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	<title>Dette africaine &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<description>Tout un continent en un seul clic</description>
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	<title>Dette africaine &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Dette africaine : Moody’s face aux foudres de l’ONU et la Banque mondiale</title>
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				<pubDate>Wed, 22 Jul 2020 14:38:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Moody’s a placé sous surveillance cinq pays, dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun. Une décision désavouée par les Nations unies. L’agence Moody’s se retrouve dans un face-à-face délicat avec « l’establishment »&#160; public international. Alors qu’ils ont obtenu l’aval du G20, des Nations unies et de la Banque mondiale pour suspendre temporairement...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-9234" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-1024x576.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-300x169.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-768x432.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Banque mondiale </figcaption></figure>



<p><strong>Moody’s a placé sous surveillance cinq pays, dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun. Une décision désavouée par les Nations unies.</strong></p>



<p>L’agence Moody’s se retrouve dans un face-à-face délicat avec « l’establishment »&nbsp; public international.</p>



<p>Alors qu’ils ont obtenu l’aval du G20, des Nations unies et de la Banque mondiale pour suspendre temporairement le paiement de leur dette, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun mais aussi l’Éthiopie et le Pakistan, encourent la dégradation de leur note souveraine par l’agence de notation américaine.</p>



<p>Bien que lesdites créances n’ont pas été annulées mais suspendues à l’égard des prêteurs publics ou internationaux,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1001310/economie/dette-le-senegal-et-la-cote-divoire-sous-surveillance-quelles-consequences/">Moody’s a témoigné de son inquiétude</a>, au cours des dernières semaines, quant au traitement qui pourrait être appliqué aux créanciers privés.</p>



<p>« L’appel du G20 aux créanciers du secteur privé pour qu’ils participent à cette Initiative dans des conditions comparables [à celles proposées par les créanciers bilatéraux] augmente le risque de défaut de paiement de la dette privée selon la définition de Moody’s », a affirmé l’agence dans trois communications distinctes relatives au Cameroun, au Sénégal et à la Côte d’Ivoire.</p>



<h4>Nations unies et Banque mondiale se rebellent</h4>



<p>Mais des sorties récentes des Nations unies et de la Banque mondiale prolongent la bataille de communication au sujet de la cruciale question du moratoire sur la dette des pays les plus pauvres, en plein cœur de la crise du Covid-19.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>LES PAYS EMPRUNTEURS DEVRAIENT SORTIR RENFORCÉS DU PROGRAMME</p></blockquote>



<p>Le département des Affaires économiques et sociales des Nations unies a contesté la position de Moody’s, affirmant que le programme «&nbsp;devrait améliorer la viabilité de la dette des pays et ne devrait donc pas servir de base à une dégradation des crédits&nbsp;», rapporte le&nbsp;<em>Financial Times</em>. Il a ajouté: «&nbsp;Les pays emprunteurs devraient sortir du programme avec un crédit plus fort que s’ils n’y avaient pas participé.&nbsp;»</p>



<p>Quelques jours plus tôt, le 18 juillet, le président de la Banque mondiale, David Malpass, avait lui exhorté les pays du G20 «&nbsp;à repousser l’échéance de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) jusqu’en fin 2021 et [au lieu de fin 2020, tel que prévu actuellement]&nbsp;» et à «&nbsp;en élargir la portée dans la mesure du possible&nbsp;».</p>



<p>Il a également appelé les créanciers commerciaux des gouvernements participant au programme à «&nbsp;cesser tout recouvrement des paiements effectués par les pays les plus pauvres […] confrontés à un risque de surendettement&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Je suis déçu du peu de progrès enregistré à ce jour alors que nous sommes plongés dans une crise mondiale et j’exhorte les créanciers commerciaux à former une coalition qui aidera à suspendre véritablement le service de la dette par les pays les plus pauvres&nbsp;», a-t-il plaidé.</p>



<h4>Moratoire considéré comme un cas de défaut</h4>



<p>Ce sont donc deux visions qui s’opposent dans ce dossier. D’un côté les institutions internationales de premier plan, de l’autre les créanciers rejoints finalement dans leurs craintes par l’agence de notation américaine.</p>



<p>Le raisonnement de Moody’s fait directement écho à la réaction du lobby des prêteurs privés à l’échelle mondiale, l’Institut de la finance internationale (IIF), en réponse à la DSSI.&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/946163/economie/dettes-africaines-pourquoi-les-preteurs-prives-se-rebellent/">Dans un courrier adressé à la directrice générale du FMI</a>, Kristalina Georgieva, au président de la Banque mondiale, David Malpass, et à la présidente du Club de Paris, Odile Renaud-Basso, Timothy D. Adams, le patron américain de l’IIF, dressait un certains nombre de conditions restrictives à la transposition du mécanisme de moratoire sur la dette vis-à-vis des créanciers privés.</p>



<p>Le risque de dégradation par les agences de notation a par ailleurs été mis en avant par certains pays endettés qui craignent pour leurs futures émissions obligataires – un mode de financement dont ils sont fort dépendants. Tel est le cas notamment du Bénin, dont le ministre de Finances, Romuald Wadagni a invoqué ce risque pour expliquer les réserves du pays vis-à-vis de l’Initiative du G20.</p>



<p>À la de juin, selon les calculs de la Banque mondiale, sur 73 pays éligibles à la DSSI, seuls 35 pays ont demandé un moratoire – dont 25 pays africains. Début juin,<a href="https://www.jeuneafrique.com/998399/economie/dettes-africaines-la-cadence-des-moratoires-saccelere/"> ils étaient 8 pays africains sur 31 dossiers</a> déposés par les États à travers le monde, à avoir signé un accord avec le Club de Paris.</p>



<p><strong>Source : Jeune Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Dettes africaines : quels sont les pays les plus exposés ?</title>
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				<pubDate>Thu, 02 Jul 2020 18:51:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique subsaharienne]]></category>
		<category><![CDATA[Dette africaine]]></category>

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				<description><![CDATA[Alors que Fitch Ratings publie une mise en garde contre de « probables » défauts de paiement en Afrique subsaharienne, zoom sur les profils d’endettement les plus à risque. Chute des cours du pétrole, dépréciation des monnaies africaines, ralentissement des échanges, explosion des dépenses sociales et de santé… La crise liée au coronavirus a engendré...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/sipa_ap21311508_000002-scaled-e1593698853932-592x296-1593698891.jpg" alt="" class="wp-image-17839" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/sipa_ap21311508_000002-scaled-e1593698853932-592x296-1593698891.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/sipa_ap21311508_000002-scaled-e1593698853932-592x296-1593698891-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 592px) 100vw, 592px" /></figure>



<p><strong>Alors que Fitch Ratings publie une mise en garde contre de « probables » défauts de paiement en Afrique subsaharienne, zoom sur les profils d’endettement les plus à risque.</strong></p>



<p>Chute des cours du pétrole, dépréciation des monnaies africaines, ralentissement des échanges, explosion des dépenses sociales et de santé… La crise liée au coronavirus a engendré un cocktail explosif pour les économies africaines, qui voient leurs déficits se creuser.</p>



<p>Mais pour l’agence de notation américaine Fitch Ratings, ce choc ne fait qu’aggraver « une détérioration marquée des finances publiques de l’Afrique subsaharienne <a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/296283/economie/faut-craindre-nouvelle-crise-de-dette/">qui dure depuis une décennie</a> et qu’il sera difficile d’inverser », écrivent ses experts dans un rapport publié le 30 juin.</p>



<h4>Plus d’un milliard de dollars</h4>



<p>Ainsi, au 31 décembre 2019, pas moins de treize pays africains affichaient déjà plus d’un milliard de dollars chacun de dettes à l’égard du Club de Paris, un groupe informel de 22 créanciers privés regroupant notamment la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Corée du Sud, Israël et le Japon, mais pas la Chine, gros créancier des États du continent.</p>



<p>Un volume de dette à mettre en rapport avec les revenus de ces pays : ainsi, si l’Égypte affiche un niveau d’endettement record de 8,46 milliards de dollars à l’égard du Club de Paris, son endettement total pour 2019 n’est évalué «&nbsp;qu’à&nbsp;» 85 % de son PIB par le FMI, contre 95 % pour l’Angola, 109 % pour le Mozambique et même 207 % pour le Soudan.Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital&nbsp;Pour 1€ le premier mois</p>



<p>De son côté,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/770345/economie/brazzaville-et-pekin-ont-trouve-un-accord-pour-le-reechelonnement-de-la-dette-publique-congolaise/">la République du Congo</a>&nbsp;– qui n’apparaît pas dans le classement ci-dessus, sa dette étant de 417 millions de dollars vis-à-vis du Club de Paris -, affiche un endettement de 78,5 % à fin 2019. À noter toutefois, que ce résultat reste six fois inférieur au montant de la dette du pays à l’égard du seul créancier chinois.</p>



<h4>Assainissement budgétaire</h4>



<p>Certains de ces pays – ceux qui sont classés par la Banque mondiale dans la catégorie des pays les plus pauvres (41 pays africains) – peuvent bénéficier de l’« Initiative pour la suspension du service de la dette » (ISSD) initiée par le G20. Les dossiers du Burkina Faso, du Cameroun, du Tchad, des Comores, de l’Éthiopie, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Congo et du Togo ont déjà été acceptés par le Club de Paris.</p>



<p>Mais tous n’en bénéficieront pas : certains parce qu’ils y sont opposés,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/933004/economie/tribune-covid-19-pourquoi-lallegement-de-la-dette-africaine-nest-pas-la-solution/">comme le Bénin</a>, d’autres parce qu’ils n’y sont pas éligibles, ce qui est le cas de tous les pays d’Afrique du Nord. Et pour les autres, le répit ne sera que de courte durée, le moratoire n’allant à ce jour que jusqu’à la fin de l’année.</p>



<p>« Le Mozambique et la République du Congo sont en défaut de paiement depuis 2016, et Fitch pense que d’autres défauts de paiement de la part de pays souverains sont probables », estiment les analystes de l’agence, qui prévient que « la dette continuera d’augmenter sans un assainissement budgétaire substantiel ».</p>



<p><strong>Source : Jeune Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>L’annulation de la dette des États africains, une base pour un nouvel ordre mondial</title>
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				<pubDate>Wed, 24 Jun 2020 14:50:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Dette africaine]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvel ordre mondial]]></category>

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				<description><![CDATA[Amadou Ba, ministre sénégalais des Affaires étrangères, estime que la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 impose un repositionnement stratégique de l’Afrique au cœur des relations internationales. Le coronavirus impose une reconfiguration des relations internationales. Frappé de plein fouet par la pandémie, le monde doit redéfinir ses priorités et renégocier le pacte qui prévalait...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/260px-Amadou_Ba.png" alt="" class="wp-image-17629" width="312" height="316"/><figcaption>Ministre sénégalais des Affaires étrangères</figcaption></figure>



<p><strong>Amadou Ba, ministre sénégalais des Affaires étrangères, estime que la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 impose un repositionnement stratégique de l’Afrique au cœur des relations internationales.</strong></p>



<p>Le coronavirus impose une reconfiguration des relations internationales. Frappé de plein fouet par la pandémie, le monde doit redéfinir ses priorités et renégocier le pacte qui prévalait depuis plusieurs décennies. Ce nouvel ordre mondial, qui postule <a href="https://www.jeuneafrique.com/924820/societe/tribune-lafrique-et-le-monde-face-au-coronavirus-par-macky-sall/">un repositionnement stratégique de l’Afrique au cœur des relations internationales</a>, n’est pas seulement légitime : il est impératif.</p>



<p>Le Sénégal a, de façon répétée, posé la nécessité d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. Le fait que l’Afrique soit absente de ce « saint des saints » est un non-sens absolu. Avec 1,2 milliard d’habitants, le continent abrite 17 % de la population mondiale. En 2100, ce chiffre sera porté à 39 %.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>NOTRE CONTINENT N’EST PAS DANS LA POSTURE DU NÉCESSITEUX ATTENDANT PASSIVEMENT L’AIDE D’UN BIENFAITEUR</p></blockquote>



<p>Avec une&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/999781/economie/objectif-janvier-2021-pour-la-zone-de-libre-echange-continentale/">Zone de libre-échange continentale africaine</a>&nbsp;(Zleca), avec 30 % des réserves mondiales en pétrole, gaz et minéraux, avec 24 % des terres arables et plus de 9 % des ressources en eau douce renouvelable, avec une jeunesse qui représente plus de 70 % de sa population, l’Afrique est bien l’avenir du monde. Il est donc impératif que le monde change le regard qu’il porte sur elle et accepte que la paix et la prospérité de tous sont intimement liées au progrès sur le continent. C’est indispensable, ainsi que l’a clairement posé le président Macky Sall.</p>



<h4>Pour un partenariat respectueux</h4>



<p>La crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 est en effet&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/919507/politique/francis-akindes-le-confinement-est-la-seule-solution-face-au-coronavirus-mais-il-risque-de-deboucher-sur-des-emeutes/">un révélateur puissant des inégalités qui caractérisent l’ordre mondial</a>&nbsp;et dont l’Afrique est la principale victime. Mais notre continent n’est pas dans la posture du nécessiteux attendant passivement l’aide d’un bienfaiteur. Ce qu’il faut, c’est que nous établissions ensemble les règles d’un partenariat mutuellement bénéfique dans le respect dû aux uns et aux autres.</p>



<p>La crise sanitaire en cours nous enseigne que le destin de l’humanité est un et indivisible. Ce qui touche la contrée la plus lointaine peut atteindre le monde entier avec une vitesse insoupçonnée. Dans la culture sénégalaise, il est dit que « l’homme est le remède de l’homme ». Cette sagesse est plus qu’actuelle dans un monde rudement soumis à un ennemi invisible qui ne connaît pas de frontières, ni âge, ni statut social. Voilà pourquoi le Sénégal appelle à un monde solidaire, capable de mettre l’humain et l’humanité au centre de ses finalités.</p>



<p>L’Afrique sera un acteur majeur et incontournable de ce monde nouveau qui se dessine, et elle se sait puissante lorsqu’elle est unie dans l’épreuve. Les nombreuses consultations et rencontres des instances communautaires pour une riposte commune à la crise sanitaire, du niveau sous-régional au niveau continental, indiquent clairement qu’elle est déjà dans l’après-Covid-19 pour participer à la naissance du nouvel ordre mondial.</p>



<p>Nous sommes confiants et très optimistes quant aux possibilités de changement du paradigme historique de domination et de dépendance au profit d’une nouvelle solidarité plus agissante, d’une coopération plus effective et d’un partenariat stratégique au service d’une humanité réunifiée et d’un partage plus équitable des ressources.</p>



<h4>Annulation des dettes publiques</h4>



<p>C’est tout le sens du plaidoyer du président Macky Sall <a href="https://www.jeuneafrique.com/936527/economie/tribune-annuler-la-dette-des-pays-africains-est-vertueux-et-bien-fonde/">pour l’annulation de la dette publique</a> et la restructuration de la dette privée des États africains. Cela constituerait une base pour la refondation des relations entre l’Afrique et ses partenaires, tout en permettant au continent d’aménager des espaces budgétaires susceptibles de favoriser son développement.</p>



<p>Les ressources ainsi dégagées pourraient renforcer les efforts consentis dans le cadre des investissements dans la lutte contre la pauvreté, le chômage des jeunes et l’émigration clandestine qui font le lit de l’instabilité sociale et, partant, de l’insécurité de l’Afrique et de ses partenaires.</p>



<p>Fidèle à ses traditions de démocratie, de paix et de solidarité, le Sénégal joue déjà sa partition. À l’instar de tous les pays du continent, il devra renégocier sa place tout en s’appuyant sur les leçons apprises des contraintes imposées par la Covid-19. Il pourra ainsi renforcer sa résilience, réduire sa dépendance (en matière de santé, d’éducation, d’alimentation), dénouer les goulots d’étranglement économiques et financiers et investir davantage dans la prospective, la révolution numérique et la recherche opérationnelle. C’est à ce prix que nous pourrons partir à la reconquête du marché mondial.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée </strong></p>
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		<title>L’Union européenne va examiner l’annulation de la dette africaine demandée par le G5 Sahel</title>
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				<pubDate>Wed, 29 Apr 2020 14:12:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Dette africaine]]></category>
		<category><![CDATA[G5 Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>

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				<description><![CDATA[Un effort particulier est porté dans la région dite des « trois frontières » entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en proie à de fréquentes attaques djihadistes. L’Union européenne (UE) a accordé mardi 28&#160;avril un financement de 194&#160;millions d’euros aux pays du G5 Sahel pour renforcer leurs forces de sécurité et elle s’est engagée...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/somemt-g5-sahel-nouakchott.jpg" alt="" class="wp-image-14714" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/somemt-g5-sahel-nouakchott.jpg 612w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/somemt-g5-sahel-nouakchott-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 612px) 100vw, 612px" /><figcaption>Sommet G5 Sahel </figcaption></figure>



<p><strong>Un effort particulier est porté dans la région dite des « trois frontières » entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en proie à de fréquentes attaques djihadistes.</strong></p>



<p>L’Union européenne (UE) a accordé mardi 28&nbsp;avril un financement de 194&nbsp;millions d’euros aux pays du G5 Sahel pour renforcer leurs forces de sécurité et elle s’est engagée au cours d’une vidéoconférence à examiner la demande d’une annulation de la dette africaine.</p>



<p><em>« Nous avons discuté avec les dirigeants des pays du G5 Sahel d’actions concrètes pour les aider à faire reculer la menace terroriste »</em>, a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel, au cours d’un point de presse après cette visioconférence avec les dirigeants du Mali, du Niger, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Tchad.</p>



<p><em>«&nbsp;Nous avons annoncé 194&nbsp;millions d’euros additionnels pour renforcer les forces de sécurité et de défense intérieure et accélérer le redéploiement de l’Etat et la délivrance de services de base dans les zones fragiles&nbsp;»</em>, a précisé sur son compte Twitter le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell, qui a participé à cette réunion.</p>



<p>L’effort est porté dans la région dite des&nbsp;<em>«&nbsp;trois frontières&nbsp;»</em>&nbsp;entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en proie à de fréquentes attaques djihadistes.&nbsp;<em>«&nbsp;La pandémie de Covid-19 ne peut nous faire oublier à quel point la situation se détériore sur tous les fronts, dans une région dont les défis sont aussi les nôtres&nbsp;»</em>, a expliqué M.&nbsp;Borrell.</p>



<h4>Une aide de 4,5&nbsp;milliards d’euros</h4>



<p>L’Union européenne et les cinq membres du G5 Sahel ont formellement lancé la coalition pour le Sahel annoncée en janvier lors du sommet de Pau, dans le sud-ouest de la France.&nbsp;<em>«&nbsp;Nous cherchons à convaincre d’autres partenaires à se joindre à la coalition&nbsp;»</em>, a expliqué Charles Michel.</p>



<p>Cette coalition va aider les pays du G5 sur les plans militaire, civil (police et justice) et économique, avec l’aide au développement. L’UE a accordé 4,5 milliards d’euros à la région au cours des six dernières années, a précisé Charles Michel.</p>



<p>Les dirigeants du G5 ont demandé une&nbsp;<em>«&nbsp;annulation pure et simple de la dette africaine&nbsp;»</em>&nbsp;pour les aider à affronter les coûts sanitaires et économiques de la lutte contre la pandémie.</p>



<p><em>« Nous sommes convenus de mener le débat sur cette demande au sein de l’Union européenne et avec d’autres partenaires internationaux »</em>, a expliqué le président du Conseil européen, qui a notamment cité le Fonds monétaire international (FMI). <em>« Une nouvelle réunion sera organisée dans les trois mois sous forme de vidéoconférence pour faire un point »</em>, a annoncé M. Michel.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique /Mis en ligne : Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Dette africaine : là où le Covid-19 va encore faire mal</title>
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				<pubDate>Sat, 25 Apr 2020 10:27:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Dette africaine]]></category>

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				<description><![CDATA[Le fait que&#160;40&#160;% de sa dette soit privée ne va pas faciliter à l&#8217;Afrique la suite de la gestion des conséquences du Covid-19 malgré le&#160;moratoire déjà acté. Depuis l&#8217;appel du président&#160;Macky Sall&#160;le 25&#160;mars dernier demandant une&#160;annulation de la dette des États africains, les déclarations en faveur d&#8217;une annulation de cette dette ou d&#8217;un report de...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_20200425_112414.png" alt="" class="wp-image-16679" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_20200425_112414.png 720w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/IMG_20200425_112414-300x209.png 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption><em>Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international</em></figcaption></figure>



<h4>Le fait que&nbsp;40&nbsp;% de sa dette soit privée ne va pas faciliter à l&rsquo;Afrique la suite de la gestion des conséquences du Covid-19 malgré le&nbsp;moratoire déjà acté.</h4>



<p>Depuis l&rsquo;appel du président&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/macky-sall">Macky Sall</a>&nbsp;le 25&nbsp;mars dernier demandant une&nbsp;<a href="http://aps.sn/actualites/article/macky-sall-pour-une-strategie-d-annulation-de-la-dette-des-pays-africains-et-un-reechelonnement-de-la-dette-commerciale" target="_blank" rel="noreferrer noopener">annulation de la dette des États africains</a>, les déclarations en faveur d&rsquo;une annulation de cette dette ou d&rsquo;un report de ses échéances (moratoire) se sont multipliées. La réunion du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/g20">G20</a>&nbsp;le 15&nbsp;avril a marqué une étape nouvelle. Les pays industrialisés, les pays émergents, dont la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/chine">Chine</a>, et même le secteur privé semblent avoir trouvé un consensus, très inhabituel, en faveur d&rsquo;un&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20200415-le-g20-s-accorde-sur-un-moratoire-sur-la-dette-des-pays-les-plus-pauvres" target="_blank" rel="noreferrer noopener">moratoire</a>. Cependant, même si ces initiatives permettent de dégager des ressources pour faire face à la crise du Covid-19, il ne faut pas oublier que les besoins des pays africains pour faire face à la pandémie n&rsquo;ont aucune raison d&rsquo;être corrélés avec l&rsquo;endettement. Dans le cas d&rsquo;une annulation de la dette, par exemple, la&nbsp;<a href="https://databank.worldbank.org/source/international-debt-statistics" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mauritanie recevrait l&rsquo;équivalent de 98&nbsp;% de son revenu national et la RDC 11&nbsp;%</a>. Les besoins de la RDC sont-ils moindres que ceux de la Mauritanie&nbsp;? Toutefois, l&rsquo;importance de la dette actuelle envers le secteur privé, et notamment envers des porteurs de titres (eurobonds) pose un problème épineux, dans un contexte bien différent des précédentes remises de dette.</p>



<h4>Une dette publique extérieure très diversifiée</h4>



<p>La grande majorité des pays africains ont connu une croissance rapide ces dix dernières années, attirant de nouveaux créanciers publics comme la Chine, l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/inde">Inde</a>, le Brésil, mais également et surtout des créanciers privés qui jusqu&rsquo;alors boudaient la dette publique de ces pays, échaudés par la grande crise d&rsquo;endettement du début des années&nbsp;1980&nbsp;et les&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/la-dette-des-pays-en-developpement--9782348043604.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">épisodes de défaut partiel</a>. Aujourd&rsquo;hui, la dette extérieure publique totale des États d&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;subsaharienne (ASS) est détenue à plus de&nbsp;<a href="https://www.imf.org/~/media/Files/Countries/ResRep/GMB/201906-gmb-reo-presentation.ashx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">40&nbsp;%</a>&nbsp;par des créanciers privés, avec toutefois de grandes différences d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278924-embed-libre-jpg_7069525.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278924-embed-libre-jpg_7069525.jpg" alt=""/></a><figcaption>Note&nbsp;: Afrique du Sud exclue. Source&nbsp;: International Debt Statistics (2020).© DR</figcaption></figure>



<h4>Euro-obligations&nbsp;: la surréaction des marchés financiers face à la pandémie</h4>



<p>Depuis la crise financière internationale de 2008, certains États d&rsquo;ASS ont accédé au&nbsp;<a href="http://documents.worldbank.org/curated/en/491301554821864140/pdf/Issuing-International-Bonds-A-Guidance-Note.pdf#page=8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">marché international des euro-obligations</a>&nbsp;(ou eurobonds), grâce notamment à une baisse sans précédent des taux directeurs des grandes banques centrales et aux politiques monétaires non conventionnelles. 15&nbsp;pays africains à faible revenu ont emprunté sur ce marché depuis 2007.</p>



<p>L&rsquo;année&nbsp;2019&nbsp;a connu 13&nbsp;émissions d&rsquo;euro-obligations. Ensemble, le Kenya, le Mozambique, le Ghana, le Bénin, la Côte d&rsquo;Ivoire, l&rsquo;Angola et l&rsquo;Afrique du Sud ont levé 16,38&nbsp;milliards de dollars. En 2020, le montant des émissions africaines a atteint&nbsp;<a href="https://www.ft.com/content/89c6d60f-5fe9-4b72-b327-4a6eb267a9c9" target="_blank" rel="noreferrer noopener">plus de 100&nbsp;milliards de dollars</a>. Ces obligations sont détenues par une multitude d&rsquo;investisseurs (principalement privés).</p>



<p>Depuis les premiers cas de Covid-19&nbsp;sur le continent, les marchés des capitaux ont fortement réagi, comme le montrent les variations des rendements d&rsquo;euro-obligations de douze pays cotés sur le&nbsp;<a href="http://www.leguideboursier.com/apprendre-bourse/bourse/le-marche-boursier-de-frankfort-fwb.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">marché secondaire de Francfort</a>&nbsp;(ci-dessous).</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278927-embed-libre-jpg_7069526.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278927-embed-libre-jpg_7069526.jpg" alt=""/></a><figcaption>FSE, mars 2020.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278929-embed-libre-jpg_7069527.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278929-embed-libre-jpg_7069527.jpg" alt=""/></a><figcaption>FSE, mars 2020.</figcaption></figure>



<p>Ces marchés étant très sensibles aux effets d&rsquo;annonce, les mesures d&rsquo;urgence proposées par le FMI et la Banque mondiale ont freiné la hausse des rendements. Toutefois, si la pandémie en Afrique s&rsquo;étend rapidement, des pics plus importants risquent d&rsquo;être observés sur ces marchés. Les plateformes internationales de trading intègrent désormais le suivi de la pandémie à leurs cotations.</p>



<p>Cette part importante des créanciers privés dans la dette publique extérieure pèse sur le budget des États. Les taux d&rsquo;intérêt associés à ces dettes sont largement supérieurs à ceux proposés par les prêteurs publics et les durées de remboursement beaucoup plus courtes. Il en résulte un service de la dette plus important pour les États majoritairement endettés auprès de créanciers privés, ce qui menace la résilience de ces pays face à la pandémie.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278930-embed-libre-jpg_7069528.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278930-embed-libre-jpg_7069528.jpg" alt=""/></a><figcaption>Note&nbsp;: échantillon de 45&nbsp;pays d’Afrique subsaharienne. Source&nbsp;: International Debt Statistics (2020).© DR</figcaption></figure>



<h4>Annuler les dettes bilatérales reviendrait à subventionner les créanciers privés</h4>



<p>En 2018, la part des prêteurs publics dans la dette des États reste importante mais&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/la-dette-des-pays-en-developpement--9782348043604.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">très en deçà de celle observée au milieu des années 2000</a>. Si, en moyenne (non pondérée), près de 50&nbsp;% de la dette extérieure est bilatérale (détenue par d&rsquo;autres États appartenant à l&rsquo;<a href="https://www.oecd.org/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">OCDE</a>, mais aussi et de façon croissante au groupe des pays «&nbsp;émergents&nbsp;»), pour la majorité, cette part est inférieure à 30&nbsp;% (voir graphiques ci-dessous).</p>



<p>Réduire une partie du stock de dette bilatérale permettrait d&rsquo;alléger le service de la dette de pays menacés par la pandémie, mais seulement dans une mesure limitée compte tenu de la faible part de la dette bilatérale de certains États. Surtout cela faciliterait le remboursement des créanciers privés, ce qui reviendrait à les subventionner indirectement.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278931-embed-libre-jpg_7069529.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/25/20278590lpw-20278931-embed-libre-jpg_7069529.jpg" alt=""/></a><figcaption>International Debt Statistics, 10/04/2020.© DR</figcaption></figure>



<p>Les créanciers privés intègrent pourtant le risque de défaut dans les taux d&rsquo;intérêt auxquels ils prêtent ou souscrivent aux obligations, avec des rendements perçus sur la dette de ces États bien supérieurs à ceux obtenus en prêtant à la France ou l&rsquo;Allemagne. Annuler la dette bilatérale conduirait à sécuriser le remboursement des créanciers privés, rendant ainsi caduque la notion même de prime de risque, censée minimiser leurs pertes en cas de défaut.</p>



<h4>Qu&rsquo;est-il possible de faire&nbsp;?</h4>



<p>Une annulation de dette étendue à l&rsquo;ensemble des créanciers a été faite dans le cadre des initiatives&nbsp;<a href="https://www.imf.org/external/np/exr/facts/fre/hipcf.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pays pauvres très endettés (PPTE) de&nbsp;1996 et&nbsp;1999</a>, mais de façon non consensuelle, conduisant certains créditeurs privés à assigner en justice les pays bénéficiaires afin de recouvrer leurs créances. Un cadre élargi de négociation de la dette impliquant le&nbsp;<a href="https://www.glossaire-international.com/pages/tous-les-termes/club-de-paris.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Club de Paris</a>, le&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Londres" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Club de Londres</a>&nbsp;ainsi que des représentants des porteurs d&rsquo;obligations serait donc préférable, mais requerrait une coordination efficace dans un laps de temps minime entre une multitude de créanciers.</p>



<p>Du seul côté des créditeurs bilatéraux, une véritable coordination entre pays de l&rsquo;OCDE et pays émergents reste hypothétique dans la durée, bien que la récente participation de tous au moratoire puisse changer la donne.</p>



<p>Pour ce qui est de la dette détenue sous forme d&rsquo;euro-obligations, en l&rsquo;absence de coopération, un défaut reste possible, mais renforcerait l&rsquo;aversion des investisseurs vis-à-vis des futures émissions obligataires africaines (le caractère exceptionnel de la situation pouvant atténuer cet effet). De plus, les défauts de paiement sur les marchés d&rsquo;euro-obligations se paient généralement cher, malgré l&rsquo;application éventuelle de&nbsp;<a href="https://www.lesechos.fr/2012/04/dette-la-zone-euro-se-dote-de-clauses-daction-collective-354677" target="_blank" rel="noreferrer noopener">clauses d&rsquo;action collective</a>&nbsp;(exclusion des marchés financiers, downgrading, fonds vautours).</p>



<p>Certaines euro-obligations africaines arrivent bientôt à échéance (Sénégal, Nigeria et Namibie). Afin d&rsquo;éviter un futur risque de refinancement, une piste consisterait à associer les institutions financières multilatérales. En effet, compte tenu du niveau des taux d&rsquo;intérêt sur le marché secondaire (de l&rsquo;ordre de 12&nbsp;%, voire 16&nbsp;%), de nouvelles émissions à 12&nbsp;% voire 16&nbsp;%, seraient suicidaires. Des opérations de protection avec le Fonds monétaire international et la Banque africaine de développement pourraient ainsi aider les pays à alléger leur contrainte en devises.</p>



<p>Enfin, une solution alternative consisterait à mettre en place une réserve de trésorerie provisoire alimentée par les pays africains, le FMI ou la Banque africaine de développement et destinée au rachat de la dette à échéance. Ce dispositif amortirait la dette, mais paraît difficilement applicable dans le contexte actuel. Certaines euro-obligations africaines sont déjà adossées à un fonds d&rsquo;amortissement (mis de côté) qui permet de racheter périodiquement les obligations, protégeant ainsi l&rsquo;émetteur contre un risque de refinancement et/ou de défaut, mais ceci n&rsquo;est pas généralisé.</p>



<p>Le défi est donc de trouver une solution qui permette aux pays d&rsquo;Afrique de faire face à la pandémie de façon efficace et équitable, dans tous les cas de figure.</p>



<p>*&nbsp;Marin Ferry&nbsp;est maître de conférences en&nbsp;économie du développement, finances publiques, traitement de la dette publique dans les pays à faible revenu, à l&rsquo;université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM), Institut de recherche pour le développement (IRD).</p>



<p>** Babacar Sène est directeur du Centre de recherches économiques appliquées (CREA) et du Laboratoire d&rsquo;ingénierie financière et économique (LIFE), professeur agrégé en économie spécialisé en monnaie et finance, université Cheikh Anta Diop de Dakar.</p>



<p><strong>Source : Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong> </p>
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		<title>la cheffe de l’OIF plaide pour un « moratoire » sur la dette africaine, pas une « annulation »</title>
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				<pubDate>Thu, 23 Apr 2020 20:31:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
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				<description><![CDATA[Dans un entretien accordé à France 24 et RFI, Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, explique que l’Afrique a été « prudente » sur le plan sanitaire face à la pandémie de Covid-19, mais qu’elle en subit d’ores et déjà les conséquences économiques. Elle assure toutefois qu’elle n’est pas favorable à une « annulation » de...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/Louise-Mushikiwabo.jpg" alt="" class="wp-image-15243" width="622" height="311" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/Louise-Mushikiwabo.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/Louise-Mushikiwabo-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 622px) 100vw, 622px" /><figcaption>Louise Mushikiwabo</figcaption></figure>



<p><strong>Dans un entretien accordé à France 24 et RFI, Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, explique que l’Afrique a été « prudente » sur le plan sanitaire face à la pandémie de Covid-19, mais qu’elle en subit d’ores et déjà les conséquences économiques. Elle assure toutefois qu’elle n’est pas favorable à une « annulation » de la dette des pays africains, mais qu&rsquo;elle lui préfère un « moratoire », afin de soutenir les économies du continent.</strong></p>



<p>« Jusqu&rsquo;à présent, l&rsquo;Afrique n&rsquo;a pas été aussi frappée que l&rsquo;Europe ou les États-Unis par le Covid-19 », affirme Louise Mushikiwabo,&nbsp;Secrétaire générale de l&rsquo;Organisation internationale de la francophonie (OIF), dans un entretien accordé à France 24 et RFI . « L&rsquo;Afrique a été très prudente, dès le début de la crise, presque tous les pays africains ont pris des mesures pour se protéger et pour limiter la propagation de la maladie ».</p>



<p>Selon elle, l&rsquo;OIF peut apporter une contribution au niveau éducatif en mettant des cours en ligne et en accédant à des populations marginalisées par ces divers programmes.</p>



<p><strong>Soutenir les économies du continent</strong></p>



<p>Concernant&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20200415-le-g20-s-accorde-sur-un-moratoire-sur-la-dette-des-pays-les-plus-pauvres">la suspension temporaire du service de la dette</a>&nbsp;des pays les plus pauvres accordé par le G20 jusqu&rsquo;à fin 2020, Louise Mushikiwabo, qui a signé lundi&nbsp;<a target="_blank" href="http://www.jeuneafrique.com/930853/economie/tribune-suspension-de-la-dette-de-lafrique-un-bon-debut-du-g20-mais-il-faut-faire-plus/" rel="noreferrer noopener">une tribune</a>&nbsp;intitulée « Suspension de la dette de l&rsquo;Afrique&nbsp;: un bon début du G20, mais il faut faire plus », aux côtés de sept grands noms africains de la politique et de l&rsquo;économie, estime que cette suspension temporaire du paiement de la dette n&rsquo;est pas assez ambitieuse.</p>



<p>Si elle se dit toutefois défavorable à une annulation pure et simple de la dette des pays africains &#8211; comme le réclament le président français&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20200414-covid-19-emmanuel-macron-veut-aider-l-afrique-en-annulant-massivement-sa-dette">Emmanuel Macron</a>&nbsp;et son homologue sénégalais&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20200417-sur-france-24-et-rfi-macky-sall-continue-de-r%C3%A9clamer-l-annulation-de-la-dette-africaine">Macky Sall</a>&nbsp;&#8211; elle appelle à accorder un moratoire plus généreux sur le paiement de la dette, afin de soutenir les économies du continent. « Nous demandons un moratoire, un gel sur le paiement de la dette », le temps de « remettre les économies sur les rails ».</p>



<p><strong>Le résumé de la semaine</strong>France 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine<a href="https://emailing.france24.com/fr/subscribe" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Je m&rsquo;abonne</a></p>



<p>L&rsquo;ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda exprime, par ailleurs, sa vive réprobation suite aux actes de violence contre des Africains en Chine, affirmant que ces images étaient inacceptables.</p>



<p>Enfin, interrogée sur la mort en prison du chanteur et activiste rwandais Kizito Mihigo, elle s&rsquo;insurge contre les soupçons à l&rsquo;encontre du régime rwandais, soulignant que les suicides sont monnaie courante dans d&rsquo;autres pays, notamment en France, sans pour autant susciter de polémiques.</p>



<p><strong>Source: France 24/ Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Dette africaine : annulation vs moratoire, terrain glissant pour les Etats ?</title>
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				<pubDate>Thu, 16 Apr 2020 19:22:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[annulation]]></category>
		<category><![CDATA[Dette africaine]]></category>
		<category><![CDATA[moratoire]]></category>

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				<description><![CDATA[Après le premier pas du Fonds monétaire international (FMI), le G20 vient d’annoncer un moratoire sur la dette de 40 pays africains pour leur permettre de faire face à la crise du COVID-19. Les autres bailleurs bilatéraux et multilatéraux sont attendus. Mais les voix s’élèvent réclamant une annulation de la dette africaine, alors que le...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/finance.jpg" alt="" class="wp-image-16345" width="626" height="313" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/finance.jpg 612w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/finance-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 626px) 100vw, 626px" /></figure>



<p> <strong>Après le premier pas du Fonds monétaire international (FMI), le G20 vient d’annoncer un moratoire sur la dette de 40 pays africains pour leur permettre de faire face à la crise du COVID-19. Les autres bailleurs bilatéraux et multilatéraux sont attendus. Mais les voix s’élèvent réclamant une annulation de la dette africaine, alors que le Continent sera confronté à un niveau de dette sans précédent après la crise.</strong></p>



<p>Faut-il annuler les dettes des pays africains ou suspendre&nbsp;leur&nbsp;remboursement le temps de la crise du COVID-19 ? La question fait encore couler beaucoup d&rsquo;encre et les institutions qui ont commencé à répondre aux appels tendent plutôt vers la seconde option. Les ministres des Finances et les banques centrales du G20 ont décidé mercredi soir de suspendre le remboursement de la dette de 76 pays à travers le monde, dont 40 en Afrique. Ainsi, les paiements qui devaient s&rsquo;opérer en 2020 sont reportés à 2022 et échelonnés sur trois ans, c&rsquo;est-à-dire jusqu&rsquo;en 2025. Le G20 emboîte ainsi le pas au FMI qui alloue une subvention de 250 millions de dollars à 25 pays dans le monde dont 19 pays africains pour honorer leurs obligations au titre du service de la dette envers le Fonds et ce, sur une durée de six mois, prolongeable à deux ans. L&rsquo;institution a mis en place un fonds qu&rsquo;elle ambitionne de doper à 1,4 milliard de dollars pour «&nbsp;subventionner&nbsp;» un plus grand nombre de pays.</p>



<p>Si les autres bailleurs bilatéraux, multilatéraux et privés sont appelés à se joindre à la&nbsp;<em>«&nbsp;solidarité&nbsp;»</em>&nbsp;internationale et que d&rsquo;aucuns estiment&nbsp;<em>«&nbsp;encourageants&nbsp;»</em>&nbsp;les premiers pas sur les moratoires, les voix se multiplient pour réclamer l&rsquo;annulation pure et simple de la dette des pays africains, si l&rsquo;objectif est vraiment de leur faciliter la tâche face à la pandémie. Un appel dont le président Emmanuel Macron a lui-même fait l&rsquo;écho lundi lors de son adresse à la nation.</p>



<p>André Flahaut, ministre belge du Budget, dénonce une&nbsp;<em>«&nbsp;dette injuste qui mine [les] économies&nbsp;»</em>&nbsp;africaines.</p>



<p>Dans le même sens, l&rsquo;ONG Oxfam appelle à&nbsp;<em>«&nbsp;faire plus&nbsp;»</em>&nbsp;que des moratoires, en annulant la dette des pays africains auprès du G20.</p>



<h4>Un traitement au cas par cas, selon Tidjane Thiam</h4>



<p>Tidjane Thiam, l&rsquo;un des envoyés spéciaux de l&rsquo;Union africaine (UA) pour la lutte contre le COVID-19, interrogé par&nbsp;<em>RFI</em>&nbsp;ce jeudi matin, a qualifié le moratoire de&nbsp;<em>«&nbsp;ballon d&rsquo;oxygène&nbsp;»</em>, et la question de l&rsquo;annulation de la dette de&nbsp;<em>«&nbsp;problème réel auquel il va falloir s&rsquo;attaquer dans les mois qui viennent&nbsp;»</em>.</p>



<p><em>«&nbsp;Je pense qu&rsquo;il y a deux temps dans cette affaire. Dans un premier temps, il fallait traiter la crise et trouver une solution pragmatique pour permettre à chaque Etat d&rsquo;avoir des ressources disponibles et c&rsquo;est ce que réalise le moratoire. Maintenant il est clair que nous sommes partis de situations en Afrique qui ne sont pas particulièrement favorables. Il faut quand même voir que la dette en Afrique a beaucoup augmenté&nbsp;»,&nbsp;</em>a-t-il expliqué reconnaissant que le ratio dette sur PIB de l&rsquo;Afrique qui est train d&rsquo;exploser en raison de la crise du COVID-19 atteindra&nbsp;<em>«&nbsp;rapidement 150%&nbsp;»</em>&nbsp;contre 108% avant la crise. «&nbsp;<em>Il est clair que dans cette situation,&nbsp;</em>a-t-il poursuivi,<em>&nbsp;il y a des pays qui vont être sous pression. Il va falloir envisager des remises ou des annulations de dette&nbsp;</em>». A noter que le ratio dette/PIB des pays continuera d&rsquo;augmenter parce que non seulement le coût des dettes déjà contracté continue d&rsquo;augmenter, mais aussi parce que les Etats continuent de s&rsquo;endetter dans le cadre de leur riposte contre le COVID-19.</p>



<h4><strong>Et si l&rsquo;engagement&nbsp;des Etats était mis à l&rsquo;épreuve ?</strong></h4>



<p>La CNUCED a été l&rsquo;une des premières institutions à réclamer l&rsquo;annulation de la dette des pays africains. Le pape François, à l&rsquo;occasion de la Pâque dimanche dernier, en a rajouté une couche, appelant à&nbsp;<em>«&nbsp;réduire&nbsp;»</em>, voire&nbsp;<em>«&nbsp;annuler&nbsp;»</em>&nbsp;la dette des pays les plus pauvres. Le président sénégalais Macky Sall, qui a été le premier chef d&rsquo;Etat africain à interpeller les bailleurs sur la dette africaine, s&rsquo;en est félicité.</p>



<p>Mais le débat autour de la dette africaine soulève plusieurs autres problématiques. Si l&rsquo;alourdissement du poids de cette dette après la crise est une évidence, l&rsquo;économiste togolais Kako Nubukpo, dans une tribune sur&nbsp;<em>Le Point</em>, soutient que&nbsp;<em>«&nbsp;l&rsquo;annulation massive de la dette africaine ressemble à s&rsquo;y méprendre à la prédominance de recettes anciennes pour faire face au nouveau monde&nbsp;»</em>.&nbsp;<em>«&nbsp;L&rsquo;Afrique d&rsquo;après le Covid-19 ne peut accepter de jouer un jeu dans lequel elle sortira une nouvelle fois perdante, car les mêmes causes produiront les mêmes effets</em><em>&nbsp;»</em>, affirme-t-il, regrettant que les dettes jusqu&rsquo;ici contractées par les Etats aient fait l&rsquo;objet d&rsquo;une&nbsp;<em>«&nbsp;mauvaise gouvernance chronique&nbsp;»</em>.</p>



<p>Annulation ou moratoire sur leur dette, les pays africains ne devront-ils pas finalement faire preuve d&rsquo;ingéniosité et surtout d&rsquo;un engagement sans faille gérer efficacement cette crise et assurer un après-crise moins contraignant, notamment en faisant bon usage des fonds en leur possession ?</p>



<p><strong>Source: La Tribune Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Coronavirus : Emmanuel Macron plaide pour une annulation de la dette africaine</title>
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				<pubDate>Tue, 14 Apr 2020 11:15:19 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/1276994-emmanuel-macron-lors-du-sommet-de-l-otan-le-4-decembre-2019-a-watford-pres-de-londres-2.jpg" alt="" class="wp-image-12504" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/1276994-emmanuel-macron-lors-du-sommet-de-l-otan-le-4-decembre-2019-a-watford-pres-de-londres-2.jpg 960w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/1276994-emmanuel-macron-lors-du-sommet-de-l-otan-le-4-decembre-2019-a-watford-pres-de-londres-2-300x206.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/1276994-emmanuel-macron-lors-du-sommet-de-l-otan-le-4-decembre-2019-a-watford-pres-de-londres-2-768x528.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption>Emmanuel Macron</figcaption></figure>



<p><strong>En mars, les ministres africains des finances avaient demandé 100 milliards de dollars à la communauté internationale pour lutter contre le Covid-19, dont 44 milliards affectés au remboursement de leurs dettes.</strong></p>



<p>La France et l’Europe vont devoir aider l’Afrique à lutter contre le nouveau coronavirus en&nbsp;<em>«&nbsp;annulant massivement sa dette&nbsp;».&nbsp;</em>Lundi soir, le président de la République, Emmanuel Macron, a profité de son allocution télévisée pour faire passer cette idée aux Français, une des rares incises internationales dans un discours hexagonal. Pour une majorité d’Etats africains, en effet, seule l’annulation de la dette publique extérieure pourrait éviter un effondrement économique, alors que son remboursement engloutit en moyenne 13&nbsp;% des revenus des Etats (selon l’ONG britannique Jubilee Debt Campaign).</p>



<p>Fin mars, les ministres africains des finances avaient déjà demandé 100 milliards de dollars à la communauté internationale pour lutter contre le Covid-19, dont 44 milliards affectés au remboursement de leurs dettes et de leurs intérêts. Pour l’instant, le FMI et la Banque mondiale appellent seulement à suspendre le remboursement des emprunts des pays les plus pauvres auprès des créanciers bilatéraux, et le FMI a annoncé quelques heures après l’intervention d’Emmanuel Macron le versement d’une aide d’urgence à 25 pays parmi les plus pauvres du monde, dont 19 sont en Afrique. Mais, de la suspension à l’annulation, le chemin reste encore long.</p>



<p>Pourtant, la seconde formule a ses partisans, comme l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla. A ses yeux,&nbsp;<em>«&nbsp;seule cette annulation pourrait permettre de résoudre ou du moins d’atténuer sensiblement le problème&nbsp;»</em>&nbsp;économique qui pointe. Reste que&nbsp;<em>«&nbsp;les créanciers privés n’y ont aucun intérêt. Peut-être qu’ils accepteront le principe d’un moratoire pour retarder&nbsp;</em>[le]<em>&nbsp;paiement&nbsp;</em>[de la dette],<em>&nbsp;mais il faudra bien finir par la payer. Et, après la crise du coronavirus, ces Etats endettés se retrouveront coincés à nouveau&nbsp;»,</em>&nbsp;craint l’économiste ouest-africain.</p>



<h4>Négociations difficiles</h4>



<p>Pour Serge Michailof, les négociations s’annoncent donc difficiles, même auprès des Etats.&nbsp;<em>«&nbsp;Je vois mal les partenaires bilatéraux accorder un effacement de la dette aux pays qui ont déjà bénéficié du PPTE&nbsp;</em>(initiative en faveur des pays pauvres très endettés)&nbsp;<em>au début des années 2000. Refaire une deuxième opération de ce genre ne serait pas du tout évident&nbsp;»,</em>&nbsp;estime cet ancien directeur de la Banque mondiale.</p>



<p>Reste qu’en face il y a bien urgence, et pour toute une série de raisons.&nbsp;<em>«&nbsp;Je crains que l’impact de la pandémie sur la région soit vraiment dévastateur&nbsp;»,&nbsp;</em>a déjà prévenu le directeur du département africain du Fonds monétaire international (FMI), Abebe Aemro Sélassié, alors que les mesures sanitaires prises à l’échelle mondiale faisaient chuter les échanges commerciaux et la demande en matières premières. Touchées de plein fouet, les économies africaines risquent d’entrer en récession, selon les projections de la Banque mondiale, ce qui serait une première depuis vingt-cinq ans.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>Le FMI a annoncé le versement d’une aide d’urgence à vingt-cinq pays parmi les plus pauvres, dont dix-neuf en Afrique</p></blockquote>



<p><em>«&nbsp;Un des effets immédiats de la pandémie</em>, ajoute Ndongo Samba Sylla,&nbsp;<em>est que les flux de capitaux se tarissent et quittent l’Afrique pour aller vers les pays riches.&nbsp;»</em>&nbsp;Pris dans cette spirale destructrice, les déficits des balances commerciales se creusent et les monnaies africaines continuent de se dévaluer dangereusement.</p>



<p>Ces dernières années, l’endettement du continent s’est accéléré. Le poids de la dette publique y a bondi, passant de 35&nbsp;% du PIB africain à 60&nbsp;% entre 2010 et 2018. Une hausse particulièrement vertigineuse dans les pays exportateurs de matières premières, qui ont subi la chute des cours de 2014 à 2016, selon Chukwuka Onyekwena, le directeur du Centre des études économiques d’Afrique (CSEA). Déjà,&nbsp;<em>«&nbsp;les gouvernements africains avaient dû davantage dépenser pour compenser la baisse des revenus du secteur privé&nbsp;»&nbsp;</em>après la crise de 2008.</p>



<h4>Finances étatiques sous pression</h4>



<p>La crise financière mondiale avait eu un autre effet ambigu en attirant les Etats africains sur les marchés financiers. A l’époque, la faiblesse des taux d’intérêt a poussé les gouvernements africains à émettre en masse des eurobonds, des titres de dettes libellés en monnaie étrangère, souvent en dollars ou en euros. Depuis, les créanciers privés ont acquis un tiers de leur dette publique. Mais, aujourd’hui, les taux flambent, oscillant entre 5 % et 10&nbsp;% et mettant les finances étatiques sous pression.</p>



<p>Ainsi, <em>« en 2018, le Sénégal a émis deux eurobonds d’un milliard d’euros et d’un milliard de dollars à 6 % et 4,75 % sur dix ans. Cela veut dire que, chaque année, ils payent les intérêts et qu’en 2028 ils devront s’acquitter des deux milliards. Vu la situation économique, ils ne pourront certainement pas le faire, donc ils n’auront pas d’autre choix que de se rendetter »,</em> ajoute Ndongo Samba Sylla.</p>



<p>De nombreux pays africains sont surendettés ou en passe de l’être. Le défaut de paiement apparaît pour certains quasiment inévitable. Ainsi, la Zambie, deuxième producteur de cuivre en Afrique, a un besoin urgent de restructurer sa dette publique extérieure – 11,2&nbsp;milliards de dollars – pour éviter la banqueroute. D’autres, comme l’Angola, le Ghana ou encore l’Ethiopie, sont eux aussi proches d’un scénario similaire.</p>



<p>Au-delà de son explosion, la dette publique africaine souffre aussi d’un problème structurel, puisque les bailleurs bilatéraux traditionnels regroupés dans le Club de Paris ont été progressivement remplacés par les créanciers des pays émergents, notamment la Chine. La situation actuelle montre les limites des systèmes de financement du développement en Afrique, portés par la Chine et les créanciers privés. A l’avenir, les organisations multilatérales vont devoir réfléchir à leurs conditions de prêt pour inciter les Etats africains à revenir vers des modèles de développement plus vertueux.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Il faut alléger la dette africaine pour combattre le coronavirus</title>
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				<pubDate>Sun, 12 Apr 2020 12:48:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Economie]]></category>
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				<description><![CDATA[Face à l’urgence d’apporter à l’Afrique une aide financière lui permettant de faire face à la pandémie, huit grand noms africains de la politique et de l’économie prennent à leur tour la parole pour appeler à une suspension immédiate du remboursement de la dette. Par Ngozi Okonjo-Iweala, Brahima Sangafowa Coulibaly, Tidjane Thiam, Donald Kaberuka, Vera...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/sipa_ap22440673_000004-592x296.jpg" alt="" class="wp-image-16179" width="717" height="359" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/sipa_ap22440673_000004-592x296.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/sipa_ap22440673_000004-592x296-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 717px) 100vw, 717px" /><figcaption> Des soignants, à Harare, au Zimbabwe , le 21 mars 2020, en pleine épidémie de coronavirus. Photo d&rsquo;illustration. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA </figcaption></figure>



<p><strong>Face à l’urgence d’apporter à l’Afrique une aide financière lui permettant de faire face à la pandémie, huit grand noms africains de la politique et de l’économie prennent à leur tour la parole pour appeler à une suspension immédiate du remboursement de la dette.</strong></p>



<p><strong>Par Ngozi Okonjo-Iweala, Brahima Sangafowa Coulibaly, Tidjane Thiam, Donald Kaberuka, Vera Songwe, Strive Masiyiwa, Louise Mushikiwabo et Cristina Duarte</strong></p>



<p>La propagation a d’abord été assez lente, mais aujourd’hui le Covid-19 se répand en Afrique d’une façon incroyablement rapide. À la date du 7 avril, plus de 7&nbsp;000 cas étaient identifiés et on comptait déjà 294 morts dans 45 pays. Le continent doit recevoir plus d’aide, il y a urgence, faute de quoi le virus continuera à tracer sa route, mortelle et impitoyable, avec les sombres conséquences que nous connaissons tant sur les plans sanitaire qu’économique. La première mesure que nous appelons de nos vœux est donc un allègement immédiat de la dette des États africains, afin de donner à leurs gouvernements la marge de manœuvre fiscale qui leur permettra de combattre la pandémie.</p>



<p>Il faut tenir compte du fait que la lutte contre le Covid-19 se heurte à plus de difficultés en Afrique que dans bien d’autres parties du monde. L’accès à des soins médicaux de qualité demeure limité sur le continent, même si plusieurs pays ont récemment fait des efforts dans ce domaine. Un tiers des Africains ne peut pas se laver les mains régulièrement, faute d’accès à l’eau, et les équipements de réfrigération qui permettent de stocker dans des conditions satisfaisantes aliments et médicaments sont absents de bien des foyers, rendant intenables les mesures de confinement.</p>



<p>Des millions de travailleurs, enfin, se trouvent aujourd’hui fragilisés, soit parce qu’ils n’ont accès à internet que de manière aléatoire, ce qui complique toute forme de télétravail, soit parce que la situation les prive de tout revenu, même modeste.</p>



<h4>Détermination</h4>



<p>Malgré tous ces obstacles, les gouvernements africains répondent au Covid-19 avec détermination, certains en décrétant l’état d’urgence, d’autres en imposant des mesures de distanciation sociale ou de quarantaine, en restreignant la liberté de déplacement ou les rassemblements. Les entreprises privées, la société civile, beaucoup d’organisations populaires se joignent elles aussi à la lutte, dans la mesure de leurs moyens.</p>



<p>L’Union africaine, pour sa part, a mis sur pied une stratégie commune à l’échelle continentale et une task force chargée de coordonner les efforts de ses États membres et de leurs partenaires, afin de faire en sorte qu’une synergie se crée et que la propagation du virus soit la plus faible possible. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est, elle aussi, très impliquée dans l’assistance aux gouvernements africains.</p>



<p>Mais la clé de tout demeure l’accès aux ressources.</p>



<p>L’Afrique a besoin d’un premier soutien financier de 100 milliards de dollars, qui permettrait de compenser la chute rapide des recettes publiques dues à l’effondrement du prix des matières premières, des échanges commerciaux et des flux touristiques, conséquence directe de la pandémie. Et ce d’autant plus que, parallèlement, les investisseurs ont retiré leurs fonds de tous les placements à risque, ce qui a mécaniquement fait bondir le prix de l’argent sur les marchés financiers, faisant des emprunts sur ces marchés des solutions peu viables.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>À PLUS LONGUE ÉCHÉANCE, LES BESOINS EN FINANCEMENT DU CONTINENT POURRAIENT ATTEINDRE 200 MILLIARDS DE DOLLARS</p></blockquote>



<p>Il n’est donc guère surprenant que les premières mesures de soutien financier annoncées par les gouvernements africains ne représentent, pour l’heure, qu’un maigre 0,8 % de leur PIB, soit le dixième des montants débloqués par les autorités des pays riches. Et n’oublions pas que les 100 milliards évoqués ici ne représentent qu’une aide à court terme. À plus longue échéance, les besoins en financement du continent pourraient atteindre 200 milliards de dollars.</p>



<p>D’autres institutions, internationales et régionales, se sont aussi portées au secours des responsables nationaux. La Banque africaine de développement (BAD) a récemment émis pour 3 milliards de dollars de bons spéciaux « Covid-19 », et l’African Export-Import Bank (Afreximbank) a accordé 3 autres milliards de facilités de crédit.</p>



<h4>Pénurie de ressources</h4>



<p>Le G20, de son côté, a récemment appelé ses membres à mettre en place des mesures collectives et coordonnées afin d’aider les pays les plus vulnérables, promettant une mise à disposition immédiate de fonds et appelant ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales à élaborer un plan d’action. D’autres organisations encore, telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Agence des États-Unis pour le développement international, le Fonds mondial ou le Gavi, ont annoncé des plans d’aide aux pays en développement. L’empressement avec lequel les gouvernements africains ont accueilli toutes ces promesses illustre bien la pénurie de ressources à laquelle ils sont confrontés.</p>



<p>Ces efforts sont louables mais, hélas, le monde n’en fait pas encore assez pour aider l’Afrique à affronter cette crise. C’est pourquoi nous apportons notre soutien vigoureux à l’appel urgent lancé par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale : il faut un allègement bilatéral de la dette des pays à faible revenu. Plus encore, nous pensons que ces mesures devraient s’accompagner d’allègements comparables sur les dettes privées et commerciales, qui représentent aujourd’hui une part substantielle de l’argent que doivent beaucoup de pays africains.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>NOUS APPELONS À UNE SUSPENSION DE DEUX ANS DU REMBOURSEMENT DE TOUTES LES DETTES EXTÉRIEURES</p></blockquote>



<p>Et parce que le temps nous est compté, nous appelons à une suspension de deux ans du remboursement de toutes les dettes extérieures, qu’il s’agisse du paiement des intérêts ou de la dette elle-même. Le but étant que, durant cette parenthèse de deux ans, le G20 charge le FMI et la Banque mondiale de bâtir un plan qui permette de rendre la dette soutenable, mais aussi d’envisager de la restructurer, lorsque cela paraîtra approprié.</p>



<p>Cet allègement de la dette devrait aussi s’appliquer aux pays à revenu moyen, qui subissent aujourd’hui une fuite des capitaux et un alourdissement considérable des sommes dues à leurs créanciers. L’évaluation de la soutenabilité de la dette de ces États ne doit pas s’appuyer seulement sur le ratio, classique, entre leur dette et leur PIB, mais tenir compte aussi du poids que représente le paiement de la dette en regard des recettes publiques. Beaucoup de pays à revenu moyen consacrent actuellement 20 % ou plus de leurs revenus au remboursement de leur dette, au détriment du financement de secteurs aussi vitaux que l’éducation, la santé ou la construction d’infrastructures.</p>



<h4>Renforcement de la protection sociale</h4>



<p>Grâce à cet allègement de leur dette, les gouvernements africains devraient quant à eux concentrer leurs efforts sur la protection des populations les plus vulnérables et sur le renforcement des systèmes de protection sociale. Comme d’autres gouvernements ailleurs dans le monde, ils devraient aussi apporter leur soutien au secteur privé, notamment aux petites et moyennes entreprises. C’est-à-dire concrètement verser à ces entreprises ce qui leur est dû, veiller à ce que les flux monétaires ne soient pas interrompus afin d’éviter l’émergence d’une crise économique et bancaire qui viendrait s’ajouter à la crise actuelle et en prolonger les effets.</p>



<p>Toutes les mesures énoncées ici aideront à sauver des emplois. Si cela n’est pas fait, l’Afrique pourrait affronter une catastrophe humaine et économique sans précédent et se voir plongée dans une instabilité politique et sociale dont les conséquences seraient plus graves encore.</p>



<p>La pandémie de Covid-19 a mis en évidence combien nous sommes tous interconnectés, nous a rappelé que le destin de tous les pays sont étroitement liés les uns aux autres. La solidité du système de santé mondial n’est que celle de son maillon le plus faible : malgré tous les efforts nationaux, la pandémie ne pourra être considérée comme vaincue dans un pays que lorsqu’elle aura été vaincue partout.</p>



<p>Au-delà des réponses urgentes, nécessaires, cette pandémie, avec ses conséquences économiques, met en évidence la nécessité de travailler à long terme pour renforcer les systèmes de santé de l’Afrique, diversifier son économie et ses sources de revenus. Ces objectifs ne valent pas uniquement pour le continent, ils doivent devenir une priorité pour le monde entier.</p>



<p><strong>Ngozi Okonjo-Iweala</strong>, membre de l’Africa Growth Initiative (Brookings Institution), ancienne ministre des Finances du Nigeria et directrice générale de la Banque mondiale<br><strong>Brahima Sangafowa Coulibaly</strong>, directeur de l’Africa Growth Initiative (Brookings Institution), ancien chief economist de la Réserve fédérale américaine<br><strong>Tidjane Thiam</strong>, membre du Council on Foreign Relations (Etats-Unis), ancien directeur général de Crédit Suisse<br><strong>Donald Kaberuka</strong>, membre du comité de direction du Fonds mondial, ancien président de la Banque africaine de développement<br><strong>Vera Songwe</strong>, membre de l’Africa Growth Initiative (Brookings Institution), secrétaire exécutive de la Commission Économique pour l’Afrique (CEA) des Nations-Unies<br><strong>Strive Masiyiwa</strong>, fondateur et directeur exécutif d’Econet Global, philanthrope<br><strong>Louise Mushikiwabo</strong>, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), ancienne ministre des Affaires étrangères de Rwanda<br><strong>Cristina Duarte</strong>, ancienne ministre des Finances du Cap-Vert</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>L&#8217;Afrique sollicite le soutien du FMI, de la Banque mondiale et de l&#8217;UE pour l&#8217;allégement de la dette &#8211; UNECA</title>
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				<pubDate>Wed, 01 Apr 2020 20:54:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Les ministres des finances africains souhaitent que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l&#8217;UE soutiennent l&#8217;allégement de la dette bilatérale, multilatérale et commerciale dans le contexte de la crise des coronavirus, a déclaré la Commission économique des Nations Unies pour l&#8217;Afrique (CEA). L&#8217;Afrique est confrontée à une tempête parfaite d&#8217;un ralentissement économique mondial...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/fmi-3.jpg" alt="" class="wp-image-12603" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/fmi-3.jpg 1000w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/fmi-3-300x184.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/12/fmi-3-768x471.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>FMI </figcaption></figure>



<p><strong>Les ministres des finances africains souhaitent que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l&rsquo;UE soutiennent l&rsquo;allégement de la dette bilatérale, multilatérale et commerciale dans le contexte de la crise des coronavirus, a déclaré la Commission économique des Nations Unies pour l&rsquo;Afrique (CEA).</strong></p>



<p>L&rsquo;Afrique est confrontée à une tempête parfaite d&rsquo;un ralentissement économique mondial imminent, la chute des prix du pétrole et des matières premières et des devises plus faibles qui menacent de mettre en péril sa réponse aux coronavirus.</p>



<p>Coprésidé par le ministre sud-africain des Finances Tito Mboweni et Ken Ofori-Atta du Ghana, les ministres se sont rencontrés mardi par vidéoconférence.&nbsp;Beaucoup portaient des masques médicaux, a indiqué l&rsquo;UNECA, qui a accueilli la réunion.</p>



<p>« L&rsquo;appel à l&rsquo;allégement de la dette &#8230; devrait être pour toute l&rsquo;Afrique et devrait être entrepris de manière coordonnée et collaborative », a déclaré la CEA dans un communiqué.</p>



<p>Lors d&rsquo;une première réunion organisée par la CEA le mois dernier, les ministres ont appelé à un plan de relance de 100 milliards de dollars, y compris une suspension des paiements du service de la dette. </p>



<p>Après la réunion de mardi, ils ont déclaré que les partenaires au développement du continent devraient envisager un allégement de la dette et une abstention des taux d&rsquo;intérêt sur une période de deux à trois ans pour tous les pays africains à faible revenu et à revenu intermédiaire.</p>



<p>Ils ont également appelé à la création d&rsquo;un véhicule à vocation spéciale pour «s&rsquo;acquitter de toutes les obligations de dette souveraine», mais aucun détail n&rsquo;a été donné quant à la forme qu&rsquo;il prendrait.</p>



<p>Les cas confirmés de coronavirus en Afrique avaient atteint au moins 5 300 mardi, avec plus de 170 décès enregistrés, selon un décompte de Reuters.</p>



<p><strong>Source: Reuters Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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