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	<title>detention de Nabil Karoui &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Tunisie – Nabil Karoui : dix millions ou la prison</title>
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				<pubDate>Tue, 09 Mar 2021 16:15:06 +0000</pubDate>
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<p><strong>En détention préventive depuis le 24 décembre, Nabil Karoui attend le 10 mars que la justice se prononce sur sa libération provisoire sous caution.</strong></p>



<p>Le 24 février, le juge d’instruction a rendu une décision favorable à la mise en liberté provisoire sous caution de&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1095902/politique/tunisie-nabil-karoui-de-retour-a-la-case-prison/">l’homme d’affaires Nabil Karoui</a>. Aussitôt le procureur général a interjeté appel, tandis que le grand public s’étonne de cette procédure. Il ignorait que la liberté provisoire sous caution était une disposition prévue dans le code pénal tunisien.</p>



<p>«&nbsp;À force de regarder des séries américaines, je pensais même que c’était une mesure valable uniquement dans le système judiciaire anglo-saxon&nbsp;», commente une militante de Qalb Tounes, parti fondé par Nabil Karoui.</p>



<h4>Dix millions de dinars</h4>



<p>« La liberté provisoire sous caution a été souvent demandée, mais sans tapage médiatique », précise un avocat, qui rappelle qu’elle avait profité à Youssef Mimouni dans l’affaire de corruption dite du Grand bleu dont il est sorti blanchi en 2013. Mais il confie que le montant d’une caution est en général élevé et reste hors de portée de certains prévenus. Il ne s’agit pas d’une sélection par l’argent mais d’une démarche qui concerne surtout les crimes en col blanc ou du moins ceux où la récidive est improbable.</p>



<p>Celle de Nabil Karoui a été fixée à dix millions de dinars, soit un peu plus de trois millions d’euros. Un montant exorbitant, qui n’a jamais été réclamé dans l’histoire de la justice tunisienne. Une somme que les proches de l’homme politique tentent de rassembler : «&nbsp;Les comptes et les biens de Nabil Karoui et de sa famille sont gelés par la justice, il n’y a donc pas accès sans compter qu’il est peu vraisemblable qu’il possède une telle somme&nbsp;», explique un membre du parquet.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>LA FAMILLE DE NABIL KAROUI FAIT LE TOUR DES BANQUES POUR RASSEMBLER LE MONTANT EXORBITANT DE SA CAUTION</p></blockquote>



<p>Mais Oussema Khlifi, président du bloc parlementaire de Qalb Tounes, comme pour anticiper les critiques sur l’origine des fonds, a expliqué que la famille de Nabil Karoui « fait le tour des banques pour rassembler le montant exorbitant de sa caution ».</p>



<p>Une aubaine pour un État&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1056469/societe/tunisie-la-pandemie-plombe-leconomie-consequences-sociales-desastreuses/">dont les caisses sont vides</a>, mais aussi des tracas pour ceux qui participeraient à exprimer leur amitié à Nabil Karoui en avançant des fonds. «&nbsp;On n’est jamais à l’abri d’un contrôle fiscal téléguidé par le pouvoir ou un rival politique qui a le bras long&nbsp;», remarque un industriel qui se garde de toute visibilité partisane.</p>



<h4>Passeport confisqué</h4>



<p>Dans le camp de l’homme d’affaires, personne ne s’enthousiasme.&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/819862/politique/tunisie-polemique-et-indignation-apres-larrestation-de-nabil-karoui/">Tous ont en mémoire l’émission d’un mandat de dépôt par la chambre d’accusation lors de la première arrestation de Nabil Karoui, en août 2019,</a>&nbsp;alors qu’elle était interpellée par la défense sur un tout autre sujet. «&nbsp;Il a fallu un constat de nullité absolue de ce mandat de dépôt pour lever l’incarcération de Nabil Karoui&nbsp;», se rappelle son avocat, Nazih Souii, qui fait la part des choses. Cette fois, il estime que «&nbsp;le juge instructeur a considéré que Nabil Karoui ne représentait pas de danger pour autrui ni pour lui-même&nbsp;».</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>TOUT A ÉTÉ FAIT POUR FAIRE CULPABILISER LA JUSTICE</p></blockquote>



<p>Après sa première interpellation, Karoui assénait qu’il ne risquait pas de fuir avec un passeport confisqué et des avoirs intégralement bloqués. Son défenseur va plus loin et assure que les poursuites pour évasion fiscale sont infondées vu que l’ancien patron de Nessma TV a fait entrer des devises en Tunisie – et non le contraire -, et que le blanchiment d’argent, pour lequel Karoui est également poursuivi, n’est pas prouvé.</p>



<p>À 24 heures de l’audience, aucune information ne filtre sur la collecte des dix millions de dinars et de son versement au Trésor public. Certains prévoient encore des rebondissements dans l’affaire Karoui : «&nbsp;Tout a été fait pour faire culpabiliser la justice en laissant entendre que l’absence de mesures prises contre Nabil Karoui relevaient de la corruption&nbsp;», constate un politologue, qui déplore un climat peu serein et la manière dont les politiques tentent d’influer sur le cours de la justice.</p>



<p>Nabil Karoui fait l’objet d’une plainte pour blanchiment d’argent et évasion fiscale déposée par l’association tunisienne anticorruption « I Watch ». En juillet 2019, le juge d’instruction du pôle financier <a href="https://www.jeuneafrique.com/801093/societe/tunisie-nabil-karoui-interdit-de-voyager-et-ses-avoirs-geles-denonce-une-une-honte-pour-letat-de-droit/">lui avait signifié le gel de ses avoirs, accompagné d’une interdiction de sortie du territoire</a>.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Tunisie : l&#8217;élection présidentielle risque d&#8217;être invalidée</title>
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				<pubDate>Sat, 28 Sep 2019 21:29:17 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/19421667lpw-19421752-article-jpg_6536818_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-9850" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/19421667lpw-19421752-article-jpg_6536818_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/19421667lpw-19421752-article-jpg_6536818_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<h4>Du fait de la détention depuis cinq semaines de Nabil Karoui, l&rsquo;Instance électorale ne cache plus ses craintes d&rsquo;une annulation des résultats par le tribunal administratif, la loi obligeant à une «&nbsp;égalité des chances entre les candidats&nbsp;».</h4>



<p>«&nbsp;Je suis favorable à sa libération. Je l&rsquo;ai demandée aux autorités, nous organisons actuellement des élections avec un candidat en prison&nbsp;», a mis en garde le président de&nbsp;l&rsquo;Instance supérieure indépendante pour les élections&nbsp;(ISIE), Nabil Baffoun, évoquant le sort du candidat Karoui. Les membres de l&rsquo;Instance électorale montent au front médiatique face aux risques de contestation des résultats du second tour. Le tribunal administratif pourrait rendre un jugement invalidant le scrutin pour non-respect de la loi. Ce qui équivaudrait à un retour à la case départ. Situation aggravante&nbsp;: l&rsquo;actuel président de la République par intérim,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/tunisie-mohamed-ennaceur-president-par-interim-25-07-2019-2326790_3826.php">Mohamed Ennaceur</a>, doit quitter ses fonctions le&nbsp;24&nbsp;octobre. Son intérim ne peut excéder les quatre-vingt dix jours après la mort du précédent président,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/beji-caid-essebsi">Béji Caïd Essebsi</a>. En l&rsquo;absence d&rsquo;une cour constitutionnelle, par la faute des guerres politiciennes entre partis au pouvoir depuis 2015, les institutions politiques tunisiennes sont au bord de la paralysie.</p>



<h4>Le dossier Karoui&nbsp;: «&nbsp;l&rsquo;instruction n&rsquo;en est qu&rsquo;à son début&nbsp;»</h4>



<p>Depuis son arrestation à grand spectacle, à un péage d&rsquo;autoroute, Nabil Karoui dort en prison.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/exclusif-tunisie-nabil-karoui-si-je-ne-suis-pas-libere-quel-sens-auraient-ces-elections-18-09-2019-2336560_3826.php">Il a décrit au «&nbsp;Point&nbsp;» les conditions de sa détention</a>&nbsp;et le coût politique de sa mise à l&rsquo;écart. Il ne peut faire campagne, ne peut se réunir avec ses équipes. Plusieurs candidats du premier tour on demandé sa libération (Selma Elloumi, Neji Jalloul, Abdelkarim Zbidi…). La Ligue Tunisienne des Droits de l&rsquo;Homme lui a rendu visite à la prison de La Monarguia ainsi que la mission d&rsquo;observation de l&rsquo;Union européenne. L&rsquo;homme d&rsquo;affaires, suspecté de blanchiment d&rsquo;argent, a désormais le statut de prisonnier politique. Sans condamnation, il demeure candidat. Un de ses avocats précise que «&nbsp;l&rsquo;affaire a été confiée au premier juge d&rsquo;instruction du pôle financier&nbsp;». Qui a auditionné «&nbsp;Nabil et Ghazi Karoui durant un an&nbsp;». De témoins, les frères sont devenus des inculpés. «&nbsp;Trois experts judiciaires ont été désignés pour examiner les centaines de documents fournis par la défense&nbsp;» précise Omar Labiadh. Il précise, fait important, que «&nbsp;l&rsquo;instruction n&rsquo;en est qu&rsquo;à son début&nbsp;».</p>



<h4>Un chaos politique qui ne dit pas encore son nom</h4>



<p>L&rsquo;inquiétude grandit quand à l&rsquo;avenir proche de la transition démocratique. Le risque d&rsquo;une Assemblée ingouvernable, sans coalition possible, ajouté à une annulation des résultats présidentiels, engendrerait une situation périlleuse pour la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/tunisie">Tunisie</a>. Qui dirigera&nbsp;? Faudra-t-il revoter sous six mois&nbsp;? Si les députés ne parviennent à élire un président du gouvernement d&rsquo;ici mars, le président de la république devra reconvoquer les Tunisiens aux urnes. Mais quel président&nbsp;? Si le tribunal administratif annule l&rsquo;élection, la situation institutionnelle virera à l&rsquo;imbroglio. Dans le contexte politique abrasif, entre règlements de comptes entre le chef du gouvernement et le ministre de la défense, au point que ce dernier n&rsquo;a pas assisté au dernier conseil des ministres, quelle autorité aura la sagesse nécessaire pour calmer les ardeurs&nbsp;? La formule est un cliché mais elle prend tout son sens&nbsp;: «&nbsp;la semaine de tous les dangers pour la Tunisie démocratique&nbsp;».</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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