<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Reportage &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
	<atom:link href="http://www.tribunedafrique.com/rubrique/reportage/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.tribunedafrique.com</link>
	<description>Tout un continent en un seul clic</description>
	<lastBuildDate>Thu, 05 Aug 2021 20:40:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=5.2.11</generator>

<image>
	<url>http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/05/cropped-favicone-32x32.jpg</url>
	<title>Reportage &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
	<link>http://www.tribunedafrique.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Au Cameroun, un insecticide biologique pour lutter contre le paludisme</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/au-cameroun-un-insecticide-biologique-pour-lutter-contre-le-paludisme/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/au-cameroun-un-insecticide-biologique-pour-lutter-contre-le-paludisme/#respond</comments>
				<pubDate>Thu, 05 Aug 2021 20:40:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique Centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Cameroun]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Insecticide biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre le paludisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=23267</guid>
				<description><![CDATA[«&#160;Combattez le vecteur à la racine et vous éradiquerez efficacement le paludisme.&#160;»&#160;Dans son laboratoire de l’université de Douala, Agnès Antoinette Ntoumba, doctorante en biologie animale, aime répéter cette phrase aux nombreux visiteurs qui se bousculent pour découvrir l’insecticide qu’elle a mis au point. Fabriqué à base d’extraits de plantes telles que le citronnier, le goyavier...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«<strong>&nbsp;Combattez le vecteur à la racine et vous éradiquerez efficacement le paludisme.&nbsp;»</strong></em><strong>&nbsp;Dans son laboratoire de l’université de Douala, Agnès Antoinette Ntoumba, doctorante en biologie animale, aime répéter cette phrase aux nombreux visiteurs qui se bousculent pour découvrir l’insecticide qu’elle a mis au point. Fabriqué à base d’extraits de plantes telles que le citronnier, le goyavier ou la citronnelle,&nbsp;</strong><em><strong>«&nbsp;c’est en réalité un larvicide biologique qui permet de tuer les larves de moustiques, principaux vecteurs du paludisme&nbsp;»,</strong></em><strong>&nbsp;ajoute-t-elle avant de se replonger dans les nombreux tubes et pipettes qui l’entourent.</strong></p>



<p>Ce lundi 19&nbsp;juillet, l’entomologiste de 42&nbsp;ans et son équipe d’étudiants et de jeunes diplômés testent le dartrier (<em>Senna alata</em>), une plante originaire du Mexique qui pousse également dans les pays tropicaux comme le&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/cameroun/">Cameroun</a>. Les feuilles sont soigneusement lavées et pesées, une partie est placée dans une fiole Erlenmeyer contenant un liquide, puis le mélange est chauffé sur une plaque alimentée à l’énergie électrique. Thermomètre en main, l’un des six assistants surveille l’hydrodistillation de la plante, tandis qu’Agnès Antoinette Ntoumba prépare une solution au nitrate d’argent.</p>



<p>Un œil sur les mélanges, la scientifique note et explique les évolutions, les différences avec des expériences passées, les changements de couleur… Rien ne lui échappe, pas même une pipette mal lavée à l’eau distillée. Au bout d’une heure et après divers procédés biochimiques, des nanoparticules d’argent se sont formées.</p>



<p>Le dartrier est la onzième plante testée par les scientifiques pour parvenir à synthétiser ces nanoparticules. Neuf d’entre elles ont déjà donné satisfaction.&nbsp;<em>«&nbsp;On a&nbsp;pulvérisé ces bio-insecticides dans les gîtes larvaires. Au bout de 24 ou 48&nbsp;heures, il n’y avait presque plus de larves</em>, explique Agnès Antoinette Ntoumba.&nbsp;<em>Voir le résultat de ces années de recherches était très émouvant.&nbsp;»</em></p>



<h4>Plus de 4&nbsp;000&nbsp;décès en&nbsp;2020</h4>



<p>Tout commence alors qu’elle est étudiante en master. Pour son mémoire sur la caractérisation entomologique des gîtes larvaires, elle recense 404&nbsp;moustiques anophèles dans son quartier et se rend compte de&nbsp;<em>«&nbsp;la grande exposition&nbsp;»</em>&nbsp;de la population au paludisme, l’une des principales causes d’hospitalisation et de mortalité au Cameroun. D’après le ministère de la santé publique, plus de 2,6&nbsp;millions de cas ont été recensés en&nbsp;2020, dont 4&nbsp;121&nbsp;décès.</p>



<p>En cycle de doctorat, Agnès Antoinette Ntoumba choisit d’étudier l’impact des nanoparticules des plantes sur les larves – une première dans le pays –, alors que les moustiques sont de plus en plus résistants aux insecticides chimiques. Dès 2018, elle débute avec des plantes&nbsp;<em>«&nbsp;répulsives&nbsp;»,</em>&nbsp;comme les feuilles de citronnier. Les résultats sont concluants.&nbsp;<em>«&nbsp;C’est une grande avancée, un maillon essentiel de la lutte contre le paludisme, puisqu’elle relève de la prévention&nbsp;»,</em>&nbsp;souligne son encadrant, le professeur Léopold Gustave Lehman, parasitologue et spécialiste du paludisme.</p>



<p><em>«&nbsp;Dans certaines études, on a même prouvé que quand on utilise ce larvicide dans un environnement naturel, il est ciblé&nbsp;: il ne tue que les larves de moustiques&nbsp;</em>»<em>,&nbsp;</em>se félicite la doctorante, par ailleurs lauréate 2020 du prix Jeunes Talents de L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science en Afrique subsaharienne.</p>



<p>Aujourd’hui, Agnès Antoinette Ntoumba a un triple objectif. D’abord, produire ses bio-insecticides en quantité industrielle, les pulvériser dans des quartiers pilotes et observer les résultats. Ensuite, poursuivre ses recherches en testant des plantes dans les dix régions du Cameroun, de manière que chacune d’elles soit autonome et puisse fabriquer son bio-insecticide sur place. Enfin, finir son doctorat. Mais, pour atteindre ces objectifs, elle a besoin de financements et d’équipements de pointe pour son laboratoire –&nbsp;<em>«&nbsp;c’est la clé de tout&nbsp;»,&nbsp;</em>dit-elle.</p>



<h4>Des chercheuses peu nombreuses</h4>



<p>En attendant, elle transmet son savoir aux dizaines d’étudiants qu’elle encourage à embrasser la recherche. Les jeunes femmes, notamment, sont une&nbsp;<em>«&nbsp;priorité&nbsp;»</em>&nbsp;pour elle. Agnès Antoinette Ntoumba les sensibilise, les félicite quand il faut et les associe à tout ce qu’elle fait. Ce lundi-là, sur les six assistants, deux sont des femmes.</p>



<p>Au Cameroun, les chercheuses sont encore peu nombreuses.&nbsp;<em>«&nbsp;Certaines personnes disent que c’est mon époux qui a effectué ces recherches, ce qui est faux,&nbsp;</em>précise Agnès Antoinette Ntoumba.<em>&nbsp;Il m’a soutenue et donné des conseils, mais c’est moi qui ai mené mes recherches, passé des nuits blanches… Ce sont des années de travail.&nbsp;»&nbsp;</em>L’intéressé, François Meva Eya’ane, enseignant en chimie organique à la faculté de médecine, confirme&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Que ce soit pour elle ou pour les autres étudiants, je ne fais le travail de personne.&nbsp;»</em></p>



<p>Il confie même que, durant ces années de recherche, il a joué à la fois le rôle de père et de mère pour les enfants&nbsp;: leur donner le bain, superviser les repas, les devoirs, les loisirs… Aujourd’hui, leurs deux fillettes ont leur mère pour modèle. Et, les week-ends,&nbsp;<em>«&nbsp;chaussées de leurs petites bottes, elles sont tellement motivées à la suivre dans les gîtes larvaires&nbsp;!,&nbsp;</em>s’enthousiasme François Meva Eya’ane.<em>&nbsp;C’est fantastique&nbsp;».</em></p>



<p><strong>Source : Le Monde Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/au-cameroun-un-insecticide-biologique-pour-lutter-contre-le-paludisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Tunisie : dix ans après, Sidi Bouzid ou l&#8217;étincelle de la révolution</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-dix-ans-apres-sidi-bouzid-ou-letincelle-de-la-revolution/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-dix-ans-apres-sidi-bouzid-ou-letincelle-de-la-revolution/#respond</comments>
				<pubDate>Fri, 12 Feb 2021 16:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi bouzid]]></category>
		<category><![CDATA[Zine el Abidine Ben Ali]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=21250</guid>
				<description><![CDATA[En Tunisie, dix ans après la révolution, l’apprentissage de la démocratie n’est pas toujours aisé et beaucoup de Tunisiens s’interrogent sur ce qu’ils ont gagné ou perdu avec cette révolution. Dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, là où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’est immolé le 17 décembre 2010, les blessés de la révolution déplorent l&#8217;absence...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg" alt="" class="wp-image-21066" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a.jpg 1000w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-300x225.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/cover-r4x3w1000-60103cbfd538b-tunisie-manifestation-dispersee-devant-le-parlement-a-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>La police tunisienne a fait usage de canons à eau, mardi, pour disperser plusieurs centaines de manifestants qui s&rsquo;étaient rassemblés près du siège du parlement à Tunis pour dénoncer la répression du mouvement de contestation sociale qui a débuté dans le pays à la mi-janvier. /Photo prise le 26 janvier 2021/REUTERS/Zoubeir Souissi

ZOUBEIR SOUISSI</figcaption></figure>



<p>En Tunisie, dix ans après la révolution, l’apprentissage de la démocratie n’est pas toujours aisé et beaucoup de Tunisiens s’interrogent sur ce qu’ils ont gagné ou perdu avec cette révolution. Dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, là où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’est immolé le 17 décembre 2010, les blessés de la révolution déplorent l&rsquo;absence de justice et de reconnaissance de la part de l’État.</p>



<p>Le 17 décembre 2010,&nbsp;Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant excédé par le harcèlement policier, s&rsquo;immolait&nbsp;par le feu sur la rue principale de Sidi Bouzid. Sa mort déclenche un&nbsp;soulèvement qui fit au moins 300 morts et des milliers de blessés dans le pays.</p>



<p>Le 14 janvier 2011, <a href="https://www.france24.com/fr/tag/zine-el-abidine-ben-ali/">Zine el-Abidine Ben Ali </a>était chassé de <a href="https://www.france24.com/fr/tag/tunisie/">Tunisie</a> après 23 ans de règne sans partage. Ses partisans vivent toujours dans dans la nostalgie et soutiennent les acteurs de la scène politique actuelle qui nient le processus révolutionnaire.</p>



<p><strong>10 ans de vie démocratique chaotique</strong></p>



<p>Depuis 10 ans, la Tunisie vit au rythme des crises économiques et politiques.Face aux tenants d&rsquo;un retour à l’ordre ancien, le Président de la République&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/ka%C3%AFs-sa%C3%AFed/">Kaïs Saïed</a>,&nbsp;plaide pour mettre en application les demandes exprimées lors du soulèvement de 2011.</p>



<p>Face à cette bipolarisation de la vie politique, nombreux sont les Tunisiens qui réclament des réformes afin d’éviter tout retour en arrière et préserver l’acquis majeurs de la révolution: la liberté d’expression. </p>



<p><strong>Source: France 24/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/tunisie-dix-ans-apres-sidi-bouzid-ou-letincelle-de-la-revolution/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Algérie : réouverture partielle des plages, des mosquées et des restaurants</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/algerie-reouverture-partielle-des-plages-des-mosquees-et-des-restaurants/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/algerie-reouverture-partielle-des-plages-des-mosquees-et-des-restaurants/#respond</comments>
				<pubDate>Fri, 14 Aug 2020 21:08:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=18904</guid>
				<description><![CDATA[Les Algérois renoueront peu à peu avec la normale dès la semaine prochaine, à condition de respecter les mesures de protection. Balayant d&#8217;un regard décidé l&#8217;espace de son petit restaurant sur les hauteurs d&#8217;Alger, Hiba ordonne à ses deux employées&#160;: «&#160;Vendredi, opération désinfection&#160;!&#160;» La quarantaine, la gérante de ce restaurant de spécialités algériennes se dit...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/téléchargement-4.jpeg" alt="" class="wp-image-18905" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/téléchargement-4.jpeg 323w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/08/téléchargement-4-300x145.jpeg 300w" sizes="(max-width: 323px) 100vw, 323px" /></figure>



<h4>Les Algérois renoueront peu à peu avec la normale dès la semaine prochaine, à condition de respecter les mesures de protection.</h4>



<p>Balayant d&rsquo;un regard décidé l&rsquo;espace de son petit restaurant sur les hauteurs d&rsquo;Alger, Hiba ordonne à ses deux employées&nbsp;: «&nbsp;Vendredi, opération désinfection&nbsp;!&nbsp;» La quarantaine, la gérante de ce restaurant de spécialités algériennes se dit «&nbsp;soulagée&nbsp;» par l&rsquo;annonce gouvernementale de rouvrir les restaurants à partir de samedi, mais «&nbsp;cela ne compensera pas les pertes subies durant ces derniers mois&nbsp;», dit-elle. Elle n&rsquo;a pas encore le chiffre exact&nbsp;du préjudice, mais elle peine à continuer à payer les salaires de ses deux employées, ses factures, et le loyer qui n&rsquo;attend pas. Le gouvernement a lancé des chantiers pour l&rsquo;estimation des pertes dans le secteur économique, mais Hiba sait d&rsquo;avance que le coup est très dur et que le recours aux livraisons de plats durant ces dernières semaines ne peut combler son criant déficit.</p>



<h4>«&nbsp;C&rsquo;est la saignée&nbsp;»</h4>



<p>Les livraisons, timides à Alger il y a quelques mois, ont&nbsp;explosé durant le semi-confinement depuis mars dernier, installant de nouvelles habitudes de consommation. «&nbsp;Nous n&rsquo;avons pas reçu de signal des autorités pour savoir comment nous serons indemnisés, nous naviguons à vue, je crois que vais me séparer d&rsquo;au moins une de mes employées, c&rsquo;est terrible&nbsp;», souffle-t-elle, rangeant&nbsp;les quelques chaises et tables. «&nbsp;On a eu une instabilité politique de plusieurs mois et les expats qui sont notre principale clientèle sont partis depuis l&rsquo;année dernière. On était déjà dans le rouge en 2019, alors, avec cette pandémie, c&rsquo;est la saignée&nbsp;», témoigne Rachid, patron d&rsquo;un restaurant gastronomique dans le centre-ville d&rsquo;Alger.</p>



<p><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/algerie-les-commercants-soulages-mais-la-crise-persiste-08-06-2020-2378851_3826.php">Le 10&nbsp;août dernier, la wilaya (département) d&rsquo;Alger avait autorisé la reprise des activités des hôtels, restaurants et cafétérias</a>&nbsp;(fermés depuis le 21&nbsp;mars) à partir du 15&nbsp;août avec l&rsquo;obligation de respecter le protocole sanitaire de prévention et de protection, notamment l&rsquo;exploitation des terrasses en premier lieu et l&rsquo;utilisation d&rsquo;une table sur deux à l&rsquo;intérieur, le respect des gestes barrières, la désinfection régulière des lieux et des équipements ainsi que des serviettes et uniformes, la mise à la disposition des clients de gel hydroalcoolique avec interdiction d&rsquo;utilisation des climatiseurs ou de ventilateurs.</p>



<p>« Les commerces ne se conformant pas à ces mesures encourent la fermeture immédiate, ont tenu à rappeler les services de la wilaya d&rsquo;Alger », avertissaient les autorités locales tout en précisant que « l&rsquo;organisation des fêtes de mariage et autres au niveau des salles des fêtes, hôtels et restaurants demeure interdite jusqu&rsquo;à ce que les conditions adéquates soient réunies ».</p>



<h4>4&nbsp;000 mosquées rouvriront sur 18&nbsp;000</h4>



<p>«&nbsp;Nous ferons très attention, celui qui fait courir un risque de contamination aux autres commet un péché.&nbsp;»&nbsp;L&rsquo;imam de cette mosquée, l&rsquo;une des&nbsp;429&nbsp;lieux de culte&nbsp;de la wilaya d&rsquo;Alger autorisés à rouvrir à partir de samedi, se veut rassurant en observant des éléments de la protection civile désinfecter sa mosquée et en montrant les marques sur le sol pour garantir la distanciation des fidèles durant la prière.</p>



<p>Les autorités ont autorisé le retour à la prière uniquement dans les mosquées dont la capacité est supérieure à 1&nbsp;000 places (4&nbsp;000 sur les 18&nbsp;000 que compte l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/algerie">Algérie</a>), imposant une série de mesures, dont le maintien de l&rsquo;interdiction d&rsquo;accès aux femmes, aux enfants de moins de 15&nbsp;ans et aux personnes vulnérables&nbsp;; le maintien de la fermeture des écoles coraniques et des salles d&rsquo;ablution&nbsp;; le port obligatoire du masque&nbsp;; l&rsquo;utilisation de tapis de prière personnel&nbsp;; le respect de la distanciation physique entre les fidèles d&rsquo;au moins un mètre et demi&nbsp;; l&rsquo;interdiction de l&rsquo;utilisation des climatiseurs et des ventilateurs&nbsp;; l&rsquo;interdiction des bibliothèques religieuses au sein des mosquées…</p>



<h4>Malgré les précautions, la prudence reste de mise</h4>



<p>«&nbsp;Nous avons fait beaucoup de sensibilisation envers les fidèles du quartier, car certaines mesures paraissent difficiles à appliquer. Par exemple, la religion impose de serrer les rangs durant la prière. Or cela est impossible vu l&rsquo;obligation de la distanciation, mais la religion permet beaucoup de dérogations quand il s&rsquo;agit de sauvegarder la vie humaine et nos fidèles se montrent très compréhensifs. Certains se sont même portés bénévoles pour organiser les flux d&rsquo;entrée et de sortie de la mosquée&nbsp;», explique encore l&rsquo;imam. La grande prière du vendredi demeure proscrite et la prière devra commencer dix minutes après l&rsquo;appel du muezzin et se terminer dix minutes après.</p>



<p>«&nbsp;Je suis très attaché à la prière à la mosquée et c&rsquo;est une véritable bénédiction qu&rsquo;on puisse en rouvrir certaines, mais vu que je vis avec mes parents qui sont âgés, j&rsquo;aurais peur de courir le risque de les contaminer en allant à la mosquée&nbsp;», témoigne Hafid, chauffeur dans une entreprise. «&nbsp;Je ne m&rsquo;attends pas à beaucoup de monde, reconnaît notre imam. Malgré les précautions prises, les gens, surtout les plus âgés, auront peur de fréquenter la mosquée, mais qu&rsquo;importe. L&rsquo;essentiel est de faire sa prière sincèrement pour Dieu, à la maison ou ailleurs.&nbsp;»</p>



<h4>Les plages sous haute surveillance</h4>



<p>Aux côtés des restaurants, des mosquées et des parcs, l&rsquo;accès aux&nbsp;plages sera aussi autorisé dès le 15&nbsp;août. Dans la wilaya d&rsquo;Alger,&nbsp;55&nbsp;plages sont concernées par ces mesures, avec, là aussi, une batterie d&rsquo;obligations comme le port du masque, le respect de la distanciation physique d&rsquo;au moins un mètre et demi, l&rsquo;affichage des mesures barrières et de prévention aux différents points d&rsquo;accès des lieux, l&rsquo;organisation de lieux pour le stationnement des véhicules, le contrôle préalable par les éléments de la protection de civile si nécessaire&nbsp;de la température des estivants et&nbsp;la mise à disposition de bacs dédiés à recueillir les masques, gants ou mouchoirs usagés.</p>



<p>«&nbsp;Au moins, je vais cesser de jouer au chat et à la souris avec les gendarmes&nbsp;», commente Yassine, père de deux enfants qui a loué un bungalow les pieds dans l&rsquo;eau à l&rsquo;est d&rsquo;Alger. «&nbsp;Je ne pouvais pas priver les enfants de la mer qui les narguait à quelques dizaines de mètres&nbsp;! Alors on y allait et je faisais le guet… Mais les gendarmes ne nous embêtaient pas, ils pourchassaient plutôt les estivants qui s&rsquo;installaient carrément avec tables et parasols, nous, on faisait trempette rapidement et on rentrait&nbsp;», raconte Yassine au téléphone.</p>



<h4>Les communes côtières éprouvées</h4>



<p>L&rsquo;interdiction des plages, il faut le dire, n&rsquo;a pas été très respectée vu la chaleur suffocante qui s&rsquo;abat sur l&rsquo;algérois fin-juillet-début août&nbsp;: beaucoup profitaient des criques discrètes à l&rsquo;est et à l&rsquo;ouest d&rsquo;Alger pour échapper à la canicule suffocante. «&nbsp;Le retour à la normale, même partiellement, soulagera un peu nos communes côtières, explique le maire d&rsquo;une bourgade&nbsp;à l&rsquo;ouest d&rsquo;Alger. Nos hôtels et campings ainsi que les locations saisonnières des particuliers ont subi&nbsp;de très grosses pertes. Ça se chiffre en milliards de centimes.&nbsp;»</p>



<p>Mais certains ont su profiter de la situation, d&rsquo;autant que les piscines et autres bassins de natation, y compris à l&rsquo;intérieur des hôtels demeurent fermés. Les annonces se multiplient sur Internet de propriétaires de villas qui louent à la journée, ou plus, leurs propres piscines privées&nbsp;!</p>



<h4>L&rsquo;avertissement des autorités</h4>



<p><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/algerie-le-cri-d-alarme-des-medecins-en-prise-avec-le-covid-19--10-07-2020-2383811_3826.php">Ce semi-retour à la normale intervient alors que les contaminations restent sous la barre des 500 cas par jour</a>. Onze nouveaux décès ont été enregistrés entre le 11 et le 12 août portant à 1 333 le nombre de morts causés par la Covid-19 depuis le début de la crise sanitaire. Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.dzairdaily.com/ouverture-des-plages-et-mosquees-en-algerie-le-ministre-de-la-sante-precise/" target="_blank">a prévenu</a> qu&rsquo;« en cas de non-respect strict des règles d&rsquo;hygiène ainsi que d&rsquo;un manque de conscience collective, le retour du confinement sera fortement probable et la fermeture des espaces [mosquées et plages] se fera immédiatement ».</p>



<p><strong>Source : Le Monde Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée </strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/algerie-reouverture-partielle-des-plages-des-mosquees-et-des-restaurants/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Algérie : faut-il « déconfiner » le hirak ?</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/algerie-faut-il-deconfiner-le-hirak/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/algerie-faut-il-deconfiner-le-hirak/#respond</comments>
				<pubDate>Mon, 22 Jun 2020 15:30:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Deconfinement]]></category>
		<category><![CDATA[Hirak]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=17547</guid>
				<description><![CDATA[La question de la reprise ou non des marches fait actuellement débat alors que les objectifs politiques du hirak restent à définir. Ce vendredi 19&#160;juin ne marquait pas seulement, en&#160;Algérie, l&#8217;anniversaire du coup d&#8217;État de Houari Boumédiène contre&#160;Ahmed Ben Bella&#160;en 1965, mais il devait aussi, selon certains observateurs, connaître le retour des manifestations du hirak,...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/hirak-corona.jpg" alt="" class="wp-image-15307" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/hirak-corona.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/hirak-corona-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /><figcaption>Face à la propagation du nouveau coronavirus en Algérie, les autorités ont interdit mardi soir les manifestations du hirak, le mouvement de contestation au sein même duquel des voix demandaient une suspension de la mobilisation, ininterrompue depuis un an.

© Billal Bensalem / NurPhoto</figcaption></figure>



<h4>La question de la reprise ou non des marches fait actuellement débat alors que les objectifs politiques du hirak restent à définir.</h4>



<p>Ce vendredi 19&nbsp;juin ne marquait pas seulement, en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/algerie">Algérie</a>, l&rsquo;anniversaire du coup d&rsquo;État de Houari Boumédiène contre&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/ahmed-ben-bella">Ahmed Ben Bella</a>&nbsp;en 1965, mais il devait aussi, selon certains observateurs, connaître le retour des manifestations du hirak, ce mouvement populaire né le 22&nbsp;février&nbsp;2019&nbsp;pour s&rsquo;opposer au cinquième mandat du président déchu&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/abdelaziz-bouteflika">Abdelaziz Bouteflika</a>. Plusieurs appels sur les réseaux sociaux ont appelé à la reprise des marches alors que s&rsquo;était décrétée une «&nbsp;trêve&nbsp;» sanitaire du hirak depuis la mi-mars, en parallèle aux mesures de confinement partiel pour lutter contre la propagation du coronavirus.&nbsp;Si à Alger, ce vendredi, aucune marche n&rsquo;a été observée, des&nbsp;<a href="https://maghrebemergent.info/reprise-du-hirak-dans-plusieurs-wilayas/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">manifestations</a>&nbsp;limitées en nombres de marcheurs ont eu lieu en Kabylie, à Constantine et à Oran. Selon la Ligue algérienne de défense des droits de l&rsquo;homme&nbsp;<a href="https://web.facebook.com/said.salhi/posts/10159751963124256" target="_blank" rel="noreferrer noopener">(LADDH)</a>, ces manifestations ont été marquées par&nbsp;500&nbsp;interpellations et&nbsp;70&nbsp;présentations devant la justice.</p>



<h4><strong>Vers le reconfinement&nbsp;?</strong></h4>



<p>La faible mobilisation peut s&rsquo;expliquer par la crainte de voir les autorités imputer une hausse des cas de contaminations Covid-19 à ces rassemblements, au moment où l&rsquo;Algérie connaît une nette augmentation de la propagation du coronavirus. «&nbsp;Nous constatons qu&rsquo;il y a élévation du nombre des cas [de contamination], mais ce n&rsquo;est pas ce qui inquiète. Ce qui est (inquiétant), c&rsquo;est l&rsquo;élévation des cas en réanimation, donc des cas graves. Cela signifie peut-être que la virulence du virus s&rsquo;est élevée, mais cela peut signifier aussi qu&rsquo;il y a plus de cas. On sait bien que le virus circule au sein de la population&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.tsa-algerie.com/coronavirus-benbouzid-juge-inquietante-la-hausse-du-nombre-de-patients-en-reanimation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">s&rsquo;alarmait</a>, ce vendredi 19&nbsp;juin, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid.</p>



<p>L&rsquo;idée même d&rsquo;un reconfinement a été avancée par le comité scientifique de veille et de suivi de l&rsquo;épidémie de coronavirus. Par ailleurs, et dès la semaine dernière, plusieurs figures du hirak ont appelé à éviter la reprise des manifestations. «&nbsp;Notre révolution bénie a toujours été marquée par la conscience du peuple et son unité, donc je pense qu&rsquo;il serait sage de reporter le retour du hirak jusqu&rsquo;à ce que les conditions sanitaires soient favorables&nbsp;», a posté sur sa page&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/facebook">Facebook</a>l&rsquo;avocat&nbsp;<a href="https://web.facebook.com/mostephabouchachi/posts/3193626134027451" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mustapha Bouchachi.</a></p>



<h4><strong>Prudence des figures du hirak</strong></h4>



<p>Son confrère, maître Abdelghani Badi, très engagé sur le dossier des détenus du hirak, abonde dans le même sens, estimant que «&nbsp;reporter la reprise du hirak jusqu&rsquo;au retour des conditions sanitaires relève de la sagesse et du bon sens, et réunir tous les hirakistes autour d&rsquo;une même décision est un facteur d&rsquo;unité&nbsp;». Car il avertit que «&nbsp;le hirak n&rsquo;a pas besoin de facteurs de divergences entre ses acteurs. Nous avons plus que jamais besoin de parler d&rsquo;une même voix&nbsp;».</p>



<p>La politologue&nbsp;<a href="https://www.elwatan.com/edition/actualite/reprise-des-actions-de-protestation-pourquoi-le-hirak-prefere-attendre-15-06-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Louiza Aït Hamadouche</a>&nbsp;plaide aussi pour la même démarche&nbsp;: «&nbsp;le retour aux manifestations publiques n&rsquo;est certainement pas la solution, parce que 1&nbsp;: ce retour n&rsquo;est pas consensuel&nbsp;; 2&nbsp;: quand une minorité de personnes se retrouve dans la rue, c&rsquo;est ce qui facilite la répression. Et, 3&nbsp;: cela peut être un argument qui sera utilisé contre les hirakistes, si le taux de contaminations augmente&nbsp;». Les autorités sont accusées par les activistes, des ONG algériennes et internationales ainsi que des partis politiques de «&nbsp;profiter&nbsp;» des mesures anti-Covid-19 pour étouffer le hirak. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie, RCD,&nbsp;<a href="https://www.liberte-algerie.com/actualite/le-rcd-denonce-une-ligne-liberticide-assumee-340648" target="_blank" rel="noreferrer noopener">a accusé</a>&nbsp;ce week-end les autorités de «&nbsp;de faire le mauvais choix en voulant mettre à profit la suspension les&nbsp;manifestations&nbsp;publiques&nbsp;pour&nbsp;cause&nbsp;de&nbsp;pandémie, afin d&rsquo;accentuer la traque des militants politiques et des activistes du hirak&nbsp;», évoquant une «&nbsp;ligne liberticide assumée&nbsp;».</p>



<h4><strong>Hirak «&nbsp;béni&nbsp;» et «&nbsp;authentique&nbsp;»</strong></h4>



<p>Selon le décompte de la LADDH, pas moins de&nbsp;200&nbsp;personnes ont été arrêtées depuis le début du confinement partiel mi-mars. «&nbsp;L&rsquo;Algérie aurait pu utiliser le Covid-19 pour faire peur aux Algériens en triplant le nombre des victimes au lieu de dire la stricte vérité, ce que nous avons toujours fait&nbsp;», fait remarquer un haut responsable de l&rsquo;État. «&nbsp;Non, il n&rsquo;y a aucune exploitation de la crise sanitaire et ceux qui ont été arrêtés l&rsquo;ont été pour d&rsquo;autres faits punis par la loi sans aucun lien avec la liberté d&rsquo;expression&nbsp;», poursuit la même source officielle. «&nbsp;Le président Tebboune est le premier à reconnaître que le hirak a sauvé le pays, que c&rsquo;est une bénédiction. Mais à partir de juin&nbsp;2019, ce mouvement a pris une autre tournure&nbsp;», argumente une autre source officielle, tout en interrogeant&nbsp;: «&nbsp;Où sont les 13&nbsp;millions d&rsquo;Algériens qui sortaient durant les premiers mois du hirak authentique&nbsp;?&nbsp;»</p>



<p>Pour certains observateurs, le hirak ne sortirait pas indemne, en termes de mobilisation, après le confinement et surtout à l&rsquo;ombre des dissensions et autres divergences marquant un mouvement très large en termes de pluralités idéologiques. «&nbsp;Au-delà de la pluralité idéologique et des projets de société, le hirak s&rsquo;est divisé en deux positions politiques principales&nbsp;», analyse&nbsp;<a href="https://www.tsa-algerie.com/entretien-soufiane-djilali-un-schisme-profond-sest-produit-au-sein-du-hirak/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Soufiane Djilali</a>, président du parti d&rsquo;opposition Jil Jadid. «&nbsp;L&rsquo;une revendique une rupture totale, quitte à aller vers la désobéissance civile et le paradoxal « affrontement pacifique ». L&rsquo;autre tendance voit au contraire que des gains politiques et symboliques substantiels ont été déjà acquis et qu&rsquo;il s&rsquo;agit maintenant de les valoriser et de les matérialiser sur le terrain&nbsp;», soutient-il.</p>



<h4><strong>Chercher l&rsquo;objectif politique</strong></h4>



<p>Car, finalement, et au-delà de la question de la reprise ou non des manifestations, c&rsquo;est la nature même du hirak, ses objectifs et ses acquis, qui alimentent aussi les débats. L&rsquo;éditorialiste et politologue <a rel="noreferrer noopener" href="https://web.facebook.com/permalink.php?story_fbid=3052832141468366&amp;id=299094910175450" target="_blank">Abed Charef</a> en résume ainsi les termes : « Comment peut-on admettre que le mouvement populaire le plus important de l&rsquo;Algérie indépendante soit interdit, par ceux qui prétendent l&rsquo;animer, à parler de Constitution, d&rsquo;élections, d&rsquo;échéances politiques, de luttes sociales ? Comment des gens sensés, raisonnables, des militants éprouvés, des universitaires reconnus, comment en sont-ils arrivés à transformer le hirak en un rituel folklorique, en une sorte de totem, tout en s&rsquo;interdisant à eux-mêmes et aux autres, toute idée innovante, toute réflexion, toute recherche de voie nouvelle pour sortir de l&rsquo;impasse ? »</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/algerie-faut-il-deconfiner-le-hirak/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Sénégal : entre antiracisme et panafricanisme</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/senegal-entre-antiracisme-et-panafricanisme/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/senegal-entre-antiracisme-et-panafricanisme/#respond</comments>
				<pubDate>Sun, 21 Jun 2020 11:27:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l'ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
		<category><![CDATA[antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[Panafricanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sénegal]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=17512</guid>
				<description><![CDATA[Les manifestations antiracistes observées à la suite de la mort de George Floyd ont interpellé au pays de la Téranga. Récit. Réputé pour son sens de l&#8217;hospitalité vécue comme une qualité cardinale&#160;du pays à travers la fameuse Téranga, le&#160;Sénégal&#160;ne peut pas ne pas être évoqué&#160;quand on parle des&#160;États-Unis&#160;et du sort qui y est fait aux...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/20478481lpw-20478598-article-jpg_7184273.jpg" alt="" class="wp-image-17513" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/20478481lpw-20478598-article-jpg_7184273.jpg 978w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/20478481lpw-20478598-article-jpg_7184273-300x131.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/20478481lpw-20478598-article-jpg_7184273-768x335.jpg 768w" sizes="(max-width: 978px) 100vw, 978px" /><figcaption>À Dakar, des manifestants sur la Corniche le 9 juin en solidarité avec le mouvement Black Lives Matter</figcaption></figure>



<h4>Les manifestations antiracistes observées à la suite de la mort de George Floyd ont interpellé au pays de la Téranga. Récit.</h4>



<p>Réputé pour son sens de l&rsquo;hospitalité vécue comme une qualité cardinale&nbsp;du pays à travers la fameuse Téranga, le&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/senegal">Sénégal</a>&nbsp;ne peut pas ne pas être évoqué&nbsp;quand on parle des&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/etats-unis">États-Unis</a>&nbsp;et du sort qui y est fait aux Noirs. Avec le souvenir de la traite entretenue à l&rsquo;île de Gorée, dans la Maison des esclaves, au large de Dakar, les questions d&rsquo;esclavage et de racisme sont souvent sur les lèvres autant des nationaux que des nombreux ressortissants étrangers que compte le pays. Pourtant,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/monde/les-derniers-adieux-a-george-floyd-09-06-2020-2378976_24.php">depuis le décès de George Floyd, cet Afro-Américain</a>tué par un policier blanc le lundi 25&nbsp;mai, on ne peut pas dire qu&rsquo;il y ait eu beaucoup de grosses manifestations comme on a pu l&rsquo;observer à travers le monde. Malgré tout, l&rsquo;indignation a provoqué débat et réflexion au sein de la population.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/21/20478481lpw-20478543-embed-libre-jpg_7184276.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/21/20478481lpw-20478543-embed-libre-jpg_7184276.jpg" alt=""/></a><figcaption>Plusiuers rassemblements ont eu lieu au Sénégal suite à la mort de George Floyd, notamment près du Mémorial de Gorée-Almadies face à l&rsquo;océan Atlantique.&nbsp; © Sadak Souici / Anadolu Agency via AFP</figcaption></figure>



<h4>Une onde de choc transversale</h4>



<p>Pour Marie, étudiante gabonaise au Sénégal, c&rsquo;est surtout le fait que «&nbsp;les gens ne se sentent pas assez impliqués par la question du racisme&nbsp;» qui explique le peu de mobilisation lors des deux manifestations pourtant organisées au début du mois à Dakar. Le pays étant relativement préservé du fléau du racisme grâce à son esprit d&rsquo;ouverture et de tolérance, peu de Sénégalais y ont déjà subi des discriminations raciales. La diversité de la population favorise le vivre-ensemble d&rsquo;une mosaïque d&rsquo;ethnies, de nombreux ressortissants africains, ou encore de résidents principalement originaires d&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/europe">Europe</a>&nbsp;ou d&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/amerique-du-nord">Amérique du Nord</a>&nbsp;ayant fait le choix de s&rsquo;y installer. Pour autant, s&rsquo;ils se sont peu mobilisés, «&nbsp;les Sénégalais se sentent très concernés par le sujet. Ils ont été choqués par l&rsquo;agonie, pendant presque&nbsp;8&nbsp;minutes 46&nbsp;secondes, de George Floyd, et son caractère raciste. Le partage en masse sur les réseaux sociaux a contribué à propager une onde de choc et a accentué un sentiment de révolte, notamment chez la forte diaspora sénégalaise présente aux USA&nbsp;», analyse Seydi Gassama, directeur exécutif d&rsquo;Amnesty International Sénégal. La condamnation unanime a réveillé l&rsquo;indignation, particulièrement chez les jeunes. «&nbsp;Il est important que nous, au Sénégal, et de manière générale en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>, puissions nous faire entendre et montrer que la jeunesse ne va pas se laisser faire et qu&rsquo;elle a un message à faire passer&nbsp;», insiste Akina Sambou, co-organisatrice de l&rsquo;une des manifestations.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/21/20478481lpw-20478600-embed-libre-jpg_7184277.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/static/img/loading/loading-panoramique.png" alt=""/></a><figcaption>L&rsquo;onde de choc Black Lives Matter a résonné à Dakar chez plusieurs jeunes Sénégalais et étrangers installés dans le pays de la Teranga.&nbsp; © SEYLLOU / AFP</figcaption></figure>



<p>La résonance a été particulière chez les expatriés américains, comme Stéphanie, bibliothécaire dans une école internationale de Dakar et originaire de l&rsquo;Arizona. «&nbsp;Quelques semaines avant George Floyd, un homme noir avait été abattu de&nbsp;6&nbsp;balles dans le dos par la police en Arizona. Ces événements affreux doivent permettre de parler du racisme et des discriminations contre les minorités dans leur ensemble pour changer la situation&nbsp;», appelle-t-elle de ses vœux.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/21/20478481lpw-20478544-embed-libre-jpg_7184278.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/21/20478481lpw-20478544-embed-libre-jpg_7184278.jpg" alt=""/></a><figcaption>La&nbsp;statue&nbsp;en bronze de&nbsp;Demba, tirailleur sénégalais, et de&nbsp;Dupont, poilu français, trône aujourd&rsquo;hui en face de la gare de&nbsp;Dakar en mémoire de la Première Guerre mondiale. L&rsquo;oeuvre a été exécutée en 1923 par le sculpteur français Paul Ducuing.&nbsp; © SEYLLOU / AFP</figcaption></figure>



<h4>Racisme interafricain</h4>



<p>Si le Sénégal est relativement protégé, le continent africain n&rsquo;est pas exempté du racisme&nbsp;: «&nbsp;En Mauritanie, les pratiques esclavagistes persistent, ou encore au Maghreb les personnes de couleur noire sont régulièrement victimes de discriminations&nbsp;», rappelle Seydi Gassama. Djibril, comédien sénégalais de 32&nbsp;ans, en a amèrement fait les frais&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/tunisie-racisme-pour-les-ressortissants-subsahariens-trop-c-est-trop-26-12-2018-2281900_3826.php">lors d&rsquo;un déplacement professionnel à Tunis</a>. «&nbsp;Certains se bouchaient le nez à notre passage dans la rue ou nous insultaient en arabe&nbsp;», se souvient-il, meurtri par ces attitudes. Si dans un premier&nbsp;temps, dérouté, il a préféré laisser passer, il a ensuite adopté une «&nbsp;attitude de résistance&nbsp;», seul moyen selon lui de pousser au débat et de faire réagir pour opérer un changement de mentalités.</p>



<h4>Les violences policières dénoncées</h4>



<p>Le débat sur le racisme a aussi relancé la question des violences policières dans le pays, un problème endémique sur le continent, qui s&rsquo;est accentué pendant cette crise sanitaire avec l&rsquo;instauration d&rsquo;un couvre-feu. Moriba, un activiste sénégalais, pointe du doigt «&nbsp;cette violence qu&rsquo;on inflige aux citoyens&nbsp;» et fustige «&nbsp;la superpuissance de l&rsquo;État à travers la police&nbsp;». Un sentiment partagé par Amine, originaire du Maroc venu pour suivre ses études de médecine à Dakar. «&nbsp;La police est souvent utilisée comme une arme contre le peuple, en Afrique, mais aussi ailleurs, pour écraser l&rsquo;expression de la population&nbsp;», détaille ce jeune de 25&nbsp;ans, engagé de longue date contre la violence. Face aux bavures policières, qui restent souvent impunies, le sentiment de défiance de la population tend à augmenter. «&nbsp;La police est censée nous protéger et non abuser de sa force à la moindre occasion&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;s&rsquo;indigne Akina.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/06/21/20478481lpw-20478542-embed-libre-jpg_7184279.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/static/img/loading/loading-panoramique.png" alt=""/></a><figcaption>Peinture murale représentant Malcolm X peinte par un collectif de graffeurs, « RBS Crew » sur le&nbsp;mur d&rsquo;un pont le long d&rsquo;une artère de la capitale du Sénégal, Dakar.&nbsp; © Alaattin Dogru / Anadolu Agency via AFP</figcaption></figure>



<h4>Le panafricanisme&nbsp;en question</h4>



<p>Ces événements, en renforçant la solidarité entre les Africains et les Afro-Américains, dont ils partagent les origines et une histoire commune, interrogent sur le rêve panafricain. «&nbsp;Cela pose la question de la place de l&rsquo;Afrique sur la scène mondiale et démontre l&rsquo;importance de l&rsquo;unité du continent pour que sa voix et ses revendications puissent être entendues. La diaspora occupe un rôle primordial dans ce questionnement&nbsp;», argumente Seydi Gassama. De quoi porter à nouveau un regard sur le panafricanisme.</p>



<p>Né aux États-Unis à la fin du XIXe&nbsp;siècle au sein de la diaspora africaine à la suite de l&rsquo;interdiction de l&rsquo;esclavage,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/ghana-kofi-annan-bien-sur-mais-aussi-nkrumah-et-w-e-b-du-bois-13-09-2018-2250870_3826.php">le mouvement panafricaniste</a>&nbsp;vise à encourager la solidarité entre&nbsp;les peuples africains ou d&rsquo;origine africaine, mais aussi à l&rsquo;unification et l&rsquo;indépendance du continent, en s&rsquo;appuyant sur les ressources locales et la jeunesse. Selon Seydi Gassama cependant, cette émancipation fait défaut à la classe politique, qui semble avoir abandonné depuis un certain temps l&rsquo;idée d&rsquo;un État fédéral panafricain continental. Si les classes dirigeantes n&rsquo;ont pas concrétisé cette aspiration, la jeune génération, lassée d&rsquo;être ignorée, adhère massivement aux idées des penseurs panafricains. «&nbsp;Ce qui s&rsquo;est passé avec George Floyd, et dans d&rsquo;autres cas de violences policières racistes, est symptomatique de la place qu&rsquo;occupe le Noir dans le monde. Il faut avancer, se battre pour l&rsquo;égalité et mettre fin à cette domination de l&rsquo;Occident&nbsp;», souligne Djibril, qui pense que la culture peut aider à sensibiliser beaucoup de personnes.</p>



<p><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/cheikh-anta-diop-et-l-egypte-retrouva-sa-boussole-africaine-07-02-2017-2103103_3826.php">Les idées de Cheikh Anta Diop</a>, égyptologue sénégalais reconnu qui a œuvré à la valorisation de l&rsquo;Afrique, interpellent fortement la jeunesse africaine. Il a donné son nom à l&rsquo;université de Dakar et est souvent évoqué en ces temps où tous les drames du peuple noir défilent dans la mémoire collective. En tout cas, si de nouveaux leaders panafricains émergent, les mentalités évoluent. Certains, à l&rsquo;image d&rsquo;Amine, restent sceptiques sur un changement en profondeur de la situation : « Je doute que ces événements rejaillissent sur le continent. Les Africains ont d&rsquo;autres préoccupations en tête. C&rsquo;est très loin de leur quotidien et ils doivent déjà résoudre des problématiques profondes », avance le futur médecin. De fait, si le changement reste incertain, la réflexion est plus que jamais d&rsquo;actualité.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/senegal-entre-antiracisme-et-panafricanisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Afrique : quand Jack Ma trace sa route</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/afrique-quand-jack-ma-trace-sa-route/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/afrique-quand-jack-ma-trace-sa-route/#respond</comments>
				<pubDate>Tue, 14 Apr 2020 21:24:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[jack ma]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=16267</guid>
				<description><![CDATA[Depuis l&#8217;épidémie du Covid-19, le philanthrope chinois renforce sa présence sur le continent, au point d&#8217;être parfois assimilé à un ambassadeur. «&#160;L&#8217;Afrique&#160;peut avoir une longueur d&#8217;avance sur le coronavirus. À chacun des&#160;54&#160;pays africains, nous allons donner 20&#160;000 kits de test, 100&#160;000 masques et 1&#160;000 combinaisons de protection et visières au personnel soignant.&#160;»&#160;Ce tweet de&#160;Jack Ma&#160;date...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/20245748lpw-20245813-article-jpg_7046316_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-16271" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/20245748lpw-20245813-article-jpg_7046316_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/04/20245748lpw-20245813-article-jpg_7046316_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<h4>Depuis l&rsquo;épidémie du Covid-19, le philanthrope chinois renforce sa présence sur le continent, au point d&rsquo;être parfois assimilé à un ambassadeur.</h4>



<p>«&nbsp;L&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;peut avoir une longueur d&rsquo;avance sur le coronavirus. À chacun des&nbsp;54&nbsp;pays africains, nous allons donner 20&nbsp;000 kits de test, 100&nbsp;000 masques et 1&nbsp;000 combinaisons de protection et visières au personnel soignant.&nbsp;»&nbsp;Ce tweet de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/jack-ma">Jack Ma</a>&nbsp;date du 16&nbsp;mars. Alors que l&rsquo;on dénombre à cette période moins de&nbsp;500&nbsp;cas de coronavirus en Afrique, le créateur de la plateforme d&rsquo;e-commerce Alibaba, désormais à la tête de la Fondation Jack Ma, est déjà sur le pont. Le 22&nbsp;mars, le matériel promis est débarqué d&rsquo;un avion-cargo d&rsquo;Ethiopian Airlines à l&rsquo;aéroport Addis-Abeba, avant d&rsquo;être acheminé à travers le continent par la compagnie aérienne éthiopienne. «&nbsp;Jack Ma est, avec la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/chine">Chine</a>, le donateur le plus visible au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/kenya">Kenya</a>&nbsp;jusque-là&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/nanjala-nyabola-la-population-est-prete-aux-ajustements-necessaires-07-04-2020-2370342_3826.php">observait dans un entretien au&nbsp;<em>Point Afrique</em>&nbsp;la politiste Nanjala Nyabola le 7&nbsp;avril</a>. Et ce n&rsquo;est qu&rsquo;un début. Ce même jour,&nbsp;<a href="http://french.xinhuanet.com/afrique/2020-04/08/c_138955719.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les fondations Jack Ma et Alibaba annoncent une nouvelle livraison de matériel médical en Afrique</a>, contenant en sus des respirateurs artificiels.</p>



<p>Les deux fondations ont aussi créé, avec l&rsquo;appui d&rsquo;Alibaba Cloud Intelligence et Alibaba Health (branches data intelligence et santé du groupe Alibaba), un centre de consultation médicale en ligne sur le Covid-19 ouvert au&nbsp;personnel&nbsp;de santé du monde entier. On y trouve notamment un outil de séquençage du génome qui permet de dépister le virus en 14&nbsp;heures – contre deux jours en général. À destination des soignants, enfin, gratuit et téléchargeable, un manuel de prévention et de traitement du Covid-19 a été élaboré dans une vingtaine de langues, dont le haoussa et le kiswahili.</p>



<h4><strong>Au nom de la coopération Sud-Sud</strong></h4>



<p>La rapidité avec laquelle le philanthrope Jack Ma a mis en route un plan d&rsquo;aide internationale – dont l&rsquo;Afrique n&rsquo;est certes pas l&rsquo;unique récipiendaire mais fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention particulière –&nbsp;contraste avec l&rsquo;inertie des pays occidentaux, aux prises avec une catastrophe sanitaire. Ce n&rsquo;est que récemment, le 8&nbsp;avril, que la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/france">France</a>&nbsp;a annoncé une aide de «&nbsp;près de 1,2&nbsp;milliard d&rsquo;euros&nbsp;» pour lutter contre la propagation du Covid-19 sur le continent. La veille, l&rsquo;Union européenne s&rsquo;engageait à garantir 15&nbsp;milliards d&rsquo;euros aux pays les plus vulnérables du continent. L&rsquo;ONU, de son côté, réclamait le 30&nbsp;mars&nbsp;2&nbsp;500 milliards de dollars pour affronter la pandémie dans les pays en développement, incluant un gel du remboursement des dettes.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245851-embed-libre-jpg_7046319.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245851-embed-libre-jpg_7046319.jpg" alt=""/></a><figcaption>Débarquement de masques envoyés par Jack Ma à Khartoum (Soudan) en raison du Covid-19.&nbsp; © Mahmoud Hjaj / Anadolu Agency via AFP</figcaption></figure>



<p>Une solidarité internationale que les actions des fondations Jack Ma et Alibaba font donc, pour l&rsquo;heure, passer en arrière-plan. Mais l&rsquo;action du milliardaire, «&nbsp;combinée à l&rsquo;aide de la République populaire de Chine, souligne aussi de manière écrasante la rhétorique selon laquelle&nbsp;<em>la Chine aide l&rsquo;Afrique en cas de besoin</em>, ce qui est une démonstration claire de la solidarité Sud-Sud constamment prêchée par la Chine&nbsp;à ses homologues africains depuis les années 50&nbsp;», analyse Richard Aidoo, maître de conférences à la Coastal Caroline University, en Caroline du Sud. Au Ghana, pays d&rsquo;origine de ce politologue résidant aux États-Unis, les liens avec Pékin remontent au traité d&rsquo;amitié sino-ghanéen signé en 1961, six ans après la conférence de Bandung dont émergeait le Mouvement des non-alignés.</p>



<h4><strong>Jack Ma, «&nbsp;électron libre&nbsp;»</strong></h4>



<p>Pour qui roule donc Jack Ma, généreux bienfaiteur de 56&nbsp;ans, dont les plans d&rsquo;aide liés au coronavirus s&rsquo;enchevêtrent à ceux de la Chine&nbsp;? Membre du Parti communiste chinois, reçu en grande pompe dans les capitales africaines lors de ses déplacements, le fondateur du géant du commerce en ligne Alibaba est-il inféodé à Pékin&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245826-embed-libre-jpg_7046320.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245826-embed-libre-jpg_7046320.jpg" alt=""/></a><figcaption>Jack Ma à la conférence internationale d&rsquo;investissement à Johannesbourg en Octobre 2018.&nbsp; © STRINGER / AFP</figcaption></figure>



<p>Pour Thierry Pairault, sinologue et spécialiste de la Chine moderne et contemporaine, il faut surtout le voir comme «&nbsp;un électron libre&nbsp;». «&nbsp;Il jouit d&rsquo;une grande liberté d&rsquo;action et de mouvement, puisqu&rsquo;il a de l&rsquo;argent [Jack Ma est la deuxième fortune chinoise, NDLR], et lorsqu&rsquo;il agit à l&rsquo;extérieur, en particulier en Afrique, il n&rsquo;est pas mandaté par Pékin&nbsp;», insiste le directeur de recherche émérite (CNRS-École des hautes études en sciences sociales). Et d&rsquo;établir un parallèle avec l&rsquo;ancien économiste en chef de la Banque mondiale Justin Yifu Lin, fort lui aussi d&rsquo;une notoriété internationale&nbsp;: «&nbsp;Ces personnages jouent un évident rôle de VRP pour les entreprises chinoises lors de leurs&nbsp;déplacements&nbsp;à l&rsquo;étranger, mais il serait faux de les assimiler pour autant à des ambassadeurs de Pékin. Ce sont eux qui décident des actions qu&rsquo;ils mettent en œuvre.&nbsp;»&nbsp;S&rsquo;il n&rsquo;entreprend rien qui s&rsquo;opposerait aux intérêts chinois, Jack Ma suivrait donc au premier chef un agenda personnel.</p>



<p>Et en Afrique, il «&nbsp;capitalise sur son expérience et sa vision dans le secteur numérique. À cet égard, le continent lui offre la possibilité de recréer un empire&nbsp;», complète Thierry Pairault, en allusion à son départ de la présidence du groupe Alibaba en septembre&nbsp;2019, dans des circonstances encore floues.</p>



<h4><strong>Pari sur les entrepreneurs de la tech</strong></h4>



<p>Le 16 novembre 2019, Jack Ma est à Accra, capitale du Ghana. « C&rsquo;est ma quatrième visite en Afrique, mais c&rsquo;est la plus importante », commence-t-il lors d&rsquo;un show retransmis à la télévision. Deux ans après son premier séjour sur le continent, il s&rsquo;apprête à attribuer un prix d&rsquo;un million de dollar à des « héros des affaires africains ». L&rsquo;épilogue d&rsquo;un programme de soutien aux entrepreneurs du secteur de l&rsquo;innovation (Africa Netpreneur Prize Initiative, ANPI) initié par sa fondation. Dix mille compétiteurs africains sont en lice en 2019. Seuls dix d&rsquo;entre eux se partageront la récompense. Pour cette première édition du concours, il est venu accompagné d&rsquo;éminentes personnalités, parmi lesquelles l&rsquo;acteur chinois Jet Li ou le Sud-Coréen Ban Ki-moon, ex-secrétaire général de l&rsquo;ONU.</p>



<p>Symbolique, l&rsquo;événement fixe les orientations choisies par Jack Ma en Afrique. «&nbsp;Les participants à l&rsquo;Anpi doivent proposer des projets qui aident à résoudre les problèmes économiques et sociaux des populations, et s&rsquo;inscrivent dans une perspective de développement durable. Au terme d&rsquo;une période de 10&nbsp;ans, l&rsquo;Anpi s&rsquo;est engagé à investir 100&nbsp;millions de dollars pour soutenir les projets de&nbsp;100&nbsp;entrepreneurs africains&nbsp;», résume Catherine Benaïnous, chercheuse et membre du&nbsp;<a href="http://ace-consulting.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">think tank Afrique-Chine-Europe (ACE)</a>.</p>



<p>Autre champ d&rsquo;action&nbsp;: l&rsquo;environnement, cœur de cible de la fondation Paradise que co-dirige Jack Ma. «&nbsp;En 2017, il a annoncé le financement d&rsquo;un programme de 10&nbsp;ans auquel participe également la Fondation Jack Ma, à hauteur de 1,5&nbsp;million d&rsquo;euros, pour la protection des animaux sauvages, et a récompensé une cinquantaine de gardes forestiers&nbsp;», ajoute-t-elle.</p>



<h4><strong>Dans le sillage de la stratégie d&rsquo;Alibaba</strong></h4>



<p>Mais c&rsquo;est bien dans le secteur numérique que Jack Ma concentre ses actions, comme pour prolonger, ou accompagner la stratégie mise en œuvre par Alibaba. «&nbsp;La Fondation Jack Ma et le Groupe Alibaba parient sur l&rsquo;économie numérique pour que l&rsquo;Afrique accélère son développement&nbsp;», note Catherine Benaïnous. Il y a donc, d&rsquo;un côté, les affaires. L&#8217;empire Alibaba, né avec Alibaba.com en 1999, a essaimé en Afrique à partir du milieu des années 2010. «&nbsp;Plusieurs filiales d&rsquo;Alibaba sont aujourd&rsquo;hui présentes, dont Alibaba Cloud [offre de clouds pour les entreprises], Alibaba.com [échanges entre grossistes], AliExpress [du fabricant au consommateur], Tmall Global [de l&rsquo;entreprise au consommateur] ou encore Alipay [paiement par Internet]&nbsp;», détaille la chercheuse.</p>



<p>Et parallèlement au commerce, «&nbsp;Alibaba participe aussi aux grandes réunions des Nations unies sur le développement. […]&nbsp;En 2018, le groupe a par exemple initié un programme de formation avec le Rwanda en partenariat avec le ministère rwandais de l&rsquo;Éducation et le Haut-Conseil universitaire. Des cours d&rsquo;e-commerce ont été fournis par Alibaba Business school à des professeurs rwandais et une vingtaine d&rsquo;élèves ont ensuite été sélectionnés pour aller suivre des formations d&rsquo;économie numérique dans cette école de commerce à Hangzhou, en Chine. Le programme&nbsp;s&rsquo;inscrit dans un projet plus large baptisé African Growth Platform(Plateforme de croissance africaine<em>).&nbsp;</em>L&rsquo;objectif est d&rsquo;aider 100&nbsp;millions de start-up, petites et moyennes entreprises à démarrer leur business d&rsquo;ici à&nbsp;2025&nbsp;– et de créer de l&#8217;emploi pour les jeunes en Afrique&nbsp;», explique Catherine Benaïnous.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245867-embed-libre-jpg_7046321.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245867-embed-libre-jpg_7046321.jpg" alt=""/></a><figcaption>Jack Ma à l&rsquo;African Ranger Awards Ceremony au Ghana en novembre 2019. © He Guang / Imaginechina via AFP</figcaption></figure>



<p>Pour se démarquer de la myriade d&rsquo;acteurs qui misent également sur le numérique en Afrique, la fondation Jack Ma a une rhétorique bien rodée. «&nbsp;La plupart des entrepreneurs en Afrique ressemblent à ceux que l&rsquo;on voyait en Chine il y a 15-20&nbsp;ans. Pas d&rsquo;expérience, pas d&rsquo;argent, pas de technologie. Les obstacles auxquels ils font face sont énormes. Mais ils n&rsquo;attendent pas, ils créent les conditions&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=cGEWHVY60u8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lance Jack Ma&nbsp;à Accra en novembre&nbsp;2019</a>&nbsp;lors de la remise du prix au «&nbsp;héros des affaires africain&nbsp;».</p>



<p>Une analogie récurrente dans ses discours qui «&nbsp;séduit particulièrement la jeunesse africaine&nbsp;», selon le politologue Richard Aidoo. «&nbsp;Jack Ma pointe les similarités des défis auxquels ils sont ou ont été confrontés pour accélérer le développement économique, et il encourage la jeunesse africaine à être adaptable et persistante, indépendamment de la politique et des pouvoirs en place. C&rsquo;est le récit d&rsquo;un succès, non occidental, qui offre de l&rsquo;espoir à tout un pan de la population&nbsp;», résume-t-il.</p>



<h4><strong>Élément du soft power de la Chine&nbsp;?</strong></h4>



<p>Dans cette narration, le philanthrope incarne à lui seul «&nbsp;diverses représentations que la Chine souhaite véhiculer dans le monde, en particulier dans le monde en développement. L&rsquo;ingéniosité, l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise, le capitalisme prospère, la fiabilité, et c&rsquo;est aussi une personne à laquelle on peut se sentir facilement connecté&nbsp;», note Richard Aidoo. Est-il à ce titre un instrument du Soft Power chinois&nbsp;? «&nbsp;Dans la mesure de l&rsquo;admiration suscitée par ses actions de philanthrope, et de ses tentatives de pousser les jeunes générations africaines à aspirer à la prospérité et à la liberté économique, il est voué à contribuer positivement à l&rsquo;image de la Chine (…) dans un registre, en apparence, non menaçant&nbsp;», répond-il.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245854-embed-libre-jpg_7046322.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/04/14/20245748lpw-20245854-embed-libre-jpg_7046322.jpg" alt=""/></a><figcaption>Jack Ma avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa au siège d&rsquo;Alibaba. © Stringer / Imaginechina</figcaption></figure>



<p>«&nbsp;La politique d&rsquo;influence de la Chine bénéficie de Jack Ma sans pour&nbsp;autant l&rsquo;inclure officiellement&nbsp;», analyse de son côté le directeur de recherche émérite Thierry Pairault. À l&rsquo;inverse, Jack Ma peut aussi tirer profit de la «&nbsp;chinafrique&nbsp;» quand il avance ses pions dans des pays où les relations politiques, économiques ou diplomatiques avec la République populaire de Chine sont fortes (Ghana, Éthiopie, Nigeria, Afrique du Sud, Rwanda,&nbsp;etc.).</p>



<p>Sur le continent, la Chine écoule ses produits, propose des services, extrait des matières premières minérales, ou capte des soutiens, au nom de la coopération sud-sud ou de la plus récente stratégie « gagnant-gagnant », pour accroître son influence dans la communauté internationale. Et Jack Ma, le philanthrope, que gagne-t-il à renforcer sa présence en Afrique ? « Il ne recherche pas forcément des gains en termes financiers, avance Thierry Pairault. En revanche, il y gagne assurément une stature internationale, qui le protégerait d&rsquo;un éventuel revirement de Pékin à son égard. »</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en Ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/afrique-quand-jack-ma-trace-sa-route/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>RD Congo : Vital Kamerhe en prison, et après ?</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/rd-congo-vital-kamerhe-en-prison-et-apres/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/rd-congo-vital-kamerhe-en-prison-et-apres/#respond</comments>
				<pubDate>Mon, 13 Apr 2020 09:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique Centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[République démocratique du Congo]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[republique democratique du congo]]></category>
		<category><![CDATA[Vital Kamerhe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=16209</guid>
				<description><![CDATA[La mise en détention du principal allié politique du président Tshisekedi ouvre une séquence où plusieurs têtes pourraient tomber pour corruption. Et maintenant&#160;? Vital Kamerhe, qui était jusque-là&#160;le tout-puissant directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, est au cœur&#160;d&#8217;une affaire tentaculaire de détournements présumés de fonds publics et séjourne à la prison centrale de Makala depuis le mercredi...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/kamerhe_vital_19_0000_jpg_640_350_1.jpeg" alt="" class="wp-image-7737" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/kamerhe_vital_19_0000_jpg_640_350_1.jpeg 640w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/08/kamerhe_vital_19_0000_jpg_640_350_1-300x164.jpeg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption>kamerhe vital</figcaption></figure>



<p><strong>La mise en détention du principal allié politique du président Tshisekedi ouvre une séquence où plusieurs têtes pourraient tomber pour corruption.</strong></p>



<p>Et maintenant&nbsp;? Vital Kamerhe, qui était jusque-là&nbsp;le tout-puissant directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, est au cœur&nbsp;d&rsquo;une affaire tentaculaire de détournements présumés de fonds publics et séjourne à la prison centrale de Makala depuis le mercredi 8&nbsp;avril. L&rsquo;arrestation de ce haut fonctionnaire, ancien président de l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/assemblee-nationale">Assemblée nationale</a>, directeur de campagne de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/joseph-kabila">Joseph Kabila</a>&nbsp;en&nbsp;2006&nbsp;et allié clé de l&rsquo;actuel chef de l&rsquo;État, défraye la chronique en République démocratique du Congo&nbsp;et suscite diverses interprétations, car l&rsquo;enjeu politique est aussi&nbsp;capital que le volet judiciaire.</p>



<h4>Un séisme politique, source de folles rumeurs</h4>



<p>En tout cas, dans les rues de Kinshasa, les points de vue divergent&nbsp;: pour les uns, en effet, Félix Tshisekedi s&rsquo;est débarrassé d&rsquo;un potentiel concurrent aux prochaines élections. «&nbsp;Quand on est pressé, on finit par tout rater. Monsieur Kamerhe pensait déjà aux scrutins de&nbsp;2023&nbsp;et n&rsquo;a cessé d&rsquo;attribuer ses ambitions&nbsp;à ses sympathisants au point de frustrer la base de l&rsquo;UDPS, parti du président Tshisekedi&nbsp;», commente Luc Yaba, chercheur en droit à l&rsquo;université de Kinshasa.&nbsp;D&rsquo;autres y voient par contre des manœuvres de l&rsquo;ex-président&nbsp;Joseph Kabila, en vue de baliser la voie de son retour aux affaires en 2023.&nbsp;Cette dernière théorie prend de plus en plus d&rsquo;ampleur, et pour cause&nbsp;: Jeannine Mabunda Lioko Mudiayi et&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/alexis-thambwe-mwamba">Alexis Thambwe Mwamba</a>, respectivement présidente de l&rsquo;Assemblée nationale et président du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/senat">Sénat</a>, ont convoqué&nbsp;un congrès pour en principe valider l&rsquo;état d&rsquo;urgence sanitaire décrété par le chef de l&rsquo;État.&nbsp;En effet, précise Alexis Thambwe, «&nbsp;la RDC est en état d&rsquo;urgence de fait et non de droit [parce que]&nbsp;la procédure n&rsquo;a pas été respectée conformément à l&rsquo;article&nbsp;166 de la Constitution&nbsp;». Les sénateurs et députés vont pouvoir proposer le prolongement de l&rsquo;état d&rsquo;urgence pour&nbsp;15&nbsp;jours&nbsp;alors que le pays compte&nbsp;215&nbsp;cas déclarés depuis le 10&nbsp;mars, pour&nbsp;20&nbsp;décès.</p>



<h4>Un Congrès prétexte&nbsp;?</h4>



<p>Mais, pour beaucoup, ce rendez-vous serait un prétexte. Il y aurait un agenda caché qui viserait à mettre en accusation&nbsp;le président Félix Tshisekedi pour&nbsp;haute trahison, et pour les rumeurs les plus folles, le faire destituer au regard des prescrits de l&rsquo;article&nbsp;165 alinéa&nbsp;2 de la Constitution du pays. C&rsquo;est l&rsquo;une des pistes que soutient Noël Tshiani, candidat malheureux à la dernière présidentielle, qui demande à Félix Tshisekedi de dissoudre immédiatement le Parlement si «&nbsp;les présidents de deux chambres ne communiquent pas l&rsquo;ordre du jour et les matières à traiter lors de&nbsp;leur prochain congrès très suspect.&nbsp;Réunir&nbsp;800&nbsp;personnes en pleine pandémie Covid-19&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;Du côté du camp Kabila, la prudence est de mise. Dans son récent point de presse, le porte-parole de la majorité présidentielle et communicateur du FCC, Alain-André Atundu, interrogé sur cette affaire, a laissé entendre que «&nbsp;la coalition FCC-CACH n&rsquo;est pas un syndicat du crime pour se protéger mutuellement contre les méfaits de chacun&nbsp;».</p>



<h4>Kamerhe comme un président bis</h4>



<p>En dépit de son titre de directeur de cabinet, Vital Kamerhe est bien plus qu&rsquo;un simple collaborateur du chef de l&rsquo;État. Parfois qualifié de «&nbsp;président bis&nbsp;», il s&rsquo;était désisté en faveur de Félix Tshisekedi avant l&rsquo;élection présidentielle du 30&nbsp;décembre 2018, qui a marqué la première alternance pacifique dans l&rsquo;histoire du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/congo">Congo</a>. Les deux hommes ont scellé un accord politique pour constituer leur plateforme Cap pour le changement (Cach),&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/rd-congo-la-cohabitation-en-marche-12-01-2019-2285257_3826.php">qui gouverne la RDC en coalition avec les forces politiques de l&rsquo;ex-président Joseph Kabila, toujours majoritaires au Parlement.</a></p>



<p>Dès les premiers mois, sans tarder, Vital Kamerhe va se mettre&nbsp;au travail. Au cœur de son agenda&nbsp;: un programme d&rsquo;urgence pour marquer les&nbsp;100&nbsp;premiers jours au pouvoir de Félix Tshisekedi, piloté&nbsp;par un&nbsp;comité de pilotage. Au départ, il s&rsquo;agissait d&rsquo;allouer une&nbsp;enveloppe de 300&nbsp;millions de dollars pour construire ou réparer des routes, des maisons ou des ponts.&nbsp;Un an après, aucun «&nbsp;saut-de-mouton&nbsp;» (nom donné par les Congolais pour désigner ces ponts routiers, NDLR) n&rsquo;a été inauguré à Kinshasa. Ces ponts par-dessus la chaussée, mis en chantier pour aérer le trafic automobile, sont même la vitrine des retards et des ratés du programme des «&nbsp;100 jours&nbsp;», sur fond de détournements de fonds présumés.</p>



<p>À cause des travaux, la circulation est même pire qu&rsquo;avant aux grands carrefours. Les automobilistes sont piégés dans des goulets d&rsquo;étranglement à l&rsquo;approche des palissades bleues occupant les deux tiers de la chaussée. C&rsquo;est le cas sur la route de l&rsquo;aéroport international de Ndjili, encombrée par trois chantiers de «&nbsp;sauts-de-mouton&nbsp;», dont certains ont à peine commencé.&nbsp;Après une descente sur le terrain à la mi-février, le chef de l&rsquo;État a demandé une information judiciaire.</p>



<p>En conseil des ministres le 20&nbsp;février, le ministre de la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende, a souhaité que cette enquête marque «&nbsp;le début du renouveau&nbsp;» de la justice en RDC, «&nbsp;pour un véritable État de droit&nbsp;». Le président Tshisekedi a fait de la lutte anticorruption une priorité, à la demande pressante des bailleurs de fonds de la RDC, les États-Unis et le FMI en tête.</p>



<h4>Des millions introuvables, la machine anticorruption se met en branle</h4>



<p>Les volontés anticorruption du chef de l&rsquo;État n&rsquo;ont pas que des soutiens au sein même de la présidence de la République et son cabinet pléthorique de plus de&nbsp;100&nbsp;conseillers. En tout cas, l&rsquo;enquête a tout de même mené à son propre directeur de cabinet chargé de l&rsquo;attribution des marchés publics. Son nom avait déjà été cité par l&rsquo;Inspection des finances en septembre dans l&rsquo;affaire dite des 15&nbsp;millions de dollars, qui auraient disparu des caisses du Trésor public. Le chef de l&rsquo;État avait confirmé l&rsquo;ouverture d&rsquo;une enquête judiciaire. Une enquête dont plus personne n&rsquo;a entendu parler depuis. En septembre, le dossier revient sur la table lorsque le nouveau ministre des Finances José Sele (venu du camp pro-Kabila) a demandé des «&nbsp;audits&nbsp;» sur le financement du programme des&nbsp;100&nbsp;jours et des «&nbsp;sauts-de-mouton&nbsp;».</p>



<p>Les mois passant et la situation socio-économique de la population se dégradant, <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/senatoriales-en-rdc-soupcons-de-corruption-au-sein-du-parti-de-tshisekedi-18-03-2019-2301972_3826.php">Félix Tshisekedi est de plus en plus interpellé aussi bien en interne par son propre parti l&rsquo;UDPS </a>qu&rsquo;en externe par ses alliés américains, qui lui reprochent le non-respect des engagements pris en matière de lutte contre la corruption. « Vital Kamerhe contrôle d&rsquo;une main de fer et accorde des marchés de gré à gré à des sociétés mafieuses à peine créées pour les besoins de la cause, donne ordre au gouverneur de la Banque centrale pour des paiements en procédure d&rsquo;urgence à des entreprises sulfureuses et des surfacturations », explique Charles Manda, un membre de la société civile. À l&rsquo;en croire, ce programme des 100 jours est un échec complet, alors que « des dizaines, voire des centaines des millions de dollars sont sortis du Trésor public. Pendant ce temps, Vital Kamerhe mène un grand train de vie et la population se désole de voir que la lutte contre la corruption prônée par Félix Tshisekedi n&rsquo;est qu&rsquo;une utopie », ajoute-t-il. À peine nommé directeur de cabinet, Vital Kamerhe convolait en secondes noces avec l&rsquo;Indo-Congolaise Amida Shatur. Un mariage fastueux sur plusieurs jours et une dot élevée dont la somme a été tue, qui ont suscité là aussi de nombreux commentaires.</p>



<p>Un banquier, deux chefs d&rsquo;entreprise et un responsable d&rsquo;une entreprise publique ont déjà été placés en détention provisoire dans cette enquête sur le financement du programme dit des «&nbsp;cent&nbsp;jours&nbsp;» du chef de l&rsquo;État. Certains ont été depuis remis en liberté.&nbsp;En attendant une confrontation avec les coaccusés et un éventuel procès, le puissant et intouchable directeur de cabinet, lui, croupit en prison, certainement en repensant à son&nbsp;long parcours politique.</p>



<h4>Vital Kamerhe, un parcours sinueux</h4>



<p>En effet, pour Vital Kamerhe, parfois surnommé le «&nbsp;Faiseur de rois&nbsp;», tout a commencé&nbsp;dans les années 1990, lorsque, jeune cadre zaïrois, né à Bukavu dans le Sud-Kivu en 1959, il entame avec beaucoup de succès sa carrière politique en exerçant plusieurs fonctions dans les cabinets ministériels&nbsp;: Mines, Enseignement supérieur. Excellent tribun, Vital Kamerhe s&rsquo;est exercé sur les bancs de l&rsquo;université de Kinshasa, où il a adhéré aux jeunesses du MPR, le parti unique de Mobutu, avant d&rsquo;adhérer à l&rsquo;UDPS d&rsquo;Étienne Tshisekedi. On le retrouve même à la Conférence nationale en&nbsp;1991 et&nbsp;1992 au titre de président de la jeunesse de l&rsquo;Usoral (Union sacrée de l&rsquo;opposition radicale). Polyglotte, maîtrisant les quatre langues nationales du Congo&nbsp;: le&nbsp;kikongo, le&nbsp;lingala, le&nbsp;swahili&nbsp;et le&nbsp;tshiluba, en plus de certaines langues étrangères, notamment le français et l&rsquo;anglais. Il&nbsp;enchaîne alors les postes suivant le rythme effréné des instabilités de cette époque.</p>



<p>Quand arrive sur la scène militaro-politique l&rsquo;AFDL, mouvement rebelle conduit par Laurent-Désiré Kabila, père de Joseph Kabila, à l&rsquo;issue de la première guerre du Congo en 1997, tout change pour Vital Kamerhe, qui se fait remarquer d&rsquo;abord en tant qu&rsquo;«&nbsp;expert économiste&nbsp;» puis au cœur des négociations pour les futurs accords de paix de&nbsp;Lusaka, en juillet&nbsp;1999. Jusqu&rsquo;à la mort du Mzee, en 2001, Vital Kamerhe, père de neuf enfants, dont huit avec sa première épouse, Mamick Boji, aura été de tous les sommets, de tous les accords politiques majeurs de la RDC, et un interlocuteur clé face aux instances internationales, comme&nbsp;la Monuc, la mission locale de l&rsquo;ONU.</p>



<p>Après l&rsquo;assassinat de Laurent-Désiré Kabila, qui fut remplacé&nbsp;par son fils Joseph Kabila lors d&rsquo;un conseil de gouvernement, Vital Kamerhe se voit intégrer le cercle restreint. Les deux hommes se sont rencontrés en août&nbsp;1998 lors du déclenchement de la deuxième guerre du Congo, au moment du siège de l&rsquo;aéroport international de N&rsquo;Djili. Âgé de 26&nbsp;ans, Kabila était encore à la tête de la troupe des Kadogos, ces enfants-soldats à la solde du Mzee. Nommé commissaire général chargé du processus de paix, Kamerhe est sur tous les fronts, même si la guerre s&rsquo;enlise, notamment à l&rsquo;est très stratégique de la RDC. En 2006&nbsp;arrivent les premières élections démocratiques, Kamerhe, qui a eu deux ans pour réformer avec succès le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie&nbsp;(PPRD), le parti présidentiel, est le directeur de campagne de Kabila. Cette&nbsp;élection est contestée et largement entachée par des violences.</p>



<p>Entre-temps, Vital Kamerhe a parcouru le pays, s&rsquo;est fait une sacrée réputation dans le monde entier, on le compare à Nicolas Sarkozy, parce que, bien qu&rsquo;il pense depuis toujours au poste suprême, il ne le dit jamais publiquement. Même quand Kabila et surtout ses proches conseillers tentent de le mettre au «&nbsp;placard&nbsp;», l&rsquo;homme s&rsquo;en sort toujours. À l&rsquo;Assemblée nationale, dont il prend la présidence en 2007, il brille par son éloquence, ses prises de position de plus en plus tranchées avec son allié. En réalité, Vital Kamerhe veut s&rsquo;émanciper.&nbsp;En 2009, contre toute attente, il est contraint de démissionner de son poste après que le président Joseph&nbsp;Kabila a autorisé le retour des troupes rwandaises au Kivu.</p>



<h4>La rupture d&rsquo;avec Joseph Kabila</h4>



<p>Le divorce étant consommé, il crée enfin sa propre formation politique, l&rsquo;UNC (Union pour la nation congolaise), et bascule dans&nbsp;l&rsquo;opposition. Mais l&rsquo;homme peine à prouver à ses pairs de l&rsquo;opposition que sa rupture avec Kabila est totale. D&rsquo;ailleurs, il a toujours de grandes difficultés à faire oublier son passage au PPRD et surtout son rôle dans l&rsquo;élection que jugent frauduleuse les opposants.&nbsp;Ce n&rsquo;est finalement que quelques mois avant les élections de décembre&nbsp;2018, où les voix se sont levées pour demander à l&rsquo;ensemble de l&rsquo;opposition d&rsquo;unir leurs forces pour faire face à la grande machine mise en place par le camp Kabila, que Vital Kamerhe joue sa dernière carte.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/rd-congo-la-candidature-commune-deja-a-terre-13-11-2018-2270941_3826.php">Réunis à Genève pour élire le candidat unique de l&rsquo;opposition, les leaders de l&rsquo;opposition ont porté leur dévolu, à la surprise générale, sur l&rsquo;outsider, Martin Fayulu.</a>&nbsp;Quelques heures après, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe vont retirer leurs signatures de cet accord sur demande de leurs bases respectives. Les deux nouveaux partenaires se retrouvent donc dans la capitale kenyane pour conclure un deal de gouvernance, dit accord de «&nbsp;Nairobi&nbsp;», donnant naissance à la coalition Cach (Cap pour le changement), à l&rsquo;issue duquel Vital Kamerhe se désiste en faveur de Félix Tshisekedi. Cet accord qui prévoyait que Kamerhe occupe le poste de Premier ministre, fonction à laquelle l&rsquo;homme a renoncé pour occuper le très stratégique cabinet de la présidence après avoir conclu un autre accord en parallèle pour la cohabitation avec Kabila. Dans tous les cas, le texte prévoit que Vital Kamerhe sera candidat à la présidence de la République en 2023.</p>



<h4>Les agendas politiques désormais revisités</h4>



<p>La chute de Vital Kamerhe, pilier de la coalition Cach, va sans doute modifier les agendas politiques des uns et des autres. Mais pourrait aussi servir de cas d&rsquo;école pour l&rsquo;appareil judiciaire congolais, qui n&rsquo;a de cesse, ces dernières années, d&rsquo;afficher une volonté ferme de retrouver ses lettres de noblesse. Aux dernières nouvelles, le tribunal de Kinshasa Matete a refusé la remise en liberté provisoire sollicitée par les avocats de Vital Kamerhe, et ce dernier devra passer encore 15 jours à la tristement célèbre prison centrale de Makala, le temps pour les instructeurs de poursuivre leurs investigations.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/rd-congo-vital-kamerhe-en-prison-et-apres/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>En Algérie, « la répression ne se confine pas »</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/en-algerie-la-repression-ne-se-confine-pas/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/en-algerie-la-repression-ne-se-confine-pas/#respond</comments>
				<pubDate>Thu, 26 Mar 2020 19:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[repression]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=15558</guid>
				<description><![CDATA[L&#8217;emprisonnement d&#8217;un journaliste et le «&#160;harcèlement judiciaire&#160;» contre un opposant inquiètent profondément les acteurs de la société civile. «&#160;La trêve du hirak n&#8217;a pas été suivie par la trêve de la répression.&#160;»&#160;Las, des militants du mouvement populaire algérien, né le 22&#160;février&#160;2019&#160;contre un cinquième mandat du président déchu Abdelaziz Bouteflika, sont abattus. Choqués. En colère. Eux...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image is-resized"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/justice-algerie.jpg" alt="" class="wp-image-14850" width="720" height="360" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/justice-algerie.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/03/justice-algerie-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption>Justice algerie</figcaption></figure>



<h4>L&#8217;emprisonnement d&rsquo;un journaliste et le «&nbsp;harcèlement judiciaire&nbsp;» contre un opposant inquiètent profondément les acteurs de la société civile.</h4>



<p>«&nbsp;La trêve du hirak n&rsquo;a pas été suivie par la trêve de la répression.&nbsp;»&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/algerie-zoubir-arous-il-y-a-un-avant-et-un-apres-22-fevrier-07-03-2019-2299033_3826.php">Las, des militants du mouvement populaire algérien, né le 22&nbsp;février&nbsp;2019&nbsp;contre un cinquième mandat du président déchu Abdelaziz Bouteflika, sont abattus</a>. Choqués. En colère. Eux qui ont tous appelé à suspendre les manifestations bihebdomadaires du hirak pour éviter la propagation du coronavirus dans un pays si mal préparé à affronter la crise sanitaire, quitte à risquer d&rsquo;essouffler durablement la contestation, n&rsquo;en reviennent pas. «&nbsp;Apparemment, chez nous, la répression ne se confine pas&nbsp;», déclare une militante du hirak.</p>



<h4>«&nbsp;Une paralysie partielle du corps&nbsp;»</h4>



<p>La condamnation, mardi 24&nbsp;mars, de l&rsquo;opposant Karim Tabbou, coordinateur du parti l&rsquo;Union démocratique et sociale (UDS), à un an de prison ferme, en appel, et la mise sous mandat de dépôt, pour «&nbsp;incitation à un attroupement non armé&nbsp;» et «&nbsp;atteinte à l&rsquo;intégrité du territoire national&nbsp;», du journaliste et activiste&nbsp;<a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=3&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=2ahUKEwjOwoLf87foAhVNhlwKHTZkATEQ0PADMAJ6BAgEEA0&amp;url=https://www.elwatan.com/edition/actualite/apres-le-proces-scandale-de-karim-tabbou-mandat-de-depot-contre-khaled-drareni-26-03-2020&amp;usg=AOvVaw3EDSZFhEN8rl-HOADVRevE" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Khaled Drareni</a>, directeur du site&nbsp;Casbah Tribune&nbsp;et correspondant de Reporters sans frontières (RSF) et de TV5 Monde, a profondément choqué l&rsquo;opinion. D&rsquo;autant que le déroulement du procès de Tabbou a été marqué par le malaise de ce dernier face aux juges qui lui a causé, selon ses avocats, «&nbsp;une paralysie partielle du corps&nbsp;».</p>



<p>Khaled Drareni était sous «&nbsp;contrôle judiciaire&nbsp;»&nbsp;à la suite de son arrestation le 7&nbsp;mars dernier, alors qu&rsquo;il couvrait une manifestation dans le centre-ville d&rsquo;Alger, il a été maintenu durant trois jours en garde à vue.</p>



<h4>En l&rsquo;absence des avocats</h4>



<p>«&nbsp;La mise en détention préventive est une mesure exceptionnelle en vertu des dispositions de la Constitution et du Code de procédure pénale. L&rsquo;épidémie du coronavirus exige au contraire d&rsquo;alléger la pression carcérale pour éviter la propagation du virus&nbsp;», a rappelé la Ligue algérienne des droits de l&rsquo;homme (LADDH).</p>



<p>Ce même mardi 24&nbsp;mars, deux activistes du hirak, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, ont été maintenus en détention provisoire par la cour d&rsquo;Alger. Placé en détention une première fois le 12&nbsp;septembre&nbsp;2019&nbsp;après avoir été inculpé «&nbsp;d&rsquo;atteinte au moral de l&rsquo;armée&nbsp;» par un tribunal, Karim Tabbou avait été remis en liberté le 25&nbsp;septembre.</p>



<p>De nouveau arrêté dès le lendemain, il a été inculpé d&rsquo;«&nbsp;incitation à la violence&nbsp;» et une nouvelle fois incarcéré,&nbsp;puis condamné à une année de prison, dont six mois ferme le 11&nbsp;mars dernier et devait donc être libéré, au plus tard, ce 26&nbsp;mars. Le procureur a fait appel de ce jugement et le procès en appel a été programmé pour ce 24&nbsp;mars «&nbsp;sans avertir la défense du concerné&nbsp;», selon ses avocats.</p>



<h4>La version du parquet</h4>



<p>Pour l&rsquo;avocat&nbsp;<a href="https://www.elwatan.com/edition/actualite/karim-tabbou-restera-en-prison-25-03-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Abdelghani Badi</a>, «&nbsp;La condamnation de Karim Tabbou restera comme une tache honteuse dans l&rsquo;histoire de la justice algérienne. Ce procès n&rsquo;est pas équitable et est illégal. Nous n&rsquo;allons pas nous taire face à ces violations des procédures pénales et de la Constitution. Nous allons engager des poursuites contre ceux qui prononcé cette condamnation&nbsp;».</p>



<p>Selon la version du&nbsp;<a href="http://www.aps.dz/algerie/103425-proces-de-karim-tabou-precisions-du-parquet-general" target="_blank" rel="noreferrer noopener">parquet général</a>, «&nbsp;l&rsquo;accusé Tabbou Karim a été appelé à la barre et après avoir été interrogé sur son identité et lui avoir notifié les charges retenues contre lui, il a refusé de répondre aux questions du président de la chambre, demandant le report de son procès pour que sa défense soit présente et vu son état de santé qui ne permet pas de le juger&nbsp;». «&nbsp;Pour confirmer l&rsquo;état de santé de l&rsquo;accusé, le président de l&rsquo;audience a ordonné l&rsquo;examen de l&rsquo;accusé par un médecin, suite à quoi il a été emmené à l&rsquo;infirmerie de la Cour&nbsp;», a précisé la source. Après une heure, «&nbsp;la Cour a décidé de poursuivre le procès vu la présence du collectif de défense de l&rsquo;accusé, mais ce dernier et ses avocats ont maintenu leur demande de reporter l&rsquo;affaire, une demande qui n&rsquo;a pas été approuvée par les magistrats de la chambre correctionnelle&nbsp;». «&nbsp;Après les réquisitions du parquet général, le président de la chambre a donné la parole aux avocats de l&rsquo;accusé conformément à la loi, mais ils ont refusé de faire leur plaidoyer en maintenant leur demande de report&nbsp;», se justifie le parquet général.</p>



<h4>Tebboune interpellé</h4>



<p><a href="https://www.algerie-eco.com/2020/03/26/proces-en-appel-de-karim-tabbou-les-revelations-de-lordre-des-avocats-dalger/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;ordre des avocats</a>, qui appelle le président Abdelmadjid Tebboune à ouvrir une enquête sur cette affaire, a considéré que la programmation du procès en appel de Karim Tabbou est «&nbsp;en violation&nbsp;» avec l&rsquo;arrêté du ministre de la Justice, valable du&nbsp;17&nbsp;au 31&nbsp;mars 2020, et qui stipule «&nbsp;l&rsquo;arrêt momentané des audiences pénales dans les cours de justice et les tribunaux&nbsp;», pour lutter contre la propagation du coronavirus en Algérie.</p>



<p>La même organisation a dénoncé aussi le fait que «&nbsp;le dernier jugement rendu le 11&nbsp;mars dernier, condamnant Tabbou à une année de prison, dont six mois avec sursis, n&rsquo;avait pas encore été établi par le tribunal de Sidi M&rsquo;Hamed (Alger-Centre), que la Cour d&rsquo;Alger programmait déjà, mardi, le procès en appel et a condamné le militant politique à une année de prison ferme, alors qu&rsquo;il se trouvait à l&rsquo;infirmerie, après son malaise lors de l&rsquo;audience&nbsp;».</p>



<p>L&rsquo;ordre des avocats, qui a suspendu toute coordination avec toutes les parties judiciaires et administratives, rapporte également que le procureur général de la Cour d&rsquo;Alger «&nbsp;avait refusé de recevoir le collectif d&rsquo;avocats&nbsp;», qui lui demandait audience pour s&rsquo;enquérir de l&rsquo;état de santé de Karim Tabbou et s&rsquo;expliquer sur la programmation du procès.</p>



<h4>Le Parlement européen s&rsquo;indigne</h4>



<p>«&nbsp;En cette période de confinement total des Algériens, le pouvoir en place active ses machines de répression et accélère la contre-révolution en essayant d&rsquo;étouffer toutes les voix discordantes&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.inter-lignes.com/le-cnld-exige-la-liberation-de-khaled-drareni-et-larret-des-poursuites-judiciaires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">s&rsquo;insurge</a>&nbsp;le Comité national pour la libération des détenus.</p>



<p>Le&nbsp;<a href="https://www.inter-lignes.com/le-parlement-europeen-reclame-la-liberation-de-karim-tabbou/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Parlement européen</a>, par la voie de Maria Arena, présidente de la sous-commission des droits de l&rsquo;homme, et d&rsquo;Andrea Cozzolino, président de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb, a qualifié, la condamnation de Karim Tabbou «&nbsp;d&rsquo;incompréhensible&nbsp;» et «&nbsp;contraire à l&rsquo;État de droit&nbsp;», précisant que «&nbsp;la condamnation de Karim Tabbou en appel hier, et en l&rsquo;absence de ses avocats, va à l&rsquo;encontre de son droit à un procès équitable dont il bénéficie en vertu du droit algérien ainsi que des conventions internationales ratifiées par l&rsquo;Algérie&nbsp;». «&nbsp;Alors que nous souffrons tous de la crise sanitaire mondiale, nous appelons les nouvelles autorités algériennes à prendre toute la mesure qu&rsquo;une telle décision pourrait avoir sur l&rsquo;intégrité physique de M. Tabbou et sur celle de l&rsquo;ensemble des détenus du hirak ainsi que les risques sérieux en matière de santé publique&nbsp;», ajoutent les représentants du Parlement européen.</p>



<h4>«&nbsp;Message effrayant&nbsp;» pour la contestation</h4>



<p><a href="http://www.aps.dz/algerie/103374-aucun-cas-de-contamination-a-travers-tous-les-etablissements-penitentiaires" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le ministère de la Justice algérien</a>&nbsp;avait tenu de rassurer&nbsp;: «&nbsp;Contrairement aux informations relayées sur certains réseaux sociaux, le ministère informe qu&rsquo;aucun cas de contamination au coronavirus n&rsquo;a été enregistré dans l&rsquo;ensemble des établissements pénitentiaires à travers tout le territoire national.&nbsp;»</p>



<p>Pour&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2020/03/algeria-quash-conviction-and-sentence-against-political-leader-karim-tabbou/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Amnesty International</a>, «&nbsp;[cette] décision de justice envoie un message délibéré et effrayant aux manifestants, y compris aux militants politiques et autres militants de la société civile, que toute personne qui ose s&rsquo;opposer ou critiquer le gouvernement sera punie. Karim Tabbou n&rsquo;aurait jamais dû être inculpé en premier lieu simplement pour avoir exprimé des opinions politiques pacifiques et les autorités doivent le libérer immédiatement et sans condition&nbsp;».</p>



<p>« La mise en détention d&rsquo;un journaliste révèle d&rsquo;abord une série d&rsquo;échecs, écrit l&rsquo;éditorialiste <a rel="noreferrer noopener" href="https://web.facebook.com/abed.charef" target="_blank">Abed Charef </a>sur sa page Facebook. Échec du processus démocratique, échec de la gouvernance, des institutions, de la justice, de l&rsquo;exercice des libertés, échec du système médiatique. C&rsquo;était valable du temps de la disparition de Djamil Fahassi, [journaliste victime de disparition forcée durant la guerre civile des années 1990, NDLR]), c&rsquo;est valable aujourd&rsquo;hui, ce sera valable demain, pour tous les combats à veiller. Le combat pour les libertés continue. La solidarité, évidente, ne suffit pas. Il y a obligation de réfléchir aux moyens de bâtir un système où l&rsquo;État protège le journaliste, y compris contre ses propres erreurs, où la presse libre est un acteur majeur pour renforcer deux objectifs indissociables, les libertés et la souveraineté nationale. »</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/en-algerie-la-repression-ne-se-confine-pas/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Afrique : « C&#8217;est le moment d&#8217;y investir ! »</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/afrique-cest-le-moment-dy-investir/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/afrique-cest-le-moment-dy-investir/#respond</comments>
				<pubDate>Tue, 12 Nov 2019 07:54:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Africa Investment Forum]]></category>
		<category><![CDATA[BAD]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=11136</guid>
				<description><![CDATA[Pour mobiliser le maximum de capitaux au profit du continent, la Banque africaine de développement a organisé à Johannesburg l&#8217;Africa Investment Forum. «&#160;Transactions&#160;» en français, «&#160;big deals&#160;» en anglais&#160;: deux expressions qui résument à elles seules le changement de paradigme qui a cours au sein de la Banque africaine de développement (BAD). «&#160;Promesse faite, promesse...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-1024x537.jpg" alt="" class="wp-image-11143" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-1024x537.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-300x157.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/11/Africa-Investment-Forum.-768x403.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption> <em>Le président Akinwumi Adesina a ouvert le Forum de l&rsquo;Investissement en Afrique, en présence de plus de 2 000 délégations venues du monde entier &#8211; pour trois jours d&rsquo;échanges. </em> </figcaption></figure>



<h4>Pour mobiliser le maximum de capitaux au profit du continent, la Banque africaine de développement a organisé à Johannesburg l&rsquo;Africa Investment Forum.</h4>



<p>«&nbsp;Transactions&nbsp;» en français, «&nbsp;<em>big deals</em>&nbsp;» en anglais&nbsp;: deux expressions qui résument à elles seules le changement de paradigme qui a cours au sein de la Banque africaine de développement (BAD). «&nbsp;Promesse faite, promesse tenue&nbsp;», s&rsquo;est enthousiasmé le président Adesina à la tête de la banque panafricaine, citant l&rsquo;exemple&nbsp;de Mara Phones,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/le-premier-site-de-production-de-smartphones-100-made-in-africa-au-rwanda-10-10-2019-2340565_3826.php">ces téléphones made in Africa développés par&nbsp;l&rsquo;homme d&rsquo;affaires ougandais Ashish Takkhar</a>. C&rsquo;est ici même à Johannesburg en&nbsp;2018&nbsp;qu&rsquo;il avait pris l&rsquo;engagement d&rsquo;ouvrir&nbsp;des usines de fabrication en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;du Sud&nbsp;et au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/rwanda">Rwanda</a>. «&nbsp;En 2019, il a livré&nbsp;», s&rsquo;est réjoui Adesina. «&nbsp;C&rsquo;est une nouvelle Afrique, plus confiante. Un continent maintenant conscient de sa place dans le monde et déterminé à devenir un paradis mondial pour les investissements. Et l&rsquo;Afrique exploite les intérêts et les investissements des investisseurs. Bienvenue sur le Forum de l&rsquo;investissement en Afrique, l&rsquo;endroit idéal pour les investisseurs&nbsp;», a-t-il encore déclaré.</p>



<h4>Libérer le potentiel</h4>



<p>C&rsquo;est qu&rsquo;Akinwuni Adesina, le patron de la Banque africaine de développement, veut frapper fort. En véritable chef d&rsquo;orchestre, avec son costume sombre et son habituel nœud papillon – rayé rouge et bleu pour l&rsquo;occasion, Akinwuni Adesina n&rsquo;a lésiné ni sur les moyens ni sur la communication. Son ambition est claire&nbsp;: accélérer le volume des contrats signés entre la BAD et les investisseurs institutionnels comme privés. Démonstration en a été faite dès le premier jour du Forum de l&rsquo;investissement en Afrique ce lundi 11&nbsp;novembre, au centre de conférence de Sandton Convention, à Johannesburg, en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique-du-sud">Afrique du Sud</a>.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/economie/akinwumi-adesina-miser-sur-les-investissements-et-pas-sur-l-aide-financiere-09-11-2018-2270058_28.php">L&rsquo;an passé, pour la première édition, en moins de 72&nbsp;heures la BAD a permis de sécuriser les intérêts des investisseurs pour des opérations évaluées à 38,7&nbsp;milliards de dollars</a>.</p>



<h4>Dans un contexte de défis permanents</h4>



<p>Présent à chaque instant, le docteur en agriculture nigérian connaît les enjeux par cœur. Déjà quelques jours avant le grand raout de Johannesburg, la Banque africaine de développement avait annoncé à Abidjan, où se trouve son siège – une augmentation historique de son capital. Il est question ici d&rsquo;une hausse de 125&nbsp;%, soit une somme s&rsquo;élevant à 115&nbsp;milliards de dollars approuvée par les gouverneurs de la banque. Au total, la BAD dispose désormais de 208&nbsp;milliards de dollars pour réaliser ses ambitions. C&rsquo;est la plus importante augmentation du capital depuis la création de la banque en 1964. Il faut souligner que les besoins sont énormes. Cela méritait que plusieurs chefs d&rsquo;États africains et hauts représentants fassent le déplacement dès l&rsquo;ouverture du forum qui s&rsquo;est depuis transformé en plateforme d&rsquo;affaires – alors que la plupart d&rsquo;entre eux boycottaient encore en septembre dernier la capitale économique sud-africaine qui faisait face à une nouvelle vague de violences xénophobes. Un contexte difficile pour la BAD qui veut coûte que coûte ancrer son rendez-vous économique annuel dans cette ville dynamique reconnue pour être le hub des services et de la haute finance en Afrique du Sud.</p>



<p>«&nbsp;L&rsquo;Afrique du Sud n&rsquo;est pas xénophobe, encore moins les Sud-Africains qui ont toujours accueilli des personnes venant de partout pour des raisons diverses&nbsp;», a tenté de rassurer Cyril Ramaphosa, peu avant la cérémonie d&rsquo;ouverture. S&rsquo;exprimant aux côtés des présidents rwandais,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/paul-kagame">Paul Kagame</a>, et ghanéen, Nana Akufo-Addo, lors d&rsquo;un échange direct avec d&rsquo;importants investisseurs triés sur le volet,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/afrique-du-sud-le-president-cyril-ramaphosa-sur-la-corde-raide-08-11-2019-2346116_3826.php">Cyril Ramaphosa</a>&nbsp;a répondu aux doutes des investisseurs comme il l&rsquo;a très bien fait la semaine passée pour son allocution de politique économique générale. David Makhura, Premier ministre de la région du Gauteng, affiche la même détermination. «&nbsp;Bien sûr que notre pays veut continuer d&rsquo;attirer les investissements directs étrangers, mais nous souhaitons que les pays voisins, frères africains investissent avec plus de force dans les divers secteurs de notre économie&nbsp;», détaille-t-il au Point Afrique.&nbsp;«&nbsp;Nous sommes ici pour voir des transactions qui changent les choses et non pas seulement pour écouter des discours&nbsp;», a-t-il prévenu.</p>



<h4>Des indicateurs encourageants</h4>



<p>À Johannesburg, sans se voiler la face, la BAD bande les muscles. Sa plateforme, AIF (l&rsquo;acronyme en anglais), est désormais reconnue comme l&rsquo;une des plus importantes pour négocier des contrats, structurer des projets, et attirer des investisseurs mondiaux sur le continent. Chiffres à l&rsquo;appui, le président Adesina argumente&nbsp;: 37&nbsp;pays d&rsquo;Afrique ont enregistré des taux de croissance de 3&nbsp;% et plus. Six des dix régions au monde qui connaissent la croissance la plus rapide se trouvent en Afrique. En 2018, les investissements directs étrangers en Afrique ont augmenté de 11&nbsp;%, contre 4&nbsp;% en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/asie">Asie</a>&nbsp;et une baisse de 13&nbsp;% au niveau mondial. Des indications que maîtrise parfaitement le gestionnaire de risques mondial Moody&rsquo;s Investor Service. Il indique précisément qu&rsquo;entre&nbsp;1983 et&nbsp;2016, l&rsquo;Afrique a l&rsquo;un des taux de défaut les plus bas au monde. Ce taux est nettement inférieur à celui de l&rsquo;Amérique latine, l&rsquo;Asie, l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, l&rsquo;Amérique du Nord et l&rsquo;Océanie. Pour le patron de la BAD, cela signifie «&nbsp;qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit donc pas de risques réels, mais de risques perçus&nbsp;».</p>



<h4>Orienter le flux de capitaux vers l&rsquo;Afrique à une cadence plus élevée</h4>



<p>D&rsquo;où sa volonté affichée d&rsquo;accélérer les volumes d&rsquo;investissements provenant à la fois des ressources propres de l&rsquo;Afrique, mais aussi des investisseurs privés et internationaux. Comment s&rsquo;y prendre&nbsp;? Comment répartir ces capitaux entre les&nbsp;54&nbsp;pays auxquels s&rsquo;adresse la BAD&nbsp;? Quelle place pour les acteurs africains&nbsp;? Car même avec une capitalisation plus forte et un risque d&rsquo;endettement jugé assez faible, la banque doit faire&nbsp;avec des réalités telles que l&rsquo;importance du secteur informel, la corruption, sans compter les insuffisances techniques et infrastructurelles, des environnements juridiques mouvants et la faible mobilisation des ressources domestiques… «&nbsp;Il n&rsquo;y a aucun pays à la traîne et il n&rsquo;y en aura aucun, a soutenu le président Adesina. Nous veillons à ce que de nombreux investissements soient dirigés vers les pays fragiles ou à faible revenu. Nous n&rsquo;avons pas peur d&rsquo;investir en Afrique et dans un pays dit&nbsp;à risques.&nbsp;»</p>



<h4>Avec des partenaires capables de mobiliser les capitaux</h4>



<p>Les financiers internationaux veulent aussi y croire, alors que se profile la mise en œuvre de la Zleca pour les prochaines années. D&rsquo;ici 2030, l&rsquo;Afrique comptera 1,7&nbsp;milliard d&rsquo;habitants, dont les dépenses combinées de consommation et d&rsquo;affaires devraient atteindre 6&nbsp;700&nbsp;milliards de dollars. Pour certains acteurs financiers mondiaux présents à Johannesburg, les pays africains devraient travailler ensemble afin d&rsquo;accroître l&rsquo;attrait international du continent en tant que destination d&rsquo;investissement lucratif. Benedict Oramah, président d&rsquo;Afreximbank, a exprimé sa préoccupation devant la fragmentation de&nbsp;55&nbsp;marchés sur le continent. «&nbsp;Tant que l&rsquo;Afrique ne constituera pas une plateforme commune pour un continent économique intégré, certains pays ne survivront pas. Partout dans le monde, les continents travaillent ensemble. Le multilatéralisme est en train de devenir un défi et, à moins que le continent ne se réunisse, nous ne pourrons pas négocier avec de plus grandes économies&nbsp;», a-t-il expliqué. La BAD veut faire la différence avec des transactions concrètes sur la table. L&rsquo;année dernière, elle a investi 18&nbsp;milliards de dollars dans des pays à faible revenu et des États fragiles que beaucoup d&rsquo;économies développées considèrent comme trop risqués. La banque dispose d&rsquo;ailleurs d&rsquo;un mécanisme appelé «&nbsp;mécanisme de renforcement du secteur privé&nbsp;», qui lui permet de réaliser des investissements risqués.</p>



<h4>Faire avancer des projets « bancables »</h4>



<p>Illustration avec la signature lundi d&rsquo;un accord de concession entre le Ghana à travers son président Nana Akufo-Addo, le ministère des Transports et d&rsquo;autres partenaires pour la mise en œuvre d&rsquo;un projet géant de transport urbain appelé «&nbsp;Accra Sky Train&nbsp;». il s&rsquo;agit d&rsquo;un métro aérien. C&rsquo;est un consortium sud-africain dénommé Africa Investment SkyTrain Consortiums qui porte ce projet estimé à 2,6&nbsp;milliards de dollars. Et c&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la Banque africaine de développement qui a placé les infrastructures au cœur de son action. Elle va pouvoir apporter son expertise en amont et en aval de ce projet. «&nbsp;Tout reste à faire maintenant&nbsp;», confie, très fier, Joe Ghartey, ministre ghanéen des Chemins de fer et du Développement. «&nbsp;Le Forum sur l&rsquo;investissement en Afrique nous permet d&rsquo;avoir cette approche directe avec des acteurs financiers de premier plan&nbsp;», avance celui qui affirme que les travaux devraient débuter d&rsquo;ici janvier&nbsp;2020.</p>



<p>Face à la presse, la délégation ghanéenne a indiqué qu&rsquo;une fois terminé, le Sky Train d&rsquo;Accra permettrait de décongestionner la capitale du Ghana, qui étouffe sous ses interminables bouchons. Elle a aussi précisé à la presse qu&rsquo;à la différence des projets négociés avec des financiers chinois, celui-ci nécessiterait la création de centaines de milliers d&#8217;emplois qu&rsquo;occuperont des Ghanéens. Rendez-vous est donné l&rsquo;an prochain pour savoir si la promesse est tenue.</p>



<p>En attendant, d&rsquo;autres gros contrats sont annoncés et signés. C&rsquo;était le cas lundi après-midi avec la signature d&rsquo;un accord entre la République du Congo (Brazzaville) et la RD Congo pour la mise en œuvre du&nbsp;vieux projet de pont sur le fleuve Congo reliant les deux capitales. Un dossier qui revient périodiquement depuis les indépendances et toujours repoussé pour des raisons politiques ou financières, alors que cette frontière pas fluide est un véritable frein aux échanges. Si les deux ministres Jean-Jacques Bouya pour Brazzaville et&nbsp;Élysée Munembwe Tamukumwe pour la RDC ont tenté de mettre beaucoup d&rsquo;enthousiasme dans leur prise de parole, la BAD et son principal partenaire Africa50 ont replacé le projet dans le contexte d&rsquo;une nécessaire interconnexion plus intensive du continent.</p>



<p>Que demander de plus&nbsp;? Peut-être un peu plus de social, entend-on ici et là dans les couloirs du forum, alors que la Banque africaine de développement se conçoit aussi comme une banque multilatérale de développement. Et si le président Adesina – se frottant déjà les mains d&rsquo;avoir négocié&nbsp;59&nbsp;projets pour un montant de 67&nbsp;milliards de dollars cette année – a annoncé la signature d&rsquo;un contrat de 488&nbsp;millions de dollars dans le secteur de la santé, il est resté bien vague sur des projets précis. Le président nigérian de la Banque africaine de développement n&rsquo;a pas non plus fait d&rsquo;annonces pour le secteur de l&rsquo;éducation et peu évoqué le sujet ô combien urgent du changement climatique dont dépend pourtant la réalisation des objectifs de développement durable fixés pour 2030. De fait, malgré les avancées, il reste encore du chemin.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/afrique-cest-le-moment-dy-investir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
		<item>
		<title>Burkina : cette menace terroriste qui perturbe tant en milieu rural aussi</title>
		<link>http://www.tribunedafrique.com/burkina-cette-menace-terroriste-qui-perturbe-tant-en-milieu-rural-aussi/</link>
				<comments>http://www.tribunedafrique.com/burkina-cette-menace-terroriste-qui-perturbe-tant-en-milieu-rural-aussi/#respond</comments>
				<pubDate>Sun, 27 Oct 2019 18:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l'ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[burkina faso]]></category>
		<category><![CDATA[milieu rural]]></category>
		<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.tribunedafrique.com/?p=10666</guid>
				<description><![CDATA[Si le nord et l&#8217;est du pays sont les zones les plus touchées par les attaques, le Sud, encore relativement préservé, n&#8217;en est pas moins inquiet. «&#160;Tout le monde descend, contrôles d&#8217;identité&#160;», annonce une voix dans le bus qui relie Ouagadougou à Pô, dans la province sud-est du Burkina Faso. Un par un, les passagers...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/19579913lpw-19580243-article-jpg_6615952_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-10667" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/19579913lpw-19580243-article-jpg_6615952_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/10/19579913lpw-19580243-article-jpg_6615952_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>



<h4>Si le nord et l&rsquo;est du pays sont les zones les plus touchées par les attaques, le Sud, encore relativement préservé, n&rsquo;en est pas moins inquiet.</h4>



<p>«&nbsp;Tout le monde descend, contrôles d&rsquo;identité&nbsp;», annonce une voix dans le bus qui relie Ouagadougou à Pô, dans la province sud-est du Burkina Faso. Un par un, les passagers s&rsquo;entretiennent avec un militaire armé jusqu&rsquo;aux dents, avant de regagner leur place. Pourquoi la police s&rsquo;inquiète-t-elle de connaître l&rsquo;identité de voyageurs à l&rsquo;intérieur du pays&nbsp;? «&nbsp;C&rsquo;est à cause des terroristes&nbsp;», explique Georges Ouedraogo, guide touristique de la région de Pô. Il continue&nbsp;: «&nbsp;Avant, les militaires montaient occasionnellement dans le bus pour vérifier les voyageurs. Mais depuis que la situation est instable, les contrôles ont été renforcés.&nbsp;»</p>



<h4>Plus de check-points sur les routes</h4>



<p>Pourtant, la région n&rsquo;est officiellement pas touchée par les attaques djihadistes qui secouent essentiellement le nord et l&rsquo;est du pays. Georges ne cesse de répéter qu&rsquo;on ne craint rien en allant chez lui, que les terroristes ne sont pas là… Au moment d&rsquo;entrer dans la forêt, qui fait partie de la réserve de Nazinga, le bus s&rsquo;arrête à nouveau. Des militaires montent à bord. Et Georges de préciser&nbsp;: «&nbsp;Ils sont là au cas où.&nbsp;» Traduire par&nbsp;: au cas où les terroristes seraient au rendez-vous, cachés dans la brousse.</p>



<p>Alors, là ou pas là&nbsp;? Danger ou pas danger&nbsp;? La vérité, «&nbsp;c&rsquo;est qu&rsquo;on ne sait pas où ils sont, ni combien ils sont&nbsp;», explique une représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Elle vit à Ouagadougou depuis un an et demi, travaille à accueillir les réfugiés maliens au Nord. Ses déplacements sur les aires d&rsquo;accueil de cette zone ont été considérablement réduits pour des raisons de sécurité, mais sur son temps libre, elle se déplace souvent vers le Sud. Le parc Nazinga, «&nbsp;on n&rsquo;y va plus, on ne sait pas sur qui on peut tomber&nbsp;», commente-t-elle. Avant d&rsquo;expliquer&nbsp;: «&nbsp;Il se dit que les terroristes se cachent sous les arbres, avec les animaux. De cette façon, ils sont protégés. Vous pensez bien qu&rsquo;on ne va pas bombarder les réserves naturelles du pays&nbsp;!&nbsp;»</p>



<h4>Deux régions, deux mondes, deux réalités</h4>



<p>Le flou règne, les informations sont vagues, «&nbsp;l&rsquo;État ne nous donne aucun conseil, à nous les guides&nbsp;», s&rsquo;étonne Georges. Le site de la diplomatie française renseigne mieux, en notant le niveau de danger des zones avec des couleurs. Il est catégorique&nbsp;: nous n&rsquo;irons pas voir les éléphants de Nazinga. Il n&rsquo;y emmène plus aucun touriste, et c&rsquo;est pourtant le cœur de son activité&nbsp;: «&nbsp;Les excursions dans la brousse, c&rsquo;est fini.&nbsp;»</p>



<p>En juillet dernier, deux militaires ont été tués dans le parc du côté de Guiaro. Rien n&rsquo;a été revendiqué, l&rsquo;armée est restée discrète, mais le bruit court qu&rsquo;il s&rsquo;agirait d&rsquo;un affrontement avec des terroristes. Même les régions encore relativement épargnées par le terrorisme vivent dans cet entre-deux qui mêle confiance et une dose d&rsquo;«&nbsp;on ne sait jamais&nbsp;». «&nbsp;Bien sûr qu&rsquo;il y a une menace terroriste&nbsp;» même à Tiébélé, explique Ahmed Drabo, professeur de lettres. Il vient du nord du pays, aux alentours de Djibo, dans le secteur où les attaques sont les plus virulentes. Il n&rsquo;y vit plus depuis 2005, muté pour un poste dans le Nahouri. L&rsquo;homme d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;années est tiraillé entre deux Burkina. Celui de sa région natale où une partie de sa famille vit encore «&nbsp;encerclée par le djihad&nbsp;», et sa région d&rsquo;adoption, calme, autour de Pô à la frontière ghanéenne.</p>



<p>Les deux cultures sont radicalement différentes. «&nbsp;Le Nord est délaissé par le gouvernement, sans projets de développement. L&rsquo;école publique est minoritaire face à l&rsquo;école coranique. Les villages sont dirigés par des leaders communautaires. La jeunesse est analphabète, la pauvreté omniprésente… Tous ces facteurs rendent le secteur fragile,&nbsp;», explique Ahmed. Contre quelques billets, les jeunes Burkinabés sont des proies faciles pour l&#8217;embrigadement, précise-t-il. Dans le Sud, tout est différent, bien plus développé. Mais, «&nbsp;maintenant, en allant boire son Nescafé, on se méfie tous, on évite de dire certaines choses&nbsp;».</p>



<h4>Vivre ensemble malgré le terrorisme</h4>



<p>Pour l&rsquo;instant, ce n&rsquo;est que de la prudence. Selon l&rsquo;homme de lettres, il y a bien une légère méfiance qui s&rsquo;est installée à l&rsquo;égard de la religion musulmane. «&nbsp;On sait bien que djihad et islam n&rsquo;ont rien à voir&nbsp;!&nbsp;» se défend-il, avant de préciser que cela n&rsquo;a pas donné lieu à un amalgame généralisé. Pas trop de tensions, donc.</p>



<p>Globalement, tous disent que les religions cohabitent bien dans le sud du pays. Animistes, catholiques et musulmans sont mélangés dans la famille de Georges. Ils se voient tous les jours, rien n&rsquo;a changé depuis que les attentats secouent le pays. De son côté à lui&nbsp;? Parfois, il prie Dieu pour que l&rsquo;électricité revienne, mais à part ça, ne croit en rien. Le vivre-ensemble semble se maintenir.</p>



<h4>Au-delà des questions de religion, la politique tout simplement<br></h4>



<p>Dans l&rsquo;Opel Astra qui transporte neuf passagers (le compte est bon, il faut rentabiliser le déplacement) de Pô à Tiébélé, les confessions religieuses sont diverses. Après un nouveau checkpoint militaire, la discussion s&rsquo;engage sur les&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/burkina-une-dizaine-de-militaires-tues-dans-une-attaque-terroriste-19-08-2019-2330524_3826.php">attaques</a>. Chacun y va de son opinion, mais le résumé est le suivant&nbsp;: le djihad au Burkina serait le résultat d&rsquo;une guerre politique entre l&rsquo;ancien président Blaise Compaoré, réfugié à Abidjan après les émeutes en 2014, et le nouveau président Roch Marc Christian Kaboré, élu en 2015. La théorie est la même sur toutes les lèvres&nbsp;: par vengeance, l&rsquo;ex-chef d&rsquo;État missionnerait des troupes djihadistes pour créer un climat d&rsquo;insécurité au Burkina et condamner le mandat de son successeur. Georges se désole&nbsp;: «&nbsp;Le pauvre homme n&rsquo;arrive pas à faire avancer le Burkina depuis son élection tant le pays est instable.&nbsp;»</p>



<p>Même discours chez Mohammed Ouedraogo, cousin de Georges et homme d&rsquo;affaires ouagalais. «&nbsp;Les terroristes connaissent le terrain grâce à leur histoire avec Blaise. C&rsquo;était leur médiateur&nbsp;», dit-il. Il est moins compréhensif avec Roch Marc Christian Kaboré, ex-premier ministre de Compaoré, qu&rsquo;il met dans le même sac que son prédécesseur. À table, Souleymane Ouattara renchérit&nbsp;: «&nbsp;La preuve, avant 2015, pendant les 27&nbsp;ans de Compaoré au pouvoir, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;attentats. Il est copain avec les terroristes. On les croisait dans Ouagadougou&nbsp;». Riche exploitant de mines d&rsquo;or à Tiébélé, il a vécu dans le nord du pays et réside désormais dans la capitale.</p>



<h4>Des comportements qui changent</h4>



<p>À part quelques mesures de précautions et davantage de checkpoints, le quotidien ne change pas tellement dans la zone de Tiébélé. Le secteur économique qui rappelle au quotidien que la menace existe&nbsp;? Les transports. «&nbsp;L&rsquo;Est, je n&rsquo;y mets plus les pieds&nbsp;», s&rsquo;exclame Ahmed entre deux bouchées de son plat. En novembre&nbsp;2018, un bus en direction de l&rsquo;Est aurait été arrêté par des hommes habillés en militaires. «&nbsp;Contrôle d&rsquo;identité, tout le monde descend&nbsp;», classique. Les cartes vérifiées, les hommes armés auraient mis les fonctionnaires d&rsquo;un côté, les paysans de l&rsquo;autre. «&nbsp;Ils ont fusillé sur place tous ceux qui travaillaient avec l&rsquo;État&nbsp;», raconte Ahmed. Le problème qu&rsquo;il souligne ici&nbsp;? Sur les papiers d&rsquo;identité burkinabés est renseignée la profession. Il termine&nbsp;: «&nbsp;Je suis allé voir la police récemment, je veux retirer le mot «&nbsp;professeur&nbsp;» de ma carte. Je voudrais me déclarer comme vendeur de poulets. Mais la police a refusé&nbsp;». Solution, il a arrêté d&rsquo;aller se balader dans l&rsquo;Est. On ne sait jamais sur qui on peut tomber.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne: Lhi-tshiess Makaya-exaucée</strong></p>
]]></content:encoded>
							<wfw:commentRss>http://www.tribunedafrique.com/burkina-cette-menace-terroriste-qui-perturbe-tant-en-milieu-rural-aussi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
							</item>
	</channel>
</rss>
