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	<title>democratie &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<title>democratie &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Des hauts et des bas pour la démocratie en Afrique</title>
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				<pubDate>Mon, 27 Dec 2021 19:34:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<p><strong>Aux yeux de certains experts, l&rsquo;année 2021 pourrait rappeler la période des années 70 et 90 avec de nombreux&nbsp;</strong><a href="https://www.dw.com/fr/guinee-militaires-coup-d-etat-alpha-conde/a-59104708"><strong>épisodes sombres de coups d’Etat.</strong></a></p>



<p>Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont connu une détérioration de la démocratie avec des putschs. L’Afrique centrale aussi a connu une succession anticonstitutionnelle après la mort au Tchad du président&nbsp;Idriss Deby.&nbsp;</p>



<p><em>« La bonne nouvelle pour l’Afrique, c’est que&nbsp;c’est différent des années soixante-dix et quatre-vingt. Les Africains ne se soumettent plus à de tels actes, ni encore moins, les acceptent. Au Soudan, par exemple, après le putsch militaire, il y a eu des manifestations contre la junte »</em>, dit Christopher Fomunyoh, expert en gouvernance à National Democratic Institute, une ONG américaine. Pour lui, les peuples des pays ayant connu des coups d’Etat ont eu quand même le courage de le dénoncer, ce qui est différent des années 70 et 80.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><a href="https://www.dw.com/fr/des-hauts-et-des-bas-pour-la-d%C3%A9mocratie-en-afrique/a-60263307#"><img src="https://static.dw.com/image/58251752_404.jpg" alt="Des manifestaions en Afrique du Sud contre l'arrestaion de Jacob Zuma " width="554" height="311"/></a><figcaption> Des manifestaions en Afrique du Sud contre l&rsquo;arrestaion de Jacob Zuma </figcaption></figure></div>



<p>Robert Kyagulanyi, le chanteur ougandais, largement connu sous le nom de Bobi Wine, candidat malheureux à la présidentielle de janvier 2021 dans son pays, exprime de son côté&nbsp;un sentiment d’amertume. Son pays sombre, selon lui, de plus en plus dans la répression :</p>



<p><em>« C’était l’enfer. Depuis les élections, nous sommes face à un défi énorme, car ce scrutin fut le plus frauduleux qu’a connu l’Ouganda dans son histoire. Il y a eu trop de persécution&nbsp;contre les partisans de mon parti.</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><a href="https://www.dw.com/fr/des-hauts-et-des-bas-pour-la-d%C3%A9mocratie-en-afrique/a-60263307#"><img src="https://static.dw.com/image/58725945_404.jpg" alt="Des jeunes opposants manifestent à Lusaka en Zambie " width="542" height="304"/></a><figcaption> Des jeunes opposants manifestent à Lusaka en Zambie </figcaption></figure></div>



<p>Si certains pays ont connu des manifestations contre les dérives dictatoriales, d’autres ont au contraire affirmé leur maturité démocratique à travers des élections jugées libres et transparentes, à l’exemple de la Zambie.&nbsp;</p>



<p><em>« Je crois que les efforts d’une société civile africaine dynamique, le désir des jeunes gens qui veulent une bonne gouvernance, ainsi que les efforts des partenaires occidentaux, aideront dans la consolidation de la démocratie en Afrique en 2022 »,&nbsp;</em>explique&nbsp;Christopher Fomunyoh, qui&nbsp;estime par ailleurs&nbsp;qu’il y a une lueur d’espoir pour l’année 2022 en matière de démocratie sur le continent.</p>



<p>L’Union Africaine, longtemps critiquée pour son silence après des violations des règles démocratiques sur le continent, a cette fois été félicitée pour sa réaction face à certaines situations, notamment au Soudan, en suspendant le pays de l’organisation après le coup d’état du 25 octobre 2021.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Source: Deutsche Welle Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>« L’Etat de droit et la démocratie : tel est le trésor que le peuple béninois doit se voir restituer »</title>
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				<pubDate>Mon, 01 Nov 2021 18:59:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afrique de l'ouest]]></category>
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				<description><![CDATA[Si la République du Bénin va enfin pouvoir récupérer des œuvres majeures de son patrimoine culturel dont elle fut spoliée des décennies durant, ce n’est pas tant le « trésor de Béhanzin » qui retient l’attention de la société civile, des journalistes politiques et des défenseurs des droits humains. Ces derniers s’inquiètent plutôt du sort d’un autre trésor sévèrement menacé au...]]></description>
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<p><strong>Si la République du </strong><a href="https://www.lemonde.fr/benin/"><strong>Bénin</strong></a><strong> va enfin pouvoir récupérer des œuvres majeures de son patrimoine culturel dont elle fut spoliée des décennies durant, ce n’est pas tant le </strong><em><strong>« trésor de Béhanzin »</strong></em><strong> qui retient l’attention de la société civile, des journalistes politiques et des défenseurs des droits humains. Ces derniers s’inquiètent plutôt du sort d’un autre trésor sévèrement menacé au Bénin : celui des valeurs des droits humains, de l’Etat de droit et de la démocratie. Le peuple béninois doit se les voir restituer en urgence.</strong></p>



<p>Derrière le décorum qui met à l’honneur des valeurs de justice, d’amitié et de respect mutuel dans les relations entretenues entre le Bénin et la France, et qui colorent les préparatifs des cérémonies de ces restitutions tant attendues, on entrevoit un paysage bien plus sinistre.</p>



<p>Dans le pays de l’ancien royaume d’Abomey, une chasse aux sorcières est à l’œuvre. Les opposants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les intellectuels y sont arrêtés, sans mandat, sans motif, et sans juge, et détenus de manière cruelle. Ils n’ont commis ni crime, ni délit, mais ont osé exprimer une opinion dissidente, formuler une critique du régime, ou manifester leur intérêt pour participer activement à la vie politique.</p>



<p>Les voilà censurés, enfermés, menacés, par un gouvernement complexé et inquiet, qui jalouse, plus que tout, le monopole du pouvoir, le dogme du chef, et les dérives autoritaires. Entre les mains de leurs geôliers, ces intellectuels et dissidents sont exposés à l’arbitraire, dans le seul et unique but de les briser, socialement, politiquement et psychologiquement.</p>



<h2>Un autre type de cérémonie</h2>



<p>Nous appelons chaque acteur, qu’il soit président, ministre, diplomate, conservateur de musée, journaliste, étudiant, impliqué ou observant ces cérémonies, à ne pas les oublier et même à les soutenir, et à solliciter, avec tact, force, insistance, la restitution du trésor de l’Etat de droit au Bénin. Cela exige à tout le moins d’organiser un autre type de cérémonie, à laquelle la communauté internationale peut contribuer : la libération des opposants politiques au Bénin.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Eswatini : le roi Mswati III soupçonné d’avoir fui le pays en pleine révolte pro-démocratie</title>
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				<pubDate>Wed, 30 Jun 2021 11:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Le royaume d’Eswatini, dernière monarchie absolue d’Afrique, a annoncé mardi l’instauration d’un couvre-feu tandis que l’armée a été déployée pour réprimer des manifestations pro-démocratie. Le roi est accusé d’avoir fui le pays. Les manifestations sont rares en Eswatini, où les partis politiques sont d’ailleurs interdits. Mais ces dernières semaines, de violentes manifestations ont éclaté dans...]]></description>
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<p><strong>Le royaume d’Eswatini, dernière monarchie absolue d’Afrique, a annoncé mardi l’instauration d’un couvre-feu tandis que l’armée a été déployée pour réprimer des manifestations pro-démocratie. Le roi est accusé d’avoir fui le pays.</strong></p>



<p>Les manifestations sont rares en Eswatini, où les partis politiques sont d’ailleurs interdits. Mais ces dernières semaines, de violentes manifestations ont éclaté dans certaines régions de<a href="https://www.jeuneafrique.com/553001/politique/swaziland-le-roi-mswati-iii-rebaptise-son-pays-eswatini/">&nbsp;ce pays d’Afrique australe</a>. «&nbsp;Les événements de ces derniers jours ont été assez alarmants et contrariants, a bien été contraint de concéder le Premier ministre, Themba Masuku. Nous avons été témoins de violences dans plusieurs parties du pays, perpétrées par une foule incontrôlable, avec des personnes attaquées et des biens détruits. Les forces de sécurité sont sur le terrain pour maintenir la loi et l’ordre.&nbsp;»</p>



<h4>«&nbsp;Les militaires sont dans les rues&nbsp;»</h4>



<p>Le gouvernement a néanmoins invoqué la hausse des cas de contaminations par le coronavirus pour imposer un couvre-feu de 18h locales à 5h. Des témoins dans les deux principales villes, Manzini et Mbabane, ont rapporté avoir vu des soldats patrouiller dans les rues, où les manifestants avaient brûlé des pneus et caillassé des voitures. Plusieurs sources ont également fait état de pillages et d’incendies à Matsapha, une zone commerciale à l’ouest de Manzini.</p>



<p>«&nbsp;Les militaires sont dans les rues&nbsp;», a déclaré Lucky Lukhele, porte-parole du réseau associatif Swaziland Solidarity Network. «&nbsp;Hier (lundi), c’était la pire nuit jamais vue, un jeune homme a été abattu à bout portant par l’armée, et certains sont à l’hôpital au moment où nous parlons&nbsp;», a poursuivi Lucky Lukhele. Selon Wandile Dludlu, secrétaire général du Front démocratique uni du Swaziland (SUDF), le roi «&nbsp;Mswati a lâché hier des soldats et des policiers armés sur des civils non armés&nbsp;». Plus de 250 manifestants ont été blessés par balles, par des fractures et des chocs, a-t-il ajouté.</p>



<h4>Mswati III en Afrique du Sud ?</h4>



<p>Le Premier ministre avait auparavant nié les rumeurs selon lesquelles le roi Mswati III aurait fui. Le Parti communiste accuse le monarque d’avoir quitté le pays à bord d’un jet privé pour rejoindre l’Afrique du Sud. Le souverain est «&nbsp;dans le pays et continue à gouverner&nbsp;», a déclaré le chef du gouvernement.</p>



<p>La semaine dernière, les autorités avaient interdit les manifestations, et le chef de la police, William Dlamini, avait prévenu que ses hommes feraient preuve d’une «&nbsp;tolérance zéro&nbsp;». Le Parti communiste a estimé dans un communiqué que le royaume était «&nbsp;à un moment crucial dans la longue lutte pour se débarrasser de la monarchie autocratique&nbsp;». «&nbsp;Les gens en ont assez&nbsp;», ajoute le texte.</p>



<p>Couronné en 1986 à l’âge de 18 ans, Mswati III, qui a 15 femmes et plus de 25 enfants, est décrié pour sa poigne de fer, ses frasques et son train de vie fastueux dans un pays dont les deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. En 2019, une série de grèves des fonctionnaires, accusant le monarque de vider les caisses du pays au détriment de ses sujets, avait déjà secoué le royaume.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Mali et RDC : les populations attendent toujours les vraies ruptures</title>
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				<pubDate>Wed, 17 Feb 2021 18:20:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[Le Mali et la République démocratique du Congo (RDC) font  partie de ces nombreux États africains qui ont célébré le soixantième anniversaire de leur indépendance en 2020. Ils comptent ainsi parmi les plus jeunes États du monde et se considèrent tous deux comme étant des démocraties, ou du moins sur la voie de la démocratisation. Depuis leurs indépendances,...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21343774lpw-21343782-article-jpg_7711589_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-21329" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21343774lpw-21343782-article-jpg_7711589_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21343774lpw-21343782-article-jpg_7711589_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /><figcaption>Manifestation de soutien au Comité national pour le salut du peuple à Bamako, le 8 septembre 2020. 
© Michele Cattani/AFP</figcaption></figure>



<p>    <strong>Le Mali et la République démocratique du </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/congo"><strong>Congo</strong></a><strong> (RDC) font</strong>  <strong>partie de ces nombreux États africains qui ont célébré le soixantième anniversaire de leur indépendance en 2020. Ils comptent ainsi parmi les plus jeunes États du monde et se considèrent tous deux comme étant des démocraties, ou du moins </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://core.ac.uk/download/pdf/224215581.pdf" target="_blank"><strong>sur la voie de la démocratisation</strong></a><strong>. Depuis leurs indépendances, la formation de ces deux États a été affectée par plusieurs crises politiques. Tous deux ont notamment connu un coup d&rsquo;État dans les années 1960 suivi d&rsquo;une longue dictature jusque dans les années 1990. Ensuite, il y a eu une longue transition démocratique qui a continuellement été fragilisée par la guerre, l&rsquo;autoritarisme, de nouveaux coups d&rsquo;État, de l&rsquo;ingérence étrangère, etc. Bien que très différents, ces deux pays peuvent beaucoup nous apprendre sur une question importante. Pourquoi les régimes dont l&rsquo;avènement a été nourri par une contestation populaire en faveur de plus de démocratie et d&rsquo;État de droit finissent-ils souvent par décevoir ?</strong></p>



<h4>Deux pays, des processus similaires</h4>



<p>En effet, le Mali vient d&rsquo;entamer une alternance politique en 2020&nbsp;après un&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20200819-mali-de-la-crise-politique-au-coup-d-%C3%A9tat-militaire" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coup d&rsquo;État</a>&nbsp;qui a&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20200821-mali-des-milliers-de-personnes-c%C3%A9l%C3%A8brent-le-coup-d-%C3%A9tat-%C3%A0-bamako" target="_blank" rel="noreferrer noopener">été largement soutenu</a>&nbsp;par une population insatisfaite de la manière dont le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a géré le pouvoir. Ce soutien de la population reposait sur un espoir de renouveau&nbsp;; mais, quelques mois plus tard, la&nbsp;<a href="https://malijet.com/actualite-politique-au-mali/editorial-journaux-mali/252471-edito-la-transition-caporalisee.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déception</a>&nbsp;est déjà palpable à travers tout le pays.</p>



<p>Il en est de même pour la RDC, qui a entamé une alternance politique en 2019&nbsp;après que le régime du président sortant,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/joseph-kabila">Joseph Kabila</a>, a proclamé Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle malgré la contestation de son adversaire Martin Fayulu, qui a&nbsp;<a href="https://www.bbc.com/afrique/region-46851384" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déposé un recours</a>&nbsp;devant la Cour constitutionnelle pour fraude électorale. Malgré ces graves soupçons de fraude, une bonne partie de la population, satisfaite du&nbsp;<a href="https://www.bbc.com/afrique/region-55233523" target="_blank" rel="noreferrer noopener">départ de Kabila après 18&nbsp;ans au pouvoir</a>, a pourtant soutenu Tshisekedi, espérant que son intronisation aboutirait à des changements positifs concrets dans la vie des gens. Mais plus d&rsquo;un an après son arrivée aux affaires, la&nbsp;<a href="https://actualite.cd/2020/01/24/lan-1-du-pouvoir-de-tshisekedi-kananga-lespoir-cede-la-place-la-deception" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déception</a>&nbsp;est là aussi notable.</p>



<h4>Les mêmes désillusions des populations</h4>



<p>Il apparaît que, au Mali comme en RDC, cette déception populaire s&rsquo;explique partiellement par le fait que les nouveaux régimes se sont associés à des élites issues des régimes anciens, avec qui les citoyens voulaient rompre définitivement. Il existe donc un net décalage entre, d&rsquo;une part, la rationalité radicale de la population qui, revendiquant plus de démocratie et d&rsquo;État de droit, parvient à contribuer au renversement des régimes autoritaires et, d&rsquo;autre part le pragmatisme des élites qui, pour gouverner, semblent dépendre du système précédent, mis en cause par les revendications populaires.</p>



<h4>Les populations veulent la rupture, les gouvernants n&rsquo;y arrivent pas</h4>



<p>Dans le cas du Mali tout d&rsquo;abord, les&nbsp;<a href="http://news.abamako.com/h/236138.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">manifestations</a>&nbsp;contre le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta s&rsquo;amplifient à partir de juin&nbsp;2020. La population réclame le départ du président à cause de son incapacité à mettre fin à la guerre et à améliorer les conditions socio-économiques. Ces contestations qui s&rsquo;ajoutent à d&rsquo;autres facteurs aboutissent au&nbsp;<a href="https://theconversation.com/la-chute-ineluctable-du-president-malien-ibrahim-boubacar-keita-144787" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coup d&rsquo;État du 18&nbsp;août 2020</a>, salué par une grande partie de la population. D&rsquo;ailleurs, dans leurs discours, les putschistes reprennent volontiers à leur compte les revendications populaires pour légitimer leur action. Mais, très vite, on constate que le nouveau pouvoir en place recourt à bon&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201204-mali-les-121-membres-du-conseil-national-de-transition-sont-connus" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nombre de représentants des élites du régime déchu</a>&nbsp;pour se consolider, par exemple des&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-le-gouvernement-de-transition-enfin-en-place-06-10-2020-2395022_3826.php">leaders</a>&nbsp;du parti Alliance démocratique au Mali – Parti Africain pour la solidarité et la justice au Mali (Adema-PASJ) ou encore le Rassemblement pour le Mali (RPM). Le discours du nouveau pouvoir tourne à la gestion quotidienne de l&rsquo;État sans plus faire allusion à la rupture avec le système ancien ni au changement des conditions de vie des gens. D&rsquo;où un rapide désenchantement de ceux-ci.</p>



<h4>Les maux persistent…</h4>



<p>Les critiques de la population envers l&rsquo;ancien régime portaient pour l&rsquo;essentiel sur la mauvaise gouvernance, le népotisme et la corruption, des maux devenus endémiques. C&rsquo;est dans ce contexte que sont organisées au printemps 2020&nbsp;des élections législatives dont les résultats vont être&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/940564/politique/mali-les-resultats-des-legislatives-contestes-par-la-rue/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">contestés</a>. Certes, le mécontentement populaire s&rsquo;est nourri des années de conflits, de précarité économique, de la crise scolaire et sanitaire. Mais l&rsquo;élément fondamental dans la volonté d&rsquo;en découdre avec l&rsquo;ancien régime fut la fraude électorale, perçue comme l&rsquo;incarnation de la corruption, de l&rsquo;injustice et de la gabegie des ressources de l&rsquo;État. Les critiques s&rsquo;adressaient non seulement à l&rsquo;ancien régime mais aussi à l&rsquo;ensemble de la classe politique malienne. Depuis 1991, celle-ci est quasiment constituée des mêmes acteurs, responsables ou comptables des résultats de plus de trois décennies de gouvernance démocratique.</p>



<h4>… à travers des arrangements politiques sans lendemain</h4>



<p>Dans le cas de la RDC, les&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2016-4-page-23.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">manifestations populaires contre le maintien au pouvoir du président Kabila</a>&nbsp;commencent en&nbsp;2014&nbsp;et s&rsquo;amplifient en 2018&nbsp;pour éviter une modification de la Constitution qui lui permettrait de se présenter pour un troisième mandat. Kabila n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que d&rsquo;organiser les élections, avec deux années de retard par rapport au calendrier prévu initialement. Il mise dans un premier temps sur la victoire de son dauphin Ramazani Shadary mais celui-ci n&rsquo;arrivera qu&rsquo;en troisième place. Il décide alors d&rsquo;offrir la victoire à un candidat de l&rsquo;opposition, Felix Tshisekedi, qui selon bon nombre d&rsquo;observateurs est arrivé en deuxième position, et avec lequel il passe un accord en rapport avec sa propre protection et un&nbsp;<a href="https://africanarguments.org/2019/01/drc-election-results-analysis-implausible" target="_blank" rel="noreferrer noopener">partage de pouvoir</a>.</p>



<p>Le nouveau président se met en&nbsp;<a href="https://theconversation.com/qui-detient-les-renes-du-pouvoir-en-republique-democratique-du-congo-152462" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coalition avec l&rsquo;ancien système</a>. Et lorsqu&rsquo;après un an et demi&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/07/rdc-felix-tshisekedi-annonce-la-fin-de-la-coalition-avec-joseph-kabila-et-se-cherche-une-nouvelle-majorite_6062470_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">il rompt sa coalition avec Kabila</a>, il se rallie à d&rsquo;<a href="https://www.voaafrique.com/a/un-s%C3%A9nateur-d%C3%A9sign%C3%A9-pour-identifier-une-nouvelle-majorit%C3%A9-pro-tshisekedi/5721090.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">anciens dignitaires</a>&nbsp;de ce dernier – un ralliement&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1098198/politique/rdc-martin-fayulu-refuse-de-se-rallier-a-l-union-sacree-de-tshisekedi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">très mal vu</a>&nbsp;par une grande partie de la population. Depuis le début du processus de démocratisation, qui a démarré en RDC en 1990, la population a vu la cooptation des élites de régime en régime. Une pratique qui suscite l&rsquo;exaspération.</p>



<h4>Les anciens responsables pas loin des manettes du pouvoir</h4>



<p>La&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-constitutionnel-2008-3-page-499.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">composition de la classe politique</a>&nbsp;au Mali et en RDC dénote un certain pragmatisme des élites. Depuis 1990, on l&rsquo;a dit, les nouveaux régimes s&rsquo;entendent avec les membres des anciens pour diriger.</p>



<p>Le Mali fut ainsi gouverné, de&nbsp;1992&nbsp;à 2002, par&nbsp;<a href="http://bamada.net/depart-et-retour-de-ladema-pasj-au-pouvoir-le-mea-culpa-simpose" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Adema-PASJ</a>. Par la suite,&nbsp;<a href="https://theconversation.com/amadou-toumani-toure-trajectoire-dun-general-qui-naimait-pas-la-guerre-150218" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Amadou Toumani Touré</a>&nbsp;formalise également durant ses deux mandats, de&nbsp;2002&nbsp;à 2011, une forme consensuelle de gestion du pouvoir, associant ses adversaires politiques et associations. On assiste à la même tendance depuis le coup d&rsquo;État de 2012&nbsp;: après sa prise de pouvoir, IBK s&rsquo;est associé à d&rsquo;anciennes élites de l&rsquo;Adema-PASJ.</p>



<p>En RDC, l&rsquo;entourage de l&rsquo;actuel président Félix Tshisekedi est composé d&rsquo;anciens opposants de&nbsp;<a href="https://www.refworld.org/docid/5b9b61d87.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Union pour la démocratie et le progrès social</a>&nbsp;(UDPS), parmi lesquels figurent de nombreuses anciennes élites du&nbsp;<a href="https://www.refworld.org/docid/3df4bf0110.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mouvement populaire de la révolution</a>&nbsp;(MPR) du régime du président&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/seko-sese-mobutu">Mobutu</a>&nbsp;déchues en 1998. Actuellement, la majorité présidentielle est en train de se rapprocher progressivement d&rsquo;autres anciens partisans de Mobutu mais aussi de ceux de l&rsquo;<a href="https://www.refworld.org/docid/3df4bf004.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo</a>&nbsp;de feu le président Laurent-Désiré Kabila, du&nbsp;<a href="https://www.ifri.org/fr/publications/notes-de-lifri/republique-democratique-congo-de-fin-de-regne-regne-fin" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie</a>&nbsp;de son fils Joseph Kabila et ses anciens alliés,&nbsp;etc. Cette continuité au sommet du pouvoir a suscité, dans les deux pays, une forte exigence de rupture.</p>



<h4>L&rsquo;illustration que la démocratie compose avec les réalités du pays</h4>



<p>Au Mali, l&rsquo;espoir d&rsquo;une telle rupture s&rsquo;est traduit par&nbsp;<a href="https://www.liberation.fr/planete/2020/08/21/a-bamako-des-milliers-de-maliens-fetent-le-coup-d-etat_1797463/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;engouement de la population</a>&nbsp;pour le coup d&rsquo;État dernier et en RDC par une certaine liesse au soir de l&rsquo;annonce de l&rsquo;accession à la présidence de Félix Tshisekedi. Au-delà de toute idée partisane ou communautariste, ces euphories traduisent souvent une certaine croyance en la démocratie en tant que système qui permet au peuple de décider de qui devrait le gouverner et comment cela devrait se faire. Mais les expériences du Mali et de la RDC montrent que cette théorie est utopique. Dans la réalité, les élites élues par le peuple ont besoin des élites non élues pour pouvoir gouverner. Alors qu&rsquo;une démocratie est censée être le pouvoir du peuple, elle est aussi soumise à des logiques qui lui sont extérieures, au pragmatisme imposé par les rapports de pouvoir qui structurent la vie en société. Gouverner, c&rsquo;est tenir compte d&rsquo;une multiplicité de logiques politiques, économiques, sociales,&nbsp;etc. qui, le plus souvent, expliquent pourquoi la classe dirigeante ne va pas toujours dans le sens de la volonté de la population.</p>



<p>Finalement, analyser la démocratie au Mali et au Congo, ce n&rsquo;est pas seulement&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://atlasocio.com/cartes/recherche/selection/indice-democratie.php" target="_blank">mesurer l&rsquo;indice de démocratie</a>. Au contraire, c&rsquo;est être en mesure d&rsquo;expliquer la manière dont les principes démocratiques théoriques s&rsquo;articulent à des négociations pragmatiques au sein de différentes arènes sociales. Cette nécessité de négociation fait de la démocratie un ingrédient de tout un ensemble qui rend possible le gouvernement des gens dans ces pays, et même au-delà.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Régis Marzin : « Dire  qu’Agbéyomé Kodjo est 2e est un déni du crime électoral au Togo »</title>
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				<pubDate>Mon, 08 Jun 2020 15:10:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/INTERVIEW-REGIS-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-17034" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/INTERVIEW-REGIS-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/INTERVIEW-REGIS-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption>Cette graphique illustre bien la dernière édition de l&rsquo;étude annuelle du chercheur R. Marzin</figcaption></figure>



<p><strong><em>Journaliste et chercheur indépendant, Régis Marzin est l’un des meilleurs &nbsp;spécialistes des élections en Afrique. Depuis de nombreuses années, il publie annuellement un rapport-étude sur la situation des démocraties et dictatures sur le continent, vues du prisme des élections. Sa dernière publication spécialisée, du genre, est intervenue au début de la pandémie du Covid-19. Ce qui explique la publication si tardive d’une interview accordée conjointement à Afrika Stratégies France et Think tank Albatros fin mars. La situation des démocraties et dictatures en Afrique, une comparaison entre les pays anglophones et francophones, les enjeux et les défis des scrutins à venir, la problématique des mandats illimités, la situation des vieilles dictatures de l’Afrique centrale… il aborde tous les aspects du délicat sujet. Avec la précision et la stricte cohérence qui le caractérisent. Et même s’il est occasionnellement contributeur pour Afrika Stratégies France et Tribune d’Afrique, Régis Marzin a une approche de chercheur beaucoup plus que de journaliste. Avec parfois un brin de passion qui ressort les relents «&nbsp;militantistes&nbsp;» de cet ancien président de la section Paris de&nbsp;<a href="https://survie.org/l-association/">Survie, une association anti-françafricaine</a>. Cette interview qui fait suite à la publication des dossiers et articles que sont :<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2020/03/11/democraties-dictatures-et-elections-en-afrique-bilan-2019-et-perspectives-2020/">Démocraties, dictatures et élections en Afrique : bilan 2019 et perspectives&nbsp;2020, 11 mars 2020</a>, et de&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2020/03/17/democraties-dictatures-et-elections-en-afrique-pourquoi-lecart-entre-afrique-anglophone-et-francophone-se-creuse-t-il/">Démocraties, dictatures et élections en Afrique : Pourquoi l’écart entre Afrique anglophone et francophone se creuse-t-il ?, 17 mars 2020</a>. Entretien fleuve&nbsp;!</em></strong></p>



<p><strong>Votre étude annuelle consacrée à l’Afrique, à sa démocratie vient de sortir en pleine crise de Coronavirus. Est ce que vous n’avez pas craint qu’elle soit noyée par cette virulente actualité&nbsp;?</strong></p>



<p>Un bilan se publie en début d’année et ne peut attendre. En général, sur l’Afrique, c’est toujours un peu difficile de se faire entendre. J’avais cru que le ‘tsunami’ sanitaire arriverait moins vite, une semaine ou deux plus tard. J’ai vu arriver le Covid-19 en Afrique en observant son arrivée en Europe. Ici, en Europe, mi-mars, on a eu l’impression d’entrer très rapidement dans un immense brouillard. L’Afrique, elle, n’a pas été prise par surprise de la même manière, les mesures de protections ont été prises plus tôt, et les démarrages de l’épidémie ont pu être freinés. Les guinéens et algériens ont soufferts que tous les regards se portent sur le coronavirus alors que leurs luttes contre la dictature étaient ralenties et que la répression augmentait considérablement. Depuis, j’ai passé&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2020/05/22/covid-19-en-afrique-contamination-et-letalite-decalage-entre-afrique-et-reste-du-monde-hypotheses-de-causes/">deux mois à étudier l’épidémie en Afrique</a>. La différence entre Afrique et Europe est plus dans la gravité des cas, moindre en Afrique, que dans la vitesse de contamination, car l’épidémie a sans doute démarré en Europe en Décembre et pas en Février, comme on l’a cru pendant un moment. Il ressort de ma recherche que les profils des pays face à l’épidémie sont très variés. Cela va de quelques pays qui s’en sortent bien (Tunisie, Burkina Faso, Niger, Rwanda, peut-être même Maroc,) et pourraient vaincre bientôt l’épidémie, à des pays en «&nbsp;scénario catastrophe&nbsp;» avec des hôpitaux bientôt saturés (peut-être Afrique du Sud, Egypte, Cameroun), et des pays intermédiaires à plusieurs niveaux. Tous auraient a priori bien moins de morts qu’en Europe, mais l’épidémie pourrait être, dans beaucoup de pays, plus longue dans le temps.</p>



<p><strong>Cette étude vous prend plusieurs semaines de travail chaque année. Quels sont les objectifs, de façon concrète&nbsp;?</strong></p>



<p>L’idée est de sortir un bilan-perspectives sur les élections et les régimes politiques chaque début d’année. C’est maintenant le 5<sup>ème</sup>&nbsp;dossier. Comme les données sont historiques et que je fais des corrections, la qualité des données, selon moi, progresse. De nouveaux graphiques viennent enrichir le bilan, mettre l’accent sur des points précis. Les derniers dossiers comportent une partie sur l’évolution des régimes politiques et une partie que la qualité des processus électoraux. J’insiste depuis 5 ans sur le fait que la qualité des processus électoraux dépend du type de régime politique dans les pays organisateurs. Je me permets de le redémontrer chaque année en prévoyant la qualité des processus électoraux de l’année suivante et en vérifiant les prévisions l’année suivante.</p>



<p><strong>Par rapport aux études précédentes, qu’est-ce qui a changé fondamentalement&nbsp;?</strong></p>



<p>Un dossier complémentaire concernant l’Afrique anglophone a été traduit en anglais. Sur le fond, les données, quand on les rassemble sur l’ensemble du continent, années après années, font apparaître de nouvelles tendances. Certaines d’entre elles méritent ensuite des recherches plus approfondies. Cette année, je mets l’accent sur l’écart qui se creuse entre Afrique francophone et anglophone. Il y a eu d’abord l’équilibre atteint entre nombre de dictatures et de démocraties, qui a tenu 3 ans entre 2015 et 2017. En 2016, c’était le grand retour des inversions de résultats à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle. J’ai insisté à partir de 2017 sur l’augmentation du nombre de conflits concernant le nombre des mandats présidentiels. Puis en 2018, les dictatures ont repris le dessus sur les démocraties et la tendance se confirme en 2019, entrainé par un recul de la démocratie dans les ex-colonies françaises.</p>



<p><strong>Quelle est la méthodologie et quels sont les stratégies, les données, les éléments objectifs qui entrent en ligne de votre étude désormais annuelle&nbsp;?</strong></p>



<p>Il manquait au départ de la compréhension des élections dans les régimes non démocratiques. Au niveau méthode, ce n’est pas de la recherche conventionnelle, j’ai inventé ma propre méthode, originale. Je suis parti du&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2012/08/04/calendrier-des-elections-en-afrique/">calendrier des élections en Afrique à partir de 1990</a>, publié sur mon blog à partir de 2012, que j’ai progressivement complété et amélioré par une recherche documentaire constante. Il m’est apparu qu’il fallait travailler sur 55 pays et sur 30 ans, et rassembler les données sur cet espace-temps pour dégager des grandes lignes et vérifier la cohérence de l’ensemble. Aujourd’hui, il devient plus facile de distinguer les régimes non démocratiques s’ils sont anciens, avec le recul, et, du monopartisme des années 80 non démocratique, j’ai retenu la base de non-démocratie de 1990. J’ai repris l’idée de transition vers la démocratie que j’ai adaptée et je suis arrivé à un classement des régimes, avec, d’un côté, un pôle clairement démocratique, de l’autre, un pôle clairement non démocratique, que j’appelle dictatures, et, entre les deux ou ailleurs, d’autres régimes plus difficiles à classer, car appartenant à des catégories qui ont des points communs entre elles mais aussi des différences fondamentales. Je distingue transition vers la démocratie après la chute d’un régime, contestations majeures qui affaiblissent un régime, suite de coup d’état, suite de guerre avec Etat failli, ou régime en dictatorisation rapide. J’ai ensuite travaillé sur le classement des processus électoraux. Il fallait de la franchise dans le classement et s’éloigner d’un style diplomatique pour aborder objectivement la question des processus électoraux dans les régimes non démocratiques. Pour cela être un chercheur indépendant est un atout. Je ne suis lié à aucun état. J’ai juste des contacts avec des personnalités en Afrique qui m’informent.</p>



<p><strong>Le Togo sort d’une élection présidentielle, la première de 2020 sur le continent avec des contestations à raison de Agbéyomé Kodjo, arrivé en deuxième position. Quelles sont les défaillances du processus électoral togolais&nbsp;? Et pensez-vous qu’il ait pu avoir une inversion de résultats&nbsp;? C’est quoi au fait l’inversion des résultats&nbsp;? Si ce n’est le renversement sans modifications, des chiffres, c’est plus complexe que cela&nbsp;?</strong></p>



<p>Je ne peux pas laisser dire qu’Agbéyomé Kodjo est arrivé en deuxième position, car ce serait se positionner dans une acceptation du déni du crime électoral. Une élection permet l’alternance et le changement d’acteur porteur du discours officiel. Si Agbéyomé Kodjo est gagnant, il a le droit au discours officiel. Il y a conflit de légitimité. Ma recherche montre que dans les faits,&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2018/02/04/les-processus-electoraux-dans-la-democratisation-de-lafrique/#_Toc505540029">les dictateurs ne sont jamais «&nbsp;élus</a>&nbsp;» démocratiquement, et donc jamais «&nbsp;élus&nbsp;». C’est pourquoi, il me semble nécessaire d’arrêter de laisser penser à leur élection et de faciliter le discours officiel des criminels contre la vérité des faits. Accepter les discours officiels comme une vérité, c’est entrer dans la logique des dictatures. J’ai vérifié toutes les élections depuis 1990, tous les processus électoraux ont été détournés quand ils ont été organisés en dictature avec quelques rares cas particuliers proches d’exceptions à la règle. Si l’histoire reste encore à écrire, les faits historiques sont têtus. Une propagande agit pour empêcher les débats sur les inversions des résultats. Les pouvoirs en cause se donne des moyens de troubler la perception. Il y a la propagande spécifique à chaque processus électoral pour camoufler un crime électoral et la propagande générale sur les élections en Afrique venant des dictatures, qui est reprise par tous les acteurs qui agissent dans un style diplomatique selon laquelle la démocratisation avance toujours un peu par l’expérience. Tout cela est évidemment faux, puisque la démocratisation ne redémarre vraiment qu’avec le départ de ceux qui empêchent la démocratie d’arriver. Au Togo, le lâché de lest préalable sous la pression, sur la limite de mandats et le deuxième tour, a, en outre aidé au camouflage.</p>



<p>La définition de l’inversion de résultat reste encore méconnue dans un contexte de mépris des discours des démocrates depuis 1990. Après 1990, les inversions de résultat à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle de résultat, ont a priori commencé en 1992 au Cameroun, quand les chefs d’Etats issus des partis uniques ont contre-attaqué face au multipartisme. On a alors commencé à parler d’inversion de résultat pour parler de l’inversion de l’ordre des candidats dans le résultat. Il y a un résultat de sortie des urnes, qui existe avant même son comptage et il est modifié. Un résultat réel existe avant même d’avoir été calculé, par la somme des résultats de chaque bureau. La question qui est sous-entendue est celle de la distinction parmi les processus électoraux détournés en dictature, de ceux qui sont globalement détournés en amont, la grande majorité des cas, y compris les nombreux cas de processus avec boycott, et de ceux détournés en aval. Les cas où la fraude pendant le vote domine sont très minoritaires. La distinction entre amont et aval est dans le passage à un résultat existant sommable. Le détournement en aval n’est pas pire moralement, mais il est plus impressionnant et frustrant, parce la possibilité d’alternance est ressentie quelques temps comme probable.</p>



<p>Au Togo, quand Eyadéma Gnassingbé inverse le résultat en 1998, il imite une méthode déjà rodée au Cameroun en 1992 par Paul Biya, au Gabon en 1993 par Omar Bongo, au Bénin en 1996 par Mathieu Kérékou, au Niger en 1996 par Ibrahim Baré. En 2020, on arrive à la&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2020/03/11/togo-quinzieme-inversion-de-resultat-a-la-compilation-des-proces-verbaux-en-afrique-depuis-1990/">quinzième inversion</a>&nbsp;en Afrique depuis 1990. Pour le Togo, il s’agit de la troisième après celles de 1998 et 2003. Intervertir les chiffres des deux premiers comme en 1998 au Togo, cela n’a été fait qu’une seule fois en Afrique à ma connaissance, et cela correspond à un cas particulier d’inversion. Souvent, l’ordre de 3 ou 4 candidats est modifié. Souvent un dictateur se donne plus de 50% au premier tour alors qu’il n’est que troisième ou quatrième. Maintenant, la plupart des inversions sont faites par la suppression du second tour, où il est plus ou moins prévu une coalition de l’opposition. Le changement de l’ordre du 1<sup>er</sup>&nbsp;tour correspond à un passage au-dessus de 50% au premier tour du dictateur. Dans ce cas, le résultat inversé n’est pas encore réel, il est potentiel. Mais le résultat réel du premier tour correspond à une volonté exprimée de la population, et ce résultat sous forme d’addition des scores des opposants est aussi modifié et nié. Le point commun à tous les cas, c’est le gonflage du score du président sortant de plusieurs dizaines de pourcents pour arriver au final à un résultat non conforme avec ou sans suppression du second tour s’il existe.</p>



<p>En pratique, les résultats détaillés ne sont pas publiés. Le fraudeur n’apporte aucune preuve qu’il n’a pas gonflé son score alors qu’il en est accusé, il impose le résultat par la répression et la propagande. Que le résultat d’Agbéyomé Kodjo soit inférieur ou supérieur à 50%, au minimum, le second tour a été supprimé par un gonflage. On comprend que le score de l’ANC a aussi été baissé pour gonfler le score de Faure Gnassingbé et écraser l’opposition la plus combative. En outre, l’inversion se fait avec un mélange de techniques de fraudes en amont, de techniques de fraudes le jour du vote, et de modification des procès-verbaux, ou d’invention de résultat sans aucuns procès-verbaux. Si l’essentiel se déroule en aval, les fraudes en amont et le jour du vote peuvent même servir d’arbre qui cache la forêt, de leurre. En Afrique, en amont, les techniques de désorganisation de l’opposition ont sans doute surpassé ces dernières années les techniques de manipulation du fichier électoral, mais ce n’est pas l’essentiel lors d’une inversion.</p>



<p>En 2020, comme en 2010 et 2015, au Togo, tout a été fait pour cacher à l’international l’absence de compilation normale, avec des procès-verbaux vérifiables du résultat. C’est cette fois un des éléments de preuve de l’inversion, comme l’a plus ou moins signalé l’ambassade des USA. Comme en 2010 et 2015, des media français ont été mis à contribution. Les observateurs de l’UA et de la CEDEAO sont venus faire une fausse observation. Les complices de crimes électoraux en Afrique ne sont pas poursuivis pour complicité de crimes. Cela serait compliqué et il y a un vide juridique. Seules les pratiques frauduleuses au niveau bancaire dans les Paradis fiscaux et judiciaires sont condamnées, mais à ma connaissance cela n’a encore jamais été fait sur une affaire contenant des actions de complicité associée à une forme de corruption dans un crime électoral.</p>



<p>Jean Ping en 2016 pouvait dire qu’il était élu parce qu’il avait des éléments montrant qu’il avait plus de 50%. Agbéyomé Kodjo n’a pas réussi à rassembler autant de procès-verbaux, et, il me semble qu’il ne peut que dire que, soit il a été élu à plus de 50% au premier tour, soit il était en position de gagner au second tour. Certes, le crime électoral sous forme d’inversion au Togo en 2020 n’est pas complètement prouvé par des preuves définitives, mais connaissez-vous un criminel qui s’amuse à laisser les preuves de son crime visible pour tout le monde&nbsp;? Pour les chercheurs, journalistes, militants, les preuves définitives ne tombent pas du ciel. En tout état de cause, on ne s’étonne pas que Faure Gnassingbé n’ait pas été félicité internationalement. Le contrôle quasi-total de la CENI par le pouvoir a été obtenu avant les législatives de 2018 avec le soutien d’Alpha Condé. La vraie nature despotique de l’ancien démocrate guinéen est depuis apparue au grand jour. Le plan de 2018 de Faure Gnassingbé a fonctionné.</p>



<p><strong>Comment, selon-vous, éviter les contestations de scrutins en Afrique&nbsp;? Faudrait-il une haute autorité ou une agence onusienne d’organisation d’élections en Afrique&nbsp;?</strong></p>



<p>Il n’y certainement pas de solution simple. Les contestations nationales sont un élément d’un vaste rapport de force continental. Les dictatures ont repris le dessus depuis 2018 sur les démocraties. Elles montrent qu’elles savent se défendre et contre-attaquer. N’attendons pas trop de l’Onu, le rapport de force mondial n’étant pas favorable. La CPI n’arrive pas à grand-chose actuellement. Peut-être que la justice africaine, en Afrique de l’Ouest et australe d’abord, peut faire des progrès sur des affaires liées à des crimes électoraux. Au niveau justice nationale, les progrès pour l’instant ne sont visibles qu’en Afrique anglophone, au Malawi dernièrement et avant au Kenya. L’essentiel est dans le fait que la démocratie ne peut commencer que quand le barrage qui la retenait disparaît. Ce barrage est souvent constitué par un dirigeant et parfois par un parti politique. Ce n’est jamais simple d’obtenir la chute de ce barrage, comme les soudanais viennent d’y arriver par leur révolution. La recherche donne peu d’idées de solutions, elle fournit sans doute des éléments de réflexions à intégrer. Tous les pays sont différents, dans leur complexité. Les limitations du nombre de mandats ont fait un certain effet jusqu’à dernièrement. Le Burkina Faso, le Soudan, l’Algérie, derrière la mobilisation populaire, chaque fois, il y a eu la question de la limite du nombre de mandats. Par contre, en RDC et au Togo, cela n’a pas apporté la démocratie.<strong>A LIRE AUSSI</strong></p>



<p><strong>Votre principal constat cette année en matière de démocraties et de dictatures sur le continent est l’écart qui se creuse entre anglophones et francophones, comment expliquez-vous cela&nbsp;?</strong></p>



<p>Dans mon dossier, j’ai&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2020/03/17/democraties-dictatures-et-elections-en-afrique-pourquoi-lecart-entre-afrique-anglophone-et-francophone-se-creuse-t-il/">rassemblé un ensemble d’éléments</a>&nbsp;sur la comparaison des anciennes colonies françaises et britanniques. Il y a déjà des différences dans les expériences avant 1945, à partir du XIXème siècle. Ce qui se passe en Afrique australe est plus intéressant que les horreurs qui sont expérimentées en Algérie à la fin du XIXe et qui sont une des causes de la guerre d’Algérie. Entre 1945 et 1960, les divergences augmentent et cette fois les empires son traités de manière plus uniformes. Il y a des décisions prises à Paris et plus de traitement sur mesure plus réfléchi en Afrique côté britannique. La décolonisation est en une vague unique côté français et elle est plus préparée et lente côté britannique. Il y a&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2019/07/08/afrique-entre-multipartisme-partis-uniques-et-regimes-militaires-entre-1950-et-1990-complement-au-dossier-du-8-6-18/">beaucoup plus de partis uniques</a>côté anciennes colonies françaises que côté anciennes colonies britanniques. A partir de 1990, le passage au multipartisme est tiré par le projet français. Cela donne une bonne image à la France, mais en pratique, la démocratisation est bien plus rapide et solide côté anglophone jusqu’à 2005. Depuis 1990, il y a beaucoup plus d’élections non démocratiques côté ex-colonies françaises, 138 contre 79.</p>



<p>Depuis 2 ans, l’écart se creuse en nombre de dictatures. Dans le noyau dur des pays sans alternance de président et de partis se placent 6 ex-colonies françaises sur 9. Les anciennes colonies françaises forment maintenant la moitié des dictatures africaines, 12 sur 24, contre moins d’un quart pour les ex-colonies britanniques, 5. L’écart se creuse entre Afrique anglophone et francophone parce que les régimes dictatoriaux sont de plus en plus concentrés dans l’espace francophone, que les constitutions y sont moins respectées actuellement, ce qui se voit dans les conflits de limitations du nombre de mandats, que la séparation des pouvoirs y est plus faible, et surtout parce que les méthodes de détournement des processus électoraux qui y sont pratiqués sont à un niveau bien plus élevé de criminalité. Cela se constate aisément dans le décompte des 15 inversions de résultats à la compilation des procès-verbaux et à l’annonce officielle du résultat qui ont eu lieu depuis 1990. En effet, 14 ont eu lieu en Afrique francophone, dont 13 dans les ex-colonies françaises. Mais cela se constate aussi dans la quantité de faits criminels accumulés dans le détournement des processus électoraux, en amont surtout, parce que détournement des processus électoraux, en amont sont de loin les plus fréquents. Cela mélange des causes et des conséquences, car le cercle vicieux, le blocage des dictatures est juste plus important en quantité côté francophone, comme il l’est en niveau.</p>



<p><strong>Quels sont les pays qui ont connu les plus grands bouleversements&nbsp;? Dans le bon et/ou le mauvais sens&nbsp;?</strong></p>



<p>En résumé, en 2019, au Bénin et aux Comores, la dictatorisation rapide de 2018 a continué faisant disparaître complètement la démocratie en 2 ans environ. Les manifestations massives des populations ont provoqué la chute des chefs d’Etat inamovibles au Soudan et en Algérie. Dans ces pays, le jeu dictatorial sur le nombre de mandats a amené assez logiquement le départ du dictateur, en Algérie après une ‘remise à un’ de compteur à l’ajout de la limite dans la constitution en 2016, et, au Soudan, après la tentative présomptueuse de suppression de la limitation du nombre de mandats de la constitution. Au Soudan, une véritable transition vers la démocratie est maintenant en cours, alors qu’en Algérie, si le FLN recule, l’armée reste très influente.</p>



<p>Au Malawi, suite à la présidentielle de 2019, les institutions de recours légaux ont montré leur indépendance du pouvoir exécutif en annulant la présidentielle début 2020. L’année 2019 a été conflictuelle en raison des fraudes, et, l’organisation d’un nouveau scrutin pourrait rétablir le régime démocratique ponctuellement fragilisé, si Peter Mutharika ne décide pas du contraire comme il semble le faire en arrêtant le 8 mars 2020, les dirigeants de la&nbsp;<a href="https://www.slateafrique.com/1039035/malawi-arrestation-de-deux-leaders-de-manifestations-anti-gouvernementales">Coalition des défenseurs des droits humains (HRDC)</a>,&nbsp;<a href="https://twitter.com/HumanHrdc/status/1236865346755313664">leaders de la contestation</a>. En Zambie, la tendance à l’effritement de la démocratie qui a commencé lors de la contestation de la présidentielle de 2016 se poursuit dans un projet de modification constitutionnelle renforçant le pouvoir présidentiel et qui fait monter la tension, de manière de plus en plus irréversible. Au Niger, si cela se retend en mars 2020 avec le Covid-19, les arrestations surprenantes de 2018 ont stoppé et tous les opposants ont été libérés. Positivement, la situation a continué d’évoluer vers une libéralisation en Ethiopie. Négativement, la crise due à la dictatorisation s’est accentuée en Guinée&nbsp;ou Alpha Condé, obsédé par son idée de 3<sup>e</sup>&nbsp;mandat conduit son pays dans une impasse évidente.</p>



<p><strong>Alassane Ouattara a décidé de ne pas se représenter cette année. Qu’est-ce que cela change pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique&nbsp;?</strong></p>



<p>On ne peut pas remercier quelqu’un d’abandonner un projet de crime. Si Emmanuel Macron ou Tiken Jah Fakoly le font, c’est qu’ils se voient dans le rôle de ceux qui mettent en exergue le positif pour maintenir la paix. Si vous dites qu’Alassane Ouattara a décidé de ne pas se représenter, alors vous semblez accepter déjà l’idée que le crime constitutionnel est autorisé et normal. Il n’y a actuellement qu’en Afrique francophone que les constitutions sont ainsi piétinées. Le discours d’Alassane Ouattara sur son éventuelle possibilité de faire ce qu’il voulait du compteur de mandat a constitué pour moi un facteur pour classer la Côte d’Ivoire en dictature au lieu de pays en suite de guerre. Ce discours a ouvert la voie à Faure Gnassingbé pour baisser son compteur de mandat et à Alpha Condé pour son projet irresponsable de troisième mandat. Alassane Ouattara en jouant un jeu dangereux avec les compteurs de mandats a affaibli la démocratie en Afrique de l’Ouest. Le&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/10/05/limitations-du-nombre-de-mandats-en-afrique-synthese-historique-et-bilan-2017/#_Toc500877753">rabaissement du compteur de mandats</a>&nbsp;est un élément constitutif des régimes dictatoriaux en Afrique et rien d’autre. Ceci-dit, j’ai pensé depuis deux ans qu’il ne prendrait pas le risque de tenter vraiment le 3<sup>e</sup>&nbsp;mandat parce que cela ne plairait pas à ses parrains français qu’il passe en force alors que seuls comptent pour eux les intérêts commerciaux. Je suppose que la propagande franco-ivoirienne est actuellement en route pour essayer de faire passer discrètement un détournement en amont du processus électoral de la présidentielle de 2020. Alors, Alassane Ouattara transformerait sa dictature en dictature de parti politique. C’est dans l’air du temps. L’excuse de l’abandon du 3<sup>e</sup>&nbsp;mandat sert à justifier la propagande internationale. Tout cela est bien ficelé mais n’a pas grand-chose à voir avec la démocratie. Si on veut être positif, on peut toujours y voir de la gestion de suite de guerre, mais cela renvoie à plus tard la question de la démocratisation réelle.</p>



<p><strong>Pensez-vous que Alpha Condé pourra faire un troisième mandat&nbsp;? Et pourquoi&nbsp;?</strong></p>



<p>Je ne sais pas qui va l’emporter entre les démocrates et les partisans d’une dictature bancale limite absurde. Une ligne de front se construit quand les forces sont équilibrées. Des prévisions, sans règles rationnelles posent problèmes : on peut se tromper facilement et sortir d’une méthode de recherche. Alpha Condé n’est pas un dictateur normal parce qu’il n’a pas assez d’atouts de son côté pour imposer une dictature sur le modèle du Togo ou de l’Afrique centrale. Il est aussi déjà trop vieux. La situation a un aspect ubuesque. La communauté internationale et africaine, surtout au niveau CEDEAO, s’est montrée faible en laissant pourrir la situation.</p>



<p><strong>Comment expliquez-vous les interprétations en matière de modification constitutionnelle&nbsp;? Certains pays remettent le compteur à zéro, comme le Togo, après une modification constitutionnelle. C’est un boulevard à au pouvoir «&nbsp;éternel&nbsp;»…</strong></p>



<p>Il n’y a rien de surprenant qu’un criminel se donne tous les droits chez lui. Un crime succède à un crime. Le&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2017/10/05/limitations-du-nombre-de-mandats-en-afrique-synthese-historique-et-bilan-2017/#_Toc500877753">rabaissement du compteur de mandats</a>&nbsp;est un élément constitutif des régimes dictatoriaux en Afrique et rien d’autre. Cela se fait beaucoup plus dans les pays francophones et dans les ex-colonies françaises. S’il y a des ‘constitutionalistes’ qui justifient des diminutions de compteurs, alors, ils sont dans une forme de complicité.</p>



<p><strong>En Afrique centrale, la plupart des grandes dictatures sont en place. Tchad, Congo Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale etc… Comment la démocratie peut-elle surgir dans de tels contextes&nbsp;?</strong></p>



<p>Le Cameroun aussi. L’opposition démocratique camerounaise a réussi à sortir d’une période où elle était très faible. Au Tchad, l’opposition se bat et Déby a accepté de baisser un peu le niveau de dictature, malgré tout ce qu’il a déjà osé faire au niveau électoral. C’est un peu moins pire qu’avant et que dans les autres pays. Au Gabon ce qui s’est passé en 2016 a conduit à une mobilisation énorme même si elle a eu lieu plus à l’étranger. Le régime est détruit de l’intérieur et ne tient plus que par la répression. La Centrafrique est dans une lente transition d’après-guerre. On ne sait jamais facilement ce qui peut arriver. Si du découragement s’observe, les mobilisations peuvent repartir assez vite.</p>



<p><strong>Pourquoi l’Afrique de l’ouest francophone connaît quelques avancées démocratiques et l’Afrique centrale peine à décoller&nbsp;?</strong></p>



<p>Cette question pourrait demander une réponse complexe d’historien. Il n’est pas certain qu’il y ait énormément de causes. Le blocage de l’Afrique centrale est évidemment lié à son rattachement au bloc des anciennes colonies françaises, puisque ce bloc est en retard sur l’Afrique anglophone. Historiquement, l’influence française a été très défavorable à la démocratie dans cette région-là. Le pétrole ne favorise pas la démocratisation du tout en gonflant les caisses des pouvoirs en place et en les liants à des intérêts étrangers. Voilà déjà deux facteurs. L’Afrique de l’Ouest a connu des histoires plus contrastées commençant pas une expérimentation démocratique au Sénégal au XIXème siècle, elle regorge de moins de pétrole.</p>



<p><strong>L’étude de l’année dernière avait donné une place de choix au Bénin. Qu’en est-il aujourd’hui alors que le pays prépare des élections intermédiaires notamment municipales&nbsp;?</strong></p>



<p>Etant donné le&nbsp;<a href="https://regardexcentrique.wordpress.com/2016/03/04/benindansdemocratisationafrique/">rôle important du Bénin dans l’histoire</a>&nbsp;de la démocratisation de l’Afrique vers 1990, le début de la dictatorisation observé en 2018 était surprenant, et, la poursuite de cette dictatorisation en 2019 ne l’a pas été. La question était début 2019 de savoir si Patrice Talon se fixait une limite dans la destruction de la démocratie, mais plusieurs scénarios étaient devenus envisageables. L’impossibilité pour l’opposition poussée à l’exil de participer aux législatives a confirmé un processus irréversible de passage en régime non démocratique. Cela rappelle la Guinée il y a un an ou deux ans. Le passage au-delà d’un seuil de disparition de la démocratie rend le processus de dictatorisation irréversible. Il n’y a plus de retour en arrière dans le rapport de force tant que le régime est en place. A partir de là, le Bénin, comme les Comores et la Guinée, sont passés au stade où très probablement plus aucune élection ne peut être démocratique. Il reste comme en Guinée une limitation à deux mandats de 5 ans, l’article 42 de la constitution de 1992, qui nous renvoie à 2026. Les présidents entrés dans le rôle du dictateur, en général tente d’enlever leur limite. Il y a un modèle de dictature francophone basé en Afrique centrale, et les chefs d’Etats qui suivent ce modèle semblent dans une impossibilité de ne pas s’imiter entre eux. Ils se moquent de leur classement pas des chercheurs. Aux Comores, Azali Assoumani a inventé en 2018 le détournement de processus électoral de référendum, ce qui n’avait jamais été fait aussi distinctement, pour repousser son probable départ de 2021 à 2029. En position de dictateur, les chefs d’Etat sont créatifs.</p>



<p><strong><em>Cette interview a été réalisée par Afrika Stratégies France et Think tank Albatros à Paris le 25 Mars 2020. Mais compte tenu de l’actualité contrôlée par le Covid-19, elle est restée trois mois «&nbsp;en bière&nbsp;» avant d’être actualisée et réélue le 6 juin 2020.</em></strong></p>
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		<title>Le Maroc de nouveau face à la contestation populaire : Manifestations contre les inégalités et pour la démocratie à Casablanca</title>
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				<pubDate>Mon, 24 Feb 2020 14:34:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/maroc-col-768x432.jpeg" alt="" class="wp-image-14646" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/maroc-col-768x432.jpeg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/maroc-col-768x432-300x169.jpeg 300w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption><em>Les Marocains ont manifesté hier pour dire stop aux politiques antisociales et à la dégradation des droits humains</em></figcaption></figure>



<p><strong>Quelques milliers de personnes ont manifesté hier à Casablanca, la capitale économique du Maroc, rapportent plusieurs médias, dont l’AFP. Ils ont répondu à l’appel du Front social marocain (FSM), un collectif récemment créé regroupant quatre partis de gauche, des mouvements syndicaux, comme la Confédération démocratique du travail (CDT), et des organisations, à l’exemple de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).</strong></p>



<p>Les manifestants ont protesté contre le chômage, le coût élevé de la vie, les défaillances des services publics tout en demandant «la libération de tous les détenus politiques», à commencer par ceux du hirak, mouvement social populaire qui a agité le nord du pays en 2016-2017.</p>



<p>Le hirak du Rif avait été étouffé après une vague d’arrestations et de répression traduite par de lourdes condamnations judiciaires pour le noyau dur de la contestation, dont le chef du mouvement, Nasser Zefzafi, condamné en 2018 à une peine de 20 ans de prison pour «atteinte à la sûreté de l’Etat». «C’est la première manifestation du Front social marocain pour dire stop aux politiques antisociales et antidémocratiques, stop aux dégradations des droits humains, stop aux politiques qui ont abouti à la dégradation du pouvoir d’achat», a déclaré un des membres du bureau national du FSM, Ali Boutwala.<br>Reviviscence</p>



<p>Malgré la répression, la contestation populaire au Maroc finit par ressusciter. Ainsi, dans le sillage des révoltes arabes de 2011, est né le Mouvement du 20 février. Il avait revendiqué des réformes politiques, plus de démocratie et l’éradication de la corruption. En juillet 2011, les Marocains votent dans leur majorité le référendum sur la réforme constitutionnelle qui renforce les pouvoirs du Premier ministre tout en laissant de larges prérogatives au roi.</p>



<p>En octobre 2016, la mort d’un vendeur de poisson, Mouhcine Fikri, à Al Hoceïma, berceau de la contestation du Rif (Nord), broyé dans une benne à ordures en tentant de s’opposer à la saisie de sa marchandise, de l’espadon, a provoqué la colère des populations locales traduite par des mois de manifestations. D’où des vagues d’arrestations parmi les protestataires.</p>



<p>Au départ, les manifestants exigeaient justice et vérité sur la mort du vendeur de poisson. Avec le temps, le mouvement s’est étendu à des revendications sociales et économiques. Pauvre, la région du Rif, historiquement frondeuse, s’estime marginalisée. Des centaines de manifestants avaient été arrêtés et condamnés.</p>



<p>Au Sud, la ville de Zagora a connu aussi, en octobre 2017, des «manifestations de la soif» contre des coupures d’eau récurrentes. En janvier 2019, la justice marocaine a condamné 17 personnes à des peines de deux à quatre ans de prison ferme en lien avec le mouvement social de protestation dans l’ancienne cité minière de Jerada (nord-est) en 2017-2018.</p>



<p>Elles sont toutes poursuivies pour des heurts survenus mi-mars 2018, lors d’une manifestation interdite. Les autorités ont interpellé 95 personnes pendant les troubles qui ont agité Jerada entre fin 2017 et début 2018. Sur ce total, 61 ont été condamnées à des peines de prison, compte tenu des dernières condamnations.</p>



<p>Le mouvement a été déclenché par la mort accidentelle de deux hommes cherchant du charbon, fin 2017, dans un puits désaffecté de l’ancienne cité minière. Au moins neuf décès accidentels du même genre ont été enregistrés au cours de l’année 2018.</p>



<p>Malgré la fermeture des mines, des hommes continuent de s’aventurer dans les puits désaffectés pour extraire du charbon de façon artisanale et le vendre à bas prix à des négociants locaux, détenteurs de permis de commercialisation, surnommés localement les «barons». Le ministère de l’Energie a annoncé début janvier 2019 que 2000 puits ont été fermés.</p>



<p><strong>Source: El Watan /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Afrique : un problème avec la démocratie ?</title>
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				<pubDate>Sat, 22 Feb 2020 18:13:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/20075921lpw-20076344-article-jpg_6927991_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-14604" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/20075921lpw-20076344-article-jpg_6927991_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/20075921lpw-20076344-article-jpg_6927991_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<h4>Publié par «&nbsp;The Economist&nbsp;», le rapport annuel sur la démocratie est riche d&rsquo;enseignements sur les raisons de son recul en Afrique, en 2019.</h4>



<p>Une présidentielle au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/togo">Togo</a>&nbsp;et en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/cote-d-ivoire">Côte d&rsquo;Ivoire</a>,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/guinee-les-elections-legislatives-un-tremplin-pour-alpha-conde-17-09-2019-2336306_3826.php">des législatives en Guinée</a>&nbsp;et en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/ethiopie">Éthiopie</a>. L&rsquo;année&nbsp;2020&nbsp;sera riche en élections pour les Africains. Sont-elles pour autant garantes d&rsquo;une démocratie pleine et entière&nbsp;? Rien n&rsquo;est moins sûr. Car malgré la vigueur de la sphère politique africaine, la démocratie y est en recul. C&rsquo;est le constat du dernier indice de The Economist Intelligence Unit (EIU), un groupe de chercheurs rattaché au magazine britannique du même nom, sur le sujet.&nbsp;Dans cette 12<sup>e</sup>&nbsp;édition, les analystes, réputés exigeants, ont évalué le niveau de démocratie des pays selon cinq critères&nbsp;: le processus électoral et le pluralisme, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, la culture politique et l&rsquo;état des libertés civiles. En résulte un classement, où les&nbsp;165&nbsp;États étudiés y sont classés selon quatre types de régimes&nbsp;: «&nbsp;pleine démocratie&nbsp;», «&nbsp;démocratie imparfaite&nbsp;», «&nbsp;régime hybride&nbsp;» ou «&nbsp;régime autoritaire&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/02/22/20075921lpw-20076321-embed-libre-jpg_6927994.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/02/22/20075921lpw-20076321-embed-libre-jpg_6927994.jpg" alt=""/></a><figcaption>L&rsquo;état de la démocratie dans le monde en 2019.<em>close</em><em>volume_off</em>© Economist Intelligence Unit</figcaption></figure>



<h4>L&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;en régression</h4>



<p>Même si un recul global de la démocratie a été constaté en&nbsp;2019&nbsp;– l&rsquo;indice, à 5,44, est le pire score observé depuis sa création en&nbsp;2006&nbsp;– l&rsquo;Afrique subsaharienne fait figure de mauvaise élève aux côtés de toutes les régions du monde. Son indice, à 4,26, est le plus bas depuis 2010. En cause, selon le rapport&nbsp;: des régressions constatées dans les processus électoraux, et moins de pluralisme politique. Au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/niger">Niger</a>&nbsp;et aux Comores, par exemple, «&nbsp;les autorités ont mis en œuvre des règles interdisant aux personnalités de l&rsquo;opposition de se présenter à l&rsquo;élection&nbsp;présidentielle&nbsp;», justifie l&rsquo;étude. Au Nigeria, même si les élections générales de février&nbsp;2019 ont été jugées libres et équitables, le processus électoral est resté insatisfaisant, estime EIU.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/02/22/20075921lpw-20076320-embed-libre-jpg_6927995.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/02/22/20075921lpw-20076320-embed-libre-jpg_6927995.jpg" alt=""/></a><figcaption>Le classement des pays africain en matière de démocratie.&nbsp;© Economist Intelligence Unit</figcaption></figure>



<p>Pour les économistes, la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays a en effet entravé le vote, et constitue l&rsquo;une des principales raisons de la faible participation électorale, à seulement 34,8&nbsp;%. «&nbsp;Des taux de participation faibles, engendrés par un intérêt en baisse pour le vote, mais aussi par des problèmes de transport&nbsp;ou d&rsquo;électricité, ont entravé les processus électoraux qui ont eu cours en 2019&nbsp;», explique Benedict Craven, économiste chargé du Moyen-Orient et de l&rsquo;Afrique au sein de l&rsquo;EIU. Autre élément pointé du doigt par le chercheur, «&nbsp;les changements de Constitution&nbsp;».&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/cote-d-ivoire-alassane-ouattara-souhaite-modifier-la-constitution-06-01-2020-2356348_3826.php">Une initiative qui a le vent en poupe en Afrique</a>&nbsp;et qui, pour Benedict Craven, est «&nbsp;une porte ouverte à la manipulation de la population&nbsp;».</p>



<h4>De l&rsquo;espoir quand même</h4>



<p>Malgré de médiocres résultats constatés dans la plupart des pays africains, les analystes ont relevé tout de même quelques progrès. Ils saluent, par exemple, le scrutin à Madagascar, qui, malgré&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/madagascar-presidentielle-entre-duel-de-fortunes-et-reseaux-d-affaires-10-09-2018-2249984_3826.php">les controverses autour de ses candidats</a>, «&nbsp;a tenu des élections libres et équitables&nbsp;». Autre bon élève africain de l&rsquo;étude, la Gambie, dont les analystes saluent le lancement de la Commission vérité et réconciliation. Chargée de faire la lumière sur les crimes perpétrés sous Yayah Jammeh, l&rsquo;instance a participé à la promotion des droits de l&rsquo;homme dans le pays, et du débat citoyen.&nbsp;Au Maghreb, c&rsquo;est la Tunisie qui récolte&nbsp;les bons points des analystes de EIU. Le pays, dont le classement a de nouveau progressé cette année au 53<sup>e</sup>&nbsp;rang mondial, a passé avec brio le test des élections libres, malgré un contexte peu favorable avec le décès brutal de Béji Caïd Essebsi.</p>



<p>Les initiatives des nouveaux présidents éthiopien&nbsp;et angolais, Abiy Ahmed et Joao Lourenço, sont également accueillies avec optimisme par l&rsquo;étude. Mais à cause de «&nbsp;la rigidité de ces systèmes basés sur le favoritisme, enracinés depuis des décennies, ils seront difficiles à réformer&nbsp;», prévient-elle. «&nbsp;En Éthiopie, des réformes positives ont été lancées, mais il faudra être patient pour en récolter les fruits, affirme Benedict Craven. La création du Parti de la prospérité, la grande coalition d&rsquo;Abiy Ahmed, est aussi sujette à interrogations. Maintenant que l&rsquo;opposition l&rsquo;a rejoint, où est le contre-pouvoir&nbsp;? Ce n&rsquo;est pas bon signe pour la démocratie éthiopienne.&nbsp;»&nbsp;Un constat qui, pour l&rsquo;économiste, justifie la position du pays à la 125<sup>e</sup>&nbsp;place de l&rsquo;index, et son classement dans le groupe des «&nbsp;régimes autoritaires&nbsp;».</p>



<h4>Attentes autour de l&rsquo;Algérie et du Soudan</h4>



<p>Un statut que l&rsquo;Algérie n&rsquo;a plus dans le nouveau classement. Désormais «&nbsp;régime hybride&nbsp;», le pays remonte de&nbsp;13&nbsp;places, et passe du 126<sup>e</sup>&nbsp;au 133<sup>e</sup>&nbsp;rang. Les nombreuses et régulières manifestations, qui ont débouché sur une élection présidentielle en décembre, ont dynamisé la démocratie dans le pays. Malgré tout, la situation reste fragile. Certes «&nbsp;Abdelmajid Tebboune a remporté une nette victoire avec 58&nbsp;% des voix&nbsp;», explique l&rsquo;étude. «&nbsp;Cependant, les candidats étaient tous globalement proches de l&rsquo;armée, et de nombreux partisans de l&rsquo;opposition ont boycotté les élections&nbsp;». Benedict Craven confirme&nbsp;: «&nbsp;Malgré un an de hirak et des élections, l&rsquo;armée est toujours là.&nbsp;»</p>



<p>Cette mainmise militaire sur les révolutions, l&rsquo;étude l&rsquo;observe également au Soudan. Le pays, qui a gagné huit places dans le classement grâce à l&rsquo;explosion de la «&nbsp;participation politique&nbsp;», est à l&rsquo;aube d&rsquo;un profond changement.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/soudan-la-justice-rattrape-omar-el-bechir-15-12-2019-2353241_3826.php">Omar el-Béchir</a>&nbsp;écarté, les membres du Conseil souverain ont la lourde tâche de conduire la transition démocratique. Mais là aussi, le processus reste tangent. Car l&rsquo;influence de l&rsquo;armée dans la sphère politique reste forte. Abdel Fattah al-Burhan, le chef du Conseil militaire de transition, est en effet le président du Conseil pour ses&nbsp;21&nbsp;premiers mois. «&nbsp;Il y a un vrai risque de ne pas voir les promesses de la transition se matérialiser. Le Soudan en encore un long chemin à parcourir&nbsp;», prévient Benedict Craven.</p>



<p>Un des plus gros points d&rsquo;interrogation de l&rsquo;étude reste le Sahel. La crise sécuritaire violente dans laquelle la région est engluée amplifie «&nbsp;des lacunes&nbsp;» déjà constatées depuis plusieurs années en matière de démocratie. Surtout, elle rend le Burkina Faso et le Mali «&nbsp;de plus en plus dépendants de leur ancienne métropole, la France&nbsp;», que les analystes qualifient de «&nbsp;protectorat de bas niveau&nbsp;». Un piège, dans lequel s&rsquo;enferment peu à peu la région et ses gouvernements, «&nbsp;qui ont perdu le contrôle sur la situation&nbsp;», déplore Benedict Craven. Les élections prévues cette année dans la région constitueront un ultime test.</p>



<p><strong>Source :Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Les Tunisiens fiers de leur démocratie mais inquiets pour leur avenir</title>
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				<pubDate>Wed, 15 Jan 2020 17:26:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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				<description><![CDATA[La nouvelle Tunisie a réussi dans l’exercice démocratique, en neuf ans. Elle a dépassé, sans problème, le cap de six scrutins, trois parlementaires, deux présidentiels et un municipal. Mais, le socioéconomique ne suit pas. Le défaut de bien-être pèse lourdement sur la majorité de la population, qui s’appauvrit dangereusement. Neuf ans après la chute de...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/tunisie.gif" alt="" class="wp-image-13276"/></figure>



<p><strong>La nouvelle Tunisie a réussi dans l’exercice démocratique, en neuf ans. Elle a dépassé, sans problème, le cap de six scrutins, trois parlementaires, deux présidentiels et un municipal. Mais, le socioéconomique ne suit pas. Le défaut de bien-être pèse lourdement sur la majorité de la population, qui s’appauvrit dangereusement.</strong></p>



<p>Neuf ans après la chute de Ben Ali, les Tunisiens fêtent encore le 14 Janvier sur le boulevard-symbole Habib Bourguiba, à Tunis, où siège le ministère de l’Intérieur. C’est cette bâtisse qui symbolise la chute de la dictature. La déception, en matière de bien-être, n’empêche pas de fêter. Il va sans dire que les 9 gouvernements, qui se sont succédé depuis 2011, ne sont pas parvenus à édifier un nouveau modèle de développement, en mesure de réaliser l’un des principaux objectifs de la révolution, à savoir la dignité.</p>



<p>Des festivités ont été organisées hier à travers la République, pour fêter le 9<sup>e</sup>&nbsp;anniversaire du départ de Ben Ali, malgré un bilan loin d’être reluisant de cette révolution. La transition s’est arrêtée à la liberté de parole, et une pratique démocratique, qui n’a encore atteint ni clarté ni stabilité. Les droits socioéconomiques, principale revendication de la révolte populaire, sont encore absents. Les pauvres sont restés pauvres, et les moins pauvres se sont appauvris.</p>



<p>Les disparités régionales et sociales se sont approfondies, entraînant une énorme déception parmi les populations ayant vraiment cru, il y a neuf ans, que la chute du despotisme allait les acheminer vers des lendemains meilleurs. Lesquelles espérances se sont heurtées à différentes insuffisances, notamment l’incapacité de la classe politique à édifier un nouveau modèle efficace de développement, en plus d’une propagation ravageuse de l’opportunisme et de l’égoïsme, traduisant un déficit patriotique à tous les niveaux.</p>



<p>Ces facteurs réunis et bien d’autres ont agi négativement sur les fondements de l’Etat de l’indépendance, à cause d’une anarchie ravageuse. Néanmoins, plus le temps passe, plus on a tendance à relativiser les acquis de la révolution, d’autant que leur pérennité reste en danger tant que les Tunisiens vivent mal, privés qu’ils sont des moyens de bien-être.&nbsp;<em>«Il faut un minimum de bien-être pour pratiquer la vertu»</em>, avait dit le défunt président, Béji Caïd Essebsi, sur&nbsp;<em>El&nbsp;Watan</em>, relayant Saint Thomas d’Aquin.</p>



<p>C’est dire que tant que la transition socioéconomique ne réussit pas, la démocratie tunisienne reste sujette à toutes les tribulations. Heureusement que, jusque-là, les revendications citoyennes, quoiqu’anarchistes, sont restées pacifiques. Mieux encore, les Tunisiens, toutes catégories sociales confondues, sont opposés au terrorisme. Les groupes terroristes sont isolés sur les montagnes de Kasserine et du Kef, grâce aux efforts de l’armée et des forces de l’ordre.</p>



<p><strong>Transitions pacifiques</strong></p>



<p>La démocratie tunisienne réussit de belle manière, installant une tradition de transition pacifique du pouvoir, rare dans les pays du Sud. Les Tunisiens ont essayé les islamistes au pouvoir en 2012/2013, avant de vivre sous un gouvernement de technocrates en 2014, qui a chapeauté les élections générales. Le quinquennat suivant a été marqué par un gouvernement d’union nationale entre Nidaa Tounes du défunt Béji Caïd Essebsi, vainqueur des élections de 2014, et les islamistes d’Ennahdha. Laquelle gouvernance n’ayant pas réussi sur le plan socioéconomique.</p>



<p>C’étaient plutôt des agissements pointés de sapeurs-pompiers réagissant aux contestations sociales qui ont pris le pas sur de véritables programmes de développement économique. Et c’est ainsi que la masse salariale des employés du secteur public a atteint près de 14,1% du PIB et 40% du Budget, ce qui constitue un handicap au budget de développement.</p>



<p>La Tunisie démocratique a appris à réagir aux échecs de sa classe politique. Ainsi, les électeurs ont sanctionné aussi bien Nidaa Tounes qu’Ennahdha lors des dernières élections. L’électorat les considère coresponsables des déboires du pays. Mais, l’ARP, issue de ces élections, est une mosaïque difficile à fédérer, avec Ennahdha, 1<sup>er</sup>&nbsp;parti, avec moins du quart des députés.</p>



<p>Résultats des courses, une Assemblée émiettée, avec des partis politiques pas habitués aux compromis difficiles. La classe politique n’est pas encore parvenue à former le nouveau gouvernement. Et il y a même une possibilité de dissolution du Parlement, si la personnalité, qui va être désignée par le président Saïed, ne parvient pas à réunir une majorité derrière son équipe. La nouvelle Tunisie, difficile à gérer, ne parvient pas à réaliser les objectifs de la révolution.<br></p>



<p><strong>Source: El Watan/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Afrique : la démocratie garantit-elle le développement ?</title>
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				<pubDate>Thu, 09 Jan 2020 11:24:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[democratie]]></category>
		<category><![CDATA[developpement]]></category>

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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/19929667lpw-19929687-article-jpg_6822464_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-13032" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/19929667lpw-19929687-article-jpg_6822464_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/19929667lpw-19929687-article-jpg_6822464_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /><figcaption> L&rsquo;Afrique vit au rythme des élections. La dernière de l&rsquo;année 2019 a eu lieu en Guinée-Bissau le 30 décembre. Les populations étaient mobilisés pour élire leur futur président. <br><em>© SEYLLOU / AFP</em> </figcaption></figure>



<h4>La question reste&nbsp;posée alors que les élections se suivent sur le continent. Des&nbsp;chercheurs ont plongé dans l&rsquo;histoire récente pour mieux comprendre.</h4>



<p>Dans les années 1970-1980, la quasi-totalité des pays d&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;étaient dirigés par des régimes autocratiques. Sous l&rsquo;effet des bouleversements mondiaux des années 1990, certains sont devenus démocratiques, d&rsquo;autres non. Paradoxalement, les pays affichant de bonnes performances démocratiques ne sont pas forcément ceux qui présentent de bonnes performances économiques. Sur la base de notre récente publication dans la revue internationale&nbsp;<a href="https://academic.oup.com/oep/advance-article-abstract/doi/10.1093/oep/gpz055/5557812" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Oxford Economic Papers</em></a>, nous proposons des pistes de compréhension de ce phénomène.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/01/09/19929667lpw-19929688-embed-libre-jpg_6822467.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/01/09/19929667lpw-19929688-embed-libre-jpg_6822467.jpg" alt=""/></a><figcaption>Des personnes fouillent une décharge à la recherche d’objets de récupération à Bamako le 16&nbsp;août 2018, quelques jours après le second tour de l’élection présidentielle.&nbsp;© Issouf Sanogo/AFP</figcaption></figure>



<p>Pourquoi certains pays africains semblent-ils réussir leur transition démocratique (électorale) et d&rsquo;autres non&nbsp;? Notre étude répond à cette question en établissant une relation positive de cause à effet entre, d&rsquo;une part, le stock d&rsquo;émigrants d&rsquo;Afrique subsaharienne dans les pays de l&rsquo;OCDE durant les années 1970-1980 et, d&rsquo;autre part, le degré de démocratie dans leurs pays d&rsquo;origine durant la période contemporaine.</p>



<p>Spécifiquement, l&rsquo;étude montre que des diasporas plus importantes ont favorisé l&rsquo;émergence, dans les pays d&rsquo;origine, de sociétés civiles indépendantes qui ont ensuite joué un rôle déterminant dans les changements institutionnels et la démocratisation. En revanche, dans les pays présentant une diaspora moins importante et donc une société civile autonome inexistante, l&rsquo;absence de contre-pouvoirs a permis aux dirigeants politiques en place de déterminer l&rsquo;agenda des «&nbsp;transitions&nbsp;» et de bloquer de tels changements.</p>



<p>Les cas du Mali et du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/cameroun">Cameroun</a>&nbsp;illustrent ce constat auquel nous sommes parvenus en étudiant un échantillon de&nbsp;47&nbsp;pays africains. En effet, sur la période 1970-1980, ces deux pays affichaient des scores quasi similaires – respectivement &#8211;&nbsp;7 et &#8211;&nbsp;8 – à l&rsquo;indice de démocratie&nbsp;<a href="https://competitivite.ferdi.fr/indicateurs/polity2-polity-iv" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Polity2</a>, l&rsquo;un des plus utilisés dans la&nbsp;<a href="https://dss.princeton.edu/catalog/resource93" target="_blank" rel="noreferrer noopener">littérature</a>, dont l&rsquo;échelle va de &#8211;&nbsp;10 (monarchie héréditaire) à +&nbsp;10 (démocratie consolidée). Aujourd&rsquo;hui, le Mali affiche un score positif (+&nbsp;5) tandis que le Cameroun, même s&rsquo;il a légèrement progressé, a toujours un score négatif (-&nbsp;4). L&rsquo;observation des données sur la migration révèle que le Mali comptait, en 1980, 2,3&nbsp;fois plus de migrants vivant dans les pays de l&rsquo;OCDE que le Cameroun. Ces derniers ont permis le développement au Mali d&rsquo;une société civile autonome qui a joué un important rôle de contre-pouvoir lors de la transition démocratique des années 1990.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/01/09/19929667lpw-19929689-embed-libre-jpg_6822468.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/01/09/19929667lpw-19929689-embed-libre-jpg_6822468.jpg" alt=""/></a><figcaption>Manifestation contre le pouvoir du président Moussa Traoré, Bamako, 24&nbsp;mars 1991.© François Rojon/AFP</figcaption></figure>



<p>En effet, pendant la période d&rsquo;autocratie des années 1970-1980, les émigrants maliens ont créé des associations transrégionales visant à mettre sur pied des œuvres de développement à destination de leur pays d&rsquo;origine. La gestion de ces œuvres de développement, hors du contrôle des politiques du fait de leur grand nombre, a permis l&rsquo;autonomisation et la mise sur pied d&rsquo;organisations et de débats citoyens,&nbsp;<a href="https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_2005_num_1256_1_4374" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à partir desquels a émergé une société civile indépendante</a>. La vague de démocratisation des années&nbsp;1990&nbsp;a constitué une fenêtre d&rsquo;opportunité pour cette société civile, déjà bien organisée&nbsp;: elle a pu&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2002-2-page-277.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">exercer des contraintes suffisantes pour obtenir la chute du pouvoir autoritaire</a>, qui a eu lieu en 1991.</p>



<p>Au Cameroun, en revanche, l&rsquo;étroite population d&rsquo;émigrants n&rsquo;a pas permis le développement d&rsquo;une telle société civile capable de jouer ce rôle de contre-pouvoir. Les dirigeants politiques en place ont donc pu déterminer l&rsquo;agenda de la «&nbsp;transition&nbsp;»&nbsp;; les changements institutionnels ont en conséquence été moins susceptibles de se produire durant cette vague de démocratisation.</p>



<h4>Pourquoi la démocratie électorale qui s&rsquo;est développée en Afrique n&rsquo;assure-t-elle pas son développement économique&nbsp;?</h4>



<p>Depuis les années 1960, les performances économiques des pays africains sont principalement le reflet de l&rsquo;importance des richesses en matières premières. Les transitions démocratiques n&rsquo;ont pas modifié ce rapport de causalité. Des pays réalisant de bonnes performances démocratiques, à l&rsquo;instar du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/benin">Bénin</a>&nbsp;ou du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/senegal">Sénégal</a>, ont des niveaux d&rsquo;<a href="https://www.populationdata.net/palmares/idh/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">indice de développement humain (IDH)</a>&nbsp;inférieurs à ceux de certains pays dont les performances démocratiques sont relativement mauvaises, comme la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/guinee-equatoriale">Guinée équatoriale</a>&nbsp;ou le Cameroun. L&rsquo;explication réside dans l&rsquo;exploitation du pétrole, présent dans les deux derniers pays cités, mais pas dans les deux premiers. On peut aisément en déduire que la&nbsp;<a href="https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/le-petrole-en-passe-de-changer-leconomie-du-senegal-993560" target="_blank" rel="noreferrer noopener">récente découverte de pétrole au Sénégal</a>&nbsp;pourrait&nbsp;<em>ceteris paribus</em>&nbsp;porter ce pays au même niveau de développement économique que la Guinée équatoriale ou le Cameroun.</p>



<p>De manière globale, les récents développements révèlent que l&rsquo;Afrique subsaharienne devient la partie du monde la plus ancrée dans la pauvreté. En 1990, environ une personne sur les&nbsp;7&nbsp;personnes les plus pauvres du monde vivait en Afrique. En 2015, ce ratio est passé à&nbsp;4&nbsp;sur 7. Les&nbsp;<a href="https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/30418/9781464813306.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projections de la Banque mondiale pour 2030</a>&nbsp;montrent que, cette année-là, toutes choses égales par ailleurs, près de&nbsp;9&nbsp;des&nbsp;10&nbsp;personnes les plus pauvres du monde vivront en Afrique subsaharienne.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/01/09/19929667lpw-19929690-embed-libre-jpg_6822469.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/01/09/19929667lpw-19929690-embed-libre-jpg_6822469.jpg" alt=""/></a><figcaption>Bidonville à Abidjan, Côte d’Ivoire, 18&nbsp;mars 2019.&nbsp;© Issouf Sanogo/AFP</figcaption></figure>



<p>La démocratie n&rsquo;est donc pas synonyme de réussite économique. Au contraire, même&nbsp;: pour des États en construction, comme ceux d&rsquo;Afrique, la démocratie électorale peut plutôt promouvoir la corruption, le clientélisme, voire la fragilisation de ces États. Il en résulte une mauvaise allocation des ressources vers les activités non productives, laquelle&nbsp;<a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0304387814001564" target="_blank" rel="noreferrer noopener">freine le développement économique</a>.</p>



<h4>Que faudrait-il faire&nbsp;?</h4>



<p>Il convient de transformer la démocratie électorale en une démocratie de développement. Dans ce cadre, les débats devraient porter davantage sur les mécanismes par lesquels le pouvoir est exercé et, notamment, sur la mise sur pied de réels contre-pouvoirs, et de moins en moins sur le processus d&rsquo;accession au pouvoir. Les élites africaines, y compris celles de la diaspora, devraient œuvrer dans ce sens.</p>



<p>À cet égard, il faut souligner que la majorité des régimes politiques africains sont présidentiels ou semi-présidentiels, octroyant de larges pouvoirs aux chefs d&rsquo;État. Pour favoriser un fonctionnement plus démocratique et un développement plus efficace, il ne s&rsquo;agit donc pas seulement de définir constitutionnellement les autres différents pouvoirs – le législatif et le judiciaire –, mais aussi de s&rsquo;assurer de l&rsquo;existence de mécanismes par lesquels le pouvoir exécutif peut être contraint.</p>



<p>On peut, par exemple, remarquer que le Mali, dont il a été précédemment noté qu&rsquo;il présente de meilleures performances en matière de démocratie électorale par rapport au Cameroun, ne se distancie pas autant en matière d&rsquo;indépendance de la justice. Ainsi, sur l&rsquo;indice d&rsquo;indépendance de la justice du World Economic Forum, qui va de&nbsp;1&nbsp;à&nbsp;7&nbsp;(meilleure performance), le Mali obtient un score de 3,3, statistiquement comparable au score de 3,1 obtenu par le Cameroun. Les performances de ces deux pays sont en dessous du score médian de 3,8 d&rsquo;un&nbsp;<a href="http://www3.weforum.org/docs/GCR2017-2018/GCI_Dataset_2007-2017.xlsx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">classement qui porte sur&nbsp;137&nbsp;pays dans le monde</a>. Quand on ajoute à ce contexte le fait que les emplois qualifiés se trouvent majoritairement dans la fonction publique et dans les entreprises publiques, et que les entrepreneurs privés doivent obtenir des licences publiques, notamment pour l&rsquo;importation, on peut se demander où sont les contre-pouvoirs.</p>



<p><strong>Source:Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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