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	<title>attiéké &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, la guerre de l’attiéké est déclarée</title>
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				<pubDate>Tue, 26 Nov 2019 15:11:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[C’est une polémique « gros grain » qui secoue le monde de la gastronomie ouest-africaine. Après les débats sur « l’appropriation culturelle » indue, voici venue l’appropriation culinaire illégitime. Tout commence par une banale remise de prix dans une foire routinière. Le 22 novembre dernier, à Abidjan, à l’occasion de la cinquième édition du Salon international de l’agriculture et...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/attieke_label_burkina_rci_1000-592x296-1574777024.jpg" alt="" class="wp-image-11669" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/attieke_label_burkina_rci_1000-592x296-1574777024.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/attieke_label_burkina_rci_1000-592x296-1574777024-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 592px) 100vw, 592px" /></figure>



<p><strong>C’est une polémique « gros grain » qui secoue le monde de la gastronomie ouest-africaine. Après les débats sur « l’appropriation culturelle » indue, voici venue l’appropriation culinaire illégitime.</strong></p>



<p>Tout commence par une banale remise de prix dans une foire routinière. Le 22 novembre dernier, à Abidjan, à l’occasion de la cinquième édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA), le fonds Pierre Castel décerne à la Burkinabè Florence Bassono un prix pour son produit dénommé «&nbsp;Faso Attiéké&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Touche pas à mon attiéké&nbsp;»&nbsp;!&nbsp;Une indignation de plus en plus officielle suinte des réseaux sociaux. Ce mets à base de manioc serait estampillé «&nbsp;made in Ivory coast&nbsp;» («&nbsp;fabriqué en Côte d’Ivoire&nbsp;») dans la pensée populaire. Et si «&nbsp;garba = Babi&nbsp;», comment une étrangère peut-elle être primée – qui plus est sur le territoire ivoirien – et obtenir sa rentabilité commerciale en exploitant, comme marque, un «&nbsp;trésor&nbsp;» linguistique ivoirien ? Avec des allures de médecin après la mort, le ministre ivoirien du Commerce et de l’Industrie s’émeut. Dans un communiqué, Souleymane Diarrassouba élève une «&nbsp;vive protestation contre l’utilisation de ce nom » sans l’accord préalable des autorités ivoiriennes.</p>



<h4>Processus de labellisation</h4>



<p>La guerre de l’attiéké est déclarée, <a href="https://www.jeuneafrique.com/840276/politique/chronique-maghreb-senegal-vers-un-couscousgate/">rappelant celle du couscous qui déchira les pays du Maghreb</a>, avant que ceux-ci ne tentent de s’unir en vue d’une reconnaissance par l’Unesco. Avant d’invoquer des structures onusiennes, les Ivoiriens et les Burkinabè se tournent vers l’arbitre de la contrefaçon : l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). L’organisme est compétent pour enregistrer une marque commerciale, tout comme il est habilité à valider une « Indication géographique protégée » – comme la région française de la Champagne qui voulut interdire à d’autres régions la production de « son » vin effervescent.</p>



<p>Le mot «&nbsp;attiéké&nbsp;» a-t-il fait l’objet d’une appellation d’origine contrôlée ou d’un simple dépôt commercial par combinaison avec un autre terme ? Si oui, par qui en premier&nbsp;? Prompts à défendre l’ivoirité de la semoule de manioc, les sites d’information ivoiriens distillent rapidement l’information selon laquelle Jean-Claude Brou, prédécesseur de Souleymane Diarrassouba, aurait entrepris un processus de labellisation sous le numéro 3201700158.</p>



<h4>Tempête diplomatique</h4>



<p>Mais deux autres informations refroidissent les ardeurs de la lagune Ebrié. La démarche ministérielle entamée en 2017 ne devrait être menée à terme qu’en 2022, alors que l’entreprise de Florence Bassono affirme que le nom commercial « Faso Attiéké » a été protégé en… 2011. Et d’ajouter, pour faire pleurer dans les chaumières, que l’entreprise emploie 42 personnes, dont 37 femmes.</p>



<p>L’OAPI devra expliquer l’éventuel double enregistrement – protection commerciale et labellisation – et le caractère plus ou moins rétroactif du second. Fierté nationale, sensiblerie&nbsp;et enjeu économique&nbsp;: tout est en place pour une tempête diplomatique dans un verre d’eau. Quelqu’un a-t-il déposé «&nbsp;Guerre de l’attiéké&nbsp;» à l’OAPI&nbsp;?</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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