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	<title>Africa Investment Forum &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Africa Investment Forum  : surenchère d&#8217;annonces pour des investissements estimés à la hausse</title>
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				<pubDate>Sat, 16 Nov 2019 15:25:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/africa-investment-forum.jpg" alt="" class="wp-image-11321" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/africa-investment-forum.jpg 612w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/africa-investment-forum-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 612px) 100vw, 612px" /></figure>



<p> <strong>L&rsquo;Africa Investment Forum 2019 était placé sous le signe de la Zleca (la zone continentale de libre-échange africaine). La vague d&rsquo;investisseurs anglo-saxons a submergé la présence timide des francophones et des dragons asiatiques, mais n&rsquo;en a pas moins gâté le plaisir de la BAD qui affichait des intentions d&rsquo;investissements culminant à 40 milliards de dollars.</strong></p>



<p>Du 11 au 13 novembre, le Standton Convention Center de Johannesburg a accueilli plus de 2.200 participants dans le cadre de la 2e édition de l&rsquo;Africa Investment Forum, organisé par la Banque africaine de développement (BAD).</p>



<p>Les investisseurs ont manifesté leur intérêt pour quelque 52 transactions d&rsquo;une valeur globale de 40,1 milliards de dollars (contre 49 transactions pour un montant de 37,8 milliards de dollars en 2018. L&rsquo;Afrique du Sud a attiré un certain nombre de représentants de gouvernements, du secteur privé, de banques commerciales et d&rsquo;investisseurs institutionnels, venus de 109 pays, dont 48 ​​d&rsquo;Afrique.&nbsp;<em>«Le Forum est une plate-forme qui changera le paysage de l&rsquo;investissement en Afrique»,</em>&nbsp;a avancé Chinelo Anohu, directeur de l&rsquo;évènement. Prosaïque, Akinwumi Adesina, président de la BAD, a cherché quant à lui à convaincre avec des chiffres&nbsp;:<em>&nbsp;«La valeur des actifs sous gestion en Afrique s&rsquo;élève à plus de 1&nbsp;800 milliards de dollars</em>&nbsp;<em>et à l&rsquo;échelle mondiale, elle dépasse 145&nbsp;billions&nbsp;de dollars»,&nbsp;</em>a-t-il déclaré avec emphase.Parmi les moments forts de ces rencontres, on retiendra la signature de l&rsquo;Accord COCOBOD en présence du président ghanéen Nana Akufo-Addo, d&rsquo;un montant de 600 millions de dollars pour la transformation, l&rsquo;entreposage et la transformation du cacao&nbsp;; un contrat de concession de 2,6 milliards de dollars pour l&rsquo;Accra Sky Train ghanéen&nbsp;; ou encore la signature de l&rsquo;accord interétatique concernant le projet du pont route-rail pour relier les deux Congo.Plus surprenant, le rappel inopiné de l&rsquo;investissement record de 24,6 milliards de dollars escompté pour le développement des champs de Golfinho et Atum et l&rsquo;usine de gaz naturel liquéfié au Mozambique.</p>



<h4><strong>Zleca&nbsp;: entre temporalité incertaine et cristallisation des espoirs</strong></h4>



<p><em>«La Zleca va connecter 2 milliards de personnes d&rsquo;ici 2030&nbsp;</em><em>[&#8230;] La zone de libre-échange continentale donne accès à un marché de 3&nbsp;300&nbsp;</em>milliards de dollars<em>»,</em>&nbsp;s&rsquo;est enthousiasmé Akinwumi Adesina, avant de saluer l&rsquo;implication de l&rsquo;invité d&rsquo;honneur, présenté&nbsp;comme l&rsquo;un des pères fondateurs de la zone de libre-échange africaine :&nbsp;<em>«Paul Kagamé est le grand-père de la Zleca, comme l&rsquo;a rappelé le président Ramaphosa»</em>. Ce nouvel espace économique devrait procurer à terme de belles perspectives commerciales pour satisfaire l&rsquo;appétit de l&rsquo;insatiable Rwanda. Mais la Zleca, c&rsquo;est aussi une formidable opportunité pour le Nigeria, l&rsquo;Egypte et l&rsquo;Afrique du Sud -qui représentent à eux seuls, près de 50% du PIB africain- d&rsquo;une part, et la crainte d&rsquo;économies moins florissantes qui redoutent la concurrence tous azimuts des locomotives africaines, voire extracontinentales, d&rsquo;autre part.La première édition du forum d&rsquo;AIF avait insisté sur la nécessité d&rsquo;une plus grande interconnexion sur le continent. L&rsquo;entrée en vigueur en juillet dernier de la Zleca a ouvert le champ de tous les possibles pour redynamiser un commerce interafricain qui représente à peine 15%, selon le président de la BAD.</p>



<p>La Zleca était donc de toutes les conversations à Johannesburg.&nbsp;<em>«Il y a beaucoup à faire avant juillet 2020</em>» (date à laquelle le commerce devrait officiellement entrer en vigueur), précise néanmoins Soraya Hakuziyaremye, ministre du Commerce et de l&rsquo;industrie du Rwanda, rappelant que seulement 28 pays sur les 54 signataires ont à ce jour ratifié l&rsquo;accord et qu&rsquo;il faudra bien régler&nbsp;<em>«les questions sur les barrières douanières»</em>.&nbsp;<em>«Il y a encore du travail d&rsquo;ici juillet 2020 et les Etats-Unis sont disposés à vous appuyer dans le cadre de ce processus&nbsp;[&#8230;] Je vous promets que lorsque vous créerez le plus grand marché de la planète, les Etats-Unis seront là»,</em>&nbsp;a lancé Karen Dunn Kelley, Secrétaire adjointe au Commerce des Etats-Unis qui voit dans la Zleca de belles perspectives d&rsquo;extension de marchés pour les multinationales de l&rsquo;Oncle Sam</p>



<p>Benedict Oramah, l&rsquo;imperturbable président d&rsquo;Afreximbank, a quant à lui insisté sur&nbsp;<em>«les coûts d&rsquo;ajustement</em>&nbsp;[qui]&nbsp;<em>définiront l&rsquo;ouverture des frontières ou non»</em>, condition&nbsp;<em>sine qua none</em>&nbsp;à l&rsquo;opérationnalisation du marché commun.Sidi Ould Bah, patron de la Banque arabe de développement en Afrique (BADEA) pense pour sa part que la Zleca représente une étape importante pour le commerce, si tant est que les biens et les personnes puissent y circuler&nbsp;:&nbsp;<em>«Il faudra bien des routes, des chemins de fer, des ports et des aéroports»</em>, explique-t-il, relançant la sempiternelle question des infrastructures africaines dont les besoins environnent les 170 milliards de dollars par an.Entre espoirs d&rsquo;un avenir commercial meilleur et réalités techniques insuffisantes, les limites de la Zleca ont été âprement discutées.</p>



<p><strong>Discrétion francophone et absences remarquées</strong></p>



<p>Alors que l&rsquo;Ethiopie était à l&rsquo;honneur en 2018 et avait reçu l&rsquo;équivalent de 100 millions de dollars pour soutenir plusieurs projets d&rsquo;électrification, sa présence était presque imperceptible cette année. Le pays d&rsquo;Haïlé Sélassié reflète pourtant cette&nbsp;<em>«Afrique qui gagne&nbsp;</em>[et qui]&nbsp;<em>a récemment remporté le Prix Nobel de la Paix&nbsp;» &#8211;</em>décerné au Premier ministre Abiy Ahmed en octobre dernier- a rappelé Akinwumi Adesina qui affichait un large sourire, quelques jours après&nbsp;<em>«la plus forte augmentation de capital de l&rsquo;histoire de la banque depuis sa création en 1964»</em>&nbsp;(+125%, faisant passer le capital de 115 milliards à 208 milliards de dollars).</p>



<p>Les délégations du Nigeria, des pays francophones et du géant chinois ne se sont pas davantage imposées lors de ce forum résolument anglo-saxon, où la présence américaine a brillé de tous ces feux,&nbsp;relayée «<em>out of Africa</em>» par les animateurs de CNN.Au sud de cette Afrique&nbsp;<em>«qui gagne»</em>&nbsp;et bousculé par l&rsquo;actualité récente liée aux violences xénophobes, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a tenu à réaffirmer dès l&rsquo;ouverture du forum que&nbsp;<em>«le gouvernement est résolument engagé contre la xénophobie&nbsp;</em>[et que]&nbsp;<em>l&rsquo;Afrique du Sud est la maison de tous»</em>. Une déclaration faite aux côtés de Paul Kagamé, président du Rwanda, et de Nana Afuko-Addo, président du Ghana, les deux seuls chefs d&rsquo;Etat -sur six invités- à s&rsquo;être rendus dans la première place financière du continent à l&rsquo;occasion de la seconde édition de l&rsquo;AIF. Il n&rsquo;en fallait pas plus pour réveiller les suspicions dans les couloirs de la Sandton Convention Center de «Jozi» autour d&rsquo;un boycott lié aux violences xénophobes qui ont passablement terni l&rsquo;image de la nation «arc-en-ciel» en septembre dernier.</p>



<p>Pas de quoi décourager les sponsors qui, en revanche, étaient venus nombreux pour soutenir l&rsquo;Africa Investment Forum&nbsp;: d&rsquo;Africa50 à la Banque européenne d&rsquo;investissement (BEI), en passant par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, Afrexim Bank, la Société financière africaine (SFA) ou encore la Banque de commerce et développement (TDB).Le rendez-vous dédié à l&rsquo;investissement en Afrique a affiché des chiffres vertigineux&nbsp;: «L<em>e dur labeur commence pour accélérer la conclusion de ces accords jusqu&rsquo;à la clôture financière»,</em>&nbsp;a néanmoins conclu prudent, le président de la BAD.</p>



<p><strong>Source: Afrique La Tribune/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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		<title>Afrique : « C&#8217;est le moment d&#8217;y investir ! »</title>
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				<pubDate>Tue, 12 Nov 2019 07:54:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-1024x537.jpg" alt="" class="wp-image-11143" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-1024x537.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-300x157.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-768x403.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption> <em>Le président Akinwumi Adesina a ouvert le Forum de l&rsquo;Investissement en Afrique, en présence de plus de 2 000 délégations venues du monde entier &#8211; pour trois jours d&rsquo;échanges. </em> </figcaption></figure>



<h4>Pour mobiliser le maximum de capitaux au profit du continent, la Banque africaine de développement a organisé à Johannesburg l&rsquo;Africa Investment Forum.</h4>



<p>«&nbsp;Transactions&nbsp;» en français, «&nbsp;<em>big deals</em>&nbsp;» en anglais&nbsp;: deux expressions qui résument à elles seules le changement de paradigme qui a cours au sein de la Banque africaine de développement (BAD). «&nbsp;Promesse faite, promesse tenue&nbsp;», s&rsquo;est enthousiasmé le président Adesina à la tête de la banque panafricaine, citant l&rsquo;exemple&nbsp;de Mara Phones,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/le-premier-site-de-production-de-smartphones-100-made-in-africa-au-rwanda-10-10-2019-2340565_3826.php">ces téléphones made in Africa développés par&nbsp;l&rsquo;homme d&rsquo;affaires ougandais Ashish Takkhar</a>. C&rsquo;est ici même à Johannesburg en&nbsp;2018&nbsp;qu&rsquo;il avait pris l&rsquo;engagement d&rsquo;ouvrir&nbsp;des usines de fabrication en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;du Sud&nbsp;et au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/rwanda">Rwanda</a>. «&nbsp;En 2019, il a livré&nbsp;», s&rsquo;est réjoui Adesina. «&nbsp;C&rsquo;est une nouvelle Afrique, plus confiante. Un continent maintenant conscient de sa place dans le monde et déterminé à devenir un paradis mondial pour les investissements. Et l&rsquo;Afrique exploite les intérêts et les investissements des investisseurs. Bienvenue sur le Forum de l&rsquo;investissement en Afrique, l&rsquo;endroit idéal pour les investisseurs&nbsp;», a-t-il encore déclaré.</p>



<h4>Libérer le potentiel</h4>



<p>C&rsquo;est qu&rsquo;Akinwuni Adesina, le patron de la Banque africaine de développement, veut frapper fort. En véritable chef d&rsquo;orchestre, avec son costume sombre et son habituel nœud papillon – rayé rouge et bleu pour l&rsquo;occasion, Akinwuni Adesina n&rsquo;a lésiné ni sur les moyens ni sur la communication. Son ambition est claire&nbsp;: accélérer le volume des contrats signés entre la BAD et les investisseurs institutionnels comme privés. Démonstration en a été faite dès le premier jour du Forum de l&rsquo;investissement en Afrique ce lundi 11&nbsp;novembre, au centre de conférence de Sandton Convention, à Johannesburg, en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique-du-sud">Afrique du Sud</a>.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/economie/akinwumi-adesina-miser-sur-les-investissements-et-pas-sur-l-aide-financiere-09-11-2018-2270058_28.php">L&rsquo;an passé, pour la première édition, en moins de 72&nbsp;heures la BAD a permis de sécuriser les intérêts des investisseurs pour des opérations évaluées à 38,7&nbsp;milliards de dollars</a>.</p>



<h4>Dans un contexte de défis permanents</h4>



<p>Présent à chaque instant, le docteur en agriculture nigérian connaît les enjeux par cœur. Déjà quelques jours avant le grand raout de Johannesburg, la Banque africaine de développement avait annoncé à Abidjan, où se trouve son siège – une augmentation historique de son capital. Il est question ici d&rsquo;une hausse de 125&nbsp;%, soit une somme s&rsquo;élevant à 115&nbsp;milliards de dollars approuvée par les gouverneurs de la banque. Au total, la BAD dispose désormais de 208&nbsp;milliards de dollars pour réaliser ses ambitions. C&rsquo;est la plus importante augmentation du capital depuis la création de la banque en 1964. Il faut souligner que les besoins sont énormes. Cela méritait que plusieurs chefs d&rsquo;États africains et hauts représentants fassent le déplacement dès l&rsquo;ouverture du forum qui s&rsquo;est depuis transformé en plateforme d&rsquo;affaires – alors que la plupart d&rsquo;entre eux boycottaient encore en septembre dernier la capitale économique sud-africaine qui faisait face à une nouvelle vague de violences xénophobes. Un contexte difficile pour la BAD qui veut coûte que coûte ancrer son rendez-vous économique annuel dans cette ville dynamique reconnue pour être le hub des services et de la haute finance en Afrique du Sud.</p>



<p>«&nbsp;L&rsquo;Afrique du Sud n&rsquo;est pas xénophobe, encore moins les Sud-Africains qui ont toujours accueilli des personnes venant de partout pour des raisons diverses&nbsp;», a tenté de rassurer Cyril Ramaphosa, peu avant la cérémonie d&rsquo;ouverture. S&rsquo;exprimant aux côtés des présidents rwandais,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/paul-kagame">Paul Kagame</a>, et ghanéen, Nana Akufo-Addo, lors d&rsquo;un échange direct avec d&rsquo;importants investisseurs triés sur le volet,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/afrique-du-sud-le-president-cyril-ramaphosa-sur-la-corde-raide-08-11-2019-2346116_3826.php">Cyril Ramaphosa</a>&nbsp;a répondu aux doutes des investisseurs comme il l&rsquo;a très bien fait la semaine passée pour son allocution de politique économique générale. David Makhura, Premier ministre de la région du Gauteng, affiche la même détermination. «&nbsp;Bien sûr que notre pays veut continuer d&rsquo;attirer les investissements directs étrangers, mais nous souhaitons que les pays voisins, frères africains investissent avec plus de force dans les divers secteurs de notre économie&nbsp;», détaille-t-il au Point Afrique.&nbsp;«&nbsp;Nous sommes ici pour voir des transactions qui changent les choses et non pas seulement pour écouter des discours&nbsp;», a-t-il prévenu.</p>



<h4>Des indicateurs encourageants</h4>



<p>À Johannesburg, sans se voiler la face, la BAD bande les muscles. Sa plateforme, AIF (l&rsquo;acronyme en anglais), est désormais reconnue comme l&rsquo;une des plus importantes pour négocier des contrats, structurer des projets, et attirer des investisseurs mondiaux sur le continent. Chiffres à l&rsquo;appui, le président Adesina argumente&nbsp;: 37&nbsp;pays d&rsquo;Afrique ont enregistré des taux de croissance de 3&nbsp;% et plus. Six des dix régions au monde qui connaissent la croissance la plus rapide se trouvent en Afrique. En 2018, les investissements directs étrangers en Afrique ont augmenté de 11&nbsp;%, contre 4&nbsp;% en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/asie">Asie</a>&nbsp;et une baisse de 13&nbsp;% au niveau mondial. Des indications que maîtrise parfaitement le gestionnaire de risques mondial Moody&rsquo;s Investor Service. Il indique précisément qu&rsquo;entre&nbsp;1983 et&nbsp;2016, l&rsquo;Afrique a l&rsquo;un des taux de défaut les plus bas au monde. Ce taux est nettement inférieur à celui de l&rsquo;Amérique latine, l&rsquo;Asie, l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, l&rsquo;Amérique du Nord et l&rsquo;Océanie. Pour le patron de la BAD, cela signifie «&nbsp;qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit donc pas de risques réels, mais de risques perçus&nbsp;».</p>



<h4>Orienter le flux de capitaux vers l&rsquo;Afrique à une cadence plus élevée</h4>



<p>D&rsquo;où sa volonté affichée d&rsquo;accélérer les volumes d&rsquo;investissements provenant à la fois des ressources propres de l&rsquo;Afrique, mais aussi des investisseurs privés et internationaux. Comment s&rsquo;y prendre&nbsp;? Comment répartir ces capitaux entre les&nbsp;54&nbsp;pays auxquels s&rsquo;adresse la BAD&nbsp;? Quelle place pour les acteurs africains&nbsp;? Car même avec une capitalisation plus forte et un risque d&rsquo;endettement jugé assez faible, la banque doit faire&nbsp;avec des réalités telles que l&rsquo;importance du secteur informel, la corruption, sans compter les insuffisances techniques et infrastructurelles, des environnements juridiques mouvants et la faible mobilisation des ressources domestiques… «&nbsp;Il n&rsquo;y a aucun pays à la traîne et il n&rsquo;y en aura aucun, a soutenu le président Adesina. Nous veillons à ce que de nombreux investissements soient dirigés vers les pays fragiles ou à faible revenu. Nous n&rsquo;avons pas peur d&rsquo;investir en Afrique et dans un pays dit&nbsp;à risques.&nbsp;»</p>



<h4>Avec des partenaires capables de mobiliser les capitaux</h4>



<p>Les financiers internationaux veulent aussi y croire, alors que se profile la mise en œuvre de la Zleca pour les prochaines années. D&rsquo;ici 2030, l&rsquo;Afrique comptera 1,7&nbsp;milliard d&rsquo;habitants, dont les dépenses combinées de consommation et d&rsquo;affaires devraient atteindre 6&nbsp;700&nbsp;milliards de dollars. Pour certains acteurs financiers mondiaux présents à Johannesburg, les pays africains devraient travailler ensemble afin d&rsquo;accroître l&rsquo;attrait international du continent en tant que destination d&rsquo;investissement lucratif. Benedict Oramah, président d&rsquo;Afreximbank, a exprimé sa préoccupation devant la fragmentation de&nbsp;55&nbsp;marchés sur le continent. «&nbsp;Tant que l&rsquo;Afrique ne constituera pas une plateforme commune pour un continent économique intégré, certains pays ne survivront pas. Partout dans le monde, les continents travaillent ensemble. Le multilatéralisme est en train de devenir un défi et, à moins que le continent ne se réunisse, nous ne pourrons pas négocier avec de plus grandes économies&nbsp;», a-t-il expliqué. La BAD veut faire la différence avec des transactions concrètes sur la table. L&rsquo;année dernière, elle a investi 18&nbsp;milliards de dollars dans des pays à faible revenu et des États fragiles que beaucoup d&rsquo;économies développées considèrent comme trop risqués. La banque dispose d&rsquo;ailleurs d&rsquo;un mécanisme appelé «&nbsp;mécanisme de renforcement du secteur privé&nbsp;», qui lui permet de réaliser des investissements risqués.</p>



<h4>Faire avancer des projets « bancables »</h4>



<p>Illustration avec la signature lundi d&rsquo;un accord de concession entre le Ghana à travers son président Nana Akufo-Addo, le ministère des Transports et d&rsquo;autres partenaires pour la mise en œuvre d&rsquo;un projet géant de transport urbain appelé «&nbsp;Accra Sky Train&nbsp;». il s&rsquo;agit d&rsquo;un métro aérien. C&rsquo;est un consortium sud-africain dénommé Africa Investment SkyTrain Consortiums qui porte ce projet estimé à 2,6&nbsp;milliards de dollars. Et c&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la Banque africaine de développement qui a placé les infrastructures au cœur de son action. Elle va pouvoir apporter son expertise en amont et en aval de ce projet. «&nbsp;Tout reste à faire maintenant&nbsp;», confie, très fier, Joe Ghartey, ministre ghanéen des Chemins de fer et du Développement. «&nbsp;Le Forum sur l&rsquo;investissement en Afrique nous permet d&rsquo;avoir cette approche directe avec des acteurs financiers de premier plan&nbsp;», avance celui qui affirme que les travaux devraient débuter d&rsquo;ici janvier&nbsp;2020.</p>



<p>Face à la presse, la délégation ghanéenne a indiqué qu&rsquo;une fois terminé, le Sky Train d&rsquo;Accra permettrait de décongestionner la capitale du Ghana, qui étouffe sous ses interminables bouchons. Elle a aussi précisé à la presse qu&rsquo;à la différence des projets négociés avec des financiers chinois, celui-ci nécessiterait la création de centaines de milliers d&#8217;emplois qu&rsquo;occuperont des Ghanéens. Rendez-vous est donné l&rsquo;an prochain pour savoir si la promesse est tenue.</p>



<p>En attendant, d&rsquo;autres gros contrats sont annoncés et signés. C&rsquo;était le cas lundi après-midi avec la signature d&rsquo;un accord entre la République du Congo (Brazzaville) et la RD Congo pour la mise en œuvre du&nbsp;vieux projet de pont sur le fleuve Congo reliant les deux capitales. Un dossier qui revient périodiquement depuis les indépendances et toujours repoussé pour des raisons politiques ou financières, alors que cette frontière pas fluide est un véritable frein aux échanges. Si les deux ministres Jean-Jacques Bouya pour Brazzaville et&nbsp;Élysée Munembwe Tamukumwe pour la RDC ont tenté de mettre beaucoup d&rsquo;enthousiasme dans leur prise de parole, la BAD et son principal partenaire Africa50 ont replacé le projet dans le contexte d&rsquo;une nécessaire interconnexion plus intensive du continent.</p>



<p>Que demander de plus&nbsp;? Peut-être un peu plus de social, entend-on ici et là dans les couloirs du forum, alors que la Banque africaine de développement se conçoit aussi comme une banque multilatérale de développement. Et si le président Adesina – se frottant déjà les mains d&rsquo;avoir négocié&nbsp;59&nbsp;projets pour un montant de 67&nbsp;milliards de dollars cette année – a annoncé la signature d&rsquo;un contrat de 488&nbsp;millions de dollars dans le secteur de la santé, il est resté bien vague sur des projets précis. Le président nigérian de la Banque africaine de développement n&rsquo;a pas non plus fait d&rsquo;annonces pour le secteur de l&rsquo;éducation et peu évoqué le sujet ô combien urgent du changement climatique dont dépend pourtant la réalisation des objectifs de développement durable fixés pour 2030. De fait, malgré les avancées, il reste encore du chemin.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
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