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	<title>Alternance &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>TOGO : Après la victoire de Kodjo, le jeu des égos de l’opposition qui menace l’alternance</title>
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				<pubDate>Thu, 12 Mar 2020 13:02:25 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-12-at-13.36.46.jpeg" alt="" class="wp-image-15182" width="842" height="946" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-12-at-13.36.46.jpeg 355w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/WhatsApp-Image-2020-03-12-at-13.36.46-267x300.jpeg 267w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /><figcaption> <strong>Agbéyomé Kodjo</strong> </figcaption></figure>



<p><strong>Elu avec 61% des voix selon les premières constatations américaines, Agbéyomé Kodjo sera donné perdant avec 19%. A sa place, Faure Gnassingbé qui brigue un 4<sup>e</sup>&nbsp;mandat tant décrié a été déclaré vainqueur avec plus de 70%. Depuis, les forces de l’ordre ont encerclé le domicile de l’ancien Premier ministre dont la levée d’immunité parlementaire a été lancée. Alors que Kodjo risque une arrestation, l’opposition a du mal à le soutenir. Fabre demande une reprise du scrutin. A l’exception de Gogué, la plupart des autres candidats rasent les murs. Si Gerry Taama a subtilement reconnu la victoire de Gnassingbé, Dodji Apévon se terre dans le silence. Seul Mgr Kpodzro mène l’ultime combat. Décryptage&nbsp;!</strong></p>



<p>Cela fait plus de deux semaines que les premiers résultats de la présidentielle du 22 février ont été publiés. Faure Gnassingbé a été frauduleusement, en dépit des nombreuses irrégularités, déclaré vainqueur. Le vrai gagnant n’a été crédité que de 19% des suffrages selon les résultats de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) dont le président sortant contrôle 15 des 17 membres ainsi que de la Cour constitutionnelle dont il a nommé, avec son parti,&nbsp; l’ensemble des 7 membres. Depuis, Agbéyomé Kodjo qui a promis aux Togolais de leur ramener leur victoire, traine à jouir du pouvoir, même s’il a nommé un Premier ministre. Même s’il n’a pas pour autant baissé les bras d’autant qu’il active plusieurs couloirs diplomatiques, la subtile reconnaissance de son élection par les Américains ne lui épargne pas la levée en cours de son immunité et surtout, l’acharnement du régime à l’arrêter. Malheureusement, au lieu de s’associer à sa victoire pour favoriser l’alternance, l’ex principale formation de l’opposition, l’Alliance nationale pour le changement (Anc) multiplie des rasages de murs, de malicieuses déclarations et autres subterfuges alors qu’elle a reconnu dès le soir du scrutin, la «&nbsp;percée&nbsp;» de Kodjo. Quant au reste de l’opposition, elle se borne au grand silence si ce n’est Aimé Gogué, arrivé 4<sup>e</sup>&nbsp;qui multiplie des sorties au secours de son ex étudiant, Kodjo.</p>



<p><strong>Les clairs obscurs de Jean Pierre Fabre et consorts</strong></p>



<p>Depuis les résultats provisoires puis ceux définitifs, Fabre reste celui qui sème le plus de flou, dans ses positions strictement égoïstes, ne pensant qu’à lui-même. L’ancien chef de file de l’opposition n’a pas supporté les 4,6% qui lui sont attribués alors que les services de compilation du président sortant sont arrivés à un chiffre nettement supérieur pour le président de l’Alliance nationale du changement (Anc). Si dans la foulée du scrutin, le maire de Golfe 4 a reconnu la percée du candidat du Mouvement patriotique pour le développement et la démocratie (Mpdd) suivi de celui de l’Union pour la République (Unir), il n’a rien fait pour aider le peuple togolais à défendre sa victoire. Il n’a d’ailleurs pas été capable, contrairement à Aimé Guogué, arrivé en 4<sup>e</sup>&nbsp;position, de reconnaître la victoire de Agbéyomé Kodjo. Il n’a pas voulu non plus s’associer aux manifestations qui ont suivi le scrutin notamment le 28 février. Pire, son adjoint à la tête du parti doute de la victoire d’Agbéyomé Kodjo allant jusqu’à lui demander d’apporter des preuves. Aux dernières nouvelles, Fabre demande la reprise d’un scrutin dont pourtant le vainqueur réel ne fait aucun doute. Comme si, tant que ce n’est pas lui, il ne portera son soutien à aucun autre, au risque de ne pas contribuer à l’avènement de l’alternance. Une situation d’autant plus curieuse qu’il saisit la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), sachant mieux que quiconque que cette institution est acquise au président sortant d’autant que ses observateurs en ont reconnu la victoire, pourtant factice de Faure Gnassingbé. Un autre silence qui dérange, celui de Dodji Apévon. Faisant jusqu’à un passé récent office d’opposant sérieux, le président des Forces démocratiques pour la République (Fdr) qui a portant reçu Agbéyomé Kodjo à ses bureaux à Lomé, en marge de sa désignation comme candidat unique s’obstine au silence. Après avoir appelé ses militants à ne voter pour aucun candidat puis dénoncé les irrégularités du scrutin, l’avocat a disparu des radars de la contestation. Idem pour les autres candidats se réclamant de l’opposition. En laissant Agbéyomé Kodjo seul affronter la dynastie au pouvoir, l’opposition éloigne le rêve de l’alternance qui a justifié une mobilisation historique des Togolais avec plus de 68% de participation à la dernière présidentielle.</p>



<p><strong>La diplomatie de résistance et les menaces sur Kodjo</strong></p>



<p>S’il n’a pas encore appelé à des marches à l’exception d’une première manifestation fin février, réprimée dans le sang, Agbéyomé Kodjo ne croise pas les bras. Il peut, pour cela, compter sur les Américains. Ils n’ont pas qu’habilement reconnu sa victoire et demander un recompte «&nbsp;bureau de vote par bureau de vote&nbsp;», mais ils ont surtout multiplié des moyens de pression sur le gouvernement. Une mission de trois membres du gouvernement qui se rendaient à Washington a été repoussée et les délivrances de visas pour ceux qui en avaient besoin traînaient encore le weekend dernier à Lomé, alors que ladite mission devrait partir ce lundi 10 mars. De la pression américaine, Agbéyomé Kodjo attend beaucoup pendant que ses réseaux de droites françaises s’activent comme elles peuvent. Le président élu, qui a nommé un Premier ministre dans la foulée, peut aussi compter sur le soutien du Canda, pays où vit Antoine Koffi Nadjombé, le chef de son gouvernement. Ainsi que sur le Saint-Siège qui, ne pouvant pas faire des pressions directes, peut amener d’autres puissances à accompagner le combat de l’élu. Plusieurs missions étaient aussi en attente, auprès d’autres pays notamment l’Allemagne où réside le ministre nommé des affaires étrangères, un proche du Parti national panafricain, Pnp, de Tikpi Atchadam. Sauf que désormais, agacé par ses actions discrètes, le pouvoir décide d’interpeller l’ancien président de l’Assemblée nationale. A la demande du procureur de la République, une procédure de levée d’immunité est lancée par le parlement alors que la branche radicale du pouvoir, incarnée par Gilbert Bawara veut «&nbsp;en découdre&nbsp;» avec Kodjo. Actuellement, le domicile d’Agbéyomé Kodjo est encerclé par les forces de l’ordre et de sécurité et malgré les appels venant de diverses chancelleries, Faure Gnassingbé entend aller jusqu’au bout, arrêter le président élu. Malgré la présence de Mgr Kpodzro, archevêque émérite de Lomé et principal soutien de Kodjo ainsi que la mobilisation sommaire des militants dans le quartier de Tokoin Forever où réside celui qui est encore député, l’étau semble se resserrer autour de lui. Elu lors de la présidentielle de février dernier puis recalé en 2<sup>e</sup>&nbsp;position, Agbéyomé Kodjo tient le coup. En l’arrêtant, Faure Gnassingbé prend définitivement le risque d’un pourrissement de son mandat.</p>



<p><strong>Raisons d’espérer</strong></p>



<p>Faure Gnassingbé devait prêter serment le 11 mars. Mais il a hésité pour calmer les pressions avant de reporter à la saint glinglin. L’élection du Togo au Millenium challenge account (Mca), programme sociopolitique américain aurait été temporairement suspendu alors qu’il doit rapporter quelques centaines de milliards à l’Etat. Cette situation vient aggraver celle d’un pays où le déficit budgétaire s’accroit et surtout, où le taux d’endettement (plus de 80%), s’envole. Le Plan national de développement (Pnd) pompeusement lancé en mars 2019 ne tient aucune de ses promesses et n’est, alors que son échéance de 2023 s’approche, financé qu’à hauteur d’à peine 10%. Ces pressions suffiront-elles à faire changer d’avis au président sortant&nbsp;? Pas évident. La plupart des partenaires et soutiens de Agbéyomé Kodjo l’appellent à relancer des manifestations dans les rues de Lomé. Ce qui est peu probable avec sa situation actuelle de confinement. Mais une chose est certaine,&nbsp; il faut accentuer la pression et surtout, rallier les indécis à la cause d’autant que Emmanuel Macron qui ne cache pas sa méfiance vis-à-vis de Faure Gnassingbé a évité de le féliciter, ni même de prendre acte, se contentant d’un rapide «&nbsp;prend note&nbsp;» de la France.</p>



<p>L’unique issue serait le ralliement sans ambigüités des autres candidats de l’opposition, la forte mobilisation de toute l’opposition et surtout, la reprise des manifestations avec le soutien du Parti national panafricain (Pnp) de Tikpi Atchadam. Sans quoi, l’alternance s’éloigne et Faure Gnassingbé qui s’est arrogé le droit de rester au pouvoir jusqu’en 2030 aura un boulevard devant lui. L’histoire retiendra la responsabilité de ceux qui se sont abonnés au silence car ne rien dire, c’est consentir.</p>



<p><strong>MAX-SAVI Carmel, Afrika Stratégies France</strong></p>
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		<title>Au Burundi, le régime organise l’alternance au sommet de l’Etat</title>
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				<pubDate>Thu, 30 Jan 2020 12:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<p><strong>Le général Evariste Ndayishimiye a été désigné candidat du parti au pouvoir pour succéder au président Pierre Nkurunziza lors des élections de mai.</strong></p>



<p>Au&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/burundi/">Burundi</a>, la décision du président sortant, Pierre Nkurunziza, de ne pas se présenter à un quatrième mandat ouvre la voie à une alternance au sommet de l’Etat lors des élections générales de mai. Homme du sérail, le général Evariste Ndayishimiye a été désigné candidat du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, dimanche 26&nbsp;janvier. Cela annonce-t-il pour autant une sortie de la crise dans laquelle le pays est plongé depuis 2015, née de la candidature de M.&nbsp;Nkurunziza à un troisième mandat controversé&nbsp;? L’espoir est ténu, de l’avis des spécialistes.</p>



<p>Certains diplomates, membres de la société civile et opposants veulent voir dans cette alternance qui se profile un signe d’espoir. Ils mettent en avant la personnalité du général Ndayishimiye, décrit par un de ses amis comme <em>« un homme plutôt ouvert, d’abord facile, qui aime blaguer et rire avec ses amis »</em>. Tout le contraire de Nkurunziza. <em>« Il n’est pas cité dans les nombreux crimes du régime, </em>relève Pacifique Nininahazwe, l’une des principales figures de la société civile<em>. Mais l’inconnue reste l’étendue de l’emprise de Nkurunziza, la qualité du processus électoral et les intentions d’Evariste Ndayishimiye. »</em></p>



<p>Thierry Vircoulon, coordinateur de l’Observatoire pour l’Afrique centrale et australe de l’Institut français des relations internationales (IFR), est plus tranché.&nbsp;<em>«&nbsp;Le général Evariste Ndayishimiye est issu du sérail, c’est un homme qui appartient au premier cercle du pouvoir depuis au moins quinze ans</em>, explique-t-il.&nbsp;<em>C’est le même système qui continue, il n’y aura pas de changement de régime au Burundi, il y a juste un changement de personnes.&nbsp;»</em></p>



<p><em>«&nbsp;Le général Ndayishimiye vient de faire au cours des derniers mois le tour des chefs d’Etat de la région et de la Commission de l’Union africaine, en toute discrétion</em>, relève toutefois un diplomate africain.&nbsp;<em>Partout, il a manifesté la volonté du régime de s’ouvrir.&nbsp;»</em></p>



<h4>«&nbsp;Visionnaire permanent&nbsp;»</h4>



<p>Pour le moment, le président Nkurunziza garde une place prédominante au sein du régime burundais. Lors de son congrès, dimanche, le CNDD-FDD a choisi son nouveau champion mais il a également réaffirmé la place centrale de M.&nbsp;Nkurunziza. Ce dernier y a été désigné, à jamais, seul&nbsp;<em>«&nbsp;visionnaire permanent&nbsp;»</em>&nbsp;du parti et, surtout, reste le président du conseil des sages du parti, un organe restreint qui prend les décisions les plus importantes. L’Assemblée nationale a récemment adopté un projet de loi qui lui assure une retraite dorée et un système de protection sécuritaire et judiciaire équivalent à celui du chef de l’Etat en exercice.</p>



<p><em>« Le président Nkurunziza contrôle tout le système, il est sans doute l’homme le plus riche du pays</em>, pointe un cadre du parti. <em>Je ne vois pas le général Ndayishimiye, qui s’est toujours montré respectueux au point d’en paraître obséquieux envers lui, chercher à l’écarter dans un premier temps. » « Tout indique qu’il y a eu des négociations au sein du parti et que cette alternance de personnalités a été négociée en interne, mais il ne faut pas sous-estimer des retournements surprenants »</em>, analyse M. Vircoulon, rappelant les déboires de l’ex-président angolais José Eduardo dos Santos.</p>



<p>L’opposition avait semble-t-il fondé toute sa stratégie sur le fait que Pierre Nkurunziza irait aux élections. Dimanche, elle a semblé tétanisée, incapable de réagir, à l’issue du congrès du CNDD-FDD.&nbsp;<em>«&nbsp;C’est en effet une surprise pour eux, mais on peut surtout dire que cette opposition n’a pas été bien effective depuis de nombreuses années. Et plus le temps passe, moins elle apparaît capable d’influencer les événements</em>, estime M.&nbsp;Vircoulon.&nbsp;<em>Elle est usée par le temps, a été minée dès le départ par ses divisions, et certains de ses membres ont décidé de passer de l’autre côté. L’essentiel de son échec tient à ses divisions.&nbsp;»</em></p>



<h4>Harcèlement et exactions</h4>



<p>L’opposition et la société civile n’espèrent rien des élections. Elles estiment que la commission électorale est aux ordres du régime, qui a déjà annoncé qu’il n’acceptera pas sur son sol de mission d’observation internationale, invoquant&nbsp;<em>«&nbsp;la souveraineté&nbsp;»</em>&nbsp;du Burundi.</p>



<p>Sur le terrain, les actes de harcèlement et les exactions contre le Congrès national pour la liberté (CNL), parti d’opposition dirigé par Agathon Rwasa, se sont multipliés à l’approche des élections générales. Plusieurs militants de ce parti ont été assassinés, d’autres sont portés disparus ou ont été torturés, plus de 80 permanences ont été détruites ou dégradées et plus de 200 militants ont été arrêtés depuis son agrément en février 2018, selon ce parti. Des chiffres confirmés par la société civile et les médias indépendants.</p>



<p><em>« On n’aura pas d’élections libres et indépendantes, notamment parce qu’une partie de l’opposition </em>[en exil]<em> ne peut pas agir dans le pays »</em> et parce que <em>« l’obsession du CNDD-FDD de rester au pouvoir fait qu’il écarte toute opposition et n’a maintenu que celle d’Agathon Rwasa, à titre symbolique »</em>, conclut M. Vircoulon.</p>



<p><strong>Source:Le Monde Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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