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	<title>covi-19 &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>TUNISIE : Avec les limites du « le décret de juillet », la fin des discriminations à l’encontre des subsahariens n’est pas pour demain</title>
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				<pubDate>Thu, 17 Sep 2020 10:07:46 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/TUN-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-19237" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/TUN-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/09/TUN-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption> Manifestation à la suite de l&rsquo;un des nombreux meurtres racistes dans un pays qui a du mal a assumer son africanité </figcaption></figure>



<p><strong>Longtemps considéré comme l’un des pays les plus racistes du Maghreb, la Tunisie fait de petits pas avec la pression des subsahariens et des associations locales. Mais le pays des jasmins reste bien loin du compte. Le décret de juillet dernier, portant «&nbsp;<em>exonération exceptionnelle</em>&nbsp;» pour étranger voulant quitter le territoire porte des relents de discriminations mais c’est l’ensemble du système d’accueil qui peine à s’adapter aux communautés venues d’Afrique subsaharienne.</strong></p>



<p>Alors qu’une trentaine de «&nbsp;<em>personnes d’origines africaines ont été agressées dans la rue</em>&nbsp;» depuis un an en Tunisie selon des informations concordantes d’associations et de services de police, il est évident que les chiffres sont largement sous-estimés. Sur le sujet, opacité totale. Le ministère de l’intérieur, contacté par deux fois, n’a pas daigné donner suite aux sollicitations de Afrika Stratégies France. Car dans le pays, deux formes de discriminations existent. Celles presqu’instinctives des tunisiens à l’endroit d’étrangers, notamment les noirs puis celle quasi systémiques qu’on observe dans l’administration, aux services de l’immigration et qui sont parfois favorisées par des lois passéistes. Le dernier décret gouvernemental, celui de juillet dernier qui vise à faciliter la sortie du territoire de migrants et autres subsahariens aurait pu s’étendre à «&nbsp;<em>toutes et à tous</em>&nbsp;» comme l’auraient souhaité les communautés concernées. Jean Bedel GnabIi situe ce décret en déphasage des «&nbsp;besoins réels&nbsp;». Le président d’une frange importante de la communauté ivoirienne, l’une des plus importantes avec celles malienne et camerounaise, s’étonne d’une disposition qui «&nbsp;<em>ne répond pas véritablement à nos aspirations qui sont la demande d’exonération, régularisation massive, la reconnaissance juridique des travailleurs migrants</em>«&nbsp;. L’Association des Ivoiriens Actifs de Tunisie (Assivat) dont il assume la présidence par intérim en a fait une priorité dans ses négociations avec les autorités tunisiennes.</p>



<p><strong>La loi de juillet est trop restrictive</strong></p>



<p>Les ressortissants de plusieurs pays de l’Afrique occidentale (Bénin, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Niger, …) peuvent séjourner, dans la limite de trois mois en Tunisie sans visa. Cette situation facilite, contrairement à l’Afrique centrale, l’arrivée importante de citoyens de l’ouest du continent. Mais une autre disposition de la loi soumet tout étranger qui vit au-delà des 90 jours sans disposer d’une carte de séjour à une pénalité en permanente augmentation selon le nombre de jours excédés. Face à la pandémie de Covid-19 et la fermeture inattendue des frontières qu’elle a engendrée, le gouvernement a été obligé d’alléger ce dispositif. Ceci grâce à un décret de juillet 2020 portant «&nbsp;<em>exonération exceptionnelle du droit de régularisation de situation des étrangers désirant quitter définitivement le territoire tunisien</em>«&nbsp;. Une disposition dénoncée à cause de ses restrictions. Marien Djembi MAPESSI y voit «&nbsp;<em>une volonté du législateur de permettre à de nombreux migrants en situation de vulnérabilité administrative de pouvoir retrouver une certaine dignité</em>«&nbsp;. Ce conseiller en législation migratoire espère tout de même une extension du décret, en cette période de Covid-19. &nbsp;Romdhane Ben Amor y voir une loi «&nbsp;<em>discriminatoire</em>«&nbsp;. Selon le Chargé de communication du Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux (Ftdes), les bénéfices d’une telle loi ne «&nbsp;touchent qu’une infime partie de la population migrante à savoir les étudiants ou les travailleurs qui sont en situation nettement régulière&nbsp;». Il souhaite l’extension de la loi à tout «&nbsp;migrant&nbsp;» pour éviter la récurrente situation de migrants bloqués pour des années dans le pays. Et souvent tentés de rallier l’Europe par la mer. Le Ftdes indexe d’autres dispositions qui sont «&nbsp;<em>caduques</em>&nbsp;» mais n’ayant pas été retirées du code pénal. Il s’agit notamment de la loi n°&nbsp;<strong>1968</strong>-0007 du 8&nbsp;<strong>mars 1968</strong>, relative a la condition des étrangers en&nbsp;<strong>Tunisie</strong>&nbsp;qui punit «&nbsp;<em>ceux qui, sciemment, aident directement ou indirectement ou tentent de faciliter l’entrée, la sortie, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en&nbsp;<strong>Tunisie</strong></em>«&nbsp;. Face au coronavirus, le Ftdes exige «&nbsp;<em>une régularisation de l’ensemble des migrants</em>&nbsp;» mais avec le renforcement des courants nationalistes au pouvoir, pas sûr que cela arrive de sitôt.</p>



<p><strong>Mieux accueillir les subsahariens</strong></p>



<p>El Menzah 5 est un quartier périphérique du Grand Tunis. Il est aussi l’une des zones qui regorgent, avec Al Ouina, d’une population importante de ressortissants de l’Afrique subsaharienne. Ce matin de mars 2020, les auteurs de cet article sont arrivés, tôt au Commissariat de cet arrondissement. Le service des étrangers et de l’immigration est plein à craquer. Originaire du Togo, Edem, 26 ans n’a pas eu de carte de séjour depuis 2 ans, «&nbsp;<em>et ce n’est pas faute d’avoir fait la demande</em>&nbsp;» insiste l’étudiant en médecine. En effet, la carte de séjour est valable une année mais elle n’est délivrée qu’environ 8 à 11 mois après la demande alors que sa validité porte sur la date de demande. «&nbsp;<em>Une incongruité</em>&nbsp;» s’emporte Prisca pour qui, «&nbsp;<em>finalement, la carte ne dure plus que deux ou trois mois</em>«&nbsp;. Cette camerounaise a dû se contenter d’un récépissé pendant plusieurs mois, «&nbsp;<em>ce qui m’a empêché de faire ma demande de visa auprès de l’Ambassade des USA à Tunis</em>«&nbsp;. Selon cette trentenaire qui vient de décrocher un second master, «&nbsp;<em>le système est totalement raciste</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>exclusionniste</em>&nbsp;» martèle-t-elle, en colère. Quand enfin arrive, avec deux heures de retard l’officier en charge des titres, les insultes fusent. Il s’en prend aux usagers, les affublant de tous les noms d’oiseaux. «&nbsp;<em>C’est bête de votre part d’envahir mon passage</em>&nbsp;» maugrée-t-il avant de menacer de «&nbsp;<em>les chasser tous</em>«&nbsp;. Pourtant, la quittance des cartes de séjour, entre 30 et 80 € sont déjà payées par la plupart de ces étrangers. Quand nous avons tenté d’obtenir une carte de séjour, le même officier exige une autorisation de travail alors que nous disposions, pour l’occasion d’une carte de création de société offshore, seul type d’entreprise avec la société résidente, que peut créer un étranger. Au ministère du travail, l’accueil insiste «&nbsp;<em>on ne peut pas être créateur d’entreprise et employé en même temps</em>«&nbsp;. Il s’agit de contradictions, récurrentes dans l’interprétation de la loi, qui compliquent l’obtention de papier, même pour des personnes qui sont venues étudier et disposent de tous les documents à cet effet. Cette situation pousse de plus en plus d’Africains à se tourner vers le Maroc voisin. Le royaume chérifien l’a bien compris et assouplit sans cesse les conditions d’entrée pour des étudiants ouest-africains sur son territoire. Les ressortissants de certains pays dont la Côte d’Ivoire peuvent s’y rendre sans visas. Une importante manne d’autant que de plus en plus d’étudiants appartenant à la classe moyenne préfèrent Rabat ou Casablanca à la France par exemple qui vient de multiplier par 16 à 22 les frais de scolarité pour les non-européens.</p>



<p><strong>Une légère prise de conscience face au racisme</strong></p>



<p>Depuis la loi qui sanctionne le racisme et qui a été votée en 2018, même si elle est rarement appliquée par une police parfois passive, une légère prise de conscience existe dans l’opinion. Cela d’abord grâce à Youssef Chahed, alors jeune Premier ministre dont la carrière d’enseignant en France lui offre une approche plus ouverte sur l’immigration et le reste de l’Afrique. Ces dernières années des actes de violences et d’assassinat pour des motivations racistes ont été plus ou moins relayés par la presse, ce qui a pu susciter une forme d’indignation dans le pays. Profitant de rencontres régulières, dans le cadre de lutte contre le covid-19 qui ont rassemblé pendant le confinement des autorités publiques et des organisations d’aide aux étrangers, la persistance des doléances en provenance des subsahariens ont permis à des maires, ministres et pouvoirs centraux de toucher du doigt le fléau. Mais dans un pays aussi hermétique, où à la fin de leurs études, les ressortissants africains autres que Marocains et Algériens ne peuvent travailler, les préjugés ont la vie dure. «&nbsp;<em>Mais il faut les combattre</em>&nbsp;» assène Djamila Ksiksi. Née à Médenine (sud-est) où les habitants ont la peau très foncée, elle a fait de la lutte contre le racisme dont elle fut longtemps victime, son combat. Au parlement tunisien où elle est l’unique élue «&nbsp;noire&nbsp;», elle se bat sans relâche contre toute forme de discriminations. Et si son combat est une goutte d’eau dans l’océan, elle persiste et signe, en espérant que «&nbsp;<em>l’endurance ne finisse par payer</em>«&nbsp;.</p>



<p><strong>DOBE Aboubacar Sidiki, Radio Libre Francophone, Tunisie</strong></p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France, France</strong></p>
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		<title>L&#8217;Afrique du Sud réduit encore ses taux alors que le COVID-19 étrangle l&#8217;économie</title>
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				<pubDate>Thu, 23 Jul 2020 15:30:29 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/téléchargement-4.jpeg" alt="" class="wp-image-15390"/><figcaption>La gouverneure de la Banque de réserve sud-africaine, Lesetja Kganyago</figcaption></figure>



<p>La banque centrale sud-africaine a réduit son principal taux de prêt de 25 points de base supplémentaires jeudi, à un nouveau plus bas record de 3,50%, alors que la pandémie COVID-19 étrangle l&rsquo;économie et maintient l&rsquo;inflation.</p>



<p>La décision s&rsquo;ajoute à 275 points de base de baisses de taux plus tôt cette année et était conforme à la prédiction de 13 des 28 économistes dans un récent sondage Reuters.</p>



<p>«Le comité (de politique monétaire) note que la contraction économique et la lente reprise maintiendront l&rsquo;inflation bien en dessous du point médian de la fourchette cible pour cette année», a déclaré le gouverneur de la Banque de réserve, Lesetja Kganyago, lors d&rsquo;une conférence de presse.</p>



<p>«L&rsquo;inflation devrait être bien contenue à moyen terme, demeurant proche du point médian en 2021 et 2022.»</p>



<p>La banque centrale s&rsquo;est réunie après que les données de la semaine dernière ont montré que l&rsquo;inflation à la consommation est tombée à 2,1% sur un an en mai, son plus bas depuis plus de 15 ans, contre 3,0% en avril.</p>



<p>C&rsquo;est en dessous de la fourchette cible de la banque de 3% à 6%.</p>



<p>La banque centrale s&rsquo;attend désormais à ce que le produit intérieur brut se contracte de 7,3% en 2020, contre une prévision antérieure d&rsquo;une contraction de 7,0%.</p>



<p>L&rsquo;Afrique du Sud a enregistré le plus de cas de coronavirus en Afrique, avec un nombre total d&rsquo;infections d&rsquo;un peu moins de 400000 et en augmentation de plus de 10000 par jour ces derniers jours.</p>



<p><strong>Source : Reuters Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>« L&#8217;Europe et l&#8217;Afrique doivent relever ensemble le défi du Covid-19 »</title>
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				<pubDate>Mon, 06 Apr 2020 13:56:16 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Pour le Cian*, une stratégie commune s&#8217;impose au moment où, face au Covid-19, l&#8217;Europe est au cœur du cyclone quand l&#8217;Afrique s&#8217;apprête à y entrer. L&#8217;Afrique n&#8217;échappe pas à la propagation du Covid-19. Après l&#8217;Asie, l&#8217;Europe et l&#8217;Amérique, le virus va déferler sur le continent dans les prochaines semaines.&#160;51&#160;des&#160;54&#160;États du continent sont maintenant atteints et près...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/corona-virus.jpg" alt="" class="wp-image-14010" width="721" height="438" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/corona-virus.jpg 512w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/02/corona-virus-300x182.jpg 300w" sizes="(max-width: 721px) 100vw, 721px" /><figcaption>coronavirus</figcaption></figure>



<h4>Pour le Cian*, une stratégie commune s&rsquo;impose au moment où, face au Covid-19, l&rsquo;Europe est au cœur du cyclone quand l&rsquo;Afrique s&rsquo;apprête à y entrer.</h4>



<p>L&rsquo;Afrique n&rsquo;échappe pas à la propagation du Covid-19. Après l&rsquo;Asie, l&rsquo;Europe et l&rsquo;Amérique, le virus va déferler sur le continent dans les prochaines semaines.&nbsp;51&nbsp;des&nbsp;54&nbsp;États du continent sont maintenant atteints et près de 10&nbsp;000 cas sont maintenant recensés. Les principaux foyers se situent toujours en Afrique du Sud, en Égypte et dans les trois pays du Maghreb, mais l&rsquo;épidémie progresse partout. Concentrée sur sa propre gestion de cette crise dramatique, l&rsquo;Europe semble négliger les conséquences de l&rsquo;expansion du virus au sud de la Méditerranée. L&rsquo;Afrique est pratiquement absente du débat public.</p>



<p>Les pays du continent vont avoir les pires difficultés à lutter contre ce virus invisible&nbsp;: les mesures de confinement mises en œuvre ailleurs risquent de ne pas pouvoir être reproduites à l&rsquo;identique. Les données épidémiologiques, souvent lacunaires, ne permettront pas de refléter la progression réelle du Covid-19. Les équipements manquent, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des masques, des tests de dépistage ou des appareils respiratoires. La densité de population dans les métropoles africaines – Lagos compte 20&nbsp;millions d&rsquo;habitants – va en outre favoriser les contaminations. Le seul facteur d&rsquo;espoir, qui demande à être confirmé, réside dans la jeunesse de la population du continent&nbsp;: la médiane d&rsquo;âge s&rsquo;établit à 21&nbsp;ans en Afrique subsaharienne et à 31&nbsp;ans au Maghreb, contre 47&nbsp;ans en Italie. Or il semblerait que le Covid-19 soit moins virulent auprès des jeunes. Mais cela suffira-t-il&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/06/20223327lpw-20223377-embed-libre-jpg_7027310.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/06/20223327lpw-20223377-embed-libre-jpg_7027310.jpg" alt=""/></a><figcaption>Pour Etienne Giros,&nbsp;président délégué du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique), « les pays du continent vont avoir les pires difficultés à lutter contre ce virus invisible ». © DR</figcaption></figure>



<p><strong>Une crise économique sans précédent</strong></p>



<p>Au-delà des drames humains, les conséquences de cette crise de santé publique s&rsquo;annoncent dramatiques sur le plan économique. L&rsquo;ONU estime que le continent a un besoin immédiat de 200&nbsp;milliards de dollars pour répondre aux défis sanitaires. Il en faudra probablement dix fois plus pour atténuer les effets sur les économies africaines. Les pays africains n&rsquo;ont pas les réserves financières ou les capacités que l&rsquo;Europe peut mobiliser. Une récession paraît inéluctable, car les mauvaises nouvelles s&rsquo;additionnent. Le prix des matières premières, principales ressources à l&rsquo;exportation des pays africains, est en train de baisser fortement. Et des secteurs entiers des économies sont d&rsquo;ores et déjà à l&rsquo;arrêt, comme le transport aérien, le tourisme et l&rsquo;hôtellerie. L&rsquo;informel, qui représente près de 80&nbsp;% des emplois sur le continent, sera durement touché par la chute de l&rsquo;activité. Ceux qui travaillent dans ce secteur mangent le soir ce qu&rsquo;ils ont gagné pendant la journée. À la crise sanitaire pourrait bien s&rsquo;ajouter l&rsquo;urgence alimentaire.</p>



<p>L&rsquo;effondrement des prix du pétrole représente une autre menace majeure. Les pays africains producteurs ont besoin de cours à 60-70&nbsp;dollars pour assurer leur équilibre financier. Avec un baril à&nbsp;25&nbsp;dollars, ils connaîtront, à brève échéance, une crise de liquidités. On estime le manque à gagner pour les pays pétroliers africains à près de 100&nbsp;milliards de dollars en 2020, dont 25&nbsp;milliards pour le seul Nigeria, la première économie du continent. L&rsquo;argent qui irrigue l&rsquo;économie va venir à manquer, par exemple dans le secteur des exportations agricoles où il faut préfinancer les campagnes pour permettre aux filières de fonctionner (cacao, café, coton, bois tropicaux). Dans beaucoup d&rsquo;États où la protection sociale est quasi inexistante, l&rsquo;émergence de tels blocages économiques peut déboucher sur des tensions sociales et une flambée de l&rsquo;insécurité.</p>



<p><strong>Une réponse collective s&rsquo;impose</strong></p>



<p>Face à ces bouleversements annoncés, la réponse ne peut être que collective et multilatérale. Il faut mettre à disposition des États africains la trésorerie nécessaire pour leur permettre d&rsquo;accorder à leurs entreprises des reports ou des réductions d&rsquo;impôts et de cotisations. Sinon, le secteur privé africain, déjà chancelant, sera mis à contribution pour faire face à la crise alors qu&rsquo;il n&rsquo;en a plus les moyens. Il faut aussi suspendre le remboursement de la dette publique de l&rsquo;Afrique&nbsp;pour lui donner de l&rsquo;oxygène. Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a lancé un appel en ce sens. Il doit être entendu&nbsp;! Cette décision appartient aux bailleurs de fonds internationaux, mais aussi à la Chine. Ensuite, il faudra vite réfléchir à réactiver les circuits d&rsquo;aide alimentaire et sanitaire pour les populations.</p>



<p>Une autre mesure salutaire pour aider l&rsquo;Afrique consisterait à ce que les pays de l&rsquo;Opep&nbsp;et la Russie interrompent leur guerre tarifaire suicidaire et mettent fin à la spirale surproduction/effondrement de la demande. C&rsquo;est une mesure politique qui peut être prise très rapidement.</p>



<p>Il appartient à la communauté internationale de prendre conscience de la gravité de la crise qui se joue en Afrique. Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française, a annoncé qu&rsquo;un paquet financier serait mobilisé pour aider le continent à surmonter les effets sanitaires et économiques de la pandémie. Il doit être mis en œuvre sans plus tarder avec nos partenaires de l&rsquo;Union européenne. Nous avons une obligation de solidarité, mais aussi un intérêt à la mettre en œuvre, car le virus ne connaît pas de frontières. L&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique devront trouver ensemble une réponse à ce défi global. Les entreprises françaises investies en Afrique y prendront leur part, comme elles l&rsquo;ont déjà montré par le passé.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Covid-19 en Afrique : pistes de réflexion pour une stratégie de distanciation sociale adaptée au continent</title>
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				<pubDate>Fri, 03 Apr 2020 20:07:09 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Depuis le début de l&#8217;épidémie, la majorité des recommandations de prévention se sont concentrées sur les pays à revenu intermédiaire et à revenu élevé. Oui, il sera incommensurablement plus difficile de mettre en œuvre la distanciation sociale en Afrique. Mais ces mesures n&#8217;en sont que plus essentielles pour les semaines qui se profilent. A ce...]]></description>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/cassandre-pignon.jpg" alt="" class="wp-image-15830" width="719" height="360" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/cassandre-pignon.jpg 612w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/cassandre-pignon-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 719px) 100vw, 719px" /><figcaption> Cassandre Pignon est la directrice régionale pour l&rsquo;Afrique du Nord et de l&rsquo;Ouest pour IDinsight, un organisme de recherche à but non lucratif qui utilise les techniques data de pointe pour aider les dirigeants à maximiser leur impact social. Ingénieur des Ponts et Chaussées, ancienne du cabinet McKinsey et ex-conseillère en gouvernance au sein de la Fondation Tony Blair pour l&rsquo;Afrique, Cassandre est également diplômée de la Harvard Kennedy School. (Crédits : IDinsight) </figcaption></figure>



<p> <strong>Depuis le début de l&rsquo;épidémie, la majorité des recommandations de prévention se sont concentrées sur les pays à revenu intermédiaire et à revenu élevé. Oui, il sera incommensurablement plus difficile de mettre en œuvre la distanciation sociale en Afrique. Mais ces mesures n&rsquo;en sont que plus essentielles pour les semaines qui se profilent.</strong></p>



<p>A ce jour, l&rsquo;écrasante majorité des gouvernements africains ont pris des mesures initiales de distanciation sociale &#8211; fermetures de frontières, restrictions des transports, fermetures d&rsquo;écoles et interdictions des grands rassemblements. L&rsquo;Afrique du Sud a entamé un confinement total. Mais alors que d&rsquo;autres pays envisagent d&rsquo;y passer, force est de constater que ces confinements sans date de fin génèrent de la violence envers les populations et des réactions (migrations massives vers les campagnes, scènes de panique) contre-productives.</p>



<p>Plutôt qu&rsquo;un confinement total et brutal, les dirigeants devraient proposer des orientations claires, détaillées, adaptant la distanciation sociale à la réalité de la vie communautaire en Afrique, aux besoins des acteurs de l&rsquo;informel et à ceux des familles vivant dans des conditions insalubres.</p>



<h4><strong>Restreindre les activités communautaires comme premier axe de réponse</strong></h4>



<p>La vie communautaire tient une place prépondérante sur le continent, et devrait donc être adressée d&rsquo;autant plus vite que les conséquences économiques de restrictions seront minimes. S&rsquo;ils ne sont pas interdits, les services religieux peuvent être adaptés, notamment en limitant la fréquentation ou en les déplaçant en extérieur. Les réunions de famille, les mariages et les funérailles peuvent être suspendus ou limités. Les événements sportifs et culturels &#8211; et même la pratique au niveau communautaire &#8211; peuvent également être suspendus.</p>



<p><strong>Répondre aux besoins des entreprises semi-formelles et informelles<br></strong>Les entreprises semi-formelles et informelles constituent l&rsquo;essentiel de l&rsquo;économie&nbsp;: les décideurs doivent donc faire preuve de créativité et mettre en place des orientations solides pour ces entreprises. Les vendeurs peuvent utiliser des objets ou tracer des lignes pour indiquer comment les gens doivent faire la queue pour encourager la distanciation sociale. Les décideurs devraient envisager de fermer les grands marchés et marchés couverts, et d&rsquo;ouvrir&nbsp;à la place des marchés de quartier.&nbsp; Le nombre de passagers dans les transports publics doit être limité, et de nouvelles directives d&rsquo;hygiène diffusées. La marche et le vélo doivent être encouragés dans la mesure du possible.</p>



<p><strong><br>Fournir des directives claires aux ménages pour aider à protéger les plus vulnérables</strong></p>



<p>Au sein des ménages, les mesures de distanciation sociale devraient se concentrer sur trois aspects : limiter les contacts avec les personnes extérieures au foyer et protéger les plus vulnérables, diffuser des recommandations d&rsquo;hygiène spécifiques aux pratiques locales (ne plus manger dans un même plat par exemple), et protéger les populations rurales des migrants revenant des villes. Les familles doivent être encouragées à identifier les personnes vulnérables au sein de leur ménage et à les isoler autant que possible. Avec les restrictions à la mobilité et la perte d&#8217;emplois, des millions de migrants ruraux-urbains voudront rentrer chez eux, propageant involontairement la maladie dans les zones rurales&nbsp;: des règles de quarantaine spécifiques pour ces populations doivent être édictées en amont.</p>



<p><strong>La communication comme pilier clé de toute stratégie de prévention.</strong></p>



<p>En plus de refléter les comportements qu&rsquo;ils attendent des citoyens &#8211; c&rsquo;est-à-dire, respecter la distance sociale lors des conférences de presse, ce que l&rsquo;on voit encore trop rarement, les chefs d&rsquo;Etat auront besoin du soutien des leaders religieux, chefs traditionnels, artistes et athlètes célèbres &#8211; pour diffuser leurs messages clés. Ces messages, simples, cohérents et diffusés sur de multiples canaux, doivent pouvoir être compris des populations moins lettrées ou parlant des langues minoritaires. Tester la compréhension des messages avec un échantillon de répondants avant de les étendre à grande échelle permettra d&rsquo;éviter la confusion. Enfin, si la police ou l&rsquo;armée sont chargées de faire appliquer ces mesures, leur objectif premier devrait être d&rsquo;éduquer le public et non de le réprimer, car l&rsquo;utilisation de la force érode la confiance &#8211; un facteur essentiel pour que les populations suivent les recommandations, comme l&rsquo;a démontré la crise d&rsquo;Ebola.</p>



<p><strong>Source: La Tribune Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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