160;mobile banking&#160;sans passer par la case minitel, il est un autre bond qu’elle devrait s’abstenir...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/ballaman_2017-09-17-2973-1024x729.jpg" alt="" class="wp-image-5371" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/ballaman_2017-09-17-2973-1024x729.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/ballaman_2017-09-17-2973-300x214.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/ballaman_2017-09-17-2973-768x547.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption> <a rel="noreferrer noopener" target="_blank" href="https://www.courrierinternational.com/dessin/sante-un-monde-obese-et-mal-nourri">Courrier international</a> Alex Ballaman, Suisse. </figcaption></figure>



<p><strong>Le Symposium international sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;alimentation souligne que les Africains sont confrontés à plusieurs déséquilibres alimentaires. Sur le continent, des obèses cohabitent avec des sous-alimentés…</strong></p>



<p>Si l’on a vendu à l’Afrique le miracle d’un saut technologique permettant aux citoyens&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/473489/economie/la-revolution-de-la-banque-mobile-en-une-infographie/">d’accéder au&nbsp;<em>mobile banking</em></a>&nbsp;sans passer par la case minitel, il est un autre bond qu’elle devrait s’abstenir de franchir. Tenu à Rome en ce début de semaine, le Symposium international sur l’avenir de l’alimentation souligne que le continent risque de passer directement de la<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/421104/politique/aide-alimentaire-lonu-crie-famine/">&nbsp;sous-alimentation coutumière</a>&nbsp;à la&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/195748/societe/les-ravages-de-la-malbouffe/">malbouffe généralisée</a>. Ceux qui manquent de nutriments et ceux qui en sont saturés cohabitent déjà.</p>



<p>Les différents rapports de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) établissent que 24% de la population subsaharienne est sous-alimentée – 32% en Afrique centrale, 12% en Afrique de l’Ouest –, tandis que 12% des adultes de cette zone géographique<a href="https://www.jeuneafrique.com/480898/societe/en-afrique-le-nombre-denfants-obeses-a-presque-double-en-20-ans/">&nbsp;sont obèses</a>. Alors que le taux d’« affamés&nbsp;» est le plus élevé au monde, le ratio des Africains en surpoids significatif et l’un des plus faibles de la planète. Mais ce dernier est en croissance…</p>



<h2>Fast-foods en pagaille</h2>



<p>Autant que sous le prisme d’une&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/41915/politique/mondial-de-l-alimentation-quelle-malbouffe-pour-l-afrique/">américanisation de la culture</a>, c’est dans le sillage du rouleau compresseur calorique que se déploie l’occidentalisation des modes de vie. Dans un premier temps, c’est&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/632780/societe/infographie-linsecurite-alimentaire-en-recul-au-maroc-et-en-algerie/">dans les pays du Maghreb</a>&nbsp;et de l’Afrique anglophone qu’apparaissaient, parcimonieusement,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/238157/economie/de-tunis-a-casa-les-rois-du-fast-food-se-relancent/">des fast-foods comme Burger King ou McDonald’s.</a>&nbsp;Désormais, c’est sur l’ensemble du continent que des enseignes comme&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/548912/economie/fast-food-apres-la-tunisie-et-la-cote-divoire-kfc-debarque-au-senegal/">KFC</a>&nbsp;ou Pizza Hut s’implantent sur un rythme vertigineux : Kenya, Afrique du Sud, Égypte, Ghana, Côte d’Ivoire ou encore Maroc.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>DE L’HUILE POUR LE MOTEUR ET DE L’HUILE POUR LES ARTÈRES…</p></blockquote>



<p>Aux franchises traditionnelles s’ajoutent des investissements plus directs, des associations avec des producteurs avicoles locaux ou des p<a href="https://www.jeuneafrique.com/630004/economie/cote-divoire-pizza-hut-simplante-dans-les-stations-vivo-energy/">artenariats avec des groupes comme Vivo Energy en Côte d’Ivoire</a>. Le distributeur de carburant suggérera à ses clients de faire aussi le plein de&nbsp;<em>fried chicken</em>&nbsp;estampillé KFC. De l’huile pour le moteur et de l’huile pour les artères…</p>



<p>Pour contrer l’invasion des burgers exogènes, des entrepreneurs du continent lancent des chaînes locales de fast-food, comme Tantalizers qui possède déjà 59 restaurants au Nigeria.<br>À l’échelle du monde, le nombre de personnes obèses devrait bientôt dépasser le nombre de personnes souffrant de la faim, ce dernier chiffre s’élevant à 821 millions, selon les statistiques de 2017. Sur toute la planète, et dans les zones urbaines de l’Afrique singulièrement, l’objectif est moins de produire davantage de nourriture que de produire davantage de nourriture saine, avec moins de graisse saturée, moins de sucre raffiné, moins de sel et moins d’additifs chimiques.</p>



<p>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée</p>
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