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	<title>Bédié &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Konan Kouadio Bertin : « Bédié, 2020, le Rhdp, Blé Goudé, la Côte d’Ivoire et moi »</title>
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				<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 15:43:57 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG-20191227-WA0026-750x430.jpg" alt="" class="wp-image-12843" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG-20191227-WA0026-750x430.jpg 750w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/IMG-20191227-WA0026-750x430-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption> Konan Kouadio Bertin </figcaption></figure>



<p><strong>Pertinent et ferme, ce quinquagénaire qui a fait des études en Allemagne a tout d’un germanique. Cohérent et structuré. Dans son bureau dans les locaux de Deux Plateaux Les Perles qui lui servent de siège, un impressionnant éléphant, symbole du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Pdci. D’entrée de jeu et faisant allusion à l’alliance qui a, pendant huit années, uni son parti au Rassemblement des républicains (Rdr), il lance une blague «&nbsp;<em>un éléphant ne rentre jamais dans une case, il peut seulement y introduire la tête&nbsp;»</em>. De sa candidature passée (en 2015), il ne regrette rien, «&nbsp;<em>puisque la suite a fini par me donner raison</em>&nbsp;» ironise celui qui est arrivé en troisième position. Mais ce très proche de l’ancien président dont on dit «&nbsp;un radical du bédiéisme&nbsp;» aurait voulu épargner à Henri Konan Bédié cet épisode. «&nbsp;<em>Il est mon père</em>&nbsp;» insiste-t-il, avec un brin de remord. Mobilisateur et combatif, Konan Kouadio Bertin (KKB) aura dirigé la jeunesse du parti pendant treize années. Au fil des années, celui qui a réussi à faire revenir au pays en une année l’ancien président ivoirien victime d’un coup d’état en 1999 a construit des relations très affectives avec le Sphinx de Daoukro. Bédié a d’ailleurs été son parrain de mariage et il lui est reconnaissant de lui avoir donné des occasions de servir son pays. Il a déjà annoncé ne pas être candidat en 2020 contre son «&nbsp;père&nbsp;» mais compte tenu de son expérience de la campagne électorale, il espère être l’oiseau rare qui ramènera le Pdci au pouvoir. Mais on en est encore loin. En attendant, ce député futé et intelligent fait discrètement du lobbying, insiste sur l’union de l’opposition, ressoude les liens avec Nzueba, affectueux pseudonyme de Bédié et travaille à une nouvelle Côte d’Ivoire. Homme de réseaux, amusant et accessible, il a, en 2015, incarné une certaine jeunesse ivoirienne. Prolifique, ce fils de paysan qui l’assume en bon baoulé, ethnie du centre de la Côte d’Ivoire (25% de la population) se livre à Afrika Stratégies France. Percutant et éloquent, sans rien perdre de son sens de critique. Lecture&nbsp;!</strong></p>



<p><strong>Lors de la présidentielle de 2015, vous étiez 3<sup>e</sup>. Pourquoi avoir renoncé cette fois-ci&nbsp;?</strong></p>



<p>Moi je suis baoulé, je ne m’en cache point. Je suis fils de paysan. Quand comme moi, on a été baoulé et fils de planteur, on a une culture forte de loyauté. Je ne dis pas que je suis venu au Pdci-Rda parce que je suis baoulé, j’y suis venu par fortes convictions. Etant républicain, j’ai été donc choqué par le coup d’Etat de 1999 qui a renversé un président élu. Dès lors, je me suis promis trois choses. Disons trois engagements. Ramener le président Henri Konan Bédié au pays, je l’ai fait en une année. Je mets au défi quiconque pour m’en dire le contraire. Ensuite, je devais le réinstaller à la tête du parti, je l’ai réussi en 2002. Une tâche d’autant plus délicate que des cadres du Parti ont fait une réunion pour l’écarter de la présidence comme s’ils cautionnaient ce coup d’état. Mon troisième engagement est de le réhabiliter et de le faire président de la République, je n’y suis pas encore parvenu, mais je le ferai. Je suis animé par la ferme conviction que notre parti ne doit pas disparaître avec la mort de Félix Houphouët-Boigny. C’est pour cela qu’en 2015, alors que le parti a décidé d’avoir un candidat, naturellement en la personne de Bédié, ce dernier s’est retrouvé à Daoukro et a changé ces bases décidées de commun accord pour ne pas être candidat. J’étais contre, tout comme j’étais contre le ralliement ou l’alliance avec le Rdr. J’ai dû donc, contre l’avis de mon «&nbsp;papa&nbsp;» Bédié, me retrouver candidat. Cette décision a été plus que douloureuse mais je n’avais pas le choix. Mais je l’ai déjà dit, je le répète, si Bédié est candidat en 2020, je ne serai pas candidat contre lui. Et bien naturellement, s’il m’appelle à ses côtés, et je l’espère, je travaillerai à sa victoire.</p>



<p><strong>Si à défaut du président du parti, quelqu’un d’autre est choisi, autre que Henri Konan Bédié, le soutiendrez-vous&nbsp;?</strong></p>



<p>Si quelqu’un d’autre est choisi, dans les conditions que je vous indique, alors, par loyauté, par discipline,&nbsp; ce qui est valable pour Bédié,&nbsp; doit l’être pour n’importe lequel d’entre nous. Si moi je suis le premier à dire que je ne veux pas m’aligner et si on me choisissait, que feront les autres ?</p>



<p><strong>Pour une élection, l’instrument le plus important, c’est la Commission électorale, la Cei. Après sa récente installation, elle a été contestée par certains partis politiques dont le vôtre. Iriez-vous tout de même à la présidentielle avec cette commission électorale?</strong></p>



<p>Je vous renvoie encore quelques années en arrière, j’étais déjà député et je me suis opposé à cette Cei déjà en 2012, 2013, 2014. Je dis les mêmes causes produisant les mêmes effets, si on n’y prend garde, de la même façon que cette Cei, pendant&nbsp;qu’elle n’a pas changé,&nbsp; nous a conduit à la guerre en 2011, elle peut encore nous attirer des ennuis. C’est pourquoi je dis, nous sommes dans le pays d’Houphouët-Boigny et ceux qui sont au pouvoir se réclament d’Houphouët. Si on n’y prend garde,&nbsp;les ingrédients sont en train d’être mis en place encore, pour un blocage. Nous serons face à une situation où, soit on va à une insurrection, soit on va au dialogue. Qu’est-ce qu’on doit choisir ? Le dialogue.</p>



<p><strong>Mais qu’est-ce que vous reprochez concrètement à la Cei?</strong></p>



<p>Elle est anticonstitutionnelle. Il faut qu’elle soit une Cei qui soit conforme aux prescriptions de notre constitution. Celle qui existe en ce moment est loin d’être conforme aux prescriptions de la constitution, rien que pour ça, je ne peux pas donc accepter…</p>



<p><strong>De façon concrète, qu’est-ce qu’il faut changer pour que cette Cei soit viable&nbsp;?</strong></p>



<p>D’abord, son indépendance. Actuellement, elle ne rassemble que des membres de la même couleur politique. Il faut une Cei qui rassemble les grandes tendances du pays et qui fasse assidûment l’objet d’un consensus, sinon nous irons au chaos. La question de la carte d’identité doit être prioritaire. N’oubliez pas qu’il y a eu la guerre parce que trois millions d’ivoiriens avaient été exclus. L’Etat s’est engagé à Marcoussis (localité de la banlieue parisienne où se sont déroulés des pourparlers entre ivoiriens, Ndlr). Aujourd’hui, ils sont encore plus nombreux à ne pas avoir de pièces d’identité. Le gouvernement leur demande de payer cinq mille, ce qui est colossale. Il faut faciliter l’accès aux pièces d’identité pour permettre à un plus grand nombre de voter.</p>



<p><strong>Puisque vous parlez de&nbsp; l’identité, on a eu l’impression ces derniers mois, que le relent identitaire revient dans le discours du président de votre parti avec la question d’orpailleurs étrangers. Est-ce que vous n’avez pas peur que ces relents identitaires ne produisent de la violence&nbsp;?</strong></p>



<p>Pas d’amalgame là-dessus. Le président Bédié évoquait un problème réel. C’est vrai que l’ivoirité a posé beaucoup de problèmes à notre pays, mais dénoncer l’orpaillage clandestin, cela n’a rien d’ivoiritaire.</p>



<p><strong>Un autre problème de l’opposition ivoirienne, le principal, c’est l’union.&nbsp; Les égos ont entretenu trop de grands candidats. Bédié, Soro, Affi Nguessan, Mamadou Koulibaly… Est-ce que cela ne vous empêche pas de faire efficacement face à la machine d’Etat qu’est le Rhdp&nbsp;?</strong></p>



<p>C’est la preuve qu’il nous manque (et je pèse bien mes mots), une maturité politique. Regardez en France,&nbsp; en 2002, Jacques Chirac s’est retrouvé face à Jean-Marie Lepen. Les socialistes en France sont reconnus pour être les rivaux traditionnels&nbsp;de la droite. Mais ils viennent tous sans conditions, se mettre autour de Chirac,&nbsp; pour freiner Jean-Marie Lepen. Parce que tous les Français sont unanimes pour dire qu’ils ne veulent pas que la France soit gouvernée par les idées de Jean-Marie Lepen. Hier, sous nos yeux,&nbsp;le président Macron s’est retrouvé avec la fille&nbsp;de Jean-Marie Lepen, même scénario. Le rassemblement s’impose donc à nous pour l’intérêt des ivoiriens. Nous devons nous mettre ensemble. Mais pour&nbsp;l’instant, nous n’en sommes pas là. C’est d’ailleurs pour cela que les gens croient que Blé Goudé&nbsp; et moi sommes en train de construire la classe politique de demain. Blé Goudé est connu comme de la gauche,&nbsp; &nbsp;moi de la droite, nous en sommes conscients, mais nous sommes Ivoiriens. Nous prenons l’engagement de dire que nos ambitions ne peuvent pas nous conduire demain à mettre la vie des Ivoiriens&nbsp; en péril. L’union s’impose à nous.</p>



<p><strong>Alassane Ouattara entretient un certain flou sur sa candidature éventuelle, il l’a dit récemment, si des gens de sa génération, notamment votre président, Bédié, et Gbagbo sont candidats,&nbsp; il le serait…</strong></p>



<p>Monsieur Alassane Ouattara, je l’ai entendu souvent dire qu’il veut bâtir un grand pays.&nbsp; Les ponts et les échangeurs ne suffisent pas pour dire qu’un pays est grand. La grandeur d’un pays se mesure aussi dans la stabilité&nbsp;de sa constitution.&nbsp; La Côte d’Ivoire, mon pays, ne peut pas injustement se mettre sur la liste de ces Etats qui sont abonnés au tripatouillage&nbsp;des constitutions, ce n’est pas bien. Cela n’honore personne, mais au-delà de ça, la politique est avant tout éthique et elle est morale. Alassane Ouattara a dit récemment, il n’y a pas si&nbsp; longtemps que quand un Ouattara dit, il le fait. Mais Alassane ne peut pas faire mentir un Ouattara. Puisque Alassane lui-même a dit vouloir passer le pouvoir à une nouvelle génération. En Côte d’Ivoire on dit «&nbsp;ce qui est dit est dit&nbsp;». Le problème n’est plus de savoir, si Bédié est candidat ou pas.&nbsp; C’est Alassane lui-même qui le premier, a suscité la candidature de Konan Bédié, par la modification de notre constitution. L’ancienne constitution fixait la limite de la candidature à 75ans. Si on n’avait pas modifié cette constitution, Bédié ne serait pas aujourd’hui dans le débat. Ce que je retiens, Alassane Ouattara a dit&nbsp;que quand un Ouattara dit, il le fait et le Ouattara a dit qu’il passera le témoin, je lui fais confiance pour tenir parole.</p>



<p><strong>La Côte d’Ivoire, un magnifique pays. Et économiquement en forme depuis que Ouattara est là, la croissance est à 8%, le budget en augmentation l’année prochaine de 10%,&nbsp; l’inflation annuelle est maîtrisée à 0,4%, le minimum c’est que économiquement le pays est au vert.&nbsp;</strong></p>



<p>Ces dernières années, je vous informe au passage, qu’il semble que tous les Africains qui meurent en mer sont majoritairement des Ivoiriens, alors comment vous l’expliquez? Quel El Dorado vous décrivez de cette façon là et qui pousse les Ivoiriens en mer&nbsp;? Si tout allait aussi bien que vous le dites, la jeunesse restera pour développer le pays.</p>



<p><strong>Quand vous jetez un coup d’œil sur les 10ans que Ouattara est en train de faire au pouvoir, votre parti a d’ailleurs fait 8ans avec lui, quels sont les domaines dans lesquels vous estimez que la majorité présidentielle a réussi ?</strong></p>



<p>La seule chose que&nbsp; je retiens de positif, depuis que Ouattara est au pouvoir, c’est la naissance du Rhdp. Quand Ouattara arrivait au pouvoir avec le Rdr, sur 6 députés que compte la circonscription électorale d’Abobo, vous avez 6 Dioula, à Yopougon, sur 6 sièges, vous aviez 6 Dioula. Au gouvernement, si vous avez 37 membres, vous avez 32 Dioula. Avec la naissance du Rhdp, de plus&nbsp;en plus, on a commencé à se rendre compte que le Rdr fait de son mieux pour étendre son action au profit de l’ensemble des Ivoiriens.</p>



<p><strong>Propos recueillis à Abidjan par MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>La rencontre entre Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo : un « acte fort pour la réconciliation nationale »</title>
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				<pubDate>Mon, 29 Jul 2019 14:20:25 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/07/bédié.jpg" alt="" class="wp-image-7449" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/07/bédié.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/07/bédié-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p>C&rsquo;est une rencontre qui fait figure d&rsquo;événement politique majeur en Côte d’Ivoire. Les anciens chefs d’État Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo se sont retrouvés ce lundi 29 juillet 2019, à Bruxelles.</p>



<p>Au siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ce lundi matin, les visages des employés sont radieux. Regroupés devant la mythique salle du Bureau politique où Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire et fondateur du parti, a présidé d’importantes réunions durant des années, ils commentent la rencontre tant de fois annoncée entre les deux anciens ennemis politiques. D’abord annoncé samedi, puis dimanche, ce rendez-vous entre Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo a finalement eu lieu ce lundi matin à Bruxelles, après&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/809397/politique/cote-divoire-la-rencontre-entre-laurent-gbagbo-et-henri-konan-bedie-est-imminente/">plusieurs mois de préparation par les équipes des deux anciens présidents ivoiriens</a>.</p>



<h4>« Réconciliation nationale »</h4>



<p>« Un acte fort, à la fois républicain et fraternel, qui doit être partagé et soutenu dans l’amorce de la réconciliation nationale ». Ce sont les mots de Laurent Gbagbo pour qualifier sa rencontre avec Henri Konan Bédié.&nbsp;Dans un communiqué final publié à l’issue de la rencontre, les deux hommes se sont «&nbsp;particulièrement réjouis de cette première rencontre depuis la fin de la crise postélectorale intervenue à la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle en novembre 2010&nbsp;» et ont «&nbsp;tenu à exprimer leur compassion et leur solidarité au peuple de Côte d’Ivoire pour les traumatismes et les nombreux préjudices subis au cours de cette crise&nbsp;», saluant par ailleurs&nbsp;«&nbsp;la mémoire de toutes les victimes et des personnes malheureusement disparues pendant ces tristes et douloureux événements&nbsp;».</p>



<p>Sur le plan politique, Henri Konan Bédié, qui « s’est particulièrement réjoui de l’acquittement du président Laurent Gbagbo », affirme également souhaiter son « retour rapide en Côte d’Ivoire pour participer activement au processus de réconciliation nationale ».</p>



<h4>Critiques contre « l’ingérence de l’exécutif »</h4>



<p>Affirmant avoir «&nbsp;convenu [ensemble] de l’urgente nécessité d’œuvrer pour le retour d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire&nbsp;», Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo écrivent «&nbsp;déplorer les atteintes portées aux acquis démocratiques et à l’État de droit en Côte d’Ivoire&nbsp;» et s’insurgent contre ce qu’ils qualifient d’« ingérence du pouvoir exécutif » dans le fonctionnement des partis politiques. Ils ont plaidé en chœur pour «&nbsp;la libération de tous les prisonniers politiques, civils et militaires, et le retour en sécurité de tous les exilés&nbsp;».</p>



<p>Les deux anciens présidents se sont également exprimé sur l’âpre débat qui fait rage sur la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) réclamant un « réforme profonde » de l’institution présidée depuis 2010 par Youssouf Bakayoko.</p>



<p>Après la rencontre formelle, les deux hommes ont déjeuné ensemble, en compagnie, notamment d’Henriette Bedié, épouse d’Henri Konan Bédié, et de&nbsp;Nady Bamba, seconde épouse de Laurent Gbagbo.</p>



<h4>Une rencontre préparée pendant plusieurs mois</h4>



<p>Chaque mot a été minutieusement pesé.&nbsp;Toute la nuit de dimanche à lundi, les équipes des deux hommes ont travaillé sur ce communiqué final. Chacun des deux leaders a reçu copie de ce projet de communiqué avant d’y apporter ses corrections.</p>



<p>Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du PDCI, cheville ouvrière de ce rapprochement, et Assoa Adou, secrétaire général de la dissidence du Front populaire ivoirien avaient quitté Abidjan pour Paris dès vendredi, accompagnés de leurs proches. Samedi, le second a rejoint Bruxelles, où vit Laurent Gbagbo depuis sa libération conditionnelle par la CPI en février dernier. En compagnie du journaliste Franck Anderson Kouassi, porte-parole du FPI resté fidèle à Laurent Gbagbo, et d’Emmanuel Acka, proche de l’ancien président, ils ont travaillé avec une équipe du PDCI conduite par Narcisse N’Dri, porte-parole d’Henri Konan Bédié pour peaufiner les derniers détails de cette rencontre qui fait figure d’événement politique majeur en Côte d’Ivoire.</p>



<p>À Abidjan, tous les yeux étaient rivés sur Bruxelles, des&nbsp;militants du PDCI, à ceux du FPI – les deux tendances confondues, dont celle de Pascal Affi N’Guessan, snobé pour la circonstance par Henri Konan Bédié –&nbsp; en passant par ceux du Rassemblement&nbsp;des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, d’Alassane Ouattara). Assoa avait pris soin de préparer ses militants à cette rencontre : «&nbsp;Nous suivrons les instructions que les présidents Bédié et Gbagbo donneront&nbsp;», avait-il prévenu à l’issue d’une rencontre à Abidjan avec des responsables du PDCI.</p>



<h4>Le RHDP affiche sa sérénité</h4>



<p>Au sein du pouvoir, on tente de minimiser les effets de cette rencontre sur l’état d’esprit des militants du RHDP, en évoquant les chiffres des dernières élections, boycottées par une importante partie de l’opposition. «&nbsp;Au niveau du Parlement, nous ne sommes pas loin de la majorité absolue. Nous avons 130 mairies, 24 régions. Je crois que la représentativité du RHDP doit non seulement nous assurer la victoire [à la présidentielle d’octobre 2020]&nbsp;», nuance Adama Bictogo,&nbsp;proche du président Alassane Ouattara, avant d’affirmer que «&nbsp;s’il y a des gens qui doivent avoir peur, c’est bien au sein de l’opposition, parce que Bédié et Gbagbo, c’est 1+1=1. Il n’y aura aucune valeur ajoutée d’une rencontre entre eux.&nbsp;»</p>



<p>« Le pouvoir veut montrer sa sérénité face à cette rencontre, il reste qu’il doit avoir quand même une certaine crainte&nbsp;», objecte le politologue Sylvain N’Guessan. Même si l’idée d’une alliance formelle est toujours en discussion, ce rapprochement entre les deux hommes pourrait cependant inquiéter le RHDP, qui n’est plus la même coalition qui a pris le pouvoir en 2010 face à Laurent Gbagbo. La rupture entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, puis Guillaume Soro – les trois acteurs principaux du RHDP en 2010 – d’une part, et les rapprochements entre Bédié et Soro, puis Bédié et Gbagbo, sonne comme une confirmation de la recomposition totale du paysage politique ivoirien.</p>



<p>Source:Jeune Afrique/Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </p>
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		<title>Côte d’Ivoire : le PDCI dénonce un « mauvais procès » fait à Bédié après ses propos sur les étrangers</title>
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				<pubDate>Tue, 11 Jun 2019 09:37:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/Henri-Konan-Bedie_0.jpg" alt="" class="wp-image-5348" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/Henri-Konan-Bedie_0.jpg 1023w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/Henri-Konan-Bedie_0-300x170.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/06/Henri-Konan-Bedie_0-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 1023px) 100vw, 1023px" /><figcaption> <a rel="noreferrer noopener" target="_blank" href="http://www.rfi.fr/afrique/20180811-cote-ivoire-rencontre-fpi-pdci-konan-bedie-affi-nguessan-alliance">RFI</a>Côte d&rsquo;Ivoire: Henri Konan Bédié, du PDCI, reçoit Pascal Affi N&rsquo;Guessan, du FPI </figcaption></figure>



<p><strong>Le parti de l&rsquo;ex-président ivoirien Henri Konan Bédié a dénoncé « un mauvais procès fait au président Bédié », après la condamnation par le gouvernement de ses propos très polémiques contre les étrangers, à seize mois de l&rsquo;élection présidentielle.</strong></p>



<p>Face à la polémique, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI)&nbsp;a été contraint de prendre la parole, dénonçant des propos «&nbsp;sortis de leur contexte&nbsp;». «&nbsp;Le gouvernement a choisi délibérément des morceaux des propos du président du PDCI sortis de leur contexte pour en faire une exploitation tendancieuse&nbsp;», a déclaré Jean-Louis Billon, le secrétaire exécutif chargé de la communication du parti, lors d’une conférence de presse convoquée en urgence lundi 10 juin.</p>



<p>Jean-Louis Billon a par ailleurs dénoncé&nbsp;«&nbsp;le laxisme des autorités&nbsp;» face aux problèmes évoqués par Henri Konan Bédié, les conflits intercommunautaires récurrents, l’orpaillage clandestin, et des nombreux cas de fraude, selon lui, sur l’identité ivoirienne.</p>



<h2>Des propos «&nbsp;d’une extrême gravité&nbsp;»</h2>



<p>Samedi, le gouvernement ivoirien a condamné dans un communiqué des «&nbsp;propos d’une extrême gravité, appelant à la haine de l’étranger&nbsp;». Trois jours plus tôt, devant des délégués de son parti qu’il recevait dans sa résidence de Daoukro, l’ex-président avait déclaré :&nbsp;«&nbsp;Actuellement, on fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n’accepteront jamais cela&nbsp;».</p>



<p>Dans cette intervention filmée et diffusée sur le site internet du PDCI, Henri Konan Bédié avait aussi incriminé «&nbsp;des étrangers armés&nbsp;» présents en Côte d’Ivoire. «&nbsp;Le moment venu, nous agirons, pour empêcher ce hold-up sur la Côte d’Ivoire sous le couvert d’orpaillage&nbsp;», a-t-il ajouté, évoquant «&nbsp;d’autres (étrangers) qu’on fait venir clandestinement&nbsp;» et à qui «&nbsp;on fait faire des papiers&nbsp;», possiblement pour «&nbsp;fausser&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/782410/politique/presidentielle-2020-en-cote-divoire-guillaume-soro-en-embuscade/">les élections de 2020 »</a>.</p>



<h3>«&nbsp;La haine de l’étranger&nbsp;»</h3>



<p>«&nbsp;Ces propos, d’une extrême gravité, appelant à la haine de l’étranger, sont de nature à mettre en péril, au-delà de la paix et de la cohésion sociale, l’unité nationale et la stabilité du pays&nbsp;», a fustigé le gouvernement, par la voix de son porte-parole, le ministre de la Communication, Sidi Touré.</p>



<p>Mais pour Jean-Louis Billon, en revanche, l’ex-chef d’État «&nbsp;n’a fait que porter à l’attention de l’opinion (…) des faits troublants et récurrents, vécus par les populations ivoiriennes&nbsp;».</p>



<p>En Côte d’Ivoire, où une partie importante des 25 millions d’habitants est issue de l’immigration, la question de la nationalité est sensible depuis l’apparition du<a href="https://www.jeuneafrique.com/136580/politique/ivoirit-quand-tu-nous-tiens/">&nbsp;concept d’« ivoirité&nbsp;»</a>, promu par&nbsp;Henri Konan Bédié&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/366429/politique/cote-divoire-10-dates-comprendre-relation-entre-henri-konan-bedie-ado/">lors de l’élection présidentielle de 1995, ce qui avait alors empêché la candidature d’</a><a href="https://www.jeuneafrique.com/366429/politique/cote-divoire-10-dates-comprendre-relation-entre-henri-konan-bedie-ado/">Alassane Ouattara.</a>&nbsp;Allié du président<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/418263/politique/cote-divoire-mariage-impossible-entre-rdr-pdci/">jusqu’à l’année dernière</a>, le PDCI est&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/780179/politique/jeannot-ahoussou-kouadio-ouattara-et-bedie-doivent-regler-leurs-incomprehensions-au-sein-du-rhdp/">depuis entré en lutte ouverte avec&nbsp;</a>l’actuel chef de l’État dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre 2020, qui s’annonce déjà tendue.</p>



<p>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée</p>
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