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	<title>Eco &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<description>Tout un continent en un seul clic</description>
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	<title>Eco &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>L&#8217;éco, monnaie de la Cédéao, repoussée à 2025?</title>
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				<pubDate>Wed, 27 Jan 2021 14:10:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/logo_cedeao_0_0-1024x578.png" alt="" class="wp-image-10029" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/logo_cedeao_0_0.png 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/logo_cedeao_0_0-300x169.png 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/logo_cedeao_0_0-768x434.png 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>La monnaie commune aux pays de la Cédéao pourrait ne pas voir le jour avant 2025, au mieux. C&rsquo;est ce qui ressort des débats tenus ce dimanche par les dirigeants de la Cédéao réunis en sommet ordinaire. Les chefs d&rsquo;État ont décidé de repousser à janvier 2022 la reprise de l&rsquo;application de leur pacte de convergence, à cause de la pandémie de Covid-19 qui a obligé les pays ouest-africains à accroitre leurs dépenses.</strong></p>



<p>Déjà&nbsp;<strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20200909-pas-monnaie-unique-la-c%C3%A9d%C3%A9ao-en-2020">suspendues pour 2020</a></strong>, les mesures de convergence ont aussi été gelées par les chefs d&rsquo;État pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;année 2021. Un nouveau pacte de convergence doit être discuté par les pays de la Cédéao. Il entrera en vigueur au 1er janvier 2022. L&rsquo;organisation ouest-africaine s&rsquo;en explique par le fait que la pandémie entraine des dépenses supplémentaires, ce qui éloigne les gouvernements de l&rsquo;application des critères notamment sur la dette et le déficit budgétaire.</p>



<p>Dès lors que la convergence ne reprendra qu&rsquo;en 2022, la monnaie commune est ajournée. En effet, le ministre burkinabè de l&rsquo;Economie explique dans la presse qu&rsquo;il faut trois ans de convergence pour envisager le lancement de l&rsquo;éco, ce qui repousse sa date d&rsquo;entrée en vigueur à 2025.</p>



<p>Beaucoup d&rsquo;économistes ouest-africains posent donc une question : ce report de l&rsquo;éco n&rsquo;est-il pas surtout un aveu d&rsquo;échec ? Dans les colonnes du quotidien <em>Sidwaya, </em>l&rsquo;économiste burkinabé Ousséni Illy souligne les clivages existants entre les pays de l&rsquo;UEMOA et les autres, en particulier <strong><a href="https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/20200624-monnaie-le-pr%C3%A9sident-nigerian-%C3%A9voque-risque-dislocation-la-c%C3%A9d%C3%A9ao">le Nigeria</a></strong>.</p>



<p>Clivage qui bloque le processus d&rsquo;intégration monétaire. En effet, que ce soit sur les statuts de la future Banque centrale ou le régime de change de la monnaie commune, les dirigeants n&rsquo;ont pas avancé. Le risque étant de laisser le doute sur la volonté politique s&rsquo;installer dans l&rsquo;opinion.  </p>



<p><strong>Source:  Rfi Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Lancement compromis de l&#8217;éco en Afrique de l&#8217;ouest</title>
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				<pubDate>Tue, 30 Jun 2020 13:55:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[C’est en principe le 1er juillet que doit entrer en vigueur l’éco, la nouvelle monnaie commune des huit pays de la Cédéao. Mais sa mise en oeuvre est compromise. Huit pays francophones d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé fin décembre leur décision de remplacer leur monnaie commune par l' »Eco ». L’éco est...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/07/ECO-PHOTO-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-6752" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/07/ECO-PHOTO-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/07/ECO-PHOTO-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>



<p><strong>C’est en principe le 1er juillet que doit entrer en vigueur l’éco, la nouvelle monnaie commune des huit pays de la Cédéao. Mais sa mise en oeuvre est compromise.</strong></p>



<p>Huit pays francophones d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé fin décembre leur décision de remplacer leur monnaie commune par l' »Eco ».</p>



<p>L’éco est censée remplacer le franc CFA, créé il y a 46 ans. L’annonce a été officialisée en décembre 2019 à Abidjan par le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron.</p>



<p>Dans un premier temps, il s&rsquo;agira simplement de changer de nom, et non de monnaie. Ce n&rsquo;est que plus tard que les Etats africains qui utilisent le franc CFA devraient envisager une rupture de la convention qui les lie avec la France pour obtenir l&rsquo;autonomie du contrôle de leurs réserves de change.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p>Lors de leur 55e sommet, qui a eu lieu le 29 juin 2019 à Abuja (Nigeria), les chefs d’Etat de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont entériné leur projet de création de monnaie unique&nbsp;qui va s&rsquo;appeler l’éco.</p>



<p><strong>Fin du franc CFA</strong></p>



<p>Le projet de loi qui entérine la fin du franc CFA a été adoptée le 20 mai dernier en Conseil des ministres.</p>



<p>Ce texte valide la transformation du franc CFA, qui deviendra l&rsquo;Eco en maintenant la parité fixe avec l&rsquo;Euro, ainsi que la fin de la centralisation des réserves de change des Etats d&rsquo;Afrique de l&rsquo;ouest auprès du Trésor français, selon la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.</p>



<p>Cette réforme, a rappelé la porte-parole, résulte de l&rsquo;accord de coopération signé le 21 décembre 2019 entre Emmanuel Macron et les gouvernements des Etats membres de l&rsquo;Union monétaire ouest africaine, qui avaient annoncé cette réforme historique de la coopération monétaire entre la France et ces Etats africains devant aboutir à la fin du franc CFA.</p>



<p>Cliquez (sur la photo en haut), pour écouter l’analyse de Thierno Thioune, maître de conférences à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’université Cheick Anta Diop de Dakar.</p>



<p><strong>Source: Deutsche welle Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Kako Nubukpo alerte sur le risque d&#8217;un eco qui ne serait que l&#8217;avatar du franc CFA</title>
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				<pubDate>Fri, 26 Jun 2020 13:13:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Mardi 23 juin, les tweets du président nigérian ont enflammé la toile. Muhammadu Buhari a prévenu d&#8217;un risque de dislocation de la CEDEAO, en cas d&#8217;adoption unilatérale de l&#8217;eco par les pays membres de l&#8217;UEMOA. Des déclarations qui ont fait réagir Kako Nubukpo, doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l&#8217;Université...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/Kako_Nubukpo_0-1024x578.jpg" alt="" class="wp-image-7708" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/Kako_Nubukpo_0.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/Kako_Nubukpo_0-300x169.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/Kako_Nubukpo_0-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Kako Nubukpo</figcaption></figure>



<p>Mardi 23 juin, les tweets du président nigérian ont enflammé la toile. Muhammadu Buhari a prévenu d&rsquo;un risque de dislocation de la CEDEAO, en cas d&rsquo;adoption unilatérale de l&rsquo;eco par les pays membres de l&rsquo;UEMOA. Des déclarations qui ont fait réagir Kako Nubukpo, doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l&rsquo;Université de Lomé, qui appelle au débat et annonce la tenue prochaine des Etats généraux de l&rsquo;eco&#8230;</p>



<p><strong>Comment réagissez-vous au propos du président nigérian Muhammadu Buhari, qui a exprimé ses craintes à l&rsquo;égard de l&rsquo;eco dans une série de tweets ?</strong></p>



<p><strong>Kako Nubukpo, fonction&nbsp;:&nbsp;</strong>Le président Buhari a pointé le risque de dislocation de la CEDEAO [&#8230;]. J&rsquo;ai applaudi quand les présidents Macron et Ouattara ont annoncé, le 21 décembre dernier, le changement de nom du franc CFA en eco. A cette époque, nous n&rsquo;avions pas encore le projet de loi qui modifie le traité de l&rsquo;Union économique monétaire ouest-africaine. Finalement, ce projet a été adopté par le gouvernement français fin mai et il est actuellement en discussion à l&rsquo;Assemblée nationale française ainsi que dans les Assemblées nationales des pays membres de l&rsquo;UEMOA. A la lecture de ce projet de loi, on s&rsquo;aperçoit que les changements sont limités au nom de la monnaie, à la fermeture du compte d&rsquo;opération et au retrait des ressortissants français des instances de l&rsquo;UEMOA.</p>



<p>A la nuance près que, dans le même projet de loi, il est explicitement écrit, qu&rsquo;en cas de crise, la France pourrait envoyer de nouveau ses ressortissants au Conseil de Politique monétaire de la Banque centrale des Etats d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest &#8211; BCEAO &#8211; en qualité de garant financier de la zone&#8230; Par ailleurs, la flexibilité du taux de change tout comme le régime de ciblage de l&rsquo;inflation sont deux éléments cruciaux qui ne sont pas réglés par ce nouveau traité, lequel présente l&rsquo;eco comme un simple avatar du franc CFA, avec le maintien d&rsquo;une parité fixe entre la future monnaie et l&rsquo;euro. Pourtant, l&rsquo;eco est une monnaie destinée à 15 Etats, il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;une monnaie du Trésor français avec l&rsquo;UEMOA. Il faut donc clarifier les contours de cette monnaie de la CEDEAO, dont les principes ont été rappelés le 29 juin 2019 lors du Sommet des chefs d&rsquo;Etat. L&rsquo;eco est une monnaie flexible, attachée à un panier de devises, avec un régime de ciblage de l&rsquo;inflation alors qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, on voudrait nous faire adopter une version différente selon laquelle l&rsquo;eco serait toujours attaché exclusivement à l&rsquo;Euro.</p>



<p><strong>Les déclarations du président Buhari replacent au centre du débat, la difficulté d&rsquo;une monnaie commune entre les pays de l&rsquo;UEMOA et le géant nigérian qui représente 71% du PIB CEDEAO et 52% de la population&#8230;</strong></p>



<p>J&rsquo;espère que les déclarations du président Buhari ouvriront un vrai débat au niveau des chefs d&rsquo;Etat, des parlementaires, des chercheurs, de la société civile ouest-africaine et africaine dans son ensemble, concernant les modalités d&rsquo;une mise en place optimale de cette monnaie [&#8230;] Il est également légitime qu&rsquo;il y ait un débat entre économistes pour savoir si la CEDEAO peut devenir une zone monétaire optimale. Il existe 2 écoles. La première école, héritière du prix Nobel d&rsquo;économie Robert Mundell, plutôt pessimiste, considère qu&rsquo;une monnaie commune dans la zone CEDEAO n&rsquo;est pas possible, car certains pays comme le Nigéria sont plutôt exportateurs de pétrole et les autres importateurs de pétrole. De fait, ils sont rarement dans la même phase du cycle économique, ce qui rend difficile l&rsquo;efficacité de la politique monétaire.</p>



<p>La deuxième école qui est celle de l&rsquo;endogénéité des critères d&rsquo;optimalité, considère au contraire, que ce décalage permet de garantir la disponibilité permanente des réserves de change, car les cycles haussiers et baissiers se compensent [&#8230;] J&rsquo;organiserai d&rsquo;ici quelques semaines, les Etats généraux de l&rsquo;Eco à l&rsquo;Université de Lomé, dans l&rsquo;objectif de fédérer un collectif de chercheurs qui proposera une feuille de route aux chefs d&rsquo;Etat. Elle comprendra les modalités de transition du franc CFA à l&rsquo;eco, assorti d&rsquo;un calendrier et de dispositifs de suivi et évaluations des réformes [&#8230;]</p>



<p>Actuellement nous faisons face à un double test. Au niveau de la France, il s&rsquo;agit de mesurer sa volonté de tourner la page de la Françafrique et d&rsquo;établir les bases d&rsquo;une véritable politique de coopération au développement. C&rsquo;est ce que j&rsquo;appelle «&nbsp;le test de sincérité&nbsp;».</p>



<p>Au niveau des chefs d&rsquo;Etat ouest-africains se présente le «&nbsp;test de crédibilité&nbsp;», quant à leurs capacités en matière d&rsquo;action collective pour la mise en place d&rsquo;une nouvelle monnaie, capable de financer nos économies et de supporter la compétitivité à l&rsquo;export de nos biens et services.</p>



<p><strong>Quel regard portez-vous sur l&rsquo;opérationnalisation de la ZLECA, reportée pour cause de Covid-19&nbsp;: s&rsquo;agit-il d&rsquo;un idéal encore lointain&nbsp;?</strong></p>



<p>Sur le principe, c&rsquo;est une très bonne idée qui renvoie à une volonté de panafricanisme. Se posent néanmoins deux questions. Premièrement, le degré de solidarité auquel les Etats membres voudront bien consentir. Les pays n&rsquo;ayant pas tous la même puissance économique, la zone de libre-échange ne pourra se réaliser avec succès, sans des transferts qui permettront aux régions les plus faibles de remonter leur niveau de compétitivité. Cela renvoie à la vision de l&rsquo;intégration régionale que l&rsquo;on veut traduire au sein de la ZLECA.</p>



<p>Le deuxième défi repose sur les règles d&rsquo;origine, car il est primordial que la production africaine nourrisse le marché africain. Le contenu local des produits doit être au moins supérieur à 60%. Si la ZLECA n&rsquo;est qu&rsquo;un marché supplémentaire permettant aux pays du reste du monde, d&rsquo;envoyer leurs surplus vers l&rsquo;Afrique, ça ne règlera pas nos problèmes dont les solutions reposent largement sur la transformation locale des matières premières, vectrices de création d&#8217;emplois et de revenus, notamment pour les jeunes.</p>



<p><strong>Alors que le continent parie sur un leapfrog technologique, comment appréhendez-vous l&rsquo;apport du digital dans la création de valeur en Afrique&nbsp;?</strong></p>



<p>Il faut sortir du fétichisme du «&nbsp;tout numérique&nbsp;». L&rsquo;enjeu ne repose par sur les innovations technologiques en Afrique, qui ont encore un impact essentiellement micro-économique, il faut que le numérique s&rsquo;inscrive dans la trajectoire technologique africaine, ce qui suppose que les Etats africains seuls ou ensemble, développent de grands projets de recherche et d&rsquo;innovation. A défaut d&rsquo;une vision claire, l&rsquo;Afrique sera comme dans tous les autres domaines, consommatrice de produits conçus à l&rsquo;étranger [&#8230;] Les choses ne tombent pas du ciel, il faut des moyens financiers et une vision portée par les pouvoirs publics ainsi que des capacités techniques de mise en œuvre, des modalités de suivi et évaluations, mais il faut surtout, rechercher l&rsquo;intérêt général. Ce qui vaut pour le numérique se vérifie dans chaque secteur d&rsquo;activité économique.</p>



<p><strong>Cela renvoie aux principes développés dans votre livre «&nbsp;L&rsquo;urgence africaine, changeons le modèle de croissance&nbsp;». En substance quels sont les axes stratégiques inscrits dans le processus de croissance que vous défendez pour l&rsquo;Afrique&nbsp;?</strong></p>



<p>Il existe 5 axes stratégiques selon moi. Premièrement, le travail qui renvoie à la question démographique en Afrique&nbsp;: Comment mettre nos jeunes au travail&nbsp;? Cet aspect implique la politique de formation et son adéquation avec le marché de l&#8217;emploi. Le deuxième axe est celui de la disponibilité en capitaux. Il nous faut en particulier lutter contre l&rsquo;évasion fiscale qui représente chaque année près d&rsquo;une centaine de milliards de dollars, c&rsquo;est-à-dire bien plus que l&rsquo;aide publique au développement. Le troisième axe renvoie au progrès technique et le quatrième axe relève de la gouvernance. C&rsquo;est devenu un marronnier, mais sans bonne gouvernance, le gaspillage des richesses se poursuivra. Cela implique un renforcement de la lutte contre la corruption, des suivis plus stricts des procédures de passations de marchés, mais aussi l&rsquo;introduction d&rsquo;un contrôle citoyen de l&rsquo;action publique. Enfin, le dernier axe repose sur les institutions et la capacité pour l&rsquo;Afrique, de se doter d&rsquo;un narratif spécifique par rapport au reste du monde. Avec la Route de la Soie, les Chinois ont un narratif très fort, mais on attend toujours le narratif africain. Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;Afrique peut apporter au reste du monde&nbsp;? Comment se définit-elle&nbsp;? Comment compte-t-elle s&rsquo;imposer comme puissance&nbsp;?</p>



<p><strong>Comment partager un narratif avec le monde, avec si peu de voix africaines au sein des institutions internationales&nbsp;?</strong></p>



<p>Selon moi, les gens viendront chercher les Africains lorsque le continent sera devenu une puissance économique. A défaut, les Africains nommés à des fonctions de haute responsabilité seront considérés comme des «&nbsp;potiches&nbsp;», car les décisions resteront dans les mains de ceux qui possèdent cette puissance économique et militaire. N&rsquo;inversons pas la perspective. La Chine est respectée, car elle a réussi sa transformation économique et non pas parce que les Chinois ont occupé de grands postes à l&rsquo;international. La question de représentativité est souvent un faux débat. Ce qui changera l&rsquo;Afrique, c&rsquo;est l&rsquo;enclenchement de son processus de transformation structurelle.</p>



<p><strong>Revenons à l&rsquo;actualité sanitaire&nbsp;: quel regard portez-vous sur la gestion de la Covid-19 en Afrique et sur les prospectives alarmistes des observateurs internationaux ?</strong></p>



<p>L&rsquo;Afrique a été présentée d&#8217;emblée comme le continent catastrophe qui allait enregistrer des millions de morts. Force est de constater que les Africains souffrent davantage de la crise économique que de la crise sanitaire aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;Afrique enregistre 1.6% des décès liés au Coronavirus dans le monde, alors que le continent représente 17% de la population mondiale. Les «&nbsp;afropessimistes&nbsp;» devraient faire leur&nbsp;<em>mea culpa</em>&nbsp;et entamer leur&nbsp;<em>aggiornamento</em>.</p>



<p>Ceci dit, la Covid-19 a révélé les angles morts du développement africain, en particulier en matière d&rsquo;Objectifs de développement durable comme la santé et l&rsquo;éducation. La pandémie devrait nous permettre de comprendre qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de développement sans système de santé digne de ce nom.</p>



<p><strong>N&rsquo;y a-t-il pas eu une forme d&rsquo;hystérisation du débat autour du coronavirus ?</strong></p>



<p>Effectivement. La spécificité de cette épidémie repose sur son aspect mondial qui provoque un effet de loupe. Servons-nous de la Covid-19 pour renforcer nos infrastructures de santé qui seront utiles pour toutes les autres maladies. Cela étant, il est vrai que le drame des migrants est entouré d&rsquo;un silence assourdissant, alors qu&rsquo;il a été beaucoup plus meurtrier que la Covid-19 en Afrique. Il en va de même pour le paludisme dont les travaux sur la recherche d&rsquo;un vaccin n&rsquo;avancent pas beaucoup&#8230; Néanmoins, je suis très optimiste sur la capacité de l&rsquo;Afrique de se servir de cette pandémie pour rebondir. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans cette optique que j&rsquo;ai co-coordonné un appel intitulé&nbsp;<em>«&nbsp;Pour sortir plus forts ensemble&nbsp;»</em>&nbsp;avec une&nbsp;cinquantaine de chercheurs, d&rsquo;intellectuels et d&rsquo;artistes.</p>



<p><strong>Quel regard portez-vous sur l&rsquo;apport de la diaspora africaine en matière d&rsquo;investissement sur le continent ?</strong></p>



<p>Le rôle de la diaspora n&rsquo;est pas de « développer » l&rsquo;Afrique, son rôle s&rsquo;inscrit davantage dans des considérations micro-économiques. Si je décide d&rsquo;envoyer de l&rsquo;argent à ma famille, c&rsquo;est pour que mes parents aillent mieux. Il appartient à ceux qui sont sur le terrain de construire leurs propres projets, en fonction des ressources de leur pays. On ne peut pas demander à des individus qui envoient de l&rsquo;argent à leur famille de concevoir des politiques de développement à la place des Etats. Chacun doit prendre sa part.</p>



<p><strong>Source :La Tribune Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Eco: le président nigérian évoque un risque de dislocation de la Cédéao</title>
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				<pubDate>Wed, 24 Jun 2020 18:32:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Le président du Nigéria, Muhammadu Buhari, a pour la première fois évoqué ce mercredi un risque de dislocation de la Cédéao, en cas d’arrivée de la monnaie eco en remplacement du franc CFA par la zone UEMOA. Même s’il ne s’agit pas d’une menace, les déclarations de Muhammadu Buhari montrent que les positions restent tranchées...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/President-Muhammadu-Buhari-1024x661.jpg" alt="" class="wp-image-8151" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/President-Muhammadu-Buhari-1024x661.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/President-Muhammadu-Buhari-300x194.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/President-Muhammadu-Buhari-768x496.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/President-Muhammadu-Buhari.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Le président du Nigéria, Muhammadu Buhari, a pour la première fois évoqué ce mercredi un risque de dislocation de la Cédéao, en cas d’arrivée de la monnaie eco en remplacement du franc CFA par la zone UEMOA. Même s’il ne s’agit pas d’une menace, les déclarations de Muhammadu Buhari montrent que les positions restent tranchées</strong></p>



<p>L’adoption d’une monnaie unique en Afrique de l’Ouest fait toujours débat. Plus de six&nbsp;mois après l’annonce d’Abidjan, le projet de loi portant modification du traité de l’UEMOA est toujours sur les tables des Parlements nationaux des pays membres, ainsi que sur celle du Parlement français.</p>



<p><strong>Une monnaie trop proche du franc CFA</strong></p>



<p>Dans ce document, la monnaie eco a un taux de change fixe avec l’euro. Et malgré le départ des représentants de Paris des instances de la politique monétaire de la nouvelle devise, le statut de garant financier donne à la France le droit de nommer, en cas de crise, des représentants au sein du Conseil de politique monétaire de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest.</p>



<p>Pour le Nigeria, il n’y a pratiquement aucune différence entre l’eco de la zone UEMOA et le franc CFA actuel. Et c’est cette confusion que les pays de la Cédéao, qui ont aujourd’hui&nbsp;chacun&nbsp;leur propre monnaie, veulent lever. D’autant plus que la monnaie unique des 15 pays d’Afrique de l’Ouest aura un taux de change flexible face à un panier de devises. L’eco devrait en principe commencer à circuler avant la fin de cette année.</p>



<p>La série de tweets du président nigérian souligne donc l’urgence de clarifier cette situation. Et Muhammadu Buhari, dont le pays représente plus de 60% du PIB de la Cédéao, dit qu’il a tellement misé sur le projet de monnaie unique, « <em>pour laisser faire les choses à la simple convenance et à la commodité</em> ».</p>



<p><strong>Source: Rfi Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>ECO : Buhari instrumentalise les rivalités de leadership contre Ouattara</title>
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				<pubDate>Mon, 16 Mar 2020 18:02:47 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[A la suite des annonces historiques de Macron et Ouattara à Abidjan en décembre dernier, les vieilles crispations et guéguerres de leadership refont surface. Alors que Buhari manipule les autres Etats concernés par la monnaie unique et non membres de l’Uemoa, les divisions repoussent l’échéance 2020 et la politique économique de plus en plus souverainiste...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-10-at-16.34.53.jpeg" alt="" class="wp-image-15242" width="843" height="517" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-10-at-16.34.53.jpeg 512w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-10-at-16.34.53-300x184.jpeg 300w" sizes="(max-width: 843px) 100vw, 843px" /><figcaption>Buhari et Alassane Ouattara</figcaption></figure>



<p><strong>A la suite des annonces historiques de Macron et Ouattara à Abidjan en décembre dernier, les vieilles crispations et guéguerres de leadership refont surface. Alors que Buhari manipule les autres Etats concernés par la monnaie unique et non membres de l’Uemoa, les divisions repoussent l’échéance 2020 et la politique économique de plus en plus souverainiste d’Abuja perturbe les acquis régionaux. Jusqu’où ira la guerre entre le Nigeria et la Côte d‘Ivoire ?</strong></p>



<p>16 janvier 2020. Une mystérieuse conférence de la Zone monétaire de l’Afrique de l’ouest (Zmoa) prend de court les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Elle se tient à Abuja, autour de Zaïnab Ahmed et regroupe les ministres des finances ainsi que les gouverneurs des banques centrales de la Sierra Leone, le Libéria, la Guinée, le Ghana et la Gambie. La ministre des finances du Nigeria qui a voulu l’effet de surprise, rédigera elle-même le communiqué final de la rencontre qui n’a duré que quelques heures. Un message sans ambages qui remet en cause les récentes décisions annoncées à Abidjan par le président français et son homologue ivoirien ainsi que les avancées fortes dans le processus du passage du Cfa à l’Eco. Alassane Ouattara n’aurait été informé qu’au dernier moment d’une telle rencontre alors qu’il entretient, avec ses homologues des pays de la Zmoa des relations plus que cordiales, plutôt «&nbsp;amicales&nbsp;». Dès lors, il n’y a plus de doute qu’une guerre de leadership sur la question de la monnaie unique, à priori destinée à tous les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), est ouverte entre Abuja et Abidjan. D’autant que si elle existe depuis les années 2000, la Zone monétaire ouest africaine est une organisation peu active, purement politique si ce n’est symbolique sans aucun organe économique viable comme l’Uemoa. Est-ce le début de nouvelles rivalités entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire ?</p>



<p><strong>Les arguments officiels du Nigeria</strong></p>



<p>Si les arguments officiels du Nigeria se limitent aux vieilles rengaines de critères de convergences pour retarder l’avènement de l’Eco, la vraie raison est à chercher ailleurs selon plusieurs observateurs de&nbsp; la politique régionale. Longtemps accusé par l’opinion africaine d’être à la solde de la France et par ricochet défendant le Cfa au profit de Paris, Alassane Ouattara a surpris le monde entier en acceptant et même en soutenant des avancées qualifiées de «&nbsp;fortes et historiques&nbsp;» par Kako Nubukpo, pourtant l’un de ses principaux pourfendeurs sur la question. Le séjour du président français à Abidjan fin janvier et les décisions qui l’ont suivi ont donné une légitimité au président ivoirien sur la question monétaire notamment au sein de l’Uemoa. Une posture qui n’est pas sans incidence sur l’image de la diplomatie ivoirienne ainsi que celle de l’ex fonctionnaire du Fonds monétaire international (Fmi) qui dirige depuis une décennie son pays. Buhari a bien pu ne pas supporter ces décisions inattendues. N’acceptant comme à son habitude «&nbsp;aucun autre leadership régional&nbsp;» que celui de son pays, l’ancien général de l’armée nigériane a bien organisé sa revanche. «&nbsp;Il y a toujours une dissonance entre les pays de l’Uemoa et ceux des autres pays de la Cedeao sur la question monétaire&nbsp;» selon Ndongo Sylla Samba. L’économiste sénégalais et spécialiste du Cfa a toujours craint que des «&nbsp;guerres de leadership ne compliquent l’arrivée de la monnaie commune&nbsp;», surtout à cause de ces critères de convergences qui sont plutôt «&nbsp;abstraits&nbsp;» selon l’économiste de la Fondation Rosa Luxembourg qui n’a jamais caché son penchant pour «&nbsp;des monnaies nationales solidaires&nbsp;». En réalité, les critères de convergence ne sont qu’un alibi pour le Nigeria qui n’a jamais adopté des politiques macroéconomiques nécessaires afin de les remplir, et il en est très loin. Le Nigeria est parmi les plus mauvais élèves de la communauté en matière de critères de convergence.</p>



<p>La rapidité et la profondeur de la réforme de la Zone franc ont surpris tous les observateurs. Désormais le Franc Cfa ne servira plus à justifier l’absence de progrès dans l’adoption de la monnaie commune. Bien au contraire elle en devient l’accélérateur. Fort de sa discipline macroéconomique, la Zone franc affiche la meilleure tenue des critères de convergence et va constituer le premier bloc de pays à adopter l’Eco. Contre l’avis du Nigeria qui considère dans le fond que l’adoption de la monnaie unique se devra se faire individuellement par chaque pays, et qu’il est hors de question que la zone franc bascule en bloc dans l’Eco et impose ainsi «&nbsp;sa culture monétaire&nbsp;». Le Nigeria ne supporte pas que la réforme de la Zone franc ait mis en lumière l’absence de réformes dans son pays en faveur de la monnaie commune, et surtout sa volonté de laisser peu de choix aux autres pays que de s’aligner sur le Naira. Sa seule réelle politique d’intégration monétaire.</p>



<p><strong>La Côte d’Ivoire, puissance économique francophone naturelle</strong></p>



<p>A peine sortie de la guerre dans laquelle la crise électorale de 2010-2011 l’a plongée, la Côte d’Ivoire a vite renoué avec ses pas de géant économique. Son économie diversifiée lui donne une avance sur ses voisins. Si le pays table sur une production de 2 millions de tonnes de cacao en 2020 contre 1,6 en 2015-2016, il a aussi redynamisé d’autres filières de rente. Avec 702.000 tonnes de production d’anacarde, il a dépassé de loin les 650.000 tonnes de l’Inde en 2015, devenant le premier producteur mondial de noix d’acajou. Une croissance qui avoisine régulièrement les deux chiffres (9% prévue en 2020), une inflation maitrisée et un taux d’endettement qui ne dépasse guère les 43% contre 30 points de plus en moyenne dans les autres Etats de la sous-région, la Côte d’Ivoire a vite retrouvé sa place de géant économique francophone des années 60 et 70. Elle pèse à elle seule plus de 40% du PIB des pays de l’Uemoa et malgré son budget en pleine explosion (+10%) en 2020 et des ajustements sociaux importants dont le Plan social du gouvernement (724 milliards) ou encore le plan national de développement, Pnd (30.000 milliards). Ces signaux au vert ont favorisé l’imposition d’une diplomatie proactive qui a donné de l’influence à ce chef d’Etat, Ouattara, devenu médiateur dans de nombreuses crises sous-régionales mais surtout pilier de&nbsp; la politique africaine. Son influente proximité avec Paris qui fait que ses détracteurs en disent le plus grand pilier de la francafrique ainsi que sa contribution à l’intégration l’ont rendu incontournable. Ce destin de personnalité forte et d’acteur qui prend du poids ont pu agacer le Nigeria dont le leadership hégémonique est resté longtemps un incontestable dogme dans ses relations souvent méprisantes, parfois égoïstes avec ses voisins.&nbsp; Allant jusqu’à une fermeture unilatérale de toutes ses frontières terrestres depuis plus de six mois contre toute disposition régionale et tout bon sens de voisinage.</p>



<p><strong>Ouattara – Buhari, le ping-pong du désamour ?</strong></p>



<p>Les relations entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire ont déjà connu, souvent, depuis l’indépendance des deux pays, des hauts et des bas, s’inscrivant en dents de scie dans l’histoire du continent. Notamment sous Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire. Lors de la création de la Cedeao déjà, alors que la Côte d’Ivoire était une puissance sous-régionale de premier plan, Yakubu Gowon (président du Nigeria entre 1966 et 1975) lui a préféré le Togo de Gnassingbé Eyadema. Les deux hommes étaient des généraux de l’armée et cultivaient une forte amitié. Il faut dire que si 45 ans après la création de la Cedeao, l’actuel président ivoirien cultive à la fois le bon voisinage mais aussi une proximité diplomatique entre son pays et ses voisins notamment de la communauté, le Nigeria est souvent resté prudent à l’égard d’Abidjan. Abuja s’enferme ces dernières années dans une forme de souverainisme économique. Et pour preuve, ses dernières fermetures de frontières avec le Cameroun, le Niger, le Tchad et le Bénin qui durent depuis plus de six mois et violent ouvertement tous les accords de libre circulation. Aussi, si les performances économiques de la Côte d‘Ivoire l’ont imposé, tout au long de la dernière décennie comme leader économique naturel des pays francophones de l’Afrique de l’ouest, Abuja ne supporte que peu ce leadership et l’influence qu’il concède. Alors qu’il est plus que certain que l’avenir de la nouvelle monnaie dépend aussi de ces deux grands pays, l’un francophone, l’autre anglophone mais aussi d’une intelligente entente entre leurs dirigeants. Sauf qu’en bon amateur de golf, Buhari n’écarte pas le ping pong du désamour, un jeu de force et de ruse dans lequel il excelle. Buhari s’est toujours méfié du Président Ouattara en raison de ses liens d’Amitié très forts avec son prédécesseur GoodLuck Jonathan. Cette méfiance a entraîné une mauvaise lecture du leadership ivoirien et pourtant davantage tourné vers une volonté de construire une communauté régionale forte. Le Président Ouattara ne s’en cache pas, il a toujours estimé que tout doit être fait pour que le leadership régional du Nigeria soit affirmé et tire la construction communautaire, et ses premiers pas à la tête de la Cedeao attestent de cette vision. Il a notamment convaincu ses pairs pour que la Cedeao transforme un de ses sièges au Conseil de paix et sécurité de l’Union Africaine (CPS) en siège permanent pour Nigeria.</p>



<p><strong>Francophones contre anglophones ?</strong></p>



<p>La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) regroupe deux zones monétaires différentes, même si cela est peu connu. Il s’agit d’abord de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), menée par la Côte d’Ivoire suivie de loin par le Sénégal ainsi que de six autres pays à savoir, le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger et le Togo.&nbsp; Puis la Zone monétaire ouest africaine (Zmoa) que mènent le Nigeria et le Ghana et qui compte en son sein la Sierra Leone, le Libéria, la Guinée et la Gambie. Actuellement, la première zone dispose d’une monnaie unique, le Cfa et la seconde dispose d’autant de pays que de monnaies nationales. Si les chefs d’Etat de ces deux zones ont annoncé l’imminence d’une monnaie unique en l’occurrence l’Eco, les conflits internes de leadership risquent d’étouffer le projet d’autant que si Alassane Ouattara parraine l’Uemoa, Buhari tente désormais de contrôler la Zmoa. Une manière pour le président de la première puissance continentale de renforcer son influence et surtout, de dicter son agenda à ses pairs dans la mise en œuvre de la monnaie unique. Conséquence, l’avènement de l’Eco, adopté par les chefs d’Etat le 29 juin dernier et dont l’échéance était prévue pour 2020,&nbsp; devrait prendre de longs retards au risque de ne jamais arriver. En contournant les décisions prises par ses pairs de la Cedeao toujours à Abidjan et qui ont été en prélude aux annonces de Macron et de Ouattara, Buhari leur coupe les herbes sous les pieds. Une situation qui renforce la méfiance et les petits antagonismes qui ont toujours prévalu, d’une manière ou d’une autre, entre anglophones et francophones au sein de la communauté. Une opposition qu’il convient toutefois de relativiser au regard de la solidité des relations bilatérales entretenues par la Côte d’Ivoire et le Ghana liés par un Accord de Partenariat Stratégique (APS) novateur ; et par les relations du Ghana avec les pays francophones. Accra est donc un autre acteur majeur de l’avènement de la monnaie commune, et il est conscient qu’il a tout à gagner en se joignant à ses partenaires francophones dans l’adoption de la monnaie commune.</p>



<p>En réveillant la Zmoa contre l’Eco, Buhari qui sait qu’Alassane Ouattara ne briguera pas un troisième mandat joue sur le temps avec pour objectif de s’attribuer une si belle réussite régionale. Alors que, après avoir essuyé de nombreuses critiques sur le sujet, Ouattara tient à l’avènement de la nouvelle monnaie avant son départ dans moins de 10 mois. Mais une chose est certaine, il y aura travaillé mieux que quiconque. Sauf qu’en attendant, ce sont les citoyens de la communauté, majoritairement favorables à l’Eco qui en paie les pots cassés.</p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>Le Nigeria demande un report de l&#8217;éco</title>
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				<pubDate>Tue, 11 Feb 2020 07:24:49 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/President-Muhammadu-Buhari-1024x661.jpg" alt="" class="wp-image-14175" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/President-Muhammadu-Buhari-1024x661.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/President-Muhammadu-Buhari-300x194.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/President-Muhammadu-Buhari-768x496.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/President-Muhammadu-Buhari.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>le président nigerian </figcaption></figure>



<p><strong>Le lancement de la monnaie commune de la Cédéao est théoriquement prévu cette année. Mais deux visions s&rsquo;affrontent quand à sa mise en place.</strong></p>



<p>Selon un tweet de la présidence nigériane, cette position s&rsquo;explique par le fait que la majorité des pays n&rsquo;a pas atteint les fameux critères de convergence. Il faut en effet que les économies de l&rsquo;espace commun se rapprochent à la fois en termes d&rsquo;inflation, de dette et de déficit budgétaire.</p>



<p><strong><a target="_blank" href="http://xn--la%20prudence%20du%20nigeria%20concernant%20l%27co-noe/" rel="noreferrer noopener">La position nigériane</a></strong>&nbsp;est cependant à l&rsquo;opposée de celle répétée le 30 janvier dernier par Alassane Ouattara. Le numéro un ivoirien préconise une approche graduelle, calquée sur celle qui a prévalu en Europe lors de la création de l&rsquo;euro. Autrement dit, selon lui, il faut commencer avec les pays qui sont prêts et ne pas laisser ceux qui ne respectent pas les critères de convergence freiner le processus.</p>



<p>Ce sont donc deux logiques radicalement opposées qui s&rsquo;affrontent au sein de la Cédéao. Techniquement, un seul pays remplit actuellement tous les critères, c&rsquo;est le Togo, que ce soit en termes de croissance, d&rsquo;inflation, de déficit budgétaire ou de dette, mais un groupe de cinq à six pays remplit certains de ces critères.</p>



<p>Cette différence d&rsquo;approche entre la Côte d&rsquo;Ivoire et le Nigeria met un peu plus en lumière les réticences d&rsquo;Abuja face à l&rsquo;activisme que la zone franc qui veut franchir dès cette année une première étape en&nbsp;<strong><a target="_blank" href="http://www.rfi.fr/fr/afrique/20190804-eco-franc-cfa-monnaie-cedeao" rel="noreferrer noopener">transformant le CFA en éco</a></strong>. Le Nigeria, poids lourds de la Cédéao, refuse une Cédéao à deux vitesses monétaires. Il estime que les exigences contenues dans la feuille de route signée par tous les pays de la Cédéao en 2018 doivent absolument être respectées.</p>



<p><strong>Source: RFI Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Alassane Ouattara réitère sa volonté d’aller à l’éco, projet de monnaie ouest-africaine</title>
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				<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 16:53:11 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/ALASSANE.jpg" alt="" class="wp-image-9609" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/ALASSANE.jpg 600w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/ALASSANE-300x160.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p><strong>Le chef de l’Etat ivoirien a balayé les critiques du Nigeria et de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest anglophones concernant le remplacement du franc CFA.</strong></p>



<p>Le président ivoirien Alassane Ouattara a balayé jeudi 30&nbsp;janvier les critiques du Nigeria et de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest anglophones qui ont dénoncé à Abuja la décision de remplacer le franc CFA par l’éco, assurant que la date de juin&nbsp;2020 tenait toujours.</p>



<p><em>« C’est une intoxication pure et simple. Il n’y a que cinq pays qui se sont retrouvés </em>[à Abuja]<em> sur les quinze de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest </em>[Cédéao] (…).<em> La majorité des pays n’a pas été à cette réunion. Ce n’était pas une réunion des chefs d’Etat, mais de ministres et gouverneurs »</em>, a déclaré M. Ouattara. <em>« Ce que nous avons décidé au niveau des chefs d’Etat, notre volonté c’est de mettre l’éco en 2020 »</em>, a-t-il ajouté, précisant qu’il y avait des <em>« conditions »</em>.</p>



<p><em>«&nbsp;La première condition, c’est de réunir les&nbsp;</em>[cinq]<em>&nbsp;critères de performance&nbsp;: déficit de moins 3&nbsp;%, dette de moins de 70&nbsp;%, faible inflation, etc.&nbsp;</em>(…)<em>. Pour le moment, il n’y a que quatre ou cinq pays, dont la Côte d’Ivoire, qui remplissent ces critères&nbsp;»</em>, a-t-il poursuivi, soulignant que le processus devait être&nbsp;<em>«&nbsp;graduel&nbsp;»</em>.&nbsp;<em>«&nbsp;Cinq, huit, dix pays&nbsp;</em>[respectant les critères]<em>&nbsp;peuvent se mettre ensemble&nbsp;»</em>, a-t-il dit, ajoutant que d’autres pouvaient ensuite les rejoindre à l’image de la zone euro commencée à onze et qui comprend dix-neuf pays aujourd’hui.</p>



<h4>«&nbsp;Pas de précipitation&nbsp;»</h4>



<p><em>« Nous voulons faire les choses par étapes. Nous ne voulons pas de précipitation, mais nous ne voulons pas non plus que les pays qui ne respectent pas les critères de convergence bousculent le processus »</em>, a-t-il conclu dans une claire allusion au Nigeria. Les six pays de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMOA) avaient dénoncé <em>« la déclaration visant à renommer unilatéralement le franc CFA en éco d’ici à 2020 »</em>, le 16 janvier à Abuja.</p>



<p>Huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest, qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé fin décembre leur décision de remplacer leur monnaie commune par l’éco et de rompre ainsi les liens très controversés avec la France, ancienne puissance coloniale, qui accueillait notamment la moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du franc CFA avec l’euro.L’annonce surprise avait été faite par le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’une visite à Noël de son homologue français Emmanuel Macron, au lendemain d’un sommet de la Cédéao qui avait encouragé les efforts visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à juillet.<br></p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Eco et franc CFA : quatre mariages et un enterrement</title>
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				<pubDate>Tue, 21 Jan 2020 12:20:38 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[« Quand quelqu’un fait semblant de mourir, il faut faire semblant de l’enterrer », estime l’économiste Kako Nubukpo, qui envisage quatre scénarios consécutifs au remplacement du franc CFA par l’eco. La libération de la parole monétaire en Afrique Zone Franc, consécutive à l’annonce le 21 décembre 2019 à Abidjan (Côte d’Ivoire) de la fin prochaine du franc...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1-1024x578.jpg" alt="" class="wp-image-13338" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1-300x169.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>« Quand quelqu’un fait semblant de mourir, il faut faire semblant de l’enterrer », estime l’économiste Kako Nubukpo, qui envisage quatre scénarios consécutifs au remplacement du franc CFA par l’eco.</strong></p>



<p>La libération de la parole monétaire en Afrique Zone Franc, consécutive à l’annonce le 21 décembre 2019 à Abidjan (Côte d’Ivoire) de la fin prochaine du franc CFA et son remplacement par l’eco, donne lieu à tous les excès possibles et imaginables, surtout de la part des «&nbsp;combattants de la 25e heure&nbsp;», qui découvrent aujourd’hui que le franc CFA n’est pas une monnaie compatible avec l’émergence de l’Afrique francophone.</p>



<p>Mais s’il est important de continuer à mettre la pression sur le franc CFA, il est également indispensable de proposer les contours envisageables de la transition vers la monnaie de remplacement, l’eco,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/797131/economie/eco-future-monnaie-unique-de-la-cedeao-les-chefs-detat-maintiennent-lobjectif-de-2020/">dont la (re)naissance fut annoncée le 29 juin 2019 à Abuja (Nigeria)</a>&nbsp;par le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). À cet égard, quatre options – parmi d’autres – paraissent tenir la route pour marier les 15 États membres conviés au banquet de l’eco&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/884260/economie/tribune-eco-et-franc-cfa-quatre-mariages-et-un-enterrement/#%20amatonubukpo">[1]</a>&nbsp;:</p>



<ul><li><strong>L’eco, simple avatar du franc CFA</strong></li></ul>



<p>Ce schéma,&nbsp;qui semble avoir inspiré les déclarations d’Abidjan du 21 décembre 2019, est fondé sur le respect des critères nominaux de convergence et une attraction forte pour un régime de change fixe avec l’euro. Il parie sur l’élargissement progressif de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) aux économies de la Cedeao ayant le même profil d’exportatrices de matières premières agricoles que celles de ses membres.</p>



<p>Dans cette option, la centralisation des réserves de change est fondamentale, et c’est le principal acquis de l’histoire du franc CFA. Elle suppose une grande solidarité politique entre États membres et il ne faudra pas l’oublier en cas d’élargissement de la zone monétaire. De même, la question de la garantie extérieure, telle que la France l’exerce dans le contexte institutionnel du franc CFA, a une forte dimension politique : elle fonde la stabilité du système en théorie et en pratique.</p>



<p>Si l’on garde le principe de la centralisation des réserves, mais en recentrant leur gestion dans un autre cadre institutionnel, la souveraineté monétaire passe de la France à l’Uemoa puis à la Cedeao. Se pose également la question de la parité : elle a fait l’objet il y a quelques années d’importants travaux pour proposer un système de changes flexibles, ou mieux, ajustables, car fondé sur un index calculé à partir d’un panier de monnaies. L’annonce faite à Abidjan du maintien d’un change fixe avec l’euro à titre transitoire est le véritable point d’achoppement entre les tenants d’une monnaie flexible (Cedeao) et ceux d’un eco-CFA (Côte d’Ivoire et Sénégal).</p>



<ul><li><strong>Un eco fondé sur la convergence réelle,</strong>&nbsp;<strong>celle du PIB/tête</strong></li></ul>



<p>Dans ce cas de figure, les économies de la Cedeao auraient l’obligation de converger vers le trio de tête que constituent le Cap-Vert, le Nigeria et le Ghana. L’eco aurait un régime de change flexible encadré par un ciblage de l’inflation. La dynamique de convergence serait alors toute autre et les États de l’Uemoa perdraient leur statut de bons élèves de la convergence, et donc de tracteurs du processus de mise en œuvre de l’eco.</p>



<p>Mais le Nigeria, véritable poids lourd de la Cedeao (70 % du PIB et 52 % de la population) est-il prêt à assumer un rôle de locomotive de la zone eco&nbsp;? Pourquoi accepterait-il d’être le prêteur en dernier ressort de la Cedeao, rôle qu’il n’a pas voulu jouer lors de la mise en place de la seconde zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) en 2002, et surtout d’abandonner&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/335228/economie/nigeria-naira-a-nouveau-flottant-chute-lourdement-face-dollar/">sa monnaie, le naira</a>, dans un contexte actuel marqué par l’utilisation de la planche à billets pour résoudre les tensions internes à la fédération nigériane&nbsp;?</p>



<ul><li><strong>L’eco-naira</strong></li></ul>



<p>On reviendrait ici à la philosophie initiale de la ZMAO. En effet, le 20 avril 2000 à Accra (Ghana), six pays ouest-africains (Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria, Sierra Leone) ont annoncé leur intention de créer une seconde zone monétaire en Afrique de l’Ouest avec comme monnaie l’eco, à côté du franc CFA de l’Uemoa. Le projet prévoyait une fusion ultérieure de ces deux zones, afin de faire coïncider les frontières de l’Union monétaire avec celles de la Cedeao. En avril 2002, la Zone monétaire ouest-africaine (ZMOA) fut instaurée, et chaque pays s’engagea à maintenir son taux de change à l’intérieur d’une bande de fluctuations de 15 % par rapport au dollar.</p>



<p>Depuis lors, l’inertie fut palpable, s’agissant de la mise en place de la monnaie unique, avant le Sommet de la Cedeao du 29 juin 2019 à Abuja annonçant la création en 2020 de l’eco et le communiqué du Conseil des ministres de la ZMAO du 16 janvier dernier, accusant les États de l’UEMOA de violer l’esprit de la monnaie eco suite à la déclaration d’Abidjan. Tout ceci pourrait déboucher sur la création d’un « eco-naira&nbsp;», sous la houlette d’un Nigeria&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/882839/economie/transition-franc-cfa-eco-derriere-la-contestation-des-anglophones-une-querelle-ivoiro-nigeriane/">piqué au vif par l’initiative francophone d’un « eco-CFA&nbsp;» en passe de se réaliser.</a></p>



<ul><li><strong>&nbsp;L’eco, monnaie commune et non unique</strong></li></ul>



<p>Il s’agirait d’un accord plus «&nbsp;léger&nbsp;» que celui d’une monnaie unique. Cette idée, premier pas d’un processus d’intégration entre pays, a été proposée dès 1960, par l’économiste sénégalais Daniel Cabou, qui deviendra plus tard le premier secrétaire général de la BCEAO. La proposition, reprise neuf ans plus tard par l’économiste égyptien Samir Amin dans un rapport au président nigérien Amany Diori, fut finalement délaissée.</p>



<p>Elle pourrait resurgir aujourd’hui, si les pays qui ne sont pas encore en mesure d’adhérer à la monnaie unique se lient à celle-ci par des accords de taux de change. Les mécanismes de résorption symétrique des déséquilibres de balance commerciale pourraient aider à une remise en circulation des surplus à l’intérieur de la zone Cedeao, en incitant à des processus de spécialisation entre économies qui sont la base d’une augmentation du commerce intra-zone. Laquelle est à son tour l’un des objectifs économiques et politiques majeurs du processus d’intégration.</p>



<p>Au final, plusieurs options sont sur la table des décideurs ouest-africains. Le processus de création de l’eco apparaît comme un véritable test de crédibilité de la vision et de la gouvernance ouest-africaines. Pour la France, ce processus serait plutôt un test de sincérité de sa volonté d’enterrer effectivement le franc CFA.<br></p>



<p>Un proverbe togolais dit: «&nbsp;quand quelqu’un fait semblant de mourir, il faut faire semblant de l’enterrer&nbsp;». Organisons les funérailles du franc CFA et, au moment de son enterrement, c’est-à-dire lors de la création effective l’eco, on actera le décès de l’ex franc des colonies françaises d’Afrique. Si tel n’est pas le cas, il bougera et la lutte reprendra&nbsp;!</p>



<p>[1] Massimo Amato – Kako Nubukpo,&nbsp;<em>Una nuova moneta per gli Stati dell’Africa dell’Ovest. Le condizioni teoriche e politiche della sua fattibilità</em>, à paraître en mars 2020 dans&nbsp;<a href="https://ojs.uniroma1.it/index.php/monetaecredito/index"><em>Moneta e Credito</em></a>, numéro spécial (<em>Modelli di sviluppo e aree monetarie: percorsi alternativi e vincoli strutturali</em>).</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Monnaie unique : l’Afrique de l’Ouest étale ses divisions</title>
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				<pubDate>Fri, 17 Jan 2020 12:40:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l'ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l ouest]]></category>
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				<description><![CDATA[Le Nigeria et les autres pays anglophones de la région ont affiché à Abuja leur désaccord avec la réforme du franc CFA annoncée en décembre et l’avènement de l’éco. Quel avenir pour une monnaie unique en Afrique de l’Ouest&#160;? Le Nigeria et les autres pays anglophones de la région ont affiché, jeudi 16 janvier à...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1-1024x578.jpg" alt="" class="wp-image-13338" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1-300x169.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/cfa-1-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Le Nigeria et les autres pays anglophones de la région ont affiché à Abuja leur désaccord avec la réforme du franc CFA annoncée en décembre et l’avènement de l’éco.</strong></p>



<p>Quel avenir pour une monnaie unique en Afrique de l’Ouest&nbsp;? Le Nigeria et les autres pays anglophones de la région ont affiché, jeudi 16 janvier à Abuja, leur désaccord avec leurs voisins francophones, qui viennent tout juste d’annoncer une réforme soutenue par Paris.</p>



<p>Les six pays de la Zone monétaire ouest-africaine (WAMZ) ont <em>« noté avec préoccupation la déclaration visant à renommer unilatéralement le franc CFA en éco d’ici à 2020 »</em>, selon un communiqué publié à l’issue de cette rencontre entre les ministres des finances et les gouverneurs des Banques centrales. La WAMZ est composée du Nigeria, du Ghana, du Liberia, de la Sierra Leone, de la Gambie ainsi que d’un pays francophone, la Guinée (Conakry), qui n’a jamais fait pas partie de la zone franc CFA</p>



<p>Ces pays estiment que&nbsp;<em>«&nbsp;cette action n’est pas conforme aux décisions&nbsp;»</em>&nbsp;de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) en vue de&nbsp;<em>«&nbsp;l’adoption de l’éco comme nom de la monnaie unique&nbsp;»</em>&nbsp;de toute la région, dont l’idée est débattue depuis bientôt trente ans et a été relancée en 2018. Un sommet réunissant les chefs d’Etat de la WAMZ est prévu&nbsp;<em>«&nbsp;bientôt&nbsp;»</em>&nbsp;pour décider de la conduite à tenir, précise le communiqué final.</p>



<h4>Critères de convergence</h4>



<p>Huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), qui utilisent le franc CFA, avaient annoncé fin décembre 2019 leur décision de remplacer leur monnaie commune par l’eco.</p>



<p>Une manière de rompre symboliquement les liens très controversés avec la France, ancienne puissance coloniale, qui accueille notamment la moitié de leurs réserves de changes en échange de la convertibilité du franc CFA avec l’euro.</p>



<p>L’annonce surprise avait été faite par le président ivoirien Alassane Ouattara lors d’une visite à Noël de son homologue français Emmanuel Macron, l’un de ses principaux alliés politiques dans la région, au lendemain d’un sommet de la Cédéao qui avait encouragé les efforts visant à mettre en place une monnaie unique ouest-africaine d’ici à juillet.</p>



<p>Les réactions immédiates à ce moment qualifié d’<em>«&nbsp;historique&nbsp;»</em>avaient été mitigées côté anglophone, où l’on se méfie généralement d’une influence française aux relents jugés post-coloniaux dans cette région.</p>



<p>Les pays anglophones ont pu voir, derrière ce changement de nom, une simple réforme du franc CFA, bien loin des ambitions initiales de monnaie unique qui rassemblerait toute l’Afrique de l’Ouest.</p>



<p>Après l’annonce d’Abidjan, le Ghana s’était dit <em>« déterminé »</em> à faire tout son possible pour <em>« rejoindre bientôt »</em> les pays francophones, tout en les exhortant à renoncer à la parité fixe de l’éco avec l’euro, qui est maintenue, bien qu’elle soit très critiquée et que selon le projet original, la monnaie unique ouest-africaine ne devait être arrimée à aucune devise étrangère.</p>



<p>C’était sans compter avec le Nigeria, poids lourd économique de la région, qui pèse à lui tout seul près de 70&nbsp;% du PIB de la Cédéao et n’a jamais caché ses réticences au principe même d’une monnaie unique.</p>



<p>Sa ministre des finances, Zainab Shamsuna Ahmed, a répété à maintes reprises que les pays ouest-africains n’étaient pas prêts à une quelconque union monétaire tant qu’ils ne respecteraient pas les critères de convergence&nbsp;: un déficit budgétaire n’excédant pas 3&nbsp;%, une inflation à moins de 10&nbsp;% et une dette inférieure à 70&nbsp;% du PIB. Or, à ce stade, seul le Togo répond à ces exigences.</p>



<h4>Politique protectionniste</h4>



<p>Pour Tokunbo Afikuyomi, du cabinet d’analyse économique Stears Business basé à Lagos, la décision de rebaptiser le franc CFA en éco pourrait être une manière pour les pays comme la Côte d’Ivoire de&nbsp;<em>«&nbsp;prendre le leadership régional&nbsp;»</em>&nbsp;en sachant que le Nigeria ne suivrait pas.</p>



<p><em>«&nbsp;A l’heure actuelle, le gouvernement nigérian n’a pas la volonté politique de mettre en place cet éco. Cela signifierait pour ce pays perdre le contrôle de sa politique monétaire&nbsp;»</em>&nbsp;avec la création d’une Banque centrale d’Afrique de l’Ouest, explique le spécialiste.</p>



<p>Or le géant pétrolier mène depuis plusieurs années une politique économique protectionniste qui va souvent à l’encontre de l’intégration régionale prônée par la Cédéao, comme on l’a vu avec la fermeture de ses frontières terrestres pour endiguer la contrebande de pétrole et de riz depuis cet été, qui asphyxie ses voisins.</p>



<p>D’autre part, souligne Tokunbo Afikuyomi, rejoindre une union monétaire comporte potentiellement plus de risques que de bénéfices pour le Nigeria, pour qui les marchés des pays de la Cédéao représentent un intérêt limité par rapport à son propre marché intérieur et ses 200 millions d’habitants.</p>



<p><em>«&nbsp;Si l’un de ces pays se retrouve en difficulté, c’est le Nigeria qui devra venir à sa rescousse, comme l’Allemagne et la France l’ont fait avec la Grèce&nbsp;»,</em>&nbsp;pour éviter une faillite de l’Union européenne, détaille l’analyste. «&nbsp;<em>Et le Nigeria n’en a aucune envie.&nbsp;»</em></p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Franc CFA-eco : les critères de convergence ne sont pas une fin en soi</title>
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				<pubDate>Tue, 07 Jan 2020 19:08:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[critères de convergences]]></category>
		<category><![CDATA[Eco]]></category>
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				<description><![CDATA[L’adoption de l’eco sur le seul respect des critères de convergence risque de repousser dans le temps sa mise en place. Le compromis en matière de politiques macroéconomiques et budgétaires, et le risque de perte de mainmise des gouvernements de la zone Cedeao sur celles-ci, appellent un travail politique de longue haleine. L’eco, future monnaie...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/Franc-CFA_DR.jpg" alt="" class="wp-image-12973" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/Franc-CFA_DR.jpg 600w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/Franc-CFA_DR-300x171.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p><strong>L’adoption de l’eco sur le seul respect des critères de convergence risque de repousser dans le temps sa mise en place. Le compromis en matière de politiques macroéconomiques et budgétaires, et le risque de perte de mainmise des gouvernements de la zone Cedeao sur celles-ci, appellent un travail politique de longue haleine.</strong></p>



<p>L’eco, future monnaie unique des pays de la Cedeao, verra donc le jour dès 2020, si l’on en croit&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/797131/economie/eco-future-monnaie-unique-de-la-cedeao-les-chefs-detat-maintiennent-lobjectif-de-2020/">les déclarations récentes des chefs d’États de l’Uemoa</a>, et vu la volonté affichée des autorités ghanéennes de les rejoindre au plus vite. De toute évidence, sa mise en place se fera selon des modalités différentes de celles envisagées dans le projet initial.</p>



<p>Sa viabilité sur la durée dépendra de plusieurs facteurs, qui ne sont pas nécessairement ceux auxquels on fait habituellement référence.</p>



<p>Jusqu’à présent, une idée largement diffusée est que&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/790313/economie/monnaie-unique-de-la-cedeao-vers-une-banque-centrale-de-type-federal-et-un-regime-de-change-flexible/">la convergence macro-budgétaire est un préalable à la viabilité de la future zone monétaire</a>. Or, cette hypothèse est critiquable. Elle n’a aucun fondement économique, pour trois raisons au moins.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>DANS LA ZONE EURO, LE MAINTIEN DE LA MONNAIE UNIQUE A ÉTÉ UNE DÉCISION POLITIQUE</p></blockquote>



<p>La première est que la création d’une zone monétaire est d’abord la conséquence d’un compromis politique et de décisions collégiales engageant des gouvernements à veiller mutuellement à ce que leurs politiques macro-budgétaires ne divergent pas trop. La zone euro est un exemple.</p>



<p>Sur la durée, une fois l’euro adopté, les critères de convergence n’ont pas toujours été respectés, y compris par les grands pays de la zone tels que la France ou l’Allemagne. Ils ont même été assouplis lors de révisions du Pacte de Stabilité. Et, lors de la violente crise des dettes publiques de 2010, le maintien de la monnaie unique a été une décision politique, alors même qu’elle ne semblait plus viable au regard des fortes divergences macroéconomiques et structurelles des pays.</p>



<h4>Repousser indéfiniment la mise en place de l’eco</h4>



<p>La seconde raison est que le choix politique d’adopter une monnaie unique, y compris dans le cas où les pays ne respectent pas tous les critères macro-budgétaires, peut être le déclencheur de forces endogènes réduisant progressivement l’hétérogénéité macroéconomique et structurelle entre pays. L’élimination du risque de change peut aider à stimuler le commerce régional.</p>



<p>L’atténuation de la volatilité des taux de change peut favoriser l’émergence d’une grande zone financière (par la fusion des marchés boursiers et une accentuation des flux transfrontaliers bancaires) et attirer davantage d’investissements dans la zone Cedeao. Cette manne financière apparaît indispensable dans un contexte où les gouvernements cherchent à changer de modèle de croissance en se désengageant des stratégies fondées sur l’endettement auprès des organisations financières internationales.</p>



<p>La troisième raison est que l’adoption de la monnaie unique, ex-ante, lie les mains des gouvernements pour faire converger leurs politiques budgétaires. Les pays de la zone Uemoa ont une longue expérience de l’exercice de surveillance multilatérale. Et les pays de la ZMAO se sont également doté d’un tel cadre. Mais, la convergence budgétaire peut être contrecarrée par des divergences structurelles persistantes qui existent, indépendamment de la gouvernance des budgétaires des États. Fonder l’adoption future de l’eco sur le seul respect des critères de convergence peut donc demander beaucoup de temps, voire conduire à repousser <em>ad infinitum</em> la mise en place de la monnaie unique.</p>



<p>La question importante est donc la suivante. Quels mécanismes mettre en place pour s’assurer de la viabilité de la future monnaie unique, dans un contexte où les économies présenteront, nécessairement, des divergences macro-structurelles ?</p>



<p>Maintenir le cadre actuel de la surveillance multilatérale avec des cibles macro-budgétaires est nécessaire. Mais non suffisant. Les deux autres questions à aborder concernent, à la fois le choix d’un régime de change et l’adoption d’un régime monétaire adapté à la diversité d’économies vulnérables à des chocs de natures différentes.</p>



<p>Sur le premier point, un régime de change flottant peut convenir pour absorber les chocs internationaux et domestiques. Il aurait l’avantage de protéger les économies contre des attaques spéculatives de la part de marchés souhaitant « tester » la résistance de la nouvelle monnaie créée.</p>



<p>Les pays de la Cedeao ont de la latitude pour s’entendre sur le type de flottement susceptible de leur convenir : flottement pur ou bien dirigé (autorisant des interventions sur le marché des changes). S’ils ne souhaitent pas ancrer leur monnaie à une seule monnaie internationale, une alternative existe : ancrage sur un panier de monnaies, éventuellement ajustable pour garder de la souplesse.</p>



<p>Mais une crédibilité vis-à-vis des marchés internationaux ne sera pas possible sans la mise en place d’un cadre macro-budgétaire permettant d’atteindre des cibles réalistes et adaptées à la situation d’économies en développement (plutôt que des cibles théoriques difficiles à respecter).</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>LES PAYS DE LA CEDEAO SONT VULNÉRABLES À DES CHOCS DE NATURES DIFFÉRENTES</p></blockquote>



<p>Sur le second point, les pays devront d’abord s’accorder sur ce qui importe le plus pour la zone Cedeao : au-delà de la stabilité des prix, devront-ils cibler la croissance potentielle (de moyen/long terme) ? Prêter une attention à la valeur des dettes libellées en monnaies étrangères ? Privilégier la profitabilité de leurs entreprises ? Choisir de cibler le taux de change, ou plutôt un agrégat monétaire ou de crédit afin de financer le développement ?</p>



<p>Ces questions montrent que de tels choix reposeront largement sur des compromis politiques, car les pays de la Cedeao sont vulnérables à des chocs de natures différentes compte tenu de la structure des économies, des différences de situations géographiques (pays enclavés ou non), des degrés d’intégration financière et commerciale différents.</p>



<p>S’il existe aujourd’hui une incertitude sur la faisabilité de la future monnaie eco, elle est surtout de nature politique. Sa réussite dépendra de la capacité des gouvernements à construire, ensemble, des compromis sur toutes ces questions. Les points de vue du Ghana et du Nigeria apparaissent essentiels dans les discussions, compte tenu de leur poids économique régional. Leurs expériences de la politique monétaire seront tout aussi utiles que celles des pays de la zone Uemoa.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrqiue/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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