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	<title>elyess fakhfakh &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Pandémie de Coronavirus : La rue commence à gronder en Tunisie</title>
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				<pubDate>Wed, 01 Apr 2020 18:38:19 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/elyes-fakh.png" alt="" class="wp-image-15613" width="726" height="376" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/elyes-fakh.png 406w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/elyes-fakh-300x155.png 300w" sizes="(max-width: 726px) 100vw, 726px" /><figcaption>Elyess Fakhfakh</figcaption></figure>



<p><strong>Un hasard très symbolique a fait que la première des manifestations populaires réclamant de l’aide se passe à Mnihla, une proche banlieue de Tunis, où habite le président Kais Saied. La zone est populaire et abrite, en majorité, des citoyens à faibles revenus.</strong></p>



<p>Ils ont manifesté, avant-hier, pour réclamer l’aide de l’Etat afin de faire face au confinement qui leur a imposé l’arrêt de leurs activités quotidiennes et, par conséquent, l’absence de revenus.</p>



<p>Les statistiques disent qu’un million de citoyens tunisiens sont dans cette situation.</p>



<p>L’expert international Mourad Ezzine avait tiré la sonnette d’alarme, le 20&nbsp;mars dernier, c’est-à-dire avant la décision de confinement, lancée le 21&nbsp;mars. Il avait rappelé que «beaucoup de nos concitoyens sont trop pauvres pour pouvoir arrêter de travailler, puisque leur épargne est négative ou nulle, et ils n’ont pas un salaire régulier à la fin du mois». L’expert avait conclu que «l’auto-confinement, le confinement ou même un couvre-feu ne seront pas observés par ces personnes en l’absence de mesures qui garantissent la subsistance à leurs familles».</p>



<p>Les manifestations, avant-hier à Mnihla, montrent que les premiers signes d’étouffement d’une tranche de la population commencent déjà, après dix jours de confinement.</p>



<p>Dans son analyse de la situation à venir en Tunisie, Mourad Ezzine s’interroge sur le taux de leurs salaires que devraient percevoir les fonctionnaires tunisiens pendant le confinement. Il indique que «des pays riches comme le Danemark et la Grande-Bretagne ont opté pour 90% et 80% respectivement, alors qu’aux Etats-Unis ce sera encore moins généreux».</p>



<p>L’expert attire l’attention sur la nécessité de «faire durer les ressources le plus possible car on ne sait pas combien de temps durera le confinement». Il avertit sur la nécessité d’«éviter qu’on se mette collectivement en danger en forçant le gouvernement à stopper prématurément notre confinement pour cause d’épuisement des ressources».</p>



<p><strong>Politique et moyens</strong></p>



<p>Pour sa part, le psychiatre Soufiane Zribi craint les développements issus du confinement et prévoit une tension sociale quasi-certaine, en se justifiant par le fait qu’au moment où «les 600&nbsp;000 fonctionnaires recevront leurs salaires, en cette fin de mois, sans avoir assuré le travail qui leur est demandé, des centaines de milliers d’autres Tunisiens ne percevront pas un dinar.</p>



<p>Et ce ne sont pas, uniquement les petits métiers&nbsp;; il y a, également, les professions libérales, les commerces non alimentaires, ou les sociétés de service». Le Dr Zribi évalue cette population à un million de personnes, frappés de plein fouet par le confinement. «Cette catégorie de citoyens a pu supporter une semaine de confinement, peut-être pourront-ils tenir une semaine encore, mais leurs maigres réserves seront vite épuisées et ils ne pourraient résister davantage», ajoute-t-il, présentant le dangereux challenge posé à la Tunisie&nbsp;: «Quitter le confinement sera terrible sur le plan sanitaire. Y rester ne sera pas humain.»</p>



<p>Le Dr Zeribi pense qu’«il faudrait que la société civile vienne aider le gouvernement, que la solidarité nationale s’organise et que les quelques milliers qui le peuvent donnent aux millions qui n’en peuvent plus…»</p>



<p>La situation est loin d’être de tout repos pour tout le monde, en Tunisie.</p>



<p>Sur le plan sanitaire, le ministère tunisien de la Santé a annoncé l’extension des tests de dépistage du coronavirus aux laboratoires de l’Institut Pasteur, l’hôpital militaire de Tunis et les centres hospitalo-universitaires de Sousse, Monastir et Sfax.</p>



<p>Le nombre de tests a déjà grimpé de 50 à plus de 500 quotidiennement. Ils concernent les personnes présentant les symptômes du coronavirus, ainsi que l’entourage des cas avérés.</p>



<p>Le directeur général de l’Institut Pasteur, le professeur Hechmi Louzir, a annoncé 10 000 tests pour les prochains jours afin de tracer une cartographie du virus à travers la Tunisie et le cerner davantage. Jusqu’au 30 mars, la Tunisie a enregistré 362 cas de Covid-19, avec 9 décès et 3 guérisons. 3700 tests ont été effectués.</p>



<p><strong>Source: El Watan/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Tunisie : Le coronavirus n’a pas empêché les tensions entre les trois présidences</title>
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				<pubDate>Sat, 28 Mar 2020 15:45:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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				<description><![CDATA[Elyes Fakhfakh veut gouverner par ordonnances, en ces temps de crise. La réunion de l’Assemblée fut houleuse à cause d’un récent accrochage entre un député et des syndicalistes à Sfax. La Tunisie gère néanmoins correctement la pandémie de Covid-19, selon l’OMS. 227 cas, 6 décès et 2 guérisons. De vives tensions ont marqué la réunion...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/elyes-fakh.png" alt="" class="wp-image-15613" width="712" height="368" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/elyes-fakh.png 406w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/elyes-fakh-300x155.png 300w" sizes="(max-width: 712px) 100vw, 712px" /></figure>



<p><strong>Elyes Fakhfakh veut gouverner par ordonnances, en ces temps de crise. La réunion de l’Assemblée fut houleuse à cause d’un récent accrochage entre un député et des syndicalistes à Sfax. La Tunisie gère néanmoins correctement la pandémie de Covid-19, selon l’OMS. 227 cas, 6 décès et 2 guérisons.</strong></p>



<p>De vives tensions ont marqué la réunion d’avant-hier de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), destinée à examiner la demande d’Elyes Fakhfakh de gouverner par ordonnances, selon l’article 70 de la Constitution. Sept ministres ont accompagné le chef du gouvernement, pour s’expliquer sur la stratégie contre le Covid-19. Mais, les députés n’avaient en tête qu’à en découdre entre eux.</p>



<p><strong>Règlement de comptes</strong></p>



<p>Le véritable débat sur la proposition du gouvernement Fakhfakh de gouverner par ordonnances n’a commencé qu’en début d’après-midi d’avant-hier. Les députés de l’ARP se sont attardés, pendant toute la matinée, sur l’accrochage, survenu mardi dernier, entre des syndicalistes de la santé à Sfax et le député Mohamed Affes, du bloc Qarama. Le député voulait imposer sa présence dans une réunion sur le renforcement de la protection du corps de la santé dans la région, à laquelle Affes n’était pas invité. Le bloc Qarama voulait que l’ARP condamne la puissante centrale syndicale UGTT, ce que les autres blocs parlementaires, hormis Ennahdha, refusaient catégoriquement. «Nous condamnons la violence d’où qu’elle vienne.</p>



<p>Mais, nous ne saurions condamner la grande centrale syndicale UGTT, l’un des plus forts remparts de l’Etat, ni les syndicalistes», réplique Mustapha Ben Ahmed, député syndicaliste, président du bloc Tahya Tounes. Ce fut donc juste un échange virulent entre députés de la mouvance islamiste et ceux défendant l’Etat de droit. L’ARP n’a pris aucune décision, se limitant à demander que justice soit faite.</p>



<p>Concernant la gouvernance par ordonnances, l’article 70 de la Constitution stipule&nbsp;: «L’Assemblée des représentants du peuple peut, à la majorité des trois cinquièmes de ses membres, en vertu d’une loi et pour un motif déterminé, déléguer au chef du gouvernement, pour une durée déterminée qui ne dépasse pas les deux mois, le pouvoir de prendre des décrets lois dans le domaine de la loi.</p>



<p>Ces décrets lois sont soumis à l’approbation de l’Assemblée à la fin de la période en question.» En ces temps de coronavirus, Elyes Fakhfakh considère que l’application d’un tel article lui accorderait plus de facilité de manœuvres. Les islamistes d’Ennahdha (52 sièges sur 217) ont peur que cela empiète l’autorité de l’ARP, surtout que Fakhfakh entretient de bonnes relations avec le président Saïed et que le duo Saïed/Fakhfakh pourrait ignorer le Parlement.</p>



<p>Pour sa part, le président Saïed n’a pas activé l’article 80 de la Constitution, qui lui permet «en cas de péril imminent menaçant la Nation…», de prendre les mesures requises par ces circonstances exceptionnelles. Il adresse à ce sujet un message au peuple. Les trois présidents ne semblent pas au mieux en termes de coordination, en ces temps de crise.</p>



<p><strong>Et le CoronaVirus</strong></p>



<p>Ces tiraillements politiques n’ont pas empêché les équipes médicales tunisiennes de lutter, comme il se doit, contre le Covid-19, de l’avis même de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui considère la Tunisie «sur la bonne voie». L’approche tunisienne était basée sur l’anticipation. «Vu nos moyens limités, nous avons décidé d’appliquer les mesures de la phase&nbsp;2 alors que le pays traversait la phase 1 de la pandémie. Nous appliquons, en ce moment, les mesures de la phase 4, alors que nous sommes en phase 3», explique Elyes Fakhfakh.</p>



<p>La Tunisie a décidé de fermer les écoles le 11 mars, et les espaces publics (cafés, restaurants, mosquées, etc.) le 13 mars, alors que la pandémie n’était qu’à la fin de sa première phase. Les frontières ont été fermées le 16 mars et les vols ont été définitivement suspendus le 19 mars. Seuls les vols de rapatriement sont permis.</p>



<p>Cette politique a apporté ses fruits puisque, jusqu’au 23 mars, sur les 89 cas enregistrés alors, 60 cas sont importés, alors que 29 cas répertoriés sont des contagions. A partir du 24 mars, les cas de contagion horizontale l’emportent. Mais, les zones de pandémie sont contrôlées et isolées. Quatre zones ont été énumérées (Djerba, La Marsa, Soukra et Lac 2) et fermées par les autorités publiques pour cerner le virus. Selon les dernières statistiques, 227 cas ont été enregistrés, engendrant six décès. Deux malades ont été guéris. La Tunisie considère que le traitement à la chloroquine est encore en phase expérimentale.</p>



<p>Les autorités exigent l’acquiescement du malade à l’utilisation de ce remède. Des hôpitaux ont été dédiés à la prise en charge des malades atteints de Covid-19. Les tests opérés sont passés d’une centaine par jour à plus de 300. Une cartographie nationale de la propagation sera établie sur la base de 10 000 tests, prévus la semaine prochaine. Laquelle cartographie va aider à mieux cerner la pandémie. La tension politique n’a pas empêché les structures sanitaires de faire leur travail.</p>



<p><strong>Source: El Watan/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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