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	<title>Analyse &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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	<title>Analyse &#8211; Tribune d&#039;Afrique</title>
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		<title>Tunisie : Abir Moussi, alliée objective des islamistes ?</title>
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				<pubDate>Tue, 23 Mar 2021 12:51:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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				<description><![CDATA[La présidente du parti Destourien Libre est devenue la principale opposante aux islamistes en Tunisie. Mais ses excès ne risquent-ils pas de discréditer son combat ? Elle ferraille et pourfend ses ennemis au point que certains la comparent à Jeanne d’Arc. Mais Abir Moussi ne défend d’autre roi qu’elle-même. La présidente du parti Destourien Libre...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Abir-Moussi-a-Sfax.jpg" alt="" class="wp-image-21698" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Abir-Moussi-a-Sfax.jpg 626w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/03/Abir-Moussi-a-Sfax-300x182.jpg 300w" sizes="(max-width: 626px) 100vw, 626px" /><figcaption>La présidente du Parti destourien libre, Abir Moussi</figcaption></figure>



<p><strong>La présidente du parti Destourien Libre est devenue la principale opposante aux islamistes en Tunisie. Mais ses excès ne risquent-ils pas de discréditer son combat ?</strong></p>



<p>Elle ferraille et pourfend ses ennemis au point que certains la comparent à Jeanne d’Arc. Mais Abir Moussi ne défend d’autre roi qu’elle-même. La présidente du parti Destourien Libre (PDL) a fait de la&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1048486/politique/tunisie-abir-moussi-ennahdha-nest-pas-un-parti-de-souche-tunisienne/">mouvance islamiste représentée en politique par Ennahdha et la Coalition El Karama la cible de tous ses combats</a>. Elle marque des points et les esprits mais à multiplier les sorties tonitruantes elle se perd aussi. Parmi ses admirateurs, certaines critiques commencent à fuser mais l’ancienne cadre du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti de Ben Ali, n’en a cure tant elle est sûre de son succès.</p>



<h4>Guérilla à l’Assemblée</h4>



<p>Les sondages attribuent à sa formation 43 % d’intentions de vote ; son parti serait en passe d’avoir une majorité franche à l’Assemblée et elle pourrait alors être Chef du gouvernement. Ce n’est pas tout à fait ce qu’elle désire. Son objectif est Carthage mais avec 13,1 % d’intentions de suffrages, elle est largement distancée dans la course à la présidentielle par <a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/1049137/politique/kais-saied-la-fin-de-letat-de-grace-pour-le-president-tunisien/">l’actuel président de la République, Kaïs Saïed</a> qui caracole à 53,3 % selon un sondage Sigma Conseil de mars 2021. A moins d’une dissolution de l’Assemblée, souhaitée par certains Tunisiens pour briser la paralysie institutionnelle, le prochain scrutin doit se tenir en 2024 : cela n’empêche pas Abir Moussi de faire campagne et d’utiliser tous les moyens pour faire parler d’elle.</p>



<p>Résultat, elle est plébiscitée par les nostalgiques de la loi et de l’ordre mais aussi par des démocrates qui partagent son rejet des islamistes. Mais cela suffit-il à faire un programme ? Evidemment le PDL en a un mais sa présidente l’occulte en faveur d’une guérilla constante contre ses ennemis jurés. Dans un paysage politique atone et sans réels concurrents, Abir Moussi grimpe les échelons à force de hargne et de ténacité. Des qualités rares dans la sphère politique tunisienne mais Abir Moussi en fait tellement qu’elle est prise à son propre jeu. D’un sit-in à l’Assemblée à un autre contre l’Association des oulémas musulmans, elle enchaîne les meetings populaires et fait de l’hémicycle un champ de bataille, commence à indisposer et à susciter des interrogations.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>ELLE ENCHAÎNE LES MEETINGS POPULAIRES ET FAIT DE L’HÉMICYCLE UN CHAMP DE BATAILLE, COMMENCE À INDISPOSER ET À SUSCITER DES INTERROGATIONS</p></blockquote>



<p>Son rituel d’empêcheuse de tourner en rond au parlement est immuable : pour être sûre de se faire entendre et que nul ne lui coupe la parole, elle s’arme d’un porte-voix et déambule dans les couloirs en dénonçant les dérives des islamistes. Des joutes qu’elle filme en personne et diffuse en direct. Succès assuré sur la toile mais aussi agacement et réprobation chez ses pairs. Un crescendo de provocations qui a depuis longtemps tourné au clash avec les députés d’Ennahdha et la Coalition El Karama&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1087793/politique/tunisie-pugilat-a-lassemblee/">dont certains font preuve de violence physique à son encontre</a>. Du pain béni pour Abir Moussi.</p>



<h4>Offensive désordonnée</h4>



<p>La pasionaria est effectivement menacée de mort et vit sous haute sécurité mais ce sont ses ennemis qui craignent que leur rivale politique devienne un martyr. Ils perdraient alors tout le bénéfice de cette guerre sans fin qu’elle a enclenchée. Effet inattendu de la rage encombrante que met l’ancienne avocate à s’opposer à Ennahdha, les islamistes qui avaient perdu un peu plus d’un million de voix entre le scrutin de 2011 et celui de 2019 consolident leurs rangs, oublient leurs dissensions internes et ont beau jeu de signifier qu’ils sont de nouveau la cible des héritiers de Ben Ali. Les Tunisiens en oublient leur désastreuse gouvernance depuis 2011 et le scénario à la libanaise qui menace le pays.</p>



<blockquote class="wp-block-quote"><p>EFFET INATTENDU DE LA RAGE ENCOMBRANTE QUE MET L’ANCIENNE AVOCATE À S’OPPOSER À ENNAHDHA : LES ISLAMISTES CONSOLIDENT LEURS RANGS</p></blockquote>



<p>À force d’excès, Abir Moussi s’égare et perd la notion de limite. Les vociférations qui caractérisent chacune de ses interventions de députée, ses hurlements quand ceux qu’elle titille avec constance réagissent et sa manière de prendre à témoins les Tunisiens lui assurent une certaine visibilité et une popularité auprès de ceux qui la perçoivent comme l’ange sauveur. Les autres s’interrogent sur son offensive désordonnée et improductive : elle n’a de rendement que la confusion qu’elle orchestre et empêche l’assemblée de tenir son agenda.</p>



<p>Son entourage assure qu’elle n’écoute pas les conseils mais il est certain qu’elle est néanmoins bien cornaquée pour rendre coup pour coup et tenir en haleine pendant deux heures un auditoire sans un regard sur ses notes. Des qualités qui ne suffisent pas à faire oublier son opposition à l’égalité successorale entre frères et sœurs, son refus d’abolir la peine de mort et son absence de prise de position, sauf quand il s’agit de membres de son parti, quant aux violences faites aux femmes.</p>



<p>Un rapport très distancié avec les droits humains mais aussi avec ceux qui pourraient être ses partenaires. En quelques semaines, Abir Moussi s’est brouillée avec la puissante centrale syndicale de l’UGTT, la plupart des partis et les journalistes. Comment ambitionner d’être la présidente de tous les Tunisiens quand on se coupe de tous pour obéir aux diktats du buzz médiatique ? Abir Moussi est à la croisée des chemins : son succès dépendra de ses capacités à transcender les clivages et à contrôler ses excès pour au moins rassurer sur un possible vivre ensemble.</p>



<p><strong>Source: Jeune Afrique/Mis en ligne:Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Congo : le « lourd fardeau » de la dette due aux traders</title>
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				<pubDate>Wed, 10 Mar 2021 13:24:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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				<description><![CDATA[Au Congo, la campagne présidentielle, qui a débuté  le 6 mars, pourrait-elle s&#8217;achever avec l&#8217;annonce de la reprise des déboursements du Fonds monétaire international (FMI) ? Le 11 juillet 2019, cinq ans après la chute des cours du pétrole, l&#8217;institution financière avait annoncé un plan de sauvetage de 448,6 millions de dollars pour aider le pays à faire face à « la pire crise financière...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/fmi.jpg" alt="" class="wp-image-13403" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/fmi.jpg 1000w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/fmi-300x184.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/01/fmi-768x471.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p>Au <a href="https://www.lepoint.fr/tags/congo">Congo</a>, <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/congo-ces-candidats-qui-veulent-ravir-la-presidence-a-sassou-nguesso-03-02-2021-2412572_3826.php">la campagne présidentielle, qui a débuté </a>  <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/congo-ces-candidats-qui-veulent-ravir-la-presidence-a-sassou-nguesso-03-02-2021-2412572_3826.php">l<strong>e 6 mars</strong></a><strong>, pourrait-elle s&rsquo;achever avec l&rsquo;annonce de la reprise des déboursements du </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/fmi"><strong>Fonds monétaire international</strong></a><strong> (FMI) ? Le 11 juillet 2019, cinq ans après la chute des cours du pétrole, l&rsquo;institution financière avait annoncé un plan de sauvetage de 448,6 millions de dollars pour aider le pays à faire face à « la pire crise financière de son histoire ». 44,9 millions de dollars avaient été débloqués dans la foulée. Mais, depuis, plus rien.</strong></p>



<p>Les nombreux objectifs imposés par le Fonds à Brazzaville, parmi lesquels «&nbsp;un vaste train de réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence&nbsp;» et la restructuration de la dette, n&rsquo;auraient pas été atteints. Ce dernier point est crucial. La dette publique est «&nbsp;insoutenable&nbsp;», a réitéré le FMI à l&rsquo;issue d&rsquo;une mission de revue du programme du&nbsp;18&nbsp;au 25&nbsp;février 2021. L&rsquo;institution financière a toutefois concédé que les autorités congolaises avaient «&nbsp;fait des progrès&nbsp;» dans les discussions avec leurs créanciers extérieurs. L&rsquo;objectif du programme est de ramener la dette extérieure en dessous de 30&nbsp;% du PIB d&rsquo;ici à&nbsp;2023&nbsp;(contre 100&nbsp;% en 2020) pour afficher un niveau de surendettement modéré.</p>



<h4>Dette publique abyssale</h4>



<p>Selon les données de la&nbsp;<a href="https://datatopics.worldbank.org/dssitables/annual/COG" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Banque mondiale</a>&nbsp;publiées le 21&nbsp;janvier 2021, la dette publique du Congo s&rsquo;élevait à 6&nbsp;milliards de dollars en décembre&nbsp;2019 – soit près du double du&nbsp;<a href="https://www.finances.gouv.cg/fr/article-subcategory/budget%C2%A0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">budget de l&rsquo;État de 2021</a>&nbsp;–, dont 4,5&nbsp;milliards de dette bilatérale. Mais ces comptes de la Banque mondiale n&rsquo;intègrent pas les dettes contractées par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), plus grande entreprise d&rsquo;État, auprès des traders pétroliers. Ces derniers achètent le brut au producteur et/ou lui revendent des produits pétroliers raffinés (essence, diesel). Depuis la crise financière de 2008, ils sont de plus en plus présents sur le continent, supplantant les organismes bancaires avec un mécanisme de prépaiement&nbsp;permettant au producteur de lever des capitaux grâce à des prêts gagés sur les ressources naturelles. «&nbsp;Nous élaborons, structurons, organisons et finançons des crédits qui sont ensuite syndiqués auprès d&rsquo;un consortium de banques&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.trafigura.com/brochure/prepayments-demystified/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">résume Trafigura</a>, un des leaders du négoce de matières premières. Ce service de prépaiement pour des matières premières lui a permis de capter 5&nbsp;milliards de dollars en 2019, contre 700&nbsp;millions de dollars en 2013. Des prêts aux conditions opaques, aux taux d&rsquo;intérêt élevés, et qui ont plongé le Congo dans un travers consistant à hypothéquer le pétrole pour obtenir des capitaux et à emprunter toujours plus.</p>



<h4>Un accord officiel en vue avec les traders ?</h4>



<p>Si le Congo a pu renégocier le remboursement de sa dette publique avec la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/chine">Chine</a>&nbsp;en avril&nbsp;2019, puis en avril&nbsp;2020 avec le négociant Orion, dirigé par le Congolais Lucien Ebata, les pourparlers avec Trafigura et Glencore sont bien plus ardus. Le montant des créances cumulées par ces deux négociants basés en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/suisse">Suisse</a>&nbsp;est colossal. Il s&rsquo;élevait à 732&nbsp;millions de dollars pour Glencore en septembre&nbsp;2019,&nbsp;<a href="https://www.imf.org/en/Publications/CR/Issues/2020/01/27/Republic-of-Congo-2019-Article-IV-Consultation-Press-Release-Staff-Report-and-Statement-by-48984" target="_blank" rel="noreferrer noopener">selon un rapport du FMI</a>, auxquels s&rsquo;ajoutent 538&nbsp;millions de dollars d&rsquo;arriérés. La dette de la SNPC due à Trafigura atteignait de son côté 966&nbsp;millions de dollars et 965&nbsp;millions de dollars d&rsquo;arriérés. En tout, la dette due aux traders représentait alors 18&nbsp;% du PIB, selon l&rsquo;institution.&nbsp;<a href="https://www.africaintelligence.fr/afrique-ouest-et-centrale_politique/2021/03/04/negociations-avec-le-fmi--le-president-sassou-fait-la-courte-echelle-au-candidat-nguesso,109647614-ar1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Selon le site Africa Intelligence</a>, Brazzaville «&nbsp;a négocié en décembre un accord de rééchelonnement de sa dette et de ses arriérés envers Trafigura&nbsp;»&nbsp;et a «&nbsp;également arraché fin février un protocole d&rsquo;accord à Glencore, qui refusait jusqu&rsquo;alors tout compromis&nbsp;».</p>



<p>Une avancée notable, même si elle ne répond pas pleinement aux exigences du FMI, expliquait le 25&nbsp;février à&nbsp;<em><a href="https://www.jeuneafrique.com/1118428/economie/congo-clement-mouamba-avoir-de-largent-cest-bien-le-depenser-a-bon-escient-cest-mieux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jeune Afrique</a></em>&nbsp;le Premier ministre Clément Mouamba&nbsp;: «&nbsp;Aujourd&rsquo;hui, des accords ont été signés avec tous les traders, à savoir Orion, Glencore&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1107923/economie/brazzaville-enfin-sur-le-point-dun-accord-avec-trafigura/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">et Trafigura,</a>&nbsp;mais sans atteindre pour autant, à l&rsquo;exception d&rsquo;Orion, la cible des 30&nbsp;% de décote demandés par le FMI. Le Fonds a suivi de très près le déroulement de ces négociations difficiles. Nous gardons donc espoir qu&rsquo;il assouplira sa position.&nbsp;»</p>



<h4>Le « lourd fardeau » de la dette due aux traders</h4>



<p>Dans un rapport intitulé «&nbsp;<a href="https://resourcegovernance.org/sites/default/files/documents/prets-adosses-a-des_ressources_naturelles.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Prêts adossés aux ressources naturelles, pièges et potentiel&nbsp;</a>&nbsp;», l&rsquo;Institut de gouvernance des ressources naturelles (NRGI)&nbsp;expliquait en quoi cette restructuration de la dette due aux négociants en matières premières importait au FMI. Et prenait l&rsquo;exemple du prêt de Glencore à la Société des hydrocarbures du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/tchad">Tchad</a>&nbsp;comme «&nbsp;initialement structuré de manière à ce que les négociants puissent conserver la plus grande partie des recettes pétrolières de l&rsquo;État lors de la baisse des prix du pétrole. En 2016, par exemple, 90&nbsp;% des revenus pétroliers provenant d&rsquo;un gisement important ont servi à rembourser le prêt. Le FMI cite le lourd fardeau du prêt gagé sur les ressources naturelles comme un contributeur majeur au problème de la dette commerciale extérieure du Tchad. (…) En conséquence, le FMI a fait de la restructuration de ce prêt une condition prioritaire pour le maintien de son aide financière au pays&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;En 2014, le Congo semblait avoir une dette très faible, une certaine épargne, et être en capacité de faire face à la baisse des prix du pétrole pendant un certain temps, selon les observateurs extérieurs. Mais, peu après la chute des cours du brut, l&rsquo;étendue et la complexité des accords d&#8217;emprunt sont apparues, et cela a suscité une grande crainte&nbsp;», complète David Mihalyi, analyste économique à NRGI.</p>



<p>Cette méconnaissance de la situation réelle des dettes contractées par le Congo tient autant du voile d&rsquo;opacité qui entoure les prêts proposés par les traders&nbsp;qu&rsquo;à la gestion du gouvernement congolais – lequel s&rsquo;était bien gardé de dévoiler son ardoise auprès de ces négociants au départ. «&nbsp;Un manque de transparence des finances publiques peut aggraver les dépenses excessives&nbsp;», glisse l&rsquo;économiste, qui regrette par ailleurs que les créances des traders «&nbsp;ne figurent pas dans les données de la Banque mondiale&nbsp;».</p>



<h4>Répercussions sur les dépenses publiques</h4>



<p>Dans&nbsp;<a href="https://resourcegovernance.org/blog/five-questions-how-debt-relief-initiatives-will-work-resource-rich-countries" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une note de juin&nbsp;2020</a>, David Mihalyi estimait également que, «&nbsp;compte tenu de la taille de leurs prêts et de la situation désespérée dans laquelle se trouvent leurs emprunteurs, les négociants en matières premières devraient également se joindre à l&rsquo;effort mondial d&rsquo;allègement de la dette&nbsp;».</p>



<p>En juin&nbsp;2020, dans le sillage de l&rsquo;Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du G20 et des institutions financières internationales, le Club de Paris avait accordé au Congo un allègement de sa dette de 277&nbsp;millions d&rsquo;euros&nbsp;<a href="https://www.adiac-congo.com/content/dette-le-club-de-paris-accorde-au-congo-un-allegement-de-182-milliards-fcfa-116775" target="_blank" rel="noreferrer noopener">selon l&rsquo;Agence d&rsquo;information&nbsp;d&rsquo;Afrique centrale</a>. Plus récemment, la Chine a annulé ses prêts sans intérêt&nbsp;au gouvernement congolais arrivant à échéance à la fin de l&rsquo;année 2020, ce qui représentait un montant de 92,4&nbsp;millions RMB (près de 12&nbsp;millions d&rsquo;euros). De quoi soulager, peut-être, le Congo et sa population.</p>



<p><a rel="noreferrer noopener" href="https://jubileedebt.org.uk/wp-content/uploads/2020/01/The-growing-global-South-debt-crisis-and-cuts-in-public-spending_01.20.pdf" target="_blank">Selon une étude de l&rsquo;organisation britannique Jubilee Debt</a>, les dépenses publiques ont chuté de 50 % entre 2015 et 2018 dans cet État pétrolier d&rsquo;Afrique centrale.</p>



<p><strong>Source : Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Mali : militarisation du pouvoir, des raisons profondes et anciennes</title>
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				<pubDate>Fri, 26 Feb 2021 19:16:41 +0000</pubDate>
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				<description><![CDATA[Avec le coup d&#8217;État du général Moussa Traoré le 19 novembre 1968, l&#8217;armée a investi la sphère politique malienne pour ne plus la quitter. Depuis, le Mali a connu trois autres coups d&#8217;État militaires (1991, 2012, 2020). Le deuxième, porté par Amadou Toumani Touré (ATT), permit l&#8217;instauration de la démocratie malienne en 1992. Le troisième putsch chassera ce même...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21371079lpw-21371178-article-jpg_7731158_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-21469" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21371079lpw-21371178-article-jpg_7731158_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21371079lpw-21371178-article-jpg_7731158_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /><figcaption>Le président de la transition malienne Bah N&rsquo;daw (à gauche) lors de sa prestation de serment au CICB (Centre international de conférences de Bamako) à Bamako le 25 septembre 2020. 
© Michele Cattani/AFP</figcaption></figure>



<p><strong>Avec le coup d&rsquo;État du </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com/mali-moussa-traore-parcours-dun-dictateur-dechu-et-rehabilite-146661" target="_blank"><strong>général Moussa Traoré le 19 novembre 1968</strong></a><strong>, l&rsquo;armée a investi la sphère politique malienne pour ne plus la quitter. Depuis, le Mali a connu trois autres coups d&rsquo;État militaires (1991, 2012, 2020). Le deuxième, porté par </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com/amadou-toumani-toure-trajectoire-dun-general-qui-naimait-pas-la-guerre-150218" target="_blank"><strong>Amadou Toumani Touré</strong></a><strong> (ATT), permit l&rsquo;instauration de la démocratie malienne en 1992. Le troisième putsch chassera ce même ATT en 2012. Le dernier, porté par le Conseil national de salut public (CNSP), mit fin à mi-mandat au </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://theconversation.com/la-chute-ineluctable-du-president-malien-ibrahim-boubacar-keita-144787" target="_blank"><strong>pouvoir d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keita</strong></a><strong> (IBK) le 18 août 2020.</strong></p>



<p>Entre <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.arte.tv/fr/videos/099960-000-A/mali-une-armee-dans-le-collimateur/" target="_blank">coups d&rsquo;État, luttes fratricides et affairisme</a>, le pouvoir militaire et le pouvoir politique semblent se confondre dans la réalité, et tout spécialement lors de l&rsquo;actuelle transition militaire. Après la formation du nouveau gouvernement malien, majoritairement prétorien, la nomination du premier vice-président du CNSP (dissous depuis), le colonel Malick Diaw, à la tête du Conseil national de la transition (CNT), organe législatif de cette transition, a fini par convaincre les observateurs de la scène politique malienne de la volonté des militaires d&rsquo;accaparer tous les leviers du pouvoir.</p>



<p>Comment expliquer cette présence régulière de l&rsquo;armée sur la scène politique malienne depuis un demi-siècle, notamment au vu des&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2008-1-page-7.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">études théoriques sur les relations en démocratie entre civils et militaires</a>&nbsp;? Des élections libres et transparentes pourront-elles se tenir dans quatorze mois comme prévu&nbsp;?</p>



<h4>L&rsquo;armée au cœur du pouvoir politique depuis le premier coup d&rsquo;État de 1968</h4>



<p>Le premier coup d&rsquo;État au Mali marque le début d&rsquo;une longue histoire de dictature militaire – 23&nbsp;ans – et politique où les militaires occupent une place prépondérante. Du général Abdoulaye Soumaré, premier chef d&rsquo;état-major sous Modibo Keita, à&nbsp;<a href="https://niarela.net/biographie/samba-sangare-revelations-sur-la-mort-de-diby-silas-diarra" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Diby Silas Diarra</a>, en passant par&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1979/03/13/m-kissima-doukara-ancien-ministre-de-la-defense-est-condamne-a-mort_2768112_1819218.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kissima Doukara</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/375154/politique/jour-19-novembre-1968-coup-detat-renverse-president-malien-modibo-keita/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tiekoro Bagayoko</a>&nbsp;sous Moussa Traoré, l&rsquo;armée a toujours été au&nbsp;<a href="https://www.maliweb.net/art-culture/%C2%ABtransferts-definitifs%C2%BB-du-colonel-assimi-s-dembele-rnles-crimes-des-deux-republiques-7114.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cœur du pouvoir politique</a>.</p>



<p>Les différents putschs survenus après, jusqu&rsquo;au plus récent, n&rsquo;ont fait que confirmer cette tendance. On aurait pu penser que l&rsquo;intervalle démocratique (1992-2012 et 2013-2020) atténuerait cette domination militaire, mais la présence massive des militaires pendant cette période – aux portefeuilles de défense ou de la sécurité civile – a au contraire entériné leur prépondérance. Par peur d&rsquo;éventuels coups d&rsquo;État ou par réalisme politique – la logique démocratique supposant la subordination du pouvoir militaire au pouvoir politique –, plusieurs officiers ou hauts gradés de l&rsquo;armée malienne ont été&nbsp;<a href="https://malijet.com/a_la_une_du_mali/224179-promotion-des-cadres-militaires-dans-la-diplomatie-ibk-recompens.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nommés ambassadeurs</a>&nbsp;dans des chancelleries à travers le monde.</p>



<p>Depuis le début de la transition en cours, la nomination des&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/06/au-mali-des-militaires-aux-postes-cles-du-gouvernement-de-transition_6054909_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">militaires dans l&rsquo;administration à des postes clés</a>&nbsp;ne semble pas connaître de répit. Si les observateurs de la scène politique malienne sont habitués à voir des militaires à la tête des régions, leurs nominations à des postes jusque-là réservés à des civils suscitent des interrogations. Et cela d&rsquo;autant plus que la «&nbsp;militarisation du régime&nbsp;» inquiète certains acteurs politiques, notamment le&nbsp;<a href="https://maliactu.net/mali-choguel-kokala-maiga-%e2%80%89la-militarisation-a-outrance-ne-sert-ni-larmee-ni-la-societe%e2%80%89/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mouvement du 5&nbsp;juin-Rassemblement des Forces Patriotiques</a>&nbsp;(M5-RFP) – dont la mobilisation a abouti au putsch contre IBK – et le président de son comité stratégique Choguel Koukala Maïga. Avec la crise que connaît le Mali, qui a des conséquences sur l&rsquo;ensemble des institutions de l&rsquo;État (désinstitutionnalisation de l&rsquo;armée, fragilité des autorités politiques, insécurité touchant plus de 65&nbsp;% du territoire), la force militaire devient une ressource politique.</p>



<p>Dans ces conditions, les militaires conservent un rôle prépondérant et donc un pouvoir&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2008-1-page-15.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qui dépasse largement leur domaine de compétence initial</a>. Car, faut-il encore le souligner, l&rsquo;actuel président de la transition,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1048748/politique/mali-qui-est-bah-ndaw-lancien-militaire-propulse-a-la-tete-de-la-transition/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bah N&rsquo;Daw</a>, est un colonel de l&rsquo;armée malienne à la retraite. Le vice-président (poste créé pour la première fois dans l&rsquo;architecture politique malienne) Assimi Goïta, ancien président du CNSP –&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1111494/politique/mali-la-dissolution-du-cnsp-decretee-par-bah-ndaw/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dissous sur demande de la Cedeao</a>&nbsp;(Communauté économique des États de l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;de l&rsquo;Ouest) – est aussi un colonel.</p>



<p>De surcroît, les&nbsp;<a href="https://www.bbc.com/afrique/sports-54424658" target="_blank" rel="noreferrer noopener">portefeuilles stratégiques</a>&nbsp;sont aussi occupés par des&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20201005-des-militaires-aux-postes-cl%C3%A9s-du-gouvernement-de-transition-au-mali" target="_blank" rel="noreferrer noopener">membres du CNSP</a>&nbsp;(le colonel Sadio Camara au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/ministere-de-la-defense">ministère de la Défense</a>&nbsp;et des anciens combattants&nbsp;; le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga au ministère de l&rsquo;Administration territoriale et de la décentralisation&nbsp;; le colonel Modibo Koné au ministère de la Sécurité et de la Protection civile&nbsp;; et le colonel major Ismaël Wagué au ministère de la Réconciliation nationale).</p>



<p>Cette militarisation pose la question de la volonté réelle des militaires, et donc de la stratégie politique de cette transition. Ont-ils la volonté d&rsquo;organiser des élections transparentes en vue d&rsquo;un retour du pouvoir politique aux civils comme convenu avec la Cedeao&nbsp;? La&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201126-mali-nomination-massive-de-militaires-%C3%A0-la-t%C3%AAte-des-r%C3%A9gions" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nomination comme gouverneurs</a>&nbsp;de 13&nbsp;militaires sur 20&nbsp;nouveaux gouverneurs nommés à la tête des régions – tous proches du&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/1048505/politique/mali-assimi-goita-a-t-il-pris-gout-au-pouvoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">vice-président Assimi Goïta</a>&nbsp;– illustre cette militarisation de la transition, quand on sait le rôle que jouent les gouverneurs de région dans l&rsquo;organisation des élections.</p>



<h4>Un changement des pratiques politiques au Mali depuis le début de la transition ?</h4>



<p>Les régimes se succèdent au Mali, mais les pratiques politiques demeurent similaires. Au Mali, peut-être un peu plus pendant cette transition, on observe une confusion des sphères politique et militaire. Une alliance militaro-civile et religieuse s&rsquo;est mise en place, avec un mélange des genres entre les trois sphères. A priori, on assiste à la fois à une politisation de l&rsquo;armée – qui n&rsquo;a bien évidemment pas commencé avec cette transition – et, d&rsquo;autre part, à une militarisation du politique, c&rsquo;est-à-dire que la force est devenue une ressource des dirigeants politiques, avec comme résultat un clientélisme réciproque entre&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2008-1-page-15.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">civils, militaires</a>&nbsp;et religieux.</p>



<p>La mise en place des membres du&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201209-mali-le-fonctionnement-et-les-priorit%C3%A9s-du-conseil-national-de-transition" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Comité national de transition</a>&nbsp;a confirmé cela.&nbsp;<a href="http://www.libreafrique.org/kakdeu-patrimonialisme-200215" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les pratiques néopatrimoniales</a>&nbsp;qui ont amplement participé à discréditer l&rsquo;ancien régime, loin d&rsquo;avoir disparu,&nbsp;<a href="https://theconversation.com/mali-le-president-ibrahim-boubacar-keita-pris-a-son-propre-jeu-146275" target="_blank" rel="noreferrer noopener">se reproduisent</a>.</p>



<p>En dépit de la présence au sein de cet organe législatif transitoire de personnalités bénéficiant d&rsquo;une légitimité démocratique (Mamadou Gassama, élu quatre fois député&nbsp;; Badjan Ag Hamatou, élu sept fois, etc.), la&nbsp;<a href="https://information.tv5monde.com/video/mali-le-mode-de-designation-du-conseil-de-transition-conteste" target="_blank" rel="noreferrer noopener">proximité avec le CNSP a été un facteur important</a>&nbsp;dans le choix des membres du Conseil national de transition, d&rsquo;autant plus que les CV devraient être envoyés au vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta. Là où IBK semble avoir échoué dans sa tentative de faire imploser le M5-RFP, le CNSP a, semble-t-il, réussi. L&rsquo;arrivée de plusieurs membres de ce mouvement hétéroclite dans le CNT s&rsquo;apparente à des «&nbsp;prises de guerre&nbsp;» – une pratique qui a montré ses limites sous le régime sortant.</p>



<h4>Une transition analogue à celle de 2012 ?</h4>



<p>L&rsquo;analogie avec la transition de 2012&nbsp;est on ne peut plus difficile, tant les deux putschs militaires semblent éloignés. Si en 2012, c&rsquo;est une mutinerie dans le camp de Kati&nbsp;<a href="https://www.liberation.fr/planete/2012/03/21/coup-d-etat-au-mali_804886/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qui se transformera en coup d&rsquo;État</a>, le putsch de 2020&nbsp;est le couronnement de trois mois de contestation populaire avec comme fer de lance le M5-RFP.</p>



<p>Contrairement à 2012, où il y avait une&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/assemblee-nationale">Assemblée nationale</a>&nbsp;(quatrième législature) – dont le président Diouncounda Traoré assurera le poste de président par intérim de la transition –, les membres du Conseil ne bénéficient d&rsquo;aucune légitimité puisqu&rsquo;ils ont été nommés. Par conséquent, ce Conseil ne peut procéder à des réformes importantes comme l&rsquo;application de l&rsquo;<a href="https://www.crisisgroup.org/fr/africa/sahel/mali/laccord-dalger-cinq-ans-apres-un-calme-precaire-dont-il-ne-faut-pas-se-satisfaire" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Accord d&rsquo;Alger</a>, dont la mise en œuvre totale demande une révision constitutionnelle.</p>



<p>Or, le pouvoir sortant était déjà confronté à un vaste mouvement populaire,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/ibrahima-poudiougou-ante-a-bana-une-maniere-d-exprimer-le-refus-03-09-2017-2154225_3826.php#">«&nbsp;Antè A Bana&nbsp;»</a>&nbsp;(une formule qui signifie en bambara «&nbsp;on refuse&nbsp;»). Antè A Bana s&rsquo;était dressé contre la révision constitutionnelle qui aurait permis l&rsquo;application de cet accord. De même que beaucoup de gens soupçonnaient le président Ibrahim Boubacar Keïta d&rsquo;avoir concocté une Assemblée nationale taillée sur mesure qui lui aurait permis cette révision constitutionnelle. Pour le moment, toutes les tentatives de révision constitutionnelle&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/940564/politique/mali-les-resultats-des-legislatives-contestes-par-la-rue/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">semblent avoir échoué</a>.</p>



<p>Une tentative de passage en force des militaires en vue d&rsquo;une révision constitutionnelle risquerait d&rsquo;engendrer une sorte de «&nbsp;coalition des partis politiques&nbsp;» qui feront bloc contre les autorités de la transition. Les partis y verront l&rsquo;occasion de reprendre du poil de la bête, eux qui sont les «&nbsp;mal-aimés&nbsp;» de cette transition. Le risque d&rsquo;enlisement est grand, d&rsquo;autant plus que les résultats sur le plan sécuritaire ne sont pas totalement au rendez-vous.</p>



<h4>Quid de la Cedeao et de la France ?</h4>



<p>La Cedeao, acteur central des négociations avec le CNSP, pourrait se retrouver piégée en cas d&rsquo;enlisement. C&rsquo;est la raison pour laquelle&nbsp;<a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/mali-la-cedeao-inqui%C3%A8te-de-l-interpellation-de-personnalit%C3%A9s-maliennes/2108011" target="_blank" rel="noreferrer noopener">elle s&rsquo;était inquiétée</a>&nbsp;auprès des autorités de la transition de l&rsquo;interpellation de personnalités en dehors de tout cadre légal et de la non-dissolution du CNSP.</p>



<p>La&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/france">France</a>&nbsp;est, elle aussi, un acteur majeur de la crise malienne, de par la présence de son plus gros contingent militaire en dehors de la métropole. L&rsquo;invitation du président de la transition Bah N&rsquo;Daw à l&rsquo;Élysée, une réunion d&rsquo;où&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1113217/politique/mali-france-ce-quemmanuel-macron-et-bah-ndaw-se-sont-dit/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">peu d&rsquo;informations ont filtré</a>, a pu être interprétée comme une tentative de récupération de la part de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/paris">Paris</a>.</p>



<p>Pourtant, l&rsquo;opinion publique malienne ne semble pas comprendre l&#8217;empressement de la France – et de la&nbsp;<a href="https://minusma.unmissions.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Minusma</a>&nbsp;– à appliquer l&rsquo;accord d&rsquo;Alger, quand bien même les conditions sécuritaires se seraient dégradées.</p>



<p>Parmi les mouvements demandant le départ des troupes françaises – ce qui pourrait tourner à la catastrophe en raison de l&rsquo;arrivée probable des djihadistes à Bamako –, il y a des&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=P8NLA23ymmc" target="_blank" rel="noreferrer noopener">groupuscules d&rsquo;extrême gauche africaine</a>&nbsp;qui ont comme ressource politique principale l&rsquo;«&nbsp;anticolonialisme&nbsp;». En plus,&nbsp;<a href="https://theconversation.com/pourquoi-lopinion-publique-malienne-a-une-vision-negative-de-loperation-barkhane-130640" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opinion publique malienne</a>&nbsp;a du mal à comprendre pourquoi ceux qui se sont alliés avec les mouvements djihadistes en 2012, et qui sont à la base de toute cette crise (le Mouvement national pour la libération de l&rsquo;Azawad devenu Coordination des mouvements de l&rsquo;Azawad) sont devenus aujourd&rsquo;hui fréquentables.</p>



<p>L&rsquo;incompréhension est d&rsquo;autant plus profonde que l&rsquo;armée malienne&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch%C2%A0?v=Pr7vZe0Rv7k" target="_blank" rel="noreferrer noopener">a été interdite d&rsquo;entrer à Kidal</a>&nbsp;par l&rsquo;armée française en 2013. Cette ambiguïté de la politique française, loin d&rsquo;atténuer le passif de l&rsquo;ancienne puissance coloniale, participe à alimenter toutes les théories (complotistes ou pas) qui voudraient que la France soit derrière les mouvements indépendantistes et/ou djihadistes, pour&nbsp;<a href="https://theconversation.com/la-france-dans-la-tourmente-au-sahel-152954" target="_blank" rel="noreferrer noopener">faire main basse sur les richesses</a>&nbsp;dont regorgerait le sous-sol du nord du Mali.</p>



<p>La militarisation de cette transition, loin de résoudre cette crise du Sahel – qui est avant tout politique –, risque d&rsquo;aggraver encore la fracture politique au Mali. Les priorités qui devraient être celles de la transition (justice, fin de l&rsquo;impunité, révision du fichier électoral, préparation des élections crédibles, ratissage des zones occupées par les djihadistes, etc.) semblent reléguées au second plan.</p>



<p>Au contraire, nous assistons à une présence accrue de l&rsquo;armée sur la scène politique malienne. Or le politiste camerounais&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20131006-2-afrique-recompense-putschistes" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean‑Emmanuel Pondi</a>&nbsp;nous prévenait il y a quelques années déjà que l&rsquo;espoir fondé sur les militaires est un mirage. Ce qui se vérifie eu égard à l&rsquo;histoire politique de l&rsquo;Afrique depuis l&rsquo;indépendance. Il est aujourd&rsquo;hui fort probable que les dix-huit mois initialement prévus de la transition soient dépassés.</p>



<p>Il est aussi évident que les militaires chercheront à peser sur les futures échéances électorales. La communauté internationale, en voulant confier à cette transition des réformes nécessitant une révision constitutionnelle, risque de renforcer cette position des militaires. Or, tous les experts sont unanimes sur le fait que la crise au Sahel est avant tout une crise sociopolitique avant d&rsquo;être militaire. Cette transition est-elle légitime pour mener des réformes ?</p>



<p><strong>Source : Le Point Afrique/Mis en ligne ; Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Mali et RDC : les populations attendent toujours les vraies ruptures</title>
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				<pubDate>Wed, 17 Feb 2021 18:20:27 +0000</pubDate>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21343774lpw-21343782-article-jpg_7711589_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-21329" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21343774lpw-21343782-article-jpg_7711589_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/02/21343774lpw-21343782-article-jpg_7711589_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /><figcaption>Manifestation de soutien au Comité national pour le salut du peuple à Bamako, le 8 septembre 2020. 
© Michele Cattani/AFP</figcaption></figure>



<p>    <strong>Le Mali et la République démocratique du </strong><a href="https://www.lepoint.fr/tags/congo"><strong>Congo</strong></a><strong> (RDC) font</strong>  <strong>partie de ces nombreux États africains qui ont célébré le soixantième anniversaire de leur indépendance en 2020. Ils comptent ainsi parmi les plus jeunes États du monde et se considèrent tous deux comme étant des démocraties, ou du moins </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://core.ac.uk/download/pdf/224215581.pdf" target="_blank"><strong>sur la voie de la démocratisation</strong></a><strong>. Depuis leurs indépendances, la formation de ces deux États a été affectée par plusieurs crises politiques. Tous deux ont notamment connu un coup d&rsquo;État dans les années 1960 suivi d&rsquo;une longue dictature jusque dans les années 1990. Ensuite, il y a eu une longue transition démocratique qui a continuellement été fragilisée par la guerre, l&rsquo;autoritarisme, de nouveaux coups d&rsquo;État, de l&rsquo;ingérence étrangère, etc. Bien que très différents, ces deux pays peuvent beaucoup nous apprendre sur une question importante. Pourquoi les régimes dont l&rsquo;avènement a été nourri par une contestation populaire en faveur de plus de démocratie et d&rsquo;État de droit finissent-ils souvent par décevoir ?</strong></p>



<h4>Deux pays, des processus similaires</h4>



<p>En effet, le Mali vient d&rsquo;entamer une alternance politique en 2020&nbsp;après un&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20200819-mali-de-la-crise-politique-au-coup-d-%C3%A9tat-militaire" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coup d&rsquo;État</a>&nbsp;qui a&nbsp;<a href="https://www.france24.com/fr/20200821-mali-des-milliers-de-personnes-c%C3%A9l%C3%A8brent-le-coup-d-%C3%A9tat-%C3%A0-bamako" target="_blank" rel="noreferrer noopener">été largement soutenu</a>&nbsp;par une population insatisfaite de la manière dont le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a géré le pouvoir. Ce soutien de la population reposait sur un espoir de renouveau&nbsp;; mais, quelques mois plus tard, la&nbsp;<a href="https://malijet.com/actualite-politique-au-mali/editorial-journaux-mali/252471-edito-la-transition-caporalisee.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déception</a>&nbsp;est déjà palpable à travers tout le pays.</p>



<p>Il en est de même pour la RDC, qui a entamé une alternance politique en 2019&nbsp;après que le régime du président sortant,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/joseph-kabila">Joseph Kabila</a>, a proclamé Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle malgré la contestation de son adversaire Martin Fayulu, qui a&nbsp;<a href="https://www.bbc.com/afrique/region-46851384" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déposé un recours</a>&nbsp;devant la Cour constitutionnelle pour fraude électorale. Malgré ces graves soupçons de fraude, une bonne partie de la population, satisfaite du&nbsp;<a href="https://www.bbc.com/afrique/region-55233523" target="_blank" rel="noreferrer noopener">départ de Kabila après 18&nbsp;ans au pouvoir</a>, a pourtant soutenu Tshisekedi, espérant que son intronisation aboutirait à des changements positifs concrets dans la vie des gens. Mais plus d&rsquo;un an après son arrivée aux affaires, la&nbsp;<a href="https://actualite.cd/2020/01/24/lan-1-du-pouvoir-de-tshisekedi-kananga-lespoir-cede-la-place-la-deception" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déception</a>&nbsp;est là aussi notable.</p>



<h4>Les mêmes désillusions des populations</h4>



<p>Il apparaît que, au Mali comme en RDC, cette déception populaire s&rsquo;explique partiellement par le fait que les nouveaux régimes se sont associés à des élites issues des régimes anciens, avec qui les citoyens voulaient rompre définitivement. Il existe donc un net décalage entre, d&rsquo;une part, la rationalité radicale de la population qui, revendiquant plus de démocratie et d&rsquo;État de droit, parvient à contribuer au renversement des régimes autoritaires et, d&rsquo;autre part le pragmatisme des élites qui, pour gouverner, semblent dépendre du système précédent, mis en cause par les revendications populaires.</p>



<h4>Les populations veulent la rupture, les gouvernants n&rsquo;y arrivent pas</h4>



<p>Dans le cas du Mali tout d&rsquo;abord, les&nbsp;<a href="http://news.abamako.com/h/236138.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">manifestations</a>&nbsp;contre le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta s&rsquo;amplifient à partir de juin&nbsp;2020. La population réclame le départ du président à cause de son incapacité à mettre fin à la guerre et à améliorer les conditions socio-économiques. Ces contestations qui s&rsquo;ajoutent à d&rsquo;autres facteurs aboutissent au&nbsp;<a href="https://theconversation.com/la-chute-ineluctable-du-president-malien-ibrahim-boubacar-keita-144787" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coup d&rsquo;État du 18&nbsp;août 2020</a>, salué par une grande partie de la population. D&rsquo;ailleurs, dans leurs discours, les putschistes reprennent volontiers à leur compte les revendications populaires pour légitimer leur action. Mais, très vite, on constate que le nouveau pouvoir en place recourt à bon&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201204-mali-les-121-membres-du-conseil-national-de-transition-sont-connus" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nombre de représentants des élites du régime déchu</a>&nbsp;pour se consolider, par exemple des&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-le-gouvernement-de-transition-enfin-en-place-06-10-2020-2395022_3826.php">leaders</a>&nbsp;du parti Alliance démocratique au Mali – Parti Africain pour la solidarité et la justice au Mali (Adema-PASJ) ou encore le Rassemblement pour le Mali (RPM). Le discours du nouveau pouvoir tourne à la gestion quotidienne de l&rsquo;État sans plus faire allusion à la rupture avec le système ancien ni au changement des conditions de vie des gens. D&rsquo;où un rapide désenchantement de ceux-ci.</p>



<h4>Les maux persistent…</h4>



<p>Les critiques de la population envers l&rsquo;ancien régime portaient pour l&rsquo;essentiel sur la mauvaise gouvernance, le népotisme et la corruption, des maux devenus endémiques. C&rsquo;est dans ce contexte que sont organisées au printemps 2020&nbsp;des élections législatives dont les résultats vont être&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/940564/politique/mali-les-resultats-des-legislatives-contestes-par-la-rue/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">contestés</a>. Certes, le mécontentement populaire s&rsquo;est nourri des années de conflits, de précarité économique, de la crise scolaire et sanitaire. Mais l&rsquo;élément fondamental dans la volonté d&rsquo;en découdre avec l&rsquo;ancien régime fut la fraude électorale, perçue comme l&rsquo;incarnation de la corruption, de l&rsquo;injustice et de la gabegie des ressources de l&rsquo;État. Les critiques s&rsquo;adressaient non seulement à l&rsquo;ancien régime mais aussi à l&rsquo;ensemble de la classe politique malienne. Depuis 1991, celle-ci est quasiment constituée des mêmes acteurs, responsables ou comptables des résultats de plus de trois décennies de gouvernance démocratique.</p>



<h4>… à travers des arrangements politiques sans lendemain</h4>



<p>Dans le cas de la RDC, les&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2016-4-page-23.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">manifestations populaires contre le maintien au pouvoir du président Kabila</a>&nbsp;commencent en&nbsp;2014&nbsp;et s&rsquo;amplifient en 2018&nbsp;pour éviter une modification de la Constitution qui lui permettrait de se présenter pour un troisième mandat. Kabila n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que d&rsquo;organiser les élections, avec deux années de retard par rapport au calendrier prévu initialement. Il mise dans un premier temps sur la victoire de son dauphin Ramazani Shadary mais celui-ci n&rsquo;arrivera qu&rsquo;en troisième place. Il décide alors d&rsquo;offrir la victoire à un candidat de l&rsquo;opposition, Felix Tshisekedi, qui selon bon nombre d&rsquo;observateurs est arrivé en deuxième position, et avec lequel il passe un accord en rapport avec sa propre protection et un&nbsp;<a href="https://africanarguments.org/2019/01/drc-election-results-analysis-implausible" target="_blank" rel="noreferrer noopener">partage de pouvoir</a>.</p>



<p>Le nouveau président se met en&nbsp;<a href="https://theconversation.com/qui-detient-les-renes-du-pouvoir-en-republique-democratique-du-congo-152462" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coalition avec l&rsquo;ancien système</a>. Et lorsqu&rsquo;après un an et demi&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/07/rdc-felix-tshisekedi-annonce-la-fin-de-la-coalition-avec-joseph-kabila-et-se-cherche-une-nouvelle-majorite_6062470_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">il rompt sa coalition avec Kabila</a>, il se rallie à d&rsquo;<a href="https://www.voaafrique.com/a/un-s%C3%A9nateur-d%C3%A9sign%C3%A9-pour-identifier-une-nouvelle-majorit%C3%A9-pro-tshisekedi/5721090.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">anciens dignitaires</a>&nbsp;de ce dernier – un ralliement&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/1098198/politique/rdc-martin-fayulu-refuse-de-se-rallier-a-l-union-sacree-de-tshisekedi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">très mal vu</a>&nbsp;par une grande partie de la population. Depuis le début du processus de démocratisation, qui a démarré en RDC en 1990, la population a vu la cooptation des élites de régime en régime. Une pratique qui suscite l&rsquo;exaspération.</p>



<h4>Les anciens responsables pas loin des manettes du pouvoir</h4>



<p>La&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-constitutionnel-2008-3-page-499.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">composition de la classe politique</a>&nbsp;au Mali et en RDC dénote un certain pragmatisme des élites. Depuis 1990, on l&rsquo;a dit, les nouveaux régimes s&rsquo;entendent avec les membres des anciens pour diriger.</p>



<p>Le Mali fut ainsi gouverné, de&nbsp;1992&nbsp;à 2002, par&nbsp;<a href="http://bamada.net/depart-et-retour-de-ladema-pasj-au-pouvoir-le-mea-culpa-simpose" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Adema-PASJ</a>. Par la suite,&nbsp;<a href="https://theconversation.com/amadou-toumani-toure-trajectoire-dun-general-qui-naimait-pas-la-guerre-150218" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Amadou Toumani Touré</a>&nbsp;formalise également durant ses deux mandats, de&nbsp;2002&nbsp;à 2011, une forme consensuelle de gestion du pouvoir, associant ses adversaires politiques et associations. On assiste à la même tendance depuis le coup d&rsquo;État de 2012&nbsp;: après sa prise de pouvoir, IBK s&rsquo;est associé à d&rsquo;anciennes élites de l&rsquo;Adema-PASJ.</p>



<p>En RDC, l&rsquo;entourage de l&rsquo;actuel président Félix Tshisekedi est composé d&rsquo;anciens opposants de&nbsp;<a href="https://www.refworld.org/docid/5b9b61d87.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Union pour la démocratie et le progrès social</a>&nbsp;(UDPS), parmi lesquels figurent de nombreuses anciennes élites du&nbsp;<a href="https://www.refworld.org/docid/3df4bf0110.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mouvement populaire de la révolution</a>&nbsp;(MPR) du régime du président&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/seko-sese-mobutu">Mobutu</a>&nbsp;déchues en 1998. Actuellement, la majorité présidentielle est en train de se rapprocher progressivement d&rsquo;autres anciens partisans de Mobutu mais aussi de ceux de l&rsquo;<a href="https://www.refworld.org/docid/3df4bf004.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo</a>&nbsp;de feu le président Laurent-Désiré Kabila, du&nbsp;<a href="https://www.ifri.org/fr/publications/notes-de-lifri/republique-democratique-congo-de-fin-de-regne-regne-fin" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie</a>&nbsp;de son fils Joseph Kabila et ses anciens alliés,&nbsp;etc. Cette continuité au sommet du pouvoir a suscité, dans les deux pays, une forte exigence de rupture.</p>



<h4>L&rsquo;illustration que la démocratie compose avec les réalités du pays</h4>



<p>Au Mali, l&rsquo;espoir d&rsquo;une telle rupture s&rsquo;est traduit par&nbsp;<a href="https://www.liberation.fr/planete/2020/08/21/a-bamako-des-milliers-de-maliens-fetent-le-coup-d-etat_1797463/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;engouement de la population</a>&nbsp;pour le coup d&rsquo;État dernier et en RDC par une certaine liesse au soir de l&rsquo;annonce de l&rsquo;accession à la présidence de Félix Tshisekedi. Au-delà de toute idée partisane ou communautariste, ces euphories traduisent souvent une certaine croyance en la démocratie en tant que système qui permet au peuple de décider de qui devrait le gouverner et comment cela devrait se faire. Mais les expériences du Mali et de la RDC montrent que cette théorie est utopique. Dans la réalité, les élites élues par le peuple ont besoin des élites non élues pour pouvoir gouverner. Alors qu&rsquo;une démocratie est censée être le pouvoir du peuple, elle est aussi soumise à des logiques qui lui sont extérieures, au pragmatisme imposé par les rapports de pouvoir qui structurent la vie en société. Gouverner, c&rsquo;est tenir compte d&rsquo;une multiplicité de logiques politiques, économiques, sociales,&nbsp;etc. qui, le plus souvent, expliquent pourquoi la classe dirigeante ne va pas toujours dans le sens de la volonté de la population.</p>



<p>Finalement, analyser la démocratie au Mali et au Congo, ce n&rsquo;est pas seulement&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://atlasocio.com/cartes/recherche/selection/indice-democratie.php" target="_blank">mesurer l&rsquo;indice de démocratie</a>. Au contraire, c&rsquo;est être en mesure d&rsquo;expliquer la manière dont les principes démocratiques théoriques s&rsquo;articulent à des négociations pragmatiques au sein de différentes arènes sociales. Cette nécessité de négociation fait de la démocratie un ingrédient de tout un ensemble qui rend possible le gouvernement des gens dans ces pays, et même au-delà.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>RDC : qui de Tshisekedi ou Kabila détient vraiment les rênes du pouvoir ?</title>
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				<pubDate>Tue, 05 Jan 2021 18:49:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/34900hr_-592x296-1573575508.jpg" alt="" class="wp-image-20713" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/34900hr_-592x296-1573575508.jpg 592w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2021/01/34900hr_-592x296-1573575508-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption>Félix Tshisekedi et Joseph Kabila</figcaption></figure>



<h4>L&rsquo;implosion de la coalition formée par le Cap pour le changement (CACH) et le Front commun pour le Congo (FCC) impose de s&rsquo;interroger.</h4>



<p>Les élections présidentielle&nbsp;et législatives de décembre&nbsp;2018, en République démocratique du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/congo">Congo</a>, ont donné des résultats pour le moins étranges. D&rsquo;un côté, il y a eu un président élu, Felix Tshisekedi, issu de la plus vieille mouvance de l&rsquo;opposition congolaise,&nbsp;<a href="https://www.refworld.org/docid/5b9b61d87.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS)</a>. D&rsquo;un autre côté, une majorité écrasante des parlementaires élus représentaient la plateforme politique du président sortant,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/joseph-kabila">Joseph Kabila</a>, le&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201212-rdc-le-front-commun-%C3%A0-l-heure-de-l-introspection" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Front commun pour le Congo (FCC)</a>. Un paradoxe électoral qui, malgré les irrégularités dénoncées par les uns et les autres, fut présenté comme étant&nbsp;<a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20190110-elections-rdc-ceni-resultats-provisoires-presidentielle-provinciales" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;expression de la volonté souveraine du peuple congolais</a>.&nbsp;Il s&rsquo;agissait de la première passation pacifique de pouvoir en RDC, acquise au prix d&rsquo;énormes sacrifices, notamment de la part des partis d&rsquo;opposition,&nbsp;<a href="http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-la-repression-continue-a-lapproche-des-elections/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">victimes de répression brutale</a>, d&rsquo;<a href="https://www.jeuneafrique.com/375740/politique/rd-congo-quatre-jeunes-leaders-de-lopposition-arretes-a-kinshasa/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">emprisonnement</a>, voire de pertes en vies humaines, par exemple le cas du&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2020/06/drc-justice-now-rossy-tshimanga-mukendi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">jeune Rossy Mukendi</a>.</p>



<h4><strong>Une transmission pacifique du pouvoir, mais…</strong></h4>



<p>Cette issue paradoxale des élections présidentielle&nbsp;et législatives a-t-elle été le fruit d&rsquo;un&nbsp;<a href="https://www.lgdj.fr/l-ingenierie-constitutionnelle-solution-de-sortie-de-crise-en-afrique-9782343075372.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">calcul politique</a>&nbsp;savamment orchestré en vue de départager deux forces politiques contraires en mettant sous une tutelle à peine voilée l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, à savoir le nouveau président de la République&nbsp;?</p>



<p>Ce qui est sûr, c&rsquo;est que, faute de majorité parlementaire pour gouverner, le président Felix Tshisekedi a accepté, bon gré mal gré, de coaliser avec ses adversaires d&rsquo;hier afin de redresser le pays. Deux ans ont suffi pour que cette coalition (FCC-CACH)&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/07/rdc-felix-tshisekedi-annonce-la-fin-de-la-coalition-avec-joseph-kabila-et-se-cherche-une-nouvelle-majorite_6062470_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">implose</a>. Les causes de cette implosion résident, d&rsquo;une part, dans l&rsquo;intransigeance du FCC qui, au nom de sa majorité numérique, voulait s&rsquo;approprier et contrôler&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/rdc-la-majorit%C3%A9-revendique-un-partage-du-pouvoir/a-47035747" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tous les leviers du pouvoir</a>, y compris les domaines dits régaliens. Selon les caciques du FCC, pour toute décision importante, le président Tshisekedi était supposé obtenir l&rsquo;aval de leur autorité morale, Joseph Kabila. D&rsquo;autre part, Tshisekedi, conscient de l&rsquo;étroitesse de sa marge de manœuvre, guettait le moindre faux pas de son partenaire de coalition pour desserrer l&rsquo;étau autour de lui et renverser le rapport de force.</p>



<p>Hormis leurs exigences en matière d&rsquo;obtention de portefeuilles ministériels et de postes de direction au sein des entreprises publiques (où le FCC s&rsquo;est taillé la&nbsp;<a href="https://www.bbc.com/afrique/region-49160204" target="_blank" rel="noreferrer noopener">part du lion</a>), les partisans de l&rsquo;ex-président Kabila ont également&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/789890/politique/rdc-pourquoi-les-nominations-a-la-tete-de-la-gecamines-et-de-la-sncc-sont-toujours-bloquees/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">empêché l&rsquo;exécution des ordonnances présidentielles</a>&nbsp;et défié publiquement l&rsquo;autorité du chef de l&rsquo;État. Par exemple, le 20&nbsp;octobre dernier, les présidents de l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/assemblee-nationale">Assemblée nationale</a>&nbsp;(Jeanine Mabunda) et du&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/senat">Sénat</a>&nbsp;(Alexis Tambwe Mwamba), ainsi que le Premier ministre (Sylvestre Ilunga Ilunkamba) et certains membres du gouvernement issus du FCC ont&nbsp;<a href="https://www.radiookapi.net/2020/10/20/actualite/politique/rdc-thambwe-mwamba-et-jeanine-mabunda-boycottent-la-prestation-de" target="_blank" rel="noreferrer noopener">refusé d&rsquo;assister à la prestation de serment</a>&nbsp;de trois juges de la Cour constitutionnelle nommés par le président Tshisekedi. Cette décision peut être considérée comme la goutte d&rsquo;eau qui a fait déborder le vase.</p>



<h4><strong>Tshisekedi décide de prendre les choses en main</strong></h4>



<p>Dans une brève&nbsp;<a href="https://www.lehautpanel.com/rdc-discours-du-president-felix-tshisekedi-a-la-nation-ce-vendredi-23-octobre-2020/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">allocution à la nation</a>, le 23&nbsp;octobre dernier, le président Tshisekedi s&rsquo;est montré déterminé à ne plus subir le diktat de la majorité parlementaire FCC-CACH. Il a désavoué cette coalition, dont il a reconnu les limites, et s&rsquo;est engagé à consulter les leaders les plus représentatifs du pays afin de créer une «&nbsp;union sacrée pour la nation&nbsp;». En d&rsquo;autres termes, il a annoncé la fin de la coalition FCC-CACH au profit d&rsquo;une nouvelle majorité parlementaire qui le soutiendrait dans la réalisation de son projet de société.</p>



<p>Pour ce faire, deux stratégies semblent être à sa portée. D&rsquo;un côté, dissoudre le Parlement et organiser des élections législatives anticipées, d&rsquo;un autre côté, forger une nouvelle majorité parlementaire, sur la base d&rsquo;un double constat&nbsp;: aucun parti politique, y compris le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l&rsquo;ex-président Kabila, n&rsquo;a obtenu la majorité absolue aux élections de décembre&nbsp;2018&nbsp;; et la coalition FCC-CACH n&rsquo;est qu&rsquo;un arrangement politique jamais couvert par le prescrit constitutionnel, c&rsquo;est-à-dire acté par l&rsquo;intervention d&rsquo;un informateur nommé sur ordonnance présidentielle. La population et bon nombre de leaders politiques ont accueilli cette annonce&nbsp;<a href="https://fr.africanews.com/2020/12/07/rdc-la-population-celebre-le-discours-de-tshisekedi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">avec enthousiasme.</a></p>



<p>Pendant ce temps, le FCC semble avoir été pris au dépourvu et tétanisé par le passage à l&rsquo;acte et la fermeté de celui qu&rsquo;il croyait avoir sous tutelle. La plateforme politique de Joseph Kabila s&rsquo;est raidie, estimant détenir toujours une large et inamovible majorité parlementaire. Un discours qui tente de sauver la face en omettant le fait que nombre de mécontents au sein du FCC pourraient devenir des transfuges vers la nouvelle coalition voulue par le chef de l&rsquo;État. Le cas du groupement politique du Pr Modeste Bahati Lukwebo, l&rsquo;Alliance démocratique du Congo et Alliés (AFDC-A), qui compte plus de 40&nbsp;députés au sein du FCC, est une claire illustration de&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://actualite.cd/2020/12/02/rdc-le-tgigombe-confirme-modeste-bahati-lukwebo-president-de-lafdc" target="_blank">cette dissidence</a>.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Algérie : le président Tebboune tente de réanimer son agenda politique</title>
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				<pubDate>Wed, 16 Dec 2020 13:35:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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		<category><![CDATA[Abdelmadjid Tebboune]]></category>
		<category><![CDATA[Agenda politique]]></category>

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				<description><![CDATA[Le chef de l&#8217;État, en convalescence en Allemagne, veut accélérer l&#8217;agenda électoral, mais le temps politique et les ressources humaines manquent. L&#8217;apparition du président algérien Abdelmadjid Tebboune, dimanche 13 décembre, dans une vidéo postée sur Twitter à partir de son lieu de convalescence à Berlin, a suscité beaucoup de réactions en Algérie et des interrogations sur l&#8217;avenir politique de la présidence Tebboune. Si...]]></description>
								<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/55428118_303.jpg" alt="" class="wp-image-20595" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/55428118_303.jpg 700w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/12/55428118_303-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /><figcaption>
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune est toujours hospitalisé en Allemagne.

</figcaption></figure>



<h4>Le chef de l&rsquo;État, en convalescence en Allemagne, veut accélérer l&rsquo;agenda électoral, mais le temps politique et les ressources humaines manquent.</h4>



<p>L&rsquo;apparition du président algérien <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/algerie-premiere-apparition-televisee-du-president-tebboune-en-deux-mois-13-12-2020-2405553_3826.php">Abdelmadjid Tebboune</a>, dimanche 13 décembre, dans une vidéo postée sur <a href="https://www.lepoint.fr/tags/twitter">Twitter</a> à partir de son lieu de convalescence à Berlin, a suscité beaucoup de réactions en <a href="https://www.lepoint.fr/tags/algerie">Algérie</a> et des interrogations sur l&rsquo;avenir politique de la présidence Tebboune.</p>



<p>Si la télévision publique, écartée de la mission de retransmission de l&rsquo;apparition du président hospitalisé en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/allemagne">Allemagne</a>&nbsp;depuis le 28&nbsp;octobre, a publié sur ses réseaux sociaux les images d&rsquo;Algériens émus et heureux de revoir leur président (l&rsquo;image d&rsquo;une fillette embrassant l&rsquo;écran de télé qui montre le président, par exemple), une partie de l&rsquo;opinion est restée sceptique, doutant de la crédibilité du message officiel sur le rétablissement de M. Tebboune. D&rsquo;autres préfèrent l&rsquo;humour ou l&rsquo;ironie. Commentant en direct sur Twitter l&rsquo;allocution succincte du président, un internaute écrit&nbsp;: «&nbsp;Tonton Tebboune, si tu es pris en otage, cligne d&rsquo;un œil&nbsp;!&nbsp;»</p>



<h4>Théories du complot et rumeurs</h4>



<p>Mais au-delà, c&rsquo;est d&rsquo;abord le canal choisi par le président qui interroge. Selon&nbsp;<em><a href="https://www.elwatan.com/edition/actualite/en-situation-sensible-le-chef-de-letat-opte-pour-une-communication-2-0-15-12-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">El Watan</a></em>, «&nbsp;Twitter s&rsquo;affiche comme un moyen de communication associé à une forme de démocratisation politique et de transparence. C&rsquo;est aussi et surtout un parfait outil pour contourner les médias traditionnels. Le choix du président, qui a préféré Twitter à l&rsquo;EPTV [la télévision officielle], pourrait s&rsquo;inscrire dans cette optique. D&rsquo;autant qu&rsquo;une diffusion des images d&rsquo;un président malade via la télévision algérienne rappellerait, à coup sûr, les tristes épisodes des images de son prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika&nbsp;».</p>



<p>Les Algériens se souviennent de ces images quand Bouteflika&nbsp;accueillait, en 2013, en robe de chambre, son Premier ministre et son chef d&rsquo;état-major aux Invalides où il suivait une période de convalescence après son AVC. «&nbsp;Le président a un compte certifié qui lui donne un accès rapide et direct à l&rsquo;opinion nationale et internationale. Pourquoi dépendre toujours de la messe du 20&nbsp;heures&nbsp;?&nbsp;»&nbsp;réagit une source officielle, qui rappelle que la communication politique a évolué de par le monde. «&nbsp;Mais quand nous on s&rsquo;adapte, on crie au complot&nbsp;», poursuit cette source.</p>



<p>Allusion faite aux rumeurs complotistes qui ont saturé la websphère algérienne avant et après l&rsquo;apparition du chef de l&rsquo;État&nbsp;: «&nbsp;On lui a tiré dessus&nbsp;», «&nbsp;le col roulé cache des branchements à beaucoup d&rsquo;appareils médicaux&nbsp;», «&nbsp;c&rsquo;est un montage vidéo&nbsp;»,&nbsp;etc. «&nbsp;Pour autant, cet effort de communication institutionnelle, bien tardif au demeurant [après&nbsp;46&nbsp;jours d&rsquo;absence du pays], n&#8217;empêchera pas la persistance du doute quant au retour de Tebboune aux affaires et sa capacité à poursuivre son mandat&nbsp;»,&nbsp;<a href="https://www.elwatan.com/edito/tebboune-admis-ou-recale-a-loral-15-12-2020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">souligne</a>&nbsp;l&rsquo;éditorial d&rsquo;<em>El Watan</em>.</p>



<h4>L&rsquo;urgence : une nouvelle loi électorale</h4>



<p>Or, l&rsquo;enjeu est vraiment là et on le détecte aisément quand le président déclara dans cette même vidéo&nbsp;: «&nbsp;Je suis quotidiennement, et parfois heure par heure quand cela est nécessaire, ce qui se passe au pays. Et je donne, quand il le faut, des instructions à la présidence.&nbsp;»&nbsp;Une manière de neutraliser les appels de certaines parties à appliquer les mécanismes d&#8217;empêchement pour incapacité à gouverner.</p>



<p>Et c&rsquo;est dans cette logique que «&nbsp;M.&nbsp;Tebboune reboote le processus politique&nbsp;», pour reprendre une source proche du palais présidentiel.&nbsp;Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;avis de&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/mohcine.belabbas/posts/3448201305229735" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mohcine Belabbes</a>, président du RCD (opposition)&nbsp;: «&nbsp;Le discours du chef de l&rsquo;État est en déphasage avec les urgences du pays et les préoccupations majeures des concitoyens. De fait, il inquiète au lieu de rassurer la population légitimement angoissée par l&rsquo;incertitude sur le devenir national.&nbsp;»</p>



<p>Dans son message, le président indique avoir «&nbsp;enjoint à la présidence de la République de coordonner avec la commission chargée de l&rsquo;élaboration du projet de révision de la loi organique relative au régime électoral afin que le document en question soit prêt dans les meilleurs délais, soit dans&nbsp;10&nbsp;à&nbsp;15&nbsp;jours&nbsp;», en vue de «&nbsp;lancer le processus post-Constitution&nbsp;».&nbsp;La révision de la loi électorale fait partie de l&rsquo;agenda tracé depuis une année, au début du mandat de M. Tebboune. Révision qui devait succéder à la réforme constitutionnelle et préparer des législatives et des locales anticipées.&nbsp;La mandature de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/algerie-faut-il-dissoudre-le-parlement-et-le-fln-08-09-2020-2390935_3826.php">l&rsquo;actuel Parlement</a>&nbsp;court jusqu&rsquo;à mai&nbsp;2022, alors que le mandat des assemblées locales prend fin en novembre&nbsp;2022.</p>



<h4>Convocation du corps électoral avant le 31 décembre</h4>



<p>La commission chargée de cette révision est la même que celle qui était chargée de la réforme constitutionnelle. Cette réforme a été votée par un référendum, le 1<sup>er</sup>&nbsp;novembre dernier, un scrutin qui a connu un record historique d&rsquo;abstention, avec 23,72&nbsp;% de taux de participation, et qui n&rsquo;a pas été commenté par le chef de l&rsquo;État lors de sa récente sortie.</p>



<p>Mais réviser la loi électorale suffira-t-il à insuffler une nouvelle dynamique et une crédibilité aux mécanismes de représentation politique&nbsp;? Sur le papier, oui, selon les autorités. Mais certains experts en doutent, comme le juriste Amer Rekhila qui, sur les colonnes du quotidien&nbsp;<em>El Khabar</em>, craint que «&nbsp;la révision du Code électoral ne soit que superficielle, laissant le processus électoral soumis aux anciennes logiques&nbsp;».</p>



<p>Le passage difficile de la révision constitutionnelle (qui attend d&rsquo;être paraphée par le président) a donc semble-t-il était vite oublié par plusieurs partis politiques qui, dès les annonces de M. Tebboune, ont commencé à se préparer aux prochaines élections.</p>



<p>Le président du parti Jil Jadid (opposition),&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?fbclid=IwAR2mRVFQE0bNsui_n5WVoYtjuwU1TKC4bPowwsGwxADF_Zx7blTHi_X6-ao&amp;v=UVJFk0jVyhQ&amp;feature=youtu.be" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Soufiane Djilali</a>, a estimé possible la convocation du corps électoral avant le 31&nbsp;décembre. «&nbsp;Il n&rsquo;est pas clair si les autorités veulent commencer par organiser des élections locales avant les législatives&nbsp;», commente&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/el-khabar">El Khabar</a>, qui penche pour des locales anticipées pour le début de l&rsquo;année 2021&nbsp;: «&nbsp;Cela permettra de se débarrasser de dizaines d&rsquo;assemblées locales gelées et d&rsquo;élus poursuivis en justice, mais aussi de faire éclore une nouvelle élite politique et d&rsquo;intégrer les supporteurs du président dans le jeu politique.&nbsp;»</p>



<h4>Des partis prêts pour les élections anticipées</h4>



<p>Mais cette option a des limites&nbsp;: les élus locaux ont trop peu de prérogatives face aux fonctionnaires désignés que sont les chefs de daïra et les walis, (sous-préfets et préfets) qui les chapeautent. Lors des élections de mai&nbsp;2012, la tentative de rajeunir et de renouveler la représentation dans les assemblées communales et wilayales a fait long feu à cause de ces pesanteurs.</p>



<p>Mais quel que soit le calendrier des législatives et des locales anticipées, des partis se préparent à ces échéances. Le RND, parti du pouvoir – dont l&rsquo;ancien patron et ex-Premier ministre&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/ahmed-ouyahia">Ahmed Ouyahia</a>&nbsp;est en prison alors que son successeur à la tête de ce parti, Azzedine Mihoubi, a été récemment interrogé par la justice pour une affaire de corruption –, se dit prêt à «&nbsp;enrichir&nbsp;» le débat sur la révision de la loi électorale. Même disponibilité chez le MSP (courant Frères musulmans) alors qu&rsquo;un autre parti islamiste, El Islah, dit se «&nbsp;tenir prêt à servir l&rsquo;intérêt national&nbsp;».</p>



<p>Mais pour le&nbsp;<a href="https://www.liberte-algerie.com/actualite/le-ffs-reitere-son-appel-au-dialogue-350823" target="_blank" rel="noreferrer noopener">FFS</a>&nbsp;(opposition historique), «&nbsp;l&rsquo;intransigeance de l&rsquo;autorité à imposer unilatéralement son projet contre la volonté de la majorité du peuple constitue une menace pour la cohésion de la société et contribue davantage à l&rsquo;émergence d&rsquo;institutions et d&rsquo;organes dont la légitimité sera contestée et rejetée par le peuple&nbsp;».</p>



<p>Le plus vieux parti de l&rsquo;opposition appelle plutôt à « rassembler les Algériens de toute affiliation politique dans un dialogue national sérieux pour trouver des solutions sérieuses acceptables pour le peuple est impératif, afin de protéger l&rsquo;Algérie des dangers auxquels elle est confrontée et de construire un État fort avec des institutions légitimes ». « Fondamentalement, toute la difficulté pour le nouveau système de M. Tebboune est d&rsquo;arriver à créer une nouvelle configuration partisane, en si peu de temps, sur les décombres de l&rsquo;ancien système Bouteflika », nuance un analyste. « Nous n&rsquo;avons ni le temps ni les ressources humaines pour aller vers une nouvelle classe politique débarrassée des scories de la corruption, de l&rsquo;allégeance aveugle et de l&rsquo;incompétence », poursuit-il.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée</strong></p>
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		<title>Afrique : comment le continent fait face aux fake news</title>
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				<pubDate>Wed, 25 Nov 2020 16:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Violences en RDC]]></category>

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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/11/téléchargement-1-2.jpeg" alt="" class="wp-image-20246"/><figcaption>Fake news</figcaption></figure>



<p><strong>De plus en plus, des journalistes se lancent dans le fact-checking. Les infox sont dans tous les secteurs de la vie quotidienne. Exemple lors des élections au Burkina Faso et en Guinée. L’Afrique n’a pas échappé non plus à l’infodémie, les fausses informations, pendant la première vague de la Covid-19. Alors qu’en RDC, les violences continuent dans l’Est avec leur lot d’infox. Tour d’horizon.</strong></p>



<p>Un corps découpé à la machette après le scrutin du 31 octobre à M’Batto, une localité ivoirienne. Un génocide chez les Agni à M’Batto. Une école qui doit fermer ses portes à cause de meetings politiques au Burkina Faso, une photo du président congolais Félix Tshisekedi absente du bureau de la présidente du Parlement, Jeanine Mabunda. Autant de&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/fake-news-d%C3%A9m%C3%AAler-le-vrai-du-faux/a-53327638">fausses informations</a>&nbsp;qui ont circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux.&nbsp;</p>



<p>Et puis une information vérifiée cette fois&nbsp;: un homme, un président de la République, celui du Nigeria, Muhamadu Buhari, obligé il y a deux ans de démentir dans un tweet les fausses informations sur sa mort présumée. Face aux nombreuses infox sur son décès, le président nigérian, alors en visite en Pologne, indique dans une vidéo qu’il s’agit bien de lui, en vie, et non d’un clone.</p>



<h4>Les fact-checkers à l’affût des fausses informations</h4>



<p>Sur le continent, les fausses informations touchent tous les aspects de la vie quotidienne tout comme la politique.&nbsp;Dimanche (22.11) 6,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes au Burkina Faso pour les élections législatives et présidentielle. Un double scrutin dont la campagne a aussi été marquée par des infox. Un militant, membre du CDP (ancien parti au pouvoir, le parti de Blaise Compaoré), écrit sur les réseaux sociaux que des écoles ont été fermées lors d’un meeting politique du président sortant Roch Marc Christian Kaboré, à Bobo-Dioulaaso, la deuxième ville du pays. &nbsp;</p>



<p><em>« Dans notre travail de fact-checking, nous nous sommes rendus compte que l’auteur de la déclaration n’avait pas de preuves. Quand on a fait le travail, on s’est rendus compte qu’en réalité le jeudi (jour du meeting du président sortant) il n’y avait pas cours dans les établissements publics dans l’après-midi »</em>, indique Jordan Méda de&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/fasocheck-fait-la-chasse-aux-infox-avant-les-%C3%A9lections/a-55637724">Fasocheck</a>, plateforme de fact-checking au Burkina Faso.&nbsp;</p>



<h4>La Guinée, 4ème au monde pour les fake news, vraiment ?</h4>



<p>En Guinée aussi, les infox sont présentes dans la vie quotidienne des populations, au point où&nbsp;<em>« le président de la République a dit que la Guinée était classée 4ème en termes de diffusion des fake news. Ce qui était faux »</em>, affirme Sally Bilaly Sow de GuinéeCheck.&nbsp;Le président Alpha Condé réagissait sur les médias français aux mises en garde de plusieurs organisations sur les « discours à relent ethnique » pendant la campagne électorale.&nbsp;<em>« Je n’ai jamais tenu ce discours ethnique pour la simple raison que je suis un panafricaniste »</em>, a déclaré Alpha Condé.</p>



<p>Le scrutin présidentiel du 18 octobre n’a donc pas échappé aux fausses informations. &nbsp;Sally Bilaly Sow constate en effet qu’<em>« il y a eu une montée vertigineuse des fausses informations autour de la présidentielle »</em>. Exemple de cette image d’Alpha Condé le 16 octobre, deux jours avant le scrutin présidentiel. Il aurait fait un malaise et trébuché.&nbsp;<em>« C’était pas vrai »</em>, a conclu GuinéeCheck après vérification.</p>



<p>GuinéeCheck prend énormément de temps pour vérifier les fausses informations avant de les démentir, notamment en raison d’une mauvaise connexion internet. Les journalistes de cette plateforme&nbsp;attendent qu’une information soit virale avant de la démonter.&nbsp;</p>



<h4>Les &nbsp;fake news « violentes »</h4>



<p>En République démocratique du Congo, faire du fact-checking est aussi difficile, reconnaît Fiston Mahamba de&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/congo-check-fait-la-chasse-aux-infox/a-48946786">Congo Check</a>. La RDC est six fois plus grande que l’Allemagne.</p>



<p><em>« L’étendue du pays nécessite beaucoup d’efforts, beaucoup de moyens parce que les informations concernent parfois des zones enclavées où vous êtes appelés à vous rendre »</em>, affirme Fiston Mahamba de Congo Check, qui a reçu il y a quelques jours le prix francophone de l’innovation.</p>



<p>La RDC manque d’infrastructures routières et de télécommunications. Les fausses informations circulent abondamment sur les réseaux sociaux comme Facebook et WhatsApp. Congo Check passe aussi par les mêmes plateformes pour démonter les fausses informations. Une mission d’autant plus importante que le pays fait face aux violences dans l’Est depuis plusieurs décennies.</p>



<p><em>« C’est dans ce genre de situations que la vérité est la première victime »</em>, pense Fiston Mahamba. Il ajoute que&nbsp;<em>« le fait de relayer une information vraie et de l’illustrer avec une fausse image porte atteinte à la recherche de la vérité et/ou à la résolution de ces conflits qui ne font que durer »</em>. Il donne l’exemple de l&rsquo;attaque récente d’un groupe armé dans une école. L’image pour illustrer cette attaque remontait en fait à 2015. Le nombre d’élèves a aussi été amplifié.</p>



<p>Derrière cette manipulation des informations, Fiston Mahamba ne cache pas qu’il y a aussi des groupes armés.&nbsp;<em>« Dans le souci de s’attirer la sympathie des populations »</em>, affirme-t-il. Conséquence : les forces armées de la RDC (FARDC) deviennent des bourreaux, les groupes armés des sauveurs. La confusion s’installe aussi parce que les groupes armés et les FARDC arborent la même tenue militaire. &nbsp;</p>



<h4><a href="https://www.dw.com/fr/afrique-comment-le-continent-fait-face-aux-fake-news/av-55723324#"></a>Il est reproché à Facebook de ne pas faire assez contre la diffusion des fausses informationsQue faire face aux fake news ?</h4>



<p>Fiston Mahamba souhaite plus d’éducation des populations sur&nbsp;l&rsquo;utilisation des réseaux sociaux.&nbsp;Selon Joscha Weber, chef de l’équipe de fact-checking de la&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/rdc-la-deutsche-welle-na-pas-interrog%C3%A9-le-docteur-denis-mukwege-%C3%A0-propos-dun-%C3%A9ventuel-r%C3%B4le-dinformateur/a-47766028">Deutsche Welle</a>, la vérification des faits est devenue importante.&nbsp;</p>



<p><em>« La désinformation est partout. Le fact-checking est la réponse »</em>, dit-il. Joscha Weber appelle les internautes à être critiques lorsqu’ils voient une information.&nbsp;<em>« Il ne faut pas croire d&#8217;emblée ce qu&rsquo;on lit »</em>, ajoute-t-il.&nbsp;</p>



<p>Les utilisateurs qui cliquent sur le bouton « share, partager » font partie, dit-il, de cette « avalanche de désinformation » parce qu’ils ne sont pas posé de questions sur la véracité d’une information avant de partager.&nbsp;Les réseaux sociaux sont accusés de ne rien faire pour lutter contre les fausses informations.&nbsp;</p>



<p>Le patron de Facebook a dû se soumettre à plusieurs auditions devant les élus américains. Le réseau social a investi dans un programme de vérification par des tiers. Une soixantaine de médias dans le monde y participent. De son côté, Twitter a envoyé des messages d’avertissement suite à un grand nombre de tweets du président américain Donald Trump, notamment cette affirmation sur des fraudes électorales jamais prouvées lors du scrutin présidentiel du 3 novembre dernier.  Ces messages d’avertissement s&rsquo;adresse aux followers d&rsquo;un grand utilisateur de Twitter puisque Donald Trump a envoyé 58.000 tweets, dont certains véhiculaient des fausses informations. </p>



<p><strong>Source: Deutsche Welle Afrique/Mis en ligne : Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée   </strong></p>
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		<title>Comment les États-Unis planifient le contrôle de la Banque africaine de développement</title>
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				<pubDate>Mon, 27 Jul 2020 13:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Banque africaine de développement]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/bad.jpeg" alt="" class="wp-image-16969" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/bad.jpeg 688w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/06/bad-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 688px) 100vw, 688px" /><figcaption>Le président de la Banque africaine de développement, Akinwunmi Adesina</figcaption></figure>



<h4>C&rsquo;est l&rsquo;illustration de la nouvelle guerre froide que les États-Unis et la Chine se livrent au sein des institutions et des bailleurs de fonds à l&rsquo;international.</h4>



<p><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/guerre-commerciale-chine-usa-comment-l-afrique-peut-y-gagner-19-08-2019-2330510_3826.php">La guerre économique et commerciale entre les États-Unis et la Chine</a>&nbsp;ouvre des lignes de front en&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>. Après avoir ouvertement négligé le continent au début du mandat de&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/donald-trump">Donald Trump</a>, l&rsquo;administration américaine met les bouchées doubles pour y bloquer l&rsquo;expansion chinoise et reconquérir les parts de marché abandonnées. Une stratégie élaborée par les conseillers de l&rsquo;ombre du président américain depuis 2017. Dans ce combat, la prise de contrôle des leviers de financement sur le continent est une priorité pour les Américains, avec comme cible majeure la Banque africaine de développement (BAD). Dans ce contexte, son président Akinwumi Adesina serait-il un pion à dégager&nbsp;?</p>



<h4><strong>Adesina, un caillou dans la chaussure d&rsquo;influence américaine&nbsp;?</strong></h4>



<p>Engagé dans une campagne de pure forme pour décrocher, fin août, un second mandat à la tête de la Banque africaine de développement,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/economie/migrations-akinwumi-adesina-creer-25-millions-d-emplois-sur-dix-ans-10-12-2018-2277904_28.php">Akinwumi Adesina est finalement plongé au cœur d&rsquo;un combat qui le dépasse</a>. Certes, le Nigérian demeure le seul candidat à sa propre succession. Et s&rsquo;il peut toujours se prévaloir du soutien de l&rsquo;Union africaine, il n&rsquo;obtiendra pas la victoire facile que tout le monde lui promettait. Car la rivalité économique et commerciale entre les&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/etats-unis">États-Unis</a>&nbsp;et la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/chine">Chine</a>&nbsp;traverse désormais l&rsquo;Afrique. Et dans cette bagarre pour contrôler les leviers de décision et de financement sur le continent, la BAD, et donc le président qui la dirige, sont des enjeux majeurs pour le camp américain.</p>



<h4>Stratégie de reconquête de l&rsquo;administration Trump&nbsp;?</h4>



<p>Depuis son arrivée au pouvoir en janvier&nbsp;2017,&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/pays-de-merde-face-au-rejet-de-l-afrique-donald-trump-fait-marche-arriere-27-01-2018-2190097_3826.php">Donald Trump a pourtant paru ignorer l&rsquo;Afrique</a>. Le président américain n&rsquo;a ainsi reçu que deux chefs d&rsquo;État&nbsp;du continent à la Maison-Blanche. Du jamais-vu. Inquiets de l&rsquo;omniprésence de Pékin sur le continent et de la perte d&rsquo;influence économique de Washington sur le terrain, les conseillers de l&rsquo;administration Trump ont concocté à partir de la fin&nbsp;2018&nbsp;une stratégie de reconquête susceptible de contrer la Chine en Afrique. Un lent travail de persuasion s&rsquo;engage à l&rsquo;égard du président américain et vire à l&rsquo;obsession dans les rangs des néoconservateurs. Ironie de l&rsquo;histoire, l&rsquo;offensive est élaborée et menée dès l&rsquo;origine par le faucon John Bolton, alors conseiller à la Sécurité nationale.</p>



<p>Car les conservateurs américains sont très inquiets.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/l-afrique-face-a-la-nouvelle-route-de-la-soie-31-05-2019-2316258_3826.php">De 178&nbsp;milliards de dollars en 2016, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et l&rsquo;Afrique a atteint 186&nbsp;milliards de dollars en 2018</a>, pour dépasser la barre symbolique des 200&nbsp;milliards de dollars en 2019. Si l&rsquo;objectif annoncé par Pékin en&nbsp;2014&nbsp;de viser les 400&nbsp;milliards de dollars en&nbsp;2020&nbsp;se révèle irréaliste aujourd&rsquo;hui, la tendance à la hausse inexorable et rapide des échanges entre la Chine et l&rsquo;Afrique s&rsquo;écrit de manière irréversible. Tout à l&rsquo;inverse des relations commerciales entre les États-Unis et le continent.</p>



<h4><strong>Attaquer par le biais commercial</strong></h4>



<p>Pierre angulaire de la stratégie commerciale américaine sur le continent africain, l&rsquo;Agoa (loi sur la croissance et les opportunités en Afrique) s&rsquo;offre un piètre bilan pour ses 20&nbsp;ans en 2020. Lancée en&nbsp;2000&nbsp;sous&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/bill-clinton">Bill Clinton</a>, l&rsquo;Agoa offre une franchise de droits de douane à l&rsquo;entrée du marché américain à 6&nbsp;500 produits africains (produits pétroliers, agricoles, textiles, artisanat…). Trente-neuf pays à majorité subsahariens en profitent. L&rsquo;objectif&nbsp;? Contribuer à diversifier les échanges avec le continent pour favoriser l&rsquo;industrialisation de l&rsquo;Afrique subsaharienne.</p>



<p>Toutefois, les produits pétroliers continuent de représenter les deux tiers des importations américaines… Après avoir quadruplé de&nbsp;2002&nbsp;à 2008, pour se hisser à 100&nbsp;milliards de dollars, selon les chiffres de l&rsquo;USAID, les échanges bilatéraux entre les États-Unis et l&rsquo;Afrique s&rsquo;effritent. Ils ont chuté à 39&nbsp;milliards de dollars en&nbsp;2017&nbsp;pour faiblement remonter 41,2&nbsp;milliards de dollars en 2018, principalement en raison de l&rsquo;autosuffisance énergétique des États-Unis.</p>



<p>Parallèlement, au cours des cinq dernières années, les exportations américaines vers l&rsquo;Afrique subsaharienne ont stagné en moyenne à 19&nbsp;milliards de dollars par an. L&rsquo;Amérique de Trump se rassure comme elle peut. Avec 54&nbsp;milliards de dollars d&rsquo;investissements directs étrangers en Afrique, les États-Unis devancent toujours la Chine dans ce domaine.</p>



<p>Mais cette domination chinoise en Afrique est un camouflet pour l&rsquo;Oncle Sam. Peu à peu, des conseillers vont convaincre le président américain de regarder au-delà des frontières des États-Unis. Vice-président du Centre d&rsquo;études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies, CSIS), à Washington, et président, entre autres, du Comité consultatif de l&rsquo;Afrique subsaharienne pour la Banque d&rsquo;import-export des États-Unis (Exim), Daniel Runde alimente la réflexion de l&rsquo;administration Trump sur l&rsquo;engagement économique des États-Unis dans le monde, notamment en matière de développement.</p>



<h4><strong>Passer par les institutions de développement, dont la BAD</strong></h4>



<p>Pour le conseiller, contrer la Chine en Afrique, en s&rsquo;appuyant sur les institutions de développement, devient une fin en soi. Dans une note intitulée «&nbsp;L&rsquo;administration Trump dirigera finalement le système de Bretton Woods&nbsp;», Daniel Runde écrit dès la mi-2017 que «&nbsp;les États-Unis chercheront à avoir leur mot à dire dans les nominations à venir des dirigeants des banques multilatérales de développement.&nbsp;» En octobre&nbsp;2017, un autre proche de Donald Trump, Steven Dowd, l&rsquo;actuel administrateur de la BAD en tant que représentant des États-Unis et président du comité d&rsquo;audit et des finances de la banque panafricaine, confirmait cette volonté. «&nbsp;Je tirerai parti de la contribution financière américaine auprès de la banque afin de veiller à ce qu&rsquo;elle soit utilisée au mieux pour l&rsquo;Afrique et qu&rsquo;elle serve les intérêts de la politique étrangère américaine là-bas. […]&nbsp;Je m&rsquo;efforcerai d&rsquo;ouvrir l&rsquo;Afrique aux investissements et au savoir-faire américains&nbsp;», promettait alors ce proche de Daniel Runde aux sénateurs américains pour décrocher le poste auprès de la BAD.</p>



<p>Républicain fidèle à Donald Trump, Daniel Runde précise, en octobre&nbsp;2019, l&rsquo;intérêt des Américains à contrôler la BAD pour enrayer la longue marche de Pékin sur le continent. «&nbsp;La BAD est une alternative à l&rsquo;engagement en Afrique qui n&rsquo;est pas dirigée par la Chine et elle peut contribuer à aider à recadrer l&rsquo;Afrique comme une formidable opportunité économique.&nbsp;»</p>



<h4>La charge menée contre Adesina</h4>



<p>Porté dans une tribune sur le site américain The Hill, le message est clair. Sur sa lancée, le conservateur mène une charge contre la gestion de la banque&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/economie/presidence-de-la-bad-adesina-et-le-nigeria-raflent-la-mise-28-05-2015-1931952_28.php">par Akinwumi Adesina, son président</a>. Daniel Runde insiste sur son manque de transparence et son soutien à des régimes autoritaires, notamment en organisant des assemblées annuelles de la BAD à Malabo (Guinée équatoriale), en juin&nbsp;2019. «&nbsp;Quiconque a lu le livre classique&nbsp;<em>Tropical Gangsters</em>&nbsp;reconnaîtra que le gouvernement de la Guinée équatoriale est probablement l&rsquo;un des plus corrompus du monde&nbsp;», assène Daniel Runde.</p>



<p>L&rsquo;offensive s&rsquo;était déjà accélérée depuis la nomination de Tibor Nagy en juillet&nbsp;2018 comme secrétaire d&rsquo;État adjoint américain aux Affaires africaines, un poste laissé vacant pendant plusieurs mois. Le 3&nbsp;mars dernier, à l&rsquo;ambassade des États-Unis à Kinshasa, il entamait son discours sur ce que devait faire «&nbsp;l&rsquo;administration Trump en Afrique&nbsp;: contrer le discours de la Chine et montrer clairement que l&rsquo;ampleur et la profondeur de l&rsquo;engagement des États-Unis en Afrique sont incomparables.&nbsp;»</p>



<p>Sur le terrain, Tibor Nagy peut compter sur la renaissance, en mai&nbsp;2019, de la Banque d&rsquo;import-export des États-Unis (Exim) présidée par Kimberly Reed, une avocate qui a été conseillère principale des secrétaires du Trésor américain en 2004. À l&rsquo;arrêt depuis 2012, le Congrès a redonné un mandat à l&rsquo;agence fédérale qui dispose désormais d&rsquo;une force de frappe théorique de 135&nbsp;milliards de dollars. À charge pour l&rsquo;Exim de consacrer 20&nbsp;% de ses moyens à débloquer des financements capables de neutraliser les offres chinoises en Afrique. Le 14&nbsp;mai 2020, le conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;agence américaine a ainsi validé un prêt de 4,7&nbsp;milliards de dollars au profit du Mozambique pour construire une installation de GNL. «&nbsp;C&rsquo;est un excellent exemple de la manière dont une Exim revitalisée, grâce au leadership du président Trump et au soutien bipartisan du Congrès, peut aider à garantir l&rsquo;utilisation des produits et des services made in USA, sans céder du terrain à des pays comme la Chine et la Russie&nbsp;», s&rsquo;est réjouie Kimberly Reed.</p>



<h4>Dès 2018, un outil nommé Prosper Africa…</h4>



<p>De plus, lorsque John Bolton a présenté la stratégie américaine pour l’Afrique subsaharienne en décembre&nbsp;2018, il en a profité pour lancer Prosper America. Cette initiative, qui rassemble les ressources de plus de&nbsp;15&nbsp;agences gouvernementales américaines, est destinée à contrer la nouvelle route de la soie (Belt&nbsp;&amp;&nbsp;Road), tracée par Pékin depuis 2013, avec la mission de doubler le commerce et l’investissement entre les États-Unis et l’Afrique. Prosper America est en train de mettre en place un guichet unique pour faciliter l’accès des entreprises américaines à plus de&nbsp;60&nbsp;services de soutien aux investissements commerciaux. Toutefois, l’initiative patine. «&nbsp;Elle a perdu beaucoup de son élan en raison d’un déploiement très lent&nbsp;», soulignait en juin dernier Judd Devermont, directeur du programme Afrique au CSIS.</p>



<h4>… suivi du Build Act</h4>



<p>Autre brique posée par le Congrès en mars&nbsp;2018, l&rsquo;adoption du Build Act, qui crée l&rsquo;US&nbsp;<a href="https://www.brookings.edu/blog/future-development/2018/03/29/building-a-robust-us-development-finance-institution/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">International Development Finance Corporation (IDFC)</a>, la banque de développement américaine, dotée de 60&nbsp;milliards de dollars d&rsquo;investissements contre 29&nbsp;milliards pour sa prédécesseure. Concrètement, l&rsquo;administration Trump cherche aussi à marquer des points en traitant directement avec les États.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/accord-commercial-les-etats-unis-veulent-le-kenya-08-02-2020-2361795_3826.php">Washington tente ainsi de signer à tout prix un accord de libre-échange avec le Kenya.</a>&nbsp;Des négociations sont en cours. Après celui conclu avec le Maroc en 2004, ce serait le deuxième que ratifieraient et concluraient les États-Unis avec un pays du continent. L&rsquo;exemple serait symbolique du retour de l&rsquo;Oncle Sam. En 2019, le Kenya a ainsi importé pour 391&nbsp;millions&nbsp;de dollars des États-Unis contre plus de 3&nbsp;milliards depuis la Chine. Dans l&rsquo;esprit des Américains, un accord avec le Kenya servirait de tremplin pour négocier de nouveaux accords de manière bilatérale avec d&rsquo;autres états.</p>



<p>Mais les néoconservateurs de Washington sont convaincus que les États-Unis ne peuvent juguler efficacement la mainmise chinoise en Afrique qu&rsquo;à la condition de contrôler les leviers majeurs de financement sur le continent, comme la BAD, qui a approuvé plus de 7&nbsp;milliards de dollars d&rsquo;engagements en&nbsp;2018&nbsp;et qui bénéficie de la note remarquable de triple A de la part des agences internationales de notation.</p>



<h4>Objectif final&nbsp;: contrôler les leviers de financement avec des candidats adoubés par Washington</h4>



<p>La désignation statutaire d&rsquo;un nouveau président de la BAD en&nbsp;2020&nbsp;n&rsquo;est-elle pas une opportunité rêvée pour Washington de manœuvrer pour contrôler l&rsquo;institution panafricaine et de favoriser ainsi la nomination d&rsquo;un président acquis aux intérêts américains&nbsp;?&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/economie/banque-africaine-de-developpement-un-moment-decisif-27-05-2015-1931357_28.php">Sauf qu&rsquo;Akinwumi Adesina barre la route des conseillers de Washington.</a>&nbsp;Et il est le seul candidat à se présenter à sa propre succession. De plus, c&rsquo;est un ressortissant du Nigeria, premier actionnaire de la BAD avec&nbsp;9,1&nbsp;% du capital de la banque. Avec 6,5&nbsp;% de l&rsquo;actionnariat, les États-Unis n&rsquo;arrivent «&nbsp;qu&rsquo;en&nbsp;» seconde position. Délicat.</p>



<p>Qu&rsquo;importe. La banque compte&nbsp;80&nbsp;pays actionnaires, dont&nbsp;26&nbsp;pays non africains. Daniel Runde conteste ouvertement la gouvernance de la BAD qui donne la prééminence de vote aux pays africains, avec «&nbsp;<a href="https://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Boards-Documents/ADB_Statement_of_Subscriptions_and_Voting_Powers_as_of_31_January_2019.pdf#_blank" target="_blank" rel="noreferrer noopener">58,89&nbsp;%</a>&nbsp;des voix.&nbsp;» Or, s&rsquo;étonne le républicain, en octobre&nbsp;2019, dans une note du CSIS sur le rôle futur de la BAD, «&nbsp;à la Banque mondiale, les États-Unis ont 15,7&nbsp;% des voix et un droit de veto de facto, alors qu&rsquo;ils ne détiennent pas un droit de veto similaire à la BAD&nbsp;». Une évidence s&rsquo;impose pour le conseiller&nbsp;: «&nbsp;Les banques régionales de développement fonctionnent mieux lorsqu&rsquo;elles suivent la règle d&rsquo;or, à savoir&nbsp;: celui qui possède l&rsquo;or établit les règles.&nbsp;» En clair, ceux qui financent désignent les rois et commandent.</p>



<h4>Des obstacles sur le chemin de l&rsquo;augmentation de capital de la BAD</h4>



<p><a href="https://www.lepoint.fr/monde/afrique-le-president-de-la-bad-accuse-d-abus-nie-en-bloc-06-04-2020-2370294_24.php">Comme par hasard, ce coup de pression des États-Unis est intervenu alors qu&rsquo;Akinwumi Adesina négociait une augmentation du capital de la banque, conclue favorablement en octobre&nbsp;2019</a>, qui le hissera «&nbsp;de&nbsp;93&nbsp;à 208&nbsp;milliards de dollars&nbsp;» sur dix ans, «&nbsp;de&nbsp;2020&nbsp;à 2030&nbsp;». Soit une hausse de 125&nbsp;%. Au même moment, Daniel Runde écrit&nbsp;: «&nbsp;Les actionnaires vont devoir poser de sérieuses questions.&nbsp;Les États-Unis, en tant que principal donateur, n&rsquo;ont pas le même vote et la même influence au sein de la BAD que dans les autres banques multilatérales de développement&nbsp;», comme à la Banque asiatique de développement et à la Banque interaméricaine de développement. «&nbsp;La BAD devrait reconsidérer la position de ses grands actionnaires non régionaux, qui s&rsquo;expriment de plus en plus sur le pouvoir de vote disproportionné qu&rsquo;ils détiennent par rapport à l&rsquo;importance de leurs contributions. S&rsquo;ils sont prêts à payer, ils devraient avoir un plus grand nombre d&rsquo;actions à mener au sein de la banque.&nbsp;»</p>



<p>Manifestement, les États-Unis n&rsquo;ont pas obtenu gain de cause. Akinwumi Adesina leur a-t-il opposé une fin de non-recevoir&nbsp;? S&rsquo;est-il dressé contre le dessein américain&nbsp;? Difficile à dire. Pour l&rsquo;instant,&nbsp;les protagonistes restent murés dans le silence. Mais c&rsquo;est à partir de là que les ennuis du président de la BAD ont commencé.</p>



<h4>Le tir parti de la Banque mondiale…</h4>



<p>Premier sniper&nbsp;: David Malpass. Ce fidèle soutien du président Trump, nommé sous-secrétaire au Trésor américain chargé des affaires internationales, est propulsé à la tête de la Banque mondiale en avril&nbsp;2019. Il décoche une flèche en février&nbsp;2020.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/covid-19-en-afrique-la-bad-promet-10-milliards-de-dollars-09-04-2020-2370727_3826.php">Pointant la gestion du président de la BAD, il déclare que&nbsp;plusieurs banques de développement</a>&nbsp;«&nbsp;ont tendance à prêter trop rapidement et à aggraver le problème de la dette des pays&nbsp;». Réponse d&rsquo;Akinwumi Adesina&nbsp;: la Banque mondiale «&nbsp;a des opérations beaucoup plus importantes en Afrique que la BAD&nbsp;», la première «&nbsp;ayant approuvé des financements à hauteur de 20,2&nbsp;milliards de dollars en&nbsp;2018&nbsp;contre 10,1&nbsp;milliards de dollars&nbsp;» pour la seconde, complète la BAD dans un communiqué.</p>



<h4>… dans le sillon de lanceurs d&rsquo;alerte pour comportements non conformes à l&rsquo;éthique</h4>



<p>Pour renforcer les attaques, les artisans de l&rsquo;opération de déstabilisation du Nigérian saisiront l&rsquo;opportunité d&rsquo;un courrier adressé aux gouverneurs de la banque panafricaine en janvier&nbsp;2020 par des lanceurs d&rsquo;alerte. Ces derniers accusent Akinwumi Adesina de comportement contraire à l&rsquo;éthique, de favoritisme dans des nominations de Nigérians à des postes de hauts responsables, d&rsquo;enrichissement personnel. Ce qu&rsquo;il nie en bloc. Entre-temps, ces griefs à l&rsquo;encontre du président de la banque ont fuité dans la presse, donnant un écho planétaire aux accusations qui pèsent sur lui, alors qu&rsquo;il est déjà engagé dans la campagne pour sa réélection. Le conservateur Steven Dowd, l&rsquo;actuel président américain du comité d&rsquo;audit et des finances de la BAD, est soupçonné d&rsquo;être à l&rsquo;origine des fuites sur les accusations qui touchent le Nigérian.</p>



<p>Le 5&nbsp;mai, une enquête interne de la banque disculpera Akinwumi Adesina, faute de preuves. Contrariés, les États-Unis jettent un pavé dans la mare. Dans une lettre datée du 22&nbsp;mai, le secrétaire d&rsquo;État américain au Trésor, Steven Mnuchin, émet «&nbsp;de sérieuses réserves&nbsp;» sur les conclusions de l&rsquo;enquête. Et en tant que membre du conseil d&rsquo;administration de la BAD, il demande «&nbsp;une enquête approfondie sur ces allégations par un enquêteur extérieur indépendant&nbsp;». Après&nbsp;15&nbsp;jours de silence, le Bureau des conseils des gouverneurs de la BAD accepte, le 5&nbsp;juin, qu&rsquo;une nouvelle enquête soit «&nbsp;menée par une personne neutre, intègre, de haut calibre ayant une expérience incontestable et une réputation internationale avérée, dans un délai de deux à quatre semaines au maximum, en tenant compte du calendrier électoral de la banque.&nbsp;» Cette mission est confiée début juillet à l&rsquo;ancienne présidente&nbsp;irlandaise&nbsp;Mary Robinson.</p>



<h4>Suspense quant à l&rsquo;issue, mais la bataille va laisser des traces</h4>



<p>Qu’il soit innocenté ou accusé, quel sera le sort d’Akinwumi Adesina, sous la menace du rouleau compresseur américain&nbsp;? Selon l’agence Bloomberg, Washington a obtenu, entre-temps, le soutien de la Suisse, ainsi que celui du Danemark, de la Suède, de la Norvège et de la Finlande. Le Nigérian bénéficie toujours du soutien du camp africain et de l’agence de notation S&amp;P Global Ratings. Tout en maintenant la note triple A à la BAD, elle précise dans un communiqué du 19&nbsp;juin&nbsp;2020&nbsp;que «&nbsp;le bureau des conseils des gouverneurs de la BAD a souscrit aux conclusions du comité d’éthique qui a exonéré le président de tout acte répréhensible, bien qu’il autorise un examen indépendant du rapport compte tenu des opinions divergentes des gouverneurs. Nous pensons que, conformément à nos attentes, cette question a été traitée de manière appropriée par les voies institutionnelles appropriées. […]&nbsp;Nous nous attendons à ce que le soutien des actionnaires demeure solide, quel que soit le résultat de l’enquête indépendante.&nbsp;»</p>



<p>Interrogée par la BBC, le 30 mai 2020, Nancy Birdsall, associée senior au Center for Global Development, un think tank anglo-saxon, prédit que « le Trésor américain devrait rechercher une forme de compromis discret dans lequel personne ne perdrait la face ». Fin du suspense d&rsquo;ici quelques semaines.</p>



<p><strong>Source : Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-Tshiess Makaya-Exaucée </strong></p>
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		<title>Banque mondiale-Chine-Afrique : nouvelle donne</title>
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				<pubDate>Fri, 24 Jul 2020 16:15:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Banque mondiale]]></category>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-9234" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-1024x576.jpg 1024w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-300x169.jpg 300w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale-768x432.jpg 768w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2019/09/Banque-mondiale.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Banque mondiale </figcaption></figure>



<p><strong>Le « modèle chinois » que la Banque mondiale et Lin Yifu (Justin Lin), un temps son économiste en chef, vantaient aux pays africains en mal de solutions miracles serait-il désormais en berne ?</strong></p>



<p>David Malpass, l&rsquo;actuel président du groupe de la Banque mondiale, dans les&nbsp;<a href="https://www.worldbank.org/en/news/statement/2020/07/18/world-bank-group-president-david-malpass-remarks-at-the-g20-finance-ministers-and-central-bank-governors-meeting" target="_blank" rel="noreferrer noopener">remarques pour la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20</a>, qu&rsquo;il énonça le 18&nbsp;juillet 2020, a d&rsquo;une manière feutrée très clairement mis en joue la&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/chine">Chine</a>&nbsp;à cause de son attitude dans la recherche d&rsquo;une solution pour les pays hautement endettés. Nous traduisons quelques brefs passages&nbsp;:</p>



<p>Pour maximiser le soutien indispensable aux pays éligibles à l&rsquo;initiative de suspension du service de la dette (ISSD), tous les créanciers bilatéraux officiels, y compris les banques politiques nationales, doivent mettre en œuvre l&rsquo;ISSD de manière transparente. Par exemple, la pleine participation de la Banque chinoise de développement en tant que créancier bilatéral officiel est importante pour que l&rsquo;initiative fonctionne. La transparence de la dette, y compris la transparence des restructurations de la dette dont nous avons parlé précédemment, est bien sûr le point de départ de dénouements plus équilibrés en matière de dette.</p>



<p>Les créanciers du Club de Paris en voient l&rsquo;intérêt, mais une grande partie du crédit bilatéral officiel provient de l&rsquo;extérieur du Club de Paris, comprendre de la Chine. Pour que l&rsquo;ISSD soit pleinement efficace, il faut qu&rsquo;il y ait un ensemble commun minimum d&rsquo;informations sur la restructuration de la dette. Cela permettra d&rsquo;éviter les rééchelonnements secrets qui sont en cours dans certains pays, tels que l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/angola">Angola</a> et le <a href="https://www.lepoint.fr/tags/laos">Laos</a>, souvent assortis de délais de grâce et de conditions non divulgués.</p>



<h4>Plongée dans les créances chinoises</h4>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/07/24/20574111lpw-20574805-embed-libre-jpg_7249469.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/07/24/20574111lpw-20574805-embed-libre-jpg_7249469.jpg" alt=""/></a><figcaption>Thierry Pairault met le doigt sur des changements importants en train de s&rsquo;opérer du côté de la Banque mondiale.&nbsp; © DR</figcaption></figure>



<p>La référence à l&rsquo;Angola et au Laos n&rsquo;est pas neutre et vise très spécifiquement la Chine.&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/afrique/angola-le-coup-de-grace-avec-la-crise-du-covid-19--15-07-2020-2384422_3826.php">L&rsquo;Angola, qui est débiteur d&rsquo;un tiers des créances chinoises de l&rsquo;Afrique, doit faire face en 2020</a>&nbsp;à un service de la dette publique bilatérale dont 90&nbsp;% sont dus à la Chine. Le total de ce qui est dû à la Chine s&rsquo;élève à près de 60&nbsp;% du service total de la dette. Le Laos doit faire face en cette même année&nbsp;2020&nbsp;à un service de la dette publique bilatérale dont 70&nbsp;% sont dus à la Chine.</p>



<p><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.worldbank.org/en/news/statement/2020/07/18/world-bank-group-president-david-malpass-remarks-at-the-g20-finance-ministers-and-central-bank-governors-meeting?cid=ECR_TT_worldbank_EN_EXT" target="_blank">Les déclarations de David Malpass</a> sont à mettre en relation avec un autre événement, la nomination de <a href="https://www.lepoint.fr/tags/carmen-reinhart">Carmen Reinhart</a> comme économiste en chef de la Banque mondiale, un poste que Lin Yifu avait occupé de 2008 à 2012, à une époque où la Chine faisait figure de modèle incontournable que tous les pays en développement se devaient d&rsquo;émuler. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;arrivée de Carmen Reinhart signalerait elle aussi une nouvelle ère dans laquelle la Chine n&rsquo;aurait plus un si beau rôle.</p>



<p>En juin&nbsp;2019, soit six à neuf mois avant que ne se déclenche l&rsquo;actuelle crise sanitaire et ne soient lancés les appels à l&rsquo;annulation des dettes des pays les plus pauvres, Carmen Reinhart a publié avec deux coauteurs, Sebastian Horn et Christoph Trebesch, une étude sur les prêts de la Chine à l&rsquo;étranger dont la version initiale a été corrigée en avril de cette année. Voici la présentation qu&rsquo;en donnent les auteurs&nbsp;:</p>



<p>« Le rôle de la Chine dans la finance mondiale est mal compris par rapport à son statut prééminent dans le commerce mondial. Cette note de recherche étudie la taille, les caractéristiques et les déterminants des exportations de capitaux de la Chine en construisant une nouvelle base de données de 5 000 prêts et subventions à 152 pays, de 1949 à 2017. Nous constatons que 50 % des prêts de la Chine aux pays en développement ne sont pas déclarés au <a href="https://www.lepoint.fr/tags/fmi">FMI</a> ou à la Banque mondiale. Ces « dettes cachées » faussent la surveillance des politiques, l&rsquo;évaluation des risques et les analyses de viabilité de la dette. Étant donné que les prêts chinois à l&rsquo;étranger sont presque entièrement publics, c&rsquo;est-à-dire contrôlés par l&rsquo;État, les facteurs habituels de « poussée » et de « traction » des flux transfrontaliers privés ne s&rsquo;appliquent pas de la même manière. »</p>



<h4>Changement de paradigme</h4>



<p>Même si Deborah Bräutigam, de la&nbsp;China Africa Research Initiative de l&rsquo;université Johns-Hopkins, a pu discuter de certains aspects méthodologiques de ce travail dans un article paru sur son blog (<a href="http://www.chinaafricarealstory.com/2020/04/is-china-hiding-its-overseas-lending.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Is China Hiding its Overseas Lending&nbsp;? Horn, Reinhart and Trebesch&rsquo;s «&nbsp;Hidden Loans&nbsp;» and Hidden Data</a>), ce qui nous intéresse ici est non pas l&rsquo;exactitude du contenu, mais d&rsquo;abord et avant tout le message que fait passer l&rsquo;étude&nbsp;de Carmen Reinhart dans la mesure où il servira d&#8217;emblème à sa mission à la Banque mondiale – comme le fut en son temps le livre de Lin Yifu sur le miracle chinois. La nommer à la tête de la Banque mondiale dans la conjoncture a forcément un sens politique très fort et, indirectement, lance une accusation à l&rsquo;égard de la Chine.</p>



<p>Car ici il ne s&rsquo;agit plus de discuter de l&rsquo;interprétation à donner aux chiffres officiels, comme j&rsquo;ai pu moi-même le faire, mais de mettre en cause un système de financement opaque qui pourrait endetter outre mesure les pays les plus pauvres. In fine, le message pourrait être de dénoncer, sans vraiment le dire, une entreprise hégémonique qui aurait pris les apparences patelines des nouvelles routes de la soie. D&rsquo;ailleurs, Carmen Reinhart et ses coauteurs notent que « les deux plus importants bailleurs chinois à l&rsquo;étranger sont, de loin, les deux banques d&rsquo;État chinoises » : la Banque chinoise d&rsquo;import-export et la Banque chinoise de développement. Traditionnellement, ces deux institutions étaient axées sur les pays en développement et les pays à revenu intermédiaire, mais, depuis cinq ans, elles sont de plus en plus souvent actives dans les pays avancés.Cette vision est confirmée par l&rsquo;interview que le président de l&rsquo;Exim Bank de Chine, Zhang Qingsong, a accordée à la chaîne de télévision chinoise CCTV le 23 avril 2020. Il affirmait que 1 800 projets le long des nouvelles routes de la soie bénéficieraient de l&rsquo;aide financière de sa banque qui y aurait ainsi contribué pour un trillion de renminbi – soit près de 150 milliards de dollars. Zhang Qingsong insistait sur le rôle de ces relations financières, de ces prêts-emprunts souverains pour souligner qu&rsquo;ils servaient l&rsquo;internationalisation du renminbi et l&rsquo;affirmation de la Chine comme grande puissance. Il s&rsquo;agit donc clairement d&rsquo;une politique assumée d&rsquo;influence et non d&rsquo;une simple stratégie commerciale.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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		<title>Quand la fragilité des institutions des États africains est questionnée</title>
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				<pubDate>Wed, 15 Jul 2020 12:44:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Tribune d'Afrique]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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				<description><![CDATA[Derrière la fragilité des États africains, il y a celle des institutions. Comment se manifeste-t-elle&#160;? Quelles en sont les causes&#160;? Explication. «&#160;L&#8217;Afrique n&#8217;a pas besoin d&#8217;hommes forts, mais de fortes institutions&#160;»&#160;: ce constat fait par l&#8217;ex-président américain&#160;Barack Obama&#160;lors de sa visite au&#160;Ghana&#160;en 2009&#160;est toujours d&#8217;actualité. Dans les faits, et même si les situations sont évidemment...]]></description>
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<figure class="wp-block-image"><img src="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/20547817lpw-20551183-article-jpg_7233618_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-18112" srcset="http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/20547817lpw-20551183-article-jpg_7233618_660x281.jpg 660w, http://www.tribunedafrique.com/wp-content/uploads/2020/07/20547817lpw-20551183-article-jpg_7233618_660x281-300x128.jpg 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /><figcaption>Vue générale du Parlement ghanéen lors de la visite du président turc Recep T. Erdogan en mars 2016.  © OKAN OZER / Anadolu Agency via AFP</figcaption></figure>



<h4>Derrière la fragilité des États africains, il y a celle des institutions. Comment se manifeste-t-elle&nbsp;? Quelles en sont les causes&nbsp;? Explication.</h4>



<p><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/07/13/l-afrique-n-a-pas-besoin-d-hommes-forts-mais-de-fortes-institutions12182813212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«&nbsp;L&rsquo;Afrique n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;hommes forts, mais de fortes institutions&nbsp;»</a>&nbsp;: ce constat fait par l&rsquo;ex-président américain&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/barack-obama">Barack Obama</a>&nbsp;lors de sa visite au&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/ghana">Ghana</a>&nbsp;en 2009&nbsp;est toujours d&rsquo;actualité. Dans les faits, et même si les situations sont évidemment contrastées, l&rsquo;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/afrique">Afrique</a>&nbsp;demeure un continent où les&nbsp;<a href="https://www.systemicpeace.org/africaconflict.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">États sont particulièrement fragiles</a>&nbsp;et où cette&nbsp;<a href="https://journals.openedition.org/regulation/7494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">méta-institution</a>&nbsp;qu&rsquo;est la démocratie laisse encore beaucoup à désirer. En la matière en effet, l&rsquo;Afrique est, de tous les continents, celui qui présente les moins bons scores selon les indicateurs de&nbsp;<a href="https://ourworldindata.org/democracy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Polity IV</a>&nbsp;et de&nbsp;<a href="https://freedomhouse.org/article/democratic-trends-africa-four-charts" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Freedom House</a>. En outre, la faible qualité de la gouvernance économique se traduit par une&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/02/06/en-afrique-la-corruption-sape-les-bases-de-la-democratie_5419921_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">corruption</a>&nbsp;élevée. Pour aller plus loin, il y a lieu de voir les éléments disponibles dans notre contribution à l&rsquo;ouvrage collectif&nbsp;<a href="http://liseuse.harmattan.fr/978-2-343-18383-1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Améliorer l&rsquo;efficacité de l&rsquo;État au Cameroun</a>&nbsp;et dans plusieurs de nos travaux portant sur les&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-d-economie-politique-2019-1-page-105.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Constitutions en Afrique</a>, la&nbsp;<a href="http://ejce.liuc.it/18242979201902/182429792019160204.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">corruption</a>&nbsp;et la&nbsp;<a href="https://academic.oup.com/jae/article-abstract/28/2/202/5204426" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qualité des dépenses publiques</a>.</p>



<h4>Un constat&nbsp;: le triste état des institutions en Afrique</h4>



<p>Les travaux du Prix Nobel d&rsquo;économie 1993&nbsp;<a href="https://www.nobelprize.org/prizes/economic-sciences/1993/north/biographical/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Douglass North</a>&nbsp;et de ses co-auteurs sur les&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-securite-et-strategie-2011-1-page-75.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Violences et ordres sociaux</a>&nbsp;fournissent une explication simple de l&rsquo;encastrement des pays d&rsquo;Afrique dans une dynamique institutionnelle négative. Ces travaux dissocient les sociétés «&nbsp;d&rsquo;accès ouvert&nbsp;» (open access societies, OAOs) et «&nbsp;d&rsquo;accès limité&nbsp;» (<em>limited access orders,</em>&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/laos">LAOs</a>). Les modèles d&rsquo;accès ouvert, propres aux États dont les institutions sont le plus efficaces, se caractérisent par les traits suivants&nbsp;: un développement politique et économique&nbsp;; une croissance économique positive&nbsp;; une société civile diversifiée et vigoureuse, dotée d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;organisations&nbsp;; un État donnant une large place à la décentralisation&nbsp;; un tissu de relations sociales impersonnelles, incluant État de droit, respect du droit à la propriété, justice et égalité de traitement de tous les individus.</p>



<p><a href="https://documents.worldbank.org/en/publication/documents-reports/documentdetail/844821500434522084/%c3%89valuation-des-politiques-et-des-institutions-en-afrique-r%c3%a9sultats-de-la-cpia-2016-pour-lafrique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Beaucoup de pays africains, en revanche, correspondent au modèle d&rsquo;accès limité</a>, que North et ses co-auteurs décrivent ainsi&nbsp;: une économie à croissance lente, particulièrement vulnérable aux chocs&nbsp;; des régimes politiques fonctionnant sans le consentement généralisé des administrés&nbsp;; un État centralisé&nbsp;; une prédominance des relations sociales organisées sur un mode personnel, reposant sur des privilèges et la hiérarchie sociale&nbsp;; des lois appliquées au cas par cas&nbsp;; des&nbsp;<a href="https://www.banquemondiale.org/fr/news/opinion/2013/07/22/securing-africa-s-land-for-shared-prosperity" target="_blank" rel="noreferrer noopener">droits de propriété fragiles</a>&nbsp;; et le présupposé que tous les individus ne sont pas égaux.</p>



<p>Toutes les nations qui disposent aujourd&rsquo;hui d&rsquo;institutions relativement solides ont à un moment de leur histoire connu des sociétés «&nbsp;d&rsquo;accès fermé&nbsp;» avant d&rsquo;évoluer vers des «&nbsp;accès ouverts&nbsp;». Plusieurs pays d&rsquo;Afrique n&rsquo;ont pas encore connu cette transition. Soixante ans après les indépendances, les institutions de bon nombre d&rsquo;États du continent se trouvent encore à une phase embryonnaire de leur développement. Cependant, certains pays comme&nbsp;<a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/pourquoi-le-botswana-est-un-modele-de-democratie-et-de-transparence-en-afrique_3673845.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le Botswana</a>, le&nbsp;<a href="https://www.economist.com/middle-east-and-africa/2019/02/22/senegal-west-africas-most-stable-democracy-teeters" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sénégal</a>, l&rsquo;<a href="https://www.voaafrique.com/a/l-%C3%AEle-maurice-stabilit%C3%A9-politique-et-prosp%C3%A9rit%C3%A9-%C3%A9conomique/5156036.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">île Maurice</a>, l&rsquo;<a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/03057070.2016.1116326?needAccess=true" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Afrique du Sud</a>, le&nbsp;<a href="https://www.foreignaffairs.com/articles/ghana/2017-01-06/ghanas-durable-democracy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ghana</a>&nbsp;pour ne citer que ceux-là se positionnent comme des références africaines.</p>



<h4>Une pluralité de facteurs explique la situation</h4>



<p><a href="https://economix.fr/pdf/dt/2016/WP_EcoX_2016-04.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Plusieurs facteurs</a>&nbsp;expliquent le retard de développement institutionnel en Afrique.&nbsp;L&rsquo;histoire, bien sûr,&nbsp;<a href="https://journals.openedition.org/poldev/135" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pèse d&rsquo;un grand poids</a>. La plupart des colonies d&rsquo;Afrique ont été des colonies d&rsquo;extraction qui ont produit&nbsp;<a href="https://books.openedition.org/ifpo/9655" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des institutions inadaptées</a>. Ces systèmes ont façonné la structure de la gouvernance institutionnelle durant la colonisation et même après l&rsquo;indépendance ont&nbsp;<a href="https://journals.openedition.org/histoiremesure/5189" target="_blank" rel="noreferrer noopener">continué à avoir un impact</a>&nbsp;sur la qualité des institutions africaines.</p>



<p>Par ailleurs, certains auteurs ont établi que la fragmentation ethnique du continent constitue la&nbsp;<a href="https://academic.oup.com/qje/article-abstract/112/4/1203/1911730" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tragédie de l&rsquo;Afrique</a>. Cette fragmentation peut, en tout cas, expliquer le&nbsp;<a href="http://ejce.liuc.it/18242979201902/182429792019160204.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">niveau de corruption</a>, puisqu&rsquo;il est fréquent qu&rsquo;un responsable aux affaires considère qu&rsquo;il est avant tout de son devoir d&rsquo;aider son ethnie. La&nbsp;<a href="https://www.lepoint.fr/tags/republique-centrafricaine">République centrafricaine</a>&nbsp;offre un exemple édifiant où les&nbsp;<a href="http://www.rfi.fr/fr/afrique/20200129-centrafrique-lourd-bilan-%C3%A0-bria-apr%C3%A8s-derniers-affrontements" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tensions communautaires ou ethniques</a>&nbsp;ont contribué, en grande partie, à&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2014-3-page-163.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">alimenter les violences et l&rsquo;effondrement de l&rsquo;État et de ses institutions</a>.</p>



<p>Autre facteur prégnant, la richesse du continent en ressources naturelles. Les partisans de la théorie de la&nbsp;<a href="https://www.nouvelobs.com/monde/afrique/20180913.OBS2295/afrique-existe-t-il-une-malediction-des-ressources-naturelles.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">malédiction des ressources naturelles</a>&nbsp;justifient la contre-performance institutionnelle des pays d&rsquo;Afrique par la richesse de son sol et de son sous-sol&nbsp;: le désir des États puissants de s&rsquo;approprier les ressources naturelles de l&rsquo;Afrique alimente une instabilité politique constante, ce qui à son tour ne favorise pas l&rsquo;émergence de meilleures institutions. Et les rentes issues de l&rsquo;exploitation des ressources sont des instruments de corruption des leaders politiques de l&rsquo;opposition – un phénomène qui assure la pérennité de régimes politiques autocratiques. Dans la région des Grands Lacs, notamment en République démocratique du Congo, les ressources naturelles sont aussi, en grande partie,&nbsp;<a href="https://plus.lesoir.be/215962/article/2019-04-02/congo-la-malediction-des-ressources-naturelles" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à la base de l&rsquo;instabilité dans le pays</a>.</p>



<h4>Le rôle des leaders politiques</h4>



<p>Les réformes institutionnelles en Afrique sont souvent conduites par les détenteurs du pouvoir dans l&rsquo;optique de servir leurs propres intérêts. Il semble illusoire de rechercher à avoir de bonnes institutions en négligeant l&rsquo;importance des responsables politiques. Depuis quelques années, la&nbsp;<a href="https://academic.oup.com/qje/article-abstract/120/3/835/1841483" target="_blank" rel="noreferrer noopener">littérature économique</a>&nbsp;reconnaît l&rsquo;importance des&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/79443/archives-thematique/leadership-et-d-veloppement-en-afrique-la-comp-tence-la-bonne-place/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">caractéristiques des leaders politiques dans les performances économiques des pays d&rsquo;Afrique</a>. L&rsquo;histoire de l&rsquo;émergence des bonnes institutions politiques de deux modèles africains, à savoir le Bénin et le Ghana, donne plusieurs leçons à cet égard. Le Bénin est un pays qui a connu plusieurs&nbsp;<a href="http://africhevalier.canalblog.com/archives/2017/09/21/35694313.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">coups d&rsquo;État</a>&nbsp;au cours de son histoire politique. Mais il a fini par produire&nbsp;<a href="https://www.dw.com/fr/trenti%C3%A8me-anniversaire-de-la-conf%C3%A9rence-nationale-de-1990-au-b%C3%A9nin/a-52470186" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une conférence nationale réussie</a>&nbsp;et des alternances démocratiques répétées.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/07/15/20547817lpw-20551185-embed-libre-jpg_7233621.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/07/15/20547817lpw-20551185-embed-libre-jpg_7233621.jpg" alt=""/></a><figcaption>Nicéphore Soglo (au centre), président du Bénin de 1991 à 1996, battu en 1996, salue la foule lors d’un meeting de campagne à Cotonou en vue de la présidentielle de mars 2001, où il sera encore battu.© ISSOUF SANOGO / AFP</figcaption></figure>



<p>Le scénario est similaire au Ghana qui, après plusieurs coups d&rsquo;État et une instabilité politique chronique, semble s&rsquo;installer dans une transition démocratique souvent cité en exemple.</p>



<p>Dans ces deux pays, le progrès a été rendu possible par des hommes forts. Au Bénin c&rsquo;est le président&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/271959/politique/benin-lancien-president-mathieu-kerekou-est-mort-a-lage-de-82-ans/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mathieu Kérékou</a>&nbsp;et le Premier ministre Nicéphore Soglo qui ont conduit le pays vers l&rsquo;adoption d&rsquo;une&nbsp;<a href="https://mjp.univ-perp.fr/constit/bj1990.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">nouvelle Constitution</a>&nbsp;qui a amorcé la transition démocratique. Au Ghana, la prise du pouvoir par&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/589664/politique/ghana-que-devient-jerry-rawlings/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jerry Rawlings</a>&nbsp;a abouti au vote d&rsquo;une nouvelle Constitution en 1992.</p>



<h4>Le rôle du Parlement</h4>



<p>Dans une démocratie digne de ce nom, le Parlement joue un rôle crucial. En France, par exemple, l&rsquo;Assemblée constituante a mis fin à la monarchie et à une société de classes et proclamé la Déclaration des Droits de l&rsquo;Homme et du Citoyen. Aux États-Unis, comme ailleurs, le Parlement fait office de contre-pouvoir et joue un rôle central dans la consolidation de la démocratie.</p>



<p>En Afrique, c&rsquo;est au contraire souvent l&rsquo;inefficacité du Parlement qui a bloqué les différents États dans la sphère de l&rsquo;«&nbsp;accès fermé&nbsp;» et les a empêchés de construire des institutions de meilleure qualité. Illustration&nbsp;: depuis le début des années 2000, quinze des seize pays qui ont modifié l&rsquo;article de la Constitution sur la&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-d-economie-politique-2019-1-page-105.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">limitation du nombre de mandats du président</a>&nbsp;ont entériné cette modification par un vote du Parlement.</p>



<p>Dans les deux cas du Bénin et du Ghana, le Parlement a également joué un rôle de premier plan. En effet, les progrès ont été rendus possibles grâce notamment à des hommes forts et à un Parlement qui a su adopter des règles efficaces.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://static.lpnt.fr/images/2020/07/15/20547817lpw-20551184-embed-libre-jpg_7233622.jpg"><img src="https://static.lpnt.fr/images/2020/07/15/20547817lpw-20551184-embed-libre-jpg_7233622.jpg" alt=""/></a><figcaption>© Fayez Nureldine/AFP</figcaption></figure>



<h4>L&rsquo;homme providentiel ou l&rsquo;aiguillon du peuple</h4>



<p>L&rsquo;histoire politique de plusieurs pays d&rsquo;Afrique montre que les tentatives de changement institutionnel impulsées par le bas n&rsquo;ont pas toujours été couronnées de réussite. Cependant, il faut souligner que certaines demandes de ce type, c&rsquo;est-à-dire provenant du peuple, ont connu des issues favorables (<a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200221-alg%C3%A9rie-bilan-contrast%C3%A9-hirak-apr%C3%A8s-an-contestation" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Algérie</a>,&nbsp;<a href="https://www.contrepoints.org/2015/09/26/223106-burkina-faso-la-democratie-enracinee-defait-la-dictature" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Burkina Faso</a>,&nbsp;<a href="https://www.liberation.fr/planete/2011/01/15/ben-ali-sauve-qui-peut-face-au-peuple_707516" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tunisie</a>,&nbsp;<a href="https://www.jeuneafrique.com/529177/politique/ce-jour-la-le-11-fevrier-2011-hosni-moubarak-quitte-le-pouvoir-face-a-la-revolte-populaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Égypte</a>,&nbsp;<a href="https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Au-Soudan-mouvement-contestation-tournant-2019-04-08-1201014293" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Soudan</a>,&nbsp;etc.) sans être pour autant nécessairement suivies de l&rsquo;émergence des bonnes institutions.</p>



<p>D&rsquo;où la nécessité de disposer d&rsquo;hommes providentiels porteurs d&rsquo;une idéologie ouverte selon North, tournée vers la mise en place d&rsquo;institutions solides conformes aux sociétés d&rsquo;accès ouvert et non fermé. Ce qui permettra de construire une démocratie solide, de prévenir la corruption et de faire jouer aux agents économiques un rôle décisif dans la construction d&rsquo;une société civile vigoureuse et des médias solides et indépendants. L&rsquo;homme providentiel et l&rsquo;efficacité du parlement semblent donc des éléments centraux susceptibles de positionner les États africains sur une trajectoire de développement institutionnel irréversible.</p>



<p><strong>Source: Le Point Afrique /Mis en ligne :Lhi-tshiess Makaya-exaucée </strong></p>
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