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	<title>discriminations &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>TUNISIE : Avec les limites du « le décret de juillet », la fin des discriminations à l’encontre des subsahariens n’est pas pour demain</title>
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				<pubDate>Thu, 17 Sep 2020 10:07:46 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/TUN-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-19237" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/TUN-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/TUN-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption> Manifestation à la suite de l&rsquo;un des nombreux meurtres racistes dans un pays qui a du mal a assumer son africanité </figcaption></figure>



<p><strong>Longtemps considéré comme l’un des pays les plus racistes du Maghreb, la Tunisie fait de petits pas avec la pression des subsahariens et des associations locales. Mais le pays des jasmins reste bien loin du compte. Le décret de juillet dernier, portant «&nbsp;<em>exonération exceptionnelle</em>&nbsp;» pour étranger voulant quitter le territoire porte des relents de discriminations mais c’est l’ensemble du système d’accueil qui peine à s’adapter aux communautés venues d’Afrique subsaharienne.</strong></p>



<p>Alors qu’une trentaine de «&nbsp;<em>personnes d’origines africaines ont été agressées dans la rue</em>&nbsp;» depuis un an en Tunisie selon des informations concordantes d’associations et de services de police, il est évident que les chiffres sont largement sous-estimés. Sur le sujet, opacité totale. Le ministère de l’intérieur, contacté par deux fois, n’a pas daigné donner suite aux sollicitations de Afrika Stratégies France. Car dans le pays, deux formes de discriminations existent. Celles presqu’instinctives des tunisiens à l’endroit d’étrangers, notamment les noirs puis celle quasi systémiques qu’on observe dans l’administration, aux services de l’immigration et qui sont parfois favorisées par des lois passéistes. Le dernier décret gouvernemental, celui de juillet dernier qui vise à faciliter la sortie du territoire de migrants et autres subsahariens aurait pu s’étendre à «&nbsp;<em>toutes et à tous</em>&nbsp;» comme l’auraient souhaité les communautés concernées. Jean Bedel GnabIi situe ce décret en déphasage des «&nbsp;besoins réels&nbsp;». Le président d’une frange importante de la communauté ivoirienne, l’une des plus importantes avec celles malienne et camerounaise, s’étonne d’une disposition qui «&nbsp;<em>ne répond pas véritablement à nos aspirations qui sont la demande d’exonération, régularisation massive, la reconnaissance juridique des travailleurs migrants</em>«&nbsp;. L’Association des Ivoiriens Actifs de Tunisie (Assivat) dont il assume la présidence par intérim en a fait une priorité dans ses négociations avec les autorités tunisiennes.</p>



<p><strong>La loi de juillet est trop restrictive</strong></p>



<p>Les ressortissants de plusieurs pays de l’Afrique occidentale (Bénin, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Niger, …) peuvent séjourner, dans la limite de trois mois en Tunisie sans visa. Cette situation facilite, contrairement à l’Afrique centrale, l’arrivée importante de citoyens de l’ouest du continent. Mais une autre disposition de la loi soumet tout étranger qui vit au-delà des 90 jours sans disposer d’une carte de séjour à une pénalité en permanente augmentation selon le nombre de jours excédés. Face à la pandémie de Covid-19 et la fermeture inattendue des frontières qu’elle a engendrée, le gouvernement a été obligé d’alléger ce dispositif. Ceci grâce à un décret de juillet 2020 portant «&nbsp;<em>exonération exceptionnelle du droit de régularisation de situation des étrangers désirant quitter définitivement le territoire tunisien</em>«&nbsp;. Une disposition dénoncée à cause de ses restrictions. Marien Djembi MAPESSI y voit «&nbsp;<em>une volonté du législateur de permettre à de nombreux migrants en situation de vulnérabilité administrative de pouvoir retrouver une certaine dignité</em>«&nbsp;. Ce conseiller en législation migratoire espère tout de même une extension du décret, en cette période de Covid-19. &nbsp;Romdhane Ben Amor y voir une loi «&nbsp;<em>discriminatoire</em>«&nbsp;. Selon le Chargé de communication du Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux (Ftdes), les bénéfices d’une telle loi ne «&nbsp;touchent qu’une infime partie de la population migrante à savoir les étudiants ou les travailleurs qui sont en situation nettement régulière&nbsp;». Il souhaite l’extension de la loi à tout «&nbsp;migrant&nbsp;» pour éviter la récurrente situation de migrants bloqués pour des années dans le pays. Et souvent tentés de rallier l’Europe par la mer. Le Ftdes indexe d’autres dispositions qui sont «&nbsp;<em>caduques</em>&nbsp;» mais n’ayant pas été retirées du code pénal. Il s’agit notamment de la loi n°&nbsp;<strong>1968</strong>-0007 du 8&nbsp;<strong>mars 1968</strong>, relative a la condition des étrangers en&nbsp;<strong>Tunisie</strong>&nbsp;qui punit «&nbsp;<em>ceux qui, sciemment, aident directement ou indirectement ou tentent de faciliter l’entrée, la sortie, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en&nbsp;<strong>Tunisie</strong></em>«&nbsp;. Face au coronavirus, le Ftdes exige «&nbsp;<em>une régularisation de l’ensemble des migrants</em>&nbsp;» mais avec le renforcement des courants nationalistes au pouvoir, pas sûr que cela arrive de sitôt.</p>



<p><strong>Mieux accueillir les subsahariens</strong></p>



<p>El Menzah 5 est un quartier périphérique du Grand Tunis. Il est aussi l’une des zones qui regorgent, avec Al Ouina, d’une population importante de ressortissants de l’Afrique subsaharienne. Ce matin de mars 2020, les auteurs de cet article sont arrivés, tôt au Commissariat de cet arrondissement. Le service des étrangers et de l’immigration est plein à craquer. Originaire du Togo, Edem, 26 ans n’a pas eu de carte de séjour depuis 2 ans, «&nbsp;<em>et ce n’est pas faute d’avoir fait la demande</em>&nbsp;» insiste l’étudiant en médecine. En effet, la carte de séjour est valable une année mais elle n’est délivrée qu’environ 8 à 11 mois après la demande alors que sa validité porte sur la date de demande. «&nbsp;<em>Une incongruité</em>&nbsp;» s’emporte Prisca pour qui, «&nbsp;<em>finalement, la carte ne dure plus que deux ou trois mois</em>«&nbsp;. Cette camerounaise a dû se contenter d’un récépissé pendant plusieurs mois, «&nbsp;<em>ce qui m’a empêché de faire ma demande de visa auprès de l’Ambassade des USA à Tunis</em>«&nbsp;. Selon cette trentenaire qui vient de décrocher un second master, «&nbsp;<em>le système est totalement raciste</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>exclusionniste</em>&nbsp;» martèle-t-elle, en colère. Quand enfin arrive, avec deux heures de retard l’officier en charge des titres, les insultes fusent. Il s’en prend aux usagers, les affublant de tous les noms d’oiseaux. «&nbsp;<em>C’est bête de votre part d’envahir mon passage</em>&nbsp;» maugrée-t-il avant de menacer de «&nbsp;<em>les chasser tous</em>«&nbsp;. Pourtant, la quittance des cartes de séjour, entre 30 et 80 € sont déjà payées par la plupart de ces étrangers. Quand nous avons tenté d’obtenir une carte de séjour, le même officier exige une autorisation de travail alors que nous disposions, pour l’occasion d’une carte de création de société offshore, seul type d’entreprise avec la société résidente, que peut créer un étranger. Au ministère du travail, l’accueil insiste «&nbsp;<em>on ne peut pas être créateur d’entreprise et employé en même temps</em>«&nbsp;. Il s’agit de contradictions, récurrentes dans l’interprétation de la loi, qui compliquent l’obtention de papier, même pour des personnes qui sont venues étudier et disposent de tous les documents à cet effet. Cette situation pousse de plus en plus d’Africains à se tourner vers le Maroc voisin. Le royaume chérifien l’a bien compris et assouplit sans cesse les conditions d’entrée pour des étudiants ouest-africains sur son territoire. Les ressortissants de certains pays dont la Côte d’Ivoire peuvent s’y rendre sans visas. Une importante manne d’autant que de plus en plus d’étudiants appartenant à la classe moyenne préfèrent Rabat ou Casablanca à la France par exemple qui vient de multiplier par 16 à 22 les frais de scolarité pour les non-européens.</p>



<p><strong>Une légère prise de conscience face au racisme</strong></p>



<p>Depuis la loi qui sanctionne le racisme et qui a été votée en 2018, même si elle est rarement appliquée par une police parfois passive, une légère prise de conscience existe dans l’opinion. Cela d’abord grâce à Youssef Chahed, alors jeune Premier ministre dont la carrière d’enseignant en France lui offre une approche plus ouverte sur l’immigration et le reste de l’Afrique. Ces dernières années des actes de violences et d’assassinat pour des motivations racistes ont été plus ou moins relayés par la presse, ce qui a pu susciter une forme d’indignation dans le pays. Profitant de rencontres régulières, dans le cadre de lutte contre le covid-19 qui ont rassemblé pendant le confinement des autorités publiques et des organisations d’aide aux étrangers, la persistance des doléances en provenance des subsahariens ont permis à des maires, ministres et pouvoirs centraux de toucher du doigt le fléau. Mais dans un pays aussi hermétique, où à la fin de leurs études, les ressortissants africains autres que Marocains et Algériens ne peuvent travailler, les préjugés ont la vie dure. «&nbsp;<em>Mais il faut les combattre</em>&nbsp;» assène Djamila Ksiksi. Née à Médenine (sud-est) où les habitants ont la peau très foncée, elle a fait de la lutte contre le racisme dont elle fut longtemps victime, son combat. Au parlement tunisien où elle est l’unique élue «&nbsp;noire&nbsp;», elle se bat sans relâche contre toute forme de discriminations. Et si son combat est une goutte d’eau dans l’océan, elle persiste et signe, en espérant que «&nbsp;<em>l’endurance ne finisse par payer</em>«&nbsp;.</p>



<p><strong>DOBE Aboubacar Sidiki, Radio Libre Francophone, Tunisie</strong></p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France, France</strong></p>
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		<title>Coronavirus : l’Union africaine dénonce les discriminations dont sont victimes les Africains en Chine</title>
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				<pubDate>Sat, 11 Apr 2020 17:11:04 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/moussa-1-1024x570.gif" alt="" class="wp-image-16003" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/moussa-1-1024x570.gif 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/moussa-1-300x167.gif 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/moussa-1-768x427.gif 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Moussa Faki Mahamat</figcaption></figure>



<p><strong>Les Africains vivant dans la grande métropole chinoise de Canton, dans le sud de la Chine, dénoncent de nombreuses discriminations après plusieurs cas positifs au Covid-19 parmi la communauté nigériane. L’Union africaine a fait part de sa préoccupation et convoqué l’ambassadeur chinois à l’UA.</strong></p>



<p>Expulsions, suspicion, interdictions d’entrée dans les commerces : les discriminations relayées par des Africains établis à Canton (Guangzhou), dans le sud de la Chine, ont conduit Moussa Faki Mahamat,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/788572/politique/moussa-faki-mahamat-a-alger-comme-a-khartoum-il-faut-eviter-le-chaos/">le président de la Commission de l’Union africaine</a>, à convoquer&nbsp;l’ambassadeur chinois à l’UA.</p>



<p>«&nbsp;Mon bureau a invité l’ambassadeur de Chine auprès de l’UA, M. Liu Yuxi, pour exprimer notre extrême préoccupation face aux allégations de mauvais traitements infligés aux Africains à Guangzhou et a appelé à des mesures correctives immédiates&nbsp;», a indiqué&nbsp;Moussa Faki Mahamat sur son compte Twitter.</p>



<p>Des discriminations également dénoncées par les ambassadeurs africains en Chine, qui ont fait part part de leur inquiétude au ministère chinois des Affaires étrangères&nbsp;dans une lettre ouverte adressée le 10 avril. «&nbsp;Le Groupe des ambassadeurs africains à Pékin exige immédiatement la cessation des tests de force, de la quarantaine et des autres traitements inhumains infligés aux Africains de la province du Guangdong en particulier et de l’ensemble de la Chine, et exige également que les Africains soient traités de la même manière que les Chinois et les autres ressortissants&nbsp;», dénoncent-ils.</p>



<h4>Racisme et&nbsp;suspicion</h4>



<p>La tension est ainsi montée à Canton (15 millions d’habitants) après la découverte par les autorités locales d’au moins huit personnes contaminées qui ont fréquenté l’arrondissement de Yuexiu, où vit une importante communauté africaine.&nbsp;Parmi eux figuraient cinq Nigérians. Ils ont déclenché un tollé en Chine après s’être échappés de leur quarantaine pour se rendre dans plusieurs restaurants et lieux publics.</p>



<p>Conséquence, les autorités ont testé ou placé en quarantaine quelque 2 000 personnes avec lesquelles ils avaient été en contact, a rapporté un média d’État.&nbsp;Canton a, jusqu’au dernier bilan établi jeudi, fait état de 114 cas «&nbsp;importés&nbsp;». Parmi eux figurent 16 Africains, le reste étant des ressortissants chinois.</p>



<p>Cette statistique n’a toutefois pas freiné la suspicion à l’égard de la communauté africaine de la ville.&nbsp;Plusieurs Africains ont indiqué à l’AFP avoir été chassés de leur logement, puis refusés dans des hôtels.</p>



<h4>&nbsp;«&nbsp;On est dans la rue comme des mendiants&nbsp;»</h4>



<p>«&nbsp;J’ai dû dormir sous un pont pendant quatre jours sans rien à manger. Je ne peux même pas acheter de nourriture, car aucun magasin ou restaurant ne m’accepte&nbsp;», affirme Tony Mathias, un étudiant ougandais.&nbsp;«&nbsp;On est dans la rue comme des mendiants&nbsp;», peste le jeune homme de 24 ans, qui dit avoir été forcé lundi de quitter l’appartement où il vivait.</p>



<p>Selon Tony Mathias, les policiers n’ont exigé ni dépistage ni quarantaine, mais lui ont tout simplement dit d’aller dans une autre ville.&nbsp;Contactée, la police de Canton a refusé de répondre à ces accusations.</p>



<p>Autre victime : un homme d’affaires nigérian dit avoir été chassé de son appartement cette semaine.&nbsp;«&nbsp;Quand la police nous voit, elle nous interpelle et nous demande de rentrer. Mais où est-ce qu’on peut bien aller?&nbsp;», soupire-t-il.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>QUAND TU ES NOIR, TU NE PEUX PAS SORTIR</p></blockquote>



<p>D’autres assurent avoir été soumis à des dépistages massifs et placés en quarantaine.&nbsp;La Chine, qui&nbsp;a désormais endigué l’épidémie, interdit l’entrée des étrangers sur son territoire, notamment pour prévenir une seconde vague de contamination. La plupart des personnes qui se déplacent dans le pays doivent subir une quarantaine de 14 jours dans leur lieu de destination.</p>



<p>Thiam, un étudiant guinéen, affirme avoir été testé négatif. Selon lui, la police a exigé qu’il soit placé place en quarantaine, même s’il n’a pas quitté Canton depuis le début de l’épidémie en janvier.&nbsp;«&nbsp;Toutes les personnes que j’ai vu être testées sont des Africains. Les Chinois peuvent se déplacer librement. Mais quand tu es noir, tu ne peux pas sortir&nbsp;», dit-il.</p>



<h4>«&nbsp;Malentendus&nbsp;»</h4>



<p>Denny, un marchand nigérian expulsé de son appartement, dit avoir passé plusieurs jours dehors avant que des policiers ne le conduisent finalement en quarantaine dans un hôtel.&nbsp;«&nbsp;Même si on est testé négatif, la police ne nous autorise pas à rester dans notre appartement. Aucune raison n’est donnée&nbsp;», assure-t-il.</p>



<p>L’affaire des cinq Nigérians a entraîné un torrent de commentaires haineux sur les réseaux sociaux. Certains ont même appelé à expulser de Chine tous les Africains.</p>



<p>Interrogé jeudi, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a reconnu des «&nbsp;malentendus&nbsp;» dans les mesures de prévention à Canton.</p>



<p>« Le gouvernement chinois traite tous les étrangers en Chine de la même manière (…) et a une tolérance zéro vis-à-vis des paroles et actes discriminatoires », a-t-il assuré lors d’un point presse régulier. Il a appelé les autorités locales à « améliorer leurs mécanismes et méthodes de travail ».</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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