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	<title>Culture &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<title>Culture &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Œuvres restituées par la France : les Béninois redécouvrent leur trésors à Cotonou</title>
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				<pubDate>Sun, 20 Feb 2022 18:59:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[De nombreux visiteurs sont venus découvrir, dimanche, les 26 trésors restitués au Bénin par la France, et désormais exposés à Cotonou. Ces œuvres avaient été pillées en 1892 par les troupes coloniales françaises au royaume du Dahomey, dans le centre-sud du Bénin actuel. « C&#8217;est une immense fierté, c&#8217;est notre grandeur qui nous a été enlevée et...]]></description>
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<p><strong>De nombreux visiteurs sont venus découvrir, dimanche, les 26 trésors restitués au Bénin par la France, et désormais exposés à Cotonou. Ces œuvres avaient été pillées en 1892 par les troupes coloniales françaises au royaume du Dahomey, dans le centre-sud du Bénin actuel.</strong></p>



<p>« C&rsquo;est une immense fierté, c&rsquo;est notre grandeur qui nous a été enlevée et que nous retrouvons aujourd&rsquo;hui », dit très ému Abdou Malehossou, venu découvrir pour la première fois&nbsp;les 26 trésors restitués en novembre par la France au Bénin,&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20220219-les-26-oeuvres-restitu%C3%A9es-par-la-france-au-b%C3%A9nin-expos%C3%A9es-%C3%A0-cotonou">exposés à partir de dimanche 20 février à Cotonou</a>.</p>



<p>Pour « ce jour historique », ce Béninois de 32 ans est venu avec sa fille de deux ans, voir et « apprendre en famille cette histoire que l&rsquo;on ne connaît pas », celle avant la colonisation, dit-il.</p>



<p>Ces 26 trésors avaient été pillés en 1892 par les troupes coloniales françaises au royaume du Dahomey, dans le centre-sud du&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/b%C3%A9nin/">Bénin</a>&nbsp;actuel, composé alors de plusieurs royaumes.</p>



<p>Toujours détenues 129 ans après par la France, ces œuvres, dont certaines revêtent un caractère sacré,&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/afrique/20211027-restitution-le-mus%C3%A9e-du-quai-branly-fait-ses-adieux-aux-%C5%93uvres-d-art-du-b%C3%A9nin">ont finalement été restituées en novembre dernier au Bénin</a>, après plus de deux ans de négociations entre Paris et Cotonou.</p>



<h2>« C&rsquo;est votre patrimoine »</h2>



<p>Trois salles aux immenses parois peintes en noir, tel un écrin leur donnant un caractère solennel, accueillent les trésors.&nbsp;</p>



<p>Dès leur entrée, les Béninois font face au trône d&rsquo;apparat du roi Ghézo (1797-1818), majestueuse sculpture de bois de près de deux mètres, surmontée d&rsquo;une tablette incurvée.</p>



<p>Étudiants par dizaines, couples venus avec leurs enfants se placent respectueusement en arc de cercle face au trône, avant que l&rsquo;un des médiateurs de l&rsquo;exposition&nbsp;ne les enjoigne à s&rsquo;approcher.&nbsp;</p>



<p>« N&rsquo;ayez pas peur, c&rsquo;est votre patrimoine », leur lance-t-il.&nbsp;</p>



<p>Il n&rsquo;en faut pas plus pour que les visiteurs se l&rsquo;approprient. Certains collent presque leur visage à la vitrine pour scruter ses incroyables motifs afro-brésiliens sculptés dans le bois. D&rsquo;autres s&rsquo;interpellent pour venir se placer de tel ou tel côté et l&rsquo;admirer sous tous ses angles. Tous se prennent en photo avec lui.</p>



<p>Devant chaque vitrine, de la statue mi-homme mi-lion du roi Glèlè aux portes du palais royal, l&rsquo;émotion et surtout la fierté se lisent sur les visages.&nbsp;&nbsp; &nbsp;</p>



<p>« C&rsquo;est un honneur que ces œuvres soient le patrimoine de tous les Béninois, et pas seulement des descendants des rois d&rsquo;Abomey », dit à l&rsquo;AFP Cosme Houegbe Lo Béhanzin, arrière petit-fils du roi Béhanzin, dont la statue mi-homme mi-requin est également exposée.</p>



<p><strong>Source: France 24/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Restitution d&#8217;oeuvres d&#8217;art africaines: un rapport remis à Emmanuel Macron ce mardi</title>
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				<pubDate>Tue, 15 Feb 2022 18:31:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[L’ambassadeur Martinez était au Bénin la semaine dernière, dernière étape de sa tournée effectuée dans le cadre de sa mission. Il doit rendre les conclusions de son travail sur les restitutions des biens culturels ce mardi à Emmanuel Macron. La restitution des 26 trésors au Bénin a été possible&#160;après 4 années de démarche. Le but...]]></description>
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<p><strong>L’ambassadeur Martinez était au Bénin la semaine dernière, dernière étape de sa tournée effectuée dans le cadre de sa mission. Il doit rendre les conclusions de son travail sur les restitutions des biens culturels ce mardi à Emmanuel Macron.</strong></p>



<p>La restitution des 26 trésors au Bénin a été possible&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211121-restitution-d-oeuvres-d-art-africaines-ce-qui-est-important-c-est-de-cr%C3%A9er-un-cadre-juridique"><strong>après 4 années de démarche</strong></a>. Le but de cette mission est donc de doter la France d’une loi cadre qui ne fait plus du cas par cas et qui simplifie&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210730-restitution-des-%C5%93uvres-d-art-africaines-en-france-les-blocages-persistent"><strong>la procédure de restitution.</strong></a></p>



<p>Sept pays&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20211231-comment-les-restitutions-d-%C5%93uvres-d-art-%C3%A0-l-afrique-ont-d%C3%A9but%C3%A9-et-ce-qu-il-reste-%C3%A0-faire"><strong>ont présenté des demandes de restitution</strong></a>&nbsp;à la France : le Bénin, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Mali, l’Éthiopie et Madagascar. Aujourd’hui, Il n’est pas possible de préciser le nombre et la nature des biens culturels réclamés. Les chercheurs français et africains vont s’y atteler, ce sera, selon Jean Luc Martinez, «&nbsp;<em>un travail de longue haleine</em>&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;<em>Un certain nombre de dossiers sont connus, de spoliation essentiellement dans un contexte de guerre. Mais il y a tout le reste, la masse des objets arrivés en France par le biais des administrateurs, des colons, les missions catholiques, les collectionneurs privés</em>&nbsp;», explique l’ancien président du Louvre, chargé par le président français d’établir un rapport sur l’évolution du cadre législatif.</p>



<h2><em>« Montrer à la jeunesse africaine son patrimoine en Afrique »</em></h2>



<p>Dans les pays visités, il y a une constance qui revient, rajoute-t-il : «<em>&nbsp;Il est important qu’on mette la recherche collaborative au cœur de nos démarches, on voit que le transfert de propriété qui a été possible dans le cas du Bénin n’est peut-être pas la seule voie. On voit aussi que mes collègues ici m’ont parlé de prêt, de dépôt, d’envie d’exposition ensemble. Ce qui est en jeu, c’est montrer à la jeunesse africaine son patrimoine en Afrique.</em>&nbsp;»</p>



<p>Ce sont peut-être les premières confidences de ses préconisations qui seront formalisées. L’épisode du Bénin n’a certainement pas été totalement satisfaisant.</p>



<p><strong>Source: RFI Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Restitutions : l’Afrique doit prendre l’initiative</title>
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				<pubDate>Thu, 13 Jan 2022 17:49:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[La restitution par la France de 26 œuvres au Bénin restera une victoire à la Pyrrhus pour l’Afrique si de nouvelles lois ne sont pas adoptées. Et si les détenteurs des objets restent les maîtres des horloges. En venant assister à&#160;la restitution des 26 œuvres au Bénin,&#160;le président Talon a commencé son intervention par dire...]]></description>
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<p><strong>La restitution par la France de 26 œuvres au Bénin restera une victoire à la Pyrrhus pour l’Afrique si de nouvelles lois ne sont pas adoptées. Et si les détenteurs des objets restent les maîtres des horloge</strong>s.</p>



<p>En venant assister à&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1264930/culture/benin-apres-la-reception-des-26-oeuvres-fierte-et-unite-nationale/">la restitution des 26 œuvres au Bénin,</a>&nbsp;le président Talon a commencé son intervention par dire « merci » à Emmanuel Macron. Merci ? Ou pardon ? Merci pourquoi ? Même si certains peuvent aisément imaginer la réponse, il serait bien de préciser pourquoi on doit dire merci dans de telle circonstances après tant d’années. Merci d’avoir conservé les objets en bon état ? Oui, bien évidemment.</p>



<p>Mais nous aurions aimé qu’il commence plutôt par dire « pardon ». Surtout quand on pense que les 26 œuvres ont fait l’objet d’un choix unilatéral de la France. Le Bénin aurait, à la place, préféré d’autres objets culturels ou cultuels plus chargés symboliquement (tel que le Dieu Gou, par exemple). Donc, pardon aux ancêtres, d’avoir attendu aussi longtemps (130 ans !) pour ramener ces objets sur leurs terres.</p>



<h4>Réveiller nos gouvernants</h4>



<p>Un pardon accompagné d’un coup de clairon pour réveiller les gouvernants africains. Doit-on attendre encore une initiative française pour voir un jour une nouvelle restitution ? Pourquoi les Africains doivent-ils participer à des rituels festifs en grande pompe organisés par le détenteur des objets lors des restitutions ? Pourquoi le détenteur doit-il être le maître des horloges et le maître des cérémonies ? La situation actuelle des 26 œuvres, dans des caissons, au palais de la Marina – même s’il y a des explications rationnelles fournies par les autorités, soulève quelques questions sur le processus.</p>



<p>Les pays africains devraient garder en tête l’enjeu de chaque restitution. Ces œuvres qui manquaient au Bénin manquaient également à toute l’Afrique. Il est illusoire de ne prendre les restitutions qui sont décidées que pour soi. Cette situation issue du bilatéralisme voulu par la France est trompeuse, car elle nous éloigne du fait que tout Africain, quel que soit son pays d’origine, s’est senti Béninois par cette restitution.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>IL FAUT POSER DES ACTES QUI SERVIRONT AUX AUTRES DEMANDEURS AFRICAINS, À LA LIBÉRATION D’AUTRES OBJETS</p></blockquote>



<p>Cette problématique nous oblige par conséquent à garder en perspective deux choses : l’Afrique (le bénéficiaire ultime) et le sort des autres objets restés en exil. Une victoire obtenue sur ce chemin de la restitution serait une victoire à la Pyrrhus si les protagonistes ne posent pas des actes qui serviront également aux autres demandeurs africains et à la libération d’autres objets exilés dans les musées.</p>



<h4>Une loi sur les biens restituables</h4>



<p>Dans mon livre&nbsp;<em>Sur le chemin de la restitution des œuvres aux africains</em>, j’ai exprimé ma préférence pour une solution uniforme et un traitement multilatéral impliquant les Africains et la France dans la recherche d’une solution partagée et sans équivoque. L’éventualité d’une loi-cadre en France signe une démarche qui va dans le bon sens, mais qui reste perfectible.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>S’IL EST ACQUIS QUE CES BIENS PEUVENT ÊTRE RESTITUÉS, POURQUOI ATTENDRE QUE LES AFRICAINS SE PROSTERNENT POUR Y AVOIR DROIT ?</p></blockquote>



<p>Je propose l’adoption d’une loi unique en France qui sortirait tous les biens restituables du patrimoine du détenteur sans pour autant les intégrer dans le patrimoine des États sources. Si elle est adoptée, celle-ci consoliderait la volonté de Paris de mettre fin à cette situation de possession douteuse. Elle permettra de s’affranchir de la dictature des trois « I » (inaliénabilité, insaisissabilité, imprescriptibilité) et leur remplacement par les trois C : compassion, coexistence et coopération.</p>



<p>En complément, je préconise la création d’un CIC (Comité interculturel) composé de conservateurs et artistes africains et français et chargé d’instruire les demandes de restitution et de coopérer sur un travail de documentation autour des objets (origines, fonctions…). On détacherait ainsi les décisions en la matière des agendas diplomatiques. Enfin, je propose avec humilité des moyens de financer de façon autonome tout ce processus…</p>



<h4>Relation infantilisante</h4>



<p>Emmanuel Macron précisait que le Benin a eu le courage de « demander et de redemander ». Le temps est venu pour les deux parties de mettre fin à cette forme de relation infantilisante. S’il est acquis que ces biens doivent être restitués car ils ont été « mal acquis », pourquoi attendre que les Africains se prosternent pour y avoir droit ? Dans ce même élan, nous réfutons l’idée, bien commode, qu’il s’agit là d’un premier pas. On utilise cette expression pour les enfants. Or, ici, nous avons affaire à un vieux continent qui, depuis des lustres, réclame ces objets par la voix, rarement audible,&nbsp; de ses enfants. Des enfants tributaires des humeurs et du bon vouloir des détenteurs actuels de ces objets.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>EN CAS DE CHANGEMENT DE PRÉSIDENCE EN FRANCE, IL N’EST PAS CERTAIN QU’IL Y AURA CONTINUITÉ</p></blockquote>



<p>Sur le chemin de la restitution des objets aux africains, l’initiative doit changer de camp. Car après quatre ans de négociations, force est de constater que nous sommes revenus à la case départ. Le processus n’a concerné que 26 œuvres du Benin et surtout, il doit son existence à la seule volonté personnelle d’Emmanuel Macron. En cas de changement de présidence en France, il n’est pas certain qu’il y aura continuité. « La restitution des 26 œuvres que nous consacrons aujourd’hui n’est qu’une étape », assure le président Talon. Mais pour&nbsp; qu’il en soit ainsi, il faut que les Africains commencent par décroiser les bras. Cela passe inévitablement par une prise de conscience des gouvernants sur l’importance du sujet.</p>



<p>Enfin, la restitution est une opportunité pour construire une nouvelle éthique relationnelle entre la France et les anciennes colonies. Les mentalités doivent évoluer des deux côtés. Il faut sortir de la diplomatie de « l’hirondelle » : on te sort une hirondelle pour te faire croire que le printemps est arrivé ! Le transfert d’objets d’un musée occidental vers un musée du continent ne peut être l’unique issue pour cette problématique. Une fois le droit de propriété reconnu aux Africains, nous aurions une ouverture vers de multiples possibilités d’honorer et de jouir de ces œuvres, tous ensemble. Ne ratons pas ce rendez-vous avec l’universalisme !</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Sénégal – Le tieboudiène inscrit à l’Unesco : un plat de résistance et de résilience</title>
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				<pubDate>Wed, 15 Dec 2021 18:30:41 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Ce 15 décembre, l’Unesco a inscrit le tieboudiène au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le plat traditionnel sénégalais est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Par le savoir-faire qu’il exige, mais aussi par son histoire. Servi fumant sur une nappe plastifiée, proposé dans un plat collectif installé à même le sol d’une cour ou disposé...]]></description>
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<p><strong>Ce 15 décembre, l’Unesco a inscrit le tieboudiène au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le plat traditionnel sénégalais est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Par le savoir-faire qu’il exige, mais aussi par son histoire.</strong></p>



<p>Servi fumant sur une nappe plastifiée, proposé dans un plat collectif installé à même le sol d’une cour ou disposé sur les tables coquettement dressées des plus grands palaces de Dakar… Il y a mille lieux où déguster le tieboudiène, et à peu près autant de manières de le préparer. Dans chaque région, commune ou foyer du Sénégal, « il n’y a pas deux personnes qui cuisinent le tieboudiène de la même façon », soulignait, en décembre dernier, Alioune Badiane, rapporteur de la Commission art, culture et civilisation du colossal projet d’<em>Histoire générale du Sénégal,</em> en cours d’écriture (*).</p>



<p>Prérogative essentiellement féminine, la préparation du « tieb » est donc un exercice de style. Une recherche permanente d’originalité et de saveurs. Qu’il s’agisse de l’ajout de crevettes dans le riz, de l’utilisation de mollusques ou de boulettes de poisson dans le bouillon, voire de tamarin dans la sauce, « chaque femme a son “femm”, son astuce pour ajouter du goût », explique la Sénégalaise Aïssatou Mbaye, créatrice du blog culinaire « AistouCuisine ».</p>



<h4>À l’origine, Penda Mbaye</h4>



<p>Pour remonter aux origines du plat le plus emblématique du Sénégal, il faut remonter au siècle dernier. L’histoire naît dans le populaire quartier des pêcheurs de Guet Ndar, à Saint-Louis, alors capitale de l’Afrique occidentale française (AOF). Dans ce coin de la ville où, chaque jour, les pirogues débarquent le poisson pêché, une cuisinière s’est fait connaître pour son riz au poisson : Penda Mbaye (1904-1984). Selon les récits glanés par la commission de&nbsp;<em>L’Histoire générale du Sénégal</em>&nbsp;auprès des anciens et des descendants de Penda Mbaye, un gouverneur l’aurait approchée pour lui demander de cuisiner pour ses convives.</p>



<p>« Lors des cérémonies familiales ou officielles, il fallait contenter les invités par la quantité de nourriture, mais aussi par l’originalité du plat. Penda Mbaye a eu l’idée de colorer le riz, non pas avec le concentré de tomates que l’on trouve dans la plupart des tieb aujourd’hui, mais avec des tomates cerises, plus colorées et plus goûteuses. Le riz blanc est alors devenu le riz rouge », raconte Alioune Badiane.</p>



<p>Un premier élan de créativité qui en appelle d’autres, tandis que divers procédés sont alors expérimentés « dans le but de rendre le plat aussi beau que bon ». « Dans la version traditionnelle saint-louisienne, plutôt que de frire le poisson au démarrage comme cela peut se faire ailleurs, on le plonge lentement dans le bouillon, ce qui donne tout son goût au tieboudiène et offre une présentation plus jolie », explique Aïssatou Mbaye.</p>



<p>Traditionnellement présenté dans un large plat rond, le poisson disposé en son centre sur le riz, entouré de légumes, le tieboudiène « n’est pas un plat simple, voir grossier, comme certains peuvent le penser », poursuit Alioune Badiane. « Sa préparation est un art méticuleux, détaille-t-il, une préparation très codifiée dans laquelle chaque légume a un temps de cuisson spécifique et est ajouté puis enlevé à moment précis. Il faut que chaque ingrédient garde son intégrité physique et ait le meilleur goût et la meilleure texture possibles. C’est tout ce processus et toute cette créativité dans le choix des ingrédients qui font que le tieboudiène mérite son classement à l’Unesco. »</p>



<h4>Technique, transmission et résilience</h4>



<p>Le tieboudiène, c’est donc de la technique, mais aussi « de la transmission », insiste Aïssatou Mbaye. « La réussite du tiéboudiène ne tient pas au fait de suivre une recette à la lettre. De manière générale, la transmission orale est essentielle dans la cuisine sénégalaise, on apprend en observant la cuisinière et ses techniques afin de découvrir “la main de la cuisinière”, autrement dit ses petits secrets », s’enthousiasme-t-elle, expliquant qu’elle-même en tient la recette de sa mère, qui la tenait de sa mère, et ainsi de suite.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>JOLOFF RICE EN GAMBIE OU RIZ AU GRAS AU MALI</p></blockquote>



<p>Si le fameux « riz au poisson », décliné à travers l’Afrique de l’Ouest et jusqu’en Afrique centrale sous différentes appellations (Djoloff Rice en Gambie, riz au gras au Mali), est avant tout une affaire d’héritage, il est aussi un symbole de l’histoire du peuple sénégalais et de sa résilience.</p>



<p>« Avant la colonisation, le riz n’était pas un ingrédient local, explique Abdoul Aziz Guissé, directeur du patrimoine au ministère de la Culture. À l’époque du colon, il a été imposé afin de faire passer le Sénégal dans une logique d’agriculture de rente. Les Sénégalais du Walo l’ont alors adopté en y introduisant tantôt du poisson, tantôt de la viande. C’est ainsi que, par résilience, un ingrédient imposé a mené à la création d’un plat national. »</p>



<h4>« Une portée sociologique »</h4>



<p>En plus d’être un exercice gastronomique « complexe et méticuleux », le tieboudiène « a une portée sociologique », renchérit Alioune Badiane. Roboratif et peu coûteux, il est traditionnellement le mets de la convivialité, consommé par les invités ou les membres d’une famille dans le même contenant, mais pas de n’importe quelle façon.</p>



<p>« Toute comme sa préparation, sa consommation est codifiée, relate Alioune Badiane<em>.</em>&nbsp;D’abord, il est recommandé de manger ce qui est devant soi, il est mal vu de grappiller la part du voisin. Mais par respect, tradition et courtoisie, vous verrez souvent la cuisinière pousser des morceaux de poisson ou de légume devant les personnes âgées ou les invités. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>DÉCOMPLEXER LA CUISINE LOCALE</p></blockquote>



<p>Le classement au patrimoine immatériel de l’Unesco est donc une reconnaissance de tous ces codes et techniques. Pour Abdoul Aziz Guissé, il va également permettre « d’assurer la promotion de la gastronomie locale et de décomplexer ce savoir, souvent relégué au rang de “cuisine pauvre”, et constituer un argument pour le secteur du tourisme : quand on promeut la cuisine d’un pays, on promeut la destination ».</p>



<h4>Préserver les ressources halieutiques</h4>



<p>Une mise en avant qui attirera également l’attention sur certaines problématiques locales telles que la souveraineté alimentaire ou la préservation des ressources halieutiques. « Lors de nos échanges, des Saint-Louisiens ont fait valoir que certains poissons prisés dans la préparation du tieboudiène devenaient de plus en plus rares. Son inscription sur la liste de l’Unesco mettrait donc en lumière la question de la survie de la pêche artisanale, qui fait face à la surexploitation des eaux », faisait valoir le directeur du patrimoine, en décembre dernier. « Lorsque vous classez un bien, des mesures de sauvegarde sont toujours édictées. D’autant plus que cela engage le ministre de la Culture, donc le gouvernement », concluait-il.</p>



<p>Au-delà, l’inscription de ce plat emblématique au patrimoine immatériel de l’Unesco a une portée politique. Un geste bienvenu pour un pays encore très dépendant des importations alimentaires et où, craignant de voir leurs filets se vider, les pêcheurs artisanaux dénoncent la multiplication des accords d’exploitation des mers en faveur des étrangers.</p>



<p><em>(*) Cet article, initialement publié le 28 décembre 2020 dans le cadre de notre série <a href="https://www.jeuneafrique.com/1094896/culture/serie-mafe-couscous-tieboudiene-ces-plats-qui-font-la-fierte-de-lafrique/">« Ces plats qui font la fierté de l’Afrique »</a>, a été réactualisé après l’annonce de l’inscription du tieboudiène au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco, le 15 décembre 2021. </em></p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Musique : la rumba congolaise au patrimoine culturel immatériel mondial</title>
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				<pubDate>Wed, 15 Dec 2021 15:02:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[L’Unesco, réunie cette semaine pour étudier une soixantaine de candidatures, a donc finalement annoncé, mardi 14 décembre, que la rumba congolaise – dossier présenté par le Congo-Kinshasa et le Congo-Brazzaville – était admise sur sa liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La nouvelle était plus qu’attendue pour cette musique qui puise, selon les spécialistes, ses origines dans l’ancien...]]></description>
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<p><strong>L’</strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/unesco"><strong>Unesco</strong></a><strong>, réunie cette semaine pour étudier une soixantaine de candidatures, a donc finalement annoncé, mardi 14 décembre, que la rumba congolaise – dossier présenté par le </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/congo"><strong>Congo</strong></a><strong>-Kinshasa et le Congo-Brazzaville – était admise sur sa liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La nouvelle était plus qu’attendue pour cette musique qui puise, selon les spécialistes, ses origines dans l’ancien royaume Kongo, où l’on pratiquait une danse appelée Nkumba, qui signifie « nombril », parce qu’elle faisait danser hommes et femmes nombril contre nombril.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Wendo Kolosoy  Marie Louise ( version originale )" width="800" height="600" src="https://www.youtube.com/embed/e6yOvOzdNAU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
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<p>Avec la traite négrière, les Africains ont emmené dans les Amériques leur culture et leur musique. Ils ont fabriqué leurs instruments, rudimentaires au début, plus sophistiqués ensuite, pour donner naissance au jazz au nord, à la rumba au sud. Avant que cette musique ne soit ramenée en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;autour du Pool Malebo, la boucle du fleuve Congo par les commerçants grecs et européens, avec disques et guitares. Et dans leur carton, le premier tube congolais, «&nbsp;Marie Louise&nbsp;», signé Antoine Wendo Kolosoy (1925­-2008), alors jeune mécanicien sur les bateaux et publié en&nbsp;1948&nbsp;par les éditions Ngoma. À cette époque, cette partie du continent africain se distinguait par le fait que la musique n’était pas seulement réservée aux griots ou lignées de musiciens. Tout le monde avait donc le droit de chanter, de jouer d’un instrument.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="OK Jazz &amp; Dewayon - Alliance Mode Succes (1958)" width="800" height="600" src="https://www.youtube.com/embed/OsmZ7pHocN4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
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<h4>Qu’est-ce qui fait la particularité de la rumba congolaise&nbsp;?</h4>



<p>La rumba dans sa version moderne a une centaine d’années. Entre-temps, elle a rencontré la rumba cubaine des années 1930, la musique caribéenne, latine et afro-américaine, avant de s’émanciper&nbsp;dans les années 1940. Sa rythmique très particulière est basée sur&nbsp;l’<em>ostinato,&nbsp;</em>c’est-à-dire des phrases qui tournent en boucle.&nbsp;Avec deux&nbsp;instruments&nbsp;de base&nbsp;: la guitare et la basse. La philosophie de la rumba congolaise repose sur ce passage des polyrythmies, autour des tambours et des percussions, vers la guitare et la basse.</p>



<p>C’est une musique des villes et des bars, de rencontre des cultures et de nostalgie, de «&nbsp;résistance et de résilience&nbsp;», de «&nbsp;partage du plaisir aussi&nbsp;», avec son mode de vie et ses codes vestimentaires («&nbsp;la sape&nbsp;»), expliquait récemment à l’<em>Agence France Presse</em>&nbsp;le Pr André Yoka Lye, directeur à Kinshasa de l’Institut national des arts (INA).&nbsp;Pour lui, la rumba est «&nbsp;tentaculaire, présente dans tous les domaines de la vie nationale&nbsp;». Elle est marquée par l’histoire politique des deux Congos, avant et après l’indépendance.&nbsp;Elle devient majoritaire, populaire dans toute l’Afrique subsaharienne, via la radio.</p>



<h4>Grand Kallé et les mutations de la rumba</h4>



<p>Au-delà des deux Congos, la rumba occupe une place de choix sur tout le continent, puisqu’elle a connu son apogée dans l’ébullition sociale, politique et culturelle précédant les indépendances africaines. Porté par la figure cardinale de Joseph Kabaselé Tshamala alias Grand Kallé&nbsp;(1930-1983), l’un des pères fondateurs de la rumba congolaise, leader de l’African Jazz. C’est lui qui a fait entrer la musique congolaise dans la modernité en faisant la jonction avec les autres musiques noires de chaque côté de l’Atlantique. Il crée avec Tabu Ley Rochereau une nouvelle manière de faire de la musique en groupe plutôt qu’individuellement, c’est le début des orchestres, cette tradition va éclore partout sur le continent. Et sa rumba va prendre une dimension plus importante encore, avec une veine mélancolique marquée par des mélodies&nbsp;plus lentes, des textes en lingala qui évoquent la vie réelle des Congolais qui traversent comme tous les autres des moments de&nbsp;ruptures, qui rencontrent l’amour, font face à des injustices ou veulent tout simplement rester debout, lutter. C’est fortement marqué par le contexte politique de l’époque et grâce à son instruction que Grand Kallé va d’abord créer son propre label et convaincre des politiques à s’intéresser à ce que font les musiciens du pays.</p>



<h4>«&nbsp;Indépendance chacha&nbsp;», un hymne pour toute l’Afrique</h4>



<p>Une date consacre l’apogée de la rumba congolaise&nbsp;: le 30&nbsp;juin 1960.&nbsp;C’est le jour de la proclamation de l’indépendance du Congo, le soir même, la chanson «&nbsp;Indépendance Cha Cha&nbsp;» est jouée. Plus qu’une chanson, c’est un hymne pour tout un continent. Car il vient consacrer de&nbsp;longs mois de négociations menées à Bruxelles entre&nbsp;le colonisateur belge et le Front commun, un groupement présidé par Joseph Kasavubu, le futur président du pays qui deviendra la République démocratique du&nbsp;Congo. À&nbsp;ses côtés, toutes les grandes figures de l’époque&nbsp;: Lumumba, Jean Bolikango,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/patrice-lumumba">Patrice Lumumba</a>, et Joseph Kabaselé, Grand Kallé et son orchestre, venu distraire en musique la délégation congolaise.&nbsp;Il est un ancien élève de Kasabuvu et réussi à entraîner dans son sillage à cette époque un certain Manu Dibango.</p>



<p>Ce soir du 30&nbsp;juin, cette chanson va tout changer, tous les principaux acteurs de la Conférence sont cités dans «&nbsp;Indépendance Chacha&nbsp;». C’est le début du Libanga, une tradition qui consiste à citer les noms de personnalités dans les chansons et qui perdure toujours.&nbsp;D’ailleurs ça a commencé dès le titre «&nbsp;Table ronde&nbsp;», l’autre hymne des indépendances&nbsp;qui salue dans son texte les négociateurs belges. Dans ce moment décisif de l’histoire congolaise, loin de son allure romantique et de ses paroles langoureuses des débuts, la rumba apparaît définitivement comme une musique qui capable d’accompagner les mutations de la société congolaise. Et en dépit de toutes les turbulences, la guerre froide entre les États-Unis et la Russie, l’assassinat de Patrice Lumumba, l’arrivée au pouvoir de Mobutu, les métissages sonores autour de la rumba n’ont jamais cessé. En 1974, lors du célèbre combat de boxe organisé à Kinshasa entre George Forman et&nbsp;Mohamed Ali, des musiciens américains emmenés entre autres par James Brown ou la chanteuse Etta James n’hésitent pas à partager la scène avec les&nbsp;groupes phares du Congo dont Franco et l’OK Jazz ou encore Zaïko Langa Langa. Tout cela a été rendu possible grâce à la vision de Grand Kallé qui a formé pléthore d’artistes pour prendre la relève et faire rayonner pour toujours la rumba. Franco, Sam Mangwana, Papa Wemba, Koffi Olomidé et le Quartier Latin international, Werrason, Fally Ipupa, Ferré Gola, Héritier Watanabe&nbsp;etc.Sans oublier que la rumba se conjugue aussi au féminin avec de grandes artistes&nbsp;comme Mbilia Belle, M’Pongo Love, Abeti Masikini, Cindy Le Coeur et bien d’autres. Chaque génération apportant sa touche personnelle&nbsp;: nouveaux instruments, nouveaux pas de danses, nouveaux rythmes ou noms, comme le Tshatsho qui caractérise la rumba de Koffi Olomidé, la Tokoss celle d’Ipupa.&nbsp;En somme, la rumba moderne transcende les générations depuis près de cent ans et s’impose comme un patrimoine culturel pour le monde.</p>



<h4>Un long chemin vers la reconnaissance de l’Unesco</h4>



<p>«&nbsp;Ce joyau culturel propre aux deux Congos est reconnu pour sa valeur universelle&nbsp;», s’est félicité sur Twitter, le président de République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, en accueillant cette inscription «&nbsp;avec joie et fierté&nbsp;». «&nbsp;La rumba, c’est notre identité&nbsp;! Sa reconnaissance internationale est une fierté et une richesse&nbsp;», a également commenté à Kinshasa Catherine Furaha, ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine&nbsp;». «&nbsp;Un événement à célébrer&nbsp;» par les deux Congos, a appuyé son collègue ministre de la Communication, Patrick Muyaya.&nbsp;Tous deux animaient dès jeudi dernier une conférence de presse consacrée à cette inscription, commentée avec quelques jours d’avance. «&nbsp;Il est de notre devoir à tous de promouvoir la rumba&nbsp;», estimait l’un. «&nbsp;C’est une valeur, une civilisation, une science, elle doit s’apprendre&nbsp;», considérait l’autre, en lançant un appel aux «&nbsp;opérateurs économiques&nbsp;» pour une école, une salle…</p>



<p>«&nbsp;Rien de plus normal que le combat des Congolais aboutisse à cette reconnaissance universelle. Sentiments de réhabilitation et de reconnaissance pour cette belle musique dont le tempo est puisé dans les tripes des Congolais&nbsp;», a déclaré à l’<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afp">AFP</a>&nbsp;à Kinshasa Zacharie Bababaswe, chroniqueur de musique. Cette inscription est «&nbsp;une reconnaissance, parce que la rumba est le trait d’union entre les deux rives du fleuve Congo&nbsp;», a dit à Brazzaville Jacques Iloki, vice-président de l’Association des peintres du Congo.</p>



<h4>De nouveaux talents</h4>



<p>La rumba a connu des hauts et des bas, ses stars font parfois polémique, voire scandale, ses réseaux de production et de distribution sont critiqués pour manquer de rigueur. Mais elle vit et se renouvelle, assure-t-on dans les deux capitales congolaises, où on compte sur cette inscription au patrimoine mondial pour lui donner une notoriété nouvelle, y compris auprès des Congolais eux-mêmes.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Papa Wemba - Maria Valencia" width="800" height="600" src="https://www.youtube.com/embed/aBNwqZoV1kU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
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<p>Au paradis des ambianceurs des deux rives du fleuve Congo, on se réjoui : « Alléluia ! », « Enfin ! », « Une belle victoire ! » Les réseaux sociaux ont immédiatement débordé d’enthousiasme, saluant cette inscription comme une reconnaissance, mais aussi un défi à relever pour faire vivre et prospérer cette passion commune aux Congolais. Pour le chroniqueur Bababaswe, elle « stimulera à coup sûr de nouveaux talents, pourvu qu’on leur crée des cadres » pour exercer leur art.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>La RDC se prépare à célébrer l’inscription de la rumba au patrimoine mondial de l’Unesco</title>
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				<pubDate>Sun, 12 Dec 2021 18:27:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[L’organisation onusienne ouvrira sa session annuelle lundi 13 décembre à Paris. L’Unesco n’a encore pris de décision sur ce style musical qui a su résister à l&#8217;usure du temps. Plus d’un an après le dépôt du dossier conjoint du Congo-Kinshasa et du Congo-Brazzaville auprès de l’Unesco, l’optimisme règne sur les deux rives du fleuve Congo. Les ministres...]]></description>
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<p><strong>L’organisation onusienne ouvrira sa session annuelle lundi 13 décembre à Paris. L’Unesco n’a encore pris de décision sur ce style musical qui a su résister à l&rsquo;usure du temps.</strong></p>



<p>Plus d’un an après le dépôt du dossier conjoint du Congo-Kinshasa et du Congo-Brazzaville auprès de l’Unesco, l’optimisme règne sur les deux rives du fleuve Congo. Les ministres congolais de la Culture et de la Communication se sont voulus rassurants en fin de semaine devant la presse à Kinshasa.</p>



<p>C’est une question de procédure pour Catherine Katungu, ministre de la Culture et des Arts de RDC. Elle parle d’un aboutissement avec certitude&nbsp;: «&nbsp;<em>On nous a annoncé que la décision est là, qu&rsquo;elle est déjà validée. La rumba est inscrite. Maintenant, ce sont les dates de la proclamation [qui sont attendues, NDLR]. Je voudrais vous rassurer que ce n’est plus une question de tâtonnements. C’est acté.</em>&nbsp;»</p>



<p>Kinshasa fonde d’abord son optimisme sur les assurances de la directrice générale de l’Unesco qui a séjourné dans le pays en octobre dernier. Le pays prévoit déjà la célébration à partir du 14 décembre dans la capitale, selon le ministre de la Communication Patrick Muyaya.&nbsp;</p>



<h2>«Nos musiciens ne peuvent pas se&nbsp;produire à l&rsquo;étranger&nbsp;»</h2>



<p>Les artistes congolais peinent cependant à se produire sur le territoire européen notamment en France depuis une décennie.&nbsp;</p>



<p>«<em>&nbsp;La rumba est un vecteur de rayonnement de notre pays, il faut qu&rsquo;on se l&rsquo;approprie,&nbsp;</em>affirme le ministre.<em>&nbsp;Parce que pendant que nos musiciens ne peuvent pas se&nbsp;produire à l&rsquo;étranger, il y a d&rsquo;autres styles de musiques qui sont&nbsp;créés et qui prennent de l&rsquo;espace. Nous allons proposer une stratégie qui permettra à nos artistes de se produire en Europe.</em>&nbsp;»</p>



<p>Les acteurs culturels comptent sur cette inscription qui devrait inciter les autorités à investir dans le secteur culturel. Notamment par la construction des espaces de production et la protection intellectuelle des œuvres. </p>



<p><strong>Source: RFI Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>L’Afrique du Sud désapprouve la participation de Lalela Mswane au concours de Miss Univers en Israël</title>
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				<pubDate>Mon, 15 Nov 2021 12:55:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique Australe]]></category>
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		<category><![CDATA[Miss univers]]></category>

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				<description><![CDATA[Le gouvernement sud-africain a annoncé, dimanche 14 novembre, qu’il ne soutenait pas la décision de l’actuelle Miss Afrique du Sud de participer au concours annuel de Miss Univers prévu le 12 décembre à Eilat, en Israël. Cette déclaration tombe après des pressions sur Lalela Mswane, récemment couronnée, pour qu’elle boycotte le concours à cause des « atrocités commises par Israël contre...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le gouvernement </strong><a href="https://www.lemonde.fr/afrique-du-sud/"><strong>sud-africain</strong></a><strong> a annoncé, dimanche 14 novembre, qu’il ne soutenait pas la décision de l’actuelle Miss Afrique du Sud de participer au concours annuel de Miss Univers prévu le 12 décembre à Eilat, en Israël. Cette déclaration tombe après des pressions sur Lalela Mswane, récemment couronnée, pour qu’elle boycotte le concours à cause des </strong><em><strong>« atrocités commises par Israël contre les Palestiniens »</strong></em><strong>, selon le ministère sud-africain des arts et de la culture.</strong></p>



<p>Mais les organisateurs du concours Miss Afrique du Sud ont estimé que Lalela Mswane devait s’y rendre et <em>« il s’est avéré difficile de </em>[les] <em>persuader </em>[…]<em> de reconsidérer leur décision »</em>, indique un communiqué du ministère. En conséquence, le gouvernement <em>« retire son soutien »</em> suite à <em>« l’intransigeance »</em> des organisateurs. <em>« Les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens sont bien documentées et le gouvernement, en tant que représentant légitime du peuple d’Afrique du Sud, ne peut pas en conscience s’y associer »</em>, a ajouté le ministère.</p>



<p>La semaine dernière, les organisateurs de Miss Afrique du Sud avaient souligné que le concours Miss Univers n’était pas&nbsp;<em>«&nbsp;un événement politique&nbsp;»</em>. S’entêter pourrait&nbsp;<em>«&nbsp;s’avérer désastreux pour l’avenir&nbsp;</em>[de Lalela Mswane]<em>&nbsp;et sa position publique en tant que femme jeune et noire&nbsp;»</em>, a prévenu le ministre de la culture, Nathi Mthethwa. Dans un communiqué, le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) a exhorté les organisateurs de Miss Afrique du Sud&nbsp;<em>«&nbsp;à écouter et entendre l’irrésistible appel&nbsp;</em>[…]<em>&nbsp;à boycotter le concours Miss Univers&nbsp;</em>[…]<em>&nbsp;en Israël, où règne l’apartheid&nbsp;»</em>.</p>



<p>L’Afrique du Sud soutient la cause palestinienne depuis 1995, lorsque des relations diplomatiques formelles ont été établies, un an après la fin de l’apartheid. Elle a réduit son ambassade à Tel-Aviv en 2019 et retiré son ambassadeur.</p>



<p><strong>Source: Le Monde Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Prix Goncourt 2021 : Mohamed Mbougar Sarr, la littérature et la vie</title>
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				<pubDate>Wed, 03 Nov 2021 19:31:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Prix Goncourt]]></category>

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				<description><![CDATA[Consacré en cette rentrée littéraire, cent ans après le prix Goncourt de René Maran, « La plus secrète mémoire des hommes », le nouveau roman de l’auteur sénégalais, est un superbe éloge de l’existence. Il y a une douce ironie dans le sacre littéraire et médiatique du jeune sénégalais Mohamed Mbougar Sarr (31 ans) qui...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Consacré en cette rentrée littéraire, cent ans après le prix Goncourt de René Maran, « La plus secrète mémoire des hommes », le nouveau roman de l’auteur sénégalais, est un superbe éloge de l’existence.</strong></p>



<p>Il y a une douce ironie dans le sacre littéraire et médiatique du jeune sénégalais Mohamed Mbougar Sarr (31 ans) qui vient de remporter le prix Goncourt 2021, la plus prestigieuse récompense littéraire française. Son nouvel opus est en effet tout entier construit autour d’une tragique histoire restée dans les annales : la fascinante trajectoire de l’écrivain malien Yambo Ouologuem, prix Renaudot en 1968 pour&nbsp;<em>Le Devoir de violence</em>, avant que des accusations de plagiat ne viennent entraver une carrière extrêmement prometteuse dans le monde des lettres et ne le poussent à s’effacer de la scène jusqu’à sa mort, le 14 octobre 2017, à Sévaré.</p>



<h4>Roman policier</h4>



<p>Après trois romans remarqués – <em>Terre ceinte</em>, <em>Le Silence du chœur</em> et <em>De purs hommes</em> –, Mbougar Sarr a imposé son tempo à la rentrée littéraire française avec <em>La Plus Secrète Mémoire des hommes</em>, roman « total » dédié à Yambo Ouologuem et placé sous les mânes du poète chilien Roberto Bolaño. « Bolaño a eu une influence majeure, capitale pour l’écriture de ce texte, confie le jeune auteur sénégalais, lecteur précis et compulsif. Il m’a permis de mêler les genres, de jouer avec, en suivant un principe ludique d’hybridation et de fragmentation de la linéarité. Il a ouvert un champ d’expérimentation en phase avec le réel que nous vivons, de plus en plus chaotique, troublant, qui correspond à notre façon de naviguer à travers le temps et que l’on parvient pourtant, étonnamment, à digérer. »</p>



<p><em>La Plus Secrète Mémoire des hommes</em>&nbsp;suit une trame de roman policier&nbsp;: bouleversé par la lecture du&nbsp;<em>Labyrinthe de l’inhumain</em>, texte devenu introuvable d’un mystérieux T.C. Elimane, l’apprenti écrivain Diégane Latyr Faye se lance dans une longue enquête visant à découvrir qui fut ce sulfureux auteur trop tôt disparu. Cette quête impossible conduit le romancier en devenir au cœur même du labyrinthe de la création, là où s’entremêlent tous les genres ; roman initiatique, récit érotique, histoire d’amour, essai philosophique, compte rendu journalistique, poésie, biographie, témoignage, satire, pamphlet politique…</p>



<p>«&nbsp;Au fond, qui était Elimane ? écrit Mbougar Sarr. Le produit le plus tragique et le plus abouti de la colonisation […] Elimane voulait devenir blanc et on lui a rappelé que non seulement il ne l’était pas, mais qu’il ne le deviendrait encore jamais malgré tout son talent. Il a donné tous les gages culturels de la blanchité ; on ne l’en a que mieux renvoyé à sa négreur. Il maîtrisait peut-être l’Europe mieux que les Européens. Et où a-t-il fini ? Dans l’anonymat, la disparition, l’effacement. Tu le sais : la colonisation sème chez les colonisés la désolation, la mort, le chaos. Mais elle sème aussi en eux – et c’est ça sa réussite la plus diabolique – le désir de devenir ce qui les détruit.&nbsp;» On ne saurait mieux condenser, en quelques lignes, le drame de Yambo Ouologuem.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>IL SÉDUIT PAR SON EMPATHIE, SON HUMOUR, SA TENDRESSE, SA CRUAUTÉ PARFOIS, ENVERS SES PERSONNAGES</p></blockquote>



<p>Mais&nbsp;<em>La Plus Secrète Mémoire des hommes</em>&nbsp;est aussi un long voyage à travers le temps et l’espace qui permet à Mbougar Sarr d’évoquer plusieurs générations d’auteurs issus de différents continents : la sienne, celle d’aujourd’hui, mais aussi celle des premiers auteurs francophones venus d’Afrique (ou des Antilles), les René Maran, Léopold Sédar Senghor et autres, ou de leurs successeurs plus ou moins critiques à l’égard du mouvement de la négritude. Et de remonter encore à d’autres formes de récits, ces mythes, ces secrets, ces non-dits, ces silences propres à toutes les familles. Avec aisance, et surtout avec grâce, Sarr navigue entre les grands textes de la littérature occidentale et les mondes souvent jugés irrationnels des «&nbsp;légendes&nbsp;» africaines. Sans forcer le trait, sans jouer le jeu d’un exotisme racoleur.</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="https://www.jeuneafrique.com/medias/2021/09/14/ljad20210914-cm-litterature-mbougarsarr-photo2-scaled.jpg" alt="« La plus secrète mémoire des hommes », de Mohamed Mbougar Sarr, Philippe Rey, 466 pages, 22 euros"/><figcaption>«&nbsp;La plus secrète mémoire des hommes&nbsp;», de Mohamed Mbougar Sarr, Philippe Rey, 466 pages, 22 euros © Editions Philippe Rey</figcaption></figure>



<p>Au bout du compte, T.C. Elimane, qui partage bien des points communs avec Yambo Ouologuem – avoir été au centre de vastes polémiques littéraires ou raciales, avoir intensément fréquenté des cercles libertins – ne se laisse pas saisir, il n’est plus qu’un puzzle de souvenirs épars, présence métaphysique tantôt envahissante tantôt évanescente.</p>



<h4>Où se trouve cette vie ?</h4>



<p>Humain, trop humain ? Pris dans les rets de ses multiples histoires qui se croisent et s’entrecroisent, Mbougar Sarr pourrait perdre son lecteur dans un roman à clef : ce n’est pas le cas. Certains ne reconnaîtront pas Ken Bugul en Marième Siga D., «&nbsp;une écrivaine sénégalaise d’une soixantaine d’années, que le scandale de chacun de ses livres avait transformée en pythonesse malfaisante, en goule, ou carrément en succube&nbsp;» qui «&nbsp;sauvait la récente production littéraire sénégalaise de l’embaumement pestilentiel des clichés et des phrases exsangues, dévitalisées comme de vieilles dents pourries&nbsp;». Certains ne se rueront pas, après avoir fini le roman, sur&nbsp;<em>Le devoir de violence</em>, le livre qui causa la gloire et la perte de Yambo Ouologuem, réédité en 2018 par les éditions du Seuil.</p>



<p>Rares sont ceux, enfin, qui iront se renseigner sur le Chilien Roberto Bolaño, auteur d’un roman total intitulé <em>2666</em>, alors qu’il se savait condamné. En réalité, peu importe que l’on saisisse ou pas les références disséminées ça et là. Malgré sa phénoménale érudition, Mohamed Mbougar Sarr séduit par son empathie, son humour, sa tendresse, sa cruauté parfois, envers des personnages auxquels il accorde le droit et la liberté d’exister par eux-mêmes. Son rapport au lecteur relève de la même attitude. Il l’entraîne, le charme, le maltraite parfois, le trompe un peu, joue avec ses nerfs et sa culture, mais ne l’enferme jamais, ne le méprise jamais. Son livre aurait pu s’appeler <em>Le Labyrinthe de l’humain</em>, tant il propose de rencontres, sans jamais perdre le fil de l’essentiel, la vie. Et c’est là la question cruciale que pose <em>La Plus Secrète Mémoire des hommes</em> : où se trouve cette vie ? Entre les mots ou dans les palpitations de la chair ?</p>



<p>«&nbsp;Ma vie, comme toute vie, ressemblait à une série d’équations, écrit Diégane Latyr Faye dans le roman. Une fois leur degré révélé, leurs termes inscrits, leurs inconnues établies et posée leur complexité, que restait-il ? La littérature ; il ne restait jamais que la littérature ; l’indécente littérature, comme réponse, comme problème, comme foi, comme honte, comme orgueil, comme vie.&nbsp;»</p>



<p>Alors oui, il serait possible de décortiquer ce roman, de chercher qui se cache derrière tel ou tel personnage comme Yambo Ouologuem semble se cacher derrière T.C. Elimane. Possible, mais à quoi bon ? Le sel de ce texte, qui n’a pas fini de faire grand bruit, repose plus que dans sa remarquable virtuosité, dans son enthousiasmante vitalité.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Restitution : le musée du quai Branly fait ses adieux aux œuvres d’art du Bénin</title>
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				<pubDate>Wed, 27 Oct 2021 08:20:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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<p><strong>Après des années de polémique, la promesse formulée par Emmanuel Macron de restituer&nbsp;au Bénin 26 œuvres d’art pillées par les troupes coloniales françaises est sur le point d’être tenue. Le président français est attendu au musée du quai Branly, mercredi, pour une cérémonie&nbsp;organisée en cette occasion. C’est la dernière fois que ces pièces, en France depuis 130 ans, sont exposées à Paris avant qu’elles ne soient remises définitivement à leur pays d’origine.</strong></p>



<p>Épiphane-Basile Migan ne tient plus en place tant il a attendu ce moment. Le visiteur tournoie autour d&rsquo;objets d&rsquo;art&nbsp;exposés pour la dernière fois en France,&nbsp;<a href="https://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/benin-la-restitution-de-26-oeuvres-des-tresors-royaux-dabomey-39199/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">au musée du quai Branly</a>, avant leur envol pour le&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/tag/b%C3%A9nin/">Bénin</a>&nbsp;en novembre.</p>



<p>Face à lui, la statue royale dite « bochio », mi-homme mi-requin, du roi Béhanzin, le dernier roi d’Abomey, capturé par les Français en 1894 et envoyé de force en exil en Martinique. Les 26 œuvres de l’exposition faisaient partie du trésor de ce souverain, prises de guerre du général Dodds qui était&nbsp;aux commandes lors de la conquête coloniale française du royaume du Dahomey (actuel Bénin) en 1892. « Ce sont des pièces uniques au monde, d’une valeur inestimable », répète Épiphane-Basile Migan, avant de photographier la statue du roi Béhanzin sous tous les angles, comme pour n’en perdre aucune miette. « Vous vous rendez compte, on faisait des choses pareilles au XIXe siècle. L’Afrique avait une grande culture. Aucune civilisation n’a jamais fait ça au monde. »</p>



<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/10/image-1.gif" alt="" class="wp-image-24947"/></figure>



<p>Ce médecin béninois, qui vit à Paris depuis 24 ans, dit ne jamais avoir eu l’occasion, jusqu’à présent, de venir voir ces pièces, qui retrouveront le chemin du Bénin le 10 novembre. Certaines d’entre elles, notamment les sculptures anthropomorphes représentant les rois d’Abomey ont eu, depuis&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/video/20171128-france-restitution-oeuvres-afrique-culture">la promesse de restitution effectuée en 2017 à Ouagadougou par Emmanuel Macron</a>, une place de choix dans le musée du quai Branly, dominant le plateau des collections du musée.</p>



<p>Conscient de la dimension historique du moment – l’une des premières restitutions par la France de biens pillés par ses soldats pendant les guerres de colonisation –,&nbsp;Épiphane-Basile Migan reviendra dans la semaine pour montrer « la grandeur du royaume d’Abomey » à ses enfants. Il ira aussi revoir les œuvres au Bénin, lors de son prochain voyage.</p>



<p><strong>« Ce n’est pas un adieu juste un au revoir »</strong></p>



<p>Dans quelques mois, ces objets dotés d’une valeur historique, symbolique et protectrice très forte pour la population béninoise seront exposés au palais de la présidence de la république du Bénin, à Cotonou, puis à Ouidah en 2022, avant de rejoindre le futur musée d&rsquo;Abomey en 2024, dont les travaux ne sont pas encore terminés.</p>



<p>« Ce n’est pas un adieu juste un au revoir », résume Gaëlle Beaujon, la responsable de collections Afrique au musée du quai Branly. Les équipes conjointes du musée parisien et les conservateurs béninois de Ouidah et d’Abomey ont travailler main dans la main pour peaufiner ces préparatifs et la manipulation très délicates de ces œuvres.</p>



<p>« Je suis ému de voir ces objets bien conservés et qui nous reviendront bientôt », confiait Abdoulaye Imorou, le conservateur du site des palais royaux d’Abomey<a href="https://www.france24.com/fr/culture/20211026-b%C3%A9nin-26-%C5%93uvres-d-art-bient%C3%B4t-restitu%C3%A9es-apr%C3%A8s-une-exposition-sp%C3%A9ciale-%C3%A0-paris">&nbsp;lors de la mise en place de l’exposition</a>. Il faut dire que l’attente a été longue. Le Bénin a formulé une demande officielle de restitution de ces œuvres en 2016. Après des années de polémiques, le Parlement français vote en 2020 seulement&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20201006-les-d%C3%A9put%C3%A9s-approuvent-la-restitution-par-la-france-de-biens-culturels-au-b%C3%A9nin-et-au-s%C3%A9n%C3%A9gal">une loi autorisant la France à rendre ce butin de guerre</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Restitution : le musée du quai Branly fait ses adieux aux œuvres d’art du Bénin • FRANCE 24" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/sRI926-m88A?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/10/image.gif" alt="" class="wp-image-24946"/></figure>



<p><strong>Le processus de restitution expliqué au visiteur</strong></p>



<p>L’exposition donne à voir tout ce processus, notamment à travers une frise chronologique. L’avenir des œuvres au Bénin occupe&nbsp;aussi une place de choix dans la scénographie, qui évoque également, à travers une vidéo, les conditions du pillage du trésor d’Abomey, du moins ce que l’on en sait. « Aujourd’hui encore, nous ne savons pas précisément comment ces objets – pour certains volumineux – ont été déplacés. Nous avons peu d’archives sur ce qui s’est passé et nous avons essayé de retracer l’histoire en épluchant des correspondances, des témoignages de militaires… », explique Gaëlle Beaujean.&nbsp;</p>



<p>L’État français n’a&nbsp;jamais demandé de butin de guerre pour ce conflit, indique-t-elle. Mais la pratique était courante à l’époque, « à l’initiative d’officiers ou de sous-officiers présents, probablement toutefois avec l’autorisation du général Dodds », poursuit la spécialiste qui regrette que des pièces de ce trésor se soient sans doute évaporées dans la nature.</p>



<p>Ces recherches scientifiques visant à déterminer la provenance et l’histoire des pièces ne sont pas un détail, car la France peut restituer une œuvre d’art au pays qui en fait la demande seulement si ces analyses démontrent que l’œuvre a été volée, pillée ou saisie. Pour Calixte Biah, conservateur du musée d’histoire de Ouidah, qui va accueillir les 26 pièces en 2022, « il serait décent que d’autres pays qui détiennent des pièces africaines emboitent le pas à la France ».</p>



<p>Selon certains spécialistes, près de 90&nbsp;% du patrimoine africain se trouverait encore aujourd’hui en dehors du continent.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="LE DÉBAT - FACE À FACE • FRANCE 24" width="800" height="450" src="https://www.youtube.com/embed/UdA6NkS8M7M?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
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<p><strong>Afrika Stratégies France avec France 24</strong></p>
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		<title>Fespaco 2021: mettre en avant les nouvelles générations</title>
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				<pubDate>Sun, 17 Oct 2021 19:59:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[fespaco]]></category>

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				<description><![CDATA[Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) est bel et bien lancé. Malgré la pandémie et malgré la crise sécuritaire qui touche le Burkina Faso, le festival du cinéma africain a démarré samedi 16 octobre en fin d’après-midi, avec la traditionnelle cérémonie d’ouverture au Palais des sports. La compétition officielle, les...]]></description>
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<p><strong>Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) est bel et bien lancé. Malgré la pandémie et malgré la crise sécuritaire qui touche le Burkina Faso, le festival du cinéma africain a démarré samedi 16 octobre en fin d’après-midi, avec la traditionnelle cérémonie d’ouverture au Palais des sports. La compétition officielle, les diffusions des films, documentaires et séries ont débuté ce dimanche 17 octobre, mais la cérémonie de lancement a clairement marqué les esprits.</strong></p>



<p>Lutter, créer, s’appuyer sur l’héritage de Sankara. L’ambition de cette 27e édition du Fespaco&nbsp;est de mettre en avant les nouvelles générations.</p>



<p>Présent, le chef de l’État&nbsp;Roch Marc Christian Kaboré&nbsp;s’est interrogé sur les difficultés dans le secteur du cinéma&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Quelles sont les contraintes, les perspectives du cinéma africain&nbsp;? Il faudra que l’ensemble des acteurs de ce monde se penchent dessus pour que nous puissions lever tous les verrous qui empêchent le cinéma africain de prospérer.</em>&nbsp;»</p>



<h4><em>«</em>&nbsp;<em>On a tous besoin de la même chose</em>&nbsp;<em>: l’espoir</em>&nbsp;»&nbsp;</h4>



<p>Avec près de 40 danseurs et une superbe chorégraphie, le tout appuyé par des artistes réputés comme le Sénégalais Baaba Maal, Serge Aimé Coulibaly a a réussi son pari&nbsp;: redorer le blason du Fespaco, prouver que le Faso est bel et bien là.&nbsp;«&nbsp;<em>On doit réunir toutes ses forces pour pouvoir montrer au monde qu’on reste debout,&nbsp;</em>explique-t-il,<em>&nbsp;qu’on est là sur nos jambes et qu’on est prêt à avancer malgré l’adversité. On a tous besoin de la même chose</em>&nbsp;<em>: l’espoir.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p>Une posture revendiquée également par les responsables du Fespaco. « <em>Le septième art, faut-il le rappeler, peut valablement défendre la paix en fléchissant toutes les formes d’intégrisme et d’extrémisme pour les militants en prison et défendre la solidarité entre nos peuples,</em> souligne Salifo Taida, qui préside le comité d’organisation. <em>Vive le cinéma africain ! Vive le Fespaco !</em> »</p>



<p><strong>Source: RFI Afrique/ Mis en ligne: Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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